Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l’épée, Angie Sage

Couverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Ayant beaucoup aimé le tome 1 des aventures d’Araminta Spookie, je n’ai pas hésité à me procurer le tome 2.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Tante Tabby a abandonné le projet de vendre la maison et la famille a accueilli les anciens acheteurs potentiels : Wanda et ses parents, un peu sorciers sur les bords. Tout ce petit monde vit maintenant en parfaite harmonie. Cerise sur le gâteau : la maison est hantée par deux fantômes enfin débusqués par Araminta. Justement, bientôt c’est l’anniversaire de l’un d’entre eux, Messire Horace, une armure qui va avoir 500 ans ! Araminta et Wanda ont beaucoup d’idées pour fêter cet événement très spécial. Mais c’est sans compter sur le caca de chauves-souris à livrer, une grotte à explorer et les humeurs de tante Tabby à gérer ! Araminta ne sait plus où donner de la tête !

  • Relié : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Éditeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Quel plaisir de retrouver Araminta, une petite fille à la personnalité marquante, dans une nouvelle aventure dans laquelle elle va, aux côtés de sa meilleure amie Wanda, faire face à une situation périlleuse. Mais avant d’en arriver là, remontons le temps…

Araminta vit avec son oncle, sa tante, sa meilleure amie et ses parents, Messire Horace, une armure, et son fidèle page, même dans la mort, Edmond. Or, Messire Horace se montre d’humeur maussade… Est-ce que c’est son anniversaire, l’armure allant bientôt fêter ses 500 ans, qui le met dans cet état ? Peu importe, car Araminta et Wanda semblent bien décidées à fêter dignement cet événement, on n’a pas tous les jours 500 ans ! Et pour ce faire, elles ont trouvé le cadeau idéal. Mais avant de mettre la main dessus, il leur faudra exécuter le plan élaboré par Araminta…

Et voici le début des ennuis et d’une épreuve qui ne manquera pas de soulever quelques vagues d’inquiétude chez les lecteurs. J’ai, pour ma part, eu très peur pour les deux jeunes filles même si vu la cible du livre, je me doutais bien que l’issue ne serait pas dramatique. Il n’empêche, la tension est bien présente et les descriptions assez vivantes et réalistes pour nous faire ressentir tout le danger de la situation. Les amies vont donc se faire une belle frayeur en voulant faire plaisir à Horace, mais elles vont également découvrir indirectement une information importante sur leur ami et sur Edmond.

Le jeune page qu’Araminta ne tient pas spécifiquement en grande estime se révélera ici plein de noblesse que ce soit dans l’aide qu’il apportera aux deux jeunes filles dans le présent ou en raison d’un pan de son passé que l’on découvre. Une révélation riche en émotions qui me donne très envie d’en apprendre un peu plus sur lui et sur Messire Horace. Peut-être dans les prochains tomes ?

Comme dans le premier tome, j’ai adoré l’humour présent du début à la fin de l’aventure même si cet épisode m’a semblé un peu plus sombre que le précédent. Araminta, quant à elle, se montre toujours aussi drôle, téméraire et plein de verve. J’ai, en revanche, un peu moins accroché à la meilleure amie qui est un peu trop peureuse et geignarde à mon goût. Mais le duo fonctionne bien et les échanges entre les deux amies font mouche à chaque fois.

Avec son format en relié et ses illustrations en noir et blanc, l’objet-livre est superbe et très agréable à prendre en main. Le coup de crayon du dessinateur se veut simple, mais il y a un vrai travail réalisé sur les expressions, ce qui nous permet de parfaitement ressentir les émotions des personnages. Ces illustrations, en plus de flatter l’œil, devraient également faciliter la lecture des plus jeunes, et leur permettre de se plonger avec délectation dans ce récit qui ne manque pas de tension et de rebondissements.

wp-image--829854211wp-image-133929006

En conclusion, ce deuxième tome m’a un peu moins séduite que le premier, car il se révèle peut-être un peu plus sombre, mais il conserve néanmoins ce qui fait le charme de la série : de l’humour à profusion, de l’action, du suspense, de chouettes illustrations, des personnages hauts en couleur… Petits ou grands lecteurs, n’hésitez pas à vous laisser tenter par cette série que l’on pourrait qualifier de familiale.

Pour en apprendre plus sur cette série, rendez-vous sur le site des éditions Nathan.

Publicités

Le Passageur : Le coq et l’enfant, Andoryss (Lynks éditions)

Aucun texte alternatif disponible.

