Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Moteur. Ça tourne… Inaction ! Ivy Wilde, paresseuse sorcière de l’Ouest et addict de la Sieste, est toujours obligée de faire copain-copain avec le Saint Ordre des Lumières Magiques. Ce qui n’est pas si mal, hein, vu que ça lui donne un prétexte du tonnerre pour passer plus de temps avec Raphaël Winter, son pseudo-Némésis aux yeux saphir. Et quand il toque à sa porte en lui demandant d’aller jouer l’espionne sur le tournage de sa série préférée, Enchantement, elle saute sur l’occasion. Glander sur un plateau télé, c’est sûrement pas difficile… ni dangereux… n’est-ce pas ?

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Retrouvez mon avis du tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Ayant beaucoup apprécié le premier tome, je me suis plongée avec enthousiasme dans cette suite qui m’a semblé encore plus savoureuse, palpitante et amusante. J’ai adoré retrouver Ivy, une sorcière fainéante par essence, extrêmement douée par nature. C’est d’ailleurs ce décalage entre ses talents innés pour la magie et sa volonté assumée d’en faire le moins possible qui rend cette sorcière aussi drôle et attachante. Malheureusement pour elle, l’Ordre, une organisation de sorciers qu’elle fuit comme la peste, semble s’évertuer à faire de sa vie un long et fatigant voyage.

Elle se retrouve ainsi impliquée dans une enquête délicate qui va la conduire dans un trou paumé des Highlands où un affreux meurtre a été commis. Mais pour une fois, Ivy ne rechigne pas devant l’effort ! Il faut dire que cette enquête va lui permettre de passer un peu de temps avec Raphaël Winter, ce sorcier qui fait battre son cœur, malgré sa détestable tendance à être un bourreau de travail. Et cerise sur le gâteau, sa mission va lui permettre de mettre les pieds sur le plateau de son émission de télé-réalité préférée, une émission dans laquelle les candidats sont censés avoir au moins un soupçon de magie ! Mais parce qu’il faut toujours un mais, ce ne sera pas en dilettante, mais en tant que coursière corvéable à merci, du moins, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances la fasse passer de l’ombre à la lumière…

L’enquête sur le meurtre se révèle plutôt intéressante et bien amenée, mais elle va surtout nous conduire dans les arcanes d’une magie puissante, maléfique et redoutable. L’autrice fait monter la tension crescendo à tel point que j’ai lu la dernière partie presque en apnée. Autant vous le dire tout de suite, j’ai vraiment tremblé pour Ivy qui n’est pas ménagée dans ce deuxième tome. Entre la méchanceté de certains candidats, le travail épuisant, les fausses pistes et le danger qui semble provenir de nulle part et partout à la fois, notre sorcière préférée n’a pas une minute pour se reposer. Et quand on la connaît, on sait que c’est loin de la ravir…

Si ma seule et unique expérience de la télé-réalité se résume à la première saison de Loft Story, cette plongée dans les coulisses de la télé-réalité m’a beaucoup plu. On y découvre la concurrence féroce, la jalousie, le rythme de travail insensé, les faux-semblants, les scénarios montés de toutes pièces, les candidats formatés pour correspondre aux archétypes voulus par la direction… Il n’y a pas à dire, être un candidat de télé-réalité, ce n’est pas une sinécure ! Mais il en faudra bien plus à Ivy pour perdre son légendaire aplomb et s’avouer vaincue.

Ivy, avec son humour et son sens de la répartie, c’est 100% de fun et pas mal de problèmes, bien qu’ils soient rarement de sa faute. Alors on savoure chacune de ses (més)aventures et on attend avec impatience de la voir de dépêtrer avec brio de situations dans lesquelles on n’aimerait pas, mais alors pas du tout, être plongés. À titre d’exemple, les créatures qu’elle va rencontrer dans les Highlands se révèlent tout simplement cauchemardesques ! Ivy pourra heureusement compter sur le soutien de Raphaël Winter qui se montre un poil jaloux, mais absolument craquant. Les deux sorciers vont devoir régler un petit malentendu, mais à aucun moment, on ne doute de leur complicité et de leur compatibilité. N’a-t-on pas l’habitude de dire que les contraires s’attirent ? Pour ma part, j’ai adoré leurs interactions, la manière dont ils se provoquent et se cherchent…

