Week-end à 1000 (29 au 31 octobre 2021) : mes prévisions de lecture

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Pour cette nouvelle session qui débutera demain, vendredi 29 octobre à 19h pour se terminer dimanche 31 octobre à 23h59, j’ai choisi des lectures très halloweenesques…

Si, comme toujours, mon programme est susceptible d’évoluer, il y a deux ouvrages que je suis certaine de lire : Quand je suis arrivée au château et Duckenstein, une BD que j’ai prévu de lire avec mon compagnon dimanche.

PAL WEEK-END A 1000 27 -29 août(2)

Et vous, comptez-vous participer à cette session ?

Top Ten Tuesday #234 : mon programme lecture idéal pour Halloween ou les 10 livres que j’aimerais (re)lire à cette occasion

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


J’ai quelque peu modifié le thème de la semaine pour vous présenter les 10 livres que j’aimerais idéalement lire et/ou relire à l’occasion d’Halloween. Bien que je ne fête pas Halloween, je trouve que c’est le prétexte idéal pour lire des livres à l’ambiance horrifique et/ou gothique…

10 livres que j'aimerais idéalement lire et/ou relire à l'occasion d'Halloween

Et vous, certains de ces livres vous tentent-ils ?
Comptez-vous lire quelque chose de spécial pour Halloween ?

 

Mercy, tome 3 : La mine, nos souvenirs et la mortalité, Mirka Andolfo

Alors que la communauté de Woodsburgh livre ses derniers secrets, Lady Hellaine parvient enfin à ses fins. Ce plan machiavélique qu’elle a préparé soigneusement depuis toutes ces années arrive à son dénouement et nous découvrons enfin ses véritables intentions. Mais un grain de sable vient semer le trouble dans l’esprit de la mystérieuse jeune femme : quels sont donc ces sentiments nouveaux qu’elle ressent ? Serait-elle véritablement capable d’aimer ? Il y a fort à parier que le final explosif de la trilogie Mercy saura en surprendre plus d’un…

Glénat BD (24 février 2021) – 64 pages – 14,95€

AVIS

Ayant beaucoup aimé les deux premiers tomes (La dame, le gel et le diable et Des chasseurs, des fleurs et du sang), j’avais hâte de lire ce troisième et dernier tome qui s’est révélé à la hauteur de mes attentes.

On retrouve le charme incroyable des illustrations de Mirka qui allient beauté et horreur, et qui rendent la lecture aussi forte que marquante. Pour ma part, je suis satisfaite des réponses apportées aux nombreuses questions soulevées tout au long de la série. Mais ce qui m’a frappée dans ce tome, c’est qu’à mesure que l’on progresse dans l’intrigue, l’horreur monte d’un cran, tout en laissant de plus en plus de place à l’humanité. Car monstre ou pas, esprit d’un parasite détraqué par des souvenirs qui ne sont pas les siens, mais qui imprègnent sa psyché ou non, dans cette conclusion, lady Hellaine nous révèle sa superbe dualité. Derrière son aura de dangerosité et sa monstruosité, se dessine en filigrane quelque chose d’autre, des émotions, de la tendresse, de l’amour même, et des remords que bien trop humains… Ce personnage m’a touchée et attendrie malgré ses crimes, malgré sa nature, ou peut-être à cause d’une nature qui n’est plus vraiment celle d’un monstre, mais qu’on ne peut raisonnablement pas qualifier d’humaine.

Surprenante, lady Hellaine l’est ! Tout comme l’est un retournement de situation que je n’avais pas anticipé, mais qui s’intègre à merveille à une trame où l’horreur n’est jamais très loin, et dans laquelle l’humanité déploie ses vices même à des endroits et en des personnes inattendues. Néanmoins, dans cette ambiance sombre autant sur le fond que la forme, la lumière n’est jamais absente, faisant des percées marquées et appréciées. Cette luminosité passe notamment par Rory, cette fillette à laquelle lady Hellaine s’est attachée bien malgré elle, et qui sera autant un objet de rédemption que de perte. Il se joue indéniablement quelque chose de fort et de puissant autour de cette fillette qui touche et fait vibrer la corde sensible chez le lecteur, mais pas que, sans que l’autrice ait besoin de sortir les violons.

Cette BD fait, d’une certaine et déroutante manière, écho à l’amour maternel, qu’il soit traditionnel ou entouré d’une dose de surnaturel rendant les choses plus compliquées, mais pas moins puissantes. À cet égard, lady Hellaine devrait vous surprendre et Gloria vous toucher. Cette femme forte et intelligente est prête à tout pour protéger ses enfants, et notamment un aîné pris dans le piège de l’amour, et dans les filets d’une femme dont il n’imagine pas la vraie nature ni les réels desseins. Mais le danger ne vient pas forcément de là où on pense ! Et l’inimitié peut parfois laisser place à de déroutantes ententes, apportant un vent d’espoir et une certaine sensibilité à une histoire qui peut à tout moment sombrer dans l’horreur. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que la fin est à l’image de la série, spectaculaire, horrifique et belle à la fois.

En conclusion, si vous souhaitez vous plonger dans une histoire fascinante mêlant habilement horreur, fantastique, suspense, mystère, manipulation, secrets, et personnages sombres et dangereux, cette série est faite pour vous. À fortiori si vous cherchez une identité graphique forte, qui réussit à mettre de la beauté dans la monstruosité, et de la monstruosité derrière la grâce d’une lady qui n’est peut-être pas aussi belle que son physique le laisse penser. Voici une série courte mais riche en promesses et en sensations fortes que je ne peux que vous recommander, d’autant que le final ne devrait pas manquer de vous surprendre, et de vous rappeler la dualité d’une œuvre qui prend le temps de dévoiler toute sa noirceur et ses (sombres) secrets.

Films et séries en pagaille #5 (mai 2021)

Sur le modèle des articles Mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de tenter un nouveau type d’article : Films et séries en pagaille. Chaque fin de mois, je reviendrai rapidement sur les séries et films visionnés. Une expérience qui, je l’espère, me permettra de fixer un peu plus longtemps dans ma mémoire les œuvres vues…


Le bilan de mai est très positif puisque tous mes visionnages m’ont plu.

