La petite danseuse au visage figé, Marielle Piccolo

La petite danseuse au visage figé par Piccolo

Hina, la petite danseuse de bois, est libérée de sa boite à musique par la souris du Lac. Liée à une malédiction, elle ne pourra pas rester dans un même lieu plus de trois jours. Accompagnée de ses deux ballerines transformées en chats, elle rencontrera un peintre qui voit tout en noir, une vendeuse de robes de poupées dévorée par l’avidité, et un toiletteur pour chats ayant peur des chats.

Auto-édition (4 août 2020) – 47 pages – 6,50€
Illustrations : Channy Da Pich

AVIS

Attirée par le résumé et la sublime couverture, je n’ai pas résisté bien longtemps au plaisir de me plonger dans ce conte enchanteur et plein de poésie que je prendrai plaisir à lire et relire.

L’autrice nous offre ici, en effet, une bien belle histoire, celle d’une danseuse de bois qui, enfermée dans sa boîte à musique, danse pour le plaisir de ceux qui en remontent la clé. Mais un jour, la gracieuse danseuse émet le souhait d’être libérée de sa cage dorée et d’avoir enfin la possibilité de jouir de sa liberté pour danser, non pas pour les autres, mais pour elle-même.

Comme par magie, n’oublions pas que nous sommes dans un conte, une bonne fée (ou plutôt une souris enchantée) lui apparaît et lui offre cette liberté tant désirée. Mais parce que la magie a toujours une contrepartie, Hina s’engage à ne jamais rester plus de trois jours au même endroit. Après tout, une danseuse ne se doit-elle pas de briller par ses mouvements ? Loin de s’offusquer de cette condition, Hina saute à pieds joints, et avec délice, dans cette nouvelle vie qui s’offre à elle.

Face à ce grand et inattendu bouleversement, elle pourra heureusement compter sur deux chats hauts en couleur, qui ne sont jamais d’accord entre eux, mais qui nous régalent de leur bonne humeur ! J’ai adoré l’idée de l’autrice de transformer les chaussures de l’héroïne en ces deux chats amusants, irrésistibles et attachants… Une idée délicieuse qu’elle saura parfaitement exploiter tout au long de cette aventure qui ne manque ni de charme ni d’émotion.

Page après page, Hina va rencontrer différents personnages, chacun d’entre eux lui permettant de découvrir une facette peu reluisante des humains : la noirceur et la mélancolie qui empêchent de voir la vie en couleurs, l’avidité qui rend la vie bien triste et morne, la peur qui enferme plus que n’importe quelle cage de fer… Et puis, bien plus positif, la danseuse découvre l’amour, noble sentiment qui fait battre le cœur, même des êtres de bois qui, en théorie, n’en ont pas.

Par ses talents de danseuse et sa vision pure du monde, dépourvue de peur et de préjugé, Hina aidera les personnes rencontrées à comprendre l’absurdité et/ou la vacuité de leurs comportements, à voir la beauté derrière les choses simples, à dépasser leurs pensées limitantes et à trouver en elles-mêmes la force d’être heureuses. Une aide précieuse et désintéressée qui poussera les nouveaux amis de la danseuse à lui proposer leur aide…

Mais de quoi peut bien avoir besoin une danseuse de bois, devenue vivante grâce à la magie d’une souris ? Laissons planer le mystère autour de cette question, mais si vous avez l’habitude des contes de fées, vous aurez probablement deviné. Pour ma part, j’ai adoré ce conte classique dans son déroulé, mais original par les thématiques abordées et les personnages secondaires qui ne manqueront pas de vous marquer. Suivre cette petite danseuse de bois qui, au gré des rencontres, évolue et découvre la vie hors de sa boîte à musique, a quelque chose de particulièrement émouvant et touchant.

En plus d’une écriture accessible, mais pleine de poésie, qui ravira les amateurs de plumes douces et imagées, l’ouvrage bénéficie de quelques illustrations, dont le charme réside dans leur simplicité et leur côté enfantin. Nul doute que les enfants apprécieront ces repères visuels pour se guider dans leur lecture qu’elle soit en parfaite autonomie ou non, le conte pouvant aussi bien se lire seul qu’en famille.

Parce qu’un conte sans morale n’en serait pas vraiment un, l’autrice nous offre, à travers son histoire pleine de poésie, de magie et de douceur, de jolis messages et une conclusion qui ravira autant les enfants que leurs parents. Après tout, n’avons-nous pas tous besoin de tendresse et de beaux sentiments ?

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé ce livre (disponible sur Amazon) en échange de mon avis.

Vert-de-Lierre, Louise Le Bars #PLIB2020

)Couverture Vert-de-lierre

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

Noir d’absinthe (mars 2019)- Broché (15€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782490417247

AVIS

Encore une très bonne lecture réalisée dans le cadre du PLIB2020. Avec Vert-de-Lierre, je m’étais imaginée un conte fascinant empreint de mystère et d’horreur, et je ne m’étais pas trompée puisque c’est exactement ce que m’a offert cette histoire lue d’une traite.

