Ronde et sexy 1 : Love seduction, Jenna Ric’S

Love séduction: Ronde et sexy, T1 par [Jenna Ric'S]

Pour Jordanna, le quotidien se cantonne à ceux qu’elle aime : ses meilleures amies, Laura et Manuela, son boulot, ses plans cul et surtout, à gérer sa vie comme elle l’entend avec son lot de complications.
Mais ça, c’était avant son arrivée à lui. C’était avant qu’il ne lui fasse découvrir la vie et l’amour sous de nouvelles facettes, c’était avant qu’il ne se faufile dans son cœur…

Évidence Éditions (2 juillet 2020) – 382 pages – Broché (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Si je lis de plus en plus de romance, je me contente, en général, de piocher dans les romances historiques et les romances fantastiques, je suis donc sortie de mes habitudes de lecture avec Love seduction.

Ce qui m’a attirée, en plus d’une couverture toute pimpante, ce sont les mentions Body Positiv et Ronde et sexy qui ne sont pas courantes !  Et pour cause, les romances actuelles mettent souvent en avant le même genre d’héroïne : une beauté qui s’ignore et qui répond à tous les standards de la beauté en vigueur, la minceur étant bien sûr comprise dans le package.

Ici, Jenna Ric’s prend le parti inverse en mettant en scène une jeune femme ronde entourée de ses deux meilleures amies également rondes ! C’est presque triste à dire, mais ça, c’est assez novateur, du moins dans le paysage éditorial français même si j’ai l’impression que les choses commencent à bouger un peu de ce côté-là. L’autrice casse également tous les codes et les préjugés des grossophobes en proposant une héroïne très dynamique et bien dans sa peau qui sait mettre en valeur ses formes. Il faut dire que styliste, c’est un peu son fonds de commerce ! D’ailleurs, bien que la mode soit un sujet qui me soit toujours passé au-dessus de la tête, j’ai apprécié la passion avec laquelle Jordanna l’évoque. On sent que pour elle, c’est une vraie vocation et qu’elle aime à la folie ce qu’elle fait. Et moi, personnellement, les gens passionnés m’inspirent et me fascinent toujours…

Nous sommes donc loin du cliché de la « grosse fainéante qui s’habille comme un sac à patates et qui ne pense qu’à manger » qu’on vous renvoie à la figure quand vous avez des formes. Et rien que pour avoir réussi à casser les clichés, je dis bravo à l’autrice. Plus jeune, ce genre de livre m’aurait probablement évité de passer des heures à choisir des vêtements pour cacher ce « fessier qu’on ne saurait voir » et qui semblait indisposer les gens si j’en crois les nombreuses remarques déplacées et méchantes essuyées. Ici, Jordanna n’a pas ce problème : elle assume parfaitement son corps et prend plaisir à mettre en valeur ses formes pour assouvir sa sexualité décomplexée et mouvementée. Souffrant d’hypersexualité, elle a, en effet, des besoins en matière de sexe assez importants…

J’ai apprécié de voir une femme ronde qui a une vie sexuelle épanouie et qui ne reste pas toute seule dans un coin avec son pot de glace comme certains semblent aimer à le croire. Elle plaît, elle le sait et n’hésite pas à en jouer pour séduire ses conquêtes d’un soir qui ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Néanmoins, s’il est intéressant d’évoquer une maladie peu connue, l’hypersexualité, je me suis posé la question de sa place dans ce roman. Pourquoi ne pas s’être contentée d’une héroïne voluptueuse qui a une vie sexuelle riche et épanouie ? Était-il vraiment nécessaire d’inclure ce point qui fait perdre une certaine force au message original, celui qu’une personne avec des formes peut aimer faire l’amour et prendre plaisir à explorer sa sexualité sans qu’il y ait une maladie sous-jacente lui faisant perdre ses inhibitions ? Il s’agit ici d’une réflexion purement personnelle…

En plus de cette hypersexualité, Jordanna est victime de douleurs chroniques importantes et d’autres pathologies qui rendent parfois ses jours et ses nuits insupportables. J’ai, de nouveau, trouvé intéressant que l’autrice évoque certaines maladies encore peu connues du grand public alors qu’elles occasionnent une vraie souffrance mentale et physique… Notre héroïne pourra heureusement compter sur le soutien indéfectible de ses deux meilleures amies, ou plutôt de ses deux sœurs de cœur, puis plus tard, sur celui de son nouveau voisin, Damien, qui ne tardera pas à devenir bien plus que cela.

J’ai adoré la relation unissant Jordanna à Laura et Manuela. Elles sont toutes les trois très différentes, mais elles sont unies comme les doigts de la main et veillent les unes sur les autres sans jamais faillir. Manuela et Laura n’hésitent pas à sortir les griffes et les crocs pour protéger Jordanna ! Et ce n’est pas le pauvre Damien qui vous dira le contraire. Il devra ainsi montrer patte blanche et faire ses preuves avant que les deux femmes lui accordent leur confiance et le laissent entrer dans la vie et le cœur de leur meilleure amie.

Mais finalement, la barrière la plus difficile à franchir, n’est-elle pas celle mise en place par Jordanna elle-même ? Ayant souffert par le passé, notamment avec un ex-petit ami s’étant comporté comme un véritable goujat devant ses problèmes de santé, la jeune femme refuse de céder aux sirènes de l’amour, préférant rester sur une relation purement charnelle avec Damien. Une position difficile à accepter pour cet homme complètement fou des courbes et de la personnalité de Jordanna. Il faut dire que notre héroïne sait se montrer attachiante : fidèle en amitié, enjouée, passionnée et combative, elle peut se révéler caractérielle et partir dans des emportements, notamment quand ses douleurs atteignent leur paroxysme. Chose qu’on pourra difficilement lui reprocher.

Mais Damien n’a pas dit son dernier mot ! Bien décidé à conquérir autant son cœur que son corps, il fera tout pour prouver à Jordanna sa sincérité quant à ses sentiments et la rassurer : tous les hommes ne sont pas des lâches et malgré les difficultés, certains sont prêts à tout pour l’élu(e) de leur cœur. C’est assez rare pour être signalé, mais j’ai apprécié que le personnage n’échappe pas au cliché du bel homme musclé auquel aucune femme ne résiste. Je trouve ce point intéressant dans la mesure où il prouve que oui, des femmes avec des formes peuvent attirer des partenaires répondant aux critères de beauté en vogue... En matière d’amour, point de norme, mais une alchimie de corps et d’esprit qui semble ici avoir parfaitement opéré entre les deux amants.

