La chambre des merveilles, Julien Sandrel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.

En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Audible – 5 heures et 13 minutes – 17,90€ – Autres formats : papier, ebook

AVIS

Voici un roman dont j’avais entendu beaucoup de bien même si parmi un océan de bons avis, certains étaient un peu plus mitigés. Pour ma part, j’ai passé un moment agréable auprès de Louis et de sa mère qui vont vivre des moments aussi difficiles qu’intenses et beaux.

Un moment de distraction et c’est le drame ! Dans le coma, les jours de Louis, 12 ans, sont comptés : il a un mois pour se réveiller ou le personnel hospitalier prendra les mesures qui s’imposent…

Loin de se laisser abattre, bien que la situation l’affecte terriblement, Thelma va profiter de la découverte du carnet des merveilles de son fils pour se lancer dans un projet fou : celui de vivre pour son fils, toutes ces expériences notées dans son carnet. De voyages en paris fous et rencontres plus ou moins surprenantes, cette mère prête à tout pour offrir à son enfant un peu d’espoir et de lumière va, petit à petit, faire le point sur sa vie et se (re)trouver. Alors qu’elle a, ces dernières années, fait passer sa carrière avant Louis, elle se rend désormais compte de tous ces moments qu’elle a ratés et de ces discussions auxquelles elle n’a prêté qu’une oreille distraite…

Une prise de conscience qui lui donnera plus que jamais la force de se battre pour retrouver son Louis, car quoi que puissent en penser les médecins, elle sait qu’il va se réveiller ! Et ce jour-là, il aura droit à une nouvelle version de sa mère. Une version qui ne passera pas sa vie au téléphone pour régler les deniers détails d’un projet, mais plutôt celle d’une mère disponible et prête à construire avec lui de beaux et tendres souvenirs. En attendant, Thelma vit pour deux : entraînements de football, duo avec un rappeur, séance de karaoké en terre inconnue… Ce que Louis rêvait de faire, Thelma le fait !

Si on peut être surpris qu’une mère entreprenne des voyages loin de son fils dans le coma, on comprend rapidement le bien-fondé de la démarche puisqu’en parallèle des expériences un peu folles de cette femme, on suit les pensées de Louis. Bien qu’il soit toujours dans le coma, il partage avec les lecteurs ses pensées, ses espoirs, mais aussi sa jalousie de voir sa mère nouer de nouvelles relations sans lui… Touchant et non dénué d’humour, Louis nous montre que malgré tous les regrets de sa mère, il l’aime de tout son cœur et l’a toujours considérée comme la meilleure mère du monde. Et quand l’on voit tout ce qu’elle fait pour lui et la manière dont elle vient à bout de toutes les barrières qui se dressent devant elle, on ne peut que lui donner raison.

L’histoire aurait pu être dure et terrible, elle se révèle belle et puissante. Il se dégage de la plume de l’auteur une telle sensibilité qu’on se prend à vivre aux côtés de cette famille chaque événement avec une rare intensité. Entre les doutes, les peurs, les rires et les larmes, notre cœur se brise, bat la chamade, mais garde toujours espoir en un avenir plein de bonheur pour ce jeune homme touchant et sa mère courage.

En conclusion, porteur d’un joli message d’espoir, La chambre des merveilles est un roman empli d’amour et de tendresse qui vous fera vivre d’intenses émotions. Entre rires et larmes, ne passez pas à côté de ce joli titre aux allures de feel good qui vous donnera irrémédiablement envie de croquer la vie à pleines dents, et de profiter au maximum de vos proches. Après tout, si la vie est incertaine, le bonheur est, quant à lui, à portée de main !

Découvrez le roman/écoutez un extrait sur Audible.

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Midnight Sun, Trish Cook

MIDNIGHT SUN édition avec affiche du film en couverture (Bloom) par [Cook, Trish, Demoulin, Axelle, Ancion, Nicolas]

J’avais acheté ce roman sur un coup de tête et ai profité d’un challenge pour le faire sortir de ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je fais un rêve récurrent. Je suis à la plage et le soleil chauffe ma peau. Mais ce n’est que ça : un rêve. Je ne peux pas m’exposer au soleil. Le moindre rayon pourrait m’être fatal. Alors je suis obligée de passer mes journées enfermée chez moi. En dehors de ça, je suis une fille normale. Je joue de la guitare, j’aimerais devenir astrophysicienne et… j’ai un énorme crush pour Charlie Reed. Il passe devant ma fenêtre tous les jours depuis des années. La seule ombre au tableau, c’est qu’il ne sait même pas que j’existe. Jusqu’au jour où je le rencontre pour de vrai. Mon histoire d’amour ne durera peut-être pas longtemps, mais elle n’en sera pas moins extraordinaire.

