From the past, tome 1 : Adaptation, Lauren Peretti

Couverture From the past, tome 1 : Adaptation

J’ai lu From the past – Adaptation de Lauren Peretti dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Belmont Massachussetts, 1955.
Livia a dix-sept ans. Étouffée par les angoisses de son père, elle rêve d’émancipation. Mais, alors que pour la première fois, elle est autorisée à sortir avec ses amis pour voir le succès annoncé de la Fureur de Vivre, Livia perd subitement connaissance.
Quand elle se réveille, 59 ans se sont écoulés mais elle a toujours 17 ans… Surtout, elle possède d’inquiétantes capacités inexpliquées.
Aidée par Kate, neurologue chevronnée, Livia parviendra à s’échapper de FitcherTeck qui la tient captive.
Meurtrie par la perte des siens, elle devra relever plus d’un défi : rattraper près de soixante ans d’histoire, de technologie et d’évolutions sociales et culturelles, maîtriser ses nouvelles capacités mais, surtout, découvrir ce qu’il lui est arrivé, le tout sous la menace de FitcherTeck, organisation sans scrupule qui met tout en œuvre pour la retrouver.
Dans sa fuite vers son destin, Livia découvrira l’amour avec le beau William, fils naturel de Kate abandonné à la naissance, lui-même brisé par la vie. Ensemble, ils tenteront de se reconstruire.

Rebelle éditions (25 septembre 2017) – 432 pages – Broché (21,90€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Excitée et heureuse d’avoir obtenu de son père ultra protecteur la permission de passer la soirée avec ses amies, Livia, 17 ans, se fait kidnapper avant de se réveiller dans un endroit qu’elle ne connaît pas. Une expérience déjà difficile en soi qui se transforme en un véritable cauchemar quand elle apprend qu’elle a « dormi » pendant 59 ans ! Si la jeune fille a gardé son corps et l’esprit d’une adolescente, le monde a, quant à lui, continué sa marche sans elle…

L’année 1955 est donc bel et bien derrière elle ! Mais pire, en plus de lui voler sa vie, ses kidnappeurs ont fait d’elle un cobaye en la dotant de nouvelles capacités cognitives. Déboussolée, Livia peut heureusement compter sur Kate qui décide de la sauver de ses employeurs quitte à faire voler sa propre vie en éclats. Rejointes dans leur fuite par William, le fils de Kate qu’elle avait fait adopter dans sa jeunesse, les deux femmes prennent un nouveau départ. Mais faut-il encore que Livia arrive à tirer le trait sur son passé, à dompter ses nouvelles capacités et à ne pas attirer l’attention sur elle…

Je me suis tout de suite laissée embarquer par l’imagination de l’autrice et la manière dont elle rend la situation de Livia si réaliste. On partage l’incrédulité de la jeune fille, sa colère, ce sentiment terrible de perte, sa peur aussi… Puis les choses se sont quelque peu gâtées, le récit prenant progressivement des allures de romance pour adolescents. Cela, en plus de grandement atténuer l’intérêt que j’avais pour l’histoire, m’a frustrée n’ayant pas vraiment compris ce total revirement.

La romance se révèle, en outre, bien trop rapide pour être réaliste d’autant que l’on n’est pas dans une simple amourette, mais bien dans cette idée de l’amour fou auquel il est impossible de résister. Si l’intensité de la relation entre Livia et William semble peu plausible au regard du peu de temps qu’ils ont passé ensemble, le contexte particulier dans lequel elle se déroule en atténue néanmoins l’incongruité. On arrive donc à comprendre que parachutée dans un monde qu’elle ne (re)connaît pas, séparée définitivement des siens et avec de nouvelles capacités qui font d’elle une éponge émotionnelle, Livia s’accroche à cet homme qui, lui aussi, a vécu des choses douloureuses.

Comme dans beaucoup de romances actuelles, l’autrice nous propose un héros au passé difficile, mais elle a eu la bonne idée de ne pas en faire un tyran qui trouve du réconfort dans le mal qu’il fait à sa bien-aimée. Bien au contraire, William est plutôt du genre protecteur et essaie de se comporter en « type bien ». Il tergiverse donc énormément sur ses émotions et son droit au bonheur après les atrocités commises durant la guerre. Si au début, j’ai apprécié sa prévenance, j’ai fini par être agacée par sa manière de revenir sans cesse sur ses décisions. Le jeune homme alterne ainsi entre envie irrépressible de serrer Livia dans ses bras, et celle de s’éloigner d’elle pour ne pas la faire souffrir. Une précaution plus qu’inutile si l’on considère la force de caractère de la jeune fille.

