Spirite (tome1) : Tunguska, Mara

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Drakoo – 30 septembre 2020) – 64 pages – 15,90€

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Page 7 Spirite tome 1
 
J’ai apprécié le duo formé par Ian et Nell, une femme de caractère qui aimerait faire ses preuves et se montrer à la hauteur de sa célèbre mère, quand Ian préfèrerait faire oublier la mauvaise réputation de ses parents, celle-ci entachant sérieusement son nom et sa crédibilité. Les deux personnages pourront compter sur la présence et le soutien logistique d’une personne d’un certain âge plutôt espiègle, toujours prête à motiver les troupes et à donner de bons conseils.
 
Bien qu’on soit dans un premier tome et que l’auteure prenne le temps de nous donner les informations sur le monde des fantômes, l’action est bien au rendez-vous. Les personnages vont ainsi devoir affronter des situations périlleuses et faire preuve d’un certain courage devant un ennemi qui allie détermination humaine et capacités surnaturelles.
 
Quant à connaître ses motivations, il nous faudra attendre la suite de la série, mais on comprend déjà qu’il s’agit ici de trahison et de vengeance. Pour ma part, je suis très curieuse de savoir ce qui s’est vraiment passé à Tunguska et quel enchevêtrement d’actions explique que plus de vingt ans après, les personnes liées à l’incident sont méthodiquement éliminées.

 

Ian et ses alliées vont-ils réussi à se dépêtrer d’une situation complexe, ou leur faudra-t-il l’aide d’une personne dont le potentiel semble sur le point d’éclater ? Dans tous les cas, je lirai avec plaisir la suite de cette série dont l’intérêt réside aussi bien dans le fond que la forme, les illustrations et leur colorisation ne manquant ni de charme ni d’attrait. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et les ouvrages alliant action, enquête, et mystère, ce titre devrait vous plaire

 

Lucien et les mystérieux phénomènes : L’Empreinte de H. Price, Delphine Le Lay et Alexis Horellou (illustrations)

Lucien et les mystérieux phénomènes - Tome 1 - L’Empreinte de H. Price

En croyant chasser les fantômes, c’est une nouvelle vision de la vie que va découvrir Lucien ! Lucien et sa petite sœur Violette s’installent avec leurs parents dans un village breton pour mener une vie plus simple, loin de la ville et au contact de la nature. Passionné par les histoires de fantômes du célèbre chercheur Harry Price, Lucien n’hésite pas à relever le défi quand les enfants du coin l’invitent à pénétrer dans un manoir hanté ; son propriétaire se serait fait enterrer debout face à la mer. Après une grosse frayeur, Lucien se rend compte que le fantôme est en fait bien vivant ! Un secret qui lui permettra de découvrir la vie cachée que mène le vieil Honoré, en totale autonomie et en harmonie avec la nature. Mais les secrets finissent toujours par être découverts… La confrontation d’Honoré avec les villageois sera lourde de conséquences. Lucien constatera toutefois que les fantômes ne sont pas une légende et ça, c’est un secret qu’il fera en sorte de préserver.

CASTERMAN (3 avril 2019) – 96 pages – 16€

La couverture, avec cet enfant portant un attirail de chasseur de fantômes, m’a tout de suite intriguée. Et je dois dire que l’histoire, qui m’a beaucoup plu, a pris une tournure quelque peu inattendue. D’ailleurs, je préfère vous prévenir tout de suite, si c’est une histoire de fantômes que vous cherchez, vous risquez d’être quelque peu déçus, le fantastique n’étant présent que par petites touches…

L’autrice nous propose ici un récit plein d’émotions et d’intelligence qui aborde des thèmes divers et variés : le harcèlement scolaire ou du moins, le mal-être infantile qui entraîne des comportements problématiques, le chômage pouvant fragiliser une famille, la difficulté de s’intégrer, notamment pour deux enfants qui arrivent dans une école où tout le monde se connaît… À cet égard, la réaction du directeur face à un accident m’a semblé complètement à côté de la plaque. Non, ce n’est pas au petit nouveau de faire des efforts pour ne pas se faire embêter. Si ce passage m’a quelque peu agacée, c’est qu’il traduit une réalité qui porte vraiment préjudice aux victimes de violence scolaire et qui conforte les brutes dans leur bon droit.

Ceci mis à part, les différentes thématiques devraient parler à la plupart des enfants, mais le grand intérêt de ce récit réside dans la réflexion écologique qu’il soulève par l’intermédiaire d’un homme d’un certain âge à la vie peu conventionnelle. En effet, ce dernier a choisi de vivre caché, en totale autosuffisance, afin de pouvoir vivre sa vie selon ses convictions, et sans devoir subir la méfiance ou le jugement d’autrui. Et pour ce faire, il a trouvé un moyen plutôt radical…

Mais si son plan a fonctionné de très nombreuses années, il ne résistera pas à l’arrivée du jeune Lucien et de sa famille, installée récemment dans le village. Attiré par l’histoire de fantôme entourant la maison d’Honoré, Lucien va ainsi se rendre chez lui et découvrir que s’il y a bien quelqu’un qui hante les murs, ce n’est pas une forme évanescente, mais bien un être de chair et de sang. De fil en aiguille, une belle connivence va s’établir entre les deux, Honoré étant finalement ravi d’avoir un peu de gaieté et d’animation dans sa vie… Une connivence qui va très vite englober la petite sœur de Lucien, Violette, qui va se révéler très intéressée par tout ce savoir qu’Honoré ne demande qu’à dispenser.

