La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir, Alee Toad

Couverture La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir

Violette vit seule avec son frère Luke. Pour ses vingt-deux ans, il lui offre le cadeaux qu’elle attendait depuis longtemps : une coiffeuse ancienne. Depuis, ses nuits sont très difficiles, du bruit se fait entendre dans le miroir sans qu’elle ne comprenne ce que c’est. Prenant son courage à deux mains, elle va chercher à comprendre se qui se passe.

Est-ce que derrière le miroir se cacherait un monde inconnu ?

AVIS

Le résumé et le titre m’ont tout de suite intriguée, mais malheureusement, ils ne furent pas à la hauteur de mes attentes. S’il y avait quelques idées intéressantes, l’histoire reste bien trop superficielle à mon goût, et les sentiments des protagonistes bien trop survolés pour provoquer en moi une quelconque émotion.

Nous découvrons ainsi une jeune femme qui vit avec son frère Luke. Encore affectée par la mort de leur père, il y a moins d’un an, Violette peut néanmoins compter sur le soutien de son grand frère dont elle est très proche. Pour son vingt-deuxième anniversaire, ce dernier lui offre cette coiffeuse ancienne qui la faisait rêver et pour laquelle elle économisait. Une magnifique attention qui saura la toucher, mais qui lui ouvrira également la porte d’un monde inattendu, et lui permettra de faire la plus étrange des rencontres…

Au début du roman, il se dégage un mystère et un suspense que j’ai adorés. Quelle est la nature de ces coups que Violette entend à heure fixe durant la nuit ? Fruit de son imagination ou réalité difficile à appréhender ? Une fois la réponse apportée, on attend avec impatience de voir vers quels horizons l’autrice va nous emmener. Toutefois, l’intérêt vis-à-vis de ce monde inconnu qui s’offre à nous retombe assez vite puisqu’il n’est pas vraiment exploité. Alors qu’il y aurait eu matière à nous émerveiller et à nous faire découvrir un monde différent avec ses propres codes et règles, l’autrice se cantonne à nous en proposer quelques facettes, toutes liées à l’amour et à la notion d’âme sœur.

Nous sommes dans une romance paranormale, alors il semble normal que l’aspect amour soit développé, mais cela n’empêche pas de proposer derrière un univers qui se tient et qui a un minimum de consistance. Ce manque de développement de l’univers m’a frustrée d’autant que je n’ai même pas pu me raccrocher à la romance puisqu’elle ne m’a ni convaincue ni touchée. J’ai compris le souhait de l’autrice de nous montrer comment une jeune femme qui ne croit pas en l’amour va revoir sa position, mais j’aurais apprécié que cela soit fait avec plus de subtilité et de vraisemblance. Pour moi, il n’y a pas assez d’interactions et de moments de complicité pour expliquer l’émergence d’un quelconque sentiment amoureux entre deux personnages qui se connaissent finalement très peu.

Cela est d’autant plus dommage qu’en faisant l’impasse sur des détails inutiles et répétitifs, l’autrice aurait probablement pu approfondir des points présentant un réel intérêt pour la romance et l’intrigue. Le fait de ne pas avoir cru un seul instant en la force des sentiments des deux protagonistes nuit quelque peu à la fin qui, du coup, semble tomber à plat alors qu’avec une romance convaincante, j’aurais pu y voir le symbole d’un amour qui transcende les frontières et qui vaut tous les sacrifices. Toutefois, et même si ça n’a duré que le temps de quelques pages, je reconnais avoir été touchée par le choix cornélien qui se présente à notre héroïne.