En effet, envolée la Livia timide et soumise des années 50 ! Place à Jess, son prénom d’emprunt, une adolescente de 17 ans sympathique, mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds comme ses camarades de lycée le découvriront. Oui, Kate a insisté pour que Livia, ou plutôt Jess, renoue le plus tôt possible avec un semblant de normalité. Mais les lycéens d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux de son époque, et il lui faudra un petit temps d’adaptation pour être en phase avec ces derniers. J’ai trouvé intéressant de voir comment une jeune fille ayant été élevée dans une Amérique traditionnelle et puritaine s’adapte à sa nouvelle vie, aux nouvelles technologies et s’émerveille, ou au contraire reste abasourdie, devant les mœurs actuelles comme cette exposition des corps qui la choque.

De fil et en aiguille, Livia laisse tomber ses réserves et s’approprie nos codes même si elle conserve, au fond d’elle-même, certaines valeurs de son époque. Un mélange des mentalités qui rend la jeune fille atypique tout comme ses fascinantes capacités cognitives qui font d’elle un être hors norme ! Ressentir l’état émotionnel d’autrui, parfois en images, anticiper certaines actions, persuader les gens d’une simple phrase, retenir les informations instantanément… Tout autant d’atouts précieux dans la guerre que mène Livia contre l’organisation qui l’a kidnappée. Il est juste dommage que tout semble trop simple, la jeune fille arrivant plutôt facilement à dompter ses capacités, et à les utiliser sur ses ennemis comme sur ses proches quand les circonstances l’exigent…

Il faut d’ailleurs lui reconnaître une certaine témérité puisqu’elle n’hésitera pas à se mettre en danger pour en apprendre plus sur son passé, sur les raisons qui ont poussé une organisation à la kidnapper, et à la maintenir en vie dans un caisson pendant si longtemps. Obtenir des réponses aux questions qui la tourmentent se transforme presque en obsession pour Livia, ce qui finit par créer un fossé entre elle et Kate plus intéressée par l’avenir que le passé. Et puis il y a cette quête urgente qui a pris racine dans les étranges rêves de Livia durant lesquels un jeune homme la supplie de l’aider… Elle ne peut rester sourde à ses appels répétés et de plus en plus désespérés.

À cela s’ajoute le mystère que représente l’organisation responsable des malheurs de Livia et dont on perçoit, tout au long du roman, la toute-puissance et la menace qu’elle représente pour nos protagonistes. Arriveront-ils un jour à mener une existence normale alors que des individus influents et avec des moyens technologiques faramineux sont bien décidés à rattraper à n’importe quel prix leur « investissement »  ? Une question qui nous tient en haleine d’autant que la fin nous laisse dans une situation plutôt angoissante. Le tome 2 promet donc d’être mouvementé, et je l’espère, riche en révélations !

Petite originalité, en plus de l’histoire principale, l’autrice nous propose de revivre les grandes étapes du récit, mais cette fois-ci, du point de vue de William. Une démarche qui devrait plaire aux amateurs de romance puisqu’on découvre plus en détail ses sentiments pour Livia, et sa lutte intérieure incessante pour ne pas y succomber. Cet aspect m’a quelque peu ennuyée, mais j’ai apprécié, en revanche, de pouvoir « combler les trous », l’autrice nous dévoilant toutes les actions et agissements de William dont Livia n’a pas eu connaissance.

La plume de Lauren Peretti m’a, quant à elle, séduite : fluide, travaillée tout en restant accessible, elle se révèle aussi agréable qu’efficace pour vous immerger dans le récit et vous faire ressentir les doutes et les émotions des personnages. J’ai ainsi apprécié cette mise en avant des sentiments et des relations qu’elles soient amoureuses ou plus difficiles à cerner à l’instar de celle unissant Kate à Livia. J’aurais toutefois apprécié que l’action soit un peu plus présente, une certaine impression de lenteur et de tourner en rond ayant fini par s’emparer de moi durant ma lecture. Un trop-plein de « je t’aime, mais je ne peux pas être avec toi » et de « je t’aime, mais pourquoi tu me rejettes », probablement…

En conclusion, Adaptation pose les jalons d’une trilogie intense dans laquelle le mystère côtoie l’amour, peut-être un peu trop d’ailleurs puisque ce premier tome est principalement centré sur la relation naissante et difficile entre une héroïne sans repères et un jeune homme blessé par la vie. Les lecteurs aimant les histoires d’amour contrariées, mais pas malsaines, devraient donc trouver leur bonheur. Si j’ai regretté la prépondérance de la romance et les longueurs qui lui sont associées, j’ai, en revanche, apprécié l’imaginaire de l’autrice et cette fin qui laisse entrevoir un deuxième tome peut-être plus porté sur l’action. Et puis entre une mystérieuse organisation aux méthodes peu louables, un certain suspense et la découverte d’une héroïne aux capacités hors norme bien décidée à se rapproprier sa vie, le divertissement est au rendez-vous.

Retrouvez le roman sur le site de Rebelle éditions.