Je remercie les éditions Lynks qui m’ont permis de découvrir Le Passageur, le coq et l’enfant d’Andoryss.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matéo n’aurait jamais dû hériter du don de sa mère.
Il n’aurait jamais dû entendre les pleurs des fantômes.
Désormais, il n’a d’autre choix qu’accepter son héritage… ou sombrer dans la folie !

C’est au temps de la Commune, au milieu des horreurs de la semaine sanglante, qu’il débute son apprentissage…

Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y apaiser sa mort. Mais alors qu’il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile…

  • Broché: 283 pages
  • Editeur : Lynks (16 mai 2018)
  • Prix : 15.90€

AVIS

Je tiens tout d’abord à souligner le soin apporté au travail d’édition : une couverture à effet qui rend la prise en main du livre très agréable, des dorures, des ornements présents dans le livre, une couverture aussi belle qu’effrayante et intrigante… Difficile de passer devant les étalages d’une librairie sans s’arrêter devant ce très bel ouvrage !

Matéo est un lycéen qui mène une vie assez difficile : pris en étau entre la haine de son père et celle des brutes de son lycée, seuls le soutien et l’amour de son frère aîné, Diego et de sa petite sœur, Luisa, lui offrent une bouffée d’oxygène. Le jeune homme subit également le rejet et la méfiance dus aux préjugés que les gens ont envers les Roms, communauté à laquelle, de par ses origines, il appartient. Et ceci même si son père a tout fait pour couper sa famille de ses racines depuis le décès de sa femme…

À tous ces problèmes bien trop humains, vient s’ajouter un problème d’ordre surnaturel. Matéo découvre, à son plus grand désespoir, que comme sa mère, c’est un Passageur ! Chose dont il se serait bien passé d’autant que ce don ne se transmettant en théorie qu’aux femmes, sa mère ne lui a jamais vraiment donné le mode d’emploi. C’est donc accompagné du fantôme d’une mystérieuse jeune fille qu’il va devoir comprendre ce qui empêche l’âme affamée qui l’appelle de trouver le repos.

Appréciant la mythologie grecque, j’ai tout de suite été séduite par la référence à Charon et par l’idée de l’autrice de faire voyager son héros à travers les voiles du temps. Afin d’apaiser le fantôme, Matéo va ainsi faire des allers-retours entre le présent et le passé, au temps de la Commune. Ayant lu il y a quelques mois Blanche d’Hervé Jubert qui aborde cette tentative insurrectionnelle qui sera réprimée dans le sang, cette période ne m’était pas inconnue… Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cette petite incursion dans un épisode peu connu de notre histoire d’autant qu’on sent chez l’auteure un vrai sens du détail et un vrai travail de recherche historique. Cela nous permet de nous immerger facilement et totalement dans les rues de ce Paris à feu et à sang. Un Paris dans lequel vous rencontrerez une figure historique qui devrait parler à pas mal de lecteurs, Louise Michel.

En plus de l’intérêt historique, ces voyages dans le passé se révéleront intéressants dans la mesure où ils permettront à notre héros de progresser dans son enquête et donc de découvrir ce qui empêche le fantôme de rejoindre le monde des morts. Si nous ne sommes pas dans un Sherlock Holmes, j’ai pris plaisir à voir les différentes pièces du puzzle se mettre progressivement en place. Je ne peux pas vous en dire plus sous peine de vous spoiler, mais j’ai trouvé l’histoire de cette entité très touchante. Bien que le passé ne puisse être changé, je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer une autre issue…

Au cours de ces voyages temporels, Matéo fera différentes rencontres dont celle d’un garçon fort courageux et débrouillard que j’ai quitté à regret. D’ailleurs, l’un des points forts de ce roman est la galerie de personnages proposée. On suit principalement Matéo dans son apprentissage du rôle de Passageur, mais l’on rencontre aussi d’autres personnes qui l’aideront et qui se révéleront plus ou moins attachantes. À commencer par le grand frère de Matéo qui veille sur lui et sur Luisa comme une poule sur son œuf. Il n’hésite pas à s’opposer à son père qui traite de manière cruelle Matéo l’accusant de la mort de sa femme et de son autre fille. Quant à Luisa, intelligente, si ce n’est brillante, elle est peu présente dans le récit, mais on sent émaner d’elle une grande bienveillance qui contrebalance un peu la méchanceté paternelle entièrement dirigée sur notre Passageur. J’espère que dans le ou les prochains tomes, Luisa prendra un peu plus de place, car je ne doute pas que ce personnage puisse réserver quelques surprises.