SÉRIE

  • Lucifer saison 2 – 18 épisodes (Netflix)

Lucifer

Je n’ai pas grand-chose à dire si ce n’est que comme pour la saison un, j’ai passé un bon moment, mais je n’ai toujours pas ressenti de sentiment d’attachement profond aux personnages ou cette envie irrépressible d’enchaîner les épisodes. Je pense que le fait que les enquêtes soient tellement classiques qu’elles en deviennent prévisibles m’empêche d’être complètement accro.  

En revanche, j’aime de plus en plus le jeu d’acteur de Tom Ellis qui s’est totalement approprié le personnage de Lucifer. Je ne pourrais imaginer un autre acteur à sa place ! Quant à cette seconde saison, elle marque l’arrivée d’un personnage qui relance un peu la dynamique de la série et qui m’a pas mal fait cogiter quant à ses réelles intentions. J’ai fini par développer une certaine fascination pour ce personnage plus complexe qu’il n’y paraît et qui semble provoquer en Lucifer des sentiments contradictoires, mais vu leur lien et leur passé, cela semble plutôt normal…

FILMS

  • Oxygène (Netflix)

Bande-annonce OxygèneAppréciant beaucoup Mélanie Laurent, je n’ai pas hésité quand j’ai vu passer ce film sur Netflix.

Et si je n’ai pas eu la claque que j’attendais, j’ai quand même beaucoup apprécié ce huis clos étouffant et angoissant que je déconseillerais fortement aux personnes claustrophobes. Que ce soit grâce à la mise en scène ou au jeu impeccable de l’actrice, on sent parfaitement ce sentiment d’asphyxie qui monte à mesure que s’égrènent les minutes. Pourquoi notre héroïne est-elle coincée dans cette capsule microscopique ? Qui est-elle ? Peut-elle espérer être sauvée à temps ou est-elle condamnée à mourir asphyxiée ? Tout autant de questions qui nous tiennent en haleine et qui nous font entrer en totale empathie avec une femme qui se trouve dans une situation angoissante et inimaginable sans même savoir pourquoi.

Je n’en dirai pas plus parce que c’est clairement le genre de film à regarder sans rien en savoir ou presque, ne serait-ce que pour faire de l’angoisse de la protagoniste la sienne et ainsi ressentir ses émotions, de l’incompréhension, à l’espoir en passant par la peur. Mais parce qu’enfermée, ne signifie pas démunie, notre héroïne va se battre pour retrouver la mémoire et enfin démêler les fils d’un mystère bien opaque. Après tout, c’est une question de vie ou de mort !

Un jeu d’actrice incroyable, tout le film reposant sur la performance de Mélanie Laurent, un suspense omniprésent et une tension constante, qui ne fait que monter crescendo, voici un film que vous regarderez en apnée !

  • Adolescence explosive (Prime Video)

Adolescence explosive

Adolescence explosive fut la bonne surprise du mois. Je l’ai lancé en m’attendant à un gentil navet, alors que je me suis très rapidement prise au jeu de cette histoire plutôt originale d’adolescents qui explosent littéralement. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme même si vous vous doutez bien que les autorités ne vont pas rester sans rien faire, et vont enquêter et tenter de régler le problème avec, comme vous le verrez, plus ou moins de succès.

Allégorie ou non de la tendance de certains adolescent(e)s à exploser, au sens figuré du terme cette fois, j’ai apprécié ces explosions physiques aléatoires qui introduisent une bonne dose d’angoisse dans la vie de lycéens qui vivent désormais avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Chacun d’entre eux ne peut que se demander s’il va exploser en prenant son petit-déjeuner, sur le trajet du lycée, à moins que ce ne soit son ou sa meilleur(e) amie qui vienne soudainement tapisser de sa cervelle et de ses boyaux ses habits. D’ailleurs, les âmes sensibles devraient peut-être s’abstenir…

Je ne sais pas comment j’aurais réagi face à une telle situation, mais je dois dire que j’ai adoré la fausse désinvolture avec laquelle Mara prend la situation. Impertinente à souhait, elle m’a bien souvent faire rire, mais aussi touchée que ce soit en raison de sa relation à la vie à la mort avec sa meilleure amie, ou de celle qu’elle nouera avec un garçon de sa classe. Tomber amoureuse en pleine apocalypse, bonne ou mauvaise idée ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir et de vous forger votre propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que si vous avez envie d’un film avec de l’hémoglobine, mais pas trop, de l’amitié, de l’humour, un grain de folie qui permet de garder un semblant de lucidité face à une situation qui pourrait faire perdre la tête à n’importe qui, et de l’amour, Adolescence explosive est fait pour vous.

Et vous, qu’avez-vous vu en mai ?
Connaissez-vous ces œuvres et/ou vous tentent-elles ?

Dans les bois, Emily Carroll

 

Une cabane perdue dans la neige et des jeunes filles qui disparaissent tour à tour la nuit venue. Une écolière qui joue les apprentis spirites et qu’un esprit malin finit par posséder. Des monstres parasites cachés au fond des bois et qui attendent la proie idéale pour faire… leur nid. Emily Caroll nous livre avec Dans les bois, un sortilège de contes horrifiques à l’atmosphère prégnante, à l’ambiguïté grinçante, et nous rappelle cette délicieuse sensation d’avoir peur, confortablement installé sous les couvertures, en toute sécurité. A moins que…

Casterman (6 janvier 2016) -208 pages – Relié (22€)
Traduction : Basile Béguerie

AVIS

À travers ce sublime ouvrage illustré, Emily Carroll nous propose des histoires dont l’horreur ne manquera pas, si ce n’est de vous effrayer, de vous marquer et de vous pousser, durant quelque temps, à vous tenir éloignés des bois. Cet endroit bien souvent effrayant et non dénué d’une certaine aura de mystère et de danger que l’autrice met ici brillamment en scène. Au fil des pages, vous rencontrerez des personnages différents, bien souvent féminins, et systématiquement englués dans des situations difficiles dont il semble bien impossible de s’échapper…

