Itinéraire d’un diamantaire, Faissoil Mdahoma

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Je remercie Faissoil Mdahoma de m’avoir fait confiance en me proposant son livre, Itinéraire d’un diamantaire, en échange de mon avis.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du jour au lendemain, un jeune homme décide de tout quitter, sa femme et son fils, pour partir à l’aventure. Il est irrésistiblement attiré par Londres et se lance avec euphorie dans l’inconnu. Malgré de belles rencontres, il est rapidement confronté aux difficultés que lui réserve le statut d’étranger sans travail. L’insistance de sa femme le décide finalement à retourner en France. De retour chez lui, il réalise que le trésor qu’il recherchait éperdument n’était autre que sa propre famille. Réconcilié avec lui-même, il comprend la cause de son insatisfaction et envisage avec sérénité des projets d’avenir. De ce court roman aux airs d’apologue se dégage une morale au bon sens imparable.

  • Broché: 36 pages
  • Editeur : Edilivre (23 février 2017)
  • Prix : 1,49€
  • Autre format : papier

AVIS

L’histoire

Avez-vous déjà rêvé de tout quitter pour tenter votre chance dans un autre pays ?

Notre héros l’a rêvé et l’a fait, quittant femme et enfant sans autre plan que celui de trouver du travail à Londres, ville qui fait rêver de nombreuses personnes. Mais il découvrira très vite que derrière les belles images de réussite qu’offrent les golden boy anglais, se cache une tout autre réalité. Comme à Paris, ici le travail ne court pas les rues notamment pour une personne ne maîtrisant pas totalement la langue.

Malgré les galères, notre protagoniste va trouver la force d’aller de l’avant notamment grâce à des personnes prêtes à lui venir en aide que ce soit en lui offrant un repas, en lui donnant un peu d’argent ou en lui trouvant une solution, même temporaire, d’hébergement.

Le protagoniste

Je dois dire que j’ai eu au début un peu de mal avec le personnage, car le fait qu’il quitte précipitamment sa famille sans plan d’avenir ne l’a pas rendu spécifiquement sympathique à mes yeux…

Puis, j’ai été assez agacée par la critique facile de « tout est meilleur que la France ». C’est le genre d’idée toute faite que je n’ai jamais supporté, qu’il s’agisse de la France d’ailleurs ou d’un tout autre pays.

Cependant, force est de constater que ses propos sont complètement cohérents avec sa personnalité puisque notre protagoniste est obnubilé par l’idée que le pré est plus vert ailleurs et qu’il n’y a point de salut en dehors de l’étranger. Ce n’est que grâce à son aventure londonienne et aux péripéties qu’il traversera sur place, qu’il prendra conscience que le bonheur est bien souvent à portée de main et qu’il suffit de baisser les yeux pour le découvrir.

Une écriture franche…

Le style de l’auteur est très simple au point qu’on a le sentiment qu’il n’y a aucune velléité de romancer l’histoire. Si, en général, je préfère les jolies plumes, cette écriture très franche et directe correspond parfaitement au contenu du livre. L’auteur s’adresse ainsi aux lecteurs comme il le ferait à des amis créant, de fait, une certaine connivence. Cela n’en rend en outre la lecture que plus fluide.

Le seul petit point…

Le seul petit point qui m’a dérangée est la morale dont j’ai regretté le manque de subtilité. L’histoire se suffit pour comprendre le message que l’auteur cherchait à partager, or il tend en fin de livre à bien trop insister sur ce point. Un peu plus de subtilité aurait rendu le message certainement plus percutant.

Pour conclure, à travers l’histoire, peut-être un peu naïve, d’un homme qui quitte tout pour tenter sa chance à l’étranger, l’auteur pose la question du bonheur et permet de comprendre qu’avant de chercher son « diamant », il est déjà nécessaire d’identifier, puis de prendre le temps de contempler ce que la vie nous offre. Qui sait, peut-être que, sans le savoir, vous avez un diamant à portée de main ?

Vous pouvez acheter le livre sur Edilivre (Amazon, FNAC…).

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Manifeste des larmes, Plume

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Je remercie l’auteure de m’avoir contactée pour me proposer Manifeste des larmes en version numérique.

PRÉSENTATION

Ce texte n’a pas la prétention d’expliquer la dépression, ni même d’en détailler les mécanismes… Ce n’est pas, non plus, un mode d’emploi qui aiderait le lecteur à aborder son état pour en sortir définitivement. Il n’y a pas de recette miracle et chaque dépression est unique et individuelle ; elle est la résultante d’une personnalité et d’un destin qui se défient, se provoquent. Cet ouvrage retrace sobrement le cheminement intérieur d’une personne singulière prise aux mains d’un déclin terrible. Il nous dévoile ses luttes intérieures tout en nous renvoyant inlassablement les nôtres en pleine figure. L’auteure y met son âme à nue avec une franchise qui résonne et fait écho dans tous les cœurs, que l’on soit concerné ou non par ce mal…