Une héroïne qui m’a paru quelque peu égoïste et immature du haut de ses vingt-deux ans, et dont la relation avec son frère m’a laissée quelque peu dubitative, et c’est un euphémisme. Très proche de mon frère, les belles relations fraternelles me touchent toujours beaucoup, mais ici, j’ai eu le sentiment qu’en voulant nous prouver que Luke et Violette sont unis comme les doigts de la main, l’autrice tombe dans une surenchère malsaine. Les marques d’affection entre frère et sœur ne me gênent pas, mais là, on va un peu loin à mon goût d’autant que le caractère surprotecteur de Luke se rapproche bien plus de celui d’un petit ami, de surcroît jaloux et possessif, que de celui d’un frère. On comprend que l’abandon de leur mère dès leur plus jeune âge, et la mort récente de leur père les aient rapprochés, mais cela ne justifie pas une relation aussi étouffante. Heureusement, au fil du roman, l’autrice opère une nette évolution de ce côté qui fera du bien autant à Luke qu’à Violette qui retrouveront une relation plus saine.

En conclusion, par son manque de profondeur autant au niveau de l’univers et de l’intrigue que des sentiments, Derrière le miroir n’a pas su me convaincre ni même éveiller mon intérêt. Je pense néanmoins que le livre pourra plaire à certain(e)s adolescent(e)s et jeunes adultes à l’âme romantique qui n’ont pas forcément besoin d’une relation réaliste et approfondie pour succomber au plaisir d’une histoire d’amour entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, et qui vont devoir apprendre à composer avec leurs différences. Pour ma part, je ne lirai pas la suite ayant besoin d’un peu plus de maturité dans l’écriture, mais si le résumé vous intrigue, n’hésitez pas à vous forger votre propre opinion.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Le linceul des âmes, Eva Marin

Le linceul des âmes

Suite à un choc émotionnel, l’existence d’Ely devenue Rosa après un changement d’identité nécessaire à sa survie, est soignée dans un couvent où elle s’accroche à un tissu très particulier.
Sa vie, qui ne tient qu’à un fil, bascule alors dans la folie d’une vengeance froide qui se déroulera entre Perpignan et Barcelone…

Évidence Éditions -338 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

De nouveau, c’est la couverture qui a attiré mon attention et si, en général, cela me réussit plutôt bien, avec ce roman, l’expérience est loin d’avoir été concluante. Dès le début, j’ai su que ça allait être compliqué pour moi de poursuivre ma lecture sans lever les yeux au ciel et sans m’énerver derrière l’écran de ma liseuse. D’ailleurs, si ce roman n’avait pas été un service de presse, je l’aurais abandonné très vite.

En plus de petites incohérences et de facilités scénaristiques, j’ai eu grand mal à supporter le côté caricatural de l’histoire et des personnages. C’est dommage parce qu’à la lecture des mots de l’autrice en début d’ouvrage, je m’étais vraiment attendue à une héroïne complexe et à la personnalité nuancée. Or, si elle est bien capable du meilleur comme du pire, on est toujours dans l’extrême, ce qui rend le personnage fort peu convaincant et réaliste.

Et malheureusement, je n’ai pas pu me raccrocher aux événements qui m’ont semblé, la plupart du temps, s’enchaîner de manière fort pratique pour Rosa. En cours de lecture, je me suis souvent fait une réflexion que ma grand-mère maternelle avait coutume de dire devant certains films : comme par hasard. Comme par hasard, notre héroïne tombe sur une gentille personne qui lui paie le train et lui donne de l’argent dès leur rencontre (chanceuse dans son malheur cette Rosa), comme par hasard, elle s’enfuit de la tanière du loup et tombe directement dans les bras d’un religieux prêt à lui faire de faux papiers…

En d’autres mots, soit l’héroïne subit les pires tourments de la part de sa famille et de la secte au sein de laquelle elle a été élevée ainsi que de ses alliés, soit elle tombe sur des gens qui l’aident spontanément et avec un altruisme admirable. Et quand elle n’est pas aidée directement, sa vengeance semble être bénie des dieux, vu la facilité avec laquelle elle tue et entre dans des lieux qui, selon toute vraisemblance, auraient dû être bien mieux gardés. De la même manière, je reste très surprise de voir les pratiques d’un autre temps qu’arrive à mettre en place un hôpital psychiatrique dans l’indifférence générale. On en vient à de demander ce que fait la police…