Parfois ambiguës, systématiquement expressives, ces histoires vous plongeront dans l’horreur, l’autrice jouant habilement avec les peurs ancestrales, celles tapies en chacun de nous, tout en nous faisant miroiter une ambiance de conte à l’ancienne. Parce que le loup n’est pas la seule menace dans les bois, vous apprendrez que la peur peut prendre bien des formes et qu’elle est parfaitement justifiée face à des monstres souvent insaisissables. Des monstres qui vous parasiteront sans même que vous ne vous en rendiez compte. D’ailleurs, de parasites, il en est beaucoup question dans ce recueil, ce qui m’a semblé assez original et qui pourrait presque servir d’allégorie à tous ces parasites, réels ou imaginaires, qui nous plombent l’esprit. Néanmoins, et ce sera le seul petit défaut de ce livre, il m’a manqué un peu plus de diversité, non pas dans les situations, mais dans la forme des menaces qui pèsent sur les personnages.

Quant à l’ambiance graphique, elle participe intégralement à ce sentiment d’angoisse qui monte à mesure que l’on tourne les pages et que l’on s’approche de figures cauchemardesques qui menacent de nous engloutir.  Il y a d’ailleurs un véritable focus fait sur des détails comme la bouche et les dents, accentuant notre sentiment de malaise et de danger. La palette de couleurs est plutôt restreinte, mais l’autrice utile avec maestria chaque couleur, avec un jeu particulier sur le rouge qui vient souligner les moments d’horreur et les événements tragiques. On notera également une totale liberté dans les cases, une liberté ordonnée dans le chaos qui apporte beaucoup de vivacité et de réalisme aux illustrations.

En conclusion, Dans les bois devrait ravir les amateurs de textes à l’ambiance horrifique qui jouent sur des peurs ancestrales, en les ancrant dans des situations angoissantes dans lesquelles les personnages se trouvent inexorablement piégés. Des émotions variées ne devraient pas manquer de vous accompagner durant la lecture de ces textes qui semblent parfois réticents à livrer tous leurs secrets, mais que vous prendrez tout de même plaisir à dévorer !


Je vous propose maintenant de parler brièvement de chaque histoire.

  • L’hôte

Nous suivons Bell, jeune fille solitaire et taciturne que son frère vient chercher à son pensionnat pour qu’elle passe les vacances avec lui et sa fiancée, Rebecca. Arrivée sur place, la jeune fille n’aspire qu’à lire en toute tranquillité quand son frère et sa fiancée ne peuvent s’empêcher de la solliciter. Mais ce désagrément n’est finalement rien par rapport à l’atmosphère étrange qui règne dans la maison et dans les bois à proximité, un endroit que Bell devrait éviter comme le lui a suggéré la cuisinière. En effet, Rebecca, quand elle y était plus jeune, y a vécu un événement fort désobligeant qui aurait pu lui coûter la vie.

De fil en aiguille, la curiosité et la peur s’insinuent dans le cœur et l’esprit de Bell et des lecteurs jusqu’à ce que la vérité se fasse sur la vraie nature de l’horreur. Une horreur qui peut prendre des formes inattendues et faire son nid aussi sournoisement que le plus affreux des parasites. Mais après tout, parasite ou non, que ne ferait-on pas pour protéger ses enfants ? Peut-être d’ailleurs que Bell aurait bien fait d’écouter les histoires de sa maman…

  • Son visage ensanglanté

Un homme regarde son frère rire et amuser la galerie, mais alors qu’il devrait ressentir, comme les autres villageois, un certain soulagement à le voir bien vivant, le malaise s’empare de lui. Il faut dire qu’il en est certain, il s’agit d’un imposteur, car si cet homme a le visage de son frère et porte les habits de son frère, il n’est pas on frère. Et pour cause…

J’ai apprécié la manière dont l’autrice fait planer le mystère et cette ambiance de traque d’une bête monstrueuse que deux frères tentent d’éliminer, mais j’ai eu l’impression de ne pas avoir tout compris. J’ai donc apprécié l’histoire, mais je reste réservée quant à la clarté avec laquelle elle a été présentée. Peut-être trop subtile et ambigüe pour moi !

  • Mon amie Janna

Dans cette histoire, il est question de spiritisme et de deux amies qui, sans malice mais avec une certaine légèreté, se font complices d’une mascarade. Si Yvonne ne croit pas aux fantômes et n’en a jamais vu, cela ne signifie pas qu’elle est aveugle face à l’aura qui entoure son amie Janna. Par peur de la brusquer ou de lui donner l’impression de vouloir lui voler la vedette, elle préfère néanmoins se taire.

Une décision que l’on peut comprendre, mais qui ne sera pas sans conséquence… Et si Janna se laissait submerger par cette tempête intérieure qui l’isole, et dont on ne connaît que trop tard la véritable nature ? À trop vouloir jouer avec le feu, ne risque-t-on pas de se brûler ? À moins que ce ne soit de nouveau les bois qui placent sur le chemin de deux jeunes filles un danger inattendu, source d’une catastrophe inévitable.

  • La maison voisine

Trois sœurs attendent le retour de leur père parti depuis sept jours à la chasse. Mais contrairement à ses instructions, l’aînée, qui à la charge de ses cadettes, a refusé de quitter la maison pour aller frapper à la porte de la maison voisine…  Néanmoins, petit à petit, le foyer se vide jusqu’à ce que la maison voisine s’impose comme seul et dernier refuge.

J’ai apprécié l’ambiance pesante de ce huis clos dans lequel sont piégées des sœurs qui vont devoir faire face à une menace d’autant plus insidieuse qu’elle semble endormir les consciences, du moins certaines consciences. Avec des rappels subtils, mais bien présents, l’autrice nous offre une histoire qui ne sera pas sans rappeler celle du Petit Chaperon Rouge. Un conte toujours efficace, a fortiori quand il est auréolé comme ici d’une pointe de mystère et de la certitude que quelque chose de terriblement dangereux vient frapper chaque nuit à la porte d’une cabane isolée…

  • La dame aux mains froides

Il était une jeune fille qui, comme tant d’autres, dût épouser un mari choisi par son père. Si la situation est déjà fort désobligeante en soi, elle devient franchement inquiétante, quand la nuit tombée, une étrange et funeste mélodie réveille la jeune mariée. Une mélopée entêtante qui la conduira dans une macabre chasse aux membres. Et si finalement, certains secrets méritaient de rester enterrés ou, plutôt, emmurés ?

