Préférer l’hiver, Aurélie Jeannin

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une
saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

HarperCollins (8 janvier 2020) – 240 pages – Broché (17€) – Ebook (10,99€)

AVIS

Préférer l’hiver, c’est l’histoire d’une rencontre avec une mère et sa fille, mais c’est surtout la connexion immédiate et viscérale avec une plume, un style, une puissance et une poésie dans les mots qui vous happe, vous touche, vous broie et vous noie sous un faisceau de sensations. Les mots coulent de source dans une valse lente, rigoureuse et implacable au rythme de l’hiver, du temps qui passe, de la rudesse de la vie avec son lot de souvenirs, certains heureux, d’autres plus tristes et emplis d’une mélancolie de tous les instants.

Comment supporter le deuil d’un enfant ? Comment accepter que dans un instinct contre-nature, la vie vous arrache une part de vous et renverse l’ordre établi… Un enfant enterre ses parents et non l’inverse… Ce deuil des morts, accompagné de celui des vivants, est puissant et douloureux, mais l’autrice l’évoque toujours avec une retenue salvatrice qui permet aux lecteurs de ne pas sombrer dans la tristesse.

Préférer l’hiver, c’est aussi un huis clos entre une mère et sa fille réunies par le destin, à moins que ce ne soit par le chaos inébranlable de la vie. Ces deux femmes partagent cette même douleur et ce même vide intérieur qui les poussent à trouver un peu de paix dans la quiétude d’une vie coupée de tous. La relation entre la mère et la fille est forte et distante à la fois, les silences ayant autant de poids que les mots. Deux vies qui, malgré quelques frictions, se juxtaposent sans jamais entrer en collision !

Si c’est l’autrice qui nous fait entrer dans l’intimité feutrée de ces deux femmes, c’est bien grâce à la fille que nous apprenons à les connaître. À travers son regard non dénué d’un certain recul, la mère nous apparaît comme une femme hors du temps qui vit à son propre rythme, un rythme effréné que seul un esprit aguerri peut suivre. Intelligente, voire brillante, cette femme semble difficile à cerner dans toute sa complexité ! Elle offre néanmoins une sorte de présence dans l’absence venant autant renforcer le sentiment de solitude de sa fille que le combler…

Quant à la narratrice, sans que l’on s’attache vraiment à elle, elle se dévoile à nous sans fard ni faux-semblant. Mêlant bribes de présent et de passé, elle nous narre ainsi son histoire comme elle le ferait dans un journal intime. Au fil des pages, s’égrènent ses pensées, ses réflexions, ses observations, ses manques, ses blessures physiques et morales, et sa vie dans cette forêt, loin de tout, dans laquelle elle prélève ce dont elle a besoin avec parcimonie et une conscience aigüe de ce qui l’entoure.

La nature prend d’ailleurs une certaine place dans cette histoire lui conférant un aspect nature writing qui, contre toute attente, m’a beaucoup plu. Cela tient probablement au style poétique et immersif de l’autrice. J’ai ainsi parfois eu le sentiment d’entrer dans cette cabane au milieu des bois, et de partager les silences et les douleurs de cette mère et de sa fille dont la relation transcende les liens du sang pour atteindre quelque chose de bien plus fort et puissant…

Deux femmes, une forêt, une cabane, la nature, la végétation, la vie animale… Le masculin est presque exclu de cette vie et quand il apparaît, il nous semble plus nuisible que bienfaiteur. Pour autant, le mâle n’est pas rejeté, mais simplement effacé : plus de mari, plus de fils, plus de futur… juste la vie et l’importance du moment présent.

Il ne se passe rien dans ce récit et tellement de choses à la fois pour celui qui sait écouter. Même le silence de la cabane et de la forêt est comblé par tous ces petits bruits qui permettent de se raccrocher à la vie et de s’ancrer dans une terre pas toujours très tendre, mais dépourvue de cette cruauté bien humaine prompte à frapper et à acculer les plus faibles, plus par avidité et méchanceté que par nécessité. Mais faibles, ces femmes ne le sont pas. Elles affrontent ensemble, comme elles le peuvent, les coups durs de la vie, et ont fini par se créer une vie bien à elles, hors des considérations mercantiles de nos sociétés, loin du brouhaha de la ville et de sa vacuité.

Frappée par l’écriture de ce roman et la poésie qui l’entoure, j’aurais envie de le conseiller à tous, mais je pense néanmoins que sa narration particulière et son rythme ne conviendront pas à tous les lecteurs. N’hésitez donc pas à en lire un extrait avant de vous lancer et de partir à la rencontre de ces deux femmes qui devraient s’imprimer durablement dans votre esprit.