À travers cette BD, on réalise que si c’est important de vivre selon ses convictions, il est également stimulant de pouvoir les partager avec d’autres personnes, et de conserver des liens sociaux. Une jolie leçon qu’Honoré va apprendre au contact de ces deux enfants qui vont faire une entrée tonitruante dans sa vie, le coupant de sa solitude, peut-être choisie, mais quand même pesante. J’ai été très touchée par ce vieil homme aux convictions fortes, qui voue un véritable respect à la nature dont il est capable de saisir toute la richesse, complexité et beauté. J’ai également apprécié cette transmission du savoir intergénérationnelle mise subtilement en avant dans cette belle BD.

En outre, fabriquant déjà pas mal de produits moi-même, notamment d’hygiène, et rêvant de posséder un espace vert pour pouvoir y faire pousser des fruits et des légumes, j’ai été sensible à la démarche d’autosuffisance d’Honoré, même si j’avoue que, contrairement à lui, il y a certains produits sur lesquels j’aurais des difficultés à faire l’impasse.

Quant aux illustrations, elles m’ont charmée que ce soit par leur douceur, l’atmosphère presque intimiste qu’elles instaurent grâce à leurs teintes alternant entre l’orange et le vert, ou la manière dont elles transmettent toutes les émotions des personnages. J’ai également adoré les cadrages sur les bâtiments et les éléments de la nature, un peu moins sur les visages, dont les traits m’ont paru parfois un peu grossiers.

En bref, voici une BD qui, par ses problématiques, devrait autant plaire aux enfants qu’aux parents et susciter de beaux échanges intergénérationnels, notamment sur le thème important de l’écologie. Petit bonus, des pages en fin d’ouvrage avec « quelques idées créatives pour s’amuser et se passer d’acheter ».

Bouche d’ombre : Lou 1985, Carole Martinez et Maud Begon

Couverture Bouche d'ombre, tome 1 : Lou 1985

Paris, printemps 1985 : Lou est en classe de première. Elle ne s’intéresse qu’à son monde adolescent, ses amis, les fêtes, le lycée… Jusqu’au jour où toute sa petite bande décide de s’essayer au spiritisme. Le verre bouge et l’univers de Lou vacille…

Casterman (28 mai 2014) – 70 pages – 17€

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Bouche d’ombre m’a fait penser à ces films d’horreur dans lesquels des adolescents ou jeunes adultes commettent l’imprudence de se lancer dans une séance de spiritisme sans penser aux conséquences. Si on suit ce schéma que j’apprécie beaucoup, on ne tombe heureusement jamais dans le gore. Le drame s’invite néanmoins bien dans la vie d’une bande de lycéens insouciants qui aiment faire la fête, se lancer des paris plus ou moins idiots et passer du bon temps. Une vie banale qui va prendre une tournure bien plus sombre après une séance de spiritisme qui ira au-delà de leurs attentes. Et si en jouant avec des forces qui les dépassent, nos lycéens avaient mis le pied dans un engrenage infernal qui ne sera pas sans conséquence pour certains d’entre eux ?

Je préfère rester vague pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais je ne m’attendais pas à l’événement qui va venir tout chambouler dans la vie des personnages, et notamment dans celle de Lou. La famille de la jeune fille n’est pas étrangère au monde de l’occulte, sa tante ayant d’ailleurs fait carrière en tant que voyante. Cela explique probablement son affinité avec l’au-delà qui tend quelque peu, depuis un drame, à s’inviter dans sa vie autant onirique que réelle…

Lou n’aura alors pas d’autre choix que de tenter de trouver des réponses et de s’essayer à une pratique qui, pour ma part, m’intéresse beaucoup, bien qu’elle n’ait jamais eu les effets escomptés sur moi. De fil en aiguille, des secrets vont être dévoilés et des moments du passé révélés. En plus de cette entrée délicate et quelque peu angoissante dans le monde du surnaturel, Lou doit également faire face aux problématiques inhérentes à son âge : l’amitié, les amours, la jalousie… Mais aussi à des thématiques plus générales qui toucheront tous les lecteurs : la famille, les secrets, la culpabilité, le deuil… Des sujets difficiles mais abordés avec subtilité et sans lourdeur.

Mais je dois avouer que c’est vraiment la partie fantastique qui m’a le plus intéressée. J’ai aimé me plonger dans ce monde de l’occulte que l’on découvre aux côtés de Lou. Bien que perturbée par les événements, elle les affronte avec courage et fait de son mieux pour apporter la paix aussi bien aux vivants qu’aux morts. Une tâche qui requerra tact, patience et bienveillance… Qualités dont cette jeune fille, à laquelle on ne peut que s’attacher, ne semble pas manquer. À la fin de ce premier tome, on sent que Lou n’est qu’au début de l’aventure et que l’autrice lui réserve encore quelques rencontres fantasmagoriques et autres résurgences du passé à gérer.