On reconnaît volontiers le trait de l’autrice, mais celle-ci introduit dans cette histoire aux allures de conte, une nouvelle palette de couleurs avec un joli bleu et un jaune profond, qui finissent néanmoins par être souillés, la vie de princesse ne mettant pas à l’abri d’une bien difficile destinée.

Recueil lu dans le cadre du Challenge Mai en BD.

 

 

Mercy – tome 2 : Des chasseurs, des fleurs et du sang de Mirka Andolfo

Mercy, tome 2 par Andolfo

Jusqu’où peut-on aller par amour ?

Si la bourgade de Woodsburgh semble avoir accueilli la mystérieuse Lady Hellaine et son majordome les bras ouverts, des meurtres étranges viennent semer le trouble dans l’esprit des habitants. D’apparence paisible, la petite communauté n’est pas aussi solidaire qu’elle veut bien le faire croire et en particulier envers ses nouveaux arrivants. L’étau serait-il en train de se resserrer sur la belle étrangère et pourquoi donc a-t-elle recueilli Rory, cette orpheline amérindienne ? Alors qu’un groupe de redoutables chasseurs rend visite à Lady Swanson pour lui apporter la preuve irréfutable de la présence d’une créature démoniaque en ville, Hellaine met en marche son plan machiavélique…

Glénat BD (14 octobre 2020) – 64 pages – Papier (14,95€)

AVIS

Ayant adoré le premier tome, j’ai été ravie de me replonger dans l’atmosphère sublimement horrifique de Mercy, une série qui se distingue par son incroyable ambiance graphique et ses dessins mêlant habilement beauté et scènes effroyables.

Si ce second tome n’apporte pas toutes les réponses aux nombreuses questions que l’on se pose tout au long de la lecture, il permet néanmoins d’en apprendre plus sur les personnages, et de saisir un peu mieux les liens qui les (re)lient. Il reste toutefois encore beaucoup de mystère que ce soit autour de la sublime lady Hellaine et de ses véritables intentions, ou de lady Swanson qui nous apparaît être un adversaire redoutable, bien que peut-être un peu en retrait. Il faut dire qu’en dame de la bonne société, ses attaques ne sont pas forcément frontales, la lady comptant plutôt sur sa langue acérée et des « associés » qui œuvrent dans l’ombre, mais qui semblent difficilement contrôlables…

Alors que lady Hellaine soigne son apparence pour être la rose qui attire les regards, l’étau semble doucement se resserrer autour de sa gorge, son visage d’ange ne trompant pas tout le monde. Son majordome, quant à lui, se montre toujours aussi protecteur, mais peut-être un peu trop sûr de lui pour son propre bien. Car s’il est indéniable que notre duo possède une force et des capacités phénoménales, il pourrait fort bien se trouver face à des ennemis redoutables, qui compensent leur humanité par une certaine fourberie et une capacité à acculer leurs proies sans qu’elles ne sentent le danger arriver…

J’apprécie toujours autant les interactions entre lady Hellaine et son majordome, celles-ci nous donnant le sentiment que ces deux êtres sont étroitement liés, et qu’ils partagent de nombreux secrets. Mais c’est la relation entre lady Hellaine et la fillette qu’elle a acceptée de prendre sous son aile, qui m’a le plus touchée et intéressée. Rory s’est imposée dans la vie de notre lady avec un naturel désarmant, mais le plus étonnant, c’est la manière dont elle accepte sans sourciller sa monstruosité. Au lieu d’avoir peur d’elle, elle voit en lady Hellaine sa mère ainsi qu’un ange vengeur et protecteur, et non un démon se sustentant d’humains. Cela explique peut-être qu’à son contact, lady Hellaine s’humanise un peu et développe un instinct de protection qu’elle n’aurait jamais pensé posséder.

Mais cela ne l’empêchera pas de se laisser rattraper par sa nature, déborder par la faim et de commettre un crime qui semble étrangement la perturber. Aurait-il éveillé quelque chose dans sa conscience, un lien qu’elle et que nous ne comprenons pas vraiment, mais qui pourrait s’avérer d’une importance capitale pour la suite de l’aventure ? Une question parmi tant d’autres, cette série ayant la particularité de jouer avec emphase sur le mystère, ce qui pourra frustrer certains lecteurs. Pour ma part, j’adore le fait d’être dans le flou et de découvrir au compte-gouttes des informations sur une lady énigmatique, sorte de vampire végétal, sur son dangereux et gentleman majordome, et sur les personnages secondaires, d’importance ou non, qui évoluent dans leur sillage. 

En bref, dans ce tome, la tension monte crescendo, des liens se dessinent et s’affirment, d’autres se rompent, mais en toile de fond, reste en suspens cette question obsédante : que veut réellement lady Hellaine et jusqu’où est-elle prête à aller pour l’obtenir ? Espérons obtenir la réponse à cette question dans le troisième et dernier tome d’une série que je recommanderais aux personnes à la recherche d’une histoire fantastique teintée d’horreur, mais sublimée et illuminée par un travail graphique d’une beauté époustouflante. Beauté et ténèbres n’auront ainsi jamais été autant liées !

Films et séries en pagaille #4 (avril 2021)

Sur le modèle des articles Mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de tenter un nouveau type d’article : Films et séries en pagaille. Chaque fin de mois, je reviendrai rapidement sur les séries et films visionnés. Une expérience qui, je l’espère, me permettra de fixer un peu plus longtemps dans ma mémoire les œuvres vues…


À l’exception de Dirty Papy que j’ai abandonné au bout de 20 minutes, mon bilan du mois d’avril est très positif. Ce mois-ci a été l’occasion de voir un film qui me tentait depuis un moment, de revoir la première saison d’une série que j’ai décidé de reprendre et de regarder une réécriture de conte que j’avais appréciée lors de sa sortie au cinéma.