Bien qu’il soit un peu trop possessif à mon goût, Damien sait se montrer prévenant et charmant, mais également déterminé puisqu’il essaiera de se rapprocher de Jordanna, jouant selon les règles de la jeune femme tout en tentant d’imposer les siennes. Une espèce de partie d’échecs s’installe donc entre nos deux protagonistes, l’un prêt à tout pour conquérir la personne de ses rêves, et l’autre développant mille et un stratagèmes pour échapper aux élans de son cœur.

Qui va remporter la bataille ? Pour le savoir, il vous faudra bien sûr lire le roman, mais ce qui est certain, c’est que le combat sera plutôt mouvementé et quelque peu épicé. C’est d’ailleurs un point qui m’a étonnée. À la vue de la couverture et à la lecture du résumé, je m’étais attendue à une romance toute mignonne et toute douce, ce qui est loin d’être le cas. Il y a bien des passages tout mignons, bien qu’un peu trop guimauves pour moi, mais la romance est principalement basée sur le sexe avec un vocabulaire cru à base de chatte et de queue.

J’avoue une certaine déception de ce côté-là puisque c’est aux antipodes de ce que j’aime dans une romance. Je préfère quand les personnages se tournent autour et prennent le temps de se connaître, d’éventuelles scènes de sexe venant concrétiser leur relation. Ici, c’est plutôt l’inverse : c’est grâce à des parties de sexe endiablé que les liens amoureux entre les deux personnages vont véritablement se construire. Un schéma qui ne me convient guère, mais qui correspond parfaitement à la personnalité de Jordanna, prise entre son hypersexualité et son refus obtus de vivre une nouvelle histoire d’amour par peur d’être de nouveau blessée. On comprend alors que c’est en s’invitant régulièrement dans son lit et en gagnant peu à peu sa confiance que Damien peut espérer faire voler en éclats les barrières de la jeune femme.

Ce roman est donc à réserver à un public averti qui n’est pas rebuté par l’omniprésence du sexe et d’un vocabulaire qui ne fait pas dans la dentelle. Si je ne suis clairement pas le public visé, force est de constater que j’ai quand même lu rapidement le roman, curieuse de découvrir le dénouement de l’histoire et le devenir des personnages auxquels je me suis progressivement attachée. Les pages s’enchaînent donc rapidement d’autant que l’alternance des points de vue entre les deux amants apporte beaucoup de dynamisme et de rythme au récit. Autre point qui rend la lecture rapide et fluide : l’absence de drames inutiles. Il y a bien sûr des problèmes afin d’offrir quelques rebondissements scénaristiques à se mettre sous la dent, mais l’autrice ne prolonge pas inutilement les malentendus et quiproquos, ce dont je la remercie grandement…

De la même manière, on appréciera la subtilité avec laquelle elle amorce le nouveau duo qui sera, je l’espère, mis à l’honneur dans la suite de la série. On sent la dynamique entre les personnages très différente de celle entre Jordanna et Damien, mais mon petit doigt me dit qu’elle devrait être tout aussi caliente !  Je tenais également à souligner un point qui me semble primordial dans une histoire où le sexe est omniprésent : la prévention. Avec naturel et sans lourdeur, l’autrice rappelle ainsi, à travers ses protagonistes, la nécessité de se protéger lors de rapports sexuels avec des partenaires occasionnels, mais également celle de prendre toutes les précautions avant de décider de se passer de protection.

Il y a toutefois un point qui m’a interpellée, notamment en considération de la démarche body positive de l’autrice et de la maison d’édition : la stigmatisation des « bouffeuses de pommes », c’est-à-dire des femmes minces surveillant leur poids. Cela n’est pas récurrent, mais Jordanna utilise cette expression à deux ou trois reprises. Je tenais donc à revenir sur ce point parce que je pense qu’il pourra heurter certaines lectrices. Je l’ai d’ailleurs été. Ces propos déplacés reflètent toutefois une triste réalité : la manière dont la société met en compétition les femmes vis-à-vis de leur corps, les poussant, malgré elles, à avoir des préjugés sur celles qui sont plus grosses ou bien plus minces qu’elles. Une autre version du « mieux faut faire envie que pitié » que je n’ai jamais supporté et qui montre que mince ou avec des formes, une femme n’aura jamais de toute manière le bon corps. J’aurais toutefois apprécié que l’autrice prenne le temps de faire prendre conscience à Jordanna de la méchanceté de ses propos.

En conclusion, Love seduction ne m’a pas apporté cette romance toute douce et mignonne que j’attendais, l’autrice ayant opté pour une romance érotique qui devrait plaire aux amatrices et aux amateurs de scènes épicées et plutôt torrides entre deux personnages qui prennent un plaisir certain à découvrir et satisfaire le corps de l’autre.  Je retiendrai néanmoins de ce roman la volonté de mettre en avant une héroïne ronde, indépendante et au tempérament de feu, qui assume parfaitement ses formes et sa sexualité. Alors si vous aussi vous en avez assez de retrouver toujours le même genre d’héroïne dans les romances, Love seduction devrait vous apporter cette diversité de corps qui fait encore cruellement défaut à l’heure actuelle ! Quant au format semi-poche très agréable à prendre en main, il devrait finir de vous convaincre de vous poser sur votre transat, votre canapé ou votre lit afin de découvrir l’histoire de Jordanna et de son nouveau voisin terriblement sexy….

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Églantine sèche, Viviane

Églantine sèche

Églantine cherche désespérément un sujet pour sa rédaction. Réussira-t-elle à écrire le texte qui sera publié dans la gazette de l’école ?
L’histoire d’Églantine vous permettra d’aborder deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie.

Adapté aux lecteurs dyslexiques
Évidence Éditions (20 février 2019) – 48 pages – 7/10 ans
Papier (8€) – Ebook (2,99€) – Illustrations : Béka Line

AVIS

Passant toujours un très bon moment avec les livres de la collection Farfadet d’Évidence Éditions, je n’ai pas hésité très longtemps avant d’accepter de recevoir Églantine sèche, un titre qui a bien plus d’importance que ce que l’on pourrait penser.

En effet, à travers une histoire qui ne manque pas d’inventivité et de charme, l’autrice dispense une agréable et subtile leçon sur deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie. J’avoue que je ne me souvenais guère de la notion de polysémie, mais cela n’a pas d’importance puisque l’on prend un plaisir fou à suivre Églantine dans sa recherche d’un sujet pour la rédaction libre qu’elle doit rendre. Et l’enjeu est de taille : une publication dans la gazette de l’école pour les meilleures copies !

