Throwback Thursday Livresque #183 : sur les bancs de l’école

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Cette semaine, difficile de ne pas penser à un célèbre sorcier à lunettes, mais j’ai préféré opter pour un album jeunesse tout mignon qui m’a semblé parfait pour ce thème : 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

Couverture 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse

Dans cet album, les enfants, tous très adorables, inventent des excuses amusantes et parfois farfelues pour expliquer le comportement de leur maîtresse qu’ils semblent beaucoup aimer.

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Pour en apprendre plus sur cet album, je vous invite à lire mon avis dont voici la conclusion :

10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Et vous, tentés par cet album ?
Quel titre auriez-vous choisi ?

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

Salomé et les femmes de parole, Nathalie Charles

Couverture Salomé et les femmes de parole

Je remercie NetGalley et les éditions Rageot pour m’avoir permis de découvrir Salomé et les femmes de parole de Nathalie Charles.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Salomé entre en 6e, dans un tout nouveau collège. Rêveuse, amoureuse des mots grâce à sa mère traductrice, inventrice d’interviews imaginaires, elle est qualifiée d’« intello » par certains. Timide, elle sait réagir face à l’injustice. Sa grande rivale en classe est Capucine, déléguée et initiatrice de rumeurs. Bientôt, Salomé relève un défi : proposer un nom pour le collège. À cette fin, elle doit être parrainée par un professeur et faire un exposé devant ses pairs pour les convaincre de voter en sa faveur. Capucine se lance aussi dans ce défi. Quel personne célèbre va choisir Salomé ? Dans ce collège, parmi tous ses camarades, saura-t-elle trouver sa place ?

Rageot Éditeur (9 mai 2019) – 9/12 ans – Broché (12,90€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Faire son entrée au collège, c’est toujours une grande étape dans la vie d’un enfant… Mais Salomé peut heureusement compter sur le soutien de sa meilleure amie, Emma, qu’elle aura d’ailleurs la chance de retrouver dans sa classe. Malgré cette bonne surprise, tout n’est pas rose au collège ! Entre les moqueries des autres élèves de sa classe, les rivalités et les injustices, Salomé aura de quoi occuper ses journées.

N’oublions pas non plus ce projet qui mobilisera une bonne partie des collégiens : la délicate tâche de trouver un nom à ce collège fraîchement sorti de terre. Alors que les esprits s’échauffent et que la compétition fait rage, Salomé est bien décidée à proposer le nom d’une personnalité qui a marqué les esprits, mais qu’on ne retrouve pas à chaque coin de rue… Et parce qu’une conversation avec sa cousine lui a permis d’ouvrir les yeux sur certaines inégalités, la collégienne désire honorer la mémoire d’une femme. Reste à choisir l’heureuse élue…

Il y a donc une touche de féminisme bienvenue dans cet ouvrage qui montre à quel point toutes ces femmes célèbres, qui ont pourtant contribué à façonner le monde d’aujourd’hui, sont peu représentées dans l’espace public. C’est donc avec plaisir que l’on suit Salomé dans sa recherche du nom idéal, celui d’une femme ordinaire qui a fait quelque chose d’extraordinaire. Je ne vous gâcherai pas la surprise, mais je dois dire que je trouve le choix de Salomé très bien trouvé, le combat de cette femme héroïque étant hélas toujours d’actualité…

Si cette question du futur nom de l’établissement scolaire et les tensions qu’elle fait émerger forment le fil conducteur du roman, Nathalie Charles évoque également d’autres thèmes qui ne manqueront pas de parler aux enfants : les peurs liées à un nouvel environnement et à de nouvelles habitudes, les moqueries des autres quand on a le malheur de ne pas entrer dans la norme, les complexes, les professeurs qui ne semblent pas toujours très justes, le manque de confiance en soi, mais aussi l’amitié, l’entraide, la nécessité de croire en ses rêves et d’affronter ses peurs, la famille…

Bien que mes années collège soient dorénavant loin derrière moi, les aventures de Salomé et de ses amis ont néanmoins fait remonter quelques souvenirs à la surface comme cette étiquette d’intello qu’on a tôt fait de vous coller à la peau… Mais contrairement à la collégienne timide que j’étais, Salomé a assez de caractère pour se défendre, et prouver à la peste de sa classe, la stupidité de ces étiquettes distribuées à l’emporte-pièce. Salomé m’a ainsi épatée par son intelligence, sa capacité d’adaptation et la force de ses convictions. Elle ne tombe jamais dans la provocation, mais va jusqu’au bout de ses idées, ce qui la rend aussi attachante qu’intéressante.

