L’idiot du village, Patrick Rambaud

L'idiot du village (Littérature Française) par [Rambaud, Patrick]

Découvert par hasard, L’idiot du village de Patrick Rambaud, aux éditions Grasset, m’a offert un bon moment de lecture..

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Vous n’aimez pas votre époque ? Ce n’est pas une raison pour glorifier le passé. Imaginez que vous vous retrouviez soudain transporté au début de ces années cinquante dont vous pensiez avoir la nostalgie : vous seriez plus désorienté que sur la planète Mars. Voilà ce qui arrive au héros de notre histoire. Un jour, en parcourant le quotidien qu’il vient d’acheter, il tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d’autres hallucinations vont le plonger en 1953, à Paris, dans ce quartier des Halles qu’il habitait à la fin du XXème siècle. De plus en plus précises, de plus en plus longues, ces hallucinations finissent par le jeter dans son propre passé, qu’il reconnaît mal : il avait sept ans en 1953. Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger. D’abord incrédule, il se résout à accepter ce sort improbable. Comme à l’époque on trouvait du travail, il devient plongeur dans un restaurant de la rue Montorgueil, puis garçon de salle, et il s’aperçoit vite de sa supériorité : il connaît par avance les événements… Au début, il en joue avec un habitué du restaurant, journaliste en vogue, très intéressé par ses prédictions, mais il va se rendre compte que son savoir ne lui sert à rien. Il se prend pour l’idiot du village, cet oracle un peu foutraque qu’on consulte mais dont on se moque, même s’il a raison. Jusqu’au jour où, dans la rue, il se croise lui-même lorsqu’il a sept ans. A partir de là, tout va basculer.

Grasset & Fasquelle (12 janvier 2005) – 160 pages – Broché (16,30€) – Ebook (5,49€)

AVIS

Le thème du voyage dans le temps est toujours risqué, mais l’auteur s’en sort ici très bien en se concentrant sur l’aventure humaine plutôt que sur les explications quant à ce prodige. Nous découvrons ainsi notre protagoniste qui, sans trop savoir comment, navigue entre le présent et le passé, entre 1995 et 1953. Une situation à laquelle il s’adapte plus ou moins jusqu’à ce que l’impensable se produise : le voilà coincé en 1953, dans le Paris de son enfance, sans aucun moyen de retourner dans le présent auprès de sa chère femme, Marianne.

Sur un malentendu et grâce à une rencontre, il trouve heureusement un travail dans un restaurant où il sera repéré par un journaliste du Figaro, non pas pour ses talents de serveur, mais pour sa faculté à prédire les événements futurs. Content d’avoir trouvé une personne capable de le faire briller et de le propulser vers des sommets, ce journaliste n’hésitera pas à user et abuser des talents de notre narrateur qui, d’une certaine manière, se complaît dans le rôle ingrat du conseiller personnel et secret. Il faut dire que lui-même aimerait utiliser ses connaissances quant à l’avenir, notamment pour changer quelques événements passés…

Mais après l’exaltation de la connaissance vient la désillusion de l’impuissance, car si dans son esprit tout est simple, dans la réalité, il n’a que de prise sur les événements. Il n’est, en effet, pas si facile de changer le passé, mais est-ce de toute manière souhaitable ? Une question à laquelle il pense vaguement, mais qu’il met très vite de côté jusqu’à une rencontre, une rencontre avec lui-même qui donne un autre tournant à l’histoire. On ressent alors une impression de nostalgie, avec cette question du temps qui passe, de ce que l’on sait, de ce que l’on regrette et de ce que l’on changerait…

Ce retour dans le passé, en plus d’offrir une trame narrative prenante, est un bon moyen pour l’auteur de nous plonger dans ce Paris des années 1950, au charme certain, avec ces métiers dorénavant disparus et une population vivant de manière plus simple sans l’omniprésence de cette télévision qui remplace les conversations. Nous redécouvrons également le contexte national et international mouvementé de cette époque qui, après les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, mène ses propres combats : guerre d’Indochine, grogne sociale avec des grèves de grande ampleur, guerre froide…Tout autant de sujets qui devraient rappeler des souvenirs aux lecteurs qu’ils soient férus d’histoire ou non. Les nombreux clins d’œil à la littérature m’ont également plu, mais il faut dire qu’avec un protagoniste vivant le nez dans les livres depuis ses sept ans, cela n’a rien d’étonnant.

Assez court, le roman se lit d’une traite d’autant que l’écriture est fluide, les réflexions de l’auteur sur les évolutions sociétales, humaines et urbaines intéressantes, les dialogues entre les personnages réalistes et dynamiques, le jeu entre présent et passé bien amené… La fin, si elle m’a d’abord semblé un peu abrupte dans la mesure où j’aurais apprécié quelques chapitres de plus, a fini par totalement me convaincre. On évite les atermoiements, les longueurs, les digressions pour se concentrer sur notre héros et un avenir que j’ai envie de croire plein de promesses.