Hachette Romans (21 mars 2018) – 252 pages – Broché (15,90€)

AVIS

Midnight Sun est un roman qui me sort quelque peu de mes habitudes de lecture puisqu’il mêle deux thèmes que je ne lis guère, la romance et la maladie. Néanmoins, à ma grande surprise, je l’ai lu d’une traite complètement happée par l’histoire de Katie.

Incapable de s’exposer aux rayons du soleil sous peine de dommages fatales, cette jeune fille est atteinte de la maladie des enfants de la lune. Malgré cette situation difficile, elle garde un optimisme à toute épreuve et ne tombe jamais dans l’apitoiement. Entre sa passion pour la musique, les activités avec son père, dont elle est très proche, ses cours en ligne et les visites de sa meilleure amie, elle a de quoi occuper ses journées, ou plutôt ses nuits, puisque son rythme de vie est plus proche de celui du vampire que de l’adolescent lambda.

Et puis il y a Charlie Reed ! Un garçon qui ne connaît pas son existence, mais qu’elle aime depuis de nombreuses années, et qu’elle observe chaque jour depuis la fenêtre de sa chambre. Quand les séances d’observation feront place à une réelle rencontre, Katie va paniquer avant de se laisser porter par les événements, et nouer une relation avec son prince charmant. Mais quel avenir espérer quand vous avez une épée de Damoclès au-dessus de votre tête ?

Une question que l’on ne peut que se poser, mais qui ne nous empêche pas de suivre avec beaucoup de tendresse l’évolution de la relation entre Katie et Charlie. Touchants, chacun à leur manière, ils tracent leur route main dans la main, Katie entrevoyant grâce à son petit ami cette liberté qui lui faisait tant défaut, et Charlie renouant avec une passion qu’un bête accident lui avait fait perdre de vue. Toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin et un moment d’inattention remet en cause un bonheur tout juste effleuré….

Si la dernière partie du roman possède une certaine gravité qui m’a d’ailleurs fait verser quelques larmes, j’ai trouvé que l’autrice arrivait à se focaliser sur la vie plutôt que sur la maladie et la mort. Et cet exploit provient avant tout de la personnalité avenante et de la force de caractère de Katie qui accepte la situation avec une certaine sagesse et beaucoup de courage. Elle espère le meilleur pour ceux qu’elle risque, tôt ou tard, de quitter, que ce soit pour son père qui a tout abandonné pour elle, sa meilleure amie ou Charlie qui a su lui apporter des moments de tendresse et d’amour infinis. C’est donc, comme son père, avec un certain désespoir, mais aussi beaucoup d’émotions qu’on laisse la jeune fille prendre son envol et faire de ses derniers instants les meilleurs de sa vie.

Malgré le thème de la maladie en filigrane, le roman se lit tout seul même pour les personnes qui, comme moi, tendent à éviter le sujet : la plume de l’autrice est fluide, les dialogues non dénués d’humour, la dynamique entre Katie et les trois personnes de sa vie intéressante, il n’y a aucun pathos mais beaucoup d’émotions, les personnages se révèlent attachants… À cet égard, si seule la personnalité de Katie est réellement développée, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir beaucoup d’affection pour son père qui, bien que très protecteur, se révèle très touchant. Ayant déjà perdu sa femme, il a formé une bulle protectrice autour de sa fille, mais il finira pas accepter qu’une prison, même dorée, reste une prison. Quant à Charlie, j’aurais aimé en apprendre plus sur lui, mais je l’ai trouvé parfait même quand la vérité que Katie lui a cachée finira pas lui exploser en plein visage. Je ne sais pas comment j’aurais réagi à sa place, mais il affronte la situation avec beaucoup de courage et de dignité.

À noter que l’autrice a pris quelques libertés avec la maladie de Katie comme elle l’explique elle-même. Cela ne m’a pas dérangée outre mesure puisque nous sommes avant tout dans une œuvre de fiction, mais les personnes connaissant bien la maladie des enfants de la lune pourraient en être déstabilisées.