Ce sont quelques exemples, parmi d’autres, qui ne m’ont pas permis de m’intéresser à l’histoire et au sort d’une héroïne qui aurait dû pourtant m’émouvoir en raison des drames qui ont jalonné sa vie (viols, torture, internement forcé, tentatives de meurtre…). Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir souffert puisque sur la route de la vengeance, elle trouvera d’autres âmes écorchées en même temps qu’un homme à aimer. Cela est assez surprenant quand on voit à quel point Rosa a subi la concupiscence des hommes depuis son plus jeune âge, mais à l’exception d’une scène qui m’a laissée perplexe, l’histoire d’amour entre elle et José s’impose à nous sans nous sembler étrange. On y voit une sorte de parenthèse heureuse dans une vie parsemée de malheurs et de drames.

L’autrice avait de bonnes idées comme nous plonger dans l’enfer d’une secte à travers, entre autres, les souvenirs de Rosa, mais la partie vengeance et thriller manque trop de nuance et de finesse pour que je me sente concernée et intéressée. Dommage parce que le sujet des sectes m’intéresse… L’autrice ayant mélangé fiction et réalité, je me suis néanmoins demandé ce qui appartenait à l’un ou l’autre parce que certaines dérives font froid dans le dos.

Si je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, je reconnais toutefois que le rythme est assez soutenu puisqu’il se passe toujours quelque chose et que l’alternance passé/présent dynamise le récit. Quant à l’écriture d’Eva Marin, je l’ai trouvée simple, mais agréable. Il n’y a pas de grands effets de style, mais l’ensemble reste efficace malgré quelques dialogues qui m’ont semblé forcés. C’est donc pour moi, le fond qui a péché et non la forme. Toutefois, n’hésitez pas à lire d’autres avis que le mien pour savoir si vous avez envie ou non de tenter l’aventure…

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

La Septième Fée 1 – Idrasil, Susie Norman

Idrasil: La Septième Fée, T1 par Norman

À l’origine de la création de la terre d’Adara, six fées avaient été conçues pour protéger ses habitants. Unies, elles étaient invincibles grâce à leur talisman. Mais l’une d’elles, Magda, succomba à l’attrait du pouvoir et du mal, et s’allia avec le seigneur sombre de Tanis…

Évidence Éditions (16 octobre 2020) – 210 pages – Broché (14€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Attirée par la très belle couverture, j’ai eu envie de découvrir ce titre de fantasy young adult que j’ai trouvé sympathique et plutôt accessible, notamment pour les lecteurs peu coutumiers du genre.

Six fées, chacune avec un pouvoir différent, ont été créées afin de maintenir l’équilibre du monde. Malheureusement, l’une d’entre elles, Magda, ivre de pouvoir, a fini par trahir ses « sœurs » et s’allier avec le seigneur de Tanis avant d’imposer sa loi et le règne de la terreur… Cette reine-fée est vicieuse, sournoise et extrêmement puissante d’autant que son alliance maléfique lui assure le soutien d’une terrifiante armée d’hommes-serpents. Si le couple maléfique semble intouchable, Magda n’en demeure pas moins inquiète : une vieille prophétie annonce l’arrivée d’une septième fée destinée à purger le monde de sa noirceur. Bien décidée à éviter cette menace, elle prend donc les mesures qui s’imposent et fait kidnapper les jeunes filles pouvant correspondre à la prophétie.

Nessaora n’a alors pas d’autre choix que de s’enfuir avec son frère aîné, Nao, et le prince Sigis venu avertir les paysans du danger. Est-elle cette septième fée sur laquelle repose tant d’espoir ? Aucune certitude à l’issue de ce premier tome, ce qui ne m’a pas empêchée d’apprendre à apprécier cette jeune fille arrachée à une famille aimante et bienveillante. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les liens unissant Nessaora à ses deux frères, à sa mère et à son grand-père. Avant que Madga ne vienne bouleverser leur vie, tous les cinq menaient une existence simple, mais plaisante, rythmée par les vendanges et les veillées au coin du feu à écouter Yun, le grand-père, raconter de fantastiques aventures.

