Daisy Threshold, C. C. Darcq

Daisy Threshold par Darcq

À la fin du XIXe siècle, Daisy, jeune orpheline, est envoyée chez des lointains parents, au coeur du Daartmor. Alors que la jeune londonienne essaie de se faire à cette nouvelle vie rigoureuse, elle remarque que le manoir cache bien des secrets. Daisy va percer peu à peu les mystères que recèle le glacial manoir de CorvetFlam pour rencontrer son destin en ce lieu reculé et hostile.

À la croisée des chemins, elle plongera dans cette aventure, où son cœur se réveillera à la lueur de la lune…

Rebelle Editions (28 mai 2020) – Broché (16,90€) – 231 pages

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Les cousines vampires, Alexandre Fontaine Rousseau et Cathon (illustrations)

Couverture Les cousines vampires

À l’invitation de sa cousine Frédérique, Camille retourne dans le vieux manoir où elle a passé le plus bel été de son enfance. Mais plus rien, dans le sinistre paysage qu’elle découvre, ne correspond aux tendres souvenirs qu’elle chérissait… et les gens méfiants qu’elle rencontre à la taverne du village semblent craindre ce lieu qu’ils nomment « la maison du diable ». Quant à la mystérieuse Frédérique, elle n’aime décidément ni le potage à l’ail, ni la quiche à l’ail, ni la salade de gousses d’ail. Les cousines vampires se lit comme l’on regarde une vieille série B oubliée…

Pow Pow (22 août 2016) – 121 pages – 18€

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Week-end à 1000 (29 au 31 octobre 2021) : mes prévisions de lecture

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants. Lire la suite

Le manoir Sheridan, tome 1 : La porte Géhenne, Jacques Lamontagne et Ma Yi (illustrations)

Le manoir Sheridan, tome 1 : La porte de Géhenne par Lamontagne

La magie n’existe que parce qu’il y a des secrets…

Québec, Canada 1922. En fuite après avoir volé la caisse d’un magasin général, Daniel est englouti avec son traîneau dans les eaux d’un lac gelé. Angus Mac Mahon le sauve de justesse et l’emmène dans sa demeure, le manoir Sheridan, une grande bâtisse isolée et inquiétante. Au fil de sa convalescence, Daniel va découvrir par hasard, dans une aile dont l’accès lui est totalement interdit, la nièce d’Angus, la belle Edana, plongée dans un profond état de catalepsie. Daniel va découvrir qu’il a ouvert la porte d’un monde cauchemardesque qu’il lui faudra affronter en passant un dangereux pacte avec le maître des lieux, pour défendre sa vie et celle de cette mystérieuse créature dont le charme l’a envouté…

Vents d’Ouest (9 juin 2021) – 56 pages – 14,50€ (Relié) – 3.99€ (ebook)

AVIS

J’ai tout de suite été intriguée par cette couverture inquiétante et sombre à souhait, à l’image d’une histoire que j’ai appréciée et qui m’a semblé parfaite pour se mettre dans l’ambiance d’Halloween : une vieille bâtisse dont l’imposante présence se révèle écrasante, un propriétaire dont le comportement passe d’accueillant à suspect, un majordome taiseux mais dont le physique paraît menaçant, une aile interdite abritant une femme dans un état catatonique, des non-dits et des mystères, des illustrations sombres qui instaurent un climat de tension comme si le danger pouvait se terrer dans les moindres recoins…

Les habitués d’histoires gothiques et fantastiques teintées d’horreur devraient trouver ici leurs marques, tout en se laissant emporter avec plaisir par un scénario assez classique, mais diablement efficace, qui nous permet de faire la connaissance de Daniel. Sauvé miraculeusement par un homme au physique impressionnant, notre protagoniste passe sa convalescence chez le maître de ce dernier, le propriétaire de l’austère manoir Sheridan. Mais de fil en aiguille, l’atmosphère se fait de plus en plus pesante avec cette aura de secret qui donne très envie de tourner les pages les unes après les autres. Et si finalement, le chaleureux accueil dont a bénéficié Daniel n’était pas complètement désintéressé ?  Une question qui nous tient en haleine d’autant que Daniel ne semble pas vraiment conscient du danger qui semble s’approcher pour tisser sa toile autour de lui. Il faut dire qu’il a déjà lui-même ses propres zones d’ombre à affronter, ou plutôt, à fuir… 

Page 9 Le manoir Sheridan tome 1L’auteur prend le temps de poser son décor, faisant ainsi inexorablement monter la tension et suscitant chez le lecteur une furieuse envie de découvrir les secrets d’un manoir autrefois majestueux. Pour ma part, j’ai apprécié cette mise en condition, mais je m’attendais peut-être à ce que le surnaturel prenne un peu plus de place, ce qui, vu la tournure prise par les événements, sera probablement le cas dans le tome suivant. Dans tous les cas, l’ambiance, finement travaillée autant au niveau du fond que de la forme, m’a semblé particulièrement réussie ! Je me suis très vite sentie en danger dans ce manoir qui s’impose à nous dans toute sa force et son étrange magnétisme.