Lebenstunnel, Tome 1 : Allégeance, Oxanna Hope

J’ai lu Lebenstunnel publié aux éditions Rebelle dans le cadre du Prix des auteurs inconnus.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Et si le dénouement de la Seconde Guerre mondiale n’était pas celui que l’on connaissait ?
200 ans après la victoire d’Hitler, Germania n’est plus un mythe. La race aryenne tant espérée par le Führer domine le monde et toutes les autres ethnies ont été éradiquées de la planète. Krista, jeune Aryenne, travaille dans un Lebensborn. Elle a été élevée dans le moule de la race pure et ne connaît que ce mode de vie, jusqu’au jour où elle suit malgré elle une femme dans les égouts de la ville. Ce qu’elle y découvre va ébranler toutes ses convictions et peut remettre en question le fonctionnement même du monde dans lequel elle vit.

AVIS

J’ai beaucoup aimé Lebenstunnel, mais ce ne fut pas le coup de cœur que j’espérais. Il faut dire que vu les avis dithyrambiques que j’en avais lu, mon niveau d’attente était très élevé… Or, il y a un élément qui ne m’a pas permis d’être totalement transportée par cette histoire pourtant haletante et immersive : la romance. A l’image de la plupart de celles que l’on retrouve dans les livres Young Adult, elle m’a semblé bien trop clichée et rapide pour être crédible. Une jeune femme dont la vie est soudainement bouleversée tombe immédiatement, ou presque, sous le charme d’un jeune homme qui est pourtant supposé être son ennemi… Je concèderai néanmoins qu’en faisant garder une certaine réserve à ces deux amoureux, l’auteure a su éviter les scènes trop fleur bleue.

Malgré la romance, j’ai adoré l’univers particulièrement bien soigné et complètement glaçant qu’a su créer l’autrice. Elle nous transporte ainsi dans Germania, cette ville construite à l’image d’Hitler qui a remporté la Seconde Guerre mondiale. Deux cents après sa victoire, la race aryenne est comme il l’a toujours rêvée : dominatrice, froide et guidée par d’abominables principes pouvant se résumer à la destruction de la différence. C’est dans ce contexte que Krista, aide-soignante dans une maternité, a été éduquée. Mais contrairement aux autres individus de son peuple, elle ne peut s’empêcher de faire preuve d’empathie notamment envers tous ces bébés qui passent entre ses mains et qui ne rentrent pas dans les cases…  Et c’est cette capacité à ressentir des émotions qui va, pour son plus grand désarroi, la conduire dans un monde dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence.

Un monde ayant pris vie sous terre afin de se protéger de la barbarie nazie, un monde composé d’un peuple censé être disparu, un monde qui n’accepte pas la présence de cette Aryenne aux cheveux blonds et aux yeux bleus si caractéristiques de sa race… Violentée, rejetée et considérée avec mépris, Krista va passer par différents stades d’émotions : peur, colère, sentiment de révolte et d’injustice, peine à l’idée de ne plus jamais retrouver sa vie d’avant, mais aussi, étonnement devant ce peuple qui a été capable de se cacher durant deux cents ans. À ce maelström d’émotions, se mêlent des sentiments plus ambivalents d’attirance et de répulsion, d’amour et de haine pour Élias, un jeune homme courageux qui ne la laisse pas indifférente.

Si l’histoire d’amour m’a bien souvent poussée à faire les gros yeux, j’ai néanmoins apprécié cette fille qui, petit à petit, se pose des questions sur sa vie d’avant, sur ce qu’elle pensait savoir, sur ce qui est juste ou non… Alors qu’elle aurait pu se morfondre ou, à l’inverse, se cacher derrière un masque d’impassibilité très aryen, elle prend le risque de se dévoiler, de poser des questions, d’essayer de comprendre ce peuple différent du sien qui ne lui fait pas de cadeaux. Ceci est d’autant plus remarquable qu’élevée dans les principes du nazisme, cela n’a rien de naturel pour Krista et dénote chez elle une grande force de caractère et un certain courage. Quant à Élias, il semble un peu plus ouvert que les autres membres de ce peuple qui vit caché. Il accepte ainsi de ne pas juger Krista sur sa seule appartenance à la race aryenne, mais plutôt sur ses actes. Une ouverture d’esprit qui facilitera le rapprochement entre les deux jeunes gens et qui les aidera tous les deux à évoluer jusqu’à les pousser à prendre, chacun de leur côté, une décision qui changera le cours de leur vie.