Il faut dire que l’amoureuse des belles plumes en moi n’a pas résisté à la beauté de celle de Louise Le Bars, une autrice que je ne connaissais pas, mais qui m’a enchantée par la poésie de ses mots. Un style inimitable, alliance du charme suranné des textes d’antan, de descriptions d’une splendeur à vous couper le souffle et d’une capacité merveilleuse à donner vie à l’extraordinaire, à l’irréel. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment déstabilisant, mais ô combien délicieux, de ne pas avoir découvert une fiction, mais plutôt le récit d’une vie. Et quelle vie !

Alors que le résumé nous donne l’impression que le protagoniste principal est Olivier, un écrivain à succès en manque d’inspiration qui se rend dans le village de sa grand-mère récemment décédée, la réalité est tout autre… Cet homme, en quête de Madame la Muse, va se lancer sur la piste d’une légende locale, le Vert-de-Lierre, sorte de vampire ou succube végétal, avant de faire la connaissance de deux femmes énigmatiques dont la jolie Rose. Pas insensible au charme de cette dernière, il sera ravi qu’elle décide de lui confier son roman et donc qu’elle lui offre, par ce biais, la promesse de nouveaux échanges.

L’amour rend aveugle… On a coutume de le dire et quand l’on voit à quel point Olivier reste insensible aux signes, à ses cauchemars et à son intuition, l’écrivain ayant quelques dons plutôt inhabituels, on est en droit de le penser. Il y a quelque chose de mystérieux et d’insaisissable chez Rose qui inquiète et intrigue, mais Olivier préfère se plonger dans les écrits et la contemplation de sa belle.

À mesure que l’on découvre le roman de Rose qui évoque cette légende du Vert-de-lierre qui fascine Olivier, l’angoisse se fait de plus en plus prenante et pesante. Ce que l’écrivain refuse de voir, le lecteur, quant à lui, s’en fait le spectateur privilégié et hypnotisé, la vie de l’héroïne de Rose étant sombre et dramatique comme l’était la vie des femmes autrefois. Mais loin de s’être laissée enfermer dans un rôle qui ne lui convenait pas, l’héroïne de Rose s’est rebellée quitte à signer un pacte avec le diable… De victime à bourreau, la frontière est parfois mince, voire perméable ! Mais difficile de condamner, ou du moins de ne pas compatir, avec une personne qui ne demandait que le droit de vivre par et pour elle-même, et non selon le bon vouloir d’autrui et des convenances.

Mère qu’on le veuille ou non, sorcière, nonne, hystérique, chose que l’on offre contre des terres et de l’argent… Tout autant de sort peu enviable dont il était bien difficile, si ce n’était impossible de se dépêtrer ! À travers un récit surnaturel et une mise en abyme intéressante, c’est donc bien une réalité historique que l’autrice évoque abordant sans lourdeur et avec justesse le sort des femmes notamment au XIXe siècle. Mais les choses ont-elles tant changé que cela ?

En filigrane, est aussi question du féminin et du rapport à la nature ici omniprésente que ce soit à travers la légende du Vert-de-Lierre, les prénoms, la forêt, les fleurs et le jardin luxuriant de la propriété de la tante de Rose. Une nature source de vie, de splendeurs mais aussi de dangers… Une dualité que l’on retrouve tout au long du roman autant dans les personnages que les événements, ce qui apporte une certaine complexité à un récit que l’on cueille plus qu’on ne le lit.

En conclusion, Vert-de-Lierre est un sublime conte gothique dans lequel se mêle avec brio présent et passé, amour et mort, abandon et espoir et dans lequel bien et mal s’unissent dans une danse sensuelle et intemporelle… Empreint de mystère et sombre à souhait, c’est également le récit d’une vie, celle d’une femme qui a dû lutter pour exister quitte à perdre, en cours de route, une partie de sa moralité et de son âme. Amoureux de la nature, de textes poétiques et immersifs et de personnages fascinants oscillant entre rêve et cauchemar, ce roman est fait pour vous.

 

 

 

 

Aria L’intégrale, Pathilia Aprahamian

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Aria reçoit un recueil de contes mythologiques arméniens et, à cet instant, la magie entre dans sa vie, changeant à tout jamais son destin. À travers quatre histoires aux univers mystérieux, vous découvrirez des aventures extraordinaires dans lesquelles Aria chassera le mal, parcourra des contrées merveilleuses et se fera de nouveaux amis.