J’ai également regardé deux épisodes des Irréguliers de Baker Street, mais je vous parlerai de la série une fois que je l’aurai terminée.

SÉRIE

  • Lucifer saison 1 – 13 épisodes (Netflix)

Lucifer

Convaincue par l’enthousiasme de mon frère, de ma belle-sœur et de mon neveu, j’ai fini par avoir envie de redonner une chance à Lucifer. Une série dont j’avais apprécié la première saison, mais qui ne m’avait pas assez plu pour que je la poursuive. Ce second visionnage a d’ailleurs confirmé ma première impression, c’est une série dans laquelle je me plonge avec plaisir, mais qui n’a pas cet effet addictif qui a tant plu à mon neveu. Neveu qui m’a d’ailleurs un peu spoilé, mais c’est tellement rare qu’il se montre aussi loquace que je l’ai écouté avec plaisir me parler de certains événements des saisons suivantes.

Si je me souvenais de la plupart des coupables des enquêtes qui jalonnent cette première saison, je ne me rappelais pas à quel point j’adore la personnalité de Lucifer. Dans la vraie vie quelqu’un d’aussi autocentré et égoïste me donnerait des sueurs froides, mais dans une œuvre de fiction, j’adore. Cela apporte beaucoup d’humour et donne lieu à des dialogues cocasses dans lesquels Lucifer ramène toujours tout à lui et à sa situation d’enfant meurtri par la trahison de son père. Il y a un tel décalage entre les scènes de crime et ses réparties que je n’ai pu m’empêcher de sourire, voire de rire à plusieurs reprises.

Je ne suis pas fan de son côté playboy, bien qu’il convienne à merveille au maître des enfers, mais j’apprécie la relation qu’il entretient avec Chloe, la seule femme qui résiste à son charme tout masculin, et à sa force de persuasion toute surnaturelle. De fil en aiguille, une vraie complicité se noue entre les deux personnages et, contrairement à d’autres séries comme Bones où j’attendais fébrilement le rapprochement entre les protagonistes, j’avoue ne pas avoir hâte que cela se produise ici. Je les préfère en duo d’enquêteurs de choc plutôt qu’en potentiels amants maudits, même si je suis curieuse de découvrir la réaction de Chloe quand elle réalisera que Lucifer ne lui a pas menti sur sa véritable identité.

Entre un frère quelque peu manipulateur, le plus ou moins ex mari de Chloe que Lucifer aime titiller, l’enfant du couple juste adorable ou encore une psychiatre qui a une drôle manière de traiter ses parents, les personnages secondaires ne manquent pas non plus d’intérêt !

Quant aux enquêtes, elles sont intéressantes, bien que très classiques, mais leur intérêt réside, du moins pour moi, dans l’intervention de Lucifer… Je reste d’ailleurs un peu perplexe sur la relative parcimonie avec laquelle il utilise ses pouvoirs, tout en appréciant l’effet que la présence de Chloe a sur ceux-ci !

En bref, sans me tenir en haleine, Lucifer est devenu une série que j’aime retrouver régulièrement pour une pause détente sans prise de tête.

FILMS

  • Mulan (Disney+)

Mulan 2020

Après avoir vu les deux dessins animés Disney, j’ai enfin pris le temps de regarder le film. Un film que j’attendais avec impatience même si les reports successifs et les mauvais avis avaient fini par freiner mon enthousiasme. Je ne pouvais néanmoins pas mettre fin à mon abonnement Disney + sans lui donner sa chance.

Et je dois dire que j’ai bien fait, car en gardant à l’esprit que le film est très différent du dessin animé, j’ai passé un très bon moment auprès d’une jeune fille bien décidée à sauver son père d’une mort certaine, et à faire de son mieux pour faire face à un entraînement militaire difficile et exigeant. Il y a quelques facilités scénaristiques, notamment sur la manière dont Mulan arrive à cacher le fait qu’elle soit une femme, mais cela ne m’a pas gênée outre mesure. J’ai apprécié de la voir évoluer, s’endurcir, améliorer ses aptitudes de guerrière déjà bien présentes, et nouer des liens avec d’autres soldats.

Si au début du film, on ne peut qu’être révolté par la manière dont Mulan est toujours renvoyée à son statut de femme avec les restrictions que cela supposait à l’époque, les choses évoluent et petit à petit, Mulan se détache des aprioris pour se révéler aux autres telle qu’elle est, ceci malgré les risques. Une réappropriation de son identité bien amenée qui permet de prouver qu’on peut être une femme, fine stratège et douée au combat.

D’ailleurs, la partie militaire est fortement présente, ce qui semble logique vu le fond de l’histoire, mais il vaut mieux en avoir conscience avant de s’engager dans ce film dépourvu de certains des atouts charmes du dessin animé, comme le truculent Mushu. Une absence qu’on ne peut que regretter, mais qui s’explique très bien par le ton bien plus sérieux et adulte du film…

  • Le Chaperon Rouge (Netflix)

Bande-annonce Le Chaperon Rouge

Après avoir abandonné Dirty Papy, j’ai choisi de regarder une valeur sûre, un film que j’avais vu au cinéma et dont je gardais un bon souvenir : Le Chaperon Rouge.

Je me souvenais encore très bien de l’identité du monstre qui endeuille le village, mais cela ne m’a pas empêchée de me laisser prendre au jeu. J’ai adoré analyser les différentes pistes distillées par-ci, par-là pour semer le doute dans l’esprit des spectateurs. Je pense qu’à l’époque, j’avais dû me laisser mener par le bout du nez un bon moment, complètement happée par le suspense qui monte crescendo, et cette ambiance de huis clos étouffante.

