L’Ouros, tome 1 : Dernières escales, Ornella Salvador

Couverture L'Ouros, tome 1 : Dernières escales

Personne ne sait pourquoi le Melenian vogue seul, le long des côtes d’Assir et Ervas. Massacre ou sauvetage, une mission royale ne se dévoile pas, même au sein de l’équipage.
Jekka, recueillie et élevée à bord, est plongée comme tous dans l’ignorance. Elle sent pourtant que son destin est étroitement lié aux mystères du navire, et à sa soif de liberté s’ajoute le besoin de connaître la vérité.
Une vérité qui les mènera, elle et ceux qui suivent ses traces, au cœur de la guerre. Et peut-être un jour, là où l’inexplicable existe : au-delà même des frontières du monde.

Editions du Saule (16 novembre 2020) – 380 pages – 20,85€

AVIS

Je n’ai nullement le pied marin, mais les aventures maritimes me fascinent. Et de ce côté-là, je dois dire que l’autrice m’a enchantée. Sans nous bercer de détails inutiles et fastidieux, elle nous fait découvrir la vie à bord d’un navire, la promiscuité, les affinités plus ou moins forcées, les méfiances, les corvées, l’organisation au quotidien… Si c’est quelque chose qui, comme moi, vous plaît, alors vous allez adorer vous immerger dans la vie de Jekka, une orpheline de 20 ans qui a passé toute sa vie sur le Melenian, un navire auréolé de mystère. Quand certains pourraient se sentir reconnaissants envers le commandant de les avoir accueillis et traités comme leur propre enfant, Jekka ne voit pas les choses de cette manière.

La jeune fille rêve d’autre chose, de liberté, d’une vie dépourvue de tâches ingrates et répétitives, d’un endroit bien à elle sur la terre ferme. Des rêves qui se heurtent au refus du commandant de la laisser prendre son envol, ce dernier étant bien plus conscient qu’elle de la réalité : rien de bon ne l’attend sur le continent si ce n’est une place dans les bordels ! Mais Jekka, une forte tête, profite un jour d’une opportunité pour prendre le large. Un geste inconsidéré dont elle est loin d’avoir mesuré toute la portée… De mystère en révélation, sa vie va prendre une tournure sombre et dangereuse qui la conduira jusqu’aux portes de l’enfer, à moins que ce ne soit jusqu’à celles d’un autre monde.

Le roman contient une bonne dose de mystère, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Cela commence avec le Melenian, un navire royal dont très peu de personnes connaissent réellement la mission ! Grâce à un carnet découvert par hasard, Jekka en apprendra un peu plus sur les sorties en pleine nuit des militaires habitant le navire, mais ces quelques bribes d’informations susciteront bien plus d’interrogations qu’elles n’apporteront de réponses. J’ai adoré me creuser la tête aux côtés de Jekka pour en apprendre plus sur les secrets du navire, et, plus tard, sur d’étranges pierres noires au pouvoir d’attraction aussi étrange que fascinant… Outil de malheur ou symbole d’espoir et de changement, cela dépendra du camp auquel on appartient, mais ce qui est certain, c’est que ces pierres cristallisent les tensions entre le pouvoir royal et des fanatiques défendant un « grand rêve ».

Comme tous les fanatiques, ceux-ci font froid dans le dos par les moyens qu’ils utilisent pour atteindre leur fin, mais c’est finalement l’hypocrisie froide et le cynisme sans fin de leur dirigeant qui m’a soufflée. On est vraiment dans le schéma du gourou de secte qui défend une idéologie à laquelle il ne croit pas pour manipuler des gens afin de s’enrichir. Un être vil dont le projet insensé va pousser Jekka dans ses retranchements, et l’obliger à prendre une décision quant à son avenir. J’avoue avoir largement préféré la partie sur le navire, mais la vie sur la terre ferme sera l’occasion pour l’autrice de nous dévoiler toute la complexité de son intrigue. Que ce soit sur la terre ou en pleine mer, Jekka ne semble pas être destinée à une vie paisible…

Si je me suis passionnée pour la vie mouvementée de Jekka et le mystère entourant ses origines, sa personnalité m’a, en revanche, laissée plus mitigée. Blessante sans même s’en apercevoir, la jeune femme m’a ainsi parfois gênée par ses manières brutales, son manque d’empathie et de reconnaissance, et son absence flagrante de tact. Mais au fil du roman, on s’attache à son côté brut de décoffrage et l’on apprécie son courage ainsi que sa force de caractère. Elle ne recule ni devant les obstacles ni devant des révélations qui font pourtant vaciller son monde, autant au sens propre que figuré. Sans devenir une grande sensible, les épreuves traversées dans ce premier tome la rendront un peu plus consciente de son entourage, et du fait que ses actions ont des conséquences, parfois désastreuses, sur les autres.

Sa meilleure amie se montrera, quant à elle, bien plus sympathique et dévouée, consentant à un grand sacrifice pour épauler Jekka qui l’a pourtant abandonnée sans se retourner… Bien moins aventurière que Jekka, elle nous surprendra néanmoins par sa capacité à s’adapter à une vie pour laquelle elle n’était pas taillée et qu’elle n’a, surtout, jamais demandée. Un autre personnage, Norh, attire également l’attention d’autant que plane sur lui un certain mystère, à commencer par son surprenant enrôlement à bord du Melenian. Son rôle n’est pas développé outre mesure pour le moment, mais on perçoit en lui un certain potentiel et la capacité à tenir la dragée haute à Jekka, chose dont elle semble avoir fort besoin. Pour ma part, j’ai hâte d’en apprendre plus sur lui et espère le voir gagner en profondeur dans la suite de l’aventure.