Évidence Éditions – Collection Farfadet – Papier (12€) – Ebook (5,99€)
7/10 ans – Adapté lecteurs dyslexique

AVIS GLOBAL

Si vous me suivez depuis un petit moment sur le blog, vous aurez peut-être noté mon affection particulière pour la collection Farfadet qui ne m’a jamais déçue. Et cette magnifique intégrale de la série Aria n’échappe pas à la règle ! Bien que destinée à un jeune public, elle m’a ainsi offert un bon moment d’évasion et de divertissement.

Alternance de phrases courtes, rythmées et imagées, la plume de l’autrice devrait, sans aucun doute, plaire à de nombreux enfants qui prendront plaisir à se laisser bercer par son imaginaire. Un imaginaire qui nous transporte dans quatre aventures trépidantes, dont trois portées par Aria, une héroïne à laquelle on ne peut que s’attacher.

En filigrane de ces histoires, il y a un livre de contes arméniens qui est un peu une porte d’entrée sur le monde des songes et de la magie, un monde somptueux que l’on découvre aux côtés de notre héroïne. Pour cela, il suffit d’attendre que le sommeil la guette… Mais la jeune fille découvrira que la magie s’invite également parfois dans la réalité… pour le meilleur et pour le pire.

Au fil des aventures, nous voyons Aria grandir, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, affronter des dangers, se poser des questions et s’approprier pleinement sa vie. Une vie plutôt mouvementée qui devrait vous donner quelques sueurs froides. J’ai d’ailleurs été surprise par certains événements, l’autrice n’hésitant pas à ajouter un peu de noirceur à des histoires pleines d’onirisme et de magie. Le mélange parfaitement maîtrisé entre ombre et lumière apporte un certain cachet au livre et en rend la lecture addictive et passionnante.

Si j’aurais peut-être préféré, en tant qu’adulte, des phrases un peu plus longues, j’ai néanmoins été complètement conquise par le fond, mais aussi par l’esthétique de cette intégrale : une couverture magnifique, un format très agréable à prendre en main (a fortiori pour de jeunes lecteurs), un texte aéré et adapté aux lecteurs dyslexiques, des chapitres courts et rythmés… Tout est mis en place pour rendre l’expérience de lecture agréable et donner envie aux enfants de tourner les pages les unes après les autres.

À noter également que la maison d’édition a pensé à inclure les couvertures originales des différents tomes, une attention que j’ai particulièrement appréciée, les couvertures étant l’un de mes principaux critères d’achat. Cela permettra également aux enfants de naviguer facilement entre les différentes histoires.

Quant aux adultes, ils pourront être séduits par les aventures d’Aria, une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, à condition de bien prendre en compte le public visé puisque les personnages et les péripéties ne sont pas aussi développés que dans un roman pour des lecteurs plus âgés. Pour ma part, complètement séduite par l’imaginaire de l’autrice et sa manière d’alterner les ambiances, cela ne m’a pas dérangée.

En bref, l’autrice, d’une plume dynamique, concise et très imagée, propose ici des histoires qui devraient ravir les jeunes lecteurs en quête d’aventure, d’amitié, de mystère et de magie. Entre onirisme et réalité, voici un ouvrage à ne pas manquer.


AVIS POUR CHAQUE TOME 

Aria et la forêt de Vishap

Aria et la forêt de Vishap par Aprahamian

Dans cette première aventure, nous découvrons Aria, une jeune fille de onze ans qui a la capacité de parcourir, nuit après nuit, un monde onirique peuplé de créatures fabuleuses. C’est un vrai plaisir de la voir déambuler dans une forêt magique pleine de beauté et de mystère, mais pas exempte de danger, comme la jeune fille va très rapidement le découvrir.

Ses pérégrinations nocturnes, aussi enchanteresses que surprenantes, la conduiront sur la route d’êtres magiques qui vont lui demander de l’aide afin de délivrer un des leurs, Vishap, un dragon, du sort lancé par un méchant sorcier, Vat. Épaulée par Aralez, un chien ailé, et un insecte-fée, Aria arrivera-t-elle à remplir sa mission ?

Il vous faudra lire cette aventure pour le découvrir, mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai aimé suivre cette bande d’amis très disparate, mais particulièrement attachante. Il faut dire que courageuse, curieuse et gentille, Aria se révèle être une fillette plutôt attendrissante. J’ai également apprécié de constater que sa bravoure ne l’empêche pas d’être réfléchie et de se poser des questions pleines de bon sens. Elle ne fonce donc pas tête baissée dans le danger, ce qui n’est pas si courant dans la littérature jeunesse.

Quant à l’insecte-fée, bien qu’il ne parle pas la langue des hommes, il sait néanmoins se faire comprendre et sera un allié précieux dans la quête du remède pour délivrer Vishap de son triste sort… Aralez, peut-être un petit peu plus bourru, n’en demeure pas moins un autre membre important de la fine équipe. Tous les personnages ont donc un rôle à jouer et apportent une jolie dynamique à cette intrigue dans laquelle le pouvoir de l’amitié et du courage revêt toute son importance.

