Super Madrona, tome 1 : Des emmerdes jusqu’au cou, Helen Harper

Couverture Super Madrona, tome 1 : Des emmerdes jusqu'au cou

Madrona n’avait pas vraiment prévu de se réveiller sur un parcours de golf, avec un cadavre sur les bras, des pouvoirs étranges et sans aucun souvenir… mais visiblement, elle n’est pas au bout de ses surprises.
Un corps. Plusieurs attaquants à l’allure bizarre. Des pouvoirs magiques très étranges. Et une sévère crise d’amnésie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Madrona ne passe pas une très bonne semaine. Mais ça va s’arranger. Tout ce qu’elle a à faire, c’est découvrir qui elle est vraiment, empêcher une star de feuilleton télévisé d’être agressée par un harceleur et comprendre pourquoi tant de gens semblent avoir peur d’elle. Parce qu’elle ne peut être que quelqu’un de bien…
N’est-ce pas ?

AVIS

Helen Harper est pour moi une valeur sûre alors quand j’ai vu qu’un de ses nouveaux titres était publié en français, je n’ai pas hésité une seconde. Si je garde une très nette préférence pour sa série Les liens du sang, j’ai passé un très bon moment aux côtés de Madrona, une héroïne assez atypique !

Madrona se réveille amnésique à côté d’un cadavre sans tête. Une expérience désobligeante qui devient franchement invivable quand, en plus, elle est prise pour cible. Heureusement pour elle, elle se découvrira des super-pouvoirs ! De là se considérer comme une super-héroïne, il n’y a qu’un pas, qu’elle franchit allègrement. Adorant les histoires avec des personnages amnésiques, dès le début du roman, j’ai accroché, d’autant que Madrona, loin de geindre devant sa situation, se révèle complètement farfelue avec son délire de super-héroïne qu’elle poussera jusqu’à s’acheter un costume.

Il y a donc pas mal d’humour dans ce premier tome qui nous permet de faire la connaissance d’une héroïne que tout le monde craint sans qu’elle ne puisse se rappeler pourquoi. Et puis, il y a cet homme de son passé, gentiment surnommé Ténébreux et Méprisant (TM pour les intimes), qui semble lui vouer une haine farouche. Bref, Madrona que les gens appellent Madhatter est apparemment une super-méchante, quand elle ne se sent pas mauvaise du tout. Certes, elle n’a pas l’âme d’une Mère Teresa mais de là à susciter une telle peur chez les gens qui la (re)connaissent…

L’autrice joue à merveille sur le décalage entre ce que ressent Madrona et ce que l’on pense d’elle, même si j’avoue que pour ma part, je n’ai pas cru à ce rôle de grande méchante qu’on lui assigne. Il faut dire que je me suis très vite attachée à sa personnalité atypique, à sa manière d’avancer sans jamais se lamenter, à sa langue bien pendue et à son humour. Sa relation avec TM m’a également plu, les deux ensemble faisant des étincelles ! On sent ce personnage masculin tiraillé entre sa haine pour Madrona, et les sentiments plus anciens qui semblent les avoir auparavant liés, jusqu’à une trahison de la part de notre héroïne. Et puis, l’amnésie de cette dernière brouille les cartes et le déstabilise bien plus qu’il n’accepte de le reconnaître.

TM, sans être un personnage coup de cœur, a su me toucher, d’autant qu’il va finir par aider Madrona, les deux ayant des intérêts communs. Il y a, en outre, un vrai enjeu autour des souvenirs de notre héroïne que ce soit autour de sa vie passée, la manière dont elle est devenue amnésique ou les raisons pour lesquelles on tente de la tuer. En trame de fond, plane également une menace que Madrona ne peut ignorer, celle d’un homme que tout le monde semble craindre encore plus qu’elle, un être pour lequel, avant son amnésie, elle faisait un travail peu reluisant…

Sans aucun souvenir sur sa vie d’avant, mais pas sans caractère ou pouvoirs, la jeune femme va faire de son mieux pour gérer les différentes menaces qui se présentent à elle et protéger Julie, une actrice qui l’a engagée comme garde du corps. Et si la situation n’était déjà pas assez difficile en soi, elle découvre un monde surnaturel surprenant qui l’éclaire certes sur sa véritable nature, mais qui se révèle être surtout une bonne source de dangers. Je vous laisserai le plaisir de la découverte, mais j’ai apprécié le travail de l’autrice sur la mythologie autour de la nature de nos protagonistes, la situation délicate dans laquelle ils se trouvent et la manière dont ils se sont organisés pour y faire face, sans oublier un mythe qu’elle détricote non sans humour.