Au-delà des protagonistes, j’ai beaucoup apprécié de découvrir la manière dont est organisée la vie dans ce monde souterrain qui a su rester invisible aux yeux des nazis. On sent d’ailleurs un vrai sens du détail de la part de l’auteure qui a su nous offrir un monde sans fausse note qui nous apparaît alors très crédible. Un réalisme qui ne peut que susciter admiration devant l’ingéniosité de ce peuple rescapé de l’horreur et effroi à l’idée de cette vie sans soleil, de cette vie cloîtrée dans un environnement hostile…

Même si Oxanna Hope a pris le temps de poser le décor, elle a réussi à rendre son récit très rythmé. Il se passe ainsi toujours quelque chose, et en général, quelque chose qui vous tient en haleine et qui vous enferme dans une bulle d’appréhension et d’angoisse. Je me suis donc souvent retrouvée dans cette situation paradoxale où j’avais très envie de lire la suite tout en y allant à reculons de peur qu’il n’arrive malheur aux personnages. Alors si vous aimez les récits menés tambour battant et enchaînant les rebondissements, vous allez être servis. À cet égard, la révélation finale et la fin en elle-même m’ont prise de court puisque je n’avais pas imaginé que les choses prendraient cette direction.

Quant à la plume de l’auteure, fluide et immersive, elle sert à merveille ce récit qui, derrière le couvert d’un monde imaginaire, nous permet de réfléchir à différents sujets durs et hélas bien réels : l’intolérance et ce rejet viscéral de la différence, la peur de l’autre, la manipulation et l’endoctrinement, l’obéissance aveugle à l’autorité, la haine qui s’insinue insidieusement en chacun poussant les victimes à agir comme leurs bourreaux…. Des thèmes qui, en étant abordés avec intelligence et sans lourdeur, donnent une tout autre dimension à ce roman.

En conclusion, Oxanna Hope, d’une plume acérée et immersive, a su créer un monde alternatif effrayant qui aurait pu, dans une certaine mesure, devenir le nôtre. À travers cette histoire imaginaire, elle soulève des thèmes difficiles qui sont toujours d’actualité et qui ne pourront que vous faire réfléchir. Trahison, tension, suspense, action, émotions, personnages forts et attachants… Voilà un cocktail explosif qui résume en quelques mots les raisons pour lesquelles je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce roman.

N’hésitez pas à lire les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus.

Je n’aimerai plus, Stéphane Soutoul

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Je remercie Stéphane Soutoul de m’avoir proposé de découvrir son roman Je n’aimerai plus alors même que la romance n’est pas un genre très présent sur le blog. J’étais d’autant plus ravie de sa proposition que chaque roman de l’auteur m’a offert de très beaux instants de lecture. C’est donc sans crainte et avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Inconsolable, Solange trouve refuge dans la solitude depuis le décès de son premier amour. Le marquis de Rousserolle souhaite malgré tout que sa fille épouse un aristocrate digne de son rang. Dans l’attente de fiançailles auxquelles elle refuse de se soumettre, Solange est placée sous la protection de Childéric de Frazignac. Dès le premier regard, la jeune femme perçoit le bretteur taciturne comme une atteinte à sa liberté. La guerre ne tarde pourtant pas à s’embraser aux frontières du royaume. Pris dans la tourmente des évènements, Solange et Childéric apprennent à cohabiter, à découvrir leurs blessures mutuelles, leurs espoirs… Se pourrait-il qu’un cœur en deuil finisse par s’éprendre d’une âme torturée, envers et contre tout ?

  • Illustration : Karen M.
  • A partir de 16 ans
  • Parution : 9 octobre 2017
  • 404 pages
  • Prix : 19.90
  • Autre format disponible : ebook

AVIS

L’histoire…

Solange, jeune aristocrate de 19 ans, se voit attribuer par son père un Vertueux, un homme qui maîtrise un des quatre éléments et qui met son épée et sa vie au service d’une jeune femme de la haute société jusqu’à ce qu’elle se marie. Or, éprise de liberté et peu encline à se plier aux impératifs de la bienséance, Solange refuse d’être suivie par le Vertueux qui lui est assigné, Childéric de Frazignac. Ce refus entêté est également motivé par une raison bien plus personnelle et douloureuse, la perte brutale de son premier Vertueux, Théodore, qui était aussi son ami et amour de jeunesse. Depuis sa disparition, Solange n’aspire qu’à une solitude que sa famille ne semble pas prête à lui accorder.

Quand la haine devient amour… 

De prime abord, Solange n’est pas un personnage auquel il est aisé de s’attacher. Bien que l’on comprenne et que l’on approuve son refus d’être sous la surveillance d’un Vertueux, il est fort difficile de justifier son comportement. Elle donne ainsi parfois l’impression d’être un oiseau pris en cage qui donne des coups de bec à ceux qui s’approcheraient de trop près de sa prison dorée alors qu’ils n’y sont pas invités. Et malheureusement pour lui, Childéric est, de par sa position, obligé de forcer les portes de la cage le condamnant de facto à devenir l’ennemi de la jeune fille. Elle va alors se montrer particulièrement odieuse et mettre tout en œuvre pour se débarrasser de lui allant jusqu’à fomenter, avec l’aide de sa sœur, un complot. Mais c’est certainement à travers ses piques quotidiennes et son mépris affiché que transparaît toute sa haine envers cet homme qui vient perturber sa solitude et son deuil.