Quant aux illustrations, elles soulignent à merveille les différents changements d’atmosphère que l’on ressent tout au long de la lecture : sombres et presque oniriques pour les phases dramatiques où le surnaturel et la mort s’invitent, douces et lumineuses pour les scènes d’amitié, de complicité et d’insouciance. Une insouciance qui, petit à petit, s’envole à mesure que les conséquences d’un épisode peut-être pas aussi innocent que cela se font sentir sur la vie du groupe. Mais les adolescents semblent déterminés à aller de l’avant…

En bref, ce premier tome pose les bases de l’histoire et nous permet de faire connaissance avec une jeune fille qui semble avoir un don naturel pour communier avec les morts. Reste à découvrir comment elle va arriver à concilier réalité et fantômes dans une vie de lycéenne déjà bien remplie…

Flowers for Seri (tome 1), Tomu Ohmi

Couverture Flowers for Seri, tome 1

Yuzuki partage un curieux destin avec son amie Seri qui se voit embringuée dans un mariage arrangé avec le jeune homme. Cette dernière, croyant en l’amour, résiste face à l’enthousiasme général qui selon elle n’est qu’une question d’argent et de réputation. En effet, la famille de Seri est riche et a besoin d’un nom. Quant à la famille de Yuzuki, famille renommée japonaise, elle est plutôt sur la paille et aimerait bien profiter de la fortune de la fiancée ! Et pour couronner le tout, Yuzuki, qu’elle connaît depuis l’enfance, est un garçon boudeur, toujours de mauvaise humeur et particulièrement désagréable. Pourtant, alors qu’elle visite la magnifique maison de famille de son potentiel futur mari, elle entre en contact avec le seigneur Haruhisa, l’esprit d’un ancêtre du jeune homme qui lui révèle une terrible vérité : par une malédiction inconnue, tous les hommes de cette famille meurent jeunes et jusqu’ici, aucun n’a pu y échapper ! Les fantômes de Yuzuki vont alors commencer à hanter la pauvre Seri afin de l’inciter à se marier ! Mais la responsabilité de la jeune femme est encore plus grande qu’il n’y paraît, au-delà d’apporter la fortune ou la descendance, elle pourra peut-être lui sauver la vie…

Soleil (9 janvier 2013) – 192 pages

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Flowers for Seri, c’est l’histoire d’un mariage arrangé qui ressemble pas mal à ceux que l’on retrouve dans les romances historiques : un titre, ou du moins la réputation d’une grande lignée, contre la fortune. Pas très romantique, vous en conviendrez. D’ailleurs, Seri s’y refuse : elle se mariera par amour, et certainement pas avec Yuzuki, un ancien ami d’enfance qu’elle ne supporte pas. Hélas, pour elle, ses parents ainsi que ceux de son promis sont tellement enthousiastes à l’idée de cet accord qu’ils ne l’écoutent guère. Cela donne lieu à un certain comique de situation avec une Seri qui proteste dans l’indifférence générale.

Et si on en sourit aisément, c’est que contrairement à ce qui se jouait dans le passé, ici, on reste dans la légèreté. Les parents des deux protagonistes sont adorables et l’opposition franche et farouche de Seri semble assez rapidement s’affaiblir, à mesure qu’elle côtoie Yuzuki et qu’elle découvre le secret de sa famille : les hommes Furumidô sont poursuivis par une malédiction les conduisant à une mort prématurée.

Un secret dévoilé par le fantôme de l’un des ancêtres de Yuzuki qui s’est mis en tête de réunir les deux jeunes adultes et de protéger Seri au même titre que son promis. Et s’il ressent ce besoin de protection, c’est qu’il est certain que Seri détient en son sein le pouvoir de protéger Yuzuki d’un bien funeste destin ! J’ai apprécié ce fantôme adorable, bien qu’un peu trop présent pour la santé mentale de Seri qui ne goûte guère ses apparitions inopinées. Petit à petit, on assiste à l’évolution des sentiments de Seri qui passe du refus net et précis à l’agacement puis à des sentiments bien plus doux envers un Yuzuki qu’elle réapprend à connaître… Et plus elle passe de temps avec lui, plus elle réalise que sa présence semble bénéfique au jeune homme, lui permettant même de se sortir de situations délicates sans trop de séquelles.

En tant qu’adulte, j’ai regretté que les choses évoluent bien trop vite entre les protagonistes et que l’on fasse peser sur une jeune femme le poids du salut d’un homme. Le titre n’en demeure pas moins agréable et devrait plaire aux adolescentes et aux jeunes adultes, les deux protagonistes se révélant complémentaires et plutôt mignons ensemble. Derrière une relation chien/chat qui ne manque pas de charme, difficile de ne pas voir l’affection sincère que Yuzuki porte à son amie d’enfance. Si le Yuzuki actuel ne m’a pas plus touchée que cela, j’ai été très émue par le Yuzuki enfant que l’on découvre à travers quelques flashback. Un enfant conscient du poids de la malédiction de sa famille et abandonné par une amie qui lui avait pourtant promis de toujours le soutenir et le protéger…

On comprend aisément que Seri, alors encore très jeune, a eu tout simplement peur, mais l’on comprend également qu’elle désire maintenant rattraper son erreur passée. Après tout, ce n’est plus une enfant apeurée, mais une jeune femme avec du caractère et une belle force intérieure. Courageuse, gentille et forte, j’ai apprécié Seri et la manière dont elle essaie de faire face à ce mariage arrangé, à la malédiction et à ces fantômes qui s’invitent dans sa vie. Cela fait beaucoup pour une seule personne, mais elle affronte ce chaos avec beaucoup de témérité.