En conclusion, Aurélie Jeannin nous propose un magnifique texte aussi fort et fascinant que la nature qui entoure deux femmes blessées, mais non brisées, dont on suit la vie avec une respectueuse attention. Un rythme calme et intense à la fois pour un huis clos mère/fille, une réflexion sur la nature, le temps qui passe, la solitude, la famille, le deuil, la résilience et la nécessité de vivre l’instant présent sans pour autant se couper de son passé, aussi difficile soit-il. N’est-ce d’ailleurs pas la condition sine qua non pour choisir, en pleine conscience, de préférer l’hiver sans se perdre dans ses frimas ?

Magnifique dans sa singularité, voici un premier roman foudroyant et d’une poésie à la portée quasi philosophique !

Merci aux éditions Harper Collins pour cette lecture.

L’image contient peut-être : texte qui dit ’LIRE EN THEME FÉVRIER 2020 UN LIVRE D'UN AUTEUR’

Throwback Thursday Livresque #106 : Hiver

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de la semaine : Hiver

Pour ce thème, j’avais envie de vous parler du premier tome de la série La passe-miroir, mais je pense avoir déjà joué cette carte. J’ai donc opté pour un titre bien moins connu et découvert par hasard : Jingle Belle.

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Jingle Belle est (sans jeu de mot, vraiment !) une enguirlandeuse. Elle a beau afficher trois-cents ans au compteur, elle est comme toutes les adolescentes : speed, sexy, piercée, capricieuse, drôle, gaffeuse… Petite précision, elle est la fille du Père Noël.

Pourquoi ce choix ?

Je n’attendais rien de ce titre si ce n’est de rire, c’est donc avec une certaine délectation que je me suis prise au jeu de cette histoire mettant en scène la très enquiquinante fille du Père Noël. L’adolescente a l’art et la manière de faire tourner en bourrique son père et d’enchaîner les catastrophes.

C’est déjanté, coloré et plein de peps ! Très loin d’une histoire de Noël classique, cet album a l’avantage d’instaurer une ambiance hivernale tout en vous assurant de franches rigolades.

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Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à consulter ma chronique dont voici la brève conclusion :

Jingle Belle est une très bonne surprise. J’ai passé un excellent moment au côté de cette héroïne attach(i)ante dont l’enthousiasme semble contagieux. Si vous désirez une histoire qui vous mettra de bonne humeur et vous plongera doucement dans les fêtes de fin d’année, ce comics est fait pour vous.

Et pour un autre livre qui, pour moi, représente à merveille l’hiver et, par association, la magie de Noël, je vous invite à lire mon TTL de l’année dernière consacré à Un chant de Noël de Charles Dickens. Si je ne devais vous conseiller qu’un livre pour vous plonger dans l’ambiance de Noël, ce serait sans aucun doute celui-ci.

Couverture du livre : Un chant de Noël

Et vous, quel livre auriez-vous choisi ?

Cold Winter Challenge 2018-2019

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Le Cold Winter Challenge est mon défi littéraire préféré, il m’aide à me plonger doucement dans l’ambiance des fêtes de fin d’année. C’est donc toujours avec plaisir que j’y participe et que je retourne mes bibliothèques dans tous les sens pour choisir mes lectures en fonction des différents menus.

Cette année, Margaud, qui gère le challenge, a ajouté des points bonus :

Pour tous les détails, je vous invite à visionner sa vidéo ou à consulter son blog. N’hésitez pas non plus à vous inscrire au groupe FB pour partager vos lectures avec les autres participants et vous donner, peut-être, de nouvelles envies livresques.

Voici ma PAL pour les deux mois du challenge qui se tient du 1er décembre 2018 au 31 janvier 2019. Je ne pense pas arriver à lire toute cette sélection, mais j’aime avoir du choix…

  • La magie de Noël (Noël, Nouvel an, avent) :

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Couverture Un garçon nommé NoëlMon recueil d'histoires de Noël

  • Flocons magiques (contes, réécritures de contes, fantastique, fantasy, légendes) :

Couverture La soupe aux cailloux du père noëlSortilèges et botanique / Sophie Dieuaide, Marie-Pierre Oddoux | Dieuaide, Sophie (1962-....)

Le roi de l'hiver / scénario, dessins et couleurs, Mikaël | Mikaël (1974?-....)Dragon / scénario, dessin & couleurs : Valp | Valp (1979-....)

La citadelle de glace / Roland Fuentès | Fuentès, Roland (1971-....)Sale temps pour les Pattes noires ! / Claudine Aubrun | Aubrun, Claudine (1956-....)

Couverture PentacleCouverture Lys Striker, tome 1 : Piégée par le passé

Toujours affamé / scénario, Cazenove | Cazenove, Christophe (1969-....)Perséphone / Loïc Locatelli-Kournwsky | Locatelli Kournwsky, Loïc (1987-....)