Je n’évoquerai pas tous les personnages, mais je tenais à souligner le travail réalisé par l’autrice qui a trouvé un réel équilibre entre les personnalités de chacun. Jekka prend un peu plus de place que les autres, mais tout le monde a un rôle à jouer et compte bien le faire parce que dans cet univers, les compromis ne sont pas permis ! On appréciera également le fait que l’autrice ne tombe jamais dans le manichéisme, préférant opter pour des protagonistes complexes et nuancés, et donc très humains. J’ai d’ailleurs encore des doutes sur l’un des personnages, n’arrivant pas à déterminer si c’est un homme altruiste, mais maladroit, ou un fieffé menteur manipulateur…

Quant à la plume de l’autrice, elle a fonctionné à merveille sur moi. Des phrases imagées, parfois poétiques, mais qui coulent de source, un vocabulaire précis, une fluidité fort appréciable dans la narration… Le livre a été travaillé, et ça se sent ! Si on ajoute à cela, un enchevêtrement constant d’actions, de découvertes et de révélations, on obtient un roman qu’il est fort agréable de parcourir.

Le seul petit bémol que j’apporterai est que la couverture ne met nullement en valeur la qualité de cet ouvrage. Sa sobriété et le peu d’expressivité de l’image d’illustration n’auraient jamais attiré mon attention en librairie… C’est un détail, certes futile, mais qui peut vite faire la différence.

En conclusion, des personnages forts, mais jamais stéréotypés, de l’action, du suspense, du mystère… tout autant d’éléments qui viendront combler les lecteurs en quête d’une aventure, entre terre et mer, sur laquelle plane une terrible et fascinante aura de danger. À l’issue de ce premier tome, des questions restent en suspens, mais une certitude s’impose à nous, Jekka et ses alliés vont devoir trouver leur propre vérité et s’imposer dans un monde qui menace de vaciller. Mais finalement, cela importe-t-il vraiment ou le futur se trouve ailleurs ?

Je remercie les Éditions du Saule de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

In My Mailbox #195

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Voici quelques nouveautés qui ont rejoint ma PAL :

Couverture Ame ténébreuse, coeur lumineux : Hommage à la romantic fantasyCouverture L'Ouroboros d'Argent

Will et ses frères : La vengeance du pirate par ColferCouverture Le bonheur est caché dans un coin de votre cerveau

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Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

Le livre mystère de Noël

Livre, Cadeau, Cordon, Cordon D'Or, Or

Le samedi avant Noël, je suis allée récupérer quelques réservations à la médiathèque et en ai profité pour fureter un peu dans les rayons, avant de tomber sur un coin avec des livres, CD et DVD emballés dans du papier cadeau.

Après avoir lu les différents extraits de livres collés sur les emballages, j’ai jeté mon dévolu sur ce joli paquet :

Et voici, le roman que j’ai eu le plaisir de découvrir : Le Fléau des rois de Jenn Lyons.

Le choeur des dragons, tome 1 : Le fléau des rois par Lyons

Kihrin a grandi dans les quartiers pauvres de la Cité capitale. Voleur et fils de ménestrel élevé dans une maison close, il a été bercé par les fables évoquant des princes disparus et des aventures trépidantes.
Lorsqu’il est malgré lui désigné comme le fils perdu d’un seigneur cruel et corrompu, Kihrin se retrouve à la merci des querelles de pouvoir et des ambitions politiques qui animent sa nouvelle famille.

Quasi prisonnier, Kihrin découvre qu’être un prince disparu n’a pas grand-chose à voir avec les histoires des ménestrels.
D’ailleurs, il s’avère que celles-ci lui ont bien menti : sur les dragons, les démons, les dieux, les prophéties… et l’idée que le héros gagne toujours à la fin.

Peut-être Kihrin n’est-il pas ce héros, finalement. Car il n’a pas pour destin de sauver le monde… mais de le détruire.

Le hasard faisant bien les choses, j’avais déjà repéré ce titre, mais j’avoue que le nombre de pages m’avait quelque peu découragée. Je ne pense pas que j’aurais le temps de le lire ces prochaines semaines, mais le fait d’avoir pu en découvrir quelques pages m’a rassurée sur le style de l’auteur auquel j’accroche pas mal. Ce n’est donc que partie remise.


J’ai adoré le principe et le doux sentiment d’excitation au moment de choisir et d’ouvrir le paquet. Cela m’a donné l’impression, non pas d’emprunter un livre, mais de recevoir un cadeau de Noël avant l’heure. Je sais que le concept n’est pas nouveau, mais c’est la première fois que j’ai la chance de pouvoir le tester, et je dois avouer que je suis conquise ! J’espère d’ailleurs que l’opération sera renouvelée que ce soit à l’occasion des fêtes de Noël ou de manière régulière.

Et cerise sur le gâteau, j’ai pu récupérer l’emballage et le ruban pour emballer les cadeaux de Noël de ma sœur.

Et vous, vous connaissez le principe ?
Vous plaît-il ?

 

Grisha, tome 3 : L’oiseau de feu, Leigh Bardugo

Grisha - L'Intégrale - Leigh Bardugo

L’intégrale. 1 livre, 3 romans.

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.

Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.

Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.

Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

France Loisirs – 1152 pages – Prix : 21,50€

AVIS

Chronique du tome 1 – Chronique du tome 2

J’ai eu la chance de recevoir la magnifique intégrale de Grisha dans une box de Noël, et je dois dire que je suis sous le charme de sa splendide couverture qui reprend avec beaucoup d’élégance trois éléments importants de la série… Ayant déjà lu les deux premiers tomes, je vous parlerai seulement aujourd’hui du troisième et dernier, L’oiseau de feu. Si vous n’avez pas encore commencé la série et que vous ne souhaitez pas découvrir certains éléments des tomes précédents, je vous recommanderai donc de ne pas poursuivre la lecture de cet article ou de passer directement à la conclusion…

En plus de remercier France Loisirs pour m’avoir fait parvenir ce sublime ouvrage, je les remercie de m’avoir poussée, plus de deux ans après la lecture des deux premiers tomes, à enfin lire la conclusion de cette série qui m’aura offert de très beaux et intenses moments de divertissement. Alors que j’avais oublié certains points et personnages, j’ai très vite eu l’impression de me retrouver en terrain connu, la plume de l’autrice possédant ce quelque chose de familier et de terriblement envoûtant… J’ai donc apprécié de retrouver Alina et ses alliés de toujours ou plus récents.