Le mystère et le suspense côtoient l’action, Madrona ayant l’habitude de susciter des réactions violentes par sa seule présence, quand ce n’est pas elle qui décide de pimenter une vie qui l’est déjà bien assez ! Aucun temps mort donc dans ce premier tome qui ne perd pas son temps en détails inutiles, tout en nous offrant les informations nécessaires pour s’immerger complètement dans l’intrigue et vouloir en apprendre plus sur une héroïne haute en couleur. Le fait de découvrir des éléments de son passé en même temps qu’elle apporte, en outre, un réel sentiment de proximité avec cette dernière qui n’est peut-être pas la tendresse incarnée, mais qui ne correspond en rien au portrait que l’on fait d’elle. Son amnésie l’a-t-elle changée ou la vérité se trouve-t-elle ailleurs ?

Entre un rythme haletant, une héroïne amnésique à qui on a collé l’étiquette de vilaine quand elle aurait préféré une belle cape de super-héroïne, un protagoniste masculin ténébreux et peut-être pas aussi borné qu’il n’y paraît, des ennemis un peu trop entreprenants et nombreux, un monde surnaturel replié sur lui-même, une bonne dose d’humour et d’originalité, Super Madrona est le genre de roman qu’on lit d’une traite et dont on réclame à cor et à cri la suite ! Mais rien d’étonnant, c’est tout simplement l’effet Helen Harper, l’une des meilleures autrices d’urban fantasy, du moins pour moi. 

 

Throwback Thursday Livresque #212 : H comme…

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


À la lecture du thème de la semaine, H comme…, j’ai tout de suite pensé à L’Héliotrope, premier tome de la série Steam Sailors. Mais venant tout juste de publier ma chronique, j’ai préféré vous parler d’un livre lu il y a un petit moment et que j’avais adoré : Histoires du soir pour filles rebelles : 100 destins de femmes extraordinaires.

Couverture Histoires du soir pour filles rebelles, tome 1 : 100 destins de femmes extraordinaires

Les succès et accomplissements féminins ayant une légère tendance, dans le meilleur des cas, à être minimisés ou associés à celui d’un homme, dans le pire à être occultés des livres d’histoire, j’ai apprécié de découvrir le portrait de femmes que je ne connaissais pas ou très peu. Le livre est à destination d’un jeune public et reste donc concis quant aux informations données, mais il n’en demeure pas moins intéressant même pour un public plus âgé. Pour ma part, cela m’avait donné envie d’approfondir l’histoire de ces femmes extraordinaires. Bonus non négligeable, les portraits illustrés qui permettent de mettre un visage derrière des noms et donc de donner encore un peu plus vie aux femmes mentionnées…


Le thème du jour m’a également fait penser à une autrice qui fait partie de mes valeurs sûres : Helen Harper. 

Si je n’ai pas encore publié mon brouillon sur l’excellente série d’uban fantasy Les liens du sang, dont j’avais enchaîné les tomes en VO, vous pouvez retrouver sur le blog mes chroniques des tomes de la trilogie Ivy Wilde : Quand fainéantise rime avec magie, Meurtre, magie et télé-réalité et S.O.S Fantômes en détresse. Une série que j’ai également appréciée, mais qui ne m’a pas provoqué les mêmes sensations que la première. Mais si vous aimez les chats qui parlent, et pas très poliment, les sorcières rigolotes et les duos qui se révèlent parfaitement complémentaires, Ivy Wilde devrait vous plaire. 

Couverture Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Et vous, quel livre ou auteur(e) auriez-vous cité(e) ?
Ces ouvrages vous tentent-ils ?