Dédale. 2 / Takamichi | Takamichi

Robêêrt : mêêmoires / Jean-Luc Fromental | Fromental, Jean-Luc (1950-....)

Couverture Lula et les Monstres

  • Marcher dans la neige (littérature de voyage, grands espaces, nature…) : je ne suis pas certaine que ce livre entre vraiment dans cette catégorie, mais l’important étant de s’amuser, j’ai considéré que c’était le cas.

Couverture Un bain de nature

  • Stalactites ensanglantées (polar, thriller, policier, roman à énigmes) : 

couv5683155À même la peau par Gardner

Le mystère du grand hôtel / Martin Widmark | Widmark, Martin

Et vous, participez-vous à ce challenge ? Quel est le menu qui vous attire le plus ?

 

Cold Winter Challenge 2017

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J’attendais avec impatience l’arrivée du Cold Winter Challenge qui se déroule du 1er décembre 2017 au 31 janvier 2018. L’objectif est de lire des livres en lien avec l’hiver, les fêtes de Noël ou non. Bref, le but est de se faire plaisir et de partager sa passion de la lecture sur son blog, les réseaux sociaux ou sur le groupe FB dédié au challenge.

Pour tous les détails, je vous invite à consulter la vidéo de présentation de Margaud Liseuse qui l’organise cette année.

Margaud propose quatre menus, libre à nous d’en choisir un ou plusieurs et de déterminer le nombre de livres que l’on souhaite lire :

  • La magie de Noël : livre qui se déroule pendant les fêtes de Noël ou à l’approche des fêtes.
  • Flocons magiques : livre de fantasy ou de fantastique lié ou non à l’hiver et aux fêtes de fin d’année.
  • Marcher dans la neige : littérature de voyage ou nature writing.
  • Stalactites ensanglantés : polar, thriller en lien avec le froid, l’hiver.

Je vous propose donc ma sélection de livres volontairement très large. Je ne lirai pas tout, mais j’aime avoir du choix.

Magie de Noël

Ce menu est celui qui m’a le plus inspirée.

  • Romans

 

  • Manga :

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  • Récits très courts : la plupart de ces ouvrages font moins de 30 pages et sont illustrés. Je les ai choisis pour me plonger dans l’ambiance de Noël et pour entrecouper mes lectures par des textes légers et rapides à lire.

 

Flocons magiques

Stalactites ensanglantées

Et vous, vous participez au challenge ?

Top Ten Tuesday #14 : les 10 romans que vous avez lus ou souhaiteriez lire portant sur le thème de l’hiver

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »

Le thème de la semaine : les 10 romans que vous avez lus ou souhaiteriez lire portant sur le thème de l’hiver

Pour ma sélection, j’ai pris également en compte des romans dont le thème n’était pas forcément l’hiver, mais qui se passaient durant cette saison. J’ai, en revanche, décidé d’exclure les livres de ma PAL pour le Challenge Cold Winter pour ne pas être redondante.

Et vous, vous avez déjà lu certains de ces livres et/ou certains vous tentent ?

Kringle Cookie, Kringle Candle

Kringle Cookie

La première fois que j’ai allumé une part de cette tartelette, j’étais en train de faire cuire du riz au lait dont la recette contenait un peu de cannelle. J’ai donc cru, un instant, que les effluves épicées que je percevais provenait de ma recette alors qu’il n’en était rien. Elles émanaient directement de mon diffuseur. Tout ça pour vous dire que l’odeur de cannelle émanant de la Kringle Cookie m’a paru assez naturelle pour m’induire en erreur.

J’ai une relation particulière avec la cannelle que je n’aime pas à quelques exceptions près.  D’ailleurs, si j’en avais mis dans la préparation du riz au lait c’était parce que je ne la réalisais pas pour moi. Cependant, je peux tolérer voire apprécier la cannelle lorsqu’elle est accompagnée par d’autres épices comme c’est incontestablement le cas pour Kringle Cookie. La senteur qui en ressort est gourmande, chaleureuse et délicatement épicée. Je l’ai beaucoup appréciée.

Néanmoins, la note épicée de la Kringle Cookie se rapproche de celle de la White Pumpkin et dans une certaine mesure, de celle de la Banana Bread. J’en viens à me demander si les senteurs Kringle Candle avec des épices ne tendent pas à avoir des notes de fond qui se ressemblent.

En résumé, Kringle Cookie n’est pas un coup de cœur mais cela reste une senteur très agréable. Je ne pense pas l’acheter de nouveau mais j’aurais beaucoup aimé la découvrir en hiver, ses notes épicées s’accordant parfaitement avec cette saison.  Il est juste un peu dommage que son odeur se rapproche au final de celle d’autres références Kringle Candle.