Aria et les œufs du dragon 

Aucune description de photo disponible.

Dans cette deuxième aventure, ce n’est pas Aria qui va dans le monde magique, mais c’est ce denier qui vient à elle ! Deux années se sont écoulées depuis sa première rencontre avec ses amis, mais le sorcier Vat fait de nouveau des siennes. Cette fois, c’est aux futurs enfants de Vishap, devenu roi, qu’il semble bien décidé à s’attaquer. Une seule solution, les cacher dans le monde d’Aria et lui demander son aide. Si la jeune fille a tout oublié de ses amis et des épreuves qu’ils ont traversées ensemble, elle accepte néanmoins de les écouter et de les soutenir…

Plus courte, cette seconde histoire se veut un peu plus sombre puisque Vat va apprendre, à ses dépens, que s’attaquer à la progéniture d’un roi dragon n’est pas forcément une très bonne idée ! L’autrice nous offre également une jolie plongée dans les rues de la capitale dont le charme ne semble pas avoir échappé à des fées facétieuses et curieuses.

Bien que j’aie préféré l’univers enchanteur de la première histoire, j’ai quand même apprécié de retrouver les personnages et de les voir s’unir pour affronter Vat qui, d’une certaine manière, m’a un peu fait penser à Gargamel dans les Schtroumpfs. Même pugnacité dans la méchanceté !

Aria et le scarabée bleu 

L’image contient peut-être : 1 personne, texte qui dit ’Ariaetle Aria et scarabée bleu O’

À quinze ans, Aria a connu un gros bouleversement dans sa vie. Je dois d’ailleurs dire que ça m’a assez choquée, je ne m’y attendais pas du tout. Mais avec cette troisième histoire, j’ai compris que l’autrice aimait bien nous amener là où on ne l’attendait pas, ce qui n’est pas pour me déplaire !

Une nuit, alarmée par le vacarme, Aria se décide enfin à ouvrir une boîte contenant un cordon avec une amulette très spéciale en forme de scarabée bleu. Sans le savoir, ni le vouloir, l’adolescente a ouvert la boîte de Pandore ! De bonne action en bonne action, la voilà transformée, grâce au pouvoir de l’amulette, en héroïne. Mais à trop prendre soin des autres, ne risque-t-elle pas de s’oublier et de s’éloigner de ses amies, voire de se mettre en danger ?

L’autrice, en plus de nous offrir un récit non dénué de mystère et d’action, nous plonge en pleine mythologie égyptienne, un sujet qui me fascine et que j’aurais, enfant, adoré trouver dans un roman.

Bienvenue à Amasya

Piptarquie, petit village magique isolé du monde des humains, a été créé par les descendants des rescapés de la chasse aux sorcières de Salem. Un village vivant en autarcie qui a su prospérer et au sein duquel la magie est omniprésente. Dans ce petit havre de paix, il y a néanmoins une règle d’or à respecter afin d’assurer de la sécurité de tous : ne pas emprunter le portail donnant accès au monde des humains sans posséder l’expertise pour.

Une règle que trois adolescentes, motivées par la prémonition de l’une d’entre elles, sont bien décidées à enfreindre. Et pour ce faire, elles n’ont pas d’autre choix que de convaincre l’institutrice du village de les accompagner ! Y arriveront-elles et, surtout, est-ce bien raisonnable ?

Nous ne pouvons qu’admirer la volonté de fer de ces jeunes sorcières qui nous prouvent qu’il faut parfois savoir prendre des risques et ne pas rester enfermé dans le passé même si cela n’empêche pas de mettre en place quelques garde-fous. Après tout, s’il y a des dangers à partir à l’aventure, n’est-ce pas également un excellent moyen pour faire de belles découvertes et, éventuellement, faire bouger les choses ?

J’ai apprécié la manière dont l’autrice a su lier cette aventure aux trois précédentes nous offrant ainsi une très jolie conclusion et une fin non dénuée de sagesse. Et pour ceux qui se demanderaient où est passée Aria, je n’aurai qu’une réponse : plongez-vous dans cette aventure pour le découvrir !

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

 

Week-end à 1000 (26-28 juin 2020) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Un nouveau week-end à 1000 commence ce vendredi 26 juin à 19h et se terminera le dimanche 28 juin à 23h59. Je vous présente donc ma PAL prévisionnelle que, pour une fois, je vais essayer de respecter.

Couverture La chronique des anciens, tome 1 : Le baiser du dragon

Mi-humaine, mi-dragonne, Pia Giovanni a été choisie pour une mission ultra dangereuse : dérober un élément du trésor de Dragos Cuelebre, le dragon le plus redoutable au monde. Simple pion dans la guerre qui oppose le roi Faë à Dragos, Pia va bientôt subir la colère de la ténébreuse créature…

  • La première reine de J. James (400 pages) : SP dont je dois rendre la chronique au maximum pour le 1er juillet, ce sera ma lecture prioritaire et celle qui me tente le plus.