Débarrassée de cette envie de découvrir l’identité de la bête sauvage, j’ai pu me concentrer sur la manière dont l’extrémisme religieux et le fanatisme sont mis en avant et particulièrement bien dénoncés. Car en voulant se débarrasser d’une bête meurtrière à crocs, les villageois ont fait entrer une bête à visage humain encore bien plus meurtrière. Sous couvert de foi et de vaincre le diable, l’homme d’église appelé en renfort impose très vite sa loi, la loi de la terreur, de la dénonciation et du meurtre justifié par des desseins justiciers. Il y a ici un côté chasse aux sorcières et vendetta personnelle qui ne pourra que révolter, d’autant que les villageois semblent complètement soumis…

On en vient très vite à se demander qui de la bête ou de notre justicier est le plus grand monstre ? En ce qui concerne le grand méchant loup, j’ai aimé sa capacité à parler avec notre héroïne, pour des raisons qui, vous le découvrirez, expliquent bien des choses. On regrettera néanmoins une fin un peu trop précipitée, ce qui est fort dommage et nuit quelque peu à la manière dont le réalisateur avait réussi à faire monter la pression.

Si on reste dans un film à l’ambiance horrifique, les romantiques dans l’âme devraient être ravis que les sentiments amoureux, sans être au cœur du récit, soient néanmoins présents et incarnés par deux amis d’enfance faits l’un pour l’autre. Mais dont la différence de condition, bien que mimine, viendra mettre des bâtons dans les roues de leur rêve de noces. J’ai trouvé un côté un peu trop ado à cette relation, mais j’avoue que les deux amis/amoureux ont néanmoins su me toucher…

En bref, si le film ne manque pas de charme et offre un intéressant retournement de situation, il reste très sage par rapport à d’autres films du genre. Alors les amateurs de gore n’y trouveront pas vraiment leur bonheur, mais les personnes souhaitant une interprétation doucement horrifique du Petit Chaperon Rouge devraient passer un bon moment de divertissement.

Et vous, qu’avez-vous vu en avril ?
Connaissez-vous ces œuvres et/ou vous tentent-elles ?

Mercy (tome 1) : La dame, le gel et le diable, Mirka Andolfo

Alaska, fin du XIXe siècle. Hellaine, une femme d’apparence noble et aux origines mystérieuses, débarque dans la petite ville de Woodsburg non loin de l’épicentre de la ruée vers l’or du Klondike, Dawson City. Elle cherche à acheter la concession d’une mine à l’abandon. Car ce que tout le monde ignore, c’est que sous les décombres se cache un lac souterrain donnant accès à une autre dimension peuplée d’êtres cauchemardesques. Hellaine est en réalité l’un de ces êtres. Et manifestement, elle a un plan. Un plan qui va être bouleversé par l’apparition de Rory, une jeune orpheline amérindienne pour qui Hellaine va se prendre d’affection après l’avoir délivré des griffes de son agresseur…

Glénat BD (2 septembre 2020) – 64 pages – 14,95€

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par la sublime couverture qui est d’ailleurs assez représentative des illustrations intérieures qui m’ont subjuguée. Flirtant entre la magnificence et l’horreur, les planches sont tout simplement superbes et à l’image d’une lady qui, derrière une plastique impeccable et un visage d’ange, se révèle être une femme extrêmement dangereuse. Mue par une faim d’une nature peu commune, et des desseins bien mystérieux, lady Hellaine est indéniablement l’atout de cette BD.

À la fin de ce premier tome, on sait encore peu de choses sur elle, si ce n’est que les quelques souvenirs qui l’assaillent spontanément la déstabilisent, qu’elle semble cacher des secrets et que son retour à Woodsburg sera placé sous le signe de la violence et du sang. Mais rien de très nouveau pour les habitants de cette petite ville vivant dans la peur du Diable de Woodsburgh…

Accompagnée par un prétendu majordome, qui semble bien plus tenir le rôle de complice que de domestique, lady Hellaine va faire une entrée remarquée dans la société, que ce soit auprès d’une femme dont la suspicion risque de contrecarrer ses plans, quels qu’ils soient, d’un homme, Jonathan, qui semble voir en elle un souvenir du passé, ou d’une jeune enfant, Rory, exploitée et ostracisée en raison de sa différence et de ses origines.

Tous ces personnages secondaires se révèlent intéressants, bien qu’on ne puisse qu’attendre le tome suivant pour en apprendre plus sur eux, et découvrir de quelle manière ils vont plus ou moins interagir avec Hellaine. Pour ma part, je me suis particulièrement attachée à Rory que Jonathan essaie d’aider comme il le peut. J’ai trouvé la fillette courageuse et ai apprécié son caractère de battante, tout en étant assez surprise quant à sa réaction lors d’un événement qui aurait eu de quoi la terroriser… Un événement qui marque probablement le début d’une toute nouvelle vie pour cette enfant, mais aussi pour Hellaine.

La palette de personnages est variée, avec un effort certain de diversité, et une belle place est accordée à des femmes fortes qui n’hésitent pas à se mouiller les mains, et à utiliser la manière forte pour atteindre leurs objectifs. À cet égard, si j’ai été fascinée par l’aspect monstrueux de lady Hellaine, caché sous des couches de vernis, lady Swanson n’a pas non plus manqué de m’interpeller, cette femme se révélant également tranchante et implacable à sa manière. Je suis d’ailleurs curieuse de découvrir l’histoire qui lie ces deux femmes, l’autrice suggérant qu’elles ne sont pas de parfaites inconnues, bien que lady Swanson ne semble pas encore en avoir conscience…

L’autrice évoque, bien que ce soit brièvement, des thématiques comme le racisme et le travail des enfants, mais ce que l’on peut avant tout retenir ici, c’est bien l’aura sombre et belle à la fois de cette BD, qui nous plonge dans une histoire fantastique mêlant horreur, secrets et mystères. Des secrets que l’on espère ardemment percer, et des mystères sur lesquels on a très envie de lever le voile… Si vous avez envie de découvrir une palette de personnages diverse et variée, parmi lesquels deux femmes de caractère, Mercy devrait vous plaire. Pour ma part, je poursuivrai la série avec grand plaisir que ce soit pour le fond ou la forme, le travail d’illustration et de colorisation étant à couper le souffle.