Bien que trop classique pour véritablement tromper les lecteurs habitués au genre, le jeu sur l’ambiguïté d’Angus Mac Mahon et de son majordome Mickhaï se révèle intéressant, d’autant qu’il est parfaitement renforcé par des focus sur des visages tour à tour sympathiques et menaçants. Qui de l’affable propriétaire ou de l’imposant majordome peu loquace constitue la véritable menace ? Daniel découvrira bien assez tôt la réponse en plus d’être mêlé à une histoire dont il risque fort bien de ne pas sortir indemne… En filigrane, il est également question de deuil, notamment à travers le passé de Daniel et l’histoire des occupants du manoir, de quête d’immortalité, et d’une avidité qui pousse à toutes les trahisons et à tous les extrêmes. Si les thématiques ne sont pas originales en soi, l’auteur les dote d’une belle part de ténèbres et de noirceur, à l’image de personnages engoncés dans les mensonges et les faux-semblants.

Tout au long du récit, on se prend d’une certaine affection pour Daniel tombé bien malgré lui dans un piège infernal qui semble petit à petit sur refermer sur lui. Puis, vient un comportement qui m’a heurtée. Je sais que beaucoup de personnes ne relèveront même pas la scène, mais personnellement, j’estime qu’on n’a pas à embrasser une femme qui ne peut ni bouger ni parler, seulement verser des larmes… Ce sera là néanmoins le seul bémol d’une BD que j’ai pris grand plaisir à lire et dont j’attends la suite avec impatience. Une BD que je recommanderais à toutes les personnes en quête d’un récit fantastique à l’ambiance sombre et ténébreuse qui, progressivement et inexorablement, nous conduit aux portes d’un monde de l’occulte mystérieux et menaçant… dont il semble bien difficile de sortir indemne ! 

Top Ten Tuesday #234 : mon programme lecture idéal pour Halloween ou les 10 livres que j’aimerais (re)lire à cette occasion

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »
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La partition de Flintham, Barbara Baldi

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Un roman graphique à la Jane Austen, une histoire de destin implacable, servie par un graphisme étonnant. Le temps passe dans le Comté de Nottinghamshire, les saisons se suivent et se pourchassent, comme celles de la vie. Avec la mort de la Comtesse, Clara hérite du domaine et sa soeur, à son grand dam, du patrimoine financier. Les sœurs se séparent. Clara abandonne ses beaux atours pour enfiler ceux du labeur, bien décidée à sauver le domaine qui tombe en décrépitude. Malgré ses sacrifices et ses efforts, elle est bientôt contrainte de vendre, de congédier les serviteurs, et d’abandonner sa grande passion, le clavecin..

AVIS

C’est la couverture au ton très gothique qui m’a donné envie de découvrir ce roman graphique dont l’atmosphère m’a tout de suite emportée et piégée. Un peu comme Clara qui refuse de quitter le domaine dont elle a hérité alors que celui-ci menace tout simplement de la ruiner. D’ailleurs, de fil en aiguille, elle en vient à devoir le dépouiller de ses objets, avant de se résoudre à se séparer de certains domestiques afin d’espérer pouvoir survivre et préserver l’héritage de sa grand-mère. Et malheureusement pour elle, elle ne peut espérer de l’aide de la part de sa sœur, une femme cupide qui préfère faire fortune à Londres qu’aider financièrement cette sœur, dont elle nous apparaît assez jalouse…

Très solitaire, Clara vit dans un isolement que l’on ressent pleinement à travers les illustrations qui laissent une large place à l’obscure et à la noirceur. Il en ressort une impression de tristesse et de ténèbres qui menacent presque de nous engloutir et d’enterrer Clara dans le domaine aux côtés de cette grand-mère qui semble avoir compté pour elle. Mais dans cette obscurité presque pesante, des pointes de lumière percent, notamment quand Clara joue de son magnifique clavecin et offre aux oreilles endormies de sa demeure de douces mélodies. Mais c’est encore dans le réconfort de son jardin et de la nature que notre digne héroïne semble la plus lumineuse. Le noir et le gris laissent alors place à un beau vert, signe d’espoir et de vie.