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reine

1910
Après des années d’un mariage désastreux, Lady Eleanor Grant est enfin libre de mener sa vie comme elle l’entend. Grande amatrice d’égyptologie, elle décide de se rendre dans ce pays qu’elle a si souvent fantasmé, l’Egypte. Là-bas, elle va faire la connaissance de Karl Schaffenberg, un éminent professeur allemand. A eux deux, ils décryptent de vieux parchemins, trouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre, qui leur révèlent une fantastique découverte : une nouvelle reine égyptienne, Nitetis, inconnue jusqu’alors, vient complètement bouleverser l’ordre dynastique. Lors de cette enquête, Eleanor est amenée à recroiser la route du brillant gallois, Warren Crowley.
Intrigué, ce dernier se laisse entraîner par cette étrange aventure, et se révèle être un précieux allié, pour suivre les traces de cette reine oubliée. Mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette Nitetis ? Qu’a-t-elle donc fait pour subir la Damnatio Memoriae ? Parfois, certains secrets bien gardés devraient le rester.

  • L’enfant et le maudit, tome 7 (174 pages) : voici l’une de mes séries préférées. J’ai hâte de me plonger dans ce septième tome que j’attendais avec impatience.

Couverture L'Enfant et le Maudit, tome 7

Les soldats en quête de salut sont toujours sur les traces des deux fugitifs.
L’un d’entre eux révèle au professeur un pan de son passé, à l’époque où il était encore humain, ce qui le saisit d’angoisse. C’est alors que le danger se rapproche encore davantage de Sheeva…  Où qu’ils aillent, ils ne pourront décidément pas trouver le repos.
Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…

  • La petite sirène de Michiyo Hayano et Shinobu Uemura (40 pages)

Couverture La Petite Sirène

TOTAL : 1021 pages

Et vous, participez-vous à ce week-end à 1000 ?
Prévoyez-vous une PAL ou préférez-vous choisir vos lectures au fur et à mesure ?

Le Magicien d’Os, Eric Sanvoisin

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Le jour qui aurait dû être celui du grand bonheur, fut celui de l’immense désespoir. Lors du mariage de la princesse Rune et du prince Lunn, une balle venue d’on ne sait où, frappe le prince en plein cœur. Sur les conseils d’un astrologue la princesse, folle de douleur, part demander de l’aide au magicien d’Os, un être à la mauvaise réputation. Celui-ci accepte de ressusciter Lunn seulement si elle accepte de rester avec lui pour toujours. Rune se retrouve ainsi prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets.
Lunn, malheureux et désespéré, décide d’aller à la recherche de sa bien-aimée. Mais il rencontre le magicien d’abord

Balivernes (28 mai 2019) – 128 pages – 15€

Découvert par hasard dans les rayons de ma médiathèque, Le Magicien d’OS fut pour moi un coup de cœur que j’aurais envie de recommander encore et encore !

Avec ce livre, dont le titre est à lui seul un argument pour craquer, les éditions Balivernes m’ont permis de renouer avec cette ambiance si particulière des contes. Pas ceux emplis de paillettes et de licornes, mais ceux plus classiques avec leur part d’ombre, de mystère et dans lesquels amour et mort sont inextricablement liés.

Beau, sombre et cruel à la fois, le récit de la princesse Rune et du prince Lunn m’a transportée et fait vivre mille émotions. D’abord de la tristesse face au prince qui s’effondre d’une balle en plein cœur le jour de son mariage et devant la princesse qui dépérit de chagrin en raison du décès de son bien-aimé qui lui a été ravi d’une bien atroce manière. Puis de la crainte et de la curiosité devant un mystérieux et malfaisant magicien qui accepte de ressusciter Lunn en arrachant à Rune la promesse d’une vie passée à ses côtés…

Ce conte délicieusement traditionnel, avec un petit côté La Belle et la Bête en bien plus sombre, n’en demeure pas moins d’une surprenante et agréable modernité. Cela commence par cette princesse qui prend son destin en main et refuse de se morfondre sans rien faire devant le sort de son prince. Elle est consumée par la douleur et ne rêve que d’une vie aux côtés de Lunn, mais elle fait également preuve d’un certain courage et d’une volonté de fer osant tenir tête à ce Magicien d’Os qui l’emplit pourtant de crainte… Si son époux va essayer de la sauver des griffes de son geôlier faisant lui-même preuve de témérité et d’une totale abnégation, c’est bien Rune qui saura trouver les clefs de sa liberté.