 

Mini-chroniques en pagaille #29

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Toutes ces nouvelles, téléchargeables gratuitement sur Amazon, ont été lues dans le cadre du challenge Le mois des nouvelles et du Projet Ombre 2021

  • 41 unités temporelles, Anthony Boulanger

41 unités temporelles par [Anthony Boulanger]

Ayant le profil psychologique idéal, le colonel Perry a été sélectionné pour effectuer une mission confidentielle de la plus haute importance et dont les retombées scientifiques sont des plus excitantes. Mais si le militaire reste peu réceptif aux explications scientifiques qu’on lui donne, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il devrait peut-être rester attentif et se poser quelques questions quant aux contours précis de sa mission…

J’ai apprécié la tension que l’auteur instaure avec un jeu efficace sur le temps et cette sensation que quelque chose de dangereux se profile. J’ai également trouvé intéressante la manière dont il insiste sur le profil psychologique du colonel Perry, nous donnant le sentiment que rien dans cette histoire n’est du au hasard… Quant à la révélation, elle a un côté cynique qui correspond assez bien aux modèles économiques en vigueur dans nos sociétés.

En bref, voici une nouvelle qui se lit rapidement et qui, bien que très courte, ne manquera pas de captiver les lecteurs.

  • Au bon vieux temps, Raymond Milési :

Au "Bon vieux temps" par [Raymond Milési, Michel Borderie]

Difficile de trouver un titre plus approprié pour cette courte nouvelle qui nous transporte dans les pensées d’un homme isolé sur une planète dont on ne sait rien, si ce n’est qu’elle n’est pas la Terre.

Mais peu importe puisque notre narrateur la fait revivre à travers ses souvenirs, mais aussi les espoirs qu’ils placent dans l’arrivée de nouveaux colons. Quand enfin ils seront là, cette solitude qui semble sienne pourra s’envoler au profit de repas partagés, de rires, de chaleur humaine et du retour du « bon vieux temps »…

De la nostalgie d’un passé révolu et condamné aux espoirs d’un homme dont la solitude émeut, voici une nouvelle qui, en quelque pages, arrive à transmettre beaucoup d’émotions tout en poussant les lecteurs à s’interroger sur la Terre et  la propension de l’homme à la violence et à la destruction.

  • Tous les robots s’appellent Alex, Jean Bury

Tous les robots s’appellent Alex par [Jean Bury]

Quand les robots et les intelligences artificielles sont bien souvent présentés comme les destructeurs de l’humanité, ils ont ici tenté de la sauver sans grand succès. Un virus a ainsi éradiqué tous les hommes qui n’ont laissé derrière eux qu’un vaisseau spatial habité par une intelligence artificielle, Père, et sa créature, un cyborg de quatorze ans qu’il élève comme un humain. Ainsi, si les hommes ont disparu physiquement, Père est, quant à lui, bien décidé à poursuivre sa mission et à sauvegarder le souvenir de leur existence et de leurs us et coutumes.

C’est d’ailleurs dans ce but qu’il a créé et conditionné Alex, mais de fil en aiguille, ce dernier va en venir à s’interroger sur la notion d’humanité et la pertinence de préserver le souvenir d’un monde déchu depuis des siècles. Des questions qui en appellent d’autres et qui vont le conduire sur un chemin dangereux, celui de la vérité.

J’avais très vite anticipé le secret que va mettre à jour Alex, mais cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à suivre ce jeune cyborg dans ses questionnements et à le voir interagir avec son créateur. Une relation créature/machine qui se révélerait presque touchante même si c’est finalement Alex qui émeut le lecteur de par sa solitude, ses besoins de réponse et le poids des responsabilités qui pèsent sur ses épaules…

En bref, voici une nouvelle fort immersive qui ne manquera pas de vous faire réfléchir sur de nombreux thèmes comme la notion d’humanité et le rapport homme/IA/machine. Mon seul petit regret est ne pas en savoir plus sur l’après, sur le nouveau chemin emprunté par un protagoniste qui a compris que vivre, ce n’est pas simplement exister.

  • Notre Mère, Philippe Deniel

Notre Mère par [Philippe DENIEL]

Nous suivons ici une escouade dépêchée pour accoster un navire-colon, l’Amerigo Vespucci, mais à bord, tout ne se passera pas comme prévu, et ce qui aurait dû être une classique mission va prendre une tournure inattendue. En plus des Déchus que les Chevaliers, accompagnés d’un shaman, sont venus détruire, le navire semble abriter une autre entité.

Quant à découvrir sa nature, il vous faudra lire cette courte nouvelle dans laquelle la tension monte crescendo. En plus de l’hostilité des Chevaliers envers le shaman qu’ils considèrent comme une abomination malgré son savoir-faire, une menace bien plus grande semble être sur le point d’être démasquée à moins que…

J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle dont la fin m’a vraiment surprise, et m’a prouvé que, d’une part, ceux qui aboient ne sont pas forcément ceux qui mordent, et que d’autre part, certains sont prêts à tout pour combler une Mère extrêmement possessive !

  • Sale temps pour un mutant, Guillaume Sibold

Sale temps pour un Mutant par [Guillaume Sibold]

Dans une ambiance de fin du monde, nous suivons un mutant qui tente, tant bien que mal, de survivre durant une nuit sanglante où les Jack-O’ sont de sortie.

Ces monstres, pourtant faits de chair et de sang, terrorisent chaque année, durant une seule et unique nuit, tout le monde : des mutants ayant subi des transformations physiques aux pillards en passant par les créatures peu ragoûtantes qui hantent les recoins de la ville, une fois la nuit tombée.

L’auteur instille, page après page, pas après pas, une bonne dose d’horreur à travers cette bande déguisée et violente qui traque et massacre leurs proies. Et quand ce n’est pas entre les mailles de leur filet que notre mutant doit passer, c’est entre celles d’une créature qui, heureusement pour lui, possède un étrange et intéressant point faible.

Si vous aimez ressentir cette bouffée d’angoisse qui monte à mesure que se tournent les pages, vous allez apprécier cette nouvelle qui donne l’impression déstabilisante de devoir, aux côtés de notre protagoniste, lutter pour sa survie dans un monde post-apocalyptique digne d’un bon film d’horreur.