En conclusion, L’idiot du village, titre que vous comprendrez en cours de lecture, est une fable teintée de fantastique qui, à travers un protagoniste ordinaire aux prises avec un phénomène extraordinaire, pose un certain nombre de réflexions notamment sur les évolutions de la société et le temps qui passe. La connaissance, arme ou fardeau ? Une question que l’on ne peut que se poser en fin de lecture bien que la fin laisse entrevoir une réponse peut-être un peu plus nuancée, celle du renouveau.

 

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L’Agence Pendergast – Le Prince des ténèbres, Christophe Lambert

J’avais déjà repéré L’Agence Pendergast de Christophe Lambert autant pour la couverture que le résumé. J’ai donc été ravie de voir qu’il faisait partie des vingt livres disponibles dans le cadre du Challenge NetGalley. Merci aux éditions Didier jeunesse et à NetGalley pour ce très bon moment de lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’Agence Pendergast est une organisation très secrète cachée sous Ellis Island. Sa spécialité est de repérer et d’intercepter grâce à ses supers agents chaque créature paranormale qui arrive dans le flot des immigrants. Sean Donovan, un jeune voleur de rue, filou et intrépide, pourrait bien être la nouvelle recrue de l’Agence et faire équipe avec Joe l’Indien cogneur et Célia la liseuse de cartes.

Didier Jeunesse (3 avril 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

New-York, fin du XIX e siècle, Sean, 15 ans, pickpocket plutôt doué, détrousse un homme sans se rendre compte que celui-ci était sous bonne surveillance ! Le voilà donc avec un Indien à ses trousses qui semble bien décidé à reprendre l’objet subtilisé à son ami. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une situation bien fâcheuse pour l’adolescent va se transformer en une étrange et fabuleuse opportunité.

L’homme détroussé, M. Pendergast, se révèle être à la tête d’une agence spéciale qui traque et gère de manière, plus ou moins définitive, les êtres surnaturels qui n’ont pas vraiment envie de côtoyer pacifiquement les humains. Et coup de chance pour Sean, il aurait bien besoin de ses talents dans sa lutte acharnée contre le mal !

Bien que voleur et opportuniste, Sean est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée. Il faut dire qu’élevé depuis son plus jeune âge par un mafieux pas vraiment du type conciliant et chaleureux, il ne peut que toucher le lectorat. J’ai, en outre, apprécié que malgré son activité de pickpocket, il ne soit pas sans foi ni loi et suive son propre code moral : pas de veuves, pas de démunis… parmi les personnes qu’il vole. Une déontologie qui ne va pas plaire, mais alors pas du tout, à son « protecteur ». Dans ces conditions, sa rencontre avec l’Agence se révèle quelque peu providentielle, qu’il accepte de le reconnaître ou non.

Sean évolue au fil de l’intrigue et de ses rencontres avec les autres membres de l’Agence Pendergast qui se révèlent tous, chacun à leur manière, attachants. Le directeur qui a donné son nom à l’organisation semble avoir bon cœur au grand dam de Célia, une jeune femme au fort caractère, qui aimerait bien que son patron soit un peu plus méfiant…  Mais l’agence ne serait pas l’agence sans ce vieil excentrique, accompagné de son fidèle chien, qui veille à proposer des armes et autres gadgets originaux, et plus ou moins fiables, pour aider les agents à traquer et maîtriser les créatures qui hantent les rues de New York.

Quant à Joe l’Indien, bien qu’il ait une présence indéniable, ce n’est pas le plus accueillant des membres. Il faut dire que sa relation avec Sean étant partie sur de mauvaises bases, les interactions entre les deux personnages vont donner lieu à quelques étincelles et de nombreux échanges de piques. Ils ne s’aiment pas, et ils ne s’en cachent pas ! Au-delà de cette relation qui ne manque pas de piquant, l’auteur aborde avec subtilité et efficacité un sujet plus sérieux : les préjugés. Ses parents ayant été tués par des Indiens, Sean se méfie de ceux-ci et plus particulièrement de Joe qu’il n’hésite d’ailleurs pas à affubler de surnoms ridicules. Mais au fil des péripéties, et grâce à Célia, il va finir par comprendre que ses idées ne sont que des préjugés qui ne reflètent en rien la réalité.

En plus des personnages, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le bestiaire mis en place dans le roman, l’auteur n’hésitant pas à mélanger des êtres issus de différentes époques. Les centaures côtoient ainsi les sorcières, vampires et autres charmantes créatures ! Un mélange explosif pour une ville qui n’est pas consciente d’abriter une faune diverse et variée, et pas forcément des plus conciliantes. Heureusement que l’Agence veille au grain et s’assure de garder la situation sous contrôle.

