Wolf girl (tome 1), Leia Stone

Couverture Wolf Girl, tome 1

Quand mes parents ont été bannis de Wolf City avant ma naissance, j’ai pensé qu’il n’y avait aucune chance que je revive un jour dans une meute. Menottée, avec ma magie de métamorphe contenu, on m’a forcée à intégrer une école avec des sorcières et des vampires afin d’empêcher ma vraie nature de sortir.
Puis je l’ai rencontré. Sawyer Hudson.
Le fils de l’Alpha visitait le Delphi College et m’a repérée. Il m’a jeté un coup d’œil, et une heure plus tard, j’étais retirée de l’école, emmenée à Wolf City, laissant derrière moi mes parents et tout ce que je connaissais.
Cette année Sawyer, le futur alpha, sélectionne sa compagne, et chaque femme âgée de 18 à 22 ans doit être présente. Me voilà maintenant à l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, en plein milieu d’un Bachelor pour loups-garous !
Et juste au moment où je pensais maîtriser les choses, Sawyer libère mes menottes et ma magie et voit ce que je suis vraiment.
Le problème, c’est que je ne sais pas en quelle créature je me transforme. Mais ce n’est pas un loup-garou ordinaire, c’est sûr.

Hachette Lab (15 septembre 2021) – 7,99€

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La Ville sans Vent (tome 1), Eleonore Devillepoix #PLIB2021

Couverture La Ville sans Vent, tome 1

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Hachette Romans (3 juin 2020) – 448 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782017108443

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In My Mailbox #211 : beaux livres et livres audio

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Beaux livres : j’ai hésité à craquer pour La duperie de Guenièvre devant le problème de traduction soulevée sur Twitter mais je n’ai pas résisté à la beauté de l’objet-livre. Quant au Trois contes de fantômes, cela faisait un moment qu’il était dans ma wish list.

Couverture Trois contes de fantômes

  • Gain concours : ce n’est pas forcément mon genre de lecture, mais appréciant de sortir de ma zone de confort, j’ai participé au concours organisé sur Twitter par Svet Mori dont je vous conseille, par ailleurs, les romans.

  • Livres audio : Audible offre gratuitement à ses abonnés Les Contes de Beedle le Barde et j’ai profité d’un crédit audio pour prendre un livre de ma wish list, The Shadow Between Us.

Couverture de Les Contes de Beedle le Barde

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Captive, tome 1 : Les nuits de Shéhérazade, Renée Ahdieh

Couverture Captive, tome 1 : Les nuits de Shéhérazade

Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid…

Hachette Romans (30 septembre 2015) – 448 pages

AVIS

Captive fait partie de ces romans que j’aurais adoré aimer, mais qui ne m’ont hélas pas convaincue malgré quelques atouts et bonnes idées. Entre l’ennui, les facilités, le manque de développement des personnages, des comportements invraisemblables et incohérents, un manque de profondeur… j’ai eu beaucoup de mal à prendre plaisir à ma lecture. Je dois d’ailleurs avouer que si je n’avais pas entrepris de lire ce roman dans le cadre de différents challenges littéraires, je l’aurais abandonné sans aucun regret Lire la suite

Maudit cupidon, Lauren Palphreyman

À 17 ans, Lila découvre que les cupidons, loin d’être un mythe, sont bien réels. Qu’ils constituent une agence d’entremetteurs œuvrant dans le plus parfait des secrets. Et qu’elle, petite mortelle ordinaire, a été matchée au dieu de l’amour originel : Cupidon lui-même. Une vaste plaisanterie ? Non, une malédiction !
D’abord, elle n’a rien demandé. Ensuite, Cupidon est si ingérable qu’il a été banni de la Terre il y a des décennies. Enfin, tous deux encourent la peine capitale s’ils tombent amoureux, les relations entre humains et cupidons étant proscrites. Or sa prétendue âme sœur est de retour, décidée à braver l’interdit et les flèches d’une mystérieuse armée jetée à ses trousses… Lila n’a plus le choix. Aidée de Cal, le jeune frère de Cupidon, elle doit fuir et, par tous les moyens, tenter d’inverser le cours de leur destin.

Hachette Romans (6 février 2019) – 414 pages – Broché (18€) – Ebook (6,99€)
Traduction : Axelle Demoulin Nicolas Ancion

Je me suis laissé tenter par ce roman ayant été intriguée par l’idée de découvrir une histoire reprenant le mythe de Cupidon très peu présent en littérature adolescente. Une curiosité plutôt récompensée parce que si le roman ne me restera probablement pas très longtemps en tête, il m’a toutefois offert un moment de lecture agréable, et surtout, sans prise de tête.