En conclusion, belle et touchante, voici une romance que je ne peux que vous conseiller si vous appréciez les personnages attendrissants qui, face aux caprices de la vie et à l’adversité, avancent main dans la main pour se créer des moments forts qui n’appartiennent qu’à eux. Malgré la maladie et cette question de la perte de l’autre, il ressort ainsi beaucoup de positivité et d’optimisme de ce roman qui vous donnera, une fois la dernière page tournée, envie de profiter de chaque instant comme si c’était le dernier.

Découvrez un extrait sur le site des éditions Hachette.

Toutes ces choses qu’on n’a jamais faites, Kristan Higgins

Je remercie les éditions HarperCollins pour m’avoir permis de découvrir Toutes ces choses qu’on n’a jamais faites de Kristan Higgins.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La personnalité n’est pas une question de poids.

Avant de mourir, la jeune Emerson, obèse morbide gravement malade, remet une enveloppe à ses deux meilleures amies Marley et Georgia, 34 ans, et leur fait promettre de suivre ses instructions. Elles découvrent qu’il s’agit de «  La liste de choses à faire quand elles seraient minces  », rédigée à 18 ans au camp d’amaigrissement où elles avaient formé leur trio.
Décidées à relever le défi lancé par leur défunte amie, les deux jeunes femmes vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et leurs complexes. Marley parviendra-t-elle à se délester de la culpabilité qui la ronge depuis la mort de sa sœur jumelle  ? Georgia saura-t-elle trouver les ressources pour s’opposer à sa famille qui ne cesse de la rabaisser  ? Munies de leur to-do list, elles sont prêtes à tout  oser  !

HarperCollins (2 mai 2019) – 528 pages – Broché (19,90€) – Ebook (12,99€)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

AVIS

Attirée par la promesse d’une lecture parfaite pour l’été, il n’y a qu’à voir ce jaune soleil pétant sur la couverture, j’ai lu avec plaisir cette comédie romantique aux allures de feel-good qui m’a permis de passer un très bon moment de lecture.

Centré autour de l’amitié et de cette difficulté à accepter son corps dans une société formatée et peu encline à tolérer la différence, a fortiori quand celle-ci saute aux yeux, ce récit est celui de trois amies dont le poids a trop longtemps dirigé leur vie. Il y a la regrettée Emerson que l’on apprend à connaître à travers des pages de son journal intime dans lequel elle s’adresse à une vision fantasmée d’elle-même, Marley, une cuisinière qui régale ses clients de ses petits plats livrés tout droit dans leur cuisine, et Georgia, une ancienne avocate bardée de diplômes qui a préféré tout plaquer, mari compris, pour se reconvertir en une maîtresse de maternelle très appréciée par les bambins.

Marley et Georgia accourent au chevet de leur amie Emerson qui a glissé, sans qu’elles ne s’en rendent compte, vers l’obésité morbide. Une situation qui ne se terminera hélas pas bien pour cette femme si gentille et ouverte d’esprit, mais qui marquera le début d’une nouvelle aventure pour ses deux meilleures amies. Marley et Georgia lui ont ainsi promis de cocher une à une les cases de cette « liste des choses à faire quand elles seraient minces« , rédigée lors de leur séjour dans un camp d’amaigrissement.

Chapitre après chapitre, on suit les deux trentenaires qui font de leur mieux pour tenir leur promesse : se faire offrir un verre par un bel inconnu, manger un dessert en public, s’habiller dans un magasin normal… Des petites choses anodines pour le commun des mortels, mais qui le sont beaucoup moins pour des personnes qui ont subi depuis des années le poids de la société, ces regards en biais, ces insultes méchantes et gratuites, ces piques sournoises, ces jugements de valeur sous fond de préjugés idiots, ces discriminations quotidiennes, ces violences médicales…

Le surpoids a donc impacté de manière plus ou moins importante et dramatique la vie des membres du trio même si Marley a appris à s’accepter et à ne pas chercher à tout prix à coller à l’image de la femme parfaite. Il faut dire qu’elle a la chance d’avoir grandi au sein d’une famille bienveillante et soudée qui l’a entourée d’amour depuis son enfance. Sportive (merci à l’autrice de casser le préjugé du gros allergique à l’effort physique), faisant un métier qu’elle adore, entourée de personnes adorables, Marley aimerait maintenant pouvoir goûter au bonheur d’une vie à deux avec un homme. Il y a bien le collègue pompier et beau gosse de son frère dont elle est terriblement amoureuse, mais les choses ne semblent pas avancer, leur relation se cantonnant à quelques rares incartades nocturnes…