Et puis, bien sûr, il y a Matéo. Un jeune homme traité injustement par son père et par la plupart de ses professeurs ou des personnes qu’il rencontre comme si ses racines étaient une infamie en soi. J’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à supporter le racisme dont il est victime, une constante à travers les époques d’ailleurs ! Comme quoi la bêtise humaine traverse le temps. L’auteure ne nous propose pas un plaidoyer antiracisme, mais nul doute qu’à travers cette histoire, les lecteurs devraient avoir une pensée pour la communauté Rom et la manière dont elle est traitée actuellement…

Très attachant et courageux, Matéo n’en demeure pas moins un adolescent de dix-sept ans que ses pouvoirs surnaturels effraient voire terrorisent. Car aider les âmes en peine à trouver le repos n’est pas une option pour lui ; c’est une question de vie ou de mort. Pour ne pas sombrer dans la folie, il va donc devoir apprendre à se faire confiance et à trouver la force en lui pour mener à bien cette mission qui ne lui laisse pas le droit à l’erreur. Et cette force intérieure, elle prendra une forme à laquelle je ne m’étais pas attendue !

L’auteure nous réserve ainsi une révélation finale étonnante qui nous montre qu’elle a su habilement détourner notre attention grâce à un rythme effréné et une tension insidieuse présente tout au long de la lecture. Ce n’est donc qu’en fin de lecture que l’auteure aborde un point que finalement, pris dans le feu de l’action, on avait quelque peu mis de côté. La révélation, en plus d’être surprenante, soulève quelques interrogations quant au futur de Matéo et nous laisse espérer un ou plusieurs autres tomes. Je vous rassure, le roman se suffit à lui-même et peut être lu seul, mais l’autrice laisse la porte ouverte à d’autres aventures, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Je retrouverai, en effet, avec plaisir Matéo et sa famille (enfin, si le père pouvait disparaître du paysage, je n’en serais pas attristée) dans d’autres tomes. En plus de m’être attachée aux personnages et d’avoir fortement apprécié la mythologie autour de la fonction de Passageur, j’ai été séduite par la plume d’Andoryss. Fluide, immersif et rythmé, son style est un régal surtout si, comme moi, vous appréciez les plumes à la finesse et à la poésie enchanteresses.

Enfin, je préfère signaler, pour éviter toute déconvenue, que si la couverture peut faire froid dans le dos avec un côté très film d’horreur, le récit ne tombe jamais dans l’horrifique. Cela permettra donc aux lecteurs facilement impressionnables de se lancer dans ce roman sans trop de craintes. Par contre, si vous êtes en quête d’une histoire de fantômes à vous faire dresser les cheveux sur la tête, Le Passageur n’est peut-être pas fait pour vous…

En conclusion, ayant craqué sur la couverture et le résumé, j’avais de grandes attentes pour ce roman et je dois dire qu’elles ont été plus que comblées. En nous proposant un personnage attachant autour duquel plane une aura de danger et en veillant à nous offrir un récit mené tambour battant, l’auteure captive le lecteur dès les premières pages. Si on ajoute à cela un style d’une grande finesse et une capacité à construire une histoire riche et complexe dont les fils se dévoilent progressivement sous nos yeux, on obtient un roman captivant dont il est bien difficile de se détacher.

Et vous, envie de découvrir Le Passageur ? Retrouvez le roman sur le site des éditions Lynks.

L’héritage, Adeline Neetesonne

Aucun texte alternatif disponible.

Découvert par hasard, j’ai craqué pour la superbe couverture de L’héritage d’Adeline Neetesonne.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Difficile de résister à un fabuleux héritage offert sur un plateau d’argent.

Quand Alexandra apprend qu’une tante éloignée vient de décéder et lui lègue tous ses biens, elle a l’impression de vivre un rêve. Hélas, son existence va virer au cauchemar lorsqu’elle découvre que ce prétendu cadeau n’est rien d’autre qu’un piège machiavélique orchestré par d’étranges et dangereuses créatures…

  • Broché: 130 pages
  • Editeur : Sharon Kena (28 août 2014)
  • Prix : 9.50€
  • Autre format : ebook

AVIS

Hériter d’une maison et d’une jolie somme d’une tante inconnue ? Voilà une nouvelle qui va, dans un premier temps, surprendre Alexandra avant de franchement la ravir. À l’étroit dans un petit appartement aux côtés d’un compagnon avec lequel il n’y a plus cette petite étincelle qui fait chavirer le cœur, la jeune femme est ravie du tournant inattendu que prend sa vie. Elle va donc s’investir corps et âme dans cette maison délabrée que sa tante lui a léguée d’autant qu’elle devine sans peine son énorme potentiel une fois les travaux terminés.