Si j’adorais l’exercice de la rédaction, la mention d’un thème libre aurait suscité en moi les plus vives angoisses. J’ai donc aisément ressenti, malgré la différence d’âge, le désespoir de la jeune fille qui ne sait pas vers quel sujet se tourner. Ah, cette fameuse angoisse de la page blanche qui devrait parler à beaucoup, et à tous les écrivains aguerris ou en herbe…

Mais si finalement, il suffisait à Églantine de puiser son inspiration dans son quotidien et ses péripéties ? Entre une mère qui ne sait pas dire non à une conversation avec une voisine envahissante, deux adorables oiseaux à chouchouter, un frère taquin qui essaie de lui remonter le moral ou, encore, un père et ses ennuis mécaniques, les occasions de trouver un sujet ne devrait pas manquer.

De fil en aiguille, on réalise ainsi, en même temps que la jeune fille, qu’il y a un mot qui est de toutes les conversations sans qu’on ne lui prête vraiment attention. Du moins jusqu’à ce que l’inspiration soit au rendez-vous… J’ai adoré la fin et, surtout, la manière dont l’autrice joue avec son imagination pour illustrer, avec un certain humour et beaucoup de naturel, des concepts courants, mais auxquels on ne prête guère attention.

Nous avons dans cette histoire un mot presque tout-terrain qui donne envie de puiser dans notre propre vocabulaire pour, à notre tour, réaliser le même genre d’exercice de style que l’autrice. C’est d’ailleurs, pour moi, un autre des atouts de ce livre, inspirer les enfants, voire leurs parents, pour qu’ils s’adonnent à l’amour des mots et du langage et qu’ils en saisissent toute sa richesse.

Si le fond et la démarche de Viviane m’ont complètement conquise, je l’ai été tout autant par les merveilleuses, douces et chaleureuses illustrations de Béka Line. Il se dégage de son style une rondeur et une douceur qui m’a parfois fait penser à l’univers Disney bien que l’illustratrice sache également nous régaler d’illustrations un peu plus réalistes.

Le duo Viviane/ Béka Line nous offre donc une très jolie collaboration, l’humour et l’intelligence des mots de la première étant parfaitement mis en valeur par l’imaginaire coloré, doux et expressif de la seconde. Le texte et les dessins se révèlent donc parfaitement complémentaires et nous permettent de ressentir à merveille les émotions des personnages et d’Églantine, de son stress à son exaltation !

En conclusion, en plus d’être divertissant, plein d’humour et non dénué d’une certaine intelligence, Églantine sèche bénéficie d’un très bel univers graphique qui devrait faciliter l’immersion des enfants dans cette aventure à laquelle ils participeront probablement avec plaisir, heureux de suivre une jeune héroïne qui leur ressemble.

Adapté aux lecteurs dyslexiques

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Le fétichiste, Michael Fenris

Marion Dell, auteure de thriller adulée, accepte de revenir sur le devant de la scène à l’occasion de la sortie de son dernier roman. Alors qu’elle revient d’une séance de dédicaces à la librairie de sa ville, elle et sa secrétaire sont attaquées en pleine nuit dans leur maison. Marion réussit miraculeusement à échapper à son agresseur. Pour l’inspecteur Jack Whitlow, tout accuse un individu que l’on surnomme le fétichiste, qui s’introduit chez ses victimes pour les droguer et se livrer à des attouchements. Personne n’a jamais pu le décrire, Marion Dell est la seule à pouvoir l’identifier. Seul problème : elle est aveugle !

Évidence Éditions (20 mars 2020) – 408 pages – Broché (18,04€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Imaginez-vous vous réveiller et découvrir que vous avez été droguée, que votre domicile a été dégradé par des dessins obscènes et que certains objets intimes ainsi que des vêtements sales vous ont été volés quand ce ne sont carrément pas vos poils pubiens qui ont été rasés et emportés. C’est ce genre de choc émotionnel auquel doivent faire face les femmes victimes du fétichiste qui prend plaisir à s’introduire chez elles avant de laisser parler sa perversion, photos à l’appui. L’homme sévit depuis maintenant quatre ans veillant à laisser passer quelques mois avant chaque forfait… Une démarche prudente qui lui réussit plutôt bien, la police préférant se concentrer sur des affaires plus urgentes. Enfin jusqu’à ce que la situation dérape durant sa dernière sortie nocturne…

Marion, sa dernière victime et autrice de thriller, est aveugle, mais l’acuité de ses autres sens lui a permis de donner quelques indices à la police, à commencer par son nom, Jackson, et sa corpulence. La traque peut alors commencer, l’inspecteur Jack Whitlow étant bien décidé à mettre la main sur cet homme avant que ses plus sombres instincts ne frappent à nouveau ! L’escalade de violence dans laquelle est tombé le fétichiste rend l’enquête particulièrement palpitante et intéressante. L’auteur a véritablement su instiller un sentiment d’urgence, les lecteurs, tout comme la police, comprenant que les crimes sexuels ne suffisent plus à cet homme perverti qui va chercher, dans d’autres actes odieux, une manière d’atteindre la jouissance et une revanche sur toutes ces « salopes qui n’ont pas su reconnaître son génie ».

À travers ce roman sont ainsi évoqués, entre autres, la condition de la femme et ce rôle d’objet sexuel ou de proie dans lequel certains hommes aiment les enfermer. Jackson souffre d’un réel manque de reconnaissance, mais au lieu de prendre les rênes de sa vie et de s’affirmer, ils préfèrent blâmer les femmes. Tellement plus facile que de faire bouger les choses et de prendre la place qu’il estime mériter… S’il m’a fortement révulsée, Jackson est un personnage intéressant de par sa construction et les mécanismes complètement dévoyés de sa pensée. Un être malsain, mais brillant, notamment dans le domaine de l’informatique, qui va mettre les nerfs de Jack Whitlow à rude épreuve.

Avec ce dernier, l’auteur nous propose un personnage intéressant loin du stéréotype de l’inspecteur désabusé et blessé par la vie qui s’enferme dans la bibine quand il n’est pas sur une scène de crime. Bien au contraire, volontaire, à l’écoute des victimes, mais aussi de son équipe, Jack est un homme équilibré avec ses forces et ses faiblesses. Avec le peu d’indices dont il dispose, il fera de son mieux pour faire avancer l’enquête et trouver un lien entre les différentes victimes, chose qui n’est pas aisée si l’on considère qu’elles ont chacune des vies et des personnalités très différentes… Alors comment le fétichiste choisit-il ses proies avant de passer à l’attaque ? Une question déterminante pour essayer d’anticiper quelle femme va faire les frais de sa perversion et de sa haine.