Affaiblie depuis son combat contre le Darkling qui ne s’est pas très bien terminé, la voilà sous la coupe d’un religieux bien décidé à exploiter son image de Sainte afin de rallier ses ouailles autour de lui et de ses croyances. Mais notre Invocatrice de lumière n’est pas la fille manipulable qu’il pense comme elle va lui démontrer. Il voulait la cloîtrer sous terre pour la « protéger », elle choisit la lumière ou, du moins, la surface qui ne demande qu’à être débarrassée de l’obscurité, du Shadow Fold et du Darkling. Un combat qu’Alina est, plus que jamais, prête à mener, et cela commence par mettre la main sur L’oiseau de feu…

Dans cette mission, elle sera entourée de plusieurs personnes, dont Mal, Zoya, David, Genya… À eux tous, ils forment un groupe disparate que l’on suit avec attention dans ses péripéties et ses (més)aventures. Entre la suspicion, la violence, le sang, l’angoisse et la mort, l’autrice ne ménage pas ses personnages et les pousse dans leurs retranchements ! Les épreuves qu’ils traverseront, en plus de souder les liens, nous permettront de découvrir les personnages taillés pour cette aventure à l’issue incertaine, et ceux dont l’âme était déjà trop abîmée pour espérer triompher. Et à ce niveau, je dois avouer avoir été agréablement surprise par Mal, un personnage qui m’avait pourtant horripilée dans les premiers tomes par son immaturité et sa jalousie déplacée.

Dans L’oiseau de feu, il se révèle bien plus mature, responsable et se décide enfin à se comporter comme l’ami dévoué qu’Alina était en droit d’attendre. Courageux, sans être inutilement téméraire, Mal fut pour moi la révélation de ce tome. L’autrice a effectué un magnifique travail sur ce personnage qu’elle a réussi, petit à petit, à modeler pour le rendre intéressant, complexe, et même inspirant. Une évolution menée d’une main de maître qui m’a autant surprise que conquise. Même sa relation avec Alina a réussi à me toucher quand elle m’a longtemps agacée. Les deux amis ne peuvent, en raison de leur différence de statut, laisser court à leurs sentiments, mais on ressent pleinement la force de leurs liens et de l’amour qu’ils se portent mutuellement…

C’est peut-être parce que l’évolution de Mal est remarquable que j’ai trouvé celle d’Alina un peu moins probante. Si j’aurais apprécié un peu plus de panache de sa part, la jeune femme n’en demeure pas moins éblouissante. Elle n’hésite pas à se lancer dans la mêlée et à donner le meilleur d’elle-même, quitte à consentir au plus grand des sacrifices. L’autrice a d’ailleurs réussi à me surprendre par une révélation que je n’avais pas du tout anticipée et qui prouve sa capacité à créer une œuvre dans laquelle rien n’est laissé au hasard ! Tout semble avoir été pensé en amont avec soin afin d’offrir aux lecteurs une expérience de lecture particulièrement marquante.

Au groupe principal, viendra se greffer un personnage que l’on a déjà rencontré et qui, de nouveau, m’a séduite. Je n’ai ainsi pas résisté à son exubérance qui apporte cette touche d’humour nécessaire pour alléger une histoire dans laquelle la mort et le danger sont omniprésents. Mais derrière son physique d’Apollon et son apparente insouciance, se cache un fin stratège à la personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît… Bien que trop peu présent à mon goût, il saura toutefois prouver son amitié et son utilisé à Alina, ce qu’il paiera assez cher. Mais rien d’étonnant si l’on considère l’univers ténébreux construit avec beaucoup d’intelligence par Leigh Bardugo.

Au-delà des héros et de leurs interactions, l’autrice a ainsi su développer un univers qui lui est propre et dans lequel on se plonge avec effroi et délectation. Un univers étroitement lié à l’ombre du Darkling, l’un des meilleurs antagonistes que j’ai eu le plaisir de croiser en littérature. Loin du méchant lourdaud et à l’esprit aussi détraqué que limité, cet homme est d’une complexité indéniable, parfois monstrueux, parfois d’une fragilité extrême qui pourrait presque nous attendrir. Son sentiment de solitude et son envie de trouver en Alina un alter ego le rendent terriblement humain, quand ses moyens pour atteindre ses objectifs nous révulsent… Cet être hors norme exerce sur nous une étrange fascination et un profond dégoût, deux sentiments contradictoires auxquels Alina n’est pas complètement étrangère. Après tout, de par son immense pouvoir, n’est-il pas la seule personne à pouvoir la comprendre ?

La connexion psychique entre les deux personnages est de nouveau très bien exploitée avec quelques scènes qui nous donnent l’impression qu’ils sont tous les deux plongés dans une bulle hors du temps… Le lien atypique entre Alina et le Darkling souligne également une dure réalité : si beaucoup sont mobilisés dans cette guerre contre l’obscurité, c’est bien la confrontation finale entre ces deux puissances qui façonnera le monde de demain. Reste à savoir si le futur sera fait d’ombre ou de lumière. Pour le découvrir, il vous faudra lire ce roman, mais je peux néanmoins vous dire que l’autrice nous offre une fin à la hauteur de l’histoire et des personnages. Seul l’épilogue m’a semblé dévier du ton de la série…

En ce qui concerne la plume de Leigh Bardugo, elle se révèle, comme toujours, entraînante, fluide et particulièrement imagée. L’immersion dans le roman est donc totale d’autant que l’intrigue ne souffre d’aucune longueur et qu’on a un parfait équilibre entre psychologie des personnages, actions et phases de tension.

En bref, L‘oiseau de feu conclut à merveille une série de fantasy à l’univers sombre et particulièrement soigné, qui nous plonge dans un âpre combat entre l’ombre et la lumière. Si le schéma est classique, l’autrice a su se l’approprier pour nous proposer une histoire rythmée, aux multiples révélations, dont le principal atout réside dans la psychologie fine de son antagoniste. Un antagoniste qui fera, bien malgré lui, naître une héroïne de légende qui n’aura pas d’autre choix que d’embrasser sa destinée. Épique, haletante et addictive voici une trilogie à ne pas manquer !