Il va donc lui falloir se contenter de Will, un client peu causant, voire cassant, qui reste cloitré chez lui, comme seule présence masculine dans sa vie. Mais celui-ci est-il réellement antipathique ou, comme Marley, a-t-il ses propres blessures qu’il essaie, tant bien que mal, de surmonter ? Marley, toujours affectée par cette perte remontant à son enfance qui lui vrille parfois le cœur, pourrait trouver en Will bien plus qu’un client fidèle et taiseux… C’est un peu frustrant de ne pas pouvoir en dire plus, mais j’ai apprécié les thèmes abordés par l’autrice à travers ce personnage même s’il y a un événement qui m’a un peu moins convaincue, voire gênée, car les choses sont bien plus complexes que ce que l’autrice laisse entendre.

Georgia, quant à elle, a beaucoup plus de mal que Marley à faire table rase des blessures du passé et à accepter son corps qui s’est pourtant, au fil des années, nettement affiné au point de renouer avec les normes de la société. Entre vision déformée de son corps et troubles alimentaires, son rapport à la nourriture reste donc compliqué, ce qui n’est pas étonnant si l’on considère le comportement de sa mère qui ne la considère que sous le prisme de son tour de taille, et de son frère, un homme odieux ouvertement grossophobe. Il y a heureusement des personnes adorables dans sa famille comme son père et sa nouvelle famille, et surtout son neveu Mason, un adolescent assez solitaire, mais très touchant.

Si j’ai regretté le côté peut-être un peu trop caricatural de la mère et du frère, j’ai adoré Mason, sa gentillesse, son ouverture d’esprit, sa fragilité… Le neveu et la tante sont franchement attendrissants ! Cela demandera beaucoup de volonté, de force pour aller à l’encontre de certains schémas de pensées et de pensées limitantes, mais en s’entraidant avec bienveillance, Georgia et Mason arriveront, petit à petit, et main dans la main, à se réapproprier leur corps et leur vie.

Grâce à l’alternance des points de vue et la présence de nombreux dialogues, ce roman se lit très vite d’autant que l’écriture de l’autrice est simple et dynamique. Malgré la dureté de certains thèmes abordés (le deuil, les phobies, l’acceptation de soi, l’intolérance et la grossophobie, les troubles alimentaires, les conséquences d’une éducation défaillante, la difficulté de surmonter certains événements traumatiques…), le tout forme un roman empli de légèreté, de rires et de sourires, de beaux moments, d’émotions, d’espoir, d’amitié, d’amour, de gentillesse, de tendresse, de tolérance… De page en page, on suit avec un plaisir fou ces femmes qui se dévoilent dans toute leur simplicité et leur humanité. Elles ne sont pas exemptes de défauts tombant parfois à leur tour dans le jugement et les préjugés, mais elles sont touchantes, drôles, et pourraient être vous ou moi, votre meilleure amie, votre sœur, votre cousine…

Pour ma part, ancienne obèse, je n’ai pu que me reconnaître un peu dans Emerson, Georgia et Marley. J’ai parfois ressenti, dans le passé, les mêmes choses qu’elles, vécu des situations similaires et notamment certaines de ces humiliations dont le cœur, le corps et l’esprit gardent à jamais les traces. Mais plus que cette empathie pour les personnages, c’est le message de tolérance et d’acceptation de soi qui a rendu ma lecture si riche et intense. Un poids et une taille de vêtement ne définiront jamais une personne ni sa capacité à être heureuse. Une belle et brutale réalité qui finira par frapper Georgia de plein fouet et qui la poussera à tenter de renouer avec un pan, ou plutôt une personne de son passé, qui lui proposait ce qu’elle ne s’était jamais accordée, de l’amour.

En conclusion, si vous avez envie d’une comédie romantique portée par des protagonistes terriblement attachants qui, tout en parlant de sujets importants, arrive à porter un message de tolérance et à vous offrir un moment de lecture léger et agréable, ce roman est fait pour vous. Au programme, rires, amitié, amour, seconde chance et acceptation de soi !

Retrouvez le roman sur le site des éditions HarperCollins.

