Mini-chroniques en pagaille #29

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Toutes ces nouvelles, téléchargeables gratuitement sur Amazon, ont été lues dans le cadre du challenge Le mois des nouvelles et du Projet Ombre 2021

  • 41 unités temporelles, Anthony Boulanger

41 unités temporelles par [Anthony Boulanger]

Ayant le profil psychologique idéal, le colonel Perry a été sélectionné pour effectuer une mission confidentielle de la plus haute importance et dont les retombées scientifiques sont des plus excitantes. Mais si le militaire reste peu réceptif aux explications scientifiques qu’on lui donne, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il devrait peut-être rester attentif et se poser quelques questions quant aux contours précis de sa mission…

J’ai apprécié la tension que l’auteur instaure avec un jeu efficace sur le temps et cette sensation que quelque chose de dangereux se profile. J’ai également trouvé intéressante la manière dont il insiste sur le profil psychologique du colonel Perry, nous donnant le sentiment que rien dans cette histoire n’est du au hasard… Quant à la révélation, elle a un côté cynique qui correspond assez bien aux modèles économiques en vigueur dans nos sociétés.

En bref, voici une nouvelle qui se lit rapidement et qui, bien que très courte, ne manquera pas de captiver les lecteurs.

  • Au bon vieux temps, Raymond Milési :

Au "Bon vieux temps" par [Raymond Milési, Michel Borderie]

Difficile de trouver un titre plus approprié pour cette courte nouvelle qui nous transporte dans les pensées d’un homme isolé sur une planète dont on ne sait rien, si ce n’est qu’elle n’est pas la Terre.

Mais peu importe puisque notre narrateur la fait revivre à travers ses souvenirs, mais aussi les espoirs qu’ils placent dans l’arrivée de nouveaux colons. Quand enfin ils seront là, cette solitude qui semble sienne pourra s’envoler au profit de repas partagés, de rires, de chaleur humaine et du retour du « bon vieux temps »…

De la nostalgie d’un passé révolu et condamné aux espoirs d’un homme dont la solitude émeut, voici une nouvelle qui, en quelque pages, arrive à transmettre beaucoup d’émotions tout en poussant les lecteurs à s’interroger sur la Terre et  la propension de l’homme à la violence et à la destruction.

  • Tous les robots s’appellent Alex, Jean Bury

Tous les robots s’appellent Alex par [Jean Bury]

Quand les robots et les intelligences artificielles sont bien souvent présentés comme les destructeurs de l’humanité, ils ont ici tenté de la sauver sans grand succès. Un virus a ainsi éradiqué tous les hommes qui n’ont laissé derrière eux qu’un vaisseau spatial habité par une intelligence artificielle, Père, et sa créature, un cyborg de quatorze ans qu’il élève comme un humain. Ainsi, si les hommes ont disparu physiquement, Père est, quant à lui, bien décidé à poursuivre sa mission et à sauvegarder le souvenir de leur existence et de leurs us et coutumes.

C’est d’ailleurs dans ce but qu’il a créé et conditionné Alex, mais de fil en aiguille, ce dernier va en venir à s’interroger sur la notion d’humanité et la pertinence de préserver le souvenir d’un monde déchu depuis des siècles. Des questions qui en appellent d’autres et qui vont le conduire sur un chemin dangereux, celui de la vérité.

J’avais très vite anticipé le secret que va mettre à jour Alex, mais cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à suivre ce jeune cyborg dans ses questionnements et à le voir interagir avec son créateur. Une relation créature/machine qui se révélerait presque touchante même si c’est finalement Alex qui émeut le lecteur de par sa solitude, ses besoins de réponse et le poids des responsabilités qui pèsent sur ses épaules…

En bref, voici une nouvelle fort immersive qui ne manquera pas de vous faire réfléchir sur de nombreux thèmes comme la notion d’humanité et le rapport homme/IA/machine. Mon seul petit regret est ne pas en savoir plus sur l’après, sur le nouveau chemin emprunté par un protagoniste qui a compris que vivre, ce n’est pas simplement exister.