Vous pouvez retrouver l’intégrale de Grisha sur le site de France Loisirs.

 

Box de Noël France Loisirs (2020)

Quand Aurélie, de chez France Loisirs, m’a proposé de m’envoyer une box de Noël, j’ai été ravie, appréciant toujours les surprises !

J’ai ainsi eu le plaisir de recevoir, dans une très belle boîte, une carte, un catalogue, un photophore en forme d’étoile et deux livres dont un qui était dans ma wish list, l’intégrale de Grisha. Je possède déjà les deux premiers tomes que j’ai d’ailleurs chroniqué sur le blog (Grisha, Le dragon de glace), mais je résiste rarement à une jolie couverture…

L’intégrale. 1 livre, 3 romans

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.
Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.
Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.
Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

PRIX : 21,50€

Quant à L’épouse et la veuve, le résumé et la couverture me tentent aussi beaucoup.

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…
Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux.
Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur.
Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ?
Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

PRIX : 16,50€

Pour retrouver ces livres et beaucoup d’autres, ça se passe sur le site de France Loisirs.

Des cadeaux pour toutes les envies !

Et vous, ces romans vous tentent-ils ?
Connaissez-vous le Grishaverse ?

La Guilde des aventuriers (tome 1), Zach Loran Clark et Nick Eliopulos

La Guilde des aventuriers, tome 1 : La Guilde des Aventuriers par Loran Clark

Bienvenue dans la Guilde des Aventuriers.
Nul ne connaît leur nombre exact. Elle est composée d’illuminés à la cervelle ensorcelée et autres créatures corrompues par les démons, tous lourdement armés.
Voici la consigne : rester en vie jusqu’à demain matin.
Pierrefranche est l’une des dernières cités survivant à l’assaut des monstres qui ont envahi le monde. Différentes guildes y organisent la résistance. Parmi elles, celle des Aventuriers a mauvaise réputation :
Ses apprentis sont recrutés de force.
Ses membres meurent jeunes.
Zed, un demi-elfe aux pouvoirs magiques, est désigné pour rejoindre la guilde des Aventuriers. Son meilleur ami Brock décide alors de se porter volontaire pour l’accompagner. L’intrépide Liza, elle, née d’une famille de nobles, a toujours rêvé d’entrer dans la Guilde.
Zed, Brock et Liza vont peu à peu découvrir, derrière les murailles de la ville, un monde aussi dangereux que merveilleux. Or, les Aventuriers sont la dernière ligne de protection de la ville…

Bayard Jeunesse (23 septembre 2020) – 448 pages – Broché (15,90€) – Ebook (10,99€)
À partir de 10 ans

AVIS

La Guilde des aventuriers fut une lecture jeunesse divertissante que j’ai pris grand plaisir à découvrir.

Dans ce premier tome, les auteurs prennent le temps de nous expliquer le fonctionnement des différentes guildes et de ce monde ravagé par les Dangers, des créatures qu’il ne fait pas bon de croiser. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la cité de Pierrefranche, l’un des derniers bastions de résistance, vit cloîtrée derrière son enceinte. Seuls quelques individus osent et sont autorisés à en franchir les portes. Ces derniers, des Aventuriers avec un grand A au regard des risques qu’ils prennent pour leur vie, sont tous regroupés au sein de la guilde des Aventuriers.

Et c’est au sein de cette organisation que sont enrôlés Zed et Brock, l’un à son corps défendant, et l’autre par amitié, à moins que ses motivations soient un peu plus complexes que cela… J’ai adoré l’amitié unissant ces deux enfants qui ne pourraient être plus différents, mais qui ont pourtant su bâtir des liens forts que l’on espère inébranlables. Car leur amitié va être mise à rude épreuve entre les petites cachotteries, les découvertes sur eux-mêmes, et tous ces Dangers et menaces qu’ils vont devoir affronter… Les amateurs de monstres et de créatures fantastiques pas très ragoûtantes devraient être ravis, les auteurs nous offrant quelques rencontres mouvementées avec des Kobolds, Nagas et autres joyeusetés. On appréciera d’ailleurs, en fin d’ouvrage, les quelques planches les représentant et nous indiquant leurs principales caractéristiques.

De l’action, ce premier tome n’en manque pas, ce qui rend la lecture extrêmement trépidante et agréable. Que l’on soit jeune lecteur ou non, les pages défilent donc rapidement d’autant qu’en plus du rythme qui ne souffre d’aucune longueur, une large et belle place est accordée à l’amitié. L’amitié de toujours comme celle entre Zed et Brock, mais aussi l’amitié de circonstance puisque les deux jeunes héros font faire de nouvelles rencontres au sein de leur guilde. On pensera plus particulièrement au nain Jett que les auteurs n’épargnent pas ou à l’intrépide Liza, une jeune fille haute en couleur que j’ai adoré suivre bien que j’aurais apprécié qu’elle soit plus présente dans ce premier tome.

Liza est issue de la noblesse, mais contre toute attente, elle se porte volontaire pour intégrer la guilde des Aventuriers. Une décision plutôt inattendue si l’on considère que bien qu’indispensable, cette organisation est vue d’un mauvais œil par les habitants. Repaire de brigands, pour les uns, lieu de perdition pour les autres… Mais peu importe pour la jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui est bien décidée à troquer ses belles robes contre un bouclier et une épée. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle s’épanouit dans son rôle de guerrière !

Brock, quant à lui, se révèle peut-être un peu moins doué avec les armes que Liza, mais il a pour lui son bagout, son intrépidité et sa propension à se sortir de toutes les situations. Cette différence de personnalité explique peut-être la relation chien-chat que les deux personnages vont nouer, sans oublier les préjugés de Brock sur le milieu d’origine de la jeune fille... Mais heureusement devant la situation, ils vont apprendre à travailler ensemble, car après tout, étrange ou pas, la guilde des Aventuriers est une grande famille dont les membres veillent les uns sur les autres.

