La captive de Dunkelstadt, Magali Lefebvre

La captive de Dunkelstadt par Lefebvre

Émile Dupontel compte terminer son tour de l’Europe en beauté avant de devenir notaire, comme on l’attend de lui. Friand de frissons comme de bonnes histoires, il jette son dévolu sur le château de Dunkelstadt, dont l’architecture, digne d’un conte de fée macabre, a enfanté moult superstitions.
Dans ces terres reculées, Émile était préparé à tout, sauf à tomber sous le charme de la belle Katarina, beauté sibylline, recluse entre les murs d’un édifice qui a tant à conter.
Secrets chuchotés et échos sinistres ont beau hanter les couloirs, Émile est déterminé à faire la lumière sur le mystère de Dunkelstadt, quitte à s’y égarer lui-même… et à perdre Katarina.

NOIR ABSINTHE (4 septembre 2020) – Ebook (4,99€) – Papier (12€)

AVIS

Quand les éditions Noir d’Absinthe m’ont proposé de chroniquer différents titres, dont La captive de Dunkelstadt, j’ai accepté avec plaisir étant curieuse de découvrir la plume de Magali Lefebvre que je suis sur son blog. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue de l’expérience, sa plume m’ayant enchantée, voire émerveillée. C’est d’ailleurs, du moins pour moi, le gros atout de ce roman qui est écrit avec finesse, élégance et une très grande poésie. Le vocabulaire est choisi avec soin, les descriptions d’une beauté à vous couper le souffle et l’attention apportée aux détails prompte à stimuler l’imagination et les sens même du plus terre à terre des lecteurs.

Loin de se contenter de nous narrer une histoire au ton très gothique, l’autrice s’évertue à déployer tout autour de nous un univers feutré dans lequel le danger est souligné et sublimé par les éléments de la nature. Le bruissement du vent, la pluie, les éclairs, le noir soudain qui s’abat sur le héros telle une chape de plomb… Tout prend une tournure inquiétante et mystérieuse à l’image du château de Dunkelstadt qui surplombe une ville qui ne demanderait rien de plus que d’en oublier jusqu’à l’existence. L’endroit n’est-il pas, après tout, réputé hanté ?

Sans comparer le grand classique qu’est Dracula à ce roman, j’en ai pourtant éprouvé le même plaisir à me laisser prendre par les tourments d’un protagoniste, dont la nature simple va être confrontée à des forces surnaturelles et malveillantes. Émile, dont le tour d’Europe touche à sa fin, pose ses bagages à Dunkelstadt, attiré par son emblématique et original château. Mais alors qu’il ne s’agissait pour lui que d’une étape avant la vie active, sa rencontre avec les deux habitantes du château, dont la charmante Katarina, va faire voler en éclats tous ses projets. Katarina, cette jeune fille envoûtante, mais soumise aux caprices d’une mère autoritaire qui semble lui imposer une liste d’interdits tous plus aberrants les uns que les autres... Des interdits auxquels Émilie doit, pour certains, également se plier.

Désireux, dans un premier temps, de ne pas courroucer la mère de sa dulcinée, Émile les accepte, mais il finit par tout remettre en question sans vraiment réaliser les conséquences de ses actes et de ses velléités de rébellion. À tenter le diable, le jeune homme ne risque-t-il pas d’en déchaîner toute la fureur ? Une interrogation qui nous apparaît légitime à mesure que la vie au sein du château se dévoile à nous, et que l’on se remémore toutes ces questions qui tiennent notre curiosité en éveil : pourquoi les villageois semblent-ils aussi terrifiés par le château et ses habitantes ? Qu’est-ce qui rôde la nuit dans les jardins de la bâtisse ? Pourquoi la belle Katarina, éprise de liberté, se voit-elle condamnée à une vie de captivité ? Quelle est l’identité de ce spectre qui hante les murs du château ?

Tout autant de questions qui nous poussent à tourner les pages avec avidité et l’espoir de percer tous les secrets d’un château dont l’originalité de l’architecture ne doit pas faire oublier son imposante et menaçante présence. Une réalité qui va s’imposer à Émile qui n’aura de cesse de se battre pour délivrer sa promise de ce mal insidieux qui exsude de chaque pièce et mur du château. Si je n’ai pas trouvé le roman effrayant à proprement parler, force est de constater qu’il arrive néanmoins à créer un climat d’angoisse qui vous pousse à regarder tout autour de vous et à considérer votre environnement sous un jour nouveau. Il faut dire que dans le château de Dunkelstadt, les apparences sont bien souvent trompeuses et les êtres les plus dangereux ne sont pas forcément ceux que l’on pense…