Le livre étant à destination des enfants, les chapitres sont relativement courts, et le récit mené tambour battant. Pris dans l’action, on suit donc sans ennui et avec beaucoup de plaisir les (més)aventures de Sean qui va devoir affronter, en plus de son terrible père adoptif, une créature aussi fascinante que dangereuse. Les adultes regretteront peut-être que l’histoire aille un peu trop vite, mais cela ne m’a pas dérangée appréciant la manière dont l’auteur a su concilier concision et immersion. Les descriptions sont ainsi relativement succinctes, mais assez parlantes pour nous immerger complètement dans l’histoire. Les quelques illustrations distillées par-ci par-là tout au long du roman rendent, quant à elles, l’expérience de lecture encore plus immersive.

En conclusion, riche d’un bestiaire étoffé qui mêle allègrement des créatures venant de différentes périodes et cultures, ce roman plante le décor d’une série qui s’annonce pleine d’action, de magie, d’humour et de rencontres palpitantes. Alors n’hésitez pas à pousser les portes de l’Agence Pendergast, et venir à la rencontre de ses truculents agents !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Didier Jeunesse.

Si j’avais su, Allison Forichon

Je remercie l’autrice de m’avoir invitée à découvrir son roman Si j’avais su.

RÉSUMÉ

La vie d’Elena Nohcirof bascule le jour où elle reçoit une lettre de sa tante Jessica. Alors qu’elle accepte de prendre l’avion pour la rejoindre, il s’écrase au milieu du désert de Goldhope. Seule survivante, elle y rencontrera Jackson, Mickael, Shane et Spencer avec qui elle va vivre une aventure irréelle, d’exception et des plus surprenantes !

Auto-édition – 5 novembre 2018 – 233 pages – Broché (9.26€) – Lien d’achat

AVIS

Le résumé était prometteur, mais je n’ai pas été complètement séduite par cette lecture qui m’a donné l’impression de survoler une succession d’événements plutôt que de découvrir un récit prenant et immersif. La faute à une aventure menée bien trop vite pour susciter, du moins chez moi, cette immersion indispensable pour vivre un livre de l’intérieur. Le point positif de cet enchevêtrement non-stop d’actions et de péripéties, c’est que cela devrait plaire aux lecteurs aimant les aventures menées tambour battant.

Si en début d’histoire, on prend le temps de découvrir Elena qui vit isolée depuis la mort de son grand-père adoré, on entre très vite dans le feu de l’action. Il y a d’abord cette lettre d’une tante qui n’a pas donné signe de vie depuis la mort des parents de la jeune fille quand elle était enfant sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Un mystère qu’Elena est bien décidée à résoudre en rejoignant sa tante par avion, un moyen de transport que pourtant elle redoute. Mais le voyage tournera au cauchemar quand son avion s’écrasera en plein désert de Goldhope marquant ainsi le début d’une périlleuse et incroyable aventure. Au cours de celle-ci, Elena apprendra à se (re)découvrir, fera de nouvelles rencontres et se rendra compte que l’espoir est une valeur à ne jamais oublier même dans l’adversité.

Le principal atout de ce roman est la dose de mystère qu’il recèle. L’autrice soulève, tout au long de son ouvrage, un certain nombre d’interrogations qui ne manqueront pas de vous tenir en haleine et de vous donner envie de découvrir tous les tenants et aboutissants de cette histoire.  Pourquoi le silence de cette tante quand sa nièce aurait eu tellement besoin d’elle pour faire face à la mort de ses parents ? Qui sont vraiment Jackson, Mickael, Shane et Spencer, ce groupe d’amis qui va la prendre sous son aile ? Qui se cache derrière l’antagoniste de l’histoire que la jeune fille devra affronter avec l’aide des quatre garçons et grâce à l’enseignement d’Elbas ? D’ailleurs, que penser de ce mystérieux être dont l’esprit paraît quelque peu insondable ? Comment sortir de ce désert, enfer à ciel ouvert ?

Mais toutes ces interrogations ne compensent pas une histoire qui aurait mérité d’être plus développée. Tout semble arriver trop vite, trop soudainement... Les problèmes et les dangers sont, à mon goût, surmontés bien trop vite pour qu’on ait le temps de ressentir la moindre peur, et ceci malgré quelques moments dramatiques. Le manque d’approfondissement se ressent également dans les personnages dont la psychologique n’est pas assez travaillée pour que l’on puisse développer, au fil des pages, de l’attachement ou de l’intérêt pour ce qu’ils traversent. Seul un petit garçon, qui n’intervient pourtant pas beaucoup, m’a touchée par sa gentillesse, sa simplicité et son innocence. Je comprends toutefois la raison qui a poussé l’autrice à offrir une intrigue rythmée qui fait l’impasse sur le superflu. Bien que cela n’ait pas fonctionné avec moi, car j’aime les univers riches et détaillés, ce choix narratif reste cohérent avec le twist final.