En ce qui concerne Yuzuki, il reste encore un peu difficile à cerner, ce qui s’explique par les barrières qu’il a érigées entre lui et les autres pour se protéger des abandons qu’il pense inévitables. Il n’en demeure pas moins très attaché à Seri, ce qui se traduit d’ailleurs par quelques élans de jalousie et de possessivité quand un autre homme ne semble pas indifférent à la jeune femme. Bien que la personnalité de Yuzuki mériterait encore quelques approfondissements, j’ai apprécié de le voir tiraillé entre son envie d’épouser Seri qu’il a toujours aimée et celle de ne pas la contraindre à ce mariage… Un dilemme moral qui prend une tout autre dimension quand le jeune homme en vient à considérer tous ces dangers qui font son quotidien et dont son corps porte les stigmates. Peut-il mettre la vie de Seri en danger pour protéger la sienne et offrir à ses parents cet héritier tant attendu ? Mais cette question qui le fait douter n’est-elle pas erronée ? La question, n’est-elle pas plutôt de savoir ce dont a envie Seri qui nous apparaît ici déterminée à faire entendre sa voix ?

Quant aux illustrations, j’ai apprécié leur rondeur, leur douceur et le jeu important sur les regards, tous très expressifs. J’ai néanmoins parfois été déstabilisée par un problème de proportion, surtout au niveau des bustes des personnages masculins, et la manière dont la mangaka joue sur le visage de l’héroïne. Si j’imagine que c’est dans un but artistique, ne lui représenter qu’un œil sur deux ou laisser un blanc à la place du nez et/ou des lèvres ne m’a pas paru particulièrement attrayant…

En conclusion, bien que l’autrice avance ses pions un peu trop rapidement pour l’adulte que je suis, j’ai trouvé ce premier tome divertissant et ai apprécié l’apport du surnaturel dans la relation tumultueuse entre deux jeunes adultes dont le destin semble étroitement lié… Quant à savoir si c’est pour le meilleur ou pour le pire, il faudra lire la suite. Dans tous les cas, je vous conseillerais ce titre si vous avez envie d’une romance laissant une belle place au surnaturel et à une malédiction qui fait peser une lourde menace sur toute une famille et deux jeunes adultes qui doivent faire face à leurs sentiments.

Livre lu dans le cadre du challenge Romantasy.

Top Ten Tuesday #204 : 10 BD avec des fantômes que je vous recommande

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Si j’aime beaucoup les bestiaires fantastiques en littérature, je me suis également rendu compte que j’apprécie fortement les histoires de fantômes qu’elles soient effrayantes, divertissantes ou drôles. Et cela tombe bien puisque la littérature jeunesse en regorge, notamment au rayon BD. Voici dont 10 BD avec des fantômes que je vous recommande.

Couverture 109, rue des Soupirs, tome 1 : Fantômes à domicileCouverture Esmée, tome 1 : Envoyée d'outre-tombe / Un fantôme au bahutCouverture Le fantôme d'Anya / La vie hantée d'Anya

Couverture Le fantôme de CantervilleCouverture FantominoCouverture Sixtine (BD), tome 1 : L'or des Aztèques

Couverture Alisik, tome 1 : AutomneCouverture L'Étrange Vie de Nobody Owens (Comics), tome 1Couverture L'encyclopédie curieuse et bizarre par Billy Brouillard, tome 1 : Les fantômes

Couverture Rhapsody, tome 1 : Après moi le déluge

Et vous, aimez-vous les BD avec des fantômes ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?
Lesquels avez-vous déjà lus ?

La belle et le grenadier, Philippe Laperrouse

La Belle et le Grenadier par Laperrouse

À l’été 1813, un grenadier de l’armée De Napoléon, Rigobert, meurt sur le champ de bataille à Dresde. Quelques jours plus tard une jeune provinciale, Pauline, décède lors d’un bal donné par l’Impératrice.

Au moment de leurs morts, les deux jeunes gens sont interpellés par les voix de leurs ancêtres respectifs. Pauline et Rigobert sont transformés en fantômes chargés de retrouver un trésor dissimulé par le Templier.

La recherche va durer deux siècles, ce qui conduira Rigobert et Pauline à traverser plusieurs époques historiques.

Librinova (5 octobre 2020) – 103 pages – Papier (11,90€)

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Sous fond de chasse au trésor, l’auteur nous fait traverser les époques auprès de deux personnes mortes en 1813 et transformées en fantômes. Si cette chasse au trésor va rythmer leur vie spectrale, c’est bien plus sur demande de leur ancêtre respectif que pour répondre à une quelconque velléité d’enrichissement post-mortem.