Dans ce roman, il est question de vice, de mal, de malédiction, de faux-semblants, d’amour maternel imparfait, mais bien réel, d’amour contrarié, de superstition aux terribles conséquences… Je ne développerai pas ces thématiques outre mesure parce que ce serait vous gâcher une bonne partie du plaisir que l’on prend à déambuler dans les couloirs d’un château maudit et à s’en approprier l’histoire. Mais je peux toutefois vous dire que j’ai apprécié la construction du roman qui permet aux lecteurs de ressentir pleinement les émotions de ses personnages, et plus particulièrement d’Émile. Ce jeune homme, au destin tout tracé, va se révéler à lui-même grâce à ses sentiments pour une jeune femme qui, derrière son apparente soumission, cache un esprit vif et fougueux. On s’attache à ce couple qui se construit d’abord sur des demi-vérités, mais qui finit par s’imposer à nous dans toute son entièreté et son intégrité.

En conclusion, les amateurs de belles plumes devraient apprécier cette histoire dont l’intérêt réside autant dans l’intrigue que dans l’ambiance gothique et l’atmosphère. Une atmosphère qui se veut de plus en plus angoissante à mesure que l’on pénètre les sombres secrets d’un château, dont il aurait peut-être été plus prudent de garder les portes fermées… Mais que vaut la prudence devant l’amour de deux jeunes personnes prêtes à défier de puissantes forces surnaturelles et malveillantes afin de pouvoir vivre leur amour en toute liberté ?

Je remercie les éditions Noir d’Absinthe pour ce roman reçu en en échange de mon avis.

Lorsque nous étions morts, Mathieu Guibé

Lorsque nous étions morts de Mathieu GUIBÉ (ACTUSF) | Editions ActuSF

Lassé de l’existence et de la société, Lord Josiah Scarcewillow se complaît dans un quotidien vampirique où les meurtres sont devenus banals. Pourtant, sa rencontre inattendue avec Abigale va le pousser à reconsidérer sa condition de non-mort et ravive sa curiosité envers le vivant. Son âme réanimée, sa nature monstrueuse n’en est pas pour autant altérée ; il est prêt à tout pour retrouver cette jeune fille que l’éternité ne saurait effacer. À tout, même à une pluie de cadavres.

ACTU SF (22 novembre 2019) – 256 pages – Broché (15,90€) – Ebook (9,99€)

AVIS

D’abord publié chez les éditions du Chat noir sous un autre titre, ce roman nous revient dans une très belle édition signée Naos, un label des éditions ActuSF. Je dois avouer que c’est avant tout la couverture et la promesse d’un roman à l’ambiance sombre, parfaite pour le Pumpkin Autumn Challenge, qui m’ont donné envie de me plonger dans la vie de Lord Josiah Scarcewillow, vampire de son état.

Dès les premières lignes, j’ai été transportée par la plume poétique de l’auteur et par sa faculté à restituer toute l’ambiance sombre de son histoire à travers des mots choisis avec soin et des descriptions d’une surprenante acuité. Mais si j’ai apprécié les descriptions nous permettant de nous plonger avec réalisme dans les différents lieux et les différentes époques que nous traversons, c’est la manière dont l’auteur réussit à nous faire ressentir les sentiments de ses personnages qui m’a le plus séduite.

Que l’on apprécie ou non Josiah, il est ainsi impossible de rester insensible devant la force de sa passion pour la belle Abigale, objet de toute son affection, de tout son bonheur, mais également raison de son affliction. Année après année, son destin va se retrouver inextricablement lié à cette femme rencontrée par hasard, une femme qui a su l’ensorceler, lui le vampire qui se pensait dépourvu d’humanité. Or, de l’humanité n’en faut-il pas pour aimer sans retenue et au-delà de la raison et de tout esprit de conservation ? Car si l’amour entre les deux est indéniable, le destin semble s’acharner à les séparer de bien cruelle manière. Amour et souffrance finissent par ne plus faire qu’un alors que Josiah se laisse dévorer par ses plus bas instincts et qu’Abigale se fait plus insaisissable que jamais…

Je préfère rester très vague sur le fond du récit et les liens forts et inébranlables unissant les personnages pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que si vous aimez les histoires romantiques teintées de dramatique, celle de ces deux amants maudits devrait faire battre votre cœur et vous faire ressentir une myriade d’émotions. Moi qui reste bien souvent insensible devant les romances contemporaines dont je regrette parfois le manque d’élégance et de noblesse, j’ai été touchée par cette histoire d’amour d’un autre temps dans laquelle les sentiments sont exacerbés à l’extrême et l’ambiance sombre à souhait.