A l’inverse de la terrible image que renvoie Solange dès le début de l’histoire, on ne peut s’empêcher de prendre en pitié Childéric qui ne fait que son métier et qui fait montre d’un certain professionnalisme malgré son acariâtre de maîtresse. Heureusement, on découvre très vite qu’il est loin d’être démuni face à cette dernière. En effet, d’un calme olympien devant la méchanceté injustifiée de Solange, il se révèle néanmoins taquin n’hésitant pas à se moquer subtilement de ses caprices que ce soit par quelques mots bien placés, son départ nonchalant lorsqu’elle se comporte comme une enfant capricieuse ou un art du silence bien maîtrisé. Et puis, derrière son stoïcisme et son côté taciturne, les lecteurs découvrent au fil de l’intrigue un être qui lui aussi a été blessé par la vie et qui a connu son lot de blessures autant physiques que mentales, mais qui, contrairement à Solange, ne fait pas payer aux autres ses malheurs.

Bien que d’abord conflictuelle, la relation entre Solange et le chevalier évolue progressivement pour se transformer en quelque chose que les deux personnages ont bien du mal à nommer. De la tendresse, de l’amitié, de l’amour ? Le lecteur assiste ainsi à la naissance des sentiments amoureux qui progressivement rapprochent ces deux personnes qui, bien que très différentes l’une de l’autre, sont unies par leur amour des livres, une force de caractère indéniable voire une certaine opiniâtreté et des valeurs fortes comme le sens de la justice, la loyauté, l’amour des leurs…

J’ai apprécié que l’auteur ne nous propose pas une énième romance basée sur un coup de foudre avec les traditionnels papillons qui virevoltent. Bien au contraire, il nous offre ici une romance réaliste qui se développe au gré des échanges entre les personnages, ceux-ci apprenant à se connaître, à découvrir leurs failles mutuelles, même celles dissimulées à leurs proches, avant de finir par naturellement s’apprivoiser. Cette évolution des sentiments se dévoile même dans le vocable utilisé par l’auteur. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, il se fait ainsi de plus en plus possessif et sensuel. Là, où au début du roman, nous avions droit à des descriptions presque factuelles, elles deviennent par la suite plus intimes, chacun des deux protagonistes s’autorisant à s’attarder sur les atouts physiques de l’autre. Cette subtilité dans la narration concourt indéniablement à la beauté de cette romance dont on ne peut qu’espérer une issue heureuse.

Au-delà de la très belle romance, l’auteur a su aborder de manière particulièrement délicate la question du deuil, un sujet qui me met en général mal à l’aise. A travers son histoire et les paroles souvent pleines de compréhension et de douceur du chevalier, il a su trouver les mots pour faire comprendre la nécessité d’aller de l’avant malgré la douleur de la perte d’un être cher.

Du droit d’être libre… 

Si Solange agace par sa méchanceté déplacée envers Childéric, elle suscite l’admiration par son refus des règles d’une société patriarcale condamnant les femmes aristocrates à être toute leur vie sous le joug d’un homme. Et de ce côté, elle se heurte à un mur en la personne de son père, le marquis de Rousserolle qui, pensant œuvrer pour le bonheur de sa fille, semble obnubilé par le respect de la bienséance faisant fi de son besoin de liberté.

Le marquis adore ses filles, mais j’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir envie de le secouer afin qu’il se rende compte que le bonheur de sa fille ne passe pas par un schéma préétabli. Qu’il l’empêche de s’enfermer dans sa solitude est une bonne chose, mais qu’il la force à être sous la surveillance d’un homme et qu’il n’écoute pas son désir de ne pas se marier m’a quelque peu agacée. J’ai eu l’impression d’entendre un disque rayé : « Oui, ma fille tu auras un Vertueux que tu le veuilles ou non, oui ma fille tu vas te marier et tant pis, si tu as d’autres envies ». Je comprends qu’il est difficile pour une personne de changer toute seule des règles sociétales profondément ancrées, mais ce qui m’a dérangée, c’est qu’il n’essaie même pas. Il reste vraiment certain que le bonheur de son enfant est lié à un homme et ça, je ne peux l’accepter d’autant que cet aveuglement va mettre Solange et Childéric dans une situation fort délicate. Ils devront ainsi faire face à un homme de la pire espèce dont la richesse et le statut n’ont pas pu compenser ce qui lui fait tant défaut, à savoir la noblesse de cœur et la bonté d’âme. Ce personnage qui symbolise tout ce qu’il y a de plus laid dans l’humanité (la jalousie, l’appât du gain, l’hypocrisie, la manipulation, la trahison…) aura au moins le mérite de permettre à Solange de faire le point sur ses sentiments et de prouver qu’elle sait faire preuve de courage quand une personne qu’elle aime est en danger.

Des relations familiales parfaitement explorées et exploitées…

Je me suis montrée intransigeante avec le marquis n’aimant pas spécifiquement qu’une personne décide pour une autre ce qui est bien pour elle, mais j’ai néanmoins été touchée par l’amour qu’il porte à ses deux filles et à sa défunte femme. D’ailleurs, les relations familiales et les liens forts qui unissent parfois les membres d’une famille sont très bien exploités par l’auteur que ce soit à travers la relation entre le marquis et ses filles, entre Solange et sa sœur Aurore ou encore, entre Childéric et sa sœur Élina.

Respirant la joie de vivre et l’exubérance, Aurore se révèle bien différente de son aînée ce qui ne l’empêchera pas de l’aimer profondément. Seule personne connaissant la vraie nature de la relation entre Solange et Théodore, elle fera tout son possible pour aider sa sœur à réapprendre à vivre au lieu de simplement survivre. Mais c’est la relation entre le chevalier et sa sœur que j’ai trouvé la plus attendrissante d’autant qu’elle permet de voir ce personnage, à l’allure parfois austère, sous un jour nouveau. Avec sa sœur, il semble être une tout autre personne comme si cette dernière révélait le meilleur de lui-même. D’ailleurs, ce changement ne passera pas inaperçu auprès de Solange…

Très malade, Élina n’en cache pas moins une joie de vivre qui la rend lumineuse. Je suis d’ailleurs certaine qu’elle s’entendrait à merveille avec Aurore. Découvrir leurs débuts dans la haute société pourrait être très intéressant, mais loin de moi l’idée de suggérer, peut-être pas très subtilement, à l’auteur de se pencher sur un nouveau roman basé sur ces deux personnages… La relation entre Childéric et sa sœur m’a fait penser à celle entre Mr Darcy et Georgina dans Orgueil et préjugés. On y retrouve la même tendresse, la même envie d’un frère de protéger sa sœur comme un père le ferait et la même complicité. En plus de cette entente, il existe une réelle complémentarité entre le frère et la sœur avec d’un coté, un Childéric d’une grande force physique, mais d’un tempérament chagrin et solitaire et de l’autre, une Élina à la santé fragile, mais d’une gaieté naturelle propice à apporter joie et bonne humeur autour d’elle. A eux deux, ils offrent le portrait d’une famille, peut-être réduite et au passé douloureux, mais aux liens solides.

Un roman porté par une très belle plume…

Le livre fait plus de 400 pages, mais comme toujours avec Stéphane Soutoul, les pages défilent les unes après les autres sans que vous ne vous en rendiez compte. Il faut dire que sa plume, en plus d’être d’une élégance et d’une finesse promptes à satisfaire les amoureux des mots et des belles phrases, est définitivement immersive et addictive. Il lui suffit de quelques mots pour attirer votre attention et de quelques pages pour complètement vous immerger dans son monde et vous donner l’impression que les personnages qui prennent vie et évoluent sous vos yeux sont réels. En d’autres termes, avec Je n’aimerai plus et de manière générale avec Stéphane Soutoul, immersion et addiction garanties !

A noter que la seule chose qui aurait pu me frustrer est que le côté fantastique du roman ne soit pas plus développé. Mais cela ne m’a pas dérangée, car ici ce qui compte, c’est bien plus les relations entre les personnages et leur évolution que l’utilisation de la magie. Et puis, cela semble cohérent avec la personnalité de Childéric qui, suite à un événement dramatique de son passé, préfère ne pas se servir de ses pouvoirs.

Pour conclure, je pourrais poursuivre ma chronique, le roman possédant encore tellement de qualités ou d’éléments dont j’aimerais vous parler… Je finirai donc simplement mon article par vous dire de vous lancer dans la lecture de ce roman. Que vous soyez un amateur de belles romances ou non, il devrait vous séduire, car au-delà du sentiment amoureux que l’auteur a su si subtilement et délicatement retranscrire, il aborde l’amour sous toutes ses formes, l’amour amical, l’amour familial, l’amour qui vous donne des ailes, mais aussi celui qui vous noie dans un abîme de désespoir. De cette lecture, vous en retiendrez également un très beau message d’espoir sur la capacité de chacun à avancer dans la vie malgré l’adversité. Du très beau Stéphane Soutoul, sans aucun doute !

Blog de l’auteurCompte Twitter

Envie d’acheter Je n’aimerai plus ? Rendez-vous sur le site de Rebelle éditions.