Installée dans sa nouvelle demeure en travaux, Alexandra, au-delà de l’excitation d’une nouvelle vie débarrassée de la peur du lendemain, commence à ressentir des choses étranges et à faire des cauchemars… La situation prend une tournure franchement inquiétante quand elle tombe sur un journal intime, ou cahier de bord, dans lequel sa tante raconte sa vie. Une vie dans laquelle des entités, des esprits et des créatures se disputent son attention. Et le plus troublant, c’est qu’Alexandra commence elle aussi à voir ces esprits et cette créature qui inquiétait tant sa tante : Demnius. Il y a aussi François, un être mi-humain mi-fantôme qui, comme il l’avait fait avec sa défunte tante, requiert sa protection…

Gros point fort de ce roman, l’atmosphère qu’a su créer l’auteure, une ambiance à la fois mystérieuse et inquiétante. On se pose très vite des questions sur ces esprits qui errent dans la maison et qui semblent vouloir obtenir quelque chose d’Alexandra. Et puis, il y a Demnius qui, sous des airs affables, commence de plus en plus à faire peur à la jeune femme. Une peur qui monte crescendo et qui rend l’ambiance presque étouffante. On comprend alors l’envie de fuite d’Alexandra qui ne désire qu’une chose, retourner dans son ancien appartement afin de retrouver un semblant de paix et de sécurité. Mais elle va rapidement découvrir qu’il est trop tard, son sort est dorénavant irrémédiablement lié à cette maison, un cadeau empoisonné, qui prend de plus en plus des allures de cage… 

Aimant bien les histoires de fantômes et d’esprits, j’ai apprécié de découvrir les créatures imaginées par l’auteure ainsi que son utilisation d’un classique des films d’horreur, qui m’a d’ailleurs souvent donné des sueurs froides, les miroirs. Ici, aucune tête n’apparaît dans les miroirs afin de provoquer des sursauts chez les lecteurs, mais des messages menaçants qui somment Alexandra de rentrer. Qui les envoie ? Aucune certitude bien que la jeune femme ait une petite idée sur la question…

Mais a-t-elle vraiment su cerner le danger et pris la mesure des menaces qui pèsent sur elle et sur la personne qui compte le plus pour elle ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais je peux d’ores et déjà vous dire de ne pas vous fier aux apparences. L’auteure nous offre, en effet, une histoire où tout n’est que faux-semblant et où faire confiance à quelqu’un devient le meilleur moyen de perdre la tête. D’ailleurs, si j’avais anticipé l’un des retournements de situation, la grande révélation du roman m’a complètement surprise. C’est assez tordu et ça prouve que les voies des créatures maléfiques sont impénétrables !

La fin m’a également prise de court et ne pourra que marquer les esprits, l’auteure ne ménageant vraiment pas son héroïne ! Seul l’épilogue m’a un peu déstabilisée : il laisse entrevoir une suite au roman à moins que ce soit là un moyen pour l’auteure de stimuler l’imagination de ses lecteurs. J’espère, pour ma part, qu’une suite est prévue, Adeline Neetesonne ayant tous les ingrédients en main pour nous offrir une série addictive avec de l’action, de l’horreur, un duo atypique…

Quant à la plume de l’auteure, elle est fluide et plutôt immersive, ce qui rend la lecture fort agréable. Il n’y a pas de longues descriptions, mais les informations données sont assez développées pour nous permettre de nous immerger dans l’histoire et de ressentir toute l’angoisse d’Alexandra. On finit même par partager ce sentiment de panique à l’idée d’être pris au piège par des créatures surnaturelles aux desseins plutôt flous…

La seule chose qui m’a un peu moins convaincue est la relation entre Alexandra et son compagnon. Elle souffre, à mon sens, de quelques incohérences, ce qui est dommage, car cela nuit à l’empathie que l’on devrait ressentir devant les événements qui frappent de plein fouet le couple. Mais rien de bien gênant d’autant que l’aspect romance n’est que très peu développé, le compagnon étant surtout utilisé pour apporter un côté encore plus dramatique à la nouvelle vie d’Alexandra. Si vous pensiez que l’argent fait le bonheur, vous devriez, avec ce roman, reconsidérer votre avis…

Pour conclure, L’héritage donne tout son sens à la notion de cadeau empoisonné ! D’une plume fluide et immersive, l’autrice nous transporte, en effet, dans une histoire à l’ambiance angoissante où les apparences sont trompeuses. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et autres créatures machiavéliques, et si vous aimez être menés par le bout du nez, ce roman est fait pour vous.