  • Nombre de pages : 34
  • Date de publication : 31 mars 2017
  • Ebook : 1,99€
  • Autre format : livre papier

AVIS

Beaucoup d’entre nous ont certainement une personne dans leur entourage, proche ou éloigné, qui semble dépressive quand, bien souvent, elle est en réalité « simplement » déprimée. C’est que le terme de dépression à force d’être utilisé à tout bout de champ a vu sa signification quelque peu galvaudée…

Or, dans son Manifeste des larmes, c’est bien de dépression dont Plume parle. Elle partage, sans retenue, avec le lecteur, les tourments qui l’assaillent et qui la poussent à se faire du mal. L’auteure ne nous épargne d’ailleurs pas les scarifications, le sang qui coule, les coups de cutter dans un corps qui n’obtient pas grâce à ses yeux… C’est brutal, violent et poignant !

Vous aurez compris que le livre, bien qu’il soit petit, est assez difficile à lire en raison de la violence physique que l’auteure s’inflige, mais aussi des propos violents et pensées parasites qu’elle a envers elle-même.

A travers son partage d’expérience, on ne peut que ressentir la douleur de l’auteure et la solitude qui semble l’accabler. Peut-être que c’est cette dernière qui la pousse finalement à faire de la dépression, cette ennemie qualifiée très symboliquement de boule noire, un élément à part entière de sa vie…

Ce livre ne vous permettra pas de comprendre spontanément les rouages complexes de la dépression ni ses terribles conséquences d’autant que chacun vivra la maladie différemment. Il vous offrira cependant un aperçu de l’enfer que subit une personne dépressive, une parmi un océan d’autres aurais-je tristement envie d’ajouter.

A noter que le livre est un recueil de mini-nouvelles ce qui donne l’impression de lire le journal intime de l’auteure et donc de se sentir plus proche d’elle et de son vécu. J’ai en outre apprécié que Plume donne un titre à chacune des nouvelles nous permettant, par là même, d’entrer plus facilement dans son récit et de suivre le cheminement de ses pensées.

Quant à la couverture du livre, elle reste très sobre ce que je trouve parfaitement adapté au contenu. Cela renforce le sentiment que la dépression finit par faire d’une personne une sorte de coquille vide…

Enfin, malgré la dureté du sujet, le livre se lit très rapidement d’autant qu’il est porté par une très belle plume.

En résumé, Le manifeste des larmes est une lecture intense qu’il est difficile d’aimer ou de ne pas aimer puisqu’il s’agit avant tout d’un témoignage. Je dois néanmoins avouer que j’ai été touchée par le témoignage de Plume et espère sincèrement qu’elle trouvera un certain apaisement dans sa vie. Je ne conseillerais pas forcément cet ouvrage aux plus jeunes, mais à toutes les personnes qui sont touchées directement ou indirectement par cette maladie qu’est la dépression.

Pour commander le livre, vous pouvez vous rendre sur le site de la FNAC ou sur celui d’Edilivre.

Chimères de verre, Grâce Minlibé

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Quand Grâce Minlibé m’a proposé de lire son livre de poésie, Chimères de verre publié chez Edilivre, je n’ai pas trop hésité d’autant que c’est un genre littéraire que j’essaie de découvrir. Je remercie donc l’auteure pour sa proposition.

Dès l’ebook reçu, j’ai parcouru quelques poèmes avant de laisser le recueil de côté pour m’y plonger à tête reposée.

PRÉSENTATION

« La première vertu de la poésie aussi bien pour le poète que pour le lecteur, est la révélation de l’être. » L’auteure se révèle donc, fait parler ses chimères si fragiles au point de se briser.

Passion, Désillusion, Trahison, Vice, Cupidité, Solitude, Exil, Immigration, l’auteure exploite chacun de ces thèmes avec la candeur de l’adolescence et fait de Chimères de verre, un véritable journal intime partagé.

  • Nombre de pages : 82
  • Date de publication : 10 décembre 2014
  • Ebook : 1,99€
  • Autre format : broché (12€)

L’AUTEURE (infos du site Edilivre)

Née à Bingerville en Côte d’Ivoire, Grâce Minlibé est passionnée de lecture depuis sa tendre enfance. À l’adolescence, elle s‘essaie à l’écriture. En découvrant les vertus de la poésie, elle décide d’utiliser ce genre littéraire aux formes variées comme courroie de transmission pour exprimer ses maux et ses espérances.

Chimères de verre est le premier recueil de poèmes de l’auteure.

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AVIS

Des poèmes qui se lisent à plusieurs niveaux mais toujours d’une grande sensibilité…

Quand je lis un recueil de poésie, je réalise toujours une première lecture suivant scrupuleusement l’ordre établi par l’auteur puis, je m’en remets au hasard ou à mon humeur du moment pour picorer un poème par-ci, un poème par-là.