La partition de Flintham illustration

Au fil des saisons et des pages, les lecteurs suivent la vie de cette femme courageuse qui reste digne dans les épreuves et n’hésite pas à travailler quand sa condition de lady devrait la pousser à chercher un mari. Il y a un tel décalage entre sa force sereine et la perfidie de son aînée dont la fortune et les élégantes robes ne peuvent cacher le manque évident de cœur…

En plus d’une histoire touchante, cet ouvrage marque par ses illustrations fortes et poignantes qui retransmettent à merveille les émotions et nous permettent de nous immerger pleinement dans le récit. L’ambiance, bien que sombre, semble étrangement sereine, peut-être grâce à l’économie de mots dont fait preuve l’autrice pour laisser à chacun le soin de s’imprégner de l’atmosphère sans se perdre dans les détails. Ce sont d’ailleurs les illustrations sans texte qui m’ont le plus touchée et permis d’effleurer l’esprit de Clara au plus près en même temps que de ressentir toute la solennité des paysages sobres et dépouillés que l’on traverse.

En conclusion, ce livre nous plonge dans la vie d’une jeune femme qui va affronter avec dignité et diligence les vicissitudes de la vie, nous offrant une jolie leçon de courageuse. Poignante, sombre, mais non dénuée de quelques pointes de lumière, voici une histoire pleine de sensibilité qui devrait enchanter les amateurs d’ambiance gothique…

La captive de Dunkelstadt, Magali Lefebvre

La captive de Dunkelstadt par Lefebvre

Émile Dupontel compte terminer son tour de l’Europe en beauté avant de devenir notaire, comme on l’attend de lui. Friand de frissons comme de bonnes histoires, il jette son dévolu sur le château de Dunkelstadt, dont l’architecture, digne d’un conte de fée macabre, a enfanté moult superstitions.
Dans ces terres reculées, Émile était préparé à tout, sauf à tomber sous le charme de la belle Katarina, beauté sibylline, recluse entre les murs d’un édifice qui a tant à conter.
Secrets chuchotés et échos sinistres ont beau hanter les couloirs, Émile est déterminé à faire la lumière sur le mystère de Dunkelstadt, quitte à s’y égarer lui-même… et à perdre Katarina.

NOIR ABSINTHE (4 septembre 2020) – Ebook (4,99€) – Papier (12€)

AVIS

Quand les éditions Noir d’Absinthe m’ont proposé de chroniquer différents titres, dont La captive de Dunkelstadt, j’ai accepté avec plaisir étant curieuse de découvrir la plume de Magali Lefebvre que je suis sur son blog. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue de l’expérience, sa plume m’ayant enchantée, voire émerveillée. C’est d’ailleurs, du moins pour moi, le gros atout de ce roman qui est écrit avec finesse, élégance et une très grande poésie. Le vocabulaire est choisi avec soin, les descriptions d’une beauté à vous couper le souffle et l’attention apportée aux détails prompte à stimuler l’imagination et les sens même du plus terre à terre des lecteurs.

Loin de se contenter de nous narrer une histoire au ton très gothique, l’autrice s’évertue à déployer tout autour de nous un univers feutré dans lequel le danger est souligné et sublimé par les éléments de la nature. Le bruissement du vent, la pluie, les éclairs, le noir soudain qui s’abat sur le héros telle une chape de plomb… Tout prend une tournure inquiétante et mystérieuse à l’image du château de Dunkelstadt qui surplombe une ville qui ne demanderait rien de plus que d’en oublier jusqu’à l’existence. L’endroit n’est-il pas, après tout, réputé hanté ?

Sans comparer le grand classique qu’est Dracula à ce roman, j’en ai pourtant éprouvé le même plaisir à me laisser prendre par les tourments d’un protagoniste, dont la nature simple va être confrontée à des forces surnaturelles et malveillantes. Émile, dont le tour d’Europe touche à sa fin, pose ses bagages à Dunkelstadt, attiré par son emblématique et original château. Mais alors qu’il ne s’agissait pour lui que d’une étape avant la vie active, sa rencontre avec les deux habitantes du château, dont la charmante Katarina, va faire voler en éclats tous ses projets. Katarina, cette jeune fille envoûtante, mais soumise aux caprices d’une mère autoritaire qui semble lui imposer une liste d’interdits tous plus aberrants les uns que les autres... Des interdits auxquels Émilie doit, pour certains, également se plier.