 

In my mailbox #42

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


SERVICES PRESSE

Je remercie Stéphane Soutoul pour sa confiance ainsi que les éditions Rebelle pour l’envoi de Je n’aimerai plus, un roman que je compte lire durant les fêtes de Noël.

Je remercie également Morgane Scheinmeer de m’avoir proposé Les brumes du Sortchor, un roman que j’avais retenu dans ma sélection du Prix des auteurs inconnus, mais qui n’a pas fait partie de la sélection finale.

GAIN CONCOURS

J’ai eu la chance de remporter il y a quelque temps un concours sur le blog Les pipelettes en parlent en partenariat avec Les Moutons Électriques.

ULULE

J’ai reçu dans le cadre d’une campagne de financement Ulule pour Japon ! Panorama de l’imaginaire japonais, un portfolio contenant de magnifiques photos et Le guide géographique des Otaku.

ACHATS OCCASION

Lors d’une visite chez un bouquiniste, je suis tombée sur la version Hachette Comics de La Belle et La Bête que j’avais repérée depuis un petit moment. J’ai aussi pris un livre que je vois depuis quelques mois, mais dont la saleté m’avait jusqu’à maintenant rebutée. Ma curiosité a fini par l’emporter…

Profitant d’un bon parrainage sur PriceMinister, j’ai passé une petite commande sur la boutique Gibert Joseph :

J’en profite pour remercier la personne qui est passée par mon lien de parrainage. Si vous aussi, vous désirez être parrainé (parrain et filleul reçoivent 7€), vous pouvez cliquer sur ce lien.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

 

Le Royaume de Messidor (tome 1) : Derrière le livre, Eunice D.M

Je remercie Eunice D.M. et les éditions Rebelle qui m’ont fait parvenir Le Royaume de Messidor via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un voyage en Écosse qui tourne au cauchemar. Un étrange livre. Un majestueux aigle noir. Et deux adolescents à la vie tout à fait normale. D’un côté, Thomas qui vit en France et, de l’autre, Anaël qui réside au royaume de Messidor. Leur rencontre était improbable, mais le destin en a décidé autrement !

  • Broché: 236 pages
  • Éditeur : Rebelle
  • Prix : 15€

AVIS

J’aime beaucoup la couverture de Karen M. ainsi que les quelques illustrations de Loïc Pain qui sont présentes dans le roman. Je ne savais pas qu’il y en aurait, mais cette bonne surprise fut un peu la cerise sur le gâteau d’une lecture déjà fort agréable.

L’histoire et les personnages…

En effet, malgré quelques petits points qui m’ont un peu moins convaincue, j’ai passé un excellent moment de lecture auprès de protagonistes attachants et, pour certains, originaux. Nous découvrons ainsi Thomas, un adolescent français élevé par sa mère adoptive, en plein départ pour l’Écosse afin de passer ses vacances de Pâques chez un oncle dont il n’avait jusqu’alors jamais entendu parler. Le vol en avion ne se passera néanmoins pas comme prévu puisqu’il s’écrasera avant que le jeune homme ne soit téléporté dans un autre monde, où un étrange personnage lui demandera son aide pour guider et soutenir un jeune homme du nom d’Anaël. Ce sera le début d’une aventure où se mêleront amitié, action et créatures fantastiques.

J’ai d’emblée été surprise par la direction prise par l’auteure concernant Thomas. Celui-ci apparaîtra dans ce nouveau monde sous une forme plutôt originale. J’ai beaucoup aimé cet élément de surprise même si finalement, ça contraint notre héros à souvent survoler l’action plutôt qu’à la vivre à 100%. Il faut dire qu’il se montre d’abord un peu réticent à l’idée de se retrouver mêlé à une quête dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants d’autant que la personne sur laquelle il est censé veiller n’est pas d’un abord très facile. Mais il fera quand même de son mieux pour l’aider, n’hésitant pas à se jeter dans le feu de l’action quand cela s’avèrera nécessaire. Il deviendra également une sorte de guide pour Anaël ce qui peut sembler assez paradoxal si l’on considère que les deux jeunes hommes ont le même âge… Mais c’est peut-être ce point commun qui va permettre à Thomas de briser progressivement la carapace d’Anaël.

Cet adolescent, destiné à une carrière de forgeron qu’il refuse rêvant plutôt de chevalerie, est plutôt solitaire, bougon et peu amical. Il faudra donc beaucoup de patience et de taquineries pour que Thomas arrive à créer des liens avec celui-ci. Leur amitié et leur complicité se développent néanmoins au gré des rencontres plus ou moins sympathiques et des péripéties souvent dangereuses. Si je n’ai pas eu d’affinités avec Anaël au début de l’histoire étant dérangée par son côté bourru assez étrange pour un garçon de son âge, j’ai finalement appris à l’apprécier et à constater avec satisfaction l’évolution progressive et réaliste de son caractère. Il n’arrête pas ses bouderies du jour au lendemain, mais il se reprend plus rapidement grâce à Thomas qui joue, comme il le dit lui-même, un peu le rôle d’objecteur de conscience. L’amitié entre les deux adolescents sera également bénéfique à Thomas qui, au fil des échanges avec son ami et des aventures, gagne en maturité. Cela le poussera même à s’interroger sur son propre comportement dans le passé.