Photo issue du site de l’auteure

Site de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour L’héritage d’Adeline Neetesonne ?

Photo

 

Araminta Spookie – Tome 1 : Ma maison hantée, Angie Sage

Quand j’ai découvert le thème du Challenge Lire en thème de mai, lire un livre dont le nom de l’auteur commence par S, j’ai tout de suite pensé à ce roman dont la couverture m’a complètement fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une dose de famille Adams, une pincée de Petit Nicolas, et une cuillerée de Fifi Brindacier: un mélange détonant nommé Araminta Spookie !

Araminta Spookie habite une maison biscornue avec sa tante Tabby, une femme très sèche et aimante, et son Oncle Drac, éleveur de chauves-souris. Araminta voudrait que sa maison soit hantée et elle passe son temps à rechercher d’éventuels fantômes, des loups-garous et autres vampires. Elle possède des panoplies en tout genre pour mener ces chasses incongrues, mais pour l’instant, en vain. Tante Tabby, fatiguée de réparer inlassablement la chaudière, décide de vendre la maison. De plans complètement loufoques en embuscades colossales et drôles, nous suivons la lutte d’Araminta, prête à tout pour garder sa drôle de maison.

  • Relié: 160 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Editeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Araminta coulait des jours heureux avec sa tante Tabby qui aime à se battre avec la chaudière et son oncle, amateur de chauve-souris dans l’âme, jusqu’à ce que sa tante lui annonce son intention de vendre la maison. Hors de question pour la jeune fille qui aime sa maison hantée, bien qu’elle n’y ait encore jamais vu de fantômes, de partir de chez elle ! Elle va donc tout mettre en œuvre pour faire fuir les agents immobiliers et les potentiels acheteurs.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune fille a beaucoup d’imagination et de la suite dans les idées. C’est donc avec plaisir qu’on la suit dans ses aventures consistant notamment à se déguiser en fantôme ou à réunir le maximum d’ingrédients bien dégoûtants et gluants, et à les envoyer depuis un endroit stratégique sur les visiteurs. Deux stratégies efficaces puisque la plupart d’entre eux fuient la maison « hantée » sans se retourner, mais ça c’était avant de tomber sur des acheteurs plutôt étranges…

Bien que polissonne, il est difficile de ne pas s’attacher à Araminta même si elle se montre assez pénible avec sa tante, déjouant tous ses plans pour rendre la maison la plus attractive possible. En plus d’avoir des idées farfelues et une imagination débordante, elle est plutôt amusante, voire impertinente, puisqu’elle n’a pas vraiment la langue dans sa poche. Alors même qu’on devrait être du côté de la tante, la seule adulte responsable du livre, on ne peut donc pas s’empêcher de souhaiter bonne chance à la jeune fille dans ses tentatives de faire capoter le projet de vente.

Elle va d’ailleurs trouver un soutien quelque peu inattendu dans cette entreprise, mais je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que la maison hantée qui n’est pas hantée est peut-être finalement bien soumise à des forces surnaturelles… Pour en apprendre plus, il vous faudra vous plonger dans cette petite lecture jeunesse qui devrait faire sourire les enfants et les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant. L’histoire est toute mignonne et plutôt enfantine, mais en gardant cela en tête, un adulte pourra, en effet, savourer les péripéties d’une jeune fille têtue, mais amusante. Certains enfants pourront également se retrouver dans cette héroïne qui ne veut pas déménager, un déménagement pouvant être une étape assez difficile dans la vie d’un enfant.

À noter que le roman est agrémenté d’illustrations en noir et blanc ce qui en facilitera la lecture pour les enfants tout en leur permettant de s’immerger encore un peu plus dans ce récit mené tambour battant. Les idées, ou plutôt bêtises d’Araminta, s’enchaînent, en effet, à une vitesse folle, ce qui assure un rythme de lecture rapide que l’on soit petit ou grand. Quant à la plume de l’auteure, elle est efficace avec ce qu’il faut de rythme, d’humour et de concision pour happer l’attention des jeunes lecteurs dès les premières pages.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La fin, avec ses deux petits retournements de situation, m’a bien plu. Elle a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à lire entre les lignes, les apparences pouvant être trompeuses, et que l’amitié peut frapper quand on s’y attend le moins. Le final promet également de nouvelles péripéties riches en actions et, probablement, en bêtises !