Rigobert, grenadier dans l’armée napoléonienne, est quelque peu décontenancé par la demande de son ancêtre, un Templier, de retrouver son trésor. Il faut dire que mourir, être transformé en fantôme et sommé de poursuivre une quête, qui s’annonce bien ardue, a de quoi déstabiliser même le plus courageux et averti des soldats ! Mais étrangement, Pauline, pourtant bien moins expérimentée dans la vie, semble prendre la situation avec beaucoup plus de sérénité. Elle se met d’ailleurs très vite au travail afin de satisfaire sa propre ancêtre, Isabeau, qui lui a également demandé de trouver le trésor du Templier.

Dès le départ, l’auteur frappe fort avec un suspense autour d’un trésor dont on ignore bien des choses, de l’emplacement à la nature en passant par les motivations ayant conduit deux défunts à exhorter leur descendance respective à le retrouver. De fil en aiguille, le mystère autour du trésor s’épaissit et soulève un certain nombre de questions auxquelles nos deux protagonistes sont bien décidés à répondre… Cette quête de vérité va les conduire sur un chemin plus personnel puisqu’au gré de leurs découvertes, ils vont retracer l’histoire du Templier et d’Isabeau, une histoire qui semble comporter sa part de mystère et de drame. C’est peut-être d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai tant apprécié la fin et sa belle note d’espoir qui nous donne le sentiment que si trésor il y a, ce n’est pas forcément celui auquel on pense.

Très différents l’un de l’autre, Rigobert et Pauline se sont révélés tous les deux, et à leur manière, plutôt attachants et intéressants. J’ai adoré les suivre chacun de leur côté dans leur mission, et voir comment leur route allait se croiser à de multiples reprises, avant de prendre une direction plutôt inattendue. J’ai, en outre, été touchée par ces deux êtres qui n’ont pas vraiment eu l’occasion de profiter de la vie de leur vivant. Rigobert était bien trop occupé à semer la mort sur les champs de bataille et à éviter de passer de vie à trépas, quand la santé fragile de Pauline ne lui a pas vraiment permis de profiter de sa prime jeunesse…

J’ai également aimé l’originalité avec laquelle l’auteur pense la figure du fantôme. Sous sa plume, ces derniers, qui ne perçoivent pas le temps de la même manière que le commun des mortels, peuvent choisir ou non d’apparaître devant autrui et toucher des objets. Mais ce n’est là qu’un perçu de leurs capacités qui se révéleront plutôt utiles et efficaces pour les aider à mener à bien une mission délicate qui les fera traverser les couloirs du temps...

D’ailleurs, les amateurs d’Histoire devraient apprécier les brèves incursions dans différents épisodes et périodes de l’histoire de France comme l’exil de Napoléon. À travers le personnage de Rigobert, qui a dédié sa vie à Napoléon et à la nation, on ressent le climat de défiance envers l’ancien Empereur fort vite désavoué par des gens qui n’ont probablement pas hésité, par le passé, à l’encenser… De la même manière, l’auteur nous offre une petite plongée intéressante dans l’histoire des Templiers, des moines-soldats de légende qui n’ont pas manqué de marquer les esprits.

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée fort agréable d’autant que Philippe Laperrouse n’hésite pas à ajouter, par-ci, par-là, quelques touches savoureuses d’humour. Il y a ainsi quelques réparties et scènes qui m’ont fait sourire. Je pense notamment aux passages avec un archiviste très décontenancé par nos deux fantômes. Il faut dire que pour lui qui ne voit jamais personne de la journée, l’arrivée d’un ancien grenadier de l’armée napoléonienne en uniforme et d’une belle femme bien apprêtée brise quelque peu ses habitudes.

En conclusion, La belle et le grenadier est une sympathique aventure pleine de mystère qui, sous couvert d’une fascinante et troublante chasse au trésor, vous permettra de traverser les siècles auprès de deux personnages/fantômes que tout oppose, mais qui se révéleront tous les deux très attachants. Un moment de lecture rapide et divertissant mêlant grande et petite histoire.

Je remercie Philippe Laperrouse de m’avoir envoyé son livre en échange de mon avis.
Vous pouvez télécharger gratuitement le livre sur Amazon et/ou le retrouver en format papier sur le site.

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Throwback Thursday Livresque #194 : Noël

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour le thème de la semaine, Noël, j’ai eu du mal à fixer mon choix sur un seul livre, cette fête étant une inépuisable source d’inspiration pour les auteurs. Mais j’ai fini par choisir Un chant de Noël de Dickens.

Un chant de Noël de Charles Dickens - Editions Flammarion

Dans le cœur d’Ebenezer Scrooge règne un froid plus glaçant que le vent d’hiver. À l’approche de Noël, ce vieux grincheux s’agace de voir l’atmosphère joyeuse qui règne en ville gagner le cœur de ses semblables et n’a qu’un mot à la bouche : «Sottise!» Car Scrooge passera les fêtes comme il les a toujours passées : en solitaire. À moins que la visite de trois esprits de Noël le fasse changer d’avis…
Paru en 1843, rapidement devenu un classique de la littérature anglo-saxonne, ce conte en cinq couplets enchante tous les lecteurs par sa fraîcheur et son humour intemporels.