Dans un battement d’ailes, Amélia Varin

PRÉSENTATION AUTEURE

« Le vent souffle, emportant les feuilles mortes. Posé sur le rebord de la fenêtre, l’oiseau prend son envol. J’aimerais tellement le suivre. Planer vers la liberté. »

Même lorsqu’on souffre, qu’on pense qu’il n’existe qu’une seule échappatoire, une petite lueur apparaît. Inattendue. Et doucement, le sourire revient. Tellement beau, tellement vrai. Et c’est en déployant ses ailes, que l’on s’envole vers de nouveaux horizons…

  • Prix : 0.99€

AVIS

Amélia, c’est la super chroniqueuse du blog Les histoires d’Amélia Culture Geek et accessoirement la co-organisatrice du Prix des auteurs inconnus, mais c’est aussi une autrice à la plume poétique qui m’étonnera toujours par sa capacité à mettre des mots sur ses maux. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de lire sa dernière nouvelle, Dans un battement d’ailes.

Dans cette histoire, il est question de violence morale et physique, mais aussi d’espoir. Et à ce titre, le récit de cette lycéenne harcelée moralement par ses « camarades » et maltraitée physiquement par un ancien ami ne pourra que provoquer en vous de multiples émotions : peine, colère, révolte, inconfort… et enfin, apaisement et espoir. En d’autres termes, cette histoire remue, dérange, nous pousse à essayer de comprendre ce jeune homme qui reproduit un schéma familial délétère, et à tenter d’imaginer ce qui peut pousser des lycéens lambdas à se faire complices de ce déferlement de haine voire à l’entretenir.

Et puis, il y a Élaé, victime silencieuse, qui ne partage sa douleur avec personne et qui affronte son calvaire quotidien dans une résignation qui donne envie autant de pleurer à ses côtés que de la prendre par les bras et de lui dire, STOP. Cela ne peut plus durer, il te faut réagir, arrêter de protéger ta mère et lui en parler, alerter le corps enseignant… Chaque coup rapproche la jeune fille d’un point de non-retour, d’une implosion interne qui nous fait trembler pour elle d’autant qu’Amélia instaure le doute, la peur, par la présence d’un compte à rebours à l’allure menaçante. Élaé est un personnage de fiction, mais j’ai eu mal et j’ai tremblé pour elle, peut-être parce que d’une certaine manière, elle symbole toutes ces victimes silencieuses de harcèlement…

Le texte est dur, mais j’ai aimé la fin qui, à mon sens, apporte une vraie leçon de vie sur le fait qu’il suffit souvent d’une main tendue pour que la vie prenne une nouvelle direction… Et cette main tendue sera tout ce dont avait besoin Élaé pour enfin retrouver une vie dénuée des brimades de ses « camarades » et de la violence physique d’un ancien ami. Cette main tendue ce n’est pas la solution à tous les problèmes de la lycéenne, mais c’est la preuve qu’elle mérite que quelqu’un lui vienne en aide sans rien attendre en retour.

Cette prise en considération de sa personne, qui ne passe pas par des coups au corps et à l’âme, marquera alors le premier pas d’une nouvelle vie qui ne sera plus synonyme de peur et de souffrance. Une jolie conclusion qui devrait donner espoir aux personnes qui sont victimes de harcèlement scolaire et qui devrait faire réfléchir les personnes qui en sont témoins…

Il y a néanmoins un point qui m’a dérangée, mais c’est peut-être dû à ma manie de toujours tout analyser. Élaé est une victime de harcèlement certes, mais elle en retire quelque chose même si c’est de manière inconsciente : l’impression de venir en aide à son ancien ami en lui servant de défouloir et en lui permettant d’extérioriser physiquement la colère et la violence qui le rongent. L’abandon de son corps à son bourreau ressemble à un moyen pour Élaé d’avoir une utilité et de donner un sens à tout ce qu’elle vit. Or, se laisser frapper, ce n’est pas et ce ne sera jamais un moyen d’aider une personne même si celle-ci est également victime de violence…

À travers sa nouvelle, que ce soit volontaire ou non, Amélia aborde donc le harcèlement scolaire, mais aussi la permutation des rôles entre victime et bourreau, et la tendance naturelle des humains à entrer dans un triangle dramatique schématisé par Karpman.