Entre ces deux personnages masculins à l’opposé l’un de l’autre, nous suivons la très charismatique Marion, mon personnage préféré. Il est assez rare de trouver une femme aveugle dans un roman et encore plus de trouver une femme aveugle, forte et déterminée à mettre hors d’état de nuire un homme qui a causé une énorme perte dans sa vie. Loin d’être une femme dépendante et faible, Marion possède une sacrée force de caractère et nous prouve qu’être aveugle ne signifie pas être sans défense. Sa cécité est un fait, mais elle ne la définit pas comme la jeune femme nous le prouve tout au long du roman que ce soit grâce à sa carrière d’écrivaine, sa pugnacité ou sa combativité. Elle n’en demeure pas moins humaine avec ses propres craintes et une tendance à l’isolement…

En plus de la psychologie des personnages parfaitement développée, l’auteur nous offre une enquête menée tambour battant, aucune longueur ne venant alourdir ce roman qui se lit tout seul. Happée par la tension qui s’intensifie au fil des pages, je l’ai ainsi lu en deux soirées impatiente de découvrir le dénouement d’une enquête qui ne devrait pas manquer de provoquer en vous moult émotions, du profond dégoût pour un homme abject à l’angoisse qu’il arrive à mettre ses terribles plans à exécution. Quant à la plume de l’auteur, rythmée et immersive, elle sied à merveille à l’intensité de l’histoire ! Certaines scènes se révèlent ainsi calibrées pour vous donner l’impression d’être dans un film d’horreur dans lequel la victime est traquée jusque dans les moindres recoins de sa maison. Glaçant de réalisme !

En conclusion, entre un homme dont les actes montent crescendo dans l’horreur, un inspecteur de police déterminé à l’arrêter avant qu’il ne disparaisse et une femme qui refusera ce rôle de victime sans défense qu’on veut lui imposer, l’auteur nous propose ici un thriller intense et particulièrement bien mené qui repose sur des personnages dont la psychologie a été pensée et développée avec soin, si ce n’est brio. Aucune fausse note donc pour cette histoire qui devrait vous pousser à fermer toutes vos entrées à double tour, a fortiori si vous êtes une femme.

Merci à Évidence éditions pour cette lecture reçue dans le cadre du Crazy Books Day.

O-fée-Li, Hélène Caruso

O-Fée-Li (Imaginaire) par [Caruso, Hélène]

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir O-fée-Li d’Hélène Caruso.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À dix-sept ans, Ophéli est une jeune fille épanouie, née le jour de la Saint-Valentin. Recueillie par Steve et Molly Puttnam, elle est élevée avec James et Cooper, qu’elle considère comme ses frères. La lycanthropie de James et la faculté de Cooper à prendre n’importe quelle apparence font d’eux une fratrie très soudée. Surtout qu’Ophéli ne possède aucun pouvoir….

Évidence Éditions (13 février 2019) – 80 pages – Broché (9€) – Ebook (4,99€)

AVIS

O-fée-Li est une lecture réalisée dans le cadre de mon challenge personnel consistant à sortir de ma zone de confort. Si de ce côté, l’expérience fut concluante, je serais peut-être un peu plus nuancée quant à mon ressenti pour la simple et bonne raison que je n’appartiens pas au public visé par le livre.

Nous sommes clairement ici dans un court ouvrage destiné à des adolescent(e)s qui devraient apprécier de découvrir Ophéli, une jeune fille de dix-sept ans dont l’anniversaire avance à grands pas. Adoptée dès son plus jeune âge par les Puttnam, elle a été élevée aux cotés de James, un loup-garou et de Cooper, un caméléon. Une famille atypique qui veille sur leur petite fée comme ils aiment à la surnommer bien qu’Ophéli ne possède pas de pouvoirs. C’est, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’une rencontre et certains événements semblent prouver le contraire…

Le scénario est assez classique avec l’arrivée d’un mystérieux et ténébreux vampire qui met l’adolescente dans tous ses états et qui semble posséder sur elle un certain ascendant. Ami ou ennemi ? Une question qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes bien que le loup de James semble lui s’est très rapidement fait une opinion ! Mais est-ce vraiment la bonne ? Tapie dans l’obscurité, une menace bien plus grande ne risque-t-elle pas de mettre en danger la vie d’Ophéli et de bouleverser toutes ses certitudes ?

Nous sommes dans un texte court ce qui se ressent dans la personnalité des personnages qui reste assez survolée. Mais cela ne dérange pas la lecture puisque l’on est d’abord concentré sur l’anniversaire d’Ophéli qui approche et qui est annonciateur d’un grand bouleversement. Quant à l’attirance immédiate et magnétique entre l’adolescente et Reed, elle devrait plaire aux romantiques dans l’âme. Pour ma part, ce sont bien plus les liens familiaux qui m’ont touchée que les sentiments de notre héroïne.

Élevée par un couple aimant, Ophéli est très proche de sa famille qui fait tout pour la protéger. Bien que le comportement de James m’a paru parfois un peu trop protecteur, j’ai apprécié celui des parents adoptifs, pris entre le désir de protéger leur fille et l’impérieuse nécessité de lui dire la vérité sur son passé afin de l’aider à affronter les épreuves à venir… Mon seul regret est que le rôle de Cooper ne soit pas plus important. Sa capacité à prendre l’apparence d’autrui m’a fascinée d’autant qu’elle est plutôt rare en littérature !

Si les clichés des romances fantastiques/YA sont présents en nombre, je reconnais que le livre se distingue néanmoins sur deux points : une écriture poétique, fluide et élégante, et une fin qui a su me surprendre. Je ne vous en parlerai pas outre mesure puisque c’est cette dernière qui fait tout le sel de cette histoire, mais je peux néanmoins vous dire qu’elle nous pousse à reconsidérer l’aventure d’Ophéli sous un autre jour. Et si derrière les secrets et une histoire d’amour fulgurante se cachait une tout autre réalité ?

En conclusion, O-féé-Li est, au premier abord, une romance fantastique pour adolescent(e)s qui me semble constituer une bonne entrée en matière pour des lecteurs et lectrices qui aimeraient s’initier au genre. Si le scénario semble cousu de fil blanc, il serait dommage de n’y voir qu’une énième histoire de gentille fille tombant amoureuse au premier regard d’un vampire sous peine de passer sur ce qui fait le charme de l’histoire. Le libre arbitre, la lutte du bien contre le mal, la famille et l’amour sont au centre d’une histoire rapide à lire et dont la fin bouleversante et surprenante constitue à elle seule un motif de lecture.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Les nouvelles aventures de Carnacki, Frédéric Livyns

Les nouvelles aventures de Carnacki par [Livyns, Frédéric]

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Carnacki de Frédéric Livyns.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Carnacki, le légendaire détective du surnaturel créé par William Hope Hodgson revient dans de nouvelles aventures.
À travers les six épisodes de cette première saison, vous vous mesurerez, avec lui, à de démoniaques entités qui vous feront passer des nuits blanches.
Repris par l’auteur belge Frédéric Livyns, lauréat à trois reprises du Prix Masterton, ce Sherlock Holmes du surnaturel vous emmènera aux portes de la peur ; à vous de décider si vous souhaitez les franchir ou non.