Si on occulte l’ébauche d’un triangle amoureux dont je me serais volontiers passée, j’ai trouvé une certaine fraîcheur et originalité à ce récit qui nous plonge sans préambule dans la vie de Lila, une adolescente qui découvre que Cupidon existe et qu’en plus, il est son âme sœur. Petit problème, cette chère légende de l’amour avec un grand A et du coup de foudre qui foudroie n’a pas le droit d’avoir d’âme sœur. À vrai dire, aucun des cupidons de l’agence qui les régit n’a le droit d’en avoir une, politique de la maison oblige. La sanction si Lila et Cupidon tombaient dans les bras l’un de l’autre ? Le retour de la Présidente ! Or, personne ne semble vouloir qu’une telle chose se produise. Et pour empêcher son retour, les Flèches, un groupe de cupidons fanatiques, sont prêts à tout quitte à employer des moyens radicaux et définitifs…

Face au danger, Lila pourra heureusement compter sur sa meilleure amie Charlie, Cal bien décidé à l’empêcher de tomber dans les bras de son frère Cupidon, Crystal, une femme cupidon pas très chaleureuse au premier abord, et Cupidon en personne.  Je ne me suis attachée à aucun personnage en particulier parce que l’histoire va assez vite, ce qui ne permet pas d’approfondir la personnalité de chacun, mais aucun ne m’a déplu. Tous ont ainsi un petit quelque chose qui donne envie d’apprendre à mieux les connaître : Cal et son côté sérieux qui le rend parfois grincheux mais également attachant, Crystal qui n’est peut-être pas si hautaine que cela et dont on a envie de fouiller dans le passé que l’on devine riche, Charlie qui fait face vaillamment à la situation alors que cela l’impacte directement, Lila qui garde la tête sur les épaules malgré son attraction pour Cupidon et ce dernier qui, derrière une certaine nonchalance, semble finalement moins sûr de lui qu’il n’y paraît…

À mesure que ses sentiments grandissement pour Lila, Cupidon réalise que son obstination à vouloir la rencontrer et à interférer avec sa vie n’était peut-être pas une très bonne idée et qu’en faisant fi des avertissements de Cal, il a mis la jeune fille dans une situation dangereuse.  Je m’attendais à être agacée par Cupidon et son arrogance, mais cela ne fut pas le cas parce qu’on comprend vite que c’est une façade et qu’il est aussi perdu que Lila avec cette histoire d’âme sœur dont il a une vision assez particulière et en décalage avec sa nature profonde. J’ai d’ailleurs apprécié les réflexions soulevées par l’autrice sur cette notion d’âme sœur qui, quand on prend le temps d’y réfléchir, est aussi poétique que triste. N’est-il pas, en effet, assez démoralisant de penser qu’il n’existe qu’une seule chance d’être heureux ? Cette idée d’âme sœur et de ses limites est donc assez bien traitée dans ce roman. Je retiens notamment une très belle scène vers la fin du roman qui apporte une conclusion aussi émouvante que pleine de pertinente…

Puisqu’on parle du mythe de Cupidon, il y a bien sûr une romance, mais je l’ai trouvée assez légère pour ne pas prendre le pas sur l’action même si les réflexions de Lila sur le corps de sa supposée âme sœur m’ont parfois fait lever les yeux au ciel. Cupidon et Lila se tournent autour, mais il y a cette barrière à ne pas franchir qui maintient entre eux une  certaine distance… Ne vous attendez donc pas à ce qu’ils se sautent dessus dès les premiers chapitres, ce qui, je dois en convenir, m’a plutôt plu. Toutefois, je reconnais ne rien avoir ressenti devant ce couple interdit. Il n’y a pas assez de tension et d’interactions entre les deux personnages pour que leurs sentiments et leur attraction paraissent réels. Mais je pense que leur histoire pourra plaire à des lecteurs plus jeunes ou un peu moins exigeants de ce côté-là.

J’ai, à l’inverse, complètement été convaincue par la bonne dose d’action présente tout au long du livre. Si la psychologie des personnages manque de développement, l’action, quant à elle, est donc bien au rendez-vous. L’histoire est menée tambour battant et l’on n’a pas le temps de s’ennuyer, le groupe formé autour de Lila devant faire face à un certain nombre d’attaques plus ou moins organisées. Et quand ils ne sont pas attaqués, les personnages sont occupés à fuir leurs sentiments et les Flèches ainsi que les autres cupidons, tous bien décidés à éviter le retour de la Présidente.

L’autrice tente de rendre l’identité de cette fameuse Présidente mystérieuse, mais il suffit de quelques connaissances en mythologie grecque et romaine pour tout de suite comprendre son identité. Un mystère qui n’a donc pas pris de mon côté, mais qui ne nuit en rien à l’intrigue. J’ai, dans tous les cas, apprécié l’incursion de la mythologie dans ce roman puisque les cupidons ne seront pas les seules créatures mythologiques à faire leur apparition. Attendez-vous, par exemple, à retrouver le Minotaure que l’autrice a eu l’idée originale et plutôt convaincante de lier à un célèbre tueur en série dont on n’a jamais vraiment su avec précision l’identité. Sa relation étrange avec Crystal suscite également quelques interrogations… Autre originalité, avoir mélangé mythologie et monde virtuel ! Cela marche vraiment très bien même si c’est un point assez anecdotique par rapport à l’histoire.