Résultat de recherche d'images pour "analyse transactionnel et triangle de karpman"Je ne suis pas psychologue ni psychiatre, je ne développerai donc pas ce point, mais à mon sens, Élaé s’est positionnée inconsciemment dans le rôle de la sauveuse avant d’endosser celui de victime. Quant à son ancien ami, il est passé de victime à bourreau/persécuteur. Un schéma dramatique qui sera fort heureusement cassé en fin d’ouvrage par une main tendue, car si une main tendue est toujours salutaire, jouer le rôle de sauveur ne fera que relancer une machine infernale dont personne ne peut ressortir gagnant.

En conclusion, je ne peux que vous conseiller de lire cette nouvelle dans laquelle Amélia Varin a réussi à aborder un thème difficile, le harcèlement scolaire, de manière très belle et poétique. C’est dur, c’est poignant, mais c’est aussi plein d’espoir comme peut l’être la vie !

Et vous, envie de découvrir Dans un battement d’ailes ?

Deux secondes en moins, Marie Colot et Nancy Guilbert

Je remercie Babelio et les éditions Magnard Jeunesse pour m’avoir permis de découvrir Deux secondes en moins de Marie Colot et Nancy Guilbert.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Deux lycéens racontent l’impensable, le drame, la révolte, dans un roman puissant et rempli d’espoir.
Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude. Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager. Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer… Et pourtant, Igor et Rhéa reprennent jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Un roman bouleversant, où un perroquet, le « thé des Sages », l’amitié et les mots apportent une douceur salutaire.

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : MAGNARD (13 février 2018)
  • Age :à partir de 13 ans
  • Prix : 14.90€
  • Autre format : epub

AVIS

Deux secondes en moins, c’est l’histoire de deux adolescents meurtris, l’un dans sa chair, l’autre dans son esprit. Igor s’est ainsi vu défiguré suite à un accident de voiture, quand le cœur de Rhéa a explosé en mille morceaux à l’annonce du suicide de son petit ami, Alex.

Deux drames auxquels les lecteurs ne peuvent rester insensibles d’autant qu’au gré des pages, on apprend à connaître ces deux jeunes gens très différents l’un de l’autre, mais pourtant unis par le même amour de la musique. Cette passion pour la musique, c’est ce qui va d’ailleurs leur permettre de sortir la tête de l’eau, de reprendre goût à la vie et de se rendre compte que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Une phrase qui peut sembler ô combien éculée, mais que Marie Colot et Nancy Guilbert ont su rendre réelle et tellement pleine de sens.

Mais avant la reconstruction, les deux adolescents ont traversé des zones de turbulences et ont été assaillis par une multitude d’émotions comme la colère, la haine pour Igor, et la culpabilité ou le désespoir pour Rhéa. Et si le père d’Igor n’avait pas regardé son portable au volant ? Et si l’entourage d’Alex avait su saisir son désarroi et son mal-être avant qu’il ne commette l’irréparable ? Des questions que les deux jeunes ne peuvent que se poser et qui, bien que naturelles, finissent par leur faire plus de mal que de bien. Le passé demeurant figé quoi que l’on puisse faire ou penser, le titre prend alors tout son sens : deux secondes en moins, c’est ainsi ce qu’il aurait fallu à Igor et Rhéa pour continuer à vivre normalement, mais deux secondes en moins, c’est aussi ce qu’ils n’auront jamais…

Englués dans ce passé qu’ils ne pourront jamais réécrire, ce n’est que l’intervention d’un professeur de musique, Fred, qui va leur permettre de progressivement réapprendre à vivre, puis à savourer les petites choses de la vie. Cela ne se fera évidemment pas sans heurts, sans moments de doute ou de peine, mais les deux adolescents pourront compter sur le soutien inconditionnel de leur professeur de musique. Ce dernier fait preuve, tout au long du livre, d’une telle sensibilité et d’une telle douceur qu’il force l’admiration et le respect. Mais en découvrant son passé, on ne peut que comprendre la justesse avec laquelle il intervient dans la vie des deux jeunes gens. Il arrive à leur insuffler l’énergie pour avancer dans la vie tout en leur laissant toujours la distance nécessaire pour ne pas les brusquer. Il n’impose jamais rien, mais se contente de suggérer et de guider Rhéa et Igor tout en leur rappelant régulièrement à quel point il croit en eux, en leur force et en leur capacité à avancer malgré l’adversité. Fred est définitivement un personnage auquel on s’attache et qu’on aimerait avoir à ses côtés notamment dans les moments difficiles quand la douleur physique et/ou mentale ne permet plus d’avancer…

Pour reprendre les rênes de leur vie, Rhéa et Igor pourront évidemment compter sur Fred, mais aussi sur un perroquet nommé Obama. Presque aussi bon orateur que l’original, ce perroquet est un concentré de bonne humeur et d’ondes positives. En plus d’être très drôles, ses interventions tombent souvent à pic et apportent un peu de légèreté, ce qui permet parfois aux personnages de dédramatiser la situation. Je peux vous dire qu’Obama m’a fait rire à plus d’une occasion et que je rêve maintenant de l’adopter.