Dans ce tome, on retrouve également d’autres connaissances comme Tarquin qui est toujours un boulet franchement agaçant, le chef de l’Ordre qui m’a semblé ici bien plus humain et Brutus, le familier d’Ivy. Dans le premier tome, je n’avais pas accroché à ce chat qui parle, le trouvant inutilement vulgaire. Mais avec cette suite, je dois revoir mon avis puisqu’il m’a semblé bien plus intéressant. J’ai apprécié ses quelques interventions qui ont le mérite de nous prouver que si M. apprécie beaucoup de manger, il n’est pas non plus indifférent au sort de sa sorcière apprivoisée. J’espère que le troisième tome confirmera cette chouette évolution et surtout qu’elle nous permettra de retrouver une Ivy remise d’aplomb après toutes les épreuves qu’elle a dû traverser. Pour quelqu’un qui se dit fainéante, elle a quand même bien tendance à courir de tous les côtés !

Comme souvent avec l’autrice, le roman se révèle très vite addictif et les pages défilent comme par magie. Et si l’humour est bien présent, l’ambiance n’en demeure pas moins parfois très sombre, certains événements m’ayant d’ailleurs étonnée par leur dureté et brutalité. En d’autres termes, Helen Harper sait tenir ses lecteurs en haleine, alternant entre moments drôles et moments possédant une belle intensité dramatique. Impossible donc de s’ennuyer quand on se lance dans un tome d’Ivy Wilde.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman d’urban fantasy bourré d’humour, d’action, de magie et de personnages hauts en couleur, dont une sorcière très drôle qui n’a pas la langue dans sa poche, Ivy Wilde est fait pour vous. Rires et grande aventure garantis !

Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, Helen Harper

Quand fainéantise rime avec magie: Ivy Wilde, T1 par [Helen Harper ]

Bon, soyons clairs : Ivy Wilde n’est pas une héroïne. C’est même la dernière personne que vous contacteriez si vous aviez besoin d’une aide magique, malgré ses talents. Si ça ne tenait qu’à elle, Ivy passerait ses journées affalée dans le canapé, devant la télé, paquets de chips en main, à papoter avec son familier félin jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais quand elle se retrouve victime d’une erreur d’identité, elle est embarquée malgré elle à la Branche Arcane, le département d’investigation de l’Ordre Hermétique du Crépuscule d’Or. Les problèmes se multiplient quand un objet de valeur est volé au nez et à la barbe des représentants de l’Ordre ; et le fait d’être liée magiquement à l’Adeptus Exemptus Raphaël Winter ne fait qu’empirer la situation. Il a peut-être un regard couleur saphir et le corps d’un mannequin maillot de bain, mais pour Ivy, il représente tout ce qu’il y a de soporifique dans le boulot de sorcier. Et s’il l’oblige à retourner à la salle de sport, juré, elle le transforme en crapaud

MxM Bookmark (26 novembre 2018) – 344 pages – Broché (18€ ) – Ebook ( 5,99€)

AVIS

En pleine frénésie de fantasy urbaine, je me suis attaquée à ce roman dont la sublime couverture n’avait pas manqué d’attirer mon attention.

Ivy a été expulsée de l’Ordre, il y a maintenant quelques années… Pas traumatisée pour un sou, elle s’est donc forgé une vie à son image : cool et sans pression. Bon, il est vrai que son métier de chauffeur de taxi n’est pas toujours de tout repos, mais elle compense les aléas du métier par de longs tête-à-tête avec son canapé et des soirées endiablées avec sa télé. Mais parce que toutes les bonnes choses ont une fin, elle se retrouve, par un malheureux concours de circonstances, liée par magie à un membre de l’Ordre peu souriant et surtout, ô malheur, extrêmement travailleur !