 

Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse

Si quelqu’un peut comprendre ce que reposer en paix veut dire, c’est bien Ivy. Enfin, « se » reposer en paix, en tout cas.

Tout juste remise sur pied après son affrontement macabre avec un nécromancien, Ivy est de nouveau plongée dans un monde de mystère, d’aventure, et de désastre imminent. C’est pas de sa faute : apparemment, elle est désormais la seule personne au monde à pouvoir communiquer avec les morts. Et malheureusement pour elle, ils ont la langue bien pendue et une grosse liste de réclamations.

Quand, en échange de son aide, les fantômes lui apprennent qu’un tueur en série assassine discrètement des sorcières, Ivy ne peut pas rester sans rien faire. Elle risque cependant de s’attirer plus d’ennuis qu’elle ne l’imagine… et c’est sans parler du dîner en costard prévu chez les parents de Winter…

AVIS

Avis Tome 1 : Quand fainéantise rythme avec magie – Avis tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Je râle souvent contre les séries de bit-lit et d’urban fantasy à rallonge, mais je n’aurais pas été contre quelques tomes supplémentaires, adorant Ivy Wilde et sa fausse fainéantise. Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, je me suis plongée avec plaisir dans cet ultime tome, en me faisant la promesse de ne pas attendre trop longtemps pour lire la nouvelle bonus.

Si j’ai apprécié ce tome, j’ai peut-être été un peu déçue de son côté très classique et presque trop sage par rapport à un deuxième tome, dont la tension montait crescendo jusqu’à se faire suffocante. Ici, alors que l’autrice évoque un tueur en série de sorcières particulièrement calculateur et sans cœur, je n’ai jamais ressenti d’angoisse particulière ni cette peur viscérale qu’il arrive quelque malheurs aux personnages. J’ai néanmoins suivi avec intérêt l’enquête d’Ivy et de Raphaël sur les traces de ce meurtrier qui voue une haine féroce aux sorcières, des êtres qu’il accuse de tous les maux et qu’il traque méthodiquement et avec un certain machiavélisme, voire professionnalisme. Vous verrez, en effet, qu’il a pensé à tout et qu’il ne laisse aucune place au hasard !

Bien que l’enquête reste très classique dans son fond, elle a au moins le mérite de permettre à Ivy d’exploiter son nouveau talent : la communication avec les morts ! Un petit effet secondaire de sa rencontre avec un jeune nécromancien dans le tome précédent. Des fantômes, en veux-tu en voilà pourrait être le nouveau crédo de la pauvre Ivy qui doit entendre sans relâcher leurs jérémiades et se faire houspiller de manière plus ou moins véhémente. Mais vous connaissez Ivy maintenant, une fois le choc passé face à ses nouvelles capacités, elle reprend du poil de la bête et fait ce qu’elle sait faire de mieux, remettre à leur place les impudents. Cela ne l’empêchera pas de les aider quand elle le peut, notre sorcière ayant un bon cœur. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le fantôme d’une jeune fille qui a vu son cercle de sorciers décimé et celui de l’Ipsimus qui a permis à l’Ordre d’être l’organisation que nous connaissons. Autoritaire, méprisant et colérique, au fil des pages, on finit néanmoins par s’attacher à cette figure de l’Ordre que j’aurais adorée voir un peu plus…

Ce tome, mené tambour battant, ne manque pas d’action, mais il permet également de constater l’évolution de la relation entre Raphaël et Ivy qui sont plus proches, complices et complémentaires que jamais. Si l’efficacité du duo sur le plan professionnel ne fait aucun doute, on apprécie également de voir à quel point, ils forment un beau couple au quotidien. On s’amusera, en outre, de l’influence qu’ils ont l’un sur l’autre : grâce à Ivy, notre sorcier a appris la flexibilité, la diplomatie et la nécessité de savoir parfois transgresser les règles, et grâce à Raphaël, Ivy a gagné un certain sens des responsabilités et une relative tempérance. Mais ce qui fait le charme de nos amoureux, c’est aussi la manière dont ils continuent à se taquiner et à se moquer gentiment des défauts de l’autre qu’ils acceptent sans réserve. Helen Harper nous brosse donc le portrait d’un couple amoureux ayant su développer une relation touchante et saine, ce qui n’est pas si courant…

