Chambre 128, Cathy Bonidan

Je remercie Lecteurs.com et les Éditions de La Martinière pour m’avoir permis de découvrir Chambre 128 de Cathy Bonidan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un roman peut parfois changer une vie.

Qui n’a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ? Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.
Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier. Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait…
Au point qu’Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d’amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille…

La Martinière (17 janvier 2019) – 288 pages – Broché (17,90€) – Ebook (12,99€)

AVIS

Chambre 128, c’est un peu une ode aux livres, à la littérature qui change une vie ou plutôt des vies, mais c’est aussi de belles et magnifiques histoires qui se dévoilent au fil des pages. Anne-Lise, grande lectrice et amoureuse des mots, trouve dans sa chambre d’hôtel un manuscrit qu’elle s’empresse évidemment de lire. Touchée par le récit qui se dévoile à elle, elle décide d’envoyer l’ouvrage à l’adresse mentionnée en espérant retrouver son auteur. Le début d’une grande aventure qui la conduira dans une enquête pleine de surprises et de rebondissements pour retracer toute l’histoire de ce manuscrit auréolé d’un certain mystère. Mais en remontant le couloir du temps et en invoquant le passé, ne va-t-elle pas bouleverser le présent ?

À l’heure où les gens envoient des mails plus vite qu’ils ne disent bonjour se félicitant de la rapidité de ce moyen moderne de communication, l’autrice fait le pari, relevé haut la main, de nous narrer son récit sous forme d’un échange de lettres. Exit la froideur d’écrits dépourvus d’âme, et bienvenue à ce charme suranné que l’on associe volontiers à une correspondance plus traditionnelle. On prend ainsi un plaisir fou à découvrir chaque missive d’autant que la plume de l’autrice, tout en finesse et élégance, rend l’expérience de lecture des plus agréables. Elle a réussi à insuffler à chaque lettre une âme nous offrant ainsi la possibilité de nous imaginer avec précision chaque personnage comme s’ils existaient vraiment et qu’ils finissaient par faire partie intégrante de notre cercle d’amis. Il m’a d’ailleurs été très difficile, une fois la dernière page tournée, de les laisser à leur vie de papier.

Les personnes qui ont eu ou qui ont la chance de connaître l’excitation et la douce impatience qui précèdent l’arrivée d’une lettre se délecteront de ce récit. Très vite, on se prend au jeu et l’on tourne avidement les pages curieux d’en apprendre plus sur l’histoire mystérieuse et rocambolesque de ce manuscrit. Perdu par son auteur en 1983, il passera ainsi de main en main et traversera même les frontières, un destin inattendu pour un livre qui, même sans avoir été publié, aura réussi à changer des vies et rassembler des personnes que rien ne destinait à se rencontrer !

Il faut dire qu’Anne-Lise, en se lançant dans une quête effrénée de vérité, va impliquer un certain nombre de personnes et être l’élément déclencheur d’une série de rencontres : il y a bien sûr l’auteur, un être aux antipodes de sa personnalité, son amie d’enfance qu’elle entraîne dans son enquête comme « au bon vieux temps », et toutes ces personnes ayant eu la chance d’avoir entre leurs mains le manuscrit…

J’ai adoré suivre les échanges entre les différents personnages qui, en plus d’être intéressants, nous permettent de parfaitement appréhender leur personnalité. Anne-Lise se révèle ainsi d’une rafraîchissante honnêteté quitte à être indiscrète et parfois bousculer ses amis, et notamment Sylvestre, l’auteur du manuscrit. Si j’ai adoré cette femme dynamique et très sociable, j’avoue m’être reconnue dans l’auteur qui a du mal à s’ouvrir aux autres et à sortir de sa zone de confort, du moins jusqu’à ce qu’une tornade du nom d’Anne-Lise entre dans sa vie. Tous les personnages évoluent à mesure qu’ils s’ouvrent aux autres, à travers leurs lettres puis lors de rencontres dans la vraie vie, mais Sylvestre est probablement celui qui changera le plus. Une transformation émouvante si l’on considère que son livre a lui-même contribué à changer la vie de ses nouveaux amis…

Tous les personnages n’auront pas la même importance dans l’histoire, mais chacun nous révèlera le pouvoir enchanteur d’un livre qui a réussi à les changer et à leur apporter, à un moment de leur vie où il en avait besoin, cette lumière nécessaire pour avancer. Il ressort d’ailleurs du roman un air de feel-good avec cette impression qu’il n’est jamais trop tard pour remettre sa vie dans les rails et apprendre à être heureux, à se faire confiance, à aimer et à accepter le passé pour vivre sereinement le présent et construire un avenir heureux.