Mais si toutes ces histoires n’étaient pas que des contes ? De fil en aiguille, on découvre ainsi le passé de ce grand-père qui fut également un grand guerrier respecté et auréolé de hauts faits de gloire. Ce personnage m’a beaucoup touchée que ce soit en raison de sa bienveillance, de son passé ou d’un choix cornélien qu’il a dû prendre et qui l’a profondément marqué. Le destin semble néanmoins lui offrir une seconde chance ou, du moins, la possibilité de faire la paix avec lui-même…

Alors que je m’attendais à suivre principalement le trio de départ, l’autrice a préféré diviser son récit entre plusieurs fronts et personnages. Le procédé ne manque pas d’intérêt pour dynamiser l’intrigue et rendre la lecture plutôt addictive, mais j’ai parfois eu le sentiment que cela s’est fait au détriment de la psychologie des personnages qui aurait mérité d’être un peu plus développée. On pourrait également regretter une tendance au manichéisme avec des personnages assez stéréotypés : le prince Sigis est le portrait type du preux chevalier quelque peu naïf, mais aux nobles idéaux, et Magda, celui de la grande méchante assoiffée de pouvoir…

J’ai toutefois apprécié de suivre la fée renégate et son sombre allié dans leurs plans machiavéliques et de découvrir jusqu’où ils étaient prêts à aller pour maintenir leur emprise. Attendez-vous donc à des scènes d’action parfaitement orchestrées et assez immersives pour avoir l’impression d’assister de près à ce combat entre les ténèbres et la lumière, entre une fée pervertie par la soif de pouvoir et une autre prête à reprendre les armes pour sauver son peuple.

Dans son combat pour le bien, cette dernière pourra heureusement compter sur des alliés qu’ils fassent partie du commun des mortels ou qu’ils soient de courageux chevaliers fidèles aux idéaux défendus par leur prince, et non par leur roi, un lâche bien indigne de sa grande lignée… Si Magda et le seigneur de Tanis se révèlent repoussants par la noirceur de leur âme et leur manque évident d’humanité, c’est ce roi, qui n’en porte que le titre, qui m’a le plus répugnée et indignée. Couard, il n’hésitera pas à trahir ses sujets pour assurer sa propre sécurité comme il n’a pas hésité à le faire par le passé. Au cours de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de me demander comment un tel être avait pu engendrer un fils aussi droit et courageux !

En plus des fées, le roman met en scène d’autres créatures comme un dragon qui m’a étrangement touchée, peut-être en raison de son attachement pour un trésor d’un genre particulier. Mais ce qui m’a le plus fascinée est cette figure de l’homme-serpent capable de se métamorphoser suivant les circonstances. N’étant pas fan des serpents, j’avoue que l’idée de me retrouver devant avec un tel spécimen m’a quelque peu fait froid dans le dos. Mais c’est finalement sous leur forme humaine que ces hommes-serpents se montrent les plus cruels et implacables…

Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide, agréable et aussi convaincante dans les phases d’action que dans les moments plus descriptifs. Ainsi, si l’autrice ne s’appesantit pas sur les détails, elle prend néanmoins le temps de bien poser son décor afin que nous puissions nous immerger complètement dans son récit et son univers, un univers sombre, mais sur lequel se lève un vent d’espoir.

En conclusion, dans ce premier tome, nous découvrons les enjeux et les principaux protagonistes d’une lutte épique dont on ne peut qu’attendre le dénouement avec impatience et une certaine fébrilité. Rythmé et immersif, La septième fée offre un moment de divertissement plein de tension et d’action qui devrait plaire aux adolescents et aux adultes souhaitant se lancer dans un roman de fantasy accessible, mais riche en péripéties.

Retrouvez La septième fée sur le site d’Évidence Éditions que je remercie pour me l’avoir envoyé en échange de mon avis.