En ce qui concerne le style d’écriture, mon avis sera également mitigé. On sent un véritable amour des mots et une volonté de bien faire avec un vocable recherché et des expressions imagées. On tombe cependant bien souvent dans le « trop » avec l’utilisation abusive de qualificatifs et la présence d’un certain nombre de mots utilisés à mauvais escient. Malgré le lyrisme qui se dégage parfois du texte, certaines formulations m’ont donc paru maladroites.

Malgré ces différents points qui ne m’ont pas permis d’apprécier pleinement ma lecture, je reconnais que l’autrice a su développer des idées originales, que ce soit au niveau du lieu de l’action ou de la forme que prennent les dangers. J’ai aimé me plonger dans ce désert, une sorte de prison de sable étouffante et angoissante, dans lequel évoluent des créatures effrayantes dont un monstre qui fera de la vie d’Elena et de ses amis un enfer.  À chaque moment, le danger peut s’abattre sur le groupe qui n’aura de cesse de se battre pour sa survie. Y arrivera-t-il ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que l’autrice n’hésite pas à malmener ses protagonistes mentalement et physiquement. Heureusement pour eux que les moments d’angoisse et de doute seront entrecoupés de scènes plus douces et de moments d’amitié…

Quant à la fin, je ne peux pas vous en parler sans vous gâcher le plaisir de la surprise, mais attendez-vous à un retournement de situation très bien trouvé. J’avais envisagé un moment cette possibilité, mais je l’avais très vite mise de côté. Chapeau donc à l’autrice d’avoir réussi à me surprendre…

En conclusion, Si j’avais su est un petit roman qui regorge de bonnes idées et qui n’est pas dénué d’une certaine originalité. Toutefois, les maladresses stylistiques et le manque de profondeur du livre et de ses protagonistes peineront à convaincre les lecteurs les plus exigeants. Si pour ma part, ce n’est pas un roman qui m’a transportée, je pense qu’il pourrait plaire aux jeunes lecteurs et à ceux en quête d’une aventure menée tambour battant.

Deux avis plus enthousiastes sur la toile : Les chroniques de Lee HamSatine’s books

 

 

 

Vice-Vers’Âmes, Muriel Rawolle

Vice-Vers'Âmes par [Rawolle, Muriel]

Je remercie Muriel Rawolle de m’avoir permis de découvrir Vice-Vers’Âmes. 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

À la suite d’une expérience de mort imminente, Samuel, jeune étudiant du XXIe siècle, se retrouve propulsé dans le corps de l’une de ses vies antérieures, Clémence une jeune bourgeoise de 1851, et inversement. Si de son côté, Samuel est d’abord persuadé d’être victime d’effets hallucinogènes, il doit s’adapter tant à la physiologie féminine et à la soumission qu’elle implique qu’à l’absence de technologie du XIXe, ou à ses coutumes matrimoniales. Tandis qu’au XXIe siècle, n’osant confier son désarroi au corps médical de l’hôpital où elle se réveille, Clémence, persuadée d’être amnésique et de se souvenir d’une vie antérieure, tente de s’approprier une enveloppe charnelle, une existence et une époque qu’elle croit siennes jusqu’au jour où le doute n’est plus possible. Car au XIXe, Samuel avec son tempérament et sa personnalité un brin narcissique, transforme la jeune bourgeoise qu’il incarne en une débutante que les salons et quelques grands noms de l’Histoire s’arrachent. Cette course éperdue n’a qu’un but : dans ce siècle où l’ésotérisme se développe, trouver le médium qui lui permettra de revenir à son époque.

Auto-édition – 2018 – 349 pages – Broché (19€) – Ebook disponible

TRAILER

AVIS

Vice-Vers’Âmes est un roman que j’ai dévoré prise par cette histoire un peu folle d’échange de corps et de voyage dans le temps. On est néanmoins à des années-lumière d’un roman de science-fiction tarabiscoté. Ici, Muriel Rawolle nous invite plutôt à une aventure fantastique, prenant parfois des allures de roman de mœurs, ancrée dans l’histoire.