Désireux, dans un premier temps, de ne pas courroucer la mère de sa dulcinée, Émile les accepte, mais il finit par tout remettre en question sans vraiment réaliser les conséquences de ses actes et de ses velléités de rébellion. À tenter le diable, le jeune homme ne risque-t-il pas d’en déchaîner toute la fureur ? Une interrogation qui nous apparaît légitime à mesure que la vie au sein du château se dévoile à nous, et que l’on se remémore toutes ces questions qui tiennent notre curiosité en éveil : pourquoi les villageois semblent-ils aussi terrifiés par le château et ses habitantes ? Qu’est-ce qui rôde la nuit dans les jardins de la bâtisse ? Pourquoi la belle Katarina, éprise de liberté, se voit-elle condamnée à une vie de captivité ? Quelle est l’identité de ce spectre qui hante les murs du château ?

Tout autant de questions qui nous poussent à tourner les pages avec avidité et l’espoir de percer tous les secrets d’un château dont l’originalité de l’architecture ne doit pas faire oublier son imposante et menaçante présence. Une réalité qui va s’imposer à Émile qui n’aura de cesse de se battre pour délivrer sa promise de ce mal insidieux qui exsude de chaque pièce et mur du château. Si je n’ai pas trouvé le roman effrayant à proprement parler, force est de constater qu’il arrive néanmoins à créer un climat d’angoisse qui vous pousse à regarder tout autour de vous et à considérer votre environnement sous un jour nouveau. Il faut dire que dans le château de Dunkelstadt, les apparences sont bien souvent trompeuses et les êtres les plus dangereux ne sont pas forcément ceux que l’on pense…

Dans ce roman, il est question de vice, de mal, de malédiction, de faux-semblants, d’amour maternel imparfait, mais bien réel, d’amour contrarié, de superstition aux terribles conséquences… Je ne développerai pas ces thématiques outre mesure parce que ce serait vous gâcher une bonne partie du plaisir que l’on prend à déambuler dans les couloirs d’un château maudit et à s’en approprier l’histoire. Mais je peux toutefois vous dire que j’ai apprécié la construction du roman qui permet aux lecteurs de ressentir pleinement les émotions de ses personnages, et plus particulièrement d’Émile. Ce jeune homme, au destin tout tracé, va se révéler à lui-même grâce à ses sentiments pour une jeune femme qui, derrière son apparente soumission, cache un esprit vif et fougueux. On s’attache à ce couple qui se construit d’abord sur des demi-vérités, mais qui finit par s’imposer à nous dans toute son entièreté et son intégrité.

En conclusion, les amateurs de belles plumes devraient apprécier cette histoire dont l’intérêt réside autant dans l’intrigue que dans l’ambiance gothique et l’atmosphère. Une atmosphère qui se veut de plus en plus angoissante à mesure que l’on pénètre les sombres secrets d’un château, dont il aurait peut-être été plus prudent de garder les portes fermées… Mais que vaut la prudence devant l’amour de deux jeunes personnes prêtes à défier de puissantes forces surnaturelles et malveillantes afin de pouvoir vivre leur amour en toute liberté ?

Je remercie les éditions Noir d’Absinthe pour ce roman reçu en en échange de mon avis.

Lorsque nous étions morts, Mathieu Guibé

Couverture Lorsque nous étions morts, Mathieu Guibé

Lassé de l’existence et de la société, Lord Josiah Scarcewillow se complaît dans un quotidien vampirique où les meurtres sont devenus banals. Pourtant, sa rencontre inattendue avec Abigale va le pousser à reconsidérer sa condition de non-mort et ravive sa curiosité envers le vivant. Son âme réanimée, sa nature monstrueuse n’en est pas pour autant altérée ; il est prêt à tout pour retrouver cette jeune fille que l’éternité ne saurait effacer. À tout, même à une pluie de cadavres.

ACTU SF (22 novembre 2019) – 256 pages – Broché (15,90€) – Ebook (9,99€)

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Vert-de-Lierre, Louise Le Bars #PLIB2020

)Couverture Vert-de-lierre

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

Noir d’absinthe (mars 2019)- Broché (15€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782490417247

AVIS

Encore une très bonne lecture réalisée dans le cadre du PLIB2020. Avec Vert-de-Lierre, je m’étais imaginée un conte fascinant empreint de mystère et d’horreur, et je ne m’étais pas trompée puisque c’est exactement ce que m’a offert cette histoire lue d’une traite.