22 novembre 2019 – Ebook (7,99€) – Broché (14,99€)

AVIS

Dès les premières lignes, j’ai été séduite par la plume de l’auteur qui dégage un charme suranné avec cette impression de faire un plongeon dans le passé, ce qui n’est guère étonnant si l’on considère que Frédéric Livyns a choisi de redonner vie à un personnage créé au début du XXe siècle par William Hope Hodgson. Je ne connais pas la version originale, mais je peux vous dire que j’ai été plus que séduite par la manière dont Frédéric Livyns s’est approprié ce détective de l’étrange qui n’hésite pas à se confronter à des forces qui le dépassent.

Si vous connaissez mon appétence pour les enquêtes à la Sherlock Holmes et le fantastique, vous ne serez pas étonnés qu’un livre regroupant ces deux genres m’ait fait passer un très bon moment de lecture empli de frissons. Il faut dire que les fantômes et autres créatures de cauchemar que l’on rencontre au détour des pages ne peuvent laisser de marbre. À travers six nouvelles à l’ambiance particulièrement soignée, l’auteur nous entraîne ainsi dans le monde de l’occulte, de l’étrange, du surnaturel, du frisson, des secrets, de la vengeance, de la monstruosité qu’elle soit surnaturelle ou tristement humaine… 

Et pour ce faire, il suit toujours le même schéma : Carnacki convie son groupe d’amis à venir l’écouter narrer ses aventures. Un procédé plutôt astucieux qui nous donne l’impression de faire partie des quelques privilégiés qui ont l’honneur de ces instants intimes et feutrés durant lesquels l’incroyable prend vie. Cela nous procure également la satisfaction de nous sentir directement concernés lorsque détective s’adresse à ses amis…

Carnacki nous apparaît comme un personnage téméraire, mais réfléchi, qui prend un véritable plaisir à exercer son savoir-faire des plus particulier ! Sans se révéler très attachant, c’est un homme dont on ne peut qu’admirer la force de caractère et la pugnacité. En plus d’avoir un véritable talent pour faire face avec aplomb à des situations effrayantes pour le commun des mortels, Carnacki possède un certain sens de la déduction et une bonne capacité à percer les secrets de l’âme humaine. Des traits de caractère qui lui seront fort utiles dans ses investigations…

Je regrette seulement les allusions, trop nombreuses à mon goût, aux précédentes enquêtes du détective. Je n’ai pas eu le sentiment que cela présentait un réel intérêt pour la compréhension du recueil même si ces allusions permettent de sentir tout le poids de l’expérience du détective, et de créer une certaine connivence entre ce dernier et ses amis/les lecteurs.

En conclusion, si vous appréciez les plumes au charme suranné, les enquêtes et le surnaturel, ce recueil devrait vous plaire. À travers six nouvelles entraînantes, l’auteur vous offre la dose parfaite de frissons pour un délicieux moment de lecture où l’angoisse se dispute à la curiosité d’explorer le monde de l’occulte aux côtés d’un personnage qui n’a pas froid aux yeux.


Si vous souhaitez en apprendre plus sur les différentes nouvelles, je vous en donne brièvement mon avis ci-dessous.

Encre, Red, Éclaboussures, Résumé

  • Chambre rouge : quand l’un de ses amis fait appel à lui, Carnacki sait tout de suite que la situation est grave. Tom, endeuillé par le suicide de sa femme, n’est pas du genre à crier au loup sans raison. Il lui aura d’ailleurs fallu attendre que deux personnes se tuent dans sa propre maison, transformée en maison d’hôte, avant de tirer la sonnette d’alarme ! Heureusement que le flair de Carnacki va lui permettre de percer le mystère de ces suicides et de faire le lien entre ces drames et le drame personnel vécu par Tom.

Quand la douleur, la mort, le deuil et une entité malfaisante à vous faire dresser les cheveux sur la tête se mêlent, cela donne une histoire pleine de sang, de tension et de frissons ! L’auteur a su, en une trentaine de pages, créer une atmosphère angoissante qui rendra chaque petit bruit qui vous entoure suspect. Cette nouvelle m’a fait forte impression peut-être parce que l’horreur de celle-ci passe autant par les événements obscurs de la Chambre rouge que les faits qui en sont à l’origine…

Armoire, De Stockage, Meubles, Intérieur

  • Le placard qui chuchote : c’est un Carnacki fatigué par sa dernière affaire que ses amis découvrent… Appelé à l’aide par le fils d’un homme récemment décédé, il a vécu une situation difficile autant physiquement qu’émotionnellement. Si les monstres revêtent parfois le voile de la mort, d’autres sont, quant à eux, bien humains. Une vérité qui frappera le détective et les lecteurs de plein fouet !

Je ne développerai pas outre mesure mon avis sur cette nouvelle sous peine de vous gâcher la lecture, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur aborde des thèmes forts tout en arrivant à instaurer une ambiance gothique avec une demeure ancienne dont la partie délabrée ne sera pas sans rappeler la nature de certaines personnes qui n’ont d’humaines que le nom. Apparence, secret, vengeance et famille au cœur d’un récit glaçant !

Ancre, Chaîne, Nautiques, Océan, Mer

  • Ce qui murmure : instant nostalgie avec un Carnacki qui se remémore et raconte l’une de ses premières interventions… Alors que le monde de l’occulte venait de s’ouvrir à lui, il accepte d’aider un de ses anciens amis dans une situation délicate, ses nuits étant hantées de manière assez surprenante. Mais de fil en aiguille, nous comprenons que les choses sont bien plus complexes  qu’au premier abord et qu’il existe une zone d’ombre autour de cette histoire. Mais comment régler le problème quand votre ami vous ment par omission ? Une question qui taraudera Carnacki loin, à l’époque, de posséder tout le savoir et le savoir-faire qui font aujourd’hui sa force.

J’ai trouvé cette nouvelle différente des précédentes, pas dans le style ni le frisson que l’on ressent à l’évocation d’une entité qui réclame le prix du sang, mais plutôt dans l’identité de la vraie victime, la fin réservant un retournement de situation qui pose la question de la justice et de la vengeance. Il est intéressant de voir que Carnacki ne semble pas avoir fait un trait sur ce souvenir que l’on sent encore empli d’émotions ! C’est d’ailleurs la première fois que l’on perçoit réellement l’humanité du personnage avec ses moments de doute et ses regrets. J’aurais néanmoins apprécié qu’il condamne plus fermement un acte qui ne pourra que vous révolter surtout quand l’on considère les chiffres actuels…

Union, Alliance, Mariés

  • L’écho de son ombre : c’est, cette fois, auprès d’un père et de ses deux filles que le détective intervient. Une entité vient, nuit après nuit, hanter le repos de la maisonnée au point de faire fuir tous les domestiques ! Le père est éreinté et apeuré à  l’éventualité que ses filles soient blessées… Malheureusement, une fois n’est pas coutume, la victime ne se montre pas totalement honnête avec le détective sur l’entité qui a pris possession de sa demeure. Il faudra alors à Carnacki toute sa patience et son sens de la déduction pour faire la lumière sur le problème et trouver une solution à une situation qui n’a que trop duré.