Et comme souvent dans les grandes familles, il y a une figure forte qui suscite crainte et respect. J’ai beaucoup aimé Fond qui nous semble, dans un premier temps, bourrue et impitoyable, la femme n’hésitant pas à envoyer ses jeunes recrues affronter les Dangers sans grande préparation. Mais de fil en aiguille, il nous apparaît que les choses sont bien plus complexes qu’il n’y paraît et que Fond n’est peut-être pas cet être sans cœur dont certains aimeraient se débarrasser, pour des motifs plus ou moins nobles… En tant que dirigeante d’une guilde importante, elle doit prendre des décisions parfois difficiles, mais on sent que tous ses actes sont dirigés vers la protection de la cité malgré le mépris que les habitants affichent à son égard…

Un mépris, ou du moins, une certaine méfiance que Zed, en tant que demi-elfe, a dû également affronter toute sa vie, bien que ce soit pour des raisons différentes… Malgré sa timidité et ses nombreux doutes, il saura faire preuve de courage, prendre des initiatives et nous réserver quelques surprises. On reste dans le schéma classique d’un jeune héros au grand destin, mais ça marche ici très bien, les auteurs n’en faisant pas trop. Zed possède une force dont il n’a pas encore conscience, et qui pourrait le mettre en danger ainsi que tous ses proches, mais ce n’est pas non plus le super héros qui peut résoudre à lui seul tous les problèmes.

Un point que j’ai, pour ma part, beaucoup apprécié et qui permet de mettre en lumière l’importance du travail d’équipe pour faire face aux Dangers, à l’avidité de certains et à des découvertes qui menacent l’ordre et la sécurité de Pierrefranche. Et si finalement, le danger ne provenait pas que de l’extérieur ? Une question qui s’impose à nous et qui entraîne les personnages dans une course folle à la vérité, une course empreinte de magie, de mystère, d’amitié et d’action !

La fin, quant à elle, laisse entrevoir une suite dans laquelle le danger s’intensifie, qu’il soit le fait des créatures qui hantent le monde ou d’une chose beaucoup plus triviale. Je lirai donc la suite avec plaisir dans l’espoir, entre autres, d’obtenir certaines réponses quant aux origines de Zed, et peut-être, d’en apprendre plus sur certains personnages qui n’ont joué ici qu’un rôle mineur. Je serais ainsi curieuse de découvrir quelle place Jett va occuper au sein de la guilde, mais aussi comment un personnage, en apparence agaçant, va évoluer, certains indices laissant supposer que son cas n’est pas désespéré.

En conclusion, dans ce premier tome, les auteurs prennent le temps de poser les bases d’un univers d’inspiration médiévale dans lequel un groupe de parias, regroupés au sein d’une guilde autant méprisée que respectée, lutte pour assurer la sécurité d’une cité en proie à des créatures qui se veulent de plus en plus menaçantes. En plus de l’action omniprésente, de la magie et de ce petit air de complot qui attise la curiosité des lecteurs, l’intérêt du roman réside également dans ses protagonistes divers et variés que l’on prend plaisir à découvrir et à suivre dans leurs (més)aventures !

Je remercie Babelio et les éditions Bayard jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

La Septième Fée 1 – Idrasil, Susie Norman

Idrasil: La Septième Fée, T1 par Norman

À l’origine de la création de la terre d’Adara, six fées avaient été conçues pour protéger ses habitants. Unies, elles étaient invincibles grâce à leur talisman. Mais l’une d’elles, Magda, succomba à l’attrait du pouvoir et du mal, et s’allia avec le seigneur sombre de Tanis…

Évidence Éditions (16 octobre 2020) – 210 pages – Broché (14€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Attirée par la très belle couverture, j’ai eu envie de découvrir ce titre de fantasy young adult que j’ai trouvé sympathique et plutôt accessible, notamment pour les lecteurs peu coutumiers du genre.

Six fées, chacune avec un pouvoir différent, ont été créées afin de maintenir l’équilibre du monde. Malheureusement, l’une d’entre elles, Magda, ivre de pouvoir, a fini par trahir ses « sœurs » et s’allier avec le seigneur de Tanis avant d’imposer sa loi et le règne de la terreur… Cette reine-fée est vicieuse, sournoise et extrêmement puissante d’autant que son alliance maléfique lui assure le soutien d’une terrifiante armée d’hommes-serpents. Si le couple maléfique semble intouchable, Magda n’en demeure pas moins inquiète : une vieille prophétie annonce l’arrivée d’une septième fée destinée à purger le monde de sa noirceur. Bien décidée à éviter cette menace, elle prend donc les mesures qui s’imposent et fait kidnapper les jeunes filles pouvant correspondre à la prophétie.

Nessaora n’a alors pas d’autre choix que de s’enfuir avec son frère aîné, Nao, et le prince Sigis venu avertir les paysans du danger. Est-elle cette septième fée sur laquelle repose tant d’espoir ? Aucune certitude à l’issue de ce premier tome, ce qui ne m’a pas empêchée d’apprendre à apprécier cette jeune fille arrachée à une famille aimante et bienveillante. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les liens unissant Nessaora à ses deux frères, à sa mère et à son grand-père. Avant que Madga ne vienne bouleverser leur vie, tous les cinq menaient une existence simple, mais plaisante, rythmée par les vendanges et les veillées au coin du feu à écouter Yun, le grand-père, raconter de fantastiques aventures.

Mais si toutes ces histoires n’étaient pas que des contes ? De fil en aiguille, on découvre ainsi le passé de ce grand-père qui fut également un grand guerrier respecté et auréolé de hauts faits de gloire. Ce personnage m’a beaucoup touchée que ce soit en raison de sa bienveillance, de son passé ou d’un choix cornélien qu’il a dû prendre et qui l’a profondément marqué. Le destin semble néanmoins lui offrir une seconde chance ou, du moins, la possibilité de faire la paix avec lui-même…

Alors que je m’attendais à suivre principalement le trio de départ, l’autrice a préféré diviser son récit entre plusieurs fronts et personnages. Le procédé ne manque pas d’intérêt pour dynamiser l’intrigue et rendre la lecture plutôt addictive, mais j’ai parfois eu le sentiment que cela s’est fait au détriment de la psychologie des personnages qui aurait mérité d’être un peu plus développée. On pourrait également regretter une tendance au manichéisme avec des personnages assez stéréotypés : le prince Sigis est le portrait type du preux chevalier quelque peu naïf, mais aux nobles idéaux, et Magda, celui de la grande méchante assoiffée de pouvoir…

J’ai toutefois apprécié de suivre la fée renégate et son sombre allié dans leurs plans machiavéliques et de découvrir jusqu’où ils étaient prêts à aller pour maintenir leur emprise. Attendez-vous donc à des scènes d’action parfaitement orchestrées et assez immersives pour avoir l’impression d’assister de près à ce combat entre les ténèbres et la lumière, entre une fée pervertie par la soif de pouvoir et une autre prête à reprendre les armes pour sauver son peuple.