En conclusion, Araminta Spookie est une jeune héroïne que j’ai pris grand plaisir à découvrir. Amusante et attachante, nul doute que sa personnalité hors norme et son amour des fantômes sauront séduire les jeunes lecteurs et, peut-être, leurs parents à condition que le côté enfantin de la narration et de l’histoire ne les gêne pas. Pour ma part, c’est exactement le genre de petits romans que j’aime lire entre deux lectures plus sérieuses. Je continuerai donc la série avec plaisir d’autant que Nathan a fait un très joli travail d’édition.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir Araminta Spookie ? Visitez le site des éditions Nathan.

logo-challenge

 

Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow, Léna Lucily

Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow: Saison 1 : Décadence par [Lucily, Léna]

J’ai lu le premier tome de la web-série littéraire Sorceraid de Léna Lucily dans le cadre du Prix des auteurs inconnus pour la catégorie imaginaire.

RÉSUMÉ ÉDITEUR

Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail ! Lorsqu’elle découvre cette alléchante offre d’emploi sur Internet, elle ne se pose pas de question : elle fonce… Droit dans un bus ! Accident dont elle ressort sans une égratignure.

Cet exploit lui vaut d’être embauchée chez Sorceraid, société de conseil en solutions magiques. Nora passe donc ses journées à fournir à des sorciers décadents (ayant utilisé l’intégralité de leurs ressources en magie) les solutions aux problèmes existentiels de leur quotidien, tels que la résurrection d’Elvis Presley pour un anniversaire ou la traque d’un fantôme inopportun.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 148 pages
  • Format numérique : 2.99€
  • Autre format : broché

AVIS

Sorceraid faisait partie des 10 livres que j’avais repérés lors de la présélection du Prix des auteurs inconnus. Je l’ai donc attaqué avec plaisir, plus ou moins certaine de passer un moment de lecture plaisant et amusant. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que je ne m’étais pas trompée.

Dès les premières pages, le style de Léna Lucily fait mouche ! D’une plume amusante et légère, elle vous entraîne dans un monde de magie et de sorcellerie que la pauvre Nora, alias Nova dans le cadre de son nouveau travail, découvre de manière plutôt brutale et, dirons-nous, percutante… D’abord sceptique sur l’existence de la magie et les conséquences que cela implique, elle finit très vite par accepter de quitter sa vie ordinaire de jeune diplômée, blogueuse à ses heures perdues, en recherche de son premier emploi pour se lancer dans la vie active au sein d’un cabinet de consultants très spécial : Sorceraid. Si l’obsession des ventes et de l’augmentation du chiffre d’affaires, parfois au détriment de la morale, ne le différencie pas des cabinets qui sévissent dans le monde réel, sa clientèle oui. Sorceraid s’adresse ainsi à la communauté de sorciers qui voit, en cette organisation, le moyen de satisfaire des besoins en tout genre : potions, nécromancie, exorcisme... Quand la magie vous fait défaut, Sorceraid a ce qu’il vous faut !

Nora, plongée abruptement dans ce nouveau monde, devra très vite faire ses preuves d’autant que son recrutement est loin de convaincre sa supérieure directe, une femme loup-garou tyrannique et antipathique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une première mission, l’auteure n’hésite pas à l’envoyer sur un cas difficile où le méchant n’est pas forcément celui que l’on croit. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher l’intrigue si ce n’est que j’ai adoré cette histoire de fantôme et de vengeance qui se révèle aussi glaçante que prenante. Je dois d’ailleurs avouer un petit coup de cœur pour le fantôme que Nora doit éloigner de sa cliente dont elle se serait d’ailleurs bien passée de faire la connaissance. Chapeau d’ailleurs à l’auteure pour ce personnage qui fait vraiment froid dans le dos et qui donne des frissons rien qu’à son évocation. Je peux vous dire que j’étais plus que ravie, durant ma lecture, de n’être que spectatrice de cette histoire et ai donc fortement compati avec Nora qui essaie, tant bien que mal, de faire face à la situation.