  • Notre Mère, Philippe Deniel

Notre Mère par [Philippe DENIEL]

Nous suivons ici une escouade dépêchée pour accoster un navire-colon, l’Amerigo Vespucci, mais à bord, tout ne se passera pas comme prévu, et ce qui aurait dû être une classique mission va prendre une tournure inattendue. En plus des Déchus que les Chevaliers, accompagnés d’un shaman, sont venus détruire, le navire semble abriter une autre entité.

Quant à découvrir sa nature, il vous faudra lire cette courte nouvelle dans laquelle la tension monte crescendo. En plus de l’hostilité des Chevaliers envers le shaman qu’ils considèrent comme une abomination malgré son savoir-faire, une menace bien plus grande semble être sur le point d’être démasquée à moins que…

J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle dont la fin m’a vraiment surprise, et m’a prouvé que, d’une part, ceux qui aboient ne sont pas forcément ceux qui mordent, et que d’autre part, certains sont prêts à tout pour combler une Mère extrêmement possessive !

  • Sale temps pour un mutant, Guillaume Sibold

Sale temps pour un Mutant par [Guillaume Sibold]

Dans une ambiance de fin du monde, nous suivons un mutant qui tente, tant bien que mal, de survivre durant une nuit sanglante où les Jack-O’ sont de sortie.

Ces monstres, pourtant faits de chair et de sang, terrorisent chaque année, durant une seule et unique nuit, tout le monde : des mutants ayant subi des transformations physiques aux pillards en passant par les créatures peu ragoûtantes qui hantent les recoins de la ville, une fois la nuit tombée.

L’auteur instille, page après page, pas après pas, une bonne dose d’horreur à travers cette bande déguisée et violente qui traque et massacre leurs proies. Et quand ce n’est pas entre les mailles de leur filet que notre mutant doit passer, c’est entre celles d’une créature qui, heureusement pour lui, possède un étrange et intéressant point faible.

Si vous aimez ressentir cette bouffée d’angoisse qui monte à mesure que se tournent les pages, vous allez apprécier cette nouvelle qui donne l’impression déstabilisante de devoir, aux côtés de notre protagoniste, lutter pour sa survie dans un monde post-apocalyptique digne d’un bon film d’horreur.

Et vous, lisez-vous parfois des nouvelles et/ou de la science-fiction ?
Certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?

Throwback Thursday Livresque #173 : un genre que vous lisez peu

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Si je lis à peu près de tout, il y a un genre qui est encore peu représenté dans mes lectures : la science-fiction. Ce n’est pas que je ne l’aime pas, mais il ne m’attire pas outre mesure bien souvent en raison de la peur de tomber sur un univers trop complexe avec un vocabulaire spécifique assez nébuleux..

Toutefois, il m’est arrivé, en la matière, de faire d’excellentes et inattendues découvertes comme Skyward de Brandon Sanderson dont j’avais adoré le livre audio anglais. La narration est excellente, les relations entre les personnages bien travaillées (et chouette, pas de romance), le suspense et le mystère au rendez-vous, l’univers accessible tout en regorgant de possibilités et l’histoire palpitante ! Mention spéciale à un personnage secondaire que j’ai adoré, un vaisseau très particulier auquel je me suis terriblement attachée.

Skyward (English Edition) par [Brandon Sanderson]

Spensa’s world has been under attack for hundreds of years. An alien race called the Krell leads onslaught after onslaught from the sky in a never-ending campaign to destroy humankind. Humanity’s only defense is to take to their ships and fight the enemy in the skies. Pilots have become the heroes of what’s left of the human race.

Spensa has always dreamed of being one of them; of soaring above Earth and proving her bravery. But her fate is intertwined with her father’s – a pilot who was killed years ago when he abruptly deserted his team, placing Spensa’s chances of attending flight school somewhere between slim and none.

No one will let Spensa forget what her father did, but she is still determined to fly. And the Krell just made that a possibility. They’ve doubled their fleet, making Spensa’s world twice as dangerous . . . but their desperation to survive might just take her skyward . . .