Le magicien apprendra, quant à lui, qu’une prison dorée reste une prison et que l’amour ne s’achète pas ni ne se vole. Une dure leçon de vie qui nous ferait presque prendre en pitié un être malfaisant, mais dont les fêlures et le besoin désespéré d’être aimé suscitent une certaine empathie… Méchant donc, mais avec cette légère pointe d’humanité qui distingue les méchants bien construits des caricatures et autres personnages stéréotypés.

Un bon conte est un conte intemporel qui fera frémir et divertira des générations parfois très éloignées. J’ai le sentiment que Le Magicien d’Os fait partie des élus, peut-être parce que sans temporalité précise, il pourra naviguer avec facilité dans les couloirs du temps à moins que ce ne soit les sujets abordés (le véritable amour, la mort, la vie…) qui le rendent si précieux et universel. Quant aux références littéraires, notamment à une célèbre et tragique histoire d’amour, elles renforcent avec brio ce sentiment de beau et de dramatique qui nous prend au cœur et au corps durant notre lecture.

Le Magicien d’Os est un superbe conte porté par la très jolie plume d’Eric Sanvoisin qui s’est évertué à retranscrire l’atmosphère si particulière des contes d’antan. Mais c’est également un très bel ouvrage magnifié par les illustrations de Gilles Francescano. D’un réalisme époustouflant venant aussi bien des nuances de gris alternant entre ombre et lumière que des nombreux détails, celles-ci participent au sentiment d’immersion que vous ne manquerez pas de ressentir en parcourant le livre.

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Quant à l’objet-livre en lui-même, il est tout simplement sublime : format cartonné, couverture en trompe-l’œil, hauts de page joliment ornés, tranche noire qui se marie à merveille avec les illustrations et l’atmosphère de l’histoire… Tout autant d’éléments qui viennent parfaire l’expérience de lecture et lui apporter une tout autre dimension.

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En bref, Le Magicien d’Os est un magnifique conte, entre tradition et modernité, que je conseille les yeux fermés aux amateurs du genre et/ou aux personnes souhaitant découvrir une superbe et tragique histoire d’amour dans laquelle il est est question de vie, de mort, mais aussi d’espoir, d’ombre et de lumière.

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Retrouvez/feuilletez le livre sur le site de Balivernes éditions.

Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige, Catherine Girard-Audet

Couverture L'envers des contes de fées, tome 3 : Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige / Journal intime de la belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige

La dernière fois que vous avez entendu parler de moi, j’essayais d’empoisonner ma belle-fille avec une pomme. Mon plan a échoué et j’ai tout perdu. J’ai dû faire une cure de gentillesse dans un centre de méditation où je ne pouvais porter ni maquillage ni belles robes et où je n’ai pas pu apporter mon miroir ! Cela m’a transformée. Je suis prête à réintégrer mon village pour prouver à Blanche-Neige et à tous les autres habitants de Livresdecontes que je suis une nouvelle femme. Lisez-vite mon journal !

Kennes (17 juin 2015) – 124 pages – 6/9 ans – Broché (9,95€) – Ebook (6,99€)

AVIS

J’aime beaucoup la collection L’envers des contes de fées qui nous permet de voir les méchants des contes autrement… Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige est le troisième roman de la série, mais chaque tome peut se lire indépendamment des autres.

Comme toujours avec les livres de cette série, le travail éditorial est soigné avec de multiples petites illustrations qui viennent égayer le texte et lui apporter une bonne dose de peps bien que le récit n’en manque déjà pas. La construction du livre autour d’entrées de journal intime est également très agréable et facilite grandement la lecture des jeunes lecteurs tout comme l’humour omniprésent qui ne manquera pas de faire également sourire les adultes.

Dans ce tome, l’autrice s’amuse gentiment de l’engouement pour le développement personnel en envoyant la méchante belle-mère de Blanche-Neige en cure dans un centre de méditation. On la retrouve donc quelques semaines après son arrivée et l’on découvre son programme : thérapie individuelle et thérapie de groupe, yoga, méditation, graines de lin et choux de Bruxelles, beaucoup de choux de Bruxelles… Mais loin de la rendre chèvre, cette ambiance zen fera beaucoup de bien à la méchante belle-mère qui a appris progressivement à se délester de ses possessions matérielles, et notamment de son fameux miroir, pour se recentrer autour de son moi intérieur. Cela n’est pas toujours aisé, surtout quand il est question de boutons sur le visage, mais elle essaie maintenant de faire passer l’être avant le paraître. Son évolution est d’ailleurs probante et stupéfiante.

Il faut dire que Reine a bien compris que le début de tous ses ennuis a pris racine dans son obsession de la beauté qui l’a inéluctablement conduite sur le chemin de la jalousie. Adieu donc le maquillage et les belles robes qui pourraient entretenir, du moins tant qu’elle n’est pas complètement guérie, sa vanité et bienvenue à une Reine dépourvue d’artifices, mais non dénuée d’une belle aura et d’une jolie personnalité. Mais si les autres membres du centre ont pu assister à sa métamorphose, reste à convaincre les habitants de Livresdecontes que le changement est réel et durable !