Une grande partie du charme de ce récit, qui se lit tout seul ou presque, provient de son héroïne que Léna Lucily a su rendre aussi attachante que crédible. Loin d’être une superwoman sans la cape, cette jeune femme, bien que courageuse, a parfois des moments de doute notamment sur cette nouvelle vie qui s’offre à elle, et qui la pousse à mentir à ses amis. Difficile, en effet, d’annoncer à son entourage, sans passer pour une folle du moins, que son nouveau travail implique de côtoyer des magiciens, des fantômes… J’ai également apprécié de découvrir, aux côtés de Nora, les pouvoirs qu’elle n’avait jusqu’alors pas conscience de posséder et qui lui seront aussi utiles que préjudiciables. Quelque chose me dit que Nora devrait avoir encore pas mal de ressources à nous dévoiler au cours des prochaines aventures que je lirai avec grand plaisir.

Le roman est court, mais ne donne pas le sentiment que l’auteure a bâclé son histoire. Bien au contraire, elle a réussi en peu de pages à donner les informations nécessaires pour que l’on se préfigure parfaitement l’environnement dans lequel évolue Nora. N’attendez donc pas de longues descriptions ou des passages contemplatifs, mais plutôt un récit mené tambour battant. Le livre se lit donc très vite d’autant qu’il possède le même côté entraînant et addictif que des séries comme L’accro du shopping de Sophie Kinsella. C’est donc le genre de récit parfait pour passer un petit moment de lecture agréable sans prise de tête, et pour décompresser, par exemple, d’une journée difficile ou chargée. À la manière d’un roman feel good, l’humour distillé tout au long du récit vous apportera, en outre, un certain réconfort, et l’envie irrépressible de suivre les péripéties de Nora, une fille ordinaire aux capacités extraordinaires. Il faut dire que cette héroïne est un peu la bonne copine que l’on aimerait tous avoir dans son entourage pour sa gentillesse et la dose de « dinguerie » qui rend sa vie si palpitante.

Enfin, j’ai apprécié le cadre professionnel dans lequel évolue Nora et que l’auteure, de par son parcours, a su si bien exploiter. Monde surnaturel ou non, elle apprendra que business is business et que la morale ou l’éthique n’entre pas toujours en jeu dans le monde du travail. Une désillusion à laquelle seront confrontés de nombreux jeunes diplômés et qui apporte une petite pointe de cynisme/réalisme fort délectable.

En conclusion, avec un récit cadencé et non dénué d’humour, une héroïne attachante à laquelle on peut s’identifier et un monde surnaturel apportant son lot de dangers et de péripéties, Léna Lucily vous présente une série littéraire qui se dévore plus qu’elle ne se lit.

Site de l’auteurePage FB de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour Sorceraid ?

 

Madisonville : Le manoir des fondateurs, Nicolas Combe

Je remercie Nicolas Combe de m’avoir envoyé le premier tome de Madisonville via le site Simplement.

RÉSUMÉ

Après des années sans laisser de nouvelles, Barbara, une mordue du monde du surnaturel, retourne dans la ville de son enfance, y retrouver son ancienne amie répondant au doux nom de Joy, et dans le même temps faire de nouvelles connaissances.
Mais des retrouvailles s’avèrent toujours compliquées, surtout quand de nouvelles têtes ne semblent pas t’apprécier et que les fantômes viennent mettre leur nez dans tout ça.

Que se passe-t-il quand le paranormal s’impose dans les vies d’adolescents normaux ?
Venez à Madisonville le découvrir.

  • Date de publication : 26/08/2017
  • Nombre de pages : 84
  • Prix : 8.50€
  • Autre format : ebook

AVIS

Une couverture attrayante qui vous plonge dans l’ambiance…

Je dois avouer avoir été tout de suite attirée par la couverture aussi belle qu’énigmatique. Il ne m’a donc fallu qu’un petit instant pour lire le résumé et avoir immédiatement envie de découvrir le manoir des fondateurs de Madisonville aux côtés de Barbara et de Joy. Il faut dire que son état de délabrement visible sur la couverture laisse présager un endroit lugubre probablement hanté par des entités plus ou moins sympathiques. Bref, vous aurez compris que je trouve la couverture parfaite pour vous donner envie de vous plonger dans le livre à condition, bien sûr, d’aimer les histoires de maisons hantées.