Les hommes de nuit 1 : La rose, Marie L’Or Viollet

Les hommes de nuit 1 - La rose

1700 : Marie est une belle jeune femme, élevée par son père veuf. Il est libraire et a tout appris à sa fille. Mais ils doivent quitter l’Angleterre pour honorer un étrange contrat. Son père s’est engagé auprès d’un personnage singulier venu d’un autre continent pour restaurer sa bibliothèque. Après une longue et éprouvante traversée, elle va rencontrer Nicolas…

Évidence Éditions (17 juillet 2020) – 336 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Appréciant les romances historiques, la couverture et la mention de l’année 1700 dans le résumé m’ont donné envie de découvrir ce roman qui fut malheureusement une lecture en demi-teinte…

SI j’ai apprécié une certaine originalité dans le récit, il y a quelques points qui m’ont chagrinée comme le mélange des genres hasardeux et parfois maladroit qui m’a donné l’impression que l’autrice n’avait pas réussi à choisir entre romance historique et roman de bit-lit dont elle reprend certains clichés. On oscille donc entre passé simple et vocabulaire vulgaire, ce qui donne un résultat plutôt saugrenu. Il m’a ainsi été difficile de rester stoïque devant des phrases du style « Il fallait qu’il baisât…« . Je peux me tromper, mais il me semble peu probable qu’en 1700, le verbe baiser ait déjà ce sens. Je ne dis pas qu’on ne peut pas mélanger les genres, mais pour moi, il y a un travail d’harmonisation à faire sur ce texte pour que le tout possède une certaine cohérence.

J’ai également regretté que le contexte historique ne soit pas mieux exploité puisque concrètement, à part les robes, la réception des mondains (et encore…) et la naïveté de Marie sur les choses de l’amour, cette histoire aurait aussi bien pu se passer en 1700 qu’en 1900 ou à notre époque. Je pense que cela provient principalement du fait que les personnages évoluent en vase clos et qu’on n’a donc pas particulièrement l’occasion d’évoquer le contexte historique de l’époque. De la même manière, j’ai eu l’impression que le bébé recueilli par Marie en début de roman n’a eu qu’un seul rôle, être une source de quiproquo avec Nicolas. Le reste du temps, il fait surtout de la figuration. Une petite facilité scénaristique qui m’a quelque peu frustrée tout comme la romance éclair puisqu’il ne faudra pas bien longtemps pour que Nicolas soit obsédé par Marie et que Marie tombe sous son charme.

Et le terme obsédé n’est pas utilisé au hasard, notre héros ayant bien du mal à se contrôler en la présence de la jeune ingénue qu’il désire tant faire « sienne ». Possessif et brutal dans ses réactions, Nicolas n’est pas un personnage que j’ai apprécié outre mesure d’autant que malgré sa nature de vampire lui ayant permis de voir passer les siècles, il se comporte bien souvent comme un adolescent en pleine crise. C’est d’ailleurs le roi du claquage de porte ! Si cela n’excuse en rien son comportement qui m’a donné bien souvent envie de le punir en le privant de dessert (donc de Marie), on peut toutefois comprendre qu’il soit chamboulé par ces nouveaux sentiments qui s’offrent à lui, lui qui n’a jamais rien ressenti pour une femme si ce n’est de la tendresse pour Lucie, la seule autre femme vampire. Il va donc devoir apprendre à se maîtriser tout en essayant de comprendre les raisons de la tempête intérieure à laquelle il doit faire face.

Quant à Marie, elle se révèle gentille et assez courageuse, mais elle m’a parfois exaspérée par sa naïveté. Certes, elle a toujours vécu en autarcie avec son père partageant son temps entre la lecture et son travail à la librairie familiale, mais l’autrice pousse quand même l’image de jeune femme naïve à son paroxysme… Heureusement, Marie n’est pas qu’une jeune ingénue, c’est également une femme passionnée par les livres. C’est d’ailleurs là la raison de sa présence dans la demeure de Nicolas où elle s’occupe, à la place de son père décédé, de classer les livres et de restaurer ceux qui en ont besoin. J’ai beaucoup aimé découvrir la manière dont Marie restaure les livres, mais c’est surtout la passion avec laquelle elle le fait et en parle qui m’a le plus séduite. Dans ces moments-là, on ressent pleinement la femme passionnante et passionnée qu’elle peut être. Un caractère flamboyant qu’elle ne réserve pas qu’aux livres puisque Nicolas sera loin de la laisser insensible malgré ses emportements qui l’exaspèrent…