Dans son combat pour le bien, cette dernière pourra heureusement compter sur des alliés qu’ils fassent partie du commun des mortels ou qu’ils soient de courageux chevaliers fidèles aux idéaux défendus par leur prince, et non par leur roi, un lâche bien indigne de sa grande lignée… Si Magda et le seigneur de Tanis se révèlent repoussants par la noirceur de leur âme et leur manque évident d’humanité, c’est ce roi, qui n’en porte que le titre, qui m’a le plus répugnée et indignée. Couard, il n’hésitera pas à trahir ses sujets pour assurer sa propre sécurité comme il n’a pas hésité à le faire par le passé. Au cours de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de me demander comment un tel être avait pu engendrer un fils aussi droit et courageux !

En plus des fées, le roman met en scène d’autres créatures comme un dragon qui m’a étrangement touchée, peut-être en raison de son attachement pour un trésor d’un genre particulier. Mais ce qui m’a le plus fascinée est cette figure de l’homme-serpent capable de se métamorphoser suivant les circonstances. N’étant pas fan des serpents, j’avoue que l’idée de me retrouver devant avec un tel spécimen m’a quelque peu fait froid dans le dos. Mais c’est finalement sous leur forme humaine que ces hommes-serpents se montrent les plus cruels et implacables…

Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide, agréable et aussi convaincante dans les phases d’action que dans les moments plus descriptifs. Ainsi, si l’autrice ne s’appesantit pas sur les détails, elle prend néanmoins le temps de bien poser son décor afin que nous puissions nous immerger complètement dans son récit et son univers, un univers sombre, mais sur lequel se lève un vent d’espoir.

En conclusion, dans ce premier tome, nous découvrons les enjeux et les principaux protagonistes d’une lutte épique dont on ne peut qu’attendre le dénouement avec impatience et une certaine fébrilité. Rythmé et immersif, La septième fée offre un moment de divertissement plein de tension et d’action qui devrait plaire aux adolescents et aux adultes souhaitant se lancer dans un roman de fantasy accessible, mais riche en péripéties.

Retrouvez La septième fée sur le site d’Évidence Éditions que je remercie pour me l’avoir envoyé en échange de mon avis.

Sigurd, Federico Saggio

Plongez-vous dans l’univers mythologique scandinave !

Sigurd, dernier représentant d’une lignée issue de l’union d’Odin, roi des Ases, et d’une mortelle, est confié à la mort de ses parents à Mîme, le plus grand Artisan-Forgeron des Nibelungen. Ce dernier est censé l’éduquer dans l’espoir qu’il puisse un jour accomplir la tâche qui lui est échue : tuer le dragon Fafnir, reprendre le trésor maudit au nom des Ases et enfin le protéger de sa vie.
Quant à Sigurd, ce sont d’autres ambitions, d’autres rêves qui l’animent. Le Feu d’Odin coule dans ses veines, il veut vivre ! Quel dommage que les Dieux ne l’entendent pas de cette oreille… car il n’est pas de plaisir plus savoureux pour les Ases, que d’assister à la déchéance d’un mortel qui se débat avec les affres de la destinée.

Auto-édition (9 juin 2020) – 246 pages – Broché (14,99€)

AVIS

C’est la superbe couverture et la promesse d’une plongée dans la mythologie scandinave qui m’ont donné envie de découvrir ce roman que j’ai dévoré en deux soirées, complètement séduite par la très belle plume de l’auteur, alliance de brutalité, d’élégance et de poésie. Un mélange efficace et hypnotique qui sied à merveille à l’atmosphère sombre de ce roman dans lequel l’auteur n’hésite pas à faire couler le sang et à arracher des viscères.

Âmes sensibles s’abstenir donc même si la beauté de la plume de l’auteur permet aisément de passer outre l’éventuel dégoût pour savourer toute la quintessence et l’étrange splendeur de ces scènes crues et intenses. Parce que dans ce roman, il y a du beau derrière le drame, de l’espoir derrière le malheur, et de la magnificence derrière la vie d’un protagoniste qui se veut bien plus antihéros que héros, à moins qu’il ne se situe à la lisière des deux.

Federico Saggio semble s’être particulièrement investi dans la psychologie de son protagoniste qui ne manquera pas de susciter en vous des émotions ambivalentes, mais toujours d’une grande intensité : exaspération devant son mépris affiché envers ceux qu’il considère comme inférieur à lui soit tout le monde, empathie durant les rares moments où sa carapace se fissure, compréhension devant sa soif d’en apprendre plus sur ses origines, dégoût devant sa bestialité et sa propension à se laisser guider par ses instincts en dépit de toute notion de bien et de mal…

Il y a d’ailleurs quelque chose de presque naïf dans le comportement de Sigurd qui tue sans se poser de question, un peu comme un enfant volerait le jouet d’un autre avant qu’on ne lui apprenne les règles de la vie en société. Il faut dire que jusqu’à présent, Sigurd n’a pas vraiment eu de contact avec l’extérieur et que ses interactions se sont limitées à celles avec son tuteur, un homme méprisant et quelque peu maltraitant. Cela n’excuse pas ses exactions, mais permet d’un peu mieux comprendre cette figure de la mythologie scandinave dont l’auteur nous propose ici une interprétation tourmentée et fascinante.

Cette personnalité ambivalente explique peut-être l’étrange attraction que Sigurd a su exercer sur moi et qui m’a poussée à suivre ses aventures sans pouvoir détourner les yeux malgré ses accès de violence, son arrogance, et cette douce folie meurtrière qui semble, peu à peu, le consumer… Les pages se tournent à une vitesse folle devant notre envie d’en savoir plus, toujours plus, sur ce personnage auréolé d’une bonne dose de mystère et de danger. On suit donc la tête pleine de questions et la boule au ventre Sigurd dans sa mission confiée par les Dieux dont il est le descendant : tuer Fafnir et récupérer le trésor perdu des Nibelungen.

Néanmoins, Sigurd n’est pas homme à se laisser dicter sa conduite par qui ou quoi que ce soit. Épris de liberté, il a bien d’autres objectifs comme celui de se forger sa propre légende, ce qui le conduira à faire différentes rencontres, plus ou moins sympathiques, à lutter contre la faim et le froid, à survivre à de dangereuses créatures, à faire une alliance avec un prince, à tuer encore et encore, parfois à son insu, victime d’horribles hallucinations…

Mais si la légende de Sigur, fils de Sieglinde, fils de Sigmund, commence à s’étendre, une réalité s’imposera à notre héros : on ne peut pas jouer avec la patience des Dieux indéfiniment et en toute impunité ! Cette liberté revendiquée par Sigurd, n’est-elle finalement pas qu’une douce illusion dans un monde façonné par les Dieux ? Le libre arbitre existe-t-il réellement ou s’efface-t-il devant la volonté et les desseins divins ? Et dans ce cas, si tout est écrit d’avance, pourquoi lutter contre sa destinée ?

Au-delà des questions intéressantes autour de la notion de liberté, de destin et d’héritage familial soulevées par l’auteur, j’ai adoré suivre la déchéance de Sigurd qui va devoir tomber très bas avant de se relever et de pouvoir viser le ciel ! Les faits d’armes vont donc alterner avec des moments moins reluisants pour lesquels même le très fier Sigurd aura bien du mal à retirer de la gloire… Au cours de son voyage, il fera également des rencontres qui le pousseront dans ses retranchements, lui permettront d’évoluer, et, parfois, de gagner un peu en humanité.

Je pense notamment à sa rencontre avec un homme au physique disgracieux, mais à la grande bonté, qui m’a beaucoup touchée. Cet homme nous prouve que les apparences sont parfois trompeuses et que la vraie beauté ne se voit pas sur un visage. Sigurd s’ouvrira également à des sentiments nouveaux qui, dans un premier temps, le déstabiliseront avant de le pousser à reprendre sa destinée en main, non pas pour satisfaire les caprices des dieux, mais pour répondre aux élans de son cœur et de son désir.

Je ne me suis pas attachée au personnage, bien qu’il m’ait parfois étrangement touchée, mais son évolution est intéressante et sa personnalité assez complexe pour me donner envie de le voir vaincre ses adverses qu’ils soient humains ou non. À cet égard, l’auteur nous offre une sympathique plongée dans la mythologie scandinave avec des créatures fantastiques qui font froid dans le dos et des dieux que l’on connaît tous au moins de nom (Odin, Loki…). Connaissant peu cette mythologie, j’avais un peu peur d’être perdue, mais ce ne fut pas le cas, le roman se révélant très accessible même pour les néophytes !

J’ai donc apprécié cette immersion dans la mythologie scandinave qui n’a rien à envier à la mythologie grecque : relations familiales complexes et incestueuses, drames, dieux désinvoltes quant au sort des mortels… Il n’y a pas à dire, on ne s’ennuie pas avec les dieux et leurs caprices, a fortiori quand on suit les aventures de l’un de leurs descendants qui semble bien décidé à suivre dorénavant sa propre voie et à délivrer l’objet de ses désirs de son triste sort.

Y arrivera-t-il ? Il faudra lire le deuxième tome pour le savoir, mais ce qui est certain, c’est qu’après une période de doute, on sent chez notre héro/antihéros un regain de confiance et une détermination à toute épreuve qui risque fort bien de sceller son destin, un destin qui sera, sans aucun doute, épique ! Ne nous reste plus qu’à attendre que le scalde Federico Saggio nous narre la suite des exploits de Sigurd, fils de Sieglinde, fils de Sigmund !

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

Cœur de menhir – tome 3 : Le chaos d’Askaod, Adrien Hortemel

Cœur de menhir: 3 - Le chaos d'Askaod par [Adrien Hortemel]

Les nouveaux druides sont désormais investis d’une mission : reformer le cénacle des druides. Cependant, après avoir été dupé par les Broc’h, leur groupe est divisé et leurs quelques alliés sont défaits ou emprisonnés. Dans leur sillage, le sang a coulé, les pertes ont été importantes. Leurs détracteurs se sont emparés des faits et les utiliseront en leur faveur. Les espoirs reposeront sur Sigrid, si tant est qu’elle puisse agir. Mais le groupe survivra-t-il aux calomnies et aux révélations, alors que dans l’ombre, le Dalc’h continuera de rallier des nouvelles âmes.

Auto-édition – 525 pages – Broché (19€) – Ebook (6,99€)
Illustrations : Christophe le Galliot

AVIS

Avis du tome 1 – Avis du tome 2 : Les nouveaus druides

La série comportant un certain nombre de personnages et des intrigues multiples, j’ai eu peur, en me lançant dans ce troisième tome, de ne pas retrouver mes repères, mais mes craintes se sont envolées dès les premières pages avec un prologue captivant qui prouve la capacité de l’auteur à nous surprendre. Il a ainsi pris le parti de commencer son roman avec des personnages qui nous sont inconnus, mais pour lesquels on se prend tout de suite d’affection à nos risques et périls d’ailleurs. En effet, les choses débutent de manière plutôt dramatique et fracassante !