L’histoire…

Barbara, elle, aime ça ! L’adolescente va d’ailleurs, dès son retour dans la ville de son enfance, embarquer son ancienne meilleure amie Joy, dans une expédition au sein de cet intrigant manoir. Passionnée par les fantômes et le surnaturel, ses plus folles attentes en la matière vont être comblées et au-delà de ses espérances. Joy, quant à elle, ne partage pas du tout le goût pour le surnaturel de cette ancienne meilleure amie qu’elle considère, et cela n’a rien d’amical, comme « tarée ». Elle préfèrera d’ailleurs, dans un premier temps, nier ce qu’elle a vu dans le célèbre manoir Madison…

Gênée par le retour de Barbara, Joy n’aura pourtant pas forcément d’autre choix que d’accepter sa présence dans son groupe d’amis. C’est donc accompagnée de ses nouveaux camarades que Barbara va se lancer dans une  deuxième visite du manoir. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette visite ne laissera personne indifférent, humains et êtres surnaturels compris. Au-delà de son amour du surnaturel, si Barbara s’est lancée dans une nouvelle visite du manoir malgré les avertissements reçus la première fois, c’est aussi pour prouver à tous, et surtout à une geek particulièrement désagréable, que oui, les fantômes existent !

Les personnages…

J’ai apprécié Barbara, peut-être parce que c’est elle que l’on découvre en premier, et son envie de vivre sa passion du surnaturel malgré le jugement d’autrui. Elle a, en outre, ce côté excentrique qui m’a donné envie d’apprendre à la connaître. Son retour dans la ville de son enfance après de nombreuses années et ses tentatives pour s’intégrer la rendent également sympathique. Si vous avez déjà déménagé, je pense que vous ne pourrez que compatir à sa situation ! A l’inverse, difficile de ne pas vous prendre d’inimitié pour une geekette qui ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de Barbara dans la bande, et qui le lui fait bien comprendre. Heureusement, l’expédition dans le manoir et les événements sur place vont arrondir les angles entre les deux jeunes filles laissant espérer, peut-être, une amitié dans le tome suivant.

Je ne vais pas vous parler de tous les personnages, mais d’Élise que j’ai trouvé fort sympathique. C’est un peu la gentille fille du groupe dont l’enthousiasme pour tout et n’importe quoi est tourné en dérision par ses camarades. Ceux-ci la considèrent d’ailleurs comme folle quand je la trouve rafraîchissante parmi une bande d’adolescents passablement blasés par la vie. Avec Barbara, c’est une jeune fille que j’aurais plaisir à retrouver dans de nouvelles aventures.

De l’amitié oui, mais du surnaturel aussi…

Au-delà de l’amitié qui est un élément important dans le récit, Madisonville c’est aussi une histoire mettant à l’honneur le surnaturel à travers la présence de deux fantômes hantant le manoir Madison. La rencontre avec ce couple fantomatique va impressionner les adolescents qui ne sont définitivement pas les bienvenus. Pour la défense des fantômes, si on ne peut même pas vivre sa mort en paix, où va-t-on ! Alors fantômes très méchants ou entités surnaturelles ne demandant qu’à être tranquilles ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-mêmes. Je peux néanmoins vous dire que la rencontre avec le Baron Samedi m’a un peu fait penser à la nouvelle d’Oscar Wilde : Le fantôme de Canterville.

Les amoureux de SOS Fantômes devraient, quant à eux, être comblés par les références à la franchise que ce soit à travers l’équipement de Barbara ou des allusions plus directes. Ayant dévoré les films et le dessin animé durant mon enfance, c’est un point que j’ai apprécié.

Une histoire et une plume accessibles

La plume de l’auteur se révèle très accessible, le registre du livre oscillant entre langage courant et familier. Le contenu est donc accessible aux enfants même si je pense que la familiarité des personnages risque de gêner certains parents. Si vous êtes sensible à ce point, je vous conseillerais de feuilleter le livre avant de le confier à vos enfants.

L’histoire est courte et la mise en page très aérée ce qui en rend la lecture très rapide et plutôt aisée. Après une journée difficile ou stressante, ce petit roman devrait donc vous offrir une pause détente agréable. Il semble également particulièrement bien adapté pour une petite lecture d’Halloween ou pour un moment où vous avez envie d’une histoire avec des fantômes, mais sans trop de frissons.

Enfin, si j’ai passé un très bon moment de lecture, j’ai néanmoins regretté la présence de coquilles…

En conclusion, j’ai lu avec plaisir Le manoir des fondateurs et suis impatiente de découvrir la suite des aventures du petit groupe d’amis découvert dans ce premier tome. Si vous êtes en quête d’une histoire qui se lit très rapidement et très facilement avec une bonne dose d’amitié et de surnaturel, ce livre devrait vous plaire.

Page FBSite de l’auteur

Vous pouvez acheter ou feuilleter quelques pages de Madisonville sur Bookelis

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer