Les tribulations de Lady Eleanor Grant : La première reine, J. James

Les Tribulations de Lady Eleanor Grant, Tome 1: La Première Reine par [J. James, Lowenael]

1910

Après des années d’un mariage désastreux, Lady Eleanor Grant est enfin libre de mener sa vie comme elle l’entend. Grande amatrice d’égyptologie, elle décide de se rendre dans ce pays qu’elle a si souvent fantasmé, l’Egypte. Là-bas, elle va faire la connaissance de Karl Schaffenberg, un éminent professeur allemand. A eux deux, ils décryptent de vieux parchemins, trouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre, qui leur révèlent une fantastique découverte : une nouvelle reine égyptienne, Nitetis, inconnue jusqu’alors, vient complètement bouleverser l’ordre dynastique. Lors de cette enquête, Eleanor est amenée à recroiser la route du brillant gallois, Warren Crowley.

Intrigué, ce dernier se laisse entraîner par cette étrange aventure, et se révèle être un précieux allié, pour suivre les traces de cette reine oubliée. Mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette Nitetis ? Qu’a-t-elle donc fait pour subir la Damnatio Memoriae ? Parfois, certains secrets bien gardés devraient le rester

Auto-édition – 400 pages – Broché (20€) – Ebook (3,99€)
15 illustrations réalisées par Lowenael

AVIS

J. James m’a complètement charmée grâce à un imaginaire riche et une magnifique plume aussi fluide qu’immersive. Les mots sont couchés avec élégance sur le papier, les phases narratives alternent avec des dialogues vifs et percutants, les descriptions précises et imagées vous font voyager, vous donnent l’impression de fouler le sable du désert et de visiter l’Égypte, un pays à l’aura mystérieuse et à l’histoire fascinante. Lire ce roman, c’est une expérience à part entière, c’est se plonger dans une aventure trépidante auprès de personnages attachants et tellement vivants !

En plus d’être très réalistes, les protagonistes, et plus particulièrement Eleanor dont la psychologie a été remarquablement travaillée, prennent corps et vie sous nos yeux de manière éclatante. Durant ma lecture, la frontière entre fiction et réalité s’est régulièrement estompée me donnant le sentiment de vivre moi-même les aventures d’Eleanor ou, du moins, de suivre de près les tribulations d’une amie ou d’une femme ayant réellement existé. La capacité de l’autrice à nous immerger dans son histoire sans réserve et l’attachement quasi immédiat qu’elle nous fait éprouver pour Eleanor apportent une dimension forte et enivrante au récit que j’ai lu d’une traite, ne faisant que quelques pauses pour reposer mes yeux. Ce sera d’ailleurs là le seul défaut du roman, une police d’écriture un peu trop petite pour la myope que je suis.

Eleanor n’est pas invulnérable, mais elle n’en demeure pas moins une femme haute en couleur, courageuse, pugnace et intelligente qu’il est impossible de ne pas admirer et d’ériger en modèle. Issue d’un milieu aisé, cela ne l’empêchera pas de vivre le drame d’un mariage forcé, son père l’ayant vendue (appelons un chat un chat) pour éponger ses dettes auprès d’un homme violent qui, des années durant, lui fera vivre un véritable enfer. Résistant à la violence morale et psychologique de son époux, elle pourra heureusement prendre sa revanche des années plus tard. Libérée du joug de son bourreau, la jeune femme sera enfin libre de voyager en Égypte afin de s’adonner à sa passion de l’archéologie et de l’Égypte ancienne. Un voyage qui ne se fera pas sans un pincement au cœur à l’idée de quitter un homme d’affaires séducteur, et accessoirement amant passionné d’une nuit, Warren Crowley.

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Le début du roman m’a donné le sentiment de lire une très bonne romance historique, mais à partir du moment où Eleanor part pour l’Égypte, l’histoire prend un tout autre tournant. La jeune femme devra faire face au mépris et au paternalisme des archéologues sur place souvent moins compétents qu’elle, mais très fiers de leur chromosome Y. Elle fera néanmoins la connaissance du professeur allemand Karl Schaffenberg, bien plus intelligent que ses confrères, avec lequel elle travaillera afin de décrypter des papyrus codés retrouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre.

Après un travail acharné, Eleanor fera alors une découverte surprenante et d’une valeur inestimable : l’existence d’une reine égyptienne, Nitetis, qui a purement et simplement été effacée de l’Histoire ! Devant l’importance de la découverte qui remet en cause l’ordre dynastique des pharaons, nos deux compères et complices partent à la recherche de son tombeau. Mais avant, ils vont devoir convaincre le propriétaire des terres où il est potentiellement situé de les autoriser à lancer des fouilles archéologiques. Et voilà comment la route d’Eleanor va de nouveau croiser celle du très attirant, mais agaçant, Warren Crowley.

J’ai adoré suivre les trois personnages dans cette aventure, le trio fonctionnant à merveille et se révélant très complémentaire. Le professeur m’a touchée par son optimisme contagieux, son enthousiasme presque enfantin, sa gentillesse, sa bienveillance, son ouverture d’esprit en ce début de XXᵉ siècle où les femmes sont encore infantilisées, et sa sincère amitié pour Eleanor avec laquelle il a noué une réelle complicité.

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Crowley est, quant à lui, l’image du bad boy, version chic et glamour : charmant, beau parleur, sans attache ni envie d’en nouer, aimant les plaisirs de la chair, riche et doué pour les affaires, alternant entre la goujaterie la plus infâme et la prévenance la plus totale… Si l’image est un peu stéréotypée, l’autrice a su insuffler au personnage un supplément d’âme et de mystère qui le rend très attirant au plus grand désespoir d’Eleanor qui aimerait garder ses distances avec ce dernier afin de préserver son cœur. En plus de la touche de charme et de romance qu’il apporte à l’intrigue, Crowley saura aussi se montrer fort utile durant l’expédition et les fouilles qui se révéleront bien plus dangereuses que prévu.

Entre les dangers inhérents à tout voyage et à des fouilles archéologiques, un ennemi mystérieux bien décidé à arrêter Eleanor, des rêves étranges qui épuisent et déstabilisent la jeune femme, et des pièges retors inventés par un Grand Prêtre bien décidé à ce que l’existence de son ancienne reine ne soit jamais dévoilée, nos amis n’auront pas le temps de s’ennuyer. Ils devront ainsi affronter des situations inattendues qui mettront leurs nerfs à rude épreuve et pourraient faire vaciller toutes leurs certitudes…

La partie consacrée à l’exploration du tombeau m’a fascinée, l’autrice ayant particulièrement soigné ce passage que j’ai trouvé plus que réaliste. On a l’impression d’être devant un épisode d’Indiana Jones, avec cette part de mystère et d’action qui rend l’expérience aussi angoissante que palpitante ! Attendez-vous donc à trembler et à être tenus en éveil par une rencontre inattendue, dangereuse, mais également très émouvante…

Bien que peu présent dans le récit, ou du moins pas assez à mon goût, le très flegmatique majordome d’Eleanor, Bridges, m’a fait forte impression. Présence rassurante et fidèle, cet homme se révélera plein de ressources, en plus d’être d’une totale dévotion envers sa lady. L’autrice laisse encore planer beaucoup de mystère autour de ce dernier et de son passé que l’on sent mouvementé… J’ai donc hâte d’en apprendre plus dans la suite de la série, La première reine étant le premier tome d’une série de quatre tomes, chacun organisé autour d’une aventure indépendante.

En plus d’une plume fluide, élégante et très immersive et de personnages auxquels on s’attache irrémédiablement, j’ai apprécié les thématiques soulevées tout au long du récit : les mariages forcés et la misogynie en ce début de XXᵉ siècle, la difficulté pour une femme de se faire entendre dans un milieu de l’archéologie dominé par les hommes, le révoltant paternalisme des Occidentaux qui n’hésitent pas à piller le patrimoine d’autres pays, la difficulté de concilier l’envie de mettre à jour le passé d’un pays et sa souveraineté, la méfiance que les femmes de caractère et de pouvoir ont toujours eu tendance à susciter…

À cet égard, on ne pourra qu’être ému par le destin tragique de Nitetis et révolté par la trahison abjecte de son Grand Prêtre aveuglé par ses nombreux a priori, notamment sur les femmes. L’histoire de cette reine oubliée, que l’on découvre au compte-gouttes, s’est révélée passionnante et émouvante. J’aurais d’ailleurs adoré en apprendre bien plus sur ce personnage qui a tout sacrifié pour son pays sans n’avoir jamais rien obtenu en retour si ce n’est méfiance et oubli… Elle aura au moins connu, durant sa courte existence, l’affection sincère de son père, mais aussi l’amour d’un homme qui a su voir en elle la femme qu’elle était.

L’objet livre mérite également toute notre attention : de la superbe couverture avec des reliefs en passant par la quinzaine d’illustrations de Lowenael agrémentant le récit, ce roman est un enchantement des yeux. Petit détail qui fait toute la différence : le livre dispose de grandes marges, ce qui permet de le lire sans craindre d’en casser le dos.

En conclusion, si vous aimez les aventures avec un grand A et êtes fascinés par l’aura de mystère entourant l’Égypte, son histoire et ses trésors, ce premier tome d’une série riche en promesses devrait vous plaire. D’une plume fluide, élégante et immersive, J. James captive ses lecteurs pour les plonger dans un récit palpitant porté par un trio complémentaire dont les interactions sonnent aussi vraies que justes. Émotions, mystère, action, dépaysement et révélations attendent les lecteurs qui oseront se lancer dans cette aventure mélangeant avec brio bribes du passé, amitié et amour, le tout auréolé d’une pointe de fantastique.

Les tribulations de Lady Eleanor ou quand la passion et la détermination d’une lady rencontrent l’érudition d’un professeur et l’espièglerie d’un séducteur…

Retrouvez le roman sur le site de l’autrice que je remercie pour ce partenariat.

Week-end à 1000 (26-28 juin 2020) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Un nouveau week-end à 1000 commence ce vendredi 26 juin à 19h et se terminera le dimanche 28 juin à 23h59. Je vous présente donc ma PAL prévisionnelle que, pour une fois, je vais essayer de respecter.

Couverture La chronique des anciens, tome 1 : Le baiser du dragon

Mi-humaine, mi-dragonne, Pia Giovanni a été choisie pour une mission ultra dangereuse : dérober un élément du trésor de Dragos Cuelebre, le dragon le plus redoutable au monde. Simple pion dans la guerre qui oppose le roi Faë à Dragos, Pia va bientôt subir la colère de la ténébreuse créature…

  • La première reine de J. James (400 pages) : SP dont je dois rendre la chronique au maximum pour le 1er juillet, ce sera ma lecture prioritaire et celle qui me tente le plus.

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reine

1910
Après des années d’un mariage désastreux, Lady Eleanor Grant est enfin libre de mener sa vie comme elle l’entend. Grande amatrice d’égyptologie, elle décide de se rendre dans ce pays qu’elle a si souvent fantasmé, l’Egypte. Là-bas, elle va faire la connaissance de Karl Schaffenberg, un éminent professeur allemand. A eux deux, ils décryptent de vieux parchemins, trouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre, qui leur révèlent une fantastique découverte : une nouvelle reine égyptienne, Nitetis, inconnue jusqu’alors, vient complètement bouleverser l’ordre dynastique. Lors de cette enquête, Eleanor est amenée à recroiser la route du brillant gallois, Warren Crowley.
Intrigué, ce dernier se laisse entraîner par cette étrange aventure, et se révèle être un précieux allié, pour suivre les traces de cette reine oubliée. Mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette Nitetis ? Qu’a-t-elle donc fait pour subir la Damnatio Memoriae ? Parfois, certains secrets bien gardés devraient le rester.

  • L’enfant et le maudit, tome 7 (174 pages) : voici l’une de mes séries préférées. J’ai hâte de me plonger dans ce septième tome que j’attendais avec impatience.

Couverture L'Enfant et le Maudit, tome 7

Les soldats en quête de salut sont toujours sur les traces des deux fugitifs.
L’un d’entre eux révèle au professeur un pan de son passé, à l’époque où il était encore humain, ce qui le saisit d’angoisse. C’est alors que le danger se rapproche encore davantage de Sheeva…  Où qu’ils aillent, ils ne pourront décidément pas trouver le repos.
Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…

  • La petite sirène de Michiyo Hayano et Shinobu Uemura (40 pages)

Couverture La Petite Sirène

TOTAL : 1021 pages

Et vous, participez-vous à ce week-end à 1000 ?
Prévoyez-vous une PAL ou préférez-vous choisir vos lectures au fur et à mesure ?

Cléopâtre, Alberto Angela

Je remercie les éditions HarperCollins de m’avoir permis de découvrir Cléopâtre d’Alberto Angela.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Revivre l’Histoire, sur les traces de Cléopâtre

Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire. Si, après deux mille ans, elle continue de nous fasciner et de nous inspirer, c’est peut-être parce qu’au-delà des images et du fantasme, elle est le visage de la modernité.

HarperCollins (2 octobre 2019) – 432 pages – Broché (22€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Marc Lesage

AVIS

S’il y a bien une femme qui a su traverser le temps en gardant le même éclat dans l’imaginaire collectif, c’est bien Cléopâtre. Et c’est ce personnage historique fascinant, encore auréolé d’un certain mystère, qu’Alberto Angela se propose de mettre à notre portée, non pas en faisant le détail de sa vie entière, mais en se focalisant sur une période importante de l’Histoire qui a, d’une certaine manière, façonné notre monde.

Nous suivons ainsi notre auteur, que l’on pourrait sans aucun doute qualifier de doux conteur, dans les couloirs du temps, entre 44 avant J.-C. et l’an 30 avant  J.-C. Quatorze ans, une période qui peut sembler ridicule au regard de l’histoire du monde, mais qui, comme vous le découvrirez dans le livre, mérite toute notre attention notamment par les enjeux militaires et géopolitiques dont elle a été le témoin, si ce n’est le théâtre.

L’auteur nous immerge ainsi complètement dans le passé où l’on découvre, comme si nous y étions, la vie à Rome avec des habitudes parfois surprenantes. Il valait mieux, par exemple, ne pas rester trop près des fenêtres sous peine de recevoir certaines substances sur la tête. Mais il évoque également des faits et événements historiques qui, pour certains, sont plus ou moins connus de tous : le complot le plus célèbre de l’histoire conduisant à l’assassinat de Jules César, le chaos régnant à Rome suite à la mort de son dictateur qui a semblé rester sourd aux signes annonçant le drame, les faits de gloire de Marc Antoine et son alliance/rivalité avec Octavien, les vengeances implacables, les alliances/mésalliances politiques et stratégiques, les trahisons, la puissance de l’armée romaine sans oublier la déchéance du couple emblématique formé par Cléopâtre et Marc Antoine…

L’auteur prend le temps de poser le contexte historique dans lequel Cléopâtre a dû évoluer et s’imposer, un monde dur et machiste fait par les hommes et pour les hommes dans lequel la femme n’a qu’une place subalterne, quand elle en a une. Il en résulte une certaine frustration puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur nous donnait bien plus d’informations sur la politique de l’époque et la vie de César et de Marc Antoine que sur celle de Cléopâtre. Il faut dire que vu le travail de sape des Romains et de leurs penseurs et historiens qui se sont évertués à la discréditer et à la salir, difficile d’en dessiner un portrait aussi précis que celui des hommes de sa vie.

Cela n’empêche néanmoins pas de sentir avec force l’influence de la mythique souveraine dans cette histoire qui est en marche. Forte, intelligente, cultivée, pugnace, fine stratège, et définitivement en avance sur son temps, Cléopâtre est loin de se réduire à l’image de catin de haut vol dans laquelle certains ont essayé de l’enfermer. Elle a su profiter au maximum de ses multiples atouts que ce soit son charme couplé à une personnalité hors norme, ses talents d’oratrice ou encore sa fortune, pour assurer son avenir, celui de ses enfants et de son royaume sur lequel elle veillera jusqu’à la fin… L’approche multiculturelle de son règne, qui rompt avec la tradition familiale et qui lui permettra de s’attirer la sympathie de son peuple, ainsi que sa capacité à se projeter dans l’avenir font d’elle une souveraine d’exception qui a marqué à jamais l’histoire.

Si cette biographie romancée est richement documentée comme l’en atteste la longue bibliographie, on appréciera le travail personnel de l’auteur qui comble avec intelligence et sérieux les failles ou les ombres de l’histoire. Impossible de connaître parfaitement tout ce qui est arrivé durant ces quatorze ans mouvementés, mais ce qui est certain, c’est que la version proposée par l’auteur, en plus d’être cohérente et plausible, est amenée avec soin et une certaine passion. Loin de se contenter de nous narrer méthodiquement et froidement les événements, Alberto Angela y met de l’émotion nous plongeant dans les pensées et sentiments des protagonistes. Un point qui fait toute la différence et qui rend le récit passionnant. De fil en aiguille, on se laisse ainsi happer par les événements avec cette impression de ne pas lire un livre, mais de regarder une fresque historique et amoureuse sur grand écran.

Bonus fort appréciable, les différentes cartes proposées en fin d’ouvrage qui viennent confirmer l’impression de qualité que l’on ressent dès la prise en main du livre.

En conclusion, d’une plume fluide, parfois théâtrale, voire dramatique, comme a pu l’être l’Antiquité, l’auteur nous immerge dans le passé, de la Rome antique en proie au chaos suite à l’assassinat de César à cette opulente Égypte dirigée d’une main de fer par Cléopâtre, une jeune souveraine qui a fasciné et qui fascinera encore des générations entières. Immersif, documenté et fascinant, voici un voyage historique que je ne peux que vous inviter à effectuer. Vous y découvrirez un monde en mouvement où les plus grandes histoires d’amour font face aux plus grands complots… Plus qu’un roman, une magnifique épopée marquée à tout jamais du sceau d’une grande souveraine !

Découvrez un extrait/retrouvez le roman sur le site des éditions HarperCollins.

Reine d’Égypte, Chie Inudoh

J’ai lu ce manga dans le cadre du Challenge Lire en thème dont le thème du mois d’octobre est de lire un livre dont la couverture comporte un visage en gros plan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hatchepsout, ou le combat d’une reine au temps des Pharaons !

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmôsis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ?
Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée, à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux.

  • Broché: 190 pages
  • Editeur : Ki-oon (9 mars 2017)
  • Traduction : Fedoua Lamodiere
  • Prix : 7.90€

TRAILER

 

AVIS

Sur le papier, ce manga avait tout pour me plaire : une héroïne forte qui lutte pour se faire sa place dans l’Égypte ancienne. Et dans les faits, le plaisir pris à découvrir cette histoire fut total !

Le gros point fort de ce manga est Hatchepsout, jeune femme destinée à devenir reine d’Égypte quand elle aurait souhaité être pharaon. Cette héroïne porte à bout de bras l’intrigue tellement l’autrice a travaillé et façonné son personnage pour le rendre fascinant, pétillant, attachant et émouvant.

Hatchepsout n’a qu’un objectif dans la vie : s’affranchir des conventions et devenir pharaon afin de faire honneur à ce titre que son sexe ne lui permet hélas pas de revendiquer. Pour cela, elle n’hésitera pas à rompre avec l’image féminine que sa famille souhaiterait qu’elle donne, se comportant, selon le dire de ses servantes et de son demi-frère, en garçonne. Mais peu importe pour la future reine qui mise plutôt sur sa force que sur sa beauté. Et c’est ce qui fait son charme ! Que c’est plaisant de voir une jeune femme qui tente d’imposer sa propre personnalité à un entourage qui attend d’elle un total dévouement à son futur époux, son demi-frère Séthi.

Au fil du temps, on la voit néanmoins se conformer à l’image que l’on attend d’une future reine. Sous ses sourires, se dessine alors ce voile de tristesse qui viendra ternir et assombrir son regard. Mais Hatchepsout n’a pas renoncé à sa liberté !  Une fois devenue reine, elle continuera son combat pour lutter contre l’ordre social et les conventions d’autant que son demi-frère, devenu pharaon grâce à elle, ne semble aucunement mériter ce titre. Une injustice qui renforce l’envie de la reine de prendre la place de son demi-frère/mari.

Dès ma rencontre avec cette héroïne, j’ai admiré son audace et sa force de caractère qui m’ont émue et inspirée. La personnalité hors norme de cette femme qui lutte contre la société et ses préjugés m’a donné envie de me jeter sur la suite de la série. J’espère sincèrement que l’auteure continuera dans sa lignée en nous proposant des intrigues et des épreuves à la hauteur d’une grande reine qui mérite bien plus que ce titre.

Quant à Séthi, qui deviendra l’héritier légitime du trône sous le nom de Thoutmôsis II, il semble bien pâle au regard de la personnalité pleine d’exubérance de son épouse. Les illustrations le présentent d’ailleurs sous un jour peu flatteur : avec un regard niais à la limite du bovin, il n’inspire pas vraiment le respect. Facile donc de comprendre que Hatchepsout n’a pas envie de laisser son royaume aux mains d’un être manquant tellement de grandeur et d’une vision éclairée pour assurer la souveraineté de l’Égypte…

J’ai quelque peu regretté que Thoutmôsis n’ait pas plus de consistance dans ce tome puisqu’il ne m’a pas paru être un antagoniste à la hauteur de Hatchepsout . La jeune femme semble donc plus en prise contre ses doutes et les conventions sociales que contre son frère qui lui laisse une relative autonomie. Mais je ne doute pas que les rapports entre les deux personnages se complexifient par la suite…

J’ai décidé de centrer ma chronique sur son héroïne, car pour moi, c’est elle qui porte le manga et c’est la raison principale qui va me pousser à dévorer tous les tomes. Mais le manga ne manque pas d’autres atouts : le lieu de l’action avec cette Égypte qui fascine, des informations historiques qui sont distillées avec parcimonie et subtilité, de somptueux décors et bijoux/vêtements, des dessins d’une grande précision et de toute beauté, un récit rythmé, l’introduction d’un personnage assez mystérieux mais qui semble aussi avoir son caractère… Tous ces éléments contribuent à rendre ce manga immersif et envoûtant.

En résumé, Reine d’Égypte est un manga que je conseillerais à tout le monde tellement le travail réalisé par l’autrice sur son héroïne est remarquable. Si vous aimez les personnages forts avec leurs moments de doute, mais surtout une volonté de fer, vous allez adorer vous plonger dans cette aventure. Et puis, sans être une spécialiste de l’époque, l’autrice semble avoir fait un réel travail de recherche retranscrivant à merveille l’ambiance si particulière de l’Égypte ancienne. Un sens du réalisme qui donne une autre dimension à cette série !