Il faut dire que l’amoureuse des belles plumes en moi n’a pas résisté à la beauté de celle de Louise Le Bars, une autrice que je ne connaissais pas, mais qui m’a enchantée par la poésie de ses mots. Un style inimitable, alliance du charme suranné des textes d’antan, de descriptions d’une splendeur à vous couper le souffle et d’une capacité merveilleuse à donner vie à l’extraordinaire, à l’irréel. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment déstabilisant, mais ô combien délicieux, de ne pas avoir découvert une fiction, mais plutôt le récit d’une vie. Et quelle vie !

Alors que le résumé nous donne l’impression que le protagoniste principal est Olivier, un écrivain à succès en manque d’inspiration qui se rend dans le village de sa grand-mère récemment décédée, la réalité est tout autre… Cet homme, en quête de Madame la Muse, va se lancer sur la piste d’une légende locale, le Vert-de-Lierre, sorte de vampire ou succube végétal, avant de faire la connaissance de deux femmes énigmatiques dont la jolie Rose. Pas insensible au charme de cette dernière, il sera ravi qu’elle décide de lui confier son roman et donc qu’elle lui offre, par ce biais, la promesse de nouveaux échanges.

L’amour rend aveugle… On a coutume de le dire et quand l’on voit à quel point Olivier reste insensible aux signes, à ses cauchemars et à son intuition, l’écrivain ayant quelques dons plutôt inhabituels, on est en droit de le penser. Il y a quelque chose de mystérieux et d’insaisissable chez Rose qui inquiète et intrigue, mais Olivier préfère se plonger dans les écrits et la contemplation de sa belle.

À mesure que l’on découvre le roman de Rose qui évoque cette légende du Vert-de-lierre qui fascine Olivier, l’angoisse se fait de plus en plus prenante et pesante. Ce que l’écrivain refuse de voir, le lecteur, quant à lui, s’en fait le spectateur privilégié et hypnotisé, la vie de l’héroïne de Rose étant sombre et dramatique comme l’était la vie des femmes autrefois. Mais loin de s’être laissée enfermer dans un rôle qui ne lui convenait pas, l’héroïne de Rose s’est rebellée quitte à signer un pacte avec le diable… De victime à bourreau, la frontière est parfois mince, voire perméable ! Mais difficile de condamner, ou du moins de ne pas compatir, avec une personne qui ne demandait que le droit de vivre par et pour elle-même, et non selon le bon vouloir d’autrui et des convenances.

Mère qu’on le veuille ou non, sorcière, nonne, hystérique, chose que l’on offre contre des terres et de l’argent… Tout autant de sort peu enviable dont il était bien difficile, si ce n’était impossible de se dépêtrer ! À travers un récit surnaturel et une mise en abyme intéressante, c’est donc bien une réalité historique que l’autrice évoque abordant sans lourdeur et avec justesse le sort des femmes notamment au XIXe siècle. Mais les choses ont-elles tant changé que cela ?

En filigrane, est aussi question du féminin et du rapport à la nature ici omniprésente que ce soit à travers la légende du Vert-de-Lierre, les prénoms, la forêt, les fleurs et le jardin luxuriant de la propriété de la tante de Rose. Une nature source de vie, de splendeurs mais aussi de dangers… Une dualité que l’on retrouve tout au long du roman autant dans les personnages que les événements, ce qui apporte une certaine complexité à un récit que l’on cueille plus qu’on ne le lit.

En conclusion, Vert-de-Lierre est un sublime conte gothique dans lequel se mêle avec brio présent et passé, amour et mort, abandon et espoir et dans lequel bien et mal s’unissent dans une danse sensuelle et intemporelle… Empreint de mystère et sombre à souhait, c’est également le récit d’une vie, celle d’une femme qui a dû lutter pour exister quitte à perdre, en cours de route, une partie de sa moralité et de son âme. Amoureux de la nature, de textes poétiques et immersifs et de personnages fascinants oscillant entre rêve et cauchemar, ce roman est fait pour vous.

 

 

 

 

Le Mal en la Demeure (Le cycle des âmes déchues, #1), Stéphane Soutoul

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Lors de ma première commande sur le site des éditions du Petit Caveau, j’avais reçu en cadeau le tome 3 de la série Le cycle des âmes déchues de Stéphane Roucoul. Contente de cette surprise, j’avais cependant préféré acheter les deux premiers tomes avant de commencer la série.