La romance ne m’a pas convaincue parce que principalement basée sur une attraction physique quasi animale, mais je pense qu’elle pourra plaire aux lecteurs qui n’ont pas besoin que les personnages apprennent à se connaître avant de tomber amoureux. Pour ma part, la manière dont Nicolas répète toutes les deux lignes « mon ange » m’a donné des envies de meurtre et les questionnements incessants de Marie sur les sentiments de Nicolas à son égard m’ont fatiguée, mais j’ai, en revanche, apprécié tous les à-côtés qui ont rendu le livre rapide et facile à lire. Le style de l’autrice, malgré le problème énoncé en début de chronique, reste agréable et plutôt fluide. Il n’y a pas de longueurs inutiles même si on pourrait noter une certaine redondance dans le déroulement des faits, la relation entre nos amoureux alternant entre moments câlins/érotiques, malentendus et claquages de porte.

En plus du rythme et de la relation unique et touchante entre Nicolas et deux loups qui ne manquera pas de ravir les amoureux des animaux, ce qui fait la force de ce roman est l’aura de mystère dont l’autrice a su l’entourer. On pourrait croire que tout a été dit et fait sur le mythe du vampire, mais l’autrice réussit à apporter, et c’est le cas de le dire, du sang frais ! Il existe ainsi un certain flou autour du premier vampire, Luc, créé par Dame Nature qui est d’ailleurs ici personnifiée par une vraie femme, une idée qui m’a bien plu. Mais le vrai mystère concerne sa femme Lucie qui est la seule et unique femme vampire existante sur Terre et ceci depuis la nuit des temps. Les vampires ont bien essayé de transformer d’autres femmes pour se trouver des compagnes, mais chaque tentative s’est soldée par un retentissant échec, Luc n’arrivant pas à se souvenir du processus exact pour accomplir ce petit miracle. Cela explique la raison pour laquelle Lucie est unique et importante, mais aussi pourquoi Nicolas est terrifié à l’idée de ne jamais trouver la solution pour transformer Marie au risque de la perdre dans un futur plus ou moins proche. Certains événements lui feront d’ailleurs prendre pleinement conscience de la fragilité de son âme sœur…

Trouvera-t-il le moyen de donner au monde une seconde femme de nuit ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais j’ai apprécié la touche de tension que cette question soulève tout comme j’ai adoré le couple Luc et Lucie qui se révèle assez touchant. On sent à quel point le mari et la femme s’aiment et seraient prêts à tout l’un pour l’autre. Attendez-vous également à une petite révélation de leur côté même si je l’avais assez vite anticipée… Au-delà de ce couple attendrissant, on découvre d’autres hommes de nuit, dont l’un qui semble également rattrapé par le virus de l’amour. Ce sera d’ailleurs le protagoniste que l’on suivra dans le deuxième tome. Si je préfère, en général, suivre les mêmes personnages d’un tome à l’autre, je reconnais que l’autrice a réussi à attiser ma curiosité et à me donner envie de découvrir cette nouvelle histoire d’amour qui s’annonce plutôt mouvementée…

En conclusion, on pourra regretter quelques maladresses dans la narration qui donnent l’impression que l’autrice n’a pas réussi à choisir quelle tonalité donner à son roman, mais ce premier tome de la série Les hommes de nuit reste une lecture fluide et agréable qui plaira probablement aux lecteurs appréciant les personnages tourmentés par leurs sentiments, les grandes et belles bibliothèques dans lesquelles on rêverait de se perdre et les romances vampiriques auréolées d’un certain mystère.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé la version numérique de ce roman en échange de mon avis.