L’auteur ne tombe néanmoins jamais dans le gore ou la surenchère, ce qui explique probablement le plaisir que je prends à le lire, mais il a une manière bien à lui de nous plonger régulièrement dans des scènes d’action réalistes, immersives et palpitantes. Pour ma part, j’ai apprécié le savant dosage qu’il a su trouver entre scènes de combats classiques à l’arme blanche et confrontations durant lesquels la magie prend toute son importance. Une magie aussi puissante que dangereuse qu’essaie toujours de dompter et maîtriser Dairen que j’ai retrouvé ici avec plaisir même si dans ce tome, je lui ai préféré d’autres personnages…

Le jeune homme poursuit sa lutte contre le mal et va, de nouveau, être confronté à différentes épreuves. Pour l’épauler, il pourra heureusement compter sur des amis et connaissances, plus ou moins sympathiques, mais aussi sur des personnes nouvellement rencontrées dont une dryade débrouillarde et avenante. Son aide ne sera pas superflue au regard du périple entrepris et des multiples dangers rencontrés en cours de route, certains conduisant Dairen à prendre des décisions difficiles qui mettront à mal sa notion d’amitié et le feront parfois douter de la direction à prendre…

J’ai apprécié la manière dont l’auteur exploite la figure de la dryade que je connais peu et que je n’ai jamais vue prendre part à une aventure épique comme celle-ci. J’ai également trouvé ce personnage assez complémentaire avec Dairen et ai pris plaisir à suivre la dynamique qui se développe progressivement entre les deux. Une dynamique qui viendra, dans une certaine mesure, compenser une amitié qui s’est nettement détériorée dans ce tome et qui risque de fragiliser un équilibre précaire que la raison voudrait que nos héros essaient de sauvegarder à tout prix ! Mais les émotions, les secrets et les malentendus semblent ici trop forts pour que les choses s’apaisent, du moins, pour le moment…

En plus de Dairen, on retrouve d’autres personnages plus ou moins familiers comme Krah’m, Morwenna, Sigrid… Si Morwenna demeure cette calculatrice chevronnée prête à tout pour atteindre ses objectifs, on lui découvre toutefois une fragilité et une humanité qui m’ont agréablement surprise. Je dois d’ailleurs dire que j’ai été frustrée de ne pas savoir ce qu’elle devient alors qu’on la quitte en mauvaise posture, mais peut-être que son sort nous sera dévoilé dans la suite de la série… Quant à Sigrid, elle reste fidèle à elle-même : dure à cuire, battante, courageuse, mais parfois trop fonceuse et frondeuse pour son bien ! La jeune femme présente toujours en elle cette dualité qui menace de la faire sombrer à chaque instant et qui tend à rendre ses réactions parfois excessives. Arrivera-t-elle à dompter et à vivre en harmonie avec sa nature profonde pour prendre la place qui lui revient de droit ?

Sigrid est une femme que j’aime beaucoup malgré ses emportements, mais à ma grande surprise, c’est finalement le destin d’Eliaz qui m’a le plus captivée. J’attendais d’ailleurs les passages le concernant avec la plus grande impatience. Le nain, qui avait dû essuyer une terrible perte dans le tome précédent, n’est pas au bout de ses peines : entre l’emprisonnement, le travail forcé et les sévices, il lui faudra toute sa pugnacité et ses amis de fortune, ou plutôt d’infortune, pour survivre et faire face à la situation. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais attendez-vous à une révélation très surprenante sur ce personnage qui s’avère bien plus complexe qu’il n’y parait.

Eliaz est donc mon personnage préféré de ce tome que ce soit en raison de son passé, qui ne manquera pas de susciter en vous une certaine empathie, de son courage ou des liens qu’il a su nouer avec un mystérieux homme, qui ne l’est peut-être pas tant que cela, et une hermine blanche, toute mignonne. La relation entre notre héros et cet animal m’a beaucoup touchée et apporte une certaine douceur à une aventure mouvementée dans laquelle le sang est bien souvent versé et les revers de fortune nombreux.

En plus de l’action omniprésente, on appréciera la manière dont l’auteur n’hésite pas à multiplier les intrigues avant de les relier entre elles afin de former une trame complexe, complète et cohérente ! Tout au long du roman, on passe donc d’un personnage ou d’un groupe de personnages à l’autre sans jamais avoir l’impression d’être perdu puisque l’on sent que l’auteur sait où il va et qu’il sait comment nous y amener ! J’ai ainsi adoré me plonger dans le roman sans réserve, retrouver des têtes familières, en rencontrer d’autres, dont certaines hautes en couleur, et découvrir les différents enjeux politiques, guerriers, stratégiques et magiques qui rythment le récit.

Les choses sont parfois trompeuses et les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres. Attendez-vous donc à un roman auréolé d’une bonne dose de secrets, de complots et de jeux de pouvoir qui supposent de maîtriser, en plus de l’art de la guerre, celui de la machination. Prise par le récit, ses révélations et ses nombreux enjeux, je n’ai donc pas vu défiler les 525 pages du roman, ce qui s’explique également par la plume de l’auteur que j’ai trouvée accessible et assez travaillée pour nous offrir de belles émotions, des descriptions réalistes et des scènes très immersives.

Au-delà de cette aventure menée tambour barrant, l’auteur aborde également différentes thématiques intéressantes et universelles : le racisme et la peur de la différence, l’exploitation des plus faibles, le fanatisme religieux, la rédemption, le poids des secrets… Quant aux illustrations de Christophe le Galliot, elles contribuent au sentiment d’immersion que l’on peut ressentir tout au long des pages. La présence de cartes et d’un index des principaux personnages en début de roman permet, en outre, de se lancer avec toutes les données en main pour profiter au maximum de sa lecture.

En conclusion, dans Le chaos d’Askaod, l’auteur creuse le passé de ses protagonistes, nous permet de découvrir d’autres personnages, mais nous offre surtout une aventure épique et haletante qui ne devrait pas manquer de vous faire vivre mille émotions. Entre la découverte d’un bestiaire étoffé, des scènes d’action imagées et réalistes et une quête contre le mal semée d’embûches et d’ennemis retors, vous devriez passer un très bon moment de divertissement empreint de magie, d’amitié/rivalité et de sang.

Je remercie Adrien Hortemel de m’avoir proposé son roman en échange de mon avis.