Quant à la plume de l’autrice, elle m’a agréablement surprise. Le style est certes simple, mais efficace, agréable et dynamique, ce qui rend la lecture plutôt addictive et plaisante. J’ai d’ailleurs lu le roman en deux ou trois soirées sans jamais trouver le temps long. La seule chose qui m’a un peu frustrée est la rapidité avec laquelle Lila est plongée dans l’univers des cupidons. Cela évite les longueurs, mais j’aurais peut-être apprécié de la voir batailler un peu plus avec l’idée d’être mêlée, bien malgré elle, à cet univers surnaturel dans lequel les créatures mythologiques existent vraiment. On regrettera également une fin un peu trop précipitée qui donne le sentiment que l’autrice a survendu le danger entourant une potentielle romance entre Lila et Cupidon…

En conclusion, Maudit cupidon fut une bonne surprise. La psychologie des personnages aurait probablement mérité d’être un peu plus fouillée pour rendre leurs émotions et ressentis plus palpables, mais l’autrice a su compenser ce point par une bonne dose d’originalité et une fraîcheur inattendue qui ont rendu la lecture aussi agréable que prenante. Si vous souhaitez (re)découvrir le mythe des cupidons, ce roman young adult rythmé et bien mené pourrait vous plaire.

 

Ocean City, tome 1 : Chaque seconde compte, R. T. Acron

Hachette Romans (5 février 2020) – 320 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Véronique Minder

AVIS

Nous voici transportés dans une ville futuriste, Ocean City, mégalopole flottante qui dérive sur les mers et les océans, une manière ingénieuse de faire face à la montée des eaux qui a rendu la vie sur les continents très difficile. Cette ville présente une autre particularité : un système économique basé entièrement sur le temps ! Plus d’argent liquide ou virtuel, mais du temps que l’on obtient en travaillant et que l’on échange contre des biens et des services. Un système qui n’a rien d’anodin puisque le temps est devenu tellement précieux qu’il est dorénavant très mal vu et très difficile de le perdre en loisirs et autres distractions futiles, ou du moins, non productives.

Malgré une injonction permanente à l’efficience et l’efficacité, trois adolescents ont néanmoins trouvé le moyen de se distraire, notamment en bidouillant quelques anciennes consoles et surtout, en développant le transpondeur. Cet appareil miracle permet de pirater la Banque centrale et de voler du temps, mais en l’utilisant, Crockie va mettre les pieds dans un engrenage infernal et entraîner Henk et Jackson dans sa chute… Les forces de l’ordre, une branche des services secrets et une autorité importante de la ville vont ainsi traquer l’adolescent avant de s’attaquer à ses deux meilleurs amis.

Crockie, que l’on apprend principalement à connaître à travers les souvenirs et les pensées de Jackson, s’impose très vite à nous comme un électron libre, brillant et haut en couleur, mais peu en phase avec une cité où seuls le temps et le respect des règles comptent et sont valorisés… J’ai eu, en revanche, beaucoup de mal avec le personnage de Henk qui se montre antipathique, égoïste, froid et manipulateur. Je n’ai d’ailleurs pas compris comment il pouvait être ami avec les deux autres lycéens. Quant à Jackson, courageux, intelligent et gentil, il se révèle attachant que ce soit en raison de sa personnalité ou de la manière dont il veille sur sa petite sœur à la veille d’une cérémonie très importante qui la met dans tous ses états.

Dépassé par les événements, Jackson va devoir pourtant puiser au fond de lui-même pour trouver le moyen d’affronter les menaces et les dangers qui se dressent devant lui et qui prennent des formes diverses et variées. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que les auteurs ne ménagent pas notre héros ni ses amis qu’ils mettent dans des situations très difficiles, parfois dignes d’un James Bond version adolescente : complot, espionnage, action, technologie, retournements de situation, trahison, suspense, mystère… Rien ne manque  !

J’ai donc lu le roman rapidement tenue en haleine par cette aura de mystère et de danger qui plane sur le récit et la ville, Ocean City cachant de bien sombres secrets sur lesquels certains veillent jalousement. Cette impression de mystère est accentuée par l’intervention d’un personnage énigmatique qui semble bénéficier d’un certain pouvoir. Reste à découvrir ses véritables desseins et son rôle au sein d’événements qui s’accélèrent jusqu’à prendre une tournure quelque peu inattendue. À cet égard, la fin devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite dont on a un bref aperçu dans ce premier tome.