De nouveau, l’intérêt de la nouvelle repose sur l’ambiance instaurée par l’auteur, une ambiance mêlant surnaturel, amour tourmenté, injustice et vengeance. Si je n’ai pas trouvé le récit fondamentalement original par rapport aux précédents, j’en ai, en revanche, apprécié la fin émouvante et la morale sans oublier la satisfaction de voir que rien n’est jamais perdu, et que des personnes dans l’erreur peuvent finir par trouver le chemin de la rédemption…

Halloween, Horreur, Gruselhaus

  • La plaintivel’auteur signe ici une nouvelle diablement effrayante reprenant avec efficacité ce qui fait le succès du genre : spiritualisme, fantômes, maison hantée…  Dès les départ, l’ambiance se veut angoissante avec cette maison dont chaque mur semble nous crier de fuir. Même le très courageux Carnacki sent que quelque chose ne va pas et que la prudence lui recommanderait de prendre ses clics et ses malles et de partir sans se retourner. Mais le détective ne peut décemment pas abandonner à son sort le maçon qui l’a appelé pour purifier cette maison que, sur demande de son riche employeur, il doit retaper. Prenant son courage à deux mains et en affichant une confiance de façade, Carnacki entreprend alors de cerner le problème et de sonder cette demeure de malheur dont l’aura funeste le prend à la gorge…

Pour la première fois, on tremble vraiment pour Carnacki qui va être confronté à des forces d’une puissance incroyable qui semblent bien décidées à ne pas le laisser franchir le seuil de la porte vivant. Quant à la fin, elle m’a rappelé certains films, mais elle n’en demeure pas moins terriblement efficace pour vous faire dresser les cheveux sur la tête. Vous avez ici ma nouvelle préférée du recueil et celle qui m’a le plus angoissée !

Portes, Choix, Choisir, Décision

  • L’envers : pas de vacances pour les braves ! Alors que Carnacki profitait d’une accalmie dans son activité pour prendre quelques jours de vacances, le voilà de nouveau en prise avec des forces occultes. Question de karma peut-être… En passant la nuit dans son hôtel, il ne s’attendait certainement pas à être réveillé par des bruits et des coups étranges ! Libre de ses mouvements, le détective aurait pu prendre la poudre d’escampette, mais après une conversation avec un bavard du coin, il décide de retourner à son hôtel afin de se confronter à ces forces occultes qui ont eu l’audace de perturber un repos bien mérité.

L’auteur ménage ses effets en introduisant un mystère bienvenu autour des tragédies qui ont frappé l’établissement. On suit donc avec plaisir le détective dans son enquête puis dans ses préparatifs pour sauver les gérants d’une situation dont ils ont bien du mal à se dépêtrer. Sa volonté de les aider est d’autant plus généreuse que leur accueil fut loin d’être chaleureux, mais vu la terreur dans laquelle ils vivent depuis plusieurs années, on leur pardonnera aisément. Voici encore une enquête rondement menée par un personnage débrouillard qui, même dépourvu de tout son matériel, réussit à s’imposer comme la référence en matière de lutte contre les forces du mal !

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

 

Molly Alone et la méchante belle-mère, Anne Vidal

Molly Alone et la belle-mère (Farfadet) par [Vidal, Anne]

Je remercie les éditions Évidence pour m’avoir permis de découvrir cette jolie histoire jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Molly est une fillette pleine d’imagination. Sa seule compagnie est celle de son oreillard.
Quand ses parents divorcent elle raconte son histoire, mais en la peuplant d’un dragon, d’une sorcière, d’une princesse..

Évidence Éditions – 26 mai 2018 -64 pages – Ebook (2,99€) – Papier (8€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est une vérité presqu’incontesbable que la belle-mère d’une petite fille est toujours une odieuse marâtre. C’est, du moins, ce dont est persuadée Molly, une enfant à l’imagination débordante, qui va nous conter ses (mé)saventures en les teintant de fantastique… Affectée par le divorce de ses parents et le départ de la maison du dragon (pardon, de sa mère), elle vit plutôt mal l’état d’euphorie dans lequel baigne son père depuis l’arrivée d’une nouvelle femme dans sa vie. Une femme odieuse qui, il ne peut en être autrement, l’a ensorcelé ! Sinon comment expliquer qu’il soit amoureux ?

Mais Molly n’est pas dupe des tentatives d’apaisement de la méchante sorcière qui ose même lui offrir des bonbons ! Des bonbons ? Mais quelle horrible bonne femme ! De mauvaise foi notre Molly ? C’est en tout cas ce que semble lui souffler à l’oreille, voire lui asséner avec conviction, son compagnon à quatre pattes transformé en étrange créature dans le conte de Molly. J’ai d’ailleurs eu un coup de cœur pour ce chat-oreillard qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à jouer l’avocat du diable au grand désarroi de la jeune fille. Cette dernière n’apprécie guère qu’il lui montre que dans son histoire, la sorcière n’est pas vraiment la belle-mère…

Grâce à son imagination, ses talents de conteuse, sa faculté à manier les rimes, son humour, et son côté gentille petite peste, Molly nous amuse et nous ensorcelle. Les enfants devraient ainsi tomber sous le charme de cette fillette à laquelle ils pourront facilement s’identifier… Les enfants qui vivent la même situation qu’elle pourront également, à ses côtés, réaliser que l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie de leurs parents n’est pas toujours une mauvaise chose. La belle-mère (mais cela est également valable pour le beau-père) est-elle vraiment méchante ou c’est l’image que l’enfant s’en fait qui la rend ainsi ? Une question subtilement amenée et intelligemment illustrée…

En plus de nous offrir un récit divertissant mis en valeur par des illustrations pimpantes et d’une attrayante modernité, l’autrice aborde donc avec tact et humour le divorce et la difficulté pour un enfant de se projeter dans une nouvelle cellule familiale sur laquelle il n’a aucun contrôle. En dédramatisant la situation grâce à une héroïne à l’imagination fertile, le message passe avec douceur, et laisse la place à un éventuel dialogue…

Pleine d’humour, de joutes verbales entre une jeune fille haute en couleur et un animal qui l’est tout autant, cette histoire jeunesse offre un amusant moment de divertissement tout en abordant un thème sensible, le divorce et la difficulté pour un enfant d’accepter les nouvelles relations amoureuses de ses parents parfois perçues comme menaçantes. Mais si finalement, toutes les belles-mères n’étaient pas méchantes ?

