Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Mini-chroniques en pagaille #30

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Entre les bras d’un rival, Michelle Willingham (Harlequin)

Couverture Cœur de guerrier, tome 2 : Entre les bras d'un rival

Voici une romance historique assez classique, mais qui se lit toute seule et se révèle diablement efficace pour un moment de lecture divertissant et sans prise de tête. Mais avant d’entrer dans les détails, je préférais vous avertir que le titre est peut-être un peu trompeur parce que, pour moi, notre héroïne tombe bien plus dans les bras d’un « ennemi » que d’un rival.

Afin de sceller une alliance entre un clan normand et un clan écossais, Lianna et Rhys de Laurent sont promis l’un à l’autre depuis leur plus tendre enfance. Une situation qui ne sied guère à notre héroïne qui souhaite plus que tout rester auprès de son clan et qui, surtout, refuse de partager la couche d’un Normand, contexte historique oblige… Mais un subterfuge et une tendance de notre demoiselle à ne rien écouter vont la conduire tout droit dans les bras de celui qu’elle voulait fuir. Cela ne l’empêchera pas de tout faire pour négocier sa liberté, d’autant que son promis est au cœur d’un drame qu’elle n’est pas prête de lui pardonner !

Peut-être un peu moins attachante que d’autres héroïnes de romances historiques, Lianna est une femme flamboyante qui séduit par sa totale dévotion envers son clan ! Une dévotion d’autant plus louable et remarquable que les siens ne se montrent pas tendres avec elle. En effet, loin de reconnaître ses sacrifices et tout ce qu’elle fait pour eux, ils aiment à se moquer de ses particularités…

Si on peut regretter que l’autrice ne développe pas outre mesure cet aspect, j’ai apprécié qu’elle nous présente une héroïne souffrant d’un besoin compulsif d’ordre et de propreté. De la même manière, si elle évoque brièvement le harcèlement sexuel, ce n’est pas du point de vue d’une victime féminine, mais de celui d’une victime masculine. Du jamais vu pour moi dans ce genre de livres.

Au-delà d’une trame efficace et d’un dénouement bien ficelé, je retiendrai quelques efforts d’originalité et un travail soigné sur l’écriture, qui rendent la lecture agréable et immersive. J’ai, en outre, apprécié que nos deux héros aient à affronter quelques difficultés, mais qu’on ne tombe jamais dans le pathos ni la surenchère de drames. Convaincue par ce tome, je lirai le tome suivant consacré cette fois à une jeune femme persuadée d’être victime d’une malédiction.

  • Seigneur et époux, Lynsay Sands (Harlequin – Collection Victoria)

En plus de la couverture assez énigmatique, ce que je retiendrai en priorité de ce roman, c’est l’humour. Un humour qui ne vole pas super haut, mais qui, je dois l’avouer, a très bien fonctionné sur moi. C’est simple, pendant presque la moitié du roman, j’ai multiplié les rires et les sourires.

J’ai ainsi adoré les moyens plutôt extrêmes mis en place par Lady Helen, avec l’aide de sa tante et des personnes du village, pour tenir à distance le mari que le roi Henri lui a imposé. Je ne gâcherai pas l’effet de surprise, mais ce n’est pas super ragoûtant que ce soit pour son promis ou elle-même. C’est que pour rester célibataire, il faut parfois en venir à des solutions radicales et accepter de se salir !

Et si Lady Helen refuse de se marier, c’est qu’elle a de bonnes raisons, à commencer par le caractère irascible de son futur mari, un guerrier farouche, et la méchanceté avec laquelle il traite les personnes sur lesquelles il est censé veiller. Pour preuve, elle doit parfois en accueillir certaines qui viennent trouver chez elle autant un travail qu’un refuge. Mais alors, comment expliquer qu’à la place de la punir vertement de toutes les choses qu’elle lui fait subir, Lord Hethe Holden se montre étonnamment conciliant ?

Il semble même prendre plaisir à la prendre à son propre jeu, lui prouvant que lui également sait faire preuve d’humour et de malice. Et puis, où est passée toute cette violence qui pousse Holden à demander à l’intendant de son domaine de punir avec cruauté ses gens, qu’ils soient femmes ou enfants ? Un mystère que Lady Helen va devoir résoudre avant d’y avoir un peu plus clair dans son cœur…

Au gré de leurs interactions et des découvertes qu’ils font l’un sur l’autre, leurs sentiments vont évoluer et tendre vers quelque chose de bien plus doux et sensuel que la défiance et la méfiance. Mais, hélas, se tapit dans l’ombre une menace que ni la belle et rebelle Lady Helen ni le vaillant et ténébreux Holden ne semblent voir s’approcher… La seconde partie du roman change complètement de ton et d’ambiance, ce qui m’a un peu déstabilisée. J’ai néanmoins apprécié l’aura de complot et de mystère que l’autrice instaure bien que, pour ma part, j’avais assez vite anticipé le fin mot de l’histoire.

En résumé, Seigneur et époux fut une lecture très divertissante que je vous recommande si vous avez envie d’une histoire mêlant avec efficacité humour, amour et trahison. Un cocktail qui, pour ma part, me plaît toujours beaucoup, a fortiori quand, comme ici, il ne souffre d’aucun temps mort.