Au-delà des personnages et de l’action omniprésente, j’ai apprécié la critique sociétale sous-jacente à travers une ville qui prône le travail et le dépassement de soi pour grimper l’échelle sociale alors que la réalité est tout autre, Ocean City se révélant aussi inégalitaire que notre société. Les auteurs évoquent également l’environnement, la notion de liberté, de résistance civile et du sens de la vie. Une vie passée à travailler sans jamais pouvoir être libre, se divertir et s’évader du quotidien, est-elle vraiment une vie qui vaut la peine d’être vécue ? Une question qui nous permet de comprendre aisément la décision de certains habitants de lutter contre cette valeur temps devenue oppressante, contrôlante et liberticide. Mais cette lutte contre le temps et pour la liberté a un prix…

En conclusion, Ocean City est un roman jeunesse haletant et prenant qui nous transporte dans une ville futuriste et avant-gardiste dans laquelle le temps, à la fois monnaie et outil de contrôle, revêt une importance inédite et capitale. Décidés à leur manière de détourner le système, des adolescents, un peu trop ingénieux pour leur bien, vont apprendre à leurs dépens qu’on ne joue pas avec le temps en toute impunité ! Empli de tension, de mystère et d’action, voici un roman que je vous conseille si vous aimez les histoires dans lesquelles les apparences sont trompeuses et les révélations nombreuses.

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Élite – Au fond la classe, Abril Zamora

Paula souffre parce qu’elle ne peut parler à personne de son amour impossible. Janine garde un lourd secret qui la mettrait en danger si elle le révélait. Gorka, son ami obsédé par le sexe, tombe amoureux de la personne qu’il ne faut pas et Mario. Le redoublant habitué à harceler les autres, se retrouve pour la première fois victime de chantage. María Elena que tout le monde la Mèche, après avoir perdu ses cheveux suite à des problèmes émotionnels, porte une triste histoire de famille, derrière sa façade glamour.

Tous ont de sérieux problèmes mais à la fin de l’année scolaire, lors de la fête du lycée, un drame survient…

Marina est trouvée morte au bord de la piscine. L’inspectrice en charge de l’enquête reçoit un mystérieux journal intime, remplis de phrases haineuses à propos de l’adolescente assassinée. Quelqu’un la détestait et tout indique que l’auteur de ce journal était dans la même classe que la victime. Les cinq protagonistes, Melena, Janine, Mario, Paula et Gorka, se verront mêlés d’une manière ou d’une autre à l’affaire.

Connue pour sa belle carrière d’actrice et réalisatrice au cinéma, au théatre et à la télévision, ABRIL ZAMORA est aussi LA SCÉNARISTE DE LA SÉRIE ÉLITE, dont elle offre aujourd’hui une prolongation dans ce roman inédit.

Hachette Romans (22 janvier 2020) – 306 pages – Broché (15,90€) – Ebook (10,99€)
Traduction : Axelle Demoulin – Nicolas Ancion

AVIS

J’ai lu ce roman après un roman de dark fantasy, et je dois dire que niveau violence, Élite n’a rien à lui envier ! Certes, nous ne sommes pas dans de sanguinolents combats épiques, mais la violence est omniprésente dans le récit : stigmatisation systématique des personnes jugées comme « grosses », entendez mettant un 40, coups bas, harcèlement, abandon parental, agressions physiques, solitude, dénigrement… Il ne fait pas bon d’être lycéen à Las Encinas.

Cette violence atteint son paroxysme avec l’assassinat d’une élève, Marina. Qui a bien pu commettre cet odieux acte et pour quel motif ? Ce meurtre suscite moult questions et introduit un certain suspense bien que j’aurais apprécié que l’enquête soit peut-être un peu plus palpitante puisqu’elle se révèle finalement accessoire… J’ai néanmoins apprécié la manière dont le récit oscille entre une narration à la troisième personne, des extraits haineux d’un journal intime dont on ne connaît pas tout de suite le ou la propriétaire, et les pensées des différents personnages.

Ces derniers sont variés à défaut d’être très attachants : un beau gosse dans la beauté extérieure ne cache pas la laideur intérieure, un ado obsédé du sexe qui se révèle toutefois bien plus sensible qu’il n’y paraît et qui fait preuve d’une vraie dévotion à l’égard de sa meilleure amie, une fille qui couche avec un ami en s’imaginant être au lit avec le garçon qui l’intéresse vraiment, une lycéenne montrée du doigt pour son physique, mais qui garde la tête haute…

Les personnages évoluent dans un milieu favorisé, ce qui m’a donné parfois l’impression qu’ils étaient complètement déconnectés de la réalité. Entendre, par exemple, une lycéenne se plaindre des différences de classe en soulignant les stigmatisations qu’elle subit parce que ses parents ne sont que des nouveaux riches, ça peut légèrement mettre les nerfs à vif, et donner envie de conseiller à la demoiselle de se plonger dans quelques ouvrages de référence pour saisir la véritable notion de lutte des classes…