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

Yumi, Véronique Charrière

Yumi

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Yumi, jeune japonaise de quatorze ans, vient passer dix jours chez son correspondant écossais, Alistair. Passionnée par l’histoire de cette partie de l’Europe, elle veut profiter de son séjour au maximum…

Évidence Éditions (16 décembre 2017) – 64 pages – Ebook (3,99€) – Poche (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est sa couverture avec sa connotation livre d’horreur qui m’a donné envie de découvrir Yumi de Véronique Charrière, une envie satisfaite grâce à Évidence Éditions qui m’en a fait parvenir un exemplaire numérique dans le cadre de notre partenariat.

J’ai passé un très bon moment aux côtés de personnages plutôt attachants. Nous faisons ainsi la connaissance de Yumi, une jeune Japonaise venue passer une dizaine de jours dans la famille de son correspondant écossais, Alistair. Très bien accueillie par les parents de ce dernier ainsi que par sa petite sœur, Maura, la jeune fille profite de ce séjour en Europe pour faire le plein de beaux souvenirs. Au programme, des visites de châteaux, un peu d’histoire écossaise et des sensations fortes !

C’est que le problème qui occupait son esprit au Japon semble l’avoir suivie en Écosse pour son plus grand désarroi. Mais elle va heureusement pouvoir compter sur l’aide de ses nouveaux amis pour faire face à la situation…

Le roman est court et m’a donc, en tant qu’adulte, un peu frustrée, mais j’ai adoré faire un peu de tourisme dans un pays que j’aimerais beaucoup visiter notamment pour ses châteaux et ses légendes. Des légendes qui ne sont pas sans rappeler, dans une certaine mesure, un mythe japonais que je connaissais déjà, mais que j’ai pris plaisir à retrouver ici. La manière dont l’autrice arrive, par le biais du surnaturel, à faire le lien entre Écosse et Japon se révèle fort intéressante et originale.

J’ai, en outre, apprécié l’amitié et la complicité entre les trois jeunes personnages qui vont travailler main dans la main pour affronter les dangers sans jamais hésiter à prendre des risques pour s’entraider. Le genre de belle amitié interculturelle qui devrait plaire à tous les lecteurs tout comme la jolie relation fraternelle entre Alistair et Maura qui ont également la chance d’avoir des parents attentifs et aimants.

L’ouvrage étant court, les événements s’enchaînent rapidement, ce qui ne permet pas à l’autrice de nous offrir de longues phases de description, mais cela ne nuit en rien à l’immersion dans cette Écosse du surnaturel qui, pour ma part, me fascine. Cette histoire devrait d’ailleurs procurer de légers frissons aux lecteurs les plus jeunes et/ou les plus impressionnables, et offrir un beau moment d’évasion aux autres…

À noter qu’en plus du côté fantastique, l’autrice fait une brève, mais intéressante incursion, du côté d’un autre genre que je vous laisserai bien sûr le plaisir de découvrir. Cela apporte un certain charme à l’intrigue et intensifie sans aucun doute le sentiment de danger et d’urgence que l’on peut ressentir durant la lecture.

Entre tourisme, amitié et phénomènes surnaturels, Yumi est une lecture divertissante que je ne peux que vous conseiller si vous aimez l’Écosse, les histoires de fantômes et les belles rencontres.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

La Société secrète, Manuel Ruiz

La Société Secrète - Manuel Ruiz

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir, dans le cadre du Crazy Books Day, La Société secrète de Manuel Ruiz.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Christian Dalleray, dit « le Bateleur », a réalisé son rêve : il a créé une société secrète, une vraie. Il la dirige avec deux amis : Michel Kowalski « le Pape », et Éric Schneider « l’Empereur ». Il devrait donc être heureux. Or, c’est le drame qui va bientôt l’entourer.

Les personnes de son entourage sont assassinées, une par une, quel que soit le pays où elles se trouvent. Il en est averti par une dame mystérieuse et séduisante, la duchesse. Naturellement, il comprend vite qu’il sera la dernière cible. Il entreprend donc une interminable enquête à l’échelle planétaire. Sur tous les continents, il poursuit ses ennemis. Mais les traces vont lui révéler ce qu’il craignait : les coupables sont tout près, ils font partie de ses amis. Il doit impérativement les démasquer, par crainte de devenir à son tour la victime d’un meurtre.

C’est ce qu’il fera, au cours d’un ultime et tragique huis clos à l’endroit même où l’histoire a débuté.

Évidence Éditions (7 août 2019) – 448 pages – Broché (19,99€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Les deux plus grandes religions au monde qui s’unissent laissant de côté leurs différences ! Une bonne chose, non ? Pas vraiment quand cela se fait dans le secret avec comme objectif d’éradiquer la liberté, la laïcité et toutes ces avancées que certains pays veulent défendre. Il ne manquerait plus que les femmes aspirent toutes à l’indépendance financière, que les préservatifs soient accessibles facilement dans chaque région du globe…

En parallèle à cette unique et inédite entente religieuse, nous suivons Christian Dalleray, un homme qui voue un culte aux organisations secrètes au point d’avoir créé la sienne, avec ses deux meilleurs amis, il y a de cela maintenant plusieurs années. Ce qui n’aurait pu être que le projet un peu foufou de trois amis a rencontré du succès, leur Société secrète comptant 10 000 membres ! Malheureusement pour Christian, sa vie va se compliquer et devenir bien plus dangereuse quand l’un de ses contacts lui révèlera l’existence de l’entente secrète entre chrétiens et musulmans... Personne ne devait l’apprendre, et certainement pas lui !