Bien que la série soit terminée, j’ai le sentiment qu’il y a encore matière à faire vivre d’autres (més)aventures à Ivy, d’autant qu’un grand changement s’annonce autour d’elle. Alors si je n’ai pas vu de communication autour d’une reprise de la série, j’en serais ravie même si je ne suis pas certaine que Brutus, notre félin au vocabulaire peu châtié, soit d’accord pour qu’on vienne de nouveau interrompre ces sacro-saintes siestes ! Après tout, s’il a choisi d’être le familier d’Ivy, c’est bien pour une raison : sa supposée fainéantise…

En conclusion, bien que cette conclusion manque peut-être un peu de flamboyance, elle n’en demeure pas moins fidèle à ce qui fait le charme de la série : de l’humour, des personnages attachants, de l’amour, beaucoup d’action, de la magie et des tas d’ennuis ! Si vous en quête d’un roman qui vous fera sourire et passer quelques heures de divertissement sans prise de tête, Ivy Wilde devrait vous plaire.

Throwback Thursday livresque #201 : une série (plus de 3 tomes)

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Le thème de la semaine, une série de plus de trois tomes, m’ayant pas mal inspirée, j’ai eu un mal fou à faire mon choix. Mais j’ai fini par opter pour une série dont le premier tome a été un quasi coup de cœur : Les liens du sang d’Helen Harper.

De prime abord, Mack est peut-être une humaine d’apparence ordinaire, mais elle vit avec une meute de métamorphes en Cornouailles, dans la province anglaise, après y avoir été abandonnée par sa mère quand elle était encore enfant. Elle souhaite désespérément être acceptée par sa famille adoptive, et pas seulement parce que beaucoup la détestent de n’être qu’une simple humaine : pour une raison inconnue, son sang n’accepte pas la transformation.

Avec ses cheveux roux et son tempérament de feu, Mack est incroyablement douée en combat, et quand l’alpha de sa meute est brutalement assassiné, elle jure de le venger. Malheureusement, le meurtre attire l’attention des membres de la Fraternité (les dirigeants du monde des métamorphes) qui n’hésiteront pas à massacrer la petite meute provinciale de Mack s’ils découvrent qu’une humaine s’y cache depuis son enfance.


Découverte par hasard sur Amazon, l’autrice proposant gratuitement le premier tome en anglais, la série m’a tenue en haleine une bonne partie du mois de décembre de l’année dernière, puisque si j’ai attendu un certain temps entre la lecture du premier et du deuxième, j’ai ensuite enchaîné les tomes restants. Depuis la fin de ma lecture, une chronique générale sur la série est d’ailleurs en attente dans mes brouillons…

Je peux néanmoins déjà vous dire que si vous aimez les héroïnes badass, mais terriblement attachantes, cette série devrait vous plaire. Mack est une jeune femme qui cherche sa vraie nature tout en tentant vaillamment de ne pas mettre sa meute en danger en s’exposant… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle tente de garder ses distances avec un alpha qui se montre très intéressé par cette femme qui ne semble pas ce qu’elle prétend être, et qui a tendance à défier son autorité.

S’engage alors entre eux un jeu du chat et de la souris terriblement addictif qui pousse clairement à tourner les pages les unes après les autres ! Le duo Mack/Corrigan a un petit côté Kate Daniels/Curran qui m’a bien plu, d’autant que l’autrice arrive à lui donner un vrai cachet qui permet au duo de développer son identité propre. 

 À noter que pour une fois, la couverture de la version française est bien plus belle que celle de la version originale.


Et parce que je n’ai pas pu résister, je vous propose également mon manga préféré pour illustrer ce thème : Black Butler. Vous êtes nombreux et nombreuses à connaître cette série emblématique, mais si ce n’est pas encore le cas, je ne peux que vous encourager à lui donner sa chance. Tome après tome,  Yana Toboso arrive à se renouveler, à partir dans des directions inattendues, à nous mettre face à des révélations surprenantes, et à approfondir la psychologie de ses personnages, qui se révèlent d’ailleurs plutôt hauts en couleur. Un pur bonheur !