Cela ne veut pas dire que le désœuvrement de certains n’est pas réel et poignant. Je pense notamment à Melina dont la mère, ancienne mannequin qui rêve de renouer avec la gloire, se montre maltraitante d’abord psychologiquement, puis physiquement. Voir la lycéenne plonger dans l’enfer de la drogue est difficile d’autant que dans ses moments de lucidité, elle n’est pas dénuée d’un certain recul et d’une réelle capacité de réflexion, notamment sur son milieu et ses semblables. De la même manière, difficile de ne pas ressentir un minimum d’empathie pour la victime qui apparaît finalement très peu, mais qui permet à l’autrice de montrer que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière le glamour peuvent se cacher des personnes en souffrance.

À travers ce livre, l’autrice aborde des thèmes parfois difficiles dont l’un qui se révèle assez rare en littérature adolescente alors qu’il me semble important : le VIH et la peur que ces trois lettres peuvent susciter. Il est également question d’amour, de sexualité, d’amitié, de trahison, de drogue, d’argent, d’image et d’acceptation de soi dans un milieu formaté où aucune place n’est laissée à l’erreur et à la différence… Des sujets divers et variés qui devraient parler aux adolescent(e)s et aux jeunes adultes. Si le ton du livre se révèle assez sombre, l’autrice a heureusement veillé à distiller par-ci, par-là quelques notes d’espoir. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié la fin qui introduit un peu de lumière dans l’obscurité…

En résumé, bien qu’il m’ait fallu quelques pages pour m’habituer à la narration protéiforme et au style plutôt original de l’autrice, Élite fut, dans l’ensemble, une lecture intense et prenante que ce soit en raison des différentes thématiques abordées ou des comportements destructeurs et autodestructeurs auxquels on assiste. Élite ou une plongée mouvementée dans la vie de lycéens fortunés pour lesquels argent ne semble pas rimer avec épanouissement !

À noter que ce roman revient sur les événements de la saison 1 de la série Élite que je n’ai pas encore visionnée…

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Connaissez-vous la série ?

Merci à NetGalley et à Hachette Romans pour cette lecture.

Les mondes inversés, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Une première édition de ce livre est parue sous le titre Homer Pym – Le garçon du film.

AVIS

C’est d’abord la sublime couverture qui m’a donné envie de découvrir ce roman jeunesse dont le résumé ne manque pas de piquant. Homer Pym, douze ans, est un garçon comme les autres qui aime passer du temps avec ses deux meilleurs amis : Lylou et Sacha. Un trio composé de trois personnalités très différentes, mais parfaitement complémentaires.

Si Homer peut compter sur le soutien de ses amis et de sa tante Ninon dont il est très proche, sa vie est quelque peu assombrie par le détachement de sa mère qui n’a plus jamais été la même depuis la disparition inexpliquée de son mari quelques années plus tôt. Adieu la maman aimante et attentionnée, place à un spectre de chair qui semble presque indifférent à la vie de son fils unique. Mais les choses vont prendre un tournant inattendu quand Homer fera une découverte renversante sur son père : ce dernier ne s’est pas enfui comme certaines mauvaises langues aiment à le penser, mais victime de sa propre créativité, il est prisonnier du film qu’il était en train de tourner ! Fort de cette révélation, Homer est bien décidé à libérer son père et à réunir sa famille.

J’ai déjà mentionné les amis du jeune garçon, mais je n’ai pas encore évoqué mon personnage coup de cœur : Bibi Two, une gerbille qui parle. Et comme l’univers créé par les deux autrices est une ode à l’imagination, elle ne se contente pas de parler, elle s’exprime en vers. Mais quelle est attachante cette gerbille qui, en plus d’avoir l’âme d’une poétesse et d’une philosophe, n’est pas dénuée d’humour ! Alors que je ne fais pas partie du public visé par ce roman, je me suis surprise à rire plusieurs fois et à m’amuser comme une petite folle devant cette histoire quelque peu loufoque dans laquelle l’amitié tient une place importante.

Les deux autrices ont ainsi développé à merveille les liens amicaux entre les personnages en n’hésitant pas, au passage et de manière plutôt subtile, à évoquer des sujets importants : la nécessité de prendre en considération les différentes formes d’intelligence qui peuvent exister, le déterminisme social, les stéréotypes, les injustices qui condamnent certains individus sur le seul fait de leur naissance, les cellules familiales défaillantes….