Ce roman est donc un joli plaidoyer en faveur de la magie des mots même si d’aucuns pourraient peut-être reprocher à l’autrice d’idéaliser le pouvoir de la littérature. Cela ne m’a, pour  ma part, pas dérangée d’autant qu’en faisant se rencontrer ses personnages dans la vraie vie, Cathy Bonidan montre que littérature et réalité peuvent s’imbriquer avec naturel pour enjoliver la vie de chacun. Et puis je n’ai pu que me laisser enchanter par toutes ces émotions que l’on ressent lorsque l’on découvre, lettre après lettre, le passé des protagonistes, leurs blessures, leurs failles, leurs espoirs, des secrets de famille, des histoires d’amour parfois dramatiques mais toujours très belles…

Ayant beaucoup aimé ce roman, je pense le relire l’année prochaine en parcourant chaque lettre le jour de sa réception afin de ressentir le frisson de l’attente et offrir encore plus de véracité à un récit qui n’en manque déjà pas.

En conclusion, Cathy Bonidan nous offre ici un roman au charme fou qui, à travers la vie de personnages hauts en couleur et terriblement attachants, nous dévoile le pouvoir presque magique des mots et des livres. Au gré des échanges de lettres se créent de solides et belles amitiés, des secrets sont dévoilés, les cœurs sont mis à nu, et le lecteur est emporté dans une valse ininterrompue d’émotions. Chambre 128 est un roman de vie et de rencontres que je ne peux que vous encourager à découvrir.

On est foutu, on pense trop! Dr Serge Marquis

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On est foutu, on pense trop! est un ouvrage du Docteur québecois Serge Marquis dont voici les informations trouvées sur le site des Éditions de la Martinière :

« consultant dans le domaine de la santé mentale au travail, le Dr Serge Marquis, auteur à succès québécois, donne plus de 150 conférences par an. En 1995, il a mis sur pied sa propre entreprise de consultation, T.O.R.T.U.E (Organisation pour Réduire les Tensions et l’Usure dans les Entreprises). »

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Découvert sur un groupe de lecture et séduite par la métaphore de Pensouillard le hamster, j’ai réservé ce livre à la bibliothèque (pour les Stéphanois, vous pouvez le réserver ou vérifier sa disponibilité ici).

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Derrière le tapage incessant de Pensouillard le hamster (héros de ce livre) se cache notre EGO. Face aux petits bobos et aux gros tracas de la vie, cet « agité du bocal » nous fait souffrir, nous leurre, nous empêche d’être libres. Comment le remettre à sa place ? Dans un style vivant et plein d’esprit, le Dr Serge Marquis nous invite à observer les mouvements de notre ego. A nous amuser de ses pitreries. Puis, à ralentir pour trouver la paix. Etape par étape, l’auteur nous guide dans une aventure inattendue, celle de la… décroissance personnelle pour ne plus subir la dictature de l’ego. Une démarche à contre-courant, à la fois divertissante et libératrice. Car un petit pas de moins pour Pensouillard, c’est un grand pas de plus pour vous.

  • Broché: 158 pages
  • Editeur : Editions de la Martinière (2 avril 2015)
  • Prix : 13,90€

AVIS

La méthode du praticien est destinée à « apprivoiser et calmer son mental« . Oui, rien que ça!

Un livre simple : bon ou mauvais point?

Le livre est court et se lit vraiment très facilement. Le vocable employé n’est pas abscons et à la portée de tous, des habitués des livres de développement personnel aux néophytes. J’ai apprécié ce point, le Docteur Marquis n’essayant pas d’en mettre plein la vue à ses lecteurs par ses connaissances médicales mais bien de les interpeller, de les impliquer dans la lecture et dans l’idéal, dans l’application de sa méthode.

Je dis méthode car c’est le terme employé sur le quatrième de couverture mais peut-on vraiment parler de méthode? J’en doute fortement, « la méthode » consistant principalement en l’apprentissage de la respiration. Je ne nie aucunement les bienfaits de maîtriser sa respiration comme j’ai pu l’apprendre au théâtre dès  l’école primaire, au Pilates, en sophrologie… Bref, rien de bien nouveau ici.