Je pense d’ailleurs lire la suite qui s’annonce tout aussi prometteuse.

Starsight (Skyward Book 2) (English Edition) par [Brandon Sanderson]

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Quel genre lisez-vous le moins ?

Les Explorateurs, Alan Spade

Les Explorateurs (nouvelle) par [Spade, Alan]

Pour ma deuxième participation au Challenge The Maki Project, j’ai choisi une nouvelle qui me sort complètement de mes habitudes de lecture : Les Explorateurs d‘Alan Spade.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Deux officiers de la Compagnie d’Exploration Interstellaire aux personnalités divergentes, envoyés sur une planète inexplorée, vont vivre une série d’expériences paranormales au cours desquelles leurs capacités d’adaptabilité et leur esprit d’équipe vont être mis à rude épreuve.

Les Explorateurs est l’une des huit nouvelles du recueil de science-fiction (space opera) Les Explorateurs, d’Alan Spade, parue en 2009 aux Éditions Lokomodo.

AVIS

J’ai été très agréablement surprise par cette nouvelle qui, dès les premières pages, m’a conquise. D’une plume fluide et immersive, l’auteur arrive, en une trentaine de pages, à construire un récit prenant et empli de tension.

Une tension qui passe autant par la relation entre les deux protagonistes que les différentes péripéties qu’ils vont traverser. Covain Chase et Kara Elison n’auraient pu être plus différents : le premier est sûr de lui, vantard et sexiste,  quand la seconde est intelligente, réfléchie et mature. C’est d’ailleurs cette opposition de caractère qui leur a valu de devoir collaborer sur une mission. Leurs supérieurs estiment, en effet, qu’il est préférable de faire travailler ensemble deux personnes qui ne s’apprécieront jamais et ne seront donc pas tentées de compromettre le succès d’une mission en sauvant l’autre en cas de gros problème. Les adeptes de l’entraide et de l’esprit d’équipe n’ont qu’à se faire une raison, business is business !

Après quelques échanges tendus dans leur vaisseau et un atterrissage mouvementé, Covain et Kara explorent la planète X-0968 afin de confirmer ou d’infirmer la présence de trinocium, un minerai prisé. Une mission en apparence anodine qui se révèlera bien plus difficile que prévu ! Les nerfs mis à vif, nos deux explorateurs vont ainsi faire face à une série d’épreuves devant laquelle ils réagiront très différemment. La force brute et l’impulsivité contre la réflexion et l’intelligence des situations !  Ces épreuves nous permettront donc de découvrir les forces et faiblesses de chacun ainsi que quelques bribes de leur passé…

En plus des tensions entre les personnages qui apportent pas mal de piment au récit, j’ai apprécié cette plongée sur une planète mystérieuse qui recèle bien des surprises et des questions. Qui est derrière cette série de tests qui nous donne l’impression d’assister à une émission de télé-réalité version survie dans l’espace ? Qu’attend-on réellement de notre duo pas vraiment complémentaire ? Comment vont s’en sortir nos explorateurs et surtout s’en sortiront-ils vivants ? Tout autant d’interrogations qui facilitent l’empathie avec les personnages et nous donnent envie de tourner les pages afin de découvrir le fin mot de cette étrange aventure.

De la même manière, si j’aurais souhaité en apprendre plus sur les différentes espèces rencontrées tout au long du récit, force est de constater que l’auteur stimule avec aisance notre imagination grâce à une galerie d’êtres aux formes et aux capacités diverses et variées.  Quant à la chute, je l’ai trouvée plutôt savoureuse et inattendue. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que je serais ravie de lire une nouvelle, voire un roman, sur l’après….

En conclusion, entre illusions et faux-semblants, l’auteur nous offre une nouvelle emplie de tension qui repose autant sur des protagonistes que tout oppose que sur un suspense savamment distillé qui saura tenir en haleine les lecteurs !

Vous pouvez télécharger gratuitement la nouvelle sur Kobo ou sur Amazon.