Mais je vous rassure, nous sommes bien avant tout dans un roman d’aventures, nos jeunes héros étant entraînés dans des péripéties qui mettront leurs nerfs à rude épreuve. Débrouillards, soudés, intelligents et audacieux, ils émerveilleront les lecteurs par leur capacité à aller de l’avant même si quelques moments de doute ne manqueront pas de les submerger. Au fil des épreuves, nos protagonistes feront des découvertes, parfois surprenantes, et seront amenés à côtoyer un personnage dont la vie est inextricablement liée à celle d’Homer et de sa famille. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que ce personnage m’a amusée, notamment par sa manière de tout prendre au pied de la lettre. Amusant sans le vouloir, il m’a également beaucoup touchée et émue puisque comme le père d’Homer, il se retrouve dans une situation très difficile…

En plus d’une galerie de personnages attachante, d’une aventure palpitante qui vous réservera des sueurs froides et d’une écriture à deux mains dynamique et agréable, le roman bénéficie d’un atout de charme : de nombreux clins d’œil et de multiples références à la mythologie grecque que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes, mais que pour ma part, j’ai adorés. Ma seule petite déception provient de ce monde parallèle qui n’est pas vraiment exploité, toute l’aventure, ou presque, se déroulant dans notre réalité. Mais peut-être que le tome suivant m’apportera le dépaysement tant désiré…

En conclusion, les lecteurs appréciant les clins d’œil à la mythologie grecque et/ou les belles histoires d’amitié et d’entraide seront ravis de se plonger dans cette aventure menée tambour battant, et de suivre les péripéties de personnages hauts en couleur auxquels on ne peut que s’attacher. Avec Les mondes inversés, vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! Alors prêts à vous plonger dans l’aventure ?

Merci à NetGalley et à Hachette roman pour cette lecture.

 

 

Friends, Marie-Charlotte François

Friends - tome 1 par [François, Marie-Charlotte]

Je remercie NetGalley et Hachette pour m’avoir permis de découvrir Friends de Marie-Charlotte François.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jade, 17 ans voit sa vie basculer à la mort de sa mère. Obligée de changer d’air, elle déménage avec son père.
Elle doit tout quitter : ville, maison, amis… Tout quitter pour refermer les blessures du passé et bâtir un nouveau futur, rempli de bonheur.
Elle déchante cependant vite lorsqu’elle découvre quelle doit cohabiter avec Cameron, 18 ans, aussi insupportable que sa petite amie, Lucie.
Face à cet horrible duo, pas facile de se reconstruire.

Hachette Romans (8 janvier 2020) – 512 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Si vous avez lu mon article sur mes résolutions livresques, vous vous souvenez peut-être que j’avais des envies d’ailleurs, des envies de découvrir d’autres genres que ceux que j’affectionne d’ordinaire. C’est dans cet esprit que j’ai attaqué cette romance Young Adult qui, bien qu’emplie de clichés, m’a permis de passer un bon moment de détente.

Le scénario ne brille pas par son originalité, mais il n’en demeure pas moins efficace : un an après la mort de sa mère, Jade déménage avec son père chez un ami de ce dernier. Et surprise, si cet ami est adorable, son fils, quant à lui, est un véritable goujat. La première rencontre entre Jade et Cameron s’est d’ailleurs révélée explosive ! Pourtant, au fil des disputes et des mouvements d’humeur de chacun, les deux adolescents se rapprochent et tissent des liens.

Mais ce n’est pas encore le grand amour avec un grand A : Cameron, en plus d’alterner le chaud et le froid, est en couple avec Lucie, le stéréotype de la garce obnubilée par les fêtes, son image et son mec qu’elle traite plus comme un accessoire de mode que comme un être humain. Quant à Jade, elle a bien du mal à se remettre de sa rupture avec un mec qui a passé son temps à la tromper. Il y a des gens qui aiment se faire du mal !

Entre ces personnages, virevoltent Louis, le meilleur ami de Cameron, et Pauline, la meilleure amie de Jade. Stéréotype de la copine un peu fofolle qui s’assume et qui n’hésite pas à secouer Jade quand elle se perd dans ses ruminations, Pauline apporte un vent de fraîcheur dans l’histoire. On suit donc, au gré des pages, les aventures de la bande d’adolescents entre fêtes, sorties au restaurant et à la plage, séances de piscine, baisers, menaces, disputes, petits drames adolescents…

Si j’ai regretté une certaine vulgarité de la part de Cameron,  force est de constater que cela convient assez bien au personnage. Dur, blessant et cassant avec Jade, il peut également se montrer attendrissant et charmant quand il décide de laisser parler ses émotions, ce qui n’arrive pas si souvent que cela. Il faut dire qu’une expérience traumatisante l’a radicalement changé… L’autrice joue une bonne partie du roman sur le mystère entourant ce traumatisme, ce qui apporte un suspense bienvenu !