Et vous, lisez-vous parfois des nouvelles et/ou de la science-fiction ?
Certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?

Mini-chroniques en pagaille #28

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de vous parler de quatre nouvelles qui, bien que très différentes, m’ont toutes plu.

  • Diplomatie alien, Vincent Ferrique :

Galaxie, Étoiles, Infinity, Cosmos

Un héros se meurt, mais heureusement son fils, Junior, est là pour reprendre la relève et défendre l’humanité du danger extraterrestre qui se dessine. C’est, du moins, ce qu’espérait le paternel parce que dans les faits, notre apprenti héros se pose bien plus en objecteur de conscience et en pacifiste assumé qu’en fier soldat prêt à guerroyer à bord du vaisseau de son père, l’archéon.

Mais cette rébellion, ne risque-t-elle pas d’avoir des répercussions ? En l’envoyant exterminer tout un peuple, le Sénat reproduisait-il seulement la tendance bien humaine à tuer et à s’approprier les ressources d’autrui ou faisait-il preuve d’un sain esprit de conservation ? Pour la savoir, il vous faudra découvrir cette nouvelle qui n’est pas dénuée de rythme ni même d’humour, certains jurons valant leur pesant d’or.

Pour ma part, j’ai apprécié le voyage et la chute qui nous prouve qu’il vaut mieux parfois apprendre à choisir ses combats et à réfléchir avant d’agir. Quant à notre apprenti héros qui ne semble en faire qu’à sa tête, on en vient à se dire qu’il n’était peut-être pas le meilleur choix pour préserver l’humanité. Comme quoi, l’héroïsme, ce n’est pas une affaire de famille !

  • Juste un visage, Rose P.Katell :

Film, Cinéma, Bobine, Rétro

Dans cette nouvelle, on suit un acteur, Eder, en pleine désillusion sur son métier à une époque où « jouer » consiste seulement à prêter ses traits et son corps à des techniciens, qui les capturent avant de les faire travailler pour vous.

Une omniprésence de la technologie qui marque la mort du métier d’acteur tel que des générations l’ont connu, plus personne, ou presque, ne semblant désirer voir de vrais acteurs sur scène ou à l’écran.

Malgré son succès et les encouragements de son manager et ami, Eder ne se sent donc pas à sa place, lui qui rêve d’être enfin jugé sur son talent et non plus sur son physique, son plus gros atout et sa plus grande malédiction… Alors que tout semble perdu, une opportunité inattendue s’offre à lui !

Empreinte de mystère et de questionnements sur la beauté et le physique dans une société qui les portent aux nues, cette nouvelle m’a plu par sa portée et la profondeur d’un personnage que l’on condamne à une superficialité qu’il abhorre. Quant à la fin, elle marque par la manière radicale dont Eder décide de redevenir acteur de sa vie…

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°8, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

  • Le Kroc, Anthony Lamacchia

Dernier pensionnaire d’un orphelinat, Alan est bien décidé à quitter cet endroit terrifiant, parce que si personne ne vient l’adopter, l’autre alternative n’est guère réjouissante… Toutefois, un problème se pose : s’enfuir le jour est impossible en raison du personnel médical, et s’enfuir la nuit par la forêt est impossible, sauf à vouloir affronter un danger mortel.

Mais Alan n’a pas dit son dernier mot et avec son fidèle ami imaginaire, une peluche répondant au nom de Charlie, il fomente un plan qui va malheureusement le conduire tout droit dans la gueule du loup, ou ici, du Kroc. Créature terrifiante qui hante la nuit les couloirs de l’orphelinat, le Kroc pourrait symboliser les peurs infantiles, et notamment celle bien connue du noir, sauf qu’il semble bien réel…

Durant cette courte et intense nouvelle, nous suivons la lutte pour la survie d’un enfant qui, armé seulement de son courage et de l’aide de son ami imaginaire, va devoir affronter de terribles dangers, dont l’un qui nous prouve que la monstruosité peut prendre bien des apparences. Pour ma part, j’ai aimé me plonger dans cette ambiance horrifique qui gagne en intensité à mesure que l’on s’approche d’un dénouement, certes pas fondamentalement original, mais diablement efficace.

Quant au style de l’auteur, j’en ai apprécié la fluidité et le côté très immersif. On saluera également la manière dont est gérée la montée en puissance de la tension, de l’angoisse et du suspense, qui donne presque envie de se cacher sous sa couette afin de ne pas être saisi par le Kroc. 

  • Passage, Sam Kolchak

Lyon, France, Ruelle, Tour

Si la société actuelle est déjà frappée de jeunisme, en 2050, le concept prend une tout autre dimension puisque les gens, à partir d’un certain âge, sont tout bonnement éradiqués ! Une solution radicale à laquelle un septuagénaire est bien décidé à échapper. Pour ce faire, il compte sur l’aide d’une personne mystérieuse, à supposer qu’elle existe réellement et qu’elle n’appartienne pas au domaine des légendes urbaines !

L’auteur nous plonge en plein Lyon et le monde secret des traboules qui, comme elles l’ont déjà fait par le passé, offrent un sauf-conduit aux personnes traquées injustement pour des raisons complètement absurdes. Ici, il n’est donc point question de tourisme, mais d’une lutte acharnée pour la survie d’un homme qui va jouer le tout pour le tout afin de continuer à exister.

Si j’ai apprécié le titre qui semble loin d’avoir été choisi au hasard, j’ai surtout pris plaisir à me laisser happer par cette nouvelle menée tambour battant. Notre fuyard va ainsi vivre, en un temps très court, moult péripéties dans ce qui sera, pour lui, l’aventure de la dernière chance. Rythmée et non dénuée de tension, cette nouvelle devrait vous tenir en haleine et vous surprendre par sa chute que j’ai trouvée plutôt bien amenée.

Retrouvez les deux nouvelles dans le webzine L’Indé Panda n°10, disponible gratuitement sur Amazon et Kobo 

Et vous, certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?