 

In My Mailbox #172

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


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Meurtre au manoir des fées, Delphine Biaussat

Couverture Meurtre au manoir des fées

Lors d’une nuit d’orage au manoir des fées, Charlotte d’Endora est assassinée. À trop vouloir causer du mal à tous ceux qui l’entourent, les suspects sont nombreux.
L’auteur de ce crime est-il son mari fou amoureux d’elle mais à la personnalité explosive ? Sa pire ennemie qu’elle n’avait plus vue depuis des années ? Un ex petit-ami qu’elle a autrefois manipulé ? Son ancienne souffre-douleur ? Une jeune femme qui protège ceux qu’elle aime contre vents et marées ? Une hôtesse qui tuerait ses clients jugés trop « incorrects » ? Un commissaire qui ne cache pas son mépris pour elle ? Ou alors une personne encore inconnue…
Caroline, une des résidentes du manoir, va faire une rencontre surprenante qui va chambouler aussi bien l’enquête que ses propres croyances. Le réel va se mêler à l’irréel.

Évidence Éditions (24 février 2018) – 184 pages – Broché (11,40€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Mes envies d’un huis clos policier prenant et  bien mené n’ont malheureusement pas été satisfaites avec ce roman dont le scénario m’a paru manqué de consistance. J’ai également regretté une certaine maladresse dans la plume de l’autrice. Bien que l’on sente qu’il y ait une réelle volonté de bien faire, le phrasé manque de liant et le style m’a paru parfois assez enfantin avec une légère tendance aux dialogues creux.

Mon amour des belles plumes n’a donc pas été satisfait ni celui des personnages bien construits. Le roman est assez court, ce qui pourrait expliquer le choix de l’autrice de rester très en surface de la psychologie de ses personnages qui manquent cruellement de relief. Pire, ils se révèlent aussi exaspérants que caricaturaux : la pimbêche qui a tout ce qu’elle veut mais qui reste méchante, la fille consciente de son physique avantageux, l’ami ancien amant, la super bonne copine trop parfaite, la copine effacée, l’inspecteur sûr de lui et goguenard… Une galerie de personnages pour laquelle je n’ai développé aucun attachement et dont les mésaventures ne m’ont guère passionnée.

Dommage parce que l’autrice avait de bonnes idées, notamment en reprenant un schéma classique de roman policier qui marche toujours et en le teintant d’une pointe de fantastique. L’aspect fantastique qui aurait pu rendre le récit un peu plus palpitant n’est toutefois pas exploité outre mesure, ce qui m’a quelque peu frustrée. Il est vrai que l’apparition d’un inattendu et énigmatique personnage apporte une pointe de frisson en début de roman et un certain mystère, mais en absence d’enjeux réels autour de ce dernier, l’effet s’estompe assez vite. Je n’ai donc ressenti aucune envie de découvrir qui avait bien pu commettre le meurtre de l’un des occupants du manoir des fées d’autant que la solution semble plutôt évidente. Je n’ai pas non plus vraiment été impressionnée par les talents d’enquêteur du commissaire Renot qui ne semble d’ailleurs pas disposé à nous éblouir de son esprit de déduction…

J’ai toutefois apprécié le lieu de l’intrigue, ce manoir dont on sent l’atmosphère si particulière tout comme une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui s’accorde à merveille à cette bâtisse. L’alternance des points de vue est également assez bien maîtrisée.  Mais c’est la plongée dans le passé de l’un des personnages qui m’a probablement le plus marquée. On y découvre une histoire d’amour contrariée à une époque où les femmes n’avaient pas vraiment leur mot à dire quant au choix de leur futur époux…

En résumé, si la couverture et le résumé étaient prometteurs, ce roman n’a malheureusement pas tenu toutes ses promesses que ce soit en termes d’intrigue, de personnages ou de style. Les amateurs de romans policiers et ceux appréciant les récits fantastiques resteront probablement sur leur faim, mais les lecteurs souhaitant une enquête rapide à lire et facile à suivre pourraient peut-être trouver leur bonheur.

Merci à Évidence éditions pour cette lecture.