Suite à un petit dérapage lors d’une soirée, Samuel, jeune étudiant, sexiste, arrogant, dragueur et égocentrique, est propulsé au XIXe siècle dans le corps de Clémence, jeune bourgeoise parisienne peu sûre d’elle et atteinte d’un syndrome qui l’a éloignée des siens et de la bonne société… Bien que tout les oppose, sexe, caractère, milieu social, époque, ces deux âmes en peine se retrouveront donc inextricablement liées. Cette situation incongrue ne sera pas vécue de la même manière par les deux personnages, l’un cherchant à réintégrer son corps alors que l’autre essaiera de se convaincre qu’il a simplement perdu la mémoire et qu’il revit une vie antérieure. Deux approches différentes qui se répercuteront sur la manière d’envisager la suite des événements…

Si j’ai un peu regretté la facilité avec laquelle nos protagonistes s’adaptent à la situation, j’ai, en revanche, adoré les voir, chacun à leur tour, prendre possession de la vie de l’autre. Au cours de leurs (més)aventures, ils feront des rencontres, en apprendront plus sur eux-mêmes et feront des découvertes plus ou moins déconcertantes. Samuel aura ainsi, entre autres, le privilège de découvrir la notion très particulière de la propreté au XIXe siècle quand Clémence sera déstabilisée par la manière assez « cavalière » dont les êtres du XXIe siècle s’expriment et se comportent. Ce décalage entre les personnages et l’époque à laquelle ils sont propulsés rend certaines scènes très drôles et pleines de mordant d’autant que l’autrice n’hésite pas à instaurer, par-ci par-là, quelques touches d’humour.

L’alternance des points de vue entre les deux personnages est parfaitement maîtrisée, insufflant un réel dynamisme à la narration sans toutefois créer un sentiment de frustration : à aucun moment, je n’ai pesté de devoir quitter un personnage pour en retrouver un autre. Néanmoins, contre toute attente, je confesserai avoir préféré suivre Samuel dans ses aventures. Je l’ai, bien sûr, pris en grippe dès les premières pages, mais j’ai aimé la manière dont il réussit à tirer parti de la situation sans se lamenter ni chercher à fuir devant les épreuves qu’il rencontre. Et puis son évolution est intéressante, car réelle et positive, tout en restant limitée et réaliste. Du jour au lendemain, il ne se transforme pas en bon samaritain, mais il comprend ses failles, se rend compte de ses mauvais côtés et ouvre les yeux sur des sujets dont il n’avait cure jusqu’à ce qu’il y soit confronté. Le personnage est cohérent jusque dans son langage même si ce point m’a fait me rendre compte à quel point j’étais déconnectée des mots en vogue parmi les « jeunes ». Mais rassurez-vous, si vous aussi vous vous sentez dépassés, des notes de bas de page viendront éclairer votre lanterne.

Samuel agace, impressionne, amuse, mais il ne laisse jamais indifférent. Quant à Clémence, bien qu’elle se révèle touchante notamment dans sa découverte de l’amitié, cette denrée précieuse qui lui a été si longtemps refusée en raison de sa maladie, elle marque moins les esprits. Cela ne m’a pas empêchée de l’apprécier, et de louer sa capacité d’adaptation et sa volonté farouche de s’approprier sa nouvelle vie qu’elle considère comme une seconde chance. C’est donc avec plaisir qu’on la voit, au fil des pages, sortir de sa coquille, s’affirmer et s’ouvrir aux autres.

Bien qu’ils vivent des choses très différentes, il y aura néanmoins un sujet qui sera source d’étonnement pour nos deux personnages : la condition féminine. Samuel, macho invétéré qui a de la gent féminine une vision purement utilitariste, va, petit à petit, évoluer et se rendre compte de la goujaterie avec laquelle il s’est jusqu’à maintenant comporté. Il faut dire qu’en ce XIXe siècle, il aura le loisir de découvrir les limites et les injustices qui ont été imposées aux femmes par le passé : pas de liberté en dehors de l’autorité paternelle, maritale ou de l’église, l’impossibilité d’exprimer son intelligence pour ne pas faire d’ombre à son époux, les humiliations, voire les agressions, impunies, le poids écrasant des normes d’être et de paraître à respecter notamment dans les milieux bourgeois… À l’inverse, Clémence sera ravie de constater les droits acquis par les femmes à notre époque, celles-ci pouvant vivre la vie qu’elles choisissent sans se référer à une autorité masculine. Pour autant, l’autrice n’oublie pas d’inclure quelques remarques machistes d’un personnage prouvant que si les progrès sont réels, il reste de la route à faire avant d’obtenir une réelle parité.

Quant à la plume de l’autrice, fluide et non dénuée d’humour, elle rend la lecture prenante d’autant que Muriel Rawolle a la capacité, à travers quelques détails historiques distillés avec subtilité et parcimonie, de rendre son histoire aussi réaliste qu’immersive. J’ai ainsi adoré rencontrer d’illustres personnages, et (re)découvrir certains détails et anecdotes de notre histoire. J’ai également pris plaisir à en apprendre plus sur des sujets comme le spiritisme et l’ésotérisme qui, de prime abord, ne sont pourtant pas des sujets qui me passionnent. Il faut dire que les quelques scènes dans lesquelles ces sciences parallèles ou occultes interviennent sont dépeintes avec beaucoup d’intensité et de mystère.