Dans ce roman romantique à l’ambiance gothique, l’auteur alterne ainsi entre le beau et le monstrueux que ce soit dans les événements, les décors ou le personnage de Josiah qui se révèle aussi beau à l’extérieur que sanguinaire et bestial à l’intérieur. Loin de l’image du vampire actuel, ce personnage renoue avec l’image du vampire brutal qui n’hésite pas à tuer pour se nourrir, à tuer pour oublier, à tuer pour se défouler, à tuer par envie… Mais alors qu’il devrait faire naître en nous un profond dégoût, Josiah arrive à nous émouvoir et à nous toucher au plus profond de notre être par son amour total et viscéral pour Abigale d’autant que finalement, toute cette cruauté qu’il n’hésite pas à déchaîner autour de lui ne sera jamais aussi forte que celle qu’il subit lui-même.

Profondément humain dans son inhumanité, ce personnage se révèle donc fascinant et fait quelque peu de l’ombre à l’objet de son désir, la délicate Abigale qui, de prime abord, pourrait ressembler à la blanche colombe sacrifiée sur l’autel de la passion et de la déraison. Mais ce serait faire fausse route de ne voir en cette femme qu’une jeune naïve, car si sa candeur est rafraîchissante, Abigale n’en demeure pas moins un être de passion qui saura, au même titre que son bien-aimé, faire de lourds sacrifices pour s’assurer de leur félicité ou, du moins, d’un moyen de s’en rapprocher. J’aurais peut-être apprécié d’en apprendre plus sur cette dernière, mais j’ai été séduite par sa force de caractère et sa pugnacité surtout pour une femme du XIXe siècle à laquelle on a probablement plus appris l’obéissance que la liberté d’esprit et de cœur. D’ailleurs, l’auteur évoque, bien que ce soit brièvement, le sort des femmes à l’époque avec, entre autres, les mariages arrangés et la difficulté pour ces dernières de s’adonner à des centres d’intérêt comme les sciences et les technologies nouvelles, des sujets sérieux supposés être réservés aux hommes…

En trame de fond, est également évoquée la question de l’immortalité qui se peut révéler être un bien lourd fardeau, a fortiori quand elle semble se jouer de vous et vous ravir, année après année, l’objet de votre affection en même temps que tous vos repères qui s’envolent devant le progrès et les changements sociétaux. Une immortalité contre laquelle notre vampire semble lutter, en proie à de multiples tourments et à cette sensation qu’elle est incompatible avec toute humanité. Mais l’est-elle vraiment ou Josiah ne se perd-il pas dans ses illusions et croyances lui permettant d’éviter de se confronter à la réalité : ce sont bien plus nos actes qui nous définissent que notre supposée nature ? À cet égard, j’ai été très touchée par la leçon de vie offerte par un personnage aussi discret que remarquable qui, par un de ces caprices dont le destin a le secret, s’est révélé être autant serviteur que père de son créateur…

Roman à l’ambiance gothique, on y retrouve ce qui fait le charme du genre : une demeure inquiétante et quelque peu abîmée par le temps, la présence d’une créature fantasmagorique, la nostalgie du passé devant l’arrivée du progrès, des sentiments d’une extrême puissance qui dévastent tout sur leur passage, une héroïne qui sait ce qu’elle veut, l’horreur avec des scènes violentes et sanguinaires… Tout autant d’éléments, parmi d’autres, qui expliquent à quel point j’ai aimé me plonger dans cette atmosphère inquiétante au charme suranné.

En conclusion, Lorsque nous étions morts est l’histoire tragique d’un vampire peut-être pas aussi dépourvu d’humanité qu’il se complaît à le penser et d’une femme plus forte qu’il n’y paraît, séparés par un destin qui semble s’acharner à les empêcher de communier. Poétique, sombre et brutal, voici un roman qui devrait ravir les lecteurs avides de renouer avec l’image ténébreuse et torturée du vampire et les romances sombres et dramatiques dans lesquelles les sentiments, portés à leur paroxysme, s’inscrivent dans l’éternité.

Vert-de-Lierre, Louise Le Bars #PLIB2020

)Couverture Vert-de-lierre

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

Noir d’absinthe (mars 2019)- Broché (15€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782490417247

AVIS

Encore une très bonne lecture réalisée dans le cadre du PLIB2020. Avec Vert-de-Lierre, je m’étais imaginée un conte fascinant empreint de mystère et d’horreur, et je ne m’étais pas trompée puisque c’est exactement ce que m’a offert cette histoire lue d’une traite.