Couverture Black Butler, tome 01

Et vous, à quel titre auriez-vous pensé ?
Ces séries pourraient-elles vous tenter ?

Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Moteur. Ça tourne… Inaction ! Ivy Wilde, paresseuse sorcière de l’Ouest et addict de la Sieste, est toujours obligée de faire copain-copain avec le Saint Ordre des Lumières Magiques. Ce qui n’est pas si mal, hein, vu que ça lui donne un prétexte du tonnerre pour passer plus de temps avec Raphaël Winter, son pseudo-Némésis aux yeux saphir. Et quand il toque à sa porte en lui demandant d’aller jouer l’espionne sur le tournage de sa série préférée, Enchantement, elle saute sur l’occasion. Glander sur un plateau télé, c’est sûrement pas difficile… ni dangereux… n’est-ce pas ?

AVIS

Retrouvez mon avis du tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Ayant beaucoup apprécié le premier tome, je me suis plongée avec enthousiasme dans cette suite qui m’a semblé encore plus savoureuse, palpitante et amusante. J’ai adoré retrouver Ivy, une sorcière fainéante par essence, extrêmement douée par nature. C’est d’ailleurs ce décalage entre ses talents innés pour la magie et sa volonté assumée d’en faire le moins possible qui rend cette sorcière aussi drôle et attachante. Malheureusement pour elle, l’Ordre, une organisation de sorciers qu’elle fuit comme la peste, semble s’évertuer à faire de sa vie un long et fatigant voyage.

Elle se retrouve ainsi impliquée dans une enquête délicate qui va la conduire dans un trou paumé des Highlands où un affreux meurtre a été commis. Mais pour une fois, Ivy ne rechigne pas devant l’effort ! Il faut dire que cette enquête va lui permettre de passer un peu de temps avec Raphaël Winter, ce sorcier qui fait battre son cœur, malgré sa détestable tendance à être un bourreau de travail. Et cerise sur le gâteau, sa mission va lui permettre de mettre les pieds sur le plateau de son émission de télé-réalité préférée, une émission dans laquelle les candidats sont censés avoir au moins un soupçon de magie ! Mais parce qu’il faut toujours un mais, ce ne sera pas en dilettante, mais en tant que coursière corvéable à merci, du moins, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances la fasse passer de l’ombre à la lumière…

L’enquête sur le meurtre se révèle plutôt intéressante et bien amenée, mais elle va surtout nous conduire dans les arcanes d’une magie puissante, maléfique et redoutable. L’autrice fait monter la tension crescendo à tel point que j’ai lu la dernière partie presque en apnée. Autant vous le dire tout de suite, j’ai vraiment tremblé pour Ivy qui n’est pas ménagée dans ce deuxième tome. Entre la méchanceté de certains candidats, le travail épuisant, les fausses pistes et le danger qui semble provenir de nulle part et partout à la fois, notre sorcière préférée n’a pas une minute pour se reposer. Et quand on la connaît, on sait que c’est loin de la ravir…

Si ma seule et unique expérience de la télé-réalité se résume à la première saison de Loft Story, cette plongée dans les coulisses de la télé-réalité m’a beaucoup plu. On y découvre la concurrence féroce, la jalousie, le rythme de travail insensé, les faux-semblants, les scénarios montés de toutes pièces, les candidats formatés pour correspondre aux archétypes voulus par la direction… Il n’y a pas à dire, être un candidat de télé-réalité, ce n’est pas une sinécure ! Mais il en faudra bien plus à Ivy pour perdre son légendaire aplomb et s’avouer vaincue.