Enfer et damnation, la voilà contrainte de l’épauler dans son travail jusqu’à ce que les effets du sort ne soient plus qu’un lointain et douloureux souvenir… Si Ivy se revendique fainéante et est partisane de la politique du moindre effort, au fil du roman, on s’aperçoit que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît et que la jeune femme est loin d’être le boulet qu’elle prétend être. Attendez-vous donc à découvrir une femme forte qui, sous couvert d’un amour immodéré pour les siestes, se révèle intuitive, pleine de surprises et très talentueuse sans oublier plutôt amusante puisqu’elle n’hésite jamais à dire, avec humour, le fond de sa pensée. On saluera également sa propension à élaborer des hypothèses parfois farfelues à partir d’un détail vestimentaire… Bref, un sacré personnage !

Un constat que Winter va très vite faire. Sa rencontre avec Ivy ne s’étant pas particulièrement bien déroulée, il se forge, dans un premier temps, une très mauvaise image de la jeune femme. Néanmoins, intelligent et bien plus gentil que son sérieux ne le laisse présager, il ne reste pas sur ses a priori et essaie de voir derrière les apparences… Il comprend ainsi rapidement que l’image de fainéante désinvolte et peu douée que veut ardemment se donner Ivy est bien loin de la vérité.

Les interactions entre les deux protagonistes sont plutôt amusantes : Ivy adore le taquiner et Winter, faisant progressivement tomber son masque d’impassibilité, ne manque pas non plus de répartie… De leur collaboration forcée naît donc une certaine complicité, voire un peu plus puisqu’un petit jeu de séduction s’instaure progressivement entre eux. Leur complémentarité s’impose également aux lecteurs : quand Winter se montre analytique et procédurier, Ivy compte sur ses intuitions et ses capacités magiques qu’elle a, d’ailleurs, de plus en plus de mal à cacher…

Les deux sorciers collaborent donc main dans la main pour démasquer le responsable d’un vol avant de comprendre que l’affaire est peut-être plus sérieuse qu’il n’y paraît. L’enquête est intéressante et nous permet d’entrer de plain-pied dans les rouages de l’Ordre, une institution qui n’est pas exempte de défauts et de fruits pourris, mais qui n’est pas aussi obsolète qu’aime à le penser Ivy. Il faut dire qu’ayant eu maille à partir avec l’Ordre par le passé, elle n’est peut-être pas la plus objective comme n’hésite pas à lui prouver, avec un certain tact, Winter…

En plus de ce duo plein de charme qui fonctionne à merveille, l’autrice a introduit un personnage qui aurait dû me faire fondre, Brutus, un chat qui parle, ou du moins, qui peut énoncer quelques mots. Je ne me suis malheureusement pas attachée à ce dernier, peut-être parce que le voir ponctuer la plupart de ses interventions par « connasse » ne m’a pas vraiment amusée ni même fait sourire. Toutefois, la fin du roman me laisse entrevoir une évolution de mon ressenti sur ce chat qui, je l’espère, se révélera plus attachant et intéressant dans la suite de l’aventure.

Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle efficace et fluide. On est vraiment dans une histoire légère et divertissante, ce qui se traduit par une certaine simplicité dans la narration, mais aussi beaucoup de dynamisme et de rythme dans le récit. Le roman se lit donc d’une traite et permet de se vider l’esprit auprès de deux personnages auxquels on s’attache beaucoup et dont on espère que l’attirance qu’ils semblent ressentir l’un pour l’autre débouchera sur une jolie relation.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine léger et facile à lire, Ivy Wilde est fait pour vous. L’univers n’est peut-être pas développé outre mesure, mais il y de la magie, de l’action, du mystère, du suspense et des protagonistes complémentaires dont on suit avec délectation les échanges toujours pleins d’humour. Je retrouverai donc avec plaisir la truculente et amusante Ivy dans ses autres aventures en espérant que sa complicité avec le beau Winter soit toujours aussi palpable et se mue en quelque chose de plus profond.

Retrouvez le roman sur le site des éditions MxM Bookmark.