En conclusion, Vice-Vers’Âmes est une divertissante histoire fantastique qui vous fera voyager entre deux époques et deux mondes différents, celui d’un étudiant imbu de lui-même, et d’une jeune bourgeoise solitaire rejetée de tous ou presque. Deux personnes, liées par les caprices du destin, qui vont vivre une aventure hors du commun qui les changera à jamais. Au-delà du côté romanesque, l’autrice émet également une critique juste et subtile des mœurs d’une autre époque et d’une classe sociale adepte du paraître sans oublier de dépeindre, au passage, les tares de notre société actuelle qui semble avoir oublié que le progrès ne passe pas que par la technologie.

Pour découvrir le roman, ça se passe sur le site de l’autrice qui vous offre, pour l’achat de son roman, votre thème numérologique…

https://lightandsmell.files.wordpress.com/2018/12/bff13-Je2Bvide2Bma2Bbibliotheque.jpg?w=773&h=147

Un Pays Celtique, tome 1 : Le Grand Hiver, Delenn Harper

Je remercie Delenn Harper pour m’avoir proposé de découvrir le premier tome de sa trilogie Un Pays Celtique : Le Grand Hiver.

RÉSUMÉ

Vous avez toujours voulu être une Prêtresse d’Avalon? Accéder aux Mystères de la tradition des Celtes? Vous ressentez l’Appel de Déesse et vous vous demandez comment vivre une spiritualité celtique et païenne dans ce monde? Vous aurez les réponses à toutes vos questions dans la trilogie « Un Pays Celtique ».

Cette trilogie initiatique se passe dans un monde où l’Histoire a été réinventée. Dans cette Histoire, les Celtes n’ont pas perdu contre les Romains, et notre Histoire moderne en est complètement changée.. Par voie de conséquence notre Europe aussi.. C’est dans cette autre Europe que l’héroïne va voyager en Eurostar entre Paris et Britonnia, où cette nation celtique vit en toute indépendance dans une Union Européenne actuelle…

Auto-édition (septembre 2018) – 164 pages – 10,54€ (broché) – ebook disponible

AVIS

Commençons par les points qui n’ont pas pu me permettre d’apprécier ma lecture à 100% malgré ses atouts : la présence de coquilles, surtout en début de roman, et un style qui n’a pas su me convaincre en raison d’une certaine maladresse dans la construction des phrases. Ces deux problèmes ont gêné ma lecture ce qui est dommage, l’univers ne manquant pas d’intérêt… Toutefois, il est à noter que l’autrice a décidé de faire corriger son roman. 

L’autrice part ici d’une idée qui m’a d’emblée plu : une Bretagne coupée en deux, avec pour conséquences des évolutions culturelles, sociétales et linguistiques différentes. On a donc d’un côté, une Bretagne francisée et coupée de ses traditions, et de l’autre côté, Britonnia, un état indépendant en pleine Europe. Et c’est dans cette Bretagne que Lania est « conviée » à venir étudier. Après quelques recherches sur cette nation qui lui est étrangère, elle consent à intégrer l’école Avalonia, l’École des Mystères du Pays d’Été. Mais avait-elle de toute manière vraiment le choix, sa lignée ayant parlé pour elle. Lania n’est pas une étudiante lambda au sein de l’école, mais une étudiante de la déesse, un statut rare, envié et jalousé…

Dès son arrivée à Avalonia, notre héroïne est décontenancée par la somme d’informations qui lui est donnée, l’enseignement au sein de l’école étant très riche et dense. Cette profusion de données peut également déstabiliser les lecteurs d’autant qu’elle rend difficile leur assimilation. J’aurais ainsi préféré que le livre soit un peu plus long afin de gagner en fluidité. J’ai néanmoins trouvé que le fait d’avoir à intégrer cette masse d’informations en si peu de temps facilitait le rapprochement avec Lania qui est exactement dans la même situation que nous. C’est une toute nouvelle vie avec ses propres codes qui s’offre à elle, et qui dit nouveauté, dit temps d’adaptation.

Avalonia est une école prestigieuse dont l’enseignement diffère nettement du nôtre, ce qui n’est pas pour me déplaire. J’ai, en effet, d’emblée aimé la philosophie de cette école qui prône l’autonomie et la découverte de la connaissance par soi-même. Loin d’être dogmatique, l’enseignement dispensé permet à chacun de se faire ses propres opinions et de confronter ce qu’il a appris par le passé avec ce qu’il découvre. Sans réprouver les erreurs, il invite à les considérer comme une source puissante d’enseignement pour aller de l’avant. Des choses évidentes qui font tellement défaut dans notre système éducatif…

Mais ce que j’ai préféré, c’est découvrir aux côtés de Lania, des traditions et des coutumes qui m’étaient, pour la plupart, alors inconnues. Nous sont présentés, entre autres, les principes du druidisme, le respect du cycle des saisons, les différentes fêtes païennes, l’importance du spirituel et des mythes… Je ne vous cacherai pas que je suis loin d’avoir tout retenu, mais l’univers qui se dévoile à nous n’en demeure pas moins fascinant.