Un chant de Noël fait partie de ces œuvres intemporelles qui traversent le temps et qui transcendent les âges ainsi que les médias. Que l’on choisisse de lire le livre de Dickens, l’une de ses adaptations graphiques ou cinématographiques, on ressent toujours les mêmes émotions devant l’histoire d’un homme rattrapé par les fantômes du passé, et la magie de Noël.

Pour ma part, je me laisserais volontiers tentée, l’année prochaine, par l‘adaptation en manga proposée par les éditions Nobi Nobi.

Un chant de Noël | nobi nobi !

Et pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, je ne peux que vous conseiller de regarder le film Le drôle Noël de Scrooge, dont  la réalisation m’avait émerveillée.

Et vous, appréciez-vous Un chant de Noël ?

La vie hantée d’Anya, Vera Brosgol

Le fantôme d'Anya par Brosgol

Ado mal dans sa peau, Anya va voir sa vie radicalement changer après sa rencontre… avec un fantôme. Premier album de l’autrice d’Un été d’enfer. On en veut encore et encore !

Anya a l’impression d’être en permanence la petite nouvelle : fille d’immigrés, elle n’a jamais réussi à trouver complètement sa place. Mais quand elle tombe dans un puits et découvre le fantôme qui s’y trouve, elle a l’impression de se faire son premier véritable ami. Les ennuis commencent quand ce fantôme, prénommé Emily, devient jaloux de tout ce qui remplit la vie d’Anya

Rue de Sèvres (28 août 2019) – 224 pages – Papier (16€) – Ebook (6,99€)

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Cela fait un moment que je voulais découvrir cet ouvrage qui m’a complètement séduite malgré mes réserves du début sur la forme. En effet, si j’ai tout de suite apprécié la rondeur des traits et l’expressivité incontestable des visages, j’avais un peu peur de me lasser du ton gris/bleuté des illustrations. Mais que nenni ! En plus de se révéler assez originale et de représenter à merveille les tourments de l’adolescence, cette teinte apporte une identité propre à cette histoire mêlant fantastique et sujets résolument très humains. Un mélange harmonieux qui permet, sous couvert de fiction, de parler confiance et acceptation de soi, intégration, double culture, amitié toxique, jalousie, apparences trompeuses… Cette large palette de thèmes, loin de tirer la couverture à l’histoire, s’insère parfaitement et avec beaucoup de naturel dans le récit. Ceci explique peut-être la raison pour laquelle j’ai lu cet ouvrage d’une traite, bien incapable de le reposer avant d’en avoir lu la conclusion.

Nous faisons ainsi la connaissance d’Anya, jeune fille d’origine russe arrivée durant son enfance aux États-Unis. Afin de s’intégrer et d’éviter les moqueries, cette dernière a veillé à perdre son accent, du poids et surveille scrupuleusement ce qu’elle mange, au grand dam de sa mère qui aime à lui cuisiner des spécialités russes pas toujours très diététiques. Cette volonté de s’intégrer dans son pays d’adoption, et parmi ses camarades de lycée, la pousse, en plus de renier une partie de sa culture, à éviter l’autre élève russe de son établissement scolaire…

Si Anya nous semble parfois un peu égoïste, difficile de ne pas comprendre son envie d’être une adolescente américaine comme les autres. On ressent, à travers son histoire, toute la difficulté de concilier ses origines avec les valeurs de son pays d’adoption. Une double culture, source de richesse, mais qu’il est parfois difficile de porter, a fortiori quand on est une adolescente en pleine construction, qui se cherche encore. Je ne suis pas concernée par le sujet, mais je pense que cet aspect pourra parler à certains lecteurs qui ne devraient pas manquer de se retrouver, du moins en partie, en Anya.

Loin de rester cette adolescente tellement obnubilée par le paraître qu’elle en oublie les autres, Anya évolue petit à petit, n’en devenant que plus touchante. Et ce changement de mentalité et de comportement, elle le doit au fantôme d’une jeune femme, Emily, rencontrée lors d’une chute dans un puits… Alors qu’Anya pensait, une fois secourue, ne jamais revoir le spectre, le destin en a décidé autrement. L’arrivée du fantôme dans sa vie de lycéenne bougonne ne l’enchante guère, mais Anya finit vite par en saisir tous les avantages comme le petit coup de pouce qu’Emily peut lui donner lors des examens. Plus besoin de réviser quand on a un fantôme qui vous souffle toutes les bonnes réponses ! Le rêve, non ? Et puis, avoir une espionne invisible se révèle également très pratique pour suivre incognito l’emploi du temps du beau gosse du lycée sur lequel elle a craqué. Et tant pis, si ce dernier est déjà en couple avec une fille qui semble posséder tout ce qu’Anya rêverait d’avoir : petit copain parfait, corps de rêve, beauté et popularité.