Quant au côté bad boy de Cameron, je l’ai trouvé raisonnable et acceptable. Le jeune homme a tendance à avoir un problème de gestion de la colère et des sentiments, mais son comportement ne dépasse jamais la ligne rouge qui l’aurait rendu, à mes yeux, simplement et définitivement détestable. Il conserve donc une part de fragilité, ce qui ne manquera pas de faire craquer Jade à son corps défendant…

Jade attire assez rapidement la sympathique même si elle n’est pas parfaite et peut se révéler parfois agaçante, notamment vis-à-vis de son inconstance face à Cameron.  Je comprends que l’intérêt du roman réside dans le jeu du chat et de la souris entre les deux personnages, mais j’ai toutefois été étonnée que le deuil de la jeune fille ne soit pas plus évoqué… On évite au moins le pathos d’autant que sous ses airs de gentille fille, Jade a également de la répartie et n’hésite pas à ruer dans les brancards en cas de besoin, voire à attaquer si elle se sent acculée.

J’ai apprécié de voir la relation entre Jade et Cameron se tisser entre attirance physique et répulsion devant des comportements parfois enfantins et immatures de la part de Jade, et grossiers et méchants de la part de Cameron. Trentenaire, je n’ai pas réussi à m’identifier au couple d’autant que personnellement, un mec qui me rabroue en fonction de son humeur a peu de chance de m’attirer physiquement… Mais je pense que le couple pourra plaire aux adolescent(e)s et aux amoureux de romances mouvementées dans lesquelles les personnages se vouent autant d’amour que d’inimitié.

Le scénario, s’il est cousu de fil blanc, a néanmoins su m’étonner par une révélation inattendue et plutôt brutale d’autant qu’elle remet en perspective une bonne partie du livre. Comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses et les blessures d’amour propre peuvent pousser à bien des extrêmes. J’aurais juste un bémol sur un acte illégal et horrible qui n’a pas été sanctionné même si je reconnais que dans la vraie vie, le coupable aurait également eu toutes les chances de passer à travers les mailles de la justice…

Quant à la plume de l’autrice, assez simple, elle n’en demeure pas moins fluide et agréable avec un côté très américain qui m’a donné l’impression de lire une histoire se déroulant outre-Atlantique. Les nombreux dialogues, en plus de dynamiser le récit, apportent également un certain réalisme, ce qui permet aux lecteurs de s’imaginer facilement intégrer la bande d’amis et partager ses sorties et (més)aventures.

En conclusion, Friends est un roman qui se lit très vite notamment en raison de la plume assez fluide et addictive de l’autrice, et de l’intérêt que la relation entre deux personnages à la forte personnalité ne devrait pas manquer d’éveiller en vous. La présence de nombreux clichés pourra, quant à elle, séduire les personnes à la recherche d’une romance facile à lire et dont les grandes étapes sont balisées. En revanche, si vous êtes en quête d’originalité, je ne suis pas certaine que ce titre soit fait pour vous…

L’image contient peut-être : texte qui dit ’LIRE EN THEME FÉVRIER 2020 UN LIVRE D'UN AUTEUR’

 

Les nouvelles aventures de Sabrina – La fille du chaos, Sarah Rees Brennan

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Sabrina, La fille du chaos de Sarah Rees Brennan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Demi-sorcière, demi-mortelle de seize ans, Sabrina Spellman a fait son choix : elle a accepté son côté obscur et ses origines de sorcière. Ses pouvoirs augmentent davantage chaque jour… mais à quel prix ?

Sabrina Spellman vient de prendre la décision la plus difficile de sa vie : elle laisse derrière elle ses amis de Baxter High. L’heure est venue d’emprunter le chemin de la nuit et de trouver sa place parmi les sorcières et sorciers de l’Académie des Arts Invisibles.
Sabrina a toujours aimé l’école, mais cette fois, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle. Ses pouvoirs ne cessent de croître, mais ils pourraient lui coûter cher. Sabrina ne doit pas oublier les conséquences de sa nouvelle allégeance sur ses amis… et sur elle-même.
Sabrina doit également faire face à ses nouveaux camarades de classe. Prudence, Dorcas et Agatha sont plus ou moins ses amies, mais Sabrina peut-elle leur faire confiance ? Et qu’en est-il de Nick Scratch ? Il est plus charmant que jamais, mais ses sentiments pour elle perdureront-ils ?

Basé sur la série à succès de Netflix, ce roman inédit raconte une histoire nouvelle et exclusive de Sabrina.