Et puis, personnage à part entière, il y a bien sûr la musique, la musique qui offre à ces deux adolescents meurtris l’occasion de s’exprimer, d’exprimer des émotions que les adultes de leur entourage, mus dans leurs propres douleurs et problèmes, ne sont pas forcément capables d’accueillir et d’accompagner. Le roman est en cela un peu une ode à la musique, à celle du cœur, à celle qui apporte du réconfort, à celle qui vous pousse dans vos retranchements, à celle qui vous prouve que oui, vous êtes toujours vivant, et qu’il va vous falloir travailler dur, très dur pour dompter les mélodies qui bercent vos vies. La musique, c’est également ce qui va lier la vie d’Igor à celle de Rhéa, deux adolescents que les lecteurs vont voir évoluer chacun de leur côté, mais aussi ensemble. La musique transcende alors la douleur pour nous offrir une belle histoire d’amitié, une lueur d’espoir dans le brouillard. Comme c’est très justement souligné dans le livre, à deux, Rhéa et Igor n’auront pas moins mal, mais ils seront plus forts, plus forts pour faire la paix avec le passé et pour réapprendre à vivre, différemment, mais à vivre quand même jusqu’à, de nouveau, trouver le chemin du bonheur.

Alors que ce roman aborde des sujets difficiles, il a indéniablement des airs de feel-good, car une fois la dernière page tournée, c’est bien l’espoir qui nous imprègne, de la tête aux pieds, du corps à l’âme. Les deux autrices ont ainsi réussi à parler du mal-être chez les adolescents, du suicide, du deuil sans jamais tomber dans le pathos. Elles ne minimisent pas la douleur des personnages, mais montrent qu’elle ne les définit pas et qu’il est toujours possible, même si c’est difficile, de faire face aux drames qui peuvent survenir à tout moment…

Je tiens également à souligner la parfaite symbiose entre les plumes de Marie Colot qui a donné voix au personnage d’Igor et Nancy Guilbert qui s’est consacrée à celui de Rhéa. Bien qu’écrit à quatre mains, il n’y a aucune dissonance, ce roman semblant être l’œuvre d’une seule et même personne ! Seule l’alternance des points de vue, chapitre après chapitre, permet de distinguer l’apport de chacune dans cette histoire qui sonne tellement juste, tellement vraie. Les deux autrices ont su, en effet, trouver les mots pour rendre la douleur et les émotions de leurs personnages réalistes et palpables. Cela s’explique, peut-être et en partie, par le fait qu’elles ont elles-mêmes traversé un drame dans leur vie. Que ce livre ait une fonction cathartique ou non, ce qui est certain, c’est que Marie Colot et Nancy Guilbert ont su nous offrir une histoire sans fausses notes qui touche directement le cœur des lecteurs.

Je pourrais vous parler pendant des heures de ce livre qui m’a touchée et émue, qui m’a fait traverser différentes émotions et qui a réveillé en moi certaines choses bien enfouies. C’est d’ailleurs un peu la force de ce livre qui, bien qu’il soit destiné d’abord aux adolescents, pourra plaire et parler à tout le monde ; la mort, les drames, la vie et l’espoir n’attendant pas l’âge. Je m’arrêterai donc en vous conseillant simplement de vous laisser tenter par ce roman qui a été pour moi un véritable coup de cœur que ce soit pour son histoire, ses personnages ou le message d’espoir qu’il véhicule. Car oui, la vie et la douleur sont intrinsèquement liées, mais cela vaut la peine de se diriger vers la lumière quand la noirceur semble vous aspirer. Et si cela vous semble trop dur, mettez un CD qui vous fera ressentir des émotions, qui vous fera vibrer, faites-vous un thé… Ou plongez-vous dans cette histoire qui met du baume au cœur et qui vous apporte la dose d’optimisme nécessaire pour vous prouver que oui, après la douleur, le bonheur est possible.

Et vous, envie de découvrir Deux secondes en moins ?