Mais les apparences sont parfois trompeuses… Et si la beauté extérieure ne signifiait pas beauté intérieure et que même les filles idéales possédaient leurs propres blessures et failles ? Et, surtout, si le gentil et serviable fantôme qui s’était lié d’amitié avec vous poursuivait ses propres desseins ? Et si à tout vouloir, on risquait de tout perdre ? Je n’en dirai pas plus de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré le travail réalisé par l’autrice sur la psychologie de ce fantôme qui m’a fascinée, et dont l’évolution suit le cheminement inverse de celui d’Anya. Il y a ainsi une sorte de jeu de miroir inversé entre les deux personnages : à mesure que l’un dévoile sa noirceur, l’autre gagne en lumière. On suit donc avec grand intérêt l’étrange relation qui se noue entre Anya et Emily, et l’on attend avec une certaine angoisse le dénouement de leur histoire commune ! Le livre ne fait pas peur en soi, du moins quand on est adulte, mais j’avoue que la dernière partie m’a quelque peu angoissée, la tension montant crescendo jusqu’à atteindre un point de non-retour…

Bien que l’ouvrage comporte plus de 200 pages, il se lit très rapidement d’autant que la mise en page reste assez épurée avec des illustrations parfaitement lisibles et un texte concis qui ne tombe jamais dans le babillage inutile. Cela correspond d’ailleurs assez bien à la personnalité d’Anya qui n’est pas du genre à s’épancher pendant des heures sur ses émois intérieurs. Sa mère, à cet égard, m’a semblé beaucoup plus chaleureuse, mais c’est peut-être parce que j’ai été touchée par sa volonté d’offrir le meilleur à ses deux enfants qu’elle élève seule dans un pays qui n’est pas le sien…

Si Anya se révèle assez taciturne, elle a néanmoins su nouer une amitié chien/chat avec Shioban qui aime la taquiner, lui dire les choses franchement, fumer des cigarettes, faire l’école buissonnière… Les deux filles, très différentes l’une de l’autre, forment un duo plutôt complémentaire même si j’aurais apprécié d’en apprendre plus sur le personnage de Shioban qui reste finalement assez survolé. Shioban m’a plu par son côté rebelle, et surtout, par la manière dont elle s’assume telle qu’elle est, contrairement à Anya qui aura besoin d’une expérience malencontreuse pour se libérer du regard des autres. Mais l’essentiel est qu’elle y soit arrivée !

En conclusion, La vie hantée d’Anya est un très bon ouvrage graphique qui nous plonge dans une ambiance fantasmagorique saisissante que ce soit grâce au travail de colorisation ou la présence d’un spectre dont on essaie de découvrir les véritables intentions. Mais c’est également le récit de vie d’une adolescente qui doit jongler entre deux cultures et sa volonté de s’intégrer à tout prix. Une adolescente qui, de fil en aiguille, va réaliser qu’à la place d’envier la vie des autres, il est peut-être préférable de vivre la sienne sans a priori, et d’apprendre à s’accepter tel que l’on est.

Feuilletez l’ouvrage sur le site des éditions Rue de Sèvres.

InqEnqIncEnc : La bête de Tourrettes-sur-Loup (S.01 – épisode 2), S. de Sheratan

InqEnqIncEnc – Les Inquiétantes Enquêtes d’Incoming Encounters - S.01 – ép.02: La bête de Tourrettes-sur-Loup par [Sherdan de Sheratan]

Les présentations sont de courte de durée pour Denis Hurvoas, fraîchement accueilli par d’autres héritiers à l’agence paranormale Incoming Encounters. Rapidement, c’est une voix bien familière qu’il reconnaît au bout du fil du standard de l’agence. Le danger est palpable et la coïncidence troublante pour le nouvel enquêteur qui n’a peut-être pas signé un pacte si tutélaire

La Compagnie Littéraire (25 octobre 2019) – 70 pages
Ebook (1,99€) – Papier (5€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié l’épisode pilote qui nous permettait de faire la connaissance de Denis Hurvoas, je me suis attaquée à cette suite avec beaucoup de curiosité.

Correspondant de guerre devenu détective du surnaturel afin d’avoir une chance d’accéder à un héritage inattendu et colossal, Denis a à peine le temps de découvrir l’étrange agence de Philadelphie pour laquelle il va travailler qu’il doit retourner, accompagné de ses cousins,  en France pour mener une enquête. Et pas n’importe où, chez sa propre belle-mère partie en vacances avec sa femme et ses enfants ! La raison de ce départ précipité : la présence d’un rôdeur signalé par la très sympathique voisine.

L’enquête pour remonter les traces de ce rôdeur se révèle intéressante et empreinte d’un certain mystère. Quelle est la nature du danger ? Y a-t-il d’ailleurs un véritable danger ? Et le cas échéant, comment l’arrêter ? Des questions qui ne seront pas sans conséquence sur les relations entre Denis et ses cousins dont on commence, petit à petit, à découvrir les principaux traits de caractère. Le livre étant court, la personnalité de chacun n’est pas développée outre mesure, mais cela ne m’a pas dérangée d’autant que l’auteur propose des personnages très différents les uns des autres et donc facilement identifiables.