Le temps de quitter le centre de méditation étant venu, Reine déménage dans une cabane au fond des bois, loin de la tentation, afin de se réadapter à la vie en société et faire amende honorable de ses péchés. Elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de sa psychologue qui va venir lui tenir compagnie dans cette cabane rustique que n’apprécie pas particulièrement Reine qui aurait aimé un peu plus de confort et un environnement plus urbain. Et si cette nouvelle vie n’était déjà pas un défi en soi, notre ancienne méchante est persuadée d’être la proie d’un monstre marin… Réalité ou fantasme ? Je vous laisserai le plaisir de le découvrir.

L’autrice a un vrai talent pour rendre les méchants des contes terriblement humains et attachants. J’ai ainsi adoré Reine qui reconnaît ses errances passées et qui fait de son mieux pour offrir au monde une nouvelle et meilleure version d’elle-même. Loin d’être la marâtre sans cœur que l’on connaît tous, elle nous apparaît ici sympathique et même touchante, notamment avec sa meilleure amie qui ne lui a jamais tourné le dos, et un certain bûcheron qui ne semble pas la laisser indifférente ! Sa relation avec Henri est d’ailleurs toute mignonne et pleine de jolis sentiments au point de me donner le sourire aux lèvres, et pourtant, je ne suis pas du style fleur bleue.

Avec facétie et humour, l’autrice s’amuse également à ternir l’image des princesses de contes, et ça fonctionne à merveille. Oubliez donc la Blanche-Neige serviable et altruiste, et faites place à une nunuche (ça, ça ne change pas trop de la version Disney) obsédée par les apparats, le beau, le luxe, et surtout, par son physique et sa beauté au point de vouloir écraser les « concurrentes ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ou, plutôt, l’ancienne version d’une certaine personne ?

En plus d’une histoire fort sympathique et emplie d’humour, on appréciera le savant mélange entre l’ambiance si particulière des contes et notre réalité : ici, on parle autant de miroir magique que de test ADN ou de Gossip Girl. Un mélange truculent à l’instar de ce roman que je ne peux que vous recommander pour un joli et divertissant moment de lecture qui réunira, enfants et adultes, autour de l’amour des contes, un genre revisité et dépoussiéré avec brio par Catherine Girard-Audet.

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Hazel Wood, Melissa Albert

« Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.
Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.
Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.
Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?
Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

Editions Milan (25 avril 2018) – 384 pages – Broché (17,90€) – Ebook (12,99€)

AVIS

Possédant ce roman dans sa sublime version Fairyloot et en français, j’ai hésité un long moment avant d’opter pour la version française d’autant que j’avais un peu de mal à me souvenir de l’endroit où se trouvait la VO. Mais maintenant que j’ai refermé le roman, je pense que ce n’est pas plus mal parce que Melissa Albert nous propose ici un univers riche et complexe qui nécessite une parfaite compréhension des différents événements pour savourer sa lecture.

Alice vit une relation quasi symbiotique avec sa mère, Ella. Une relation d’autant plus forte qu’elles sont toujours sur le qui-vive déménageant sans cesse pour éviter la malchance et tous ces événements étranges qui semblent irrémédiablement les poursuivre. Mais un jour, Ella décide de se poser et de se marier avec Harold. Un mariage qui n’enchante guère Alice, mais qui aura au moins le mérite de lui permettre de faire la rencontre de Finch, un jeune homme attachant dont elle va se rapprocher, notamment suite à un dramatiquement événement.

Fils d’un richissime homme qui le délaisse complètement, ce garçon m’a beaucoup touchée par sa gentillesse, mais aussi en raison de sa tendance à fuir sa vie et la réalité dans la lecture.  Au fil des pages, nous découvrons les raisons de sa passion pour le recueil des Contes de l’Hinterland écrits par la grand-mère d’Alice, une femme que l’adolescente n’a jamais rencontrée, sa mère s’y opposant tout comme elle lui a toujours refusé le droit de lire les histoires de son aïeule. Ce recueil de contes, qui suscite des réactions passionnées, est devenu quasiment introuvable, ce qui n’empêchera pas nos deux amis de tenter de mettre la main dessus avant de se lancer dans la plus périlleuse des aventures, l’assaut d’Hazel Wood et du monde dangereux que la demeure semble ouvrir !

Si la première partie est auréolée de mystère et soulève de très nombreuses interrogations sur Alice et sa mère, la seconde partie du roman est beaucoup plus onirique, l’autrice proposant une mise en abyme d’un conte dans un conte. Cela donne une tout autre envergure au récit qui se pare d’une richesse folle. Ce changement de ton pourra néanmoins déstabiliser certains lecteurs, voire complètement les dérouter.