Maintenant que c’est chose faite, je vous propose mon avis sur le tome 1 : Le Mal en la Demeure.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Objectif du mois et du challenge Consignes à la chaîne organisé sur Livraddict.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sur les terres reculées du domaine de Kreuzburg, une ombre étend son influence maléfique jusqu’entre les murs du manoir Kraemer. Afin de préserver les siens d’une menace plus funeste encore que la mort, le maître des lieux n’a d’autre recours que demander l’assistance d’experts en vampirisme. En ce crépuscule du XIXe siècle, la famille de Lacarme, un clan issu d’une longue lignée d’érudits en occultisme et surnaturel, fait figure de référence dans la chasse aux nosferatus.

Lorsque Gerald de Lacarme arrive en Allemagne, il est cependant loin de se douter de la sombre aventure qui l’attend. Car le mal qu’il est censé combattre rôde déjà dans les couloirs de la demeure, insidieux, impie… Surtout, il y a la belle Marion Kraemer, si mystérieuse, qui lui chavire le cœur à en perdre la raison. Partagé entre ses tendres sentiments et l’importance cruciale de sa mission, le jeune homme va s’immerger dans le plus terrifiant des cauchemars…

  • Broché: 140 pages
  • Editeur : Petit Caveau (2 décembre 2009)
  • Prix : 11,90€
  • Autre format : ebook

AVIS

J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui sied à merveille à l’époque du roman. Sa plume poétique est un délice à découvrir même si certains pourraient lui reprocher un côté maniéré.

Grâce à la beauté des mots que l’on sent précautionneusement choisis et la tournure particulière de ses phrases, Stéphane Soutoul arrive à nous plonger dans l’atmosphère très sombre de l’histoire, du château et de ses habitants.

Le lecteur ne peut que percevoir le climat d’angoisse que l’écrivain instaure dès le début du roman. La tension que l’on ressent va crescendo créant ainsi un sentiment d’urgence. On comprend qu’un drame se prépare entre les murs froids du château sans pour autant en saisir parfaitement les contours.

J’ai apprécié les personnages, mais j’ai surtout aimé découvrir jusqu’à où ils étaient prêts à aller par amour, par loyauté ou par envie. Chaque protagoniste poursuit son propre objectif, mais celui de Marion porte à  réflexion. Ses nobles desseins justifient-ils l’horreur de sa décision et de ses actes ?  La lecture de l’ouvrage vous permettra de vous forger votre propre opinion comme a dû le faire Gérald.

C’est peut-être mon côté bisounours, mais je préfère en générale les fins heureuses ce qui ne veut pas dire gnangnan, je précise. Pourtant, j’ai complètement adhéré à la fin proposée par Stéphane Soutoul, elle colle parfaitement à l’histoire et aux personnages. La seule chose que j’ai trouvée excessive est la décision finale de Gerald même si je peux, dans une certaine mesure, la concevoir.

En fin d’ouvrage, sur une vingtaine de pages,  nous faisons la connaissance de Léonore, enfant adoptif d’Edmond de Lacarme. Cette dernière partie, indépendante de l’intrigue principale, permet à l’auteur d’introduire un personnage qui interviendra dans le deuxième tome de la trilogie. Ayant apprécié sa personnalité, je suis impatiente de la retrouver.

Un roman qui souffre d’une trop grande brièveté..

J’ai apprécié l’histoire, mais j’ai trouvé le roman bien trop court pour être complètement séduite. Tout arrive trop vite ! Je n’ai, par exemple, pas réussi à croire à la fulgurante attirance de Gerald envers Marion. Par contre, cette brièveté permet à l’auteur de ne pas se perdre dans de longues descriptions ou dans des développements inutiles.

Deux points m’ont laissée sceptique. D’une part, pourquoi Hans Kraemer, conscient de la nature du mal qui a commencé à ronger sa famille, n’a pas jugé utile d’en avertir son ami dans sa lettre ? Ensuite, pourquoi le père de Gerald l’a-t-il envoyé en mission alors que son frère aîné aurait été l’homme de la situation ? J’imagine que sans ces deux points, il n’y aurait pas eu de roman mais j’aurais au moins aimé avoir un début d’explication.

En conclusion, je conseille ce roman aux personnes qui ont envie de découvrir une histoire abordant le mythe vampirique dans une ambiance sombre et gothique.  Économe en termes de pages, Stéphane Roucoul ne l’est pas quant à la richesse de son style qui devrait séduire les personnes amatrices de belles plumes poétiques.

NOTE : 4/5

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