Et vous, le manga vous intéresse ?
Retrouvez-le chez votre libraire ou sur Chapitre.com.

 

Coloriage pour adultes: Mandalas Egypte

Image du site internet des Editions Dangle

J’avais repéré le livre Mandalas Égypte en magasin mais j’avais réussi à ne pas craquer. Vous devinerez alors l’agréable surprise que j’ai eue quand ma sœur me l’a donné. Elle l’avait acheté pour elle-même mais finalement, le coloriage l’ayant très vite lassée, j’en ai hérité.

Ce livre fait partie de la collection Mandal’Art (Éditions Dangle) qui comprend, au total, quatre ouvrages:

Voici la description de l’éditeur:

« Le mandala, ou « cercle magique », est présent dans de nombreuses traditions comme support de méditation. Colorier un mandala permet de se recentrer, de libérer à la fois ses émotions et sa créativité, sollicitant ainsi les deux hémisphères du cerveau. Celui qui voudra se relaxer débutera le coloriage par le centre pour aller vers l’extérieur. Pour favoriser la concentration, il procèdera alors de l’extérieur vers le centre.

L’originalité de cette collection « Mandal’Art » est d’introduire une dimension culturelle en faisant découvrir une période ou un mouvement artistique. L’Égypte nous passionne tous dès l’enfance. Ce recueil est l’occasion de découvrir l’art égyptien et son symbolisme, les hiéroglyphes, les divinités, l’architecture… Sous chaque mandala, un texte court et instructif permet à chacun de retenir les notions essentielles. Enfants, adolescents, adultes, grâce à ce coloriage intelligent, développez votre créativité, initiez-vous à l’art tout en favorisant votre épanouissement personnel. »

DIMENSION CULTURELLE

J’ai apprécié la dimension culturelle de ce livre, et plus généralement, de la collection Mandal’Art. Le texte sous chaque mandala est assez court pour être lu par tout le monde et les informations données sont intéressantes. Les mandalas présents sont variés et reprennent les principaux symboles de l’Égypte que les enfants et les adultes reconnaîtront sans peine ou du moins, pour les plus connus.

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LES POINTS POSITIFS

Toutes les personnes, des plus jeunes aux plus âgées, pourront se faire plaisir avec ce livre. Les traits noirs délimitant les dessins sont épais ce qui facilite nettement le coloriage. Pour ma part, c’est plutôt un point positif notamment pour les personnes qui débutent le coloriage ou alors, pour les plus jeunes qui n’ont pas encore développé la dextérité de leurs aînés. Néanmoins, ce détail plus le fait que les mandalas demeurent assez simples peuvent ne pas satisfaire les individus en quête de détails complexes à colorier.

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Les pages sont de bonne qualité et les feutres testés ne traversent pas. A titre d’exemple, j’ai colorié avec des Pen 68, des Djeco et des DD-Brush (feutres à double pointe de marque Dalbe) sans aucun souci. Évidemment, vous pouvez utiliser des crayons de couleur et même les aquareller sans que le papier ne se déchire. En outre, les dessins ne possèdent pas de verso ce qui peut être rassurant pour les personnes dont les feutres tendent à traverser le papier.

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MODÈLES GRATUITS

Si vous êtes intéressé par le livre Mandalas Égypte ou par l’un des trois autres, je vous invite à télécharger sur le site des Éditions Dangle des modèles gratuits. Cela vous permettra de vous faire une petite idée du type de dessins dans chaque livre car malheureusement, la collection Mandal’Art ne se trouve pas facilement en magasin.

Voici les liens pour chacun des quatre livres vous permettant d’accéder aux extraits gratuits:

 En résumé, ce livre est un coup de cœur que je suis très contente d’avoir découvert. Il réunit les qualités que je recherche dans un livre de coloriage pour adultes: jolis dessins, qualité du papier, prix raisonnable… Je suis impatiente de le terminer de manière à découvrir un autre livre de la collection Mandal’Art.