Cette force de caractère est encouragée par le cadre familial stable dans lequel évolue la jeune fille. Si je regrette parfois l’éviction des parents dans les livres jeunesse, l’autrice a brossé ici le portrait d’une famille unie et soudée avec une mère interprète occupée mais toujours à l’écoute, un père stressé mais impliqué dans l’éducation de ses enfants, un grand frère peu intéressé par l’effort intellectuel, et une grand-mère très jeune d’esprit aussi douée pour faire de bons petits gâteaux que donner de bons conseils… Un portrait familial touchant et réaliste qui nous donne l’impression d’entrer de plain-pied dans la vie de cette charmante famille qu’on a d’ailleurs bien du mal à quitter. 

En conclusion, d’une plume simple mais très agréable, Nathalie Charles nous immerge dans la vie d’une jeune fille à laquelle il est bien difficile de ne pas s’attacher, et ceci quel que soit l’âge du lecteur. Entre l’entrée dans cette année de 6ème tellement redoutée, l’amitié, les rivalités, et une mission à laquelle elle se donne complètement, Salomé va vivre des moments forts qui la feront grandir, et lui prouveront l’importance de se battre pour ses valeurs… Voici une collégienne pleine de courage qui ne devrait pas manquer d’inspirer les enfants et leur donner envie de découvrir la suite de ses aventures.

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Rageot.

10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse, Laurence Colin

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Même si elle fait des efforts pour le cacher, la maîtresse n’est pas celle qu’on croit. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime tant !

Évidence éditions (5/12/201/) -56 pages – Broché (8€) – ebook (3.99€)

AVIS

En recherche d’un livre pour le thème de janvier du Challenge Lire en thème (lire un livre avec un chiffre ou un nombre dans le titre), j’ai jeté mon dévolu sur ce petit album dont le titre et le résumé me plaisaient bien.

Un bon choix puisque j’ai passé un joli moment de lecture auprès de ces jeunes élèves qui, il n’y a pas à en douter, ont l’imagination fertile ! À partir de différentes situations, ils imaginent des raisons expliquant le comportement de leur maîtresse, une maîtresse qu’ils aiment beaucoup d’ailleurs. C’est toujours très amusant, voire cocasse, et parfois non dénué d’une certaine logique. Ainsi, si la maîtresse lit des histoires, c’est parce que, comme ses élèves, elle n’aime pas beaucoup travailler, et si elle fait semblant de ne pas entendre la cloche, c’est pour une raison quelque peu inattendue….

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La présentation de l’ouvrage, un dessin d’un côté et quelques lignes de texte de l’autre, le rend très accessible aux jeunes lecteurs qui devraient, en outre, facilement s’identifier aux différents élèves que l’on rencontre au fil des pages. Une petite lecture immersive qui me semble donc parfaite pour les enfants découvrant la lecture même si, bien sûr, la présence d’un adulte pour partager ces petits moments de rire est toujours un gros plus.

Le livre est à destination des enfants à partir de 6 ans, mais cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture. Il faut dire qu’à l’instar de ces ouvrages reprenant les « bons mots » des enfants, cet album apporte un peu de cette fantaisie enfantine qui égaie le quotidien. Quant aux maîtresses et aux maîtres, je ne doute pas qu’ils soient conquis par cet album imaginé par Laurence Colin, maîtresse de profession.

Pour ma part, j’ai été attendrie par ces enfants qui, en plus de nous faire sourire par leurs explications amusantes sur le comportement de leur maîtresse, sont d’une telle tendresse envers cette dernière qu’ils en deviennent touchants. J’espère d’ailleurs que les personnes travaillant avec des enfants ont ou auront la chance d’en rencontrer d’aussi adorables.

J’ai également été séduite par les illustrations lumineuses et tout en rondeurs qui représentent à merveille l’univers de l’enfance. Elles collent donc parfaitement à l’ambiance qui se dégage du livre et contribuent fortement au plaisir que l’on prend à faire défiler ses pages.

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En conclusion, 10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Envie de découvrir l’album ? Rendez-vous sur le site de la maison d’édition.