Un captif au donjon, Gayle Callen

Couverture Les Chevaliers au Cygne, tome 1 : Un captif au donjon

Yorkshire, 1586

Le roi Henry a promis sa sœur au vicomte Thomas Bannaster. Diana se sent au bord de l’abîme en apprenant la nouvelle. Thomas n’a donc pas rejoint les ordres comme son lignage le lui imposait. Et, si ce fantôme du passé revient hanter sa vie après six ans d’absence, ce ne peut être que pour précipiter sa chute. Car, elle le sait, le séduisant vicomte n’entreprend jamais rien qui ne soit dans son intérêt. Sans plus tarder, Diana doit gagner l’auberge où loge cet homme, qui en sait beaucoup trop sur son terrible secret, pour obtenir son silence…

Éditions Harlequin (1 septembre 2019) – 368 pages – 7€90

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par la couverture, avec cette femme qui semble savoir manier les armes ou, du moins, les dagues. Et à ce niveau, je n’ai pas été déçue puisque Diana est une jeune femme à la forte personnalité qui sait aussi bien gérer une maisonnée que briller durant les entraînements militaires. Une double compétence qui m’a beaucoup plu d’autant qu’à quelques exceptions près, son talent avec les armes est reconnu et accepté, voire admiré !

Diana est une femme de caractère, mais c’est surtout une femme engagée dans la défense des plus faibles et des femmes qui tendent bien souvent, en cette fin de XVI e siècle, à être asservies et utilisées à leur corps défendant. Un engagement qui l’a conduite à entrer au sein d’une mystérieuse organisation, la Ligue de l’Épée. Malheureusement pour elle, sa première mission va mal tourner et la condamner à vivre avec un bien terrible secret…

Ceci explique qu’elle décide, quelques années après le drame, d’emprisonner le vicomte Thomas Bannaster venu courtiser sa sœur. C’est que l’homme est susceptible de connaître son secret, et donc de le dévoiler… Mais Thomas n’est pas le genre d’homme à se laisser enfermer bien longtemps ! Une fois libre, un jeu du chat et de la souris se met donc en place, le vicomte étant bien décidé à découvrir les raisons ayant pu conduire une lady à l’emprisonner. Est-ce que, comme l’affirme Diana, sa seule motivation était de protéger sa sœur ? Peu probable vu la froideur avec laquelle les deux femmes cohabitent…

J’ai détesté la cadette égocentrique et bien trop sûre de ses charmes, mais j’ai adoré Diana et Thomas, deux fortes personnalités qui, une fois en contact, font des étincelles. Très vite, on sent une alchimie physique entre  les deux personnages, ce qui déroute Diana et étonne Thomas. Ce dernier semble apprécier de jouer avec ses nerfs puisque s’il choisit de ne pas la dénoncer aux autorités, il continue à essayer de découvrir la vérité, usant notamment de ses charmes. Une tentative de séduction qui met Diana au supplice, cette dernière ne pouvant pas le laisser découvrir son secret sous peine de tout perdre, de sa réputation à la vie. Elle tente, en même temps, de lui cacher ses liens avec la Ligue de l’Épée

J’aurais aimé que le côté organisation secrète soit un peu plus développé, mais j’ai, en revanche, complètement été conquise par la romance qui ne va ni trop vite ni trop lentement. Thomas ne peut nier l’attraction qu’il ressent pour Diana d’autant qu’en plus de son physique, il apprécie sa force et, surtout, la bienveillance avec laquelle elle veille sur les habitants du château et du village. Malgré l’abandon de son frère qui ne semble guère s’intéresser à ses sœurs, elle fait de son mieux pour que chacun puisse vivre correctement. Son comportement tranche avec celui de sa cadette, bien plus belle, mais manquant cruellement d’altruisme. D’ailleurs, bien décidée à conquérir Thomas afin de s’élever socialement, Cicely s’intéresse bien plus à son apparence et à ses toilettes qu’au sort des villageois…

Si comme moi, vous n’appréciez guère les triangles amoureux, pas d’inquiétude. Il nous apparaît très vite que Thomas n’est pas du genre à perdre la tête pour de beaux yeux et que son intérêt pour Cicely n’est qu’un moyen pour lui de pouvoir se rapprocher de Diana sans soulever les doutes ou les commérages. En gentleman, il n’aspire pas à détruire la réputation de la jeune femme malgré les jours de captivité qu’elle lui a imposés… Quant à Diana, bien qu’elle ne soit pas insensible au charme du vicomte, elle essaie de lutter contre ses sentiments même si cela devient de plus en plus difficile à mesure qu’elle apprend à le connaître, et à dépasser les préjugés qu’elle pouvait avoir à son encontre. Mais entre son secret et sa nouvelle mission pour la Ligue, ne serait-il pas trop risqué de se laisser séduire par un homme qui a entre les mains le pouvoir de la détruire ?

Pour la savoir, il vous faudra découvrir le livre par vous-même, mais ce qui est certain, c’est que si vous êtes en quête d’une belle romance historique avec des secrets, une organisation secrète et mystérieuse et deux personnages à la forte personnalité, Un captif au donjon devrait vous plaire ! D’une plume fluide et agréable, l’autrice arrive parfaitement à capter les émotions de chacun et à nous faire apprécier la tension des débuts qui évolue en quelque chose contre laquelle même l’intrépide Diana aura bien du mal à lutter…