Pour ma part, j’ai adoré tomber dans une histoire à la Alice au pays des merveilles avec cette sensation de perdre le contrôle sur ce qui se passe et de me faire ballotter d’une scène à l’autre sans trop savoir à quoi m’attendre. Mais rassurez-vous, l’autrice ne nous perd jamais en cours de route puisque par un savant équilibre entre rêve, ou plutôt cauchemar, et réalité, elle veille à ce que chacun puisse suivre Alice dans ses multiples péripéties, la jeune fille devant affronter un certain nombre d’épreuves pour retrouver une personne qui lui est chère et sur laquelle nous faisons de surprenantes découvertes. J’ai d’ailleurs été assez surprise de la réaction de l’adolescente qui réagit assez bien à une révélation qui fait pourtant vaciller son monde.

Mais il faut dire qu’elle n’est plus à une surprise près, l’Hinterland où elle finit par être plongée étant le lieu de bien d’autres découvertes, notamment sur sa nature profonde. Je resterai volontairement évasive parce que ce qui fait tout le charme de ce roman, c’est le mystère dont il est auréolé. Je peux néanmoins vous assurer que si vous aussi, vous adorez les contes d’autrefois avec leur cruauté et leur bestialité, l’univers qui se déploie sous vos yeux va vous enchanter bien que le terme captiver serait peut-être plus adéquat, l’Hinterland n’ayant rien d’enchanteur…

En plus du côté conte dans un conte qui m’a complètement conquise, Hazel Wood s’est aussi l’histoire du jeune fille qui lutte contre elle-même, contre ses démons et qui refuse avec courage une vie qui n’est pas la sienne, une vie qu’on lui a imposée et dans laquelle on essaie de l’emprisonner. C’est donc tout autant une histoire fantastique que le voyage d’une adolescente sur le chemin de sa propre vérité et de cette vie qu’elle va essayer de prendre à bras-le-corps nonobstant les épreuves. Alice n’est pas toujours agréable, elle est rarement souriante, mais elle est forte, déterminée et prête à tout pour sauver sa famille, la seule qui n’ait jamais compté pour elle. Le genre d’héroïne courageuse et imparfaite qui devrait plaire aux adolescent(e)s, et que je trouve diablement inspirante !

En conclusion, captivant, riche et complexe, ce roman fut une très bonne lecture que je recommanderai à tous les amateurs de contes et à toutes les personnes appréciant de se laisser bercer par un imaginaire puissant et empreint d’un certain onirisme. Le livre se suffit à lui-même, mais j’ai été ravie de découvrir qu’une suite était parue récemment. J’attends donc avec impatience sa traduction curieuse de retrouver Alice que ce soit dans notre monde ou celui de l’Hinterland…

Le dernier conte, Pascale Leconte

Couverture Le dernier conte

Alors qu’elle vient d’échapper à une tentative d’assassinat, la princesse Bianca doit fuir les gardes de l’Afag et sa marâtre. Lors de ce voyage initiatique, Bianca retrouvera les différentes héroïnes de nos contes d’enfant.
Que sont donc devenues Cendrillon, Belle, Aurore ou Peau d’Âne après leur mariage avec le prince charmant ?
Sous l’apparence d’un conte de fées, ce récit relate le passage entre un monde ancien, où l’humain vit en harmonie avec la nature, les forces invisibles qui l’habitent, et le début d’une nouvelle ère centrée sur l’homme matérialiste et égocentrique.
Une histoire qui rompt avec le schéma habituel en donnant la part belle aux héroïnes féministes, actives et maîtresses de leur propre destin.
Dans cet univers enchanteur, le lecteur pourra en apprendre davantage sur la méditation, les élémentaux ou autres esprits de la nature.

Couverture : Maud Chalmel – Illustrations : Agnès Fouquarf

AVIS

Une jeune princesse qui, à la mort de son père, doit s’enfuir de son propre royaume sous peine d’y trouver la mort, une marâtre qui dispose d’un miroir magique et qui est bien décidée à se débarrasser d’une encombrante belle-fille… Les débuts devraient immanquablement vous rappeler Blanche-Neige ce qui n’est guère étonnant, l’autrice nous proposant ici une histoire inspirée des contes d’antan. Nous y retrouverons d’ailleurs certaines princesses et autres héroïnes de contes qui ne semblent pas vivre le happy end tant mérité… Mais loin de se cantonner au charme suranné des récits de notre enfance, l’autrice va ici beaucoup plus loin nous invitant à réfléchir, à travers l’histoire de Bianca, à de multiples sujets.

Bénéficiant d’un double niveau de lecture, ce roman se pare donc de multiples facettes : aventure trépidante conduisant une jeune princesse sur le chemin de sa destinée, conte au charme féerique, mais aussi roman engagé et éclairé. Sont ainsi abordés des thèmes comme la monétarisation de l’économie et l’essor d’un libéralisme