La vie ne se résumant pas à Avalonia, notre héroïne fait régulièrement des allers-retours à Paris, ceux-ci étant alors l’occasion pour elle de réfléchir et de mener un certain travail d’introspection. Même si ces passages m’ont parfois ennuyée, je reconnais qu’il est intéressant de voir progressivement le décalage se former entre Lania et sa famille, ses amis, et sa vie d’avant. Il faut dire que les enseignements reçus et les nouvelles connaissances acquises à Avalonia ne peuvent qu’impacter durablement sa vision de la vie et ses réactions.

Enfin, il y a un point qui m’a particulièrement plu dans ce récit, c’est la place donnée aux femmes que ce soit à travers les personnages ou les idées que l’on découvre au fil du récit. Bien que les traditions de Britonnia soient très anciennes, elles se révèlent résolument modernes quant au statut de la femme et de son indépendance notamment vis-à-vis des hommes. Alors que dans notre société, certains individus n’hésitent pas à enfermer les femmes dans un rôle précis une fois qu’elles se marient ou deviennent mères, ici, elles conservent ad vitam æternam leur liberté…

En conclusion, ne vous fiez pas à ses 160 pages, ce livre est dense, voire peut-être trop dense, une centaine de pages supplémentaires n’aurait pas été superflue pour permettre aux lecteurs d’assimiler tout ce que Lania découvre dans sa nouvelle vie à Avalonia. Cela ne m’a pas empêchée d’être intriguée par cet univers d’une grande richesse, et par toutes ces questions philosophiques soulevées tout au long du livre. Il est juste dommage que la présence de coquilles et de formulations un peu lourdes rendent la lecture parfois peu digeste. Je vous conseillerais donc d’attendre la version corrigée du livre avant de vous lancer, aux côtés de Lania, à l’assaut de ce monde celte et de ses passionnantes traditions.

Et vous, envie de feuilleter/découvrir le roman ?

Demain, Guillaume Musso

Je n’ai jamais lu Guillaume Musso, mais le résumé de Demain m’intriguant, je n’ai pas trop hésité avant d’emprunter l’audiobook. Je recherchais un livre facile à suivre pendant mes séances de Diamand Painting, et cette histoire a parfaitement fait le travail.

ALERTE…

Si j’ai apprécié ma lecture, c’est d’abord parce que je m’y suis attelée sans rien en savoir ou presque. Si vous voulez savourer pleinement l’intrigue, je vous conseille donc de faire de même, et de lire cette chronique plus tard.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle est son passé…
… il est son avenir.

Emma vit à New York. À trente-deux ans, elle continue à chercher l’homme de sa vie. Matthew habite Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa petite fille.
Ils font connaissance grâce à Internet et, désireux de se rencontrer, se donnent bientôt rendez-vous dans un restaurant de Manhattan. Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte de l’établissement, sont conduits à la même table et pourtant… ils ne se croiseront jamais.
Jeu de mensonges ? Fantasme de l’un ? Manipulation de l’autre ?
Victimes d’une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un simple rendez-vous manqué…

AVIS

L’auteur joue habilement sur deux tableaux, le fantastique avec un échange par mail entre deux personnages, Emma et Matthew, vivant à un an d’intervalle, et le thriller. Ce dernier point m’a d’ailleurs agréablement surprise ! Je ne m’attendais pas à ce que les événements prennent un tournant aussi sombre et tordu dans la deuxième partie du livre. Alors que l’on suit un homme luttant désespérément pour garder pied après la mort accidentelle de sa femme, on découvre que cette épouse idéalisée n’était pas la personne qu’il croyait connaître et aimer.

Kate, la parfaite chirurgienne, mère et épouse aimante, n’est en fait qu’une image que l’auteur va, petit à petit, mettre en pièces et ceci, de manière assez subtile. Les découvertes sur la défunte se font par petites touches et, mises bout à bout, forment le portrait d’une femme brillante, mais à la personnalité sombre et machiavélique. C’est une personne entière, capable d’un amour total confinant indéniablement à la folie. On en vient donc à trouver ses actes abjects et horribles tout en arrivant à comprendre, sans accepter, les raisons l’ayant conduite à agir de la sorte. L’auteur pose donc la question de savoir jusqu’où on peut aller par amour à travers une histoire qui se révèle plus complexe qu’au premier abord. 

Autre atout du roman, le suspense qui est bien dosé et présent du début à la fin du livre. Plus on avance dans l’intrigue, plus les choses se complexifient et s’intensifient au point de rendre la lecture ou, pour moi, l’écoute prenante. Il est juste dommage que l’auteur finisse par tomber parfois dans l’excès avec des scènes convenues qui vous rappelleront probablement des films américains.