Il faut dire que l’amoureuse des belles plumes en moi n’a pas résisté à la beauté de celle de Louise Le Bars, une autrice que je ne connaissais pas, mais qui m’a enchantée par la poésie de ses mots. Un style inimitable, alliance du charme suranné des textes d’antan, de descriptions d’une splendeur à vous couper le souffle et d’une capacité merveilleuse à donner vie à l’extraordinaire, à l’irréel. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment déstabilisant, mais ô combien délicieux, de ne pas avoir découvert une fiction, mais plutôt le récit d’une vie. Et quelle vie !

Alors que le résumé nous donne l’impression que le protagoniste principal est Olivier, un écrivain à succès en manque d’inspiration qui se rend dans le village de sa grand-mère récemment décédée, la réalité est tout autre… Cet homme, en quête de Madame la Muse, va se lancer sur la piste d’une légende locale, le Vert-de-Lierre, sorte de vampire ou succube végétal, avant de faire la connaissance de deux femmes énigmatiques dont la jolie Rose. Pas insensible au charme de cette dernière, il sera ravi qu’elle décide de lui confier son roman et donc qu’elle lui offre, par ce biais, la promesse de nouveaux échanges.

L’amour rend aveugle… On a coutume de le dire et quand l’on voit à quel point Olivier reste insensible aux signes, à ses cauchemars et à son intuition, l’écrivain ayant quelques dons plutôt inhabituels, on est en droit de le penser. Il y a quelque chose de mystérieux et d’insaisissable chez Rose qui inquiète et intrigue, mais Olivier préfère se plonger dans les écrits et la contemplation de sa belle.

À mesure que l’on découvre le roman de Rose qui évoque cette légende du Vert-de-lierre qui fascine Olivier, l’angoisse se fait de plus en plus prenante et pesante. Ce que l’écrivain refuse de voir, le lecteur, quant à lui, s’en fait le spectateur privilégié et hypnotisé, la vie de l’héroïne de Rose étant sombre et dramatique comme l’était la vie des femmes autrefois. Mais loin de s’être laissée enfermer dans un rôle qui ne lui convenait pas, l’héroïne de Rose s’est rebellée quitte à signer un pacte avec le diable… De victime à bourreau, la frontière est parfois mince, voire perméable ! Mais difficile de condamner, ou du moins de ne pas compatir, avec une personne qui ne demandait que le droit de vivre par et pour elle-même, et non selon le bon vouloir d’autrui et des convenances.

Mère qu’on le veuille ou non, sorcière, nonne, hystérique, chose que l’on offre contre des terres et de l’argent… Tout autant de sort peu enviable dont il était bien difficile, si ce n’était impossible de se dépêtrer ! À travers un récit surnaturel et une mise en abyme intéressante, c’est donc bien une réalité historique que l’autrice évoque abordant sans lourdeur et avec justesse le sort des femmes notamment au XIXe siècle. Mais les choses ont-elles tant changé que cela ?

En filigrane, est aussi question du féminin et du rapport à la nature ici omniprésente que ce soit à travers la légende du Vert-de-Lierre, les prénoms, la forêt, les fleurs et le jardin luxuriant de la propriété de la tante de Rose. Une nature source de vie, de splendeurs mais aussi de dangers… Une dualité que l’on retrouve tout au long du roman autant dans les personnages que les événements, ce qui apporte une certaine complexité à un récit que l’on cueille plus qu’on ne le lit.

En conclusion, Vert-de-Lierre est un sublime conte gothique dans lequel se mêle avec brio présent et passé, amour et mort, abandon et espoir et dans lequel bien et mal s’unissent dans une danse sensuelle et intemporelle… Empreint de mystère et sombre à souhait, c’est également le récit d’une vie, celle d’une femme qui a dû lutter pour exister quitte à perdre, en cours de route, une partie de sa moralité et de son âme. Amoureux de la nature, de textes poétiques et immersifs et de personnages fascinants oscillant entre rêve et cauchemar, ce roman est fait pour vous.

 

 

 

 

Le Mal en la Demeure (Le cycle des âmes déchues, #1), Stéphane Soutoul

dsc_0668

Lors de ma première commande sur le site des éditions du Petit Caveau, j’avais reçu en cadeau le tome 3 de la série Le cycle des âmes déchues de Stéphane Roucoul. Contente de cette surprise, j’avais cependant préféré acheter les deux premiers tomes avant de commencer la série.