Cette lecture présentant des atouts indéniables m’a toutefois posé problème en raison du protagoniste dont certaines paroles envers les religions manquent parfois de nuances bien que je sois d’accord avec les problématiques soulevées comme cette manière dont certains individus privent les autres de leurs droits et de leur liberté au non de leurs croyances. Toutefois, j’ai eu le sentiment qu’était systématiquement opposé Occident et reste du monde et que chaque croyant était un intolérant en puissance…

Autre point problématique, du moins pour moi, le machisme et sexisme de Christian qui se définit pourtant comme un galant homme. Alors personnellement quand un homme ne parle des femmes que sous le prisme de leurs attributs physiques avec une bonne dose de condescendance, je ne parle pas de galanterie, mais de goujaterie. Certaines phrases ont bien failli me faire fermer le livre malgré l’intérêt ressenti pour l’intrigue. J’ai ainsi été ravie de découvrir, par exemple, qu’on pouvait deviner le métier d’une femme rien qu’à son tour de poitrine ou que si une femme attirait bien des regards et des gestes déplacés, c’était de sa faute, elle n’avait pas qu’à être aussi séduisante…

Un roman de plus de 400 pages ne se définit pas seulement par son protagoniste, mais quand celui-ci est détestable, cela ne met pas forcément le lecteur dans les meilleures dispositions, a fortiori quand on est une femme. L’auteur a peut-être souhaité par le biais de Christian dénoncer ce genre de comportements (je l’espère sincèrement), mais en absence de personnages féminins consistants qui ne pensent pas qu’à baisser leur culotte pour s’attirer ses faveurs, j’ai eu juste le sentiment de suivre un mec (à son stade, je refuse de le qualifier d’homme) qui se pense galant quand ce n’est que le gros beauf de service ! J’irai plus loin en disant que j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue était surtout là pour servir un pseudo fantasme d’homme irrésistible et tout-puissant héros de ces dames, de la mère à la fille (avec ce qui ressemble de très près à un abus de faiblesse) et du monde.

C’est vraiment dommage et frustrant, car si on met de côté le héros, la plume n’en demeure pas moins plaisante et le roman intéressant, rythmé, bien construit et non dénué de tension et de mystère. J’ai ainsi apprécié d’en apprendre plus sur les rouages des sociétés secrètes, mais aussi de découvrir les tensions, mensonges et trahisons auxquels devra faire face Christian. Toute organisation humaine a ses failles comme il le découvrira par lui-même… On le suit donc de près dans ses péripéties destinées à faire la lumière sur les meurtres qui se multiplient dans son entourage plus ou moins proche. De pays en pays, de rencontre secrète en rencontre secrète, l’intrigue se complexifie et le danger s’amplifie. Christian et son organisation sortiront-ils indemnes de cette force qui œuvre dans l’ombre pour imposer sa loi et détruire la liberté des peuples ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que dans ce jeu de dupes et de faux-semblants, il faut rester sur ses gardes, les foudres de Dieu ou, du moins, de personnes s’octroyant le droit de parler et d’agir en son nom, quel qu’il soit, peuvent frapper à tout moment ! Danger, action et mystère sont donc au rendez-vous. Dommage que le tout repose sur un personnage manquant de subtilité et nous apparaissant bien plus comme un gros goujat ayant une notion très personnelle de la gent féminine qu’un héros que l’on a envie de voir triompher dans sa lutte pour la liberté.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures. 


Pour cette édition, je vais vous parler de deux albums publiés par Évidence éditions que je remercie pour leur confiance. Afin de rendre la lecture accessible au plus grand nombre, ces ouvrages sont adaptés aux lecteurs dyslexiques.

Tous les deux conseillés à partir de 4 ans, ces albums bénéficient de grandes illustrations sur lesquelles les enfants pourront s’appuyer pour s’approprier et s’immerger complètement dans les récits. Quant aux adultes, ils devraient prendre plaisir à se laisser porter par ces deux histoires et à les narrer aux plus petits.

Le petit cadre
Si vous aimez les jolis contes de Noël, Le petit cadre devrait vous plaire.

Ani et Karine, deux sœurs très complices, vivent avec leurs parents dans une maison au bord d’une forêt. Malgré le manque de moyens, la famille n’étant pas fortunée, les deux fillettes ont néanmoins le bonheur de découvrir chaque matin, dans leur calendrier de l’avent, des friandises réalisées par leur maman. Et parce que Noël n’est pas vraiment Noël sans un sapin, leur papa, bûcheron de profession, n’a pas oublié d’abattre un sapin afin que ses filles puissent l’orner de belles décorations…

L’autrice a su parfaitement retranscrire cette ambiance si caractéristique de la période de Noël avec les traditionnelles décorations que l’on place avec soin, l’excitation grandissante à l’approche du grand jour, la neige (pour les plus chanceux) sans oublier les cadeaux. Les deux sœurs y ont d’ailleurs pensé en fabriquant pour leurs parents un cadre traditionnel en bois joliment décoré. Un cadeau fait avec les mains et le cœur qui ne pourra que toucher ses destinataires, mais aussi les lecteurs…

Mais n’oublions pas que Noël, c’est aussi une période magique où tout peut arriver ! C’est ainsi qu’un mystérieux personnage va entrer dans la vie des fillettes et leur faire un cadeau inestimable… Si j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur ce personnage que j’ai trouvé fort mignon au demeurant, j’ai finalement apprécié cette aura magique et mystérieuse qui le caractérise. Pas besoin de savoir d’où elle vient pour que la magie opère…

Le petit cadre

Illustrations : Rémi Griselain

En  bref, voici un adorable petit album qui, à travers une histoire simple et mignonne à souhait, nous plonge à merveille dans l’ambiance et la magie de Noël tout en nous rappelant les belles valeurs d’amour et de partage que cette fête véhicule.

À noter qu’un petit jeu bonus est proposé en fin d’ouvrage !

Collection Farfadet – 64 pages – Broché (13€) – Ebook (0,99€)

  • Théo L’Esquimau de Van Ly :
    Je dois avouer que le titre de cet album m’a tout de suite donné le sourire aux lèvres, une bonne humeur qui s’est accentuée au fil des pages appréciant l’humour distillé tout au long de l’album. Il faut dire que voir de la nourriture s’animer, cela n’est pas courant !


    Théo l’esquimau s’est perdu, mais il pourra compter sur la solidarité des autres aliments du frigo
    , d’Agathe la tomate en passant par Ombre le concombre, pour le conduire dans le Pays du grand froid où l’attendent ses parents. Avec l’autrice, l’idée de chaîne alimentaire prend une tout autre dimension !

    Les enfants devraient être sensibles à cette entraide spontanée qui se créer entre les personnages et souhaiter très fort que Théo retrouve les siens. Quant aux couleurs vives et pleines de peps des illustrations, elles devraient attirer leur regard et rendre à leurs yeux cette histoire aussi agréable qu’attractive.

Capture d’écran (67)

Illustrations : Maïka

Derrière ce récit complètement loufoque, l’autrice, à l’imagination débordante, apprend également aux enfants à reconnaître de manière amusante différents aliments et leur place dans le frigo. Une connaissance fort appréciable qui aurait permis à Théo de ne pas se trouver dans un endroit non adapté à ses besoins en matière de conservation…

En bref, voici un album original et instructif qui devrait plaire aussi bien aux enfants qu’à leurs parents que ce soit pour le récit ou les jolies valeurs de solidarité et d’amitié mises en avant.

Collection Farfadet – 40 pages – Broché (12€), Ebook (2,99€)