Ivy, avec son humour et son sens de la répartie, c’est 100% de fun et pas mal de problèmes, bien qu’ils soient rarement de sa faute. Alors on savoure chacune de ses (més)aventures et on attend avec impatience de la voir de dépêtrer avec brio de situations dans lesquelles on n’aimerait pas, mais alors pas du tout, être plongés. À titre d’exemple, les créatures qu’elle va rencontrer dans les Highlands se révèlent tout simplement cauchemardesques ! Ivy pourra heureusement compter sur le soutien de Raphaël Winter qui se montre un poil jaloux, mais absolument craquant. Les deux sorciers vont devoir régler un petit malentendu, mais à aucun moment, on ne doute de leur complicité et de leur compatibilité. N’a-t-on pas l’habitude de dire que les contraires s’attirent ? Pour ma part, j’ai adoré leurs interactions, la manière dont ils se provoquent et se cherchent…

Dans ce tome, on retrouve également d’autres connaissances comme Tarquin qui est toujours un boulet franchement agaçant, le chef de l’Ordre qui m’a semblé ici bien plus humain et Brutus, le familier d’Ivy. Dans le premier tome, je n’avais pas accroché à ce chat qui parle, le trouvant inutilement vulgaire. Mais avec cette suite, je dois revoir mon avis puisqu’il m’a semblé bien plus intéressant. J’ai apprécié ses quelques interventions qui ont le mérite de nous prouver que si M. apprécie beaucoup de manger, il n’est pas non plus indifférent au sort de sa sorcière apprivoisée. J’espère que le troisième tome confirmera cette chouette évolution et surtout qu’elle nous permettra de retrouver une Ivy remise d’aplomb après toutes les épreuves qu’elle a dû traverser. Pour quelqu’un qui se dit fainéante, elle a quand même bien tendance à courir de tous les côtés !

Comme souvent avec l’autrice, le roman se révèle très vite addictif et les pages défilent comme par magie. Et si l’humour est bien présent, l’ambiance n’en demeure pas moins parfois très sombre, certains événements m’ayant d’ailleurs étonnée par leur dureté et brutalité. En d’autres termes, Helen Harper sait tenir ses lecteurs en haleine, alternant entre moments drôles et moments possédant une belle intensité dramatique. Impossible donc de s’ennuyer quand on se lance dans un tome d’Ivy Wilde.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman d’urban fantasy bourré d’humour, d’action, de magie et de personnages hauts en couleur, dont une sorcière très drôle qui n’a pas la langue dans sa poche, Ivy Wilde est fait pour vous. Rires et grande aventure garantis !

Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, Helen Harper

Quand fainéantise rime avec magie: Ivy Wilde, T1 par [Helen Harper ]

Bon, soyons clairs : Ivy Wilde n’est pas une héroïne. C’est même la dernière personne que vous contacteriez si vous aviez besoin d’une aide magique, malgré ses talents. Si ça ne tenait qu’à elle, Ivy passerait ses journées affalée dans le canapé, devant la télé, paquets de chips en main, à papoter avec son familier félin jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais quand elle se retrouve victime d’une erreur d’identité, elle est embarquée malgré elle à la Branche Arcane, le département d’investigation de l’Ordre Hermétique du Crépuscule d’Or. Les problèmes se multiplient quand un objet de valeur est volé au nez et à la barbe des représentants de l’Ordre ; et le fait d’être liée magiquement à l’Adeptus Exemptus Raphaël Winter ne fait qu’empirer la situation. Il a peut-être un regard couleur saphir et le corps d’un mannequin maillot de bain, mais pour Ivy, il représente tout ce qu’il y a de soporifique dans le boulot de sorcier. Et s’il l’oblige à retourner à la salle de sport, juré, elle le transforme en crapaud

MxM Bookmark (26 novembre 2018) – 344 pages – Broché (18€ ) – Ebook ( 5,99€)

AVIS

En pleine frénésie de fantasy urbaine, je me suis attaquée à ce roman dont la sublime couverture n’avait pas manqué d’attirer mon attention.

Ivy a été expulsée de l’Ordre, il y a maintenant quelques années… Pas traumatisée pour un sou, elle s’est donc forgé une vie à son image : cool et sans pression. Bon, il est vrai que son métier de chauffeur de taxi n’est pas toujours de tout repos, mais elle compense les aléas du métier par de longs tête-à-tête avec son canapé et des soirées endiablées avec sa télé. Mais parce que toutes les bonnes choses ont une fin, elle se retrouve, par un malheureux concours de circonstances, liée par magie à un membre de l’Ordre peu souriant et surtout, ô malheur, extrêmement travailleur !