Maintenant que c’est chose faite, je vous propose mon avis sur le tome 1 : Le Mal en la Demeure.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Objectif du mois et du challenge Consignes à la chaîne organisé sur Livraddict.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sur les terres reculées du domaine de Kreuzburg, une ombre étend son influence maléfique jusqu’entre les murs du manoir Kraemer. Afin de préserver les siens d’une menace plus funeste encore que la mort, le maître des lieux n’a d’autre recours que demander l’assistance d’experts en vampirisme. En ce crépuscule du XIXe siècle, la famille de Lacarme, un clan issu d’une longue lignée d’érudits en occultisme et surnaturel, fait figure de référence dans la chasse aux nosferatus.

Lorsque Gerald de Lacarme arrive en Allemagne, il est cependant loin de se douter de la sombre aventure qui l’attend. Car le mal qu’il est censé combattre rôde déjà dans les couloirs de la demeure, insidieux, impie… Surtout, il y a la belle Marion Kraemer, si mystérieuse, qui lui chavire le cœur à en perdre la raison. Partagé entre ses tendres sentiments et l’importance cruciale de sa mission, le jeune homme va s’immerger dans le plus terrifiant des cauchemars…

  • Broché: 140 pages
  • Editeur : Petit Caveau (2 décembre 2009)
  • Prix : 11,90€
  • Autre format : ebook

AVIS

J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui sied à merveille à l’époque du roman. Sa plume poétique est un délice à découvrir même si certains pourraient lui reprocher un côté maniéré.

Grâce à la beauté des mots que l’on sent précautionneusement choisis et la tournure particulière de ses phrases, Stéphane Soutoul arrive à nous plonger dans l’atmosphère très sombre de l’histoire, du château et de ses habitants.

Le lecteur ne peut que percevoir le climat d’angoisse que l’écrivain instaure dès le début du roman. La tension que l’on ressent va crescendo créant ainsi un sentiment d’urgence. On comprend qu’un drame se prépare entre les murs froids du château sans pour autant en saisir parfaitement les contours.

J’ai apprécié les personnages, mais j’ai surtout aimé découvrir jusqu’à où ils étaient prêts à aller par amour, par loyauté ou par envie. Chaque protagoniste poursuit son propre objectif, mais celui de Marion porte à  réflexion. Ses nobles desseins justifient-ils l’horreur de sa décision et de ses actes ?  La lecture de l’ouvrage vous permettra de vous forger votre propre opinion comme a dû le faire Gérald.

C’est peut-être mon côté bisounours, mais je préfère en générale les fins heureuses ce qui ne veut pas dire gnangnan, je précise. Pourtant, j’ai complètement adhéré à la fin proposée par Stéphane Soutoul, elle colle parfaitement à l’histoire et aux personnages. La seule chose que j’ai trouvée excessive est la décision finale de Gerald même si je peux, dans une certaine mesure, la concevoir.

En fin d’ouvrage, sur une vingtaine de pages,  nous faisons la connaissance de Léonore, enfant adoptif d’Edmond de Lacarme. Cette dernière partie, indépendante de l’intrigue principale, permet à l’auteur d’introduire un personnage qui interviendra dans le deuxième tome de la trilogie. Ayant apprécié sa personnalité, je suis impatiente de la retrouver.

Un roman qui souffre d’une trop grande brièveté..

J’ai apprécié l’histoire, mais j’ai trouvé le roman bien trop court pour être complètement séduite. Tout arrive trop vite ! Je n’ai, par exemple, pas réussi à croire à la fulgurante attirance de Gerald envers Marion. Par contre, cette brièveté permet à l’auteur de ne pas se perdre dans de longues descriptions ou dans des développements inutiles.

Deux points m’ont laissée sceptique. D’une part, pourquoi Hans Kraemer, conscient de la nature du mal qui a commencé à ronger sa famille, n’a pas jugé utile d’en avertir son ami dans sa lettre ? Ensuite, pourquoi le père de Gerald l’a-t-il envoyé en mission alors que son frère aîné aurait été l’homme de la situation ? J’imagine que sans ces deux points, il n’y aurait pas eu de roman mais j’aurais au moins aimé avoir un début d’explication.

En conclusion, je conseille ce roman aux personnes qui ont envie de découvrir une histoire abordant le mythe vampirique dans une ambiance sombre et gothique.  Économe en termes de pages, Stéphane Roucoul ne l’est pas quant à la richesse de son style qui devrait séduire les personnes amatrices de belles plumes poétiques.

NOTE : 4/5

Enregistrer