J’ai, dans tous les cas, adoré suivre les échanges entre Emma et Matthew à travers leurs mails même si j’aurais aimé que l’auteur nous donne un peu plus d’explications sur la possibilité pour ces deux personnages de communiquer à travers le temps. Mais passer sous silence les explications techniques et scientifiques permet à l’auteur de se focaliser principalement sur les interactions humaines et sur ce point, c’est plutôt réussi.

Les personnages sont tous très différents les uns des autres et possèdent leurs propres faiblesses, toutes plus ou moins liées à ce besoin d’amour irrépressible. Je n’ai néanmoins réussi à m’attacher qu’à Emma qui se révèle fragile, mais aussi très forte, capable de soulever des montagnes quand cela s’avère nécessaire. Pour autant, ce n’est pas une super héroïne et elle va devoir s’appuyer sur l’aide d’un adolescent, un as de l’informatique. La seule chose qui m’a dérangée avec Emma, c’est sa manière horripilante d’appeler son ami par un surnom ridicule que je trouve, pour un adolescent mal dans sa peau, plutôt malvenue… En lisant le livre, cela m’aurait déplu, mais entendre ce surnom répété à de multiples reprises a fini par sérieusement m’agacer.

Quant à la plume de l’auteur, sans faire d’étincelles, elle est efficace et permet à chacun de se faire une image précise des personnages, de leur personnalité et de leurs espoirs. J’aurais peut-être apprécié qu’il prenne le temps de mieux poser le décor à travers des descriptions un peu plus précises et étoffées, mais c’est une question de goût. Je suis certaine que les personnes aimant les récits allant droit au but apprécieront le fait que l’auteur ne se perde pas en détails inutiles. Le récit est donc rythmé et prenant d’autant que l’alternance des points de vue et la découverte d’informations inattendues donnent envie de connaître le fin mot de l’histoire.

En bref, d’une plume vivante et vive, Guillaume Musso nous propose ici une histoire où l’amour et la folie sont au cœur de tout. Mais ce qui fait le charme du récit, c’est la manière dont il a su mélanger efficacement deux genres, le fantastique (voire la science-fiction) et le thriller, afin d’offrir un récit au suspense prenant et quelque peu addictif.

Et vous, avez-vous lu/écouté ce roman ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Throwback Thursday Livresque #102 : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au delà, anges et créatures…

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au delà, anges et créatures…

Aimant beaucoup la littérature de l’imaginaire, la difficulté n’a pas été de vous présenter un livre, mais de n’en sélectionner qu’un. J’ai tout de suite pensé à La Passe-Miroir de Christelle Dabos dont j’attends avec impatience la parution du dernier tome, mais ayant déjà joué cette carte, j’ai opté pour un roman que j’ai également beaucoup aimé : Le passageur : Le coq et l’enfant d’Andoryss. 

Couverture Le passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant

Matéo n’aurait jamais dû hériter du don de sa mère.
Il n’aurait jamais dû entendre les pleurs des fantômes.
Désormais, il n’a d’autre choix qu’accepter son héritage… ou sombrer dans la folie !
C’est au temps de la Commune, au milieu des horreurs de la semaine sanglante, qu’il débute son apprentissage…
Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y apaiser sa mort. Mais alors qu’il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile…

Pourquoi ce choix ?

L’ayant noté 18/20 sur Livraddict, ce roman m’a indéniablement plu et fait passer un très bon moment de lecture. Il faut dire qu’Andoryss a su capter mon attention dès les premières pages à travers une écriture fluide et immersive, et un personnage pour lequel on se prend vite d’affection.

Le Passageur fait partie de ces séries que je vous recommande si vous aimez les histoires fantastiques, teintées d’horreur (mais rien de bien méchant), qui vous font voyager entre présent et passé, entre fantastique et réalité historique.  L’autrice nous transporte, en effet, au temps de la Commune, une période sanglante de notre histoire qui me semble peu abordée en littérature. Cerise sur le gâteau, le travail éditorial des éditions Lynks est, comme à chaque fois, sublime : effet gaufré, dorure, mise en page aérée…

J’attends donc avec impatience la sortie du deuxième tome sur lequel l’autrice est en train de travailler. En attendant, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur ce premier tome, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Ayant craqué sur la couverture et le résumé, j’avais de grandes attentes pour ce roman et je dois dire qu’elles ont été plus que comblées. En nous proposant un personnage attachant autour duquel plane une aura de danger et en veillant à nous offrir un récit mené tambour battant, l’auteure captive le lecteur dès les premières pages. Si on ajoute à cela un style d’une grande finesse et une capacité à construire une histoire riche et complexe dont les fils se dévoilent progressivement sous nos yeux, on obtient un roman captivant dont il est bien difficile de se détacher.

 

Et vous, le roman vous tente-t-il ?