Enfer et damnation, la voilà contrainte de l’épauler dans son travail jusqu’à ce que les effets du sort ne soient plus qu’un lointain et douloureux souvenir… Si Ivy se revendique fainéante et est partisane de la politique du moindre effort, au fil du roman, on s’aperçoit que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît et que la jeune femme est loin d’être le boulet qu’elle prétend être. Attendez-vous donc à découvrir une femme forte qui, sous couvert d’un amour immodéré pour les siestes, se révèle intuitive, pleine de surprises et très talentueuse sans oublier plutôt amusante puisqu’elle n’hésite jamais à dire, avec humour, le fond de sa pensée. On saluera également sa propension à élaborer des hypothèses parfois farfelues à partir d’un détail vestimentaire… Bref, un sacré personnage !

Un constat que Winter va très vite faire. Sa rencontre avec Ivy ne s’étant pas particulièrement bien déroulée, il se forge, dans un premier temps, une très mauvaise image de la jeune femme. Néanmoins, intelligent et bien plus gentil que son sérieux ne le laisse présager, il ne reste pas sur ses a priori et essaie de voir derrière les apparences… Il comprend ainsi rapidement que l’image de fainéante désinvolte et peu douée que veut ardemment se donner Ivy est bien loin de la vérité.

Les interactions entre les deux protagonistes sont plutôt amusantes : Ivy adore le taquiner et Winter, faisant progressivement tomber son masque d’impassibilité, ne manque pas non plus de répartie… De leur collaboration forcée naît donc une certaine complicité, voire un peu plus puisqu’un petit jeu de séduction s’instaure progressivement entre eux. Leur complémentarité s’impose également aux lecteurs : quand Winter se montre analytique et procédurier, Ivy compte sur ses intuitions et ses capacités magiques qu’elle a, d’ailleurs, de plus en plus de mal à cacher…

Les deux sorciers collaborent donc main dans la main pour démasquer le responsable d’un vol avant de comprendre que l’affaire est peut-être plus sérieuse qu’il n’y paraît. L’enquête est intéressante et nous permet d’entrer de plain-pied dans les rouages de l’Ordre, une institution qui n’est pas exempte de défauts et de fruits pourris, mais qui n’est pas aussi obsolète qu’aime à le penser Ivy. Il faut dire qu’ayant eu maille à partir avec l’Ordre par le passé, elle n’est peut-être pas la plus objective comme n’hésite pas à lui prouver, avec un certain tact, Winter…

En plus de ce duo plein de charme qui fonctionne à merveille, l’autrice a introduit un personnage qui aurait dû me faire fondre, Brutus, un chat qui parle, ou du moins, qui peut énoncer quelques mots. Je ne me suis malheureusement pas attachée à ce dernier, peut-être parce que le voir ponctuer la plupart de ses interventions par « connasse » ne m’a pas vraiment amusée ni même fait sourire. Toutefois, la fin du roman me laisse entrevoir une évolution de mon ressenti sur ce chat qui, je l’espère, se révélera plus attachant et intéressant dans la suite de l’aventure.

Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle efficace et fluide. On est vraiment dans une histoire légère et divertissante, ce qui se traduit par une certaine simplicité dans la narration, mais aussi beaucoup de dynamisme et de rythme dans le récit. Le roman se lit donc d’une traite et permet de se vider l’esprit auprès de deux personnages auxquels on s’attache beaucoup et dont on espère que l’attirance qu’ils semblent ressentir l’un pour l’autre débouchera sur une jolie relation.

En conclusion, si vous avez envie d’un roman de fantasy urbaine léger et facile à lire, Ivy Wilde est fait pour vous. L’univers n’est peut-être pas développé outre mesure, mais il y de la magie, de l’action, du mystère, du suspense et des protagonistes complémentaires dont on suit avec délectation les échanges toujours pleins d’humour. Je retrouverai donc avec plaisir la truculente et amusante Ivy dans ses autres aventures en espérant que sa complicité avec le beau Winter soit toujours aussi palpable et se mue en quelque chose de plus profond.

Retrouvez le roman sur le site des éditions MxM Bookmark.