Le cerveau humain a cette horreur du vide et son corollaire, ce besoin de réponses qui font que, presque miraculeusement, cette lecture anarchique est souvent porteuse de sens. On découvre un sens caché derrière les mots ou l’on s’aperçoit d’une profondeur dans l’enchaînement des vers qu’une lecture plus superficielle ne nous avait pas permis de saisir…

Les poèmes de Grâce Minlibé en sont un parfait exemple. D’un abord très simple, ils offrent un agréable moment de lecture d’autant que la plume de l’auteure se révèle fluide et plaisante. Puis, si l’on prend le temps de relire attentivement les poèmes, on découvre toute la sensibilité et la profondeur qui s’en détachent.

Au final, en fonction de son vécu, de sa personnalité et du moment où l’on parcourt l’ouvrage, chacun ressentira ces poèmes différemment, mais la plupart du temps, avec une certaine intensité émotionnelle. En effet, à la lecture de ses vers, on se rend compte que la poétesse se met à nu pour nous confier, comme elle le ferait au creux de l’oreille d’une confidente ou en couchant ses pensées sur un journal intime, tous ses maux en mots. On devine ainsi une femme sensible, à fleur de peau… En d’autres termes, une femme touchante.

Des sujets sensibles qui peuvent concerner tout le monde…

Comme le mentionne la présentation, les sujets abordés dans le recueil sont variés : les déceptions sentimentales, la fin d’une relation, une certaine nostalgie du passé, le racisme, la trahison, la manipulation, la luxure, l’avortement …

Chacun devrait y retrouver une ou plusieurs situations vécues, directement ou indirectement, ce qui suscite inexorablement un florilège d’émotions et de pensées. Ainsi, certains poèmes m’ont émue, ont réveillé des souvenirs alors que d’autres m’ont fait réfléchir voire, plus rarement, m’ont agacée.

En partageant sans voilage ni faux-semblants ses émotions, Grâce (le sentiment de proximité suscité par ses poèmes donne envie de faire sauter la barrière du nom) crée une certaine connivence avec le lecteur. Et alors, comme avec un proche, on a parfois envie de la consoler et de l’écouter sans rien dire conscient que seule une oreille attentive pourrait apaiser ses peines et puis parfois, on a envie de la « secouer » pour la faire réagir et lui prouver que tout va s’arranger.

A noter que les sujets abordés dans le livre ne sont pas particulièrement joyeux mais, leur dureté est, dans une certaine mesure, adoucie par la plume de l’auteure. Les vers sont fluides et s’enchaînent naturellement comme s’ils coulaient de source. Le vocabulaire employé est en outre recherché ce qui est pour moi un gros point positif ; comme avec Amélie Nothomb, il m’a fallu sortir deux ou trois fois mon dictionnaire.

Deux petits points …

Dans cette lecture, seuls deux points m’ont un peu gênée dont un qui m’est personnel.

Le premier est l’absence de présentation de l’auteure et des circonstances de l’écriture de ces poèmes dans la version numérique du livre. Avec un roman, cela ne gêne pas mais l’intimité qui se dégage des poèmes me semble requérir d’en apprendre un peu sur leur auteure. Heureusement, vous trouverez quelques informations sur le site d’Edilivre et sur la version papier. Et puis l’auteure précise que cela est une démarche volontaire :

« J’ai vraiment voulu garder l’esprit du 1er carnet où j’écrivais mes poèmes. Dans ce carnet je ne me présentais pas et n’évoquais pas le pourquoi de ces poèmes. Je ne faisais qu’écrire. « 

Enfin, l’amour, notamment durant l’adolescence de l’auteure, est un thème assez présent dans l’ouvrage. Or, c’est un thème qui ne me parle pas outre mesure. Je vous rassure, je ne suis pas insensible mais je n’ai jamais partagé les émois de mes camarades adolescentes et adolescents ni même de mes amis adultes. En la matière, je vise la simplicité et j’ai toujours évité les situations sentimentales inextricables ; être de nature plutôt solitaire étant un atout dans ce cas précis.

Par contre, j’ai trouvé les émotions décrites criantes de vérité au point de revivre certaines soirées à essayer de réconforter des amies, plus rarement des amis, sur un amour déçu, perdu ou compliqué. Si vous-mêmes avez vécu ce genre de situation, je pense vraiment que vous serez touchés par les écrits de Grâce Minlibé.

NOTE : 4/5

En conclusion, je conseille Chimères de verre à tous les amateurs ou non, de textes poétiques et de jolis mots. Parce qu’ils sont le reflet de l’expérience de vie d’une personne, ces poèmes devraient vous toucher, vous émouvoir, vous faire réfléchir, vous agacer… mais jamais vous laisser de marbre.

Vous verrez que la force des poèmes de Grâce Minlibé, c’est que pour les apprécier à leur juste valeur, il ne suffit pas de les lire, il faut également les vivre.

NB : l’auteure possède une page Facebook ainsi qu’un blog que je vous conseille de consulter si vous désirez en apprendre plus sur cette dernière. N’hésitez pas à la contacter pour lui poser des questions, c’est une personne très accessible avec laquelle il est agréable d’échanger.