J’ai de nouveau beaucoup apprécié cet épisode qui tranche quelque peu avec le ton du précédent. On y retrouve la même atmosphère fantastique teintée de mystère, mais le récit se pare d’une aura bien plus dramatique et personnelle. Alors que Denis s’interroge sur ce drôle de hasard qui l’a conduit chez sa belle-mère, il fait de surprenantes et dévastatrices découvertes sur sa famille ! Et si toutes ces dernières années avaient été bâties sur un tissu de mensonges ou, du moins, sur un château de cartes qui s’effondre sans qu’il ne puisse rien y faire ?

Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur malmène sans vergogne son protagoniste n’hésitant pas à mettre sa vie sens dessus dessous. Notre héros arrivera-t-il à remonter la pente et faire face à cette révélation qu’il n’aurait jamais pu anticiper ou imaginer ? Une question qui ne manquera pas de vous titiller et de vous donner envie de vous jeter sur la suite !

Pour ma part, je commence vraiment à m’attacher à Denis, ce qui explique peut-être la raison pour laquelle l’épreuve qu’il doit affronter m’a tellement peinée et révoltée. J’oscille donc entre l’espoir que les choses s’arrangent vite pour lui et l’envie que l’auteur continue à lui faire vivre moult péripéties et à malmener son petit cœur de la plus atroce des façons. Oui, je suis parfois une lectrice un peu sadique…

Quant à la plume de l’auteur, elle se révèle de nouveau fluide, dynamique et très immersive. On appréciera également l’ambiance particulière du livre, alternant entre la douceur d’une ville ensoleillée du sud de la France et la froideur d’une créature qui sèmera désordre et chaos à Tourrettes-sur-Loup et, surtout, dans la vie de Denis ! Mais les apparences sont parfois trompeuses, et le vrai monstre n’est pas forcément celui que l’on pense…

En conclusion, si l’épisode pilote posait les bases de l’univers, cette première enquête entre dans le vif du sujet en nous plongeant dans une intrigue sans temps mort qui marquera les premiers pas officiels de Denis en tant que détective de l’étrange et du surnaturel. Mais cet épisode, c’est aussi celui d’une révélation fracassante qui apporte une dimension dramatique parfaitement maîtrisée au récit et une dynamique familiale intéressante dont on hâte de découvrir les implications pour notre héros.

Merci à La Compagnie Littéraire pour cette lecture.

109 rue des soupirs,Tome 1 : Fantômes à domicile, Mr Tan

La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan ! Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée… Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort. Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

CASTERMAN (4 septembre 2019) – 128 pages – 10,90€
Illustrations : Yomgui Dumont 

AVIS

Bienvenue à Belle-en joie, avec ses belles rues, ses spécialités locales et ses fantômes ! Car si la ville semble être l’endroit idéal où poser ses valises, elle abrite au 109 rue des soupirs une bâtisse menaçante et hantée. Une découverte que va faire Elliot en y emménagement avec ses deux parents qu’il ne voit qu’en coup de vent.

Après le choc de cette rencontre inattendue avec le monde de l’au-delà, le jeune garçon va vite s’apercevoir qu’être ami avec des fantômes n’a pas que des inconvénients ! Bien qu’un peu envahissants, ceux-ci se révèlent ainsi adorables et toujours prompts à  veiller sur lui et à s’assurer de son bien-être. À défaut d’une famille de chair et de sang, le voilà maintenant doté d’une famille spectrale à laquelle il s’attache et qu’il est bien décidé à protéger d’un terrible danger…

En plus d’une ambiance gothique qui passe autant par l’intrigue que le ton bleuté des illustrations, cette BD offre de jolis moments de tendresse et de complicité entre des personnages hauts en couleur pour lesquels on se prend immédiatement et irrémédiablement d’amitié. La galerie de personnages est ainsi variée, amusante et plutôt atypique.

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Quel plaisir donc de suivre cette bande de fantômes qui a su créer une cellule familiale, peut-être un peu particulière, mais complètement fonctionnelle ! Un point qui ne pourra que faire du bien à Elliot complètement délaissé par des parents obnubilés par leur carrière professionnelle au point de ne pas savoir l’âge exact de leur enfant unique…

Quant à la menace qui pèse sur le 109 rue des soupirs, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que féroce, dangereuse et machiavélique, elle a de quoi effrayer même le plus courageux des fantômes ! L’amitié, l’imagination, la débrouillardise et la solidarité peuvent heureusement soulever des montagnes…

Destiné aux enfants, ce livre joue sur l’humour pour atténuer le côté angoissant que peuvent avoir les fantômes pour de jeunes lecteurs d’autant que dans cette histoire, nos fantômes sont bien plus victimes que bourreaux. Une inversion des rôles qui ne manque pas de piquant et qui devrait permettre aux enfants de passer un moment de lecture divertissant et amusant. 

En conclusion, empreint d’humour et de réparties qui font mouche, de personnages terriblement attachants, de suspense et d’action, 109 rue des soupirs fut une lecture particulièrement agréable qui m’a donné le sourire aux lèvres. On a coutume de dire qu’on ne choisit pas sa famille, Elliot vous prouve ici le contraire !