En plus de Thomas, Anaël va rencontrer d’autres personnes comme une jeune fille, Shania, qui ne le laissera pas indifférent. Peu coutumier de l’autre sexe, il se montrera d’ailleurs assez attendrissant dans sa manière de l’aborder. Quant à cette jeune fille, le moins que l’on puisse dire c’est qu‘elle n’a pas froid aux yeux et semble déterminée à prendre son indépendance face à un beau-père dangereux. Son histoire familiale possède une part de mystère que l’auteure a effleurée, mais dont on sent tout le potentiel narratif. J’espère d’ailleurs en apprendre plus sur la jeune fille dans les tomes suivants. J’ai, dans tous les cas, aimé découvrir une héroïne forte qui n’accepte pas docilement son destin et apprend à se battre pour mener la vie qu’elle souhaite. J’aurais toutefois préféré qu’elle ait un plus grand rôle dans les scènes de combat…

D’autres personnages suivront les amis dans leurs aventures, et notamment un elfe sans lequel les jeunes gens auraient eu du mal à mener leur quête. Mais ce sont deux personnages secondaires qui ont eu ma préférence : un lutin farceur qui s’est pris d’amour pour Shania et d’inimité pour son « concurrent » Anaël, et une épée magique qui a de la répartie. Oui, je me prends très régulièrement d’affection pour des objets animés, et cette épée n’a pas échappé à la règle. Mais je vous rassure, elle ne fait pas que parler et montrera tout son savoir-faire guerrier le moment venu. Un allié de choix et de choc, je peux vous l’assurer !

Une plume agréable qui vous plonge avec délectation dans l’ambiance du livre

Au-delà des protagonistes j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman et toutes les créatures qui peuplent l’histoire, certaines connues et d’autres, beaucoup moins. Autre point positif, du moins pour moi, c’est cette impression de retrouver quelques éléments d’une série que j’adorais : La Caverne de la Rose d’or. Sont ainsi au rendez-vous la magie, des créatures variées, des objets magiques, des animaux qui parlent, des combats, une quête et bien sûr, l’héroïne qui se déguise en garçon et sait se battre à l’épée… Je vous rassure, le livre n’est pas une adaptation de la série que l’auteure n’a d’ailleurs jamais vue.

Autres points forts du livre, les différents mystères entourant les personnages et le rythme soutenu du roman qui rendent sa lecture prenante et palpitante. L’attention des lecteurs, jeunes et moins jeunes, est ainsi captée de la première à la dernière ligne. Il faut dire que tout s’enchaîne assez rapidement ce qui vous conduit à lire le roman d’une traite ou presque. L’auteure veille également à ménager des moments plus calmes entre deux scènes d’action permettant ainsi aux lecteurs de souffler un peu, et aux personnages de partager des moments de convivialité et de consolider leur récente amitié. A noter également la présence de notes de bas de page pour expliquer succinctement des termes peu usités ou décrire des créatures que l’on ne connaît pas forcément. Cela permet de ne pas interrompre sa lecture à la vue d’un mot inconnu ce qui est fort appréciable.

Quant à la plume d’Eunice D.M., je l’ai trouvée assez travaillée pour satisfaire mon amour des belles phrases et des belles tournures tout en étant assez simple pour rester accessible à de jeunes lecteurs. En plus d’être fluide, elle est en outre assez immersive pour nous permettre de nous représenter parfaitement les différentes scènes du roman, et notamment les batailles qui prennent presque vie devant nos yeux.

Enfin, si j’ai beaucoup aimé l’histoire, ce n’est pas un coup de cœur, car j’ai parfois regretté des développements trop simples caractéristiques des romans jeunesse, des petites incohérences ou encore des propos qui m’ont parfois semblé manquer de naturel. Mais ce sont là des broutilles par rapport au plaisir que j’ai pris à parcourir ce premier tome du Royaume de Messidor qui nous laisse avec pas mal de questions. Thomas, ses amis et ennemis sont encore loin de nous avoir livré tous leurs secrets !

Pour conclure, Le Royaume de Messidor devrait plaire à tous les lecteurs, petits ou grands, qui ont envie de découvrir une histoire faisant la part belle à l’amitié et à l’aventure. Mais Le Royaume de Messidor c’est aussi de belles batailles, des créatures peu amicales, un complot, de la magie, du mystère… Alors qui est prêt à rejoindre Thomas et Anaël dans une aventure qui ne laisse pas de place à l’ennui ?

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