Hachette Romans (15 janvier 2020) – 360 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Charlotte Faraday

AVIS

Afin de sauver Greendale d’un terrible danger, Sabrina a accepté de signer le livre de le Bête et ainsi fait un pas de plus dans le monde ténébreux des sorciers. La jeune fille, séparée de ses amis dont Harvey avec lequel elle a rompu, doit s’adapter à sa nouvelle scolarité au sein de l’Académie des Arts Invisibles. Elle pourra heureusement compter sur le soutien du charismatique et énigmatique Nick loin d’être insensible à ses charmes, et dans une certaine mesure, de Prudence…

Prudence est déjà intéressante dans la série télé, mais elle l’est bien plus dans ce roman. Fière, ambitieuse et froide en apparence, son besoin quasi obsessionnel d’obtenir l’approbation d’un homme qui n’a pourtant que cure de son existence a quelque chose de touchant tout comme ses sentiments ambivalents envers ses « sœurs » d’adoption qui l’ont rejetée, mais qu’elle ressent encore le besoin de protéger. Ce personnage est un paradoxe en soi, fragile, mais dur, implacable, mais flexible quand les circonstances l’exigent… J’adorerais retrouver Prudence dans ses propres aventures !

Si l’univers est assez sombre, l’autrice apporte une touche de légèreté et d’humour grâce à la relation inattendue entre Harvey et Nick dont les échanges surréalistes soulignent à merveille l’énorme décalage entre le monde des mortels et le monde des sorciers. Et pourtant, unis par le même besoin de protéger Sabrina, ils arrivent à développer une relative entente, voire une étrange amitié, qui m’a bien souvent donné le sourire. Il faut dire qu’un humain qui donne des conseils pour séduire son ex-copine à un sorcier aguerri aux choses de l’amour a de quoi surprendre. Mais l’est-ce vraiment quand l’on considère à quel point la notion de séduction est différente entre les deux communautés… Ainsi quand un humain offre, par exemple, des fleurs pour séduire, un sorcier lui opte pour une projection astrale dénudée ! Chacun son truc, vous me direz.

Mais humains et sorciers n’ont pas vocation à se côtoyer comme l’a découvert douloureusement Sabrina et comme vont en faire l’expérience les deux jeunes hommes. Le danger rôde et une nouvelle menace sévit dans les rues de Greendale où la méfiance et la haine envers les sorcières et les sorciers prennent des proportions inquiétantes. Quel impact cela aura-t-il pour Sabrina et ses amis humains, mais surtout sur Harvey dont le sang de chasseur de sorciers coule dans les veines ? Sa douleur devant la mort de son frère qu’il a dû abattre lui-même après que Sabrina l’a ressuscité, et son désœuvrement face à un père qui le méprise, vont-ils avoir raison de sa légendaire gentillesse ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais force est de constater que l’autrice a réussi à rendre un personnage que j’ai toujours trouvé fade, intéressant et plus complexe qu’il n’y paraît. Je l’ai d’ailleurs trouvé ici assez touchant que ce soit dans son affection pour Sabrina ou la manière dont il essaie de faire face à une situation familiale difficile. Je lui préfère néanmoins Nick qui tente de faire de son mieux pour entrer dans le monde et la vie de Sabrina, s’approprier les codes des humains, et surtout, s’ouvrir à des sentiments d’habitude réservés aux mortels. Le mystère entourant son passé rend également le personnage assez énigmatique et intrigant !

Si on peut regretter que Sabrina ne soit pas plus présente dans ce tome puisqu’une large place est accordée à Harvey, Prudence et Nick, on appréciera l’évolution de la jeune fille qui assume de plus en plus son côté sorcière tout en veillant à ne pas perdre ce qui fait sa force : sa gentillesse, son sens de la justice, son humanité… L’adolescente, prise entre deux mondes que tout oppose, devrait donc vous toucher même si parfois sa naïveté tend à la mettre, ainsi que son entourage, dans des situations quelque peu hasardeuses. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de Sabrina, moitié mortelle, moitié sorcière… pour le meilleur et pour le pire !

Le roman s’insère naturellement dans la trame de la série télé, mais il peut néanmoins se lire de manière indépendante, l’autrice ayant veillé à le rendre accessible à tous. Pour ma part, j’ai trouvé l’intrigue bien ficelée et j’ai apprécié le subtil équilibre entre découverte de la psychologie des personnages, phases d’action et sorcellerie d’autant que le style de l’autrice a gagné en consistance et en maturité par rapport au premier livre. La lecture m’a donc paru encore plus plaisante et immersive !

En conclusion, La fille du chaos m’a fait passer un très bon moment de lecture auprès de personnages très différents, mais attachants, que l’on prend plaisir à suivre dans leurs questionnements et leurs péripéties. Sorcellerie, haine, amour, famille, amitié et quête d’identité sont au programme d’une histoire savamment orchestrée pour vous donner envie d’allumer la télé et de (re)trouver Sabrina dont on a hâte de découvrir tout le potentiel, la jeune fille étant loin d’être une sorcière ordinaire…

Retrouvez mon avis sur le premier livre, Les nouvelles aventures de Sabrina : l’heure des sorcières.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.