La simplicité des propos du Docteur Marquis tombe malheureusement dans l’écueil de la simplification à outrance. Je conviens aisément que ce livre n’a pas vocation à faire comprendre les arcanes du cerveau mais les exemples sont amplifiés à l’extrême avec comme résultante une tendance aux stéréotypes.

En lisant certains passages, j’ai vraiment essayé de me rappeler que le côté extrême des exemples donnés était sûrement voulu afin de schématiser les pensées. J’ai quand même eu du mal à les accepter, peut-être parce que même énervée, les pensées que nous lecteurs sommes supposés avoir ne me traversent jamais l’esprit. J’ai l’impression que pour l’auteur nous sommes tous des Calimero en puissance…

Exemple : au supermarché, à la suite d’une série de déconvenues, vous devez attendre à la caisse. « Pensouillard décoche ses phrases fétiches : Pourquoi est-ce toujours à moi que ces choses arrivent? Hein? POURQUOI MOI? On dirait que la vie m’en veut! Caissière, tu parles d’une vie, toi! Faut dire qu’avec le QI qu’elle a… »

Le Docteur Marquis m’expliquerait sûrement que mon avis est le fruit de mon facétieux hamster qui tend à me pousser à m’identifier à la caissière de l’exemple précité. Moi, j’y vois plutôt le fruit de mon éducation qui fait qu’associer un faible QI à un métier, quel qu’il soit tend à me révolter. J’ai, en outre, un hamster très turbulent mais heureusement, pas aussi plaintif.

J’ai également trouvé que certains propos du livre manquaient cruellement de tact voire étaient à la limite de la condescendance ou du mépris ce qui, pour un professionnel de santé visant à aider son prochain, me semble plutôt malvenu. Je ne pas nier être de manière générale plutôt sensible mais je pense sincèrement que certains des propos tenus ne pourraient qu’accentuer le mal-être d’une personne déjà en détresse. J’imagine que c’est souvent de l’humour mais n’oublions pas qu’à l’écrit les émotions ne sont pas transmises aussi fidèlement qu’à l’oral…

  • « Votre chère petite cervelle, qui se croit tellement brillante, peut-elle comprendre ça?
  • « Si vous répondez oui, ne serait-ce qu’une fois, vous avez un besoin urgent car vous êtes très malade.
  • « Si vous êtes sain d’esprit… »

Quelques points intéressants à retenir…

Pour autant, ai-je détesté le livre? Et bien, figurez-vous que non! Si je passe le problème de la simplification, la simplicité de l’écriture m’a plu. Dès le premier chapitre, je me suis interrogée sur mes propres réactions.Je ne me suis pas forcément reconnue dans les propos du Pensouillard tels qu’ils sont rapportés par le Docteur Marquis et que je trouve plutôt agressifs envers les Autres. Mais je ne peux nier  l’existence d’un « hamster » qui ne me lâche jamais, qui parle en permanence avec une tendance à l’auto-critique et donc au final, une agressivité tournée vers le Moi.

Il y a un point que j’ai apprécié dans cet ouvrage : la notion d’activité mentale-égo et d’activité mentale-conscience. La première évolue dans les critiques négatives, les plaintes et l’autre, dans l’objectivité et la recherche de solutions. C’est la notion clé de ce livre que je retiendrai et que j’ai essayé d’appliquer au quotidien dès la lecture du livre. Cela n’a rien d’innovant mais la manière dont le Docteur Marquis l’a abordée m’a parlé. Il invite le lecteur à savoir faire preuve  » d’intelligence ». Ici, cela signifie savoir prendre le recul nécessaire pour repérer le moment où notre hamster plein de pensouilles entre en scène et décider, sans jugement, qu’on ne le laissera pas nous embarquer dans son manège.

Enfin, si certains passages ont fait bondir mon hamster à la la tendance très empathique, je ne peux que reconnaître que j’en ai apprécié d’autres, pas forcément originaux, mais porteurs de sens.

NOTE : 3/5

AUTEUR

Pour une présentation de l’ouvrage par son auteur, je vous invite à visionner la vidéo ci-dessous :

 

En résumé , ce n’est pas un livre miracle et la promesse d’apprivoiser et calmer son mental  me semble présomptueuse. Néanmoins, l’approche originale de l’auteur à travers l’allégorie de Pensouillard le hamster permet de marquer les esprits et d’offrir une certaine légèreté à cet ouvrage. Je ne vous conseillerai pas forcément de l’acheter mais si vous avez l’occasion de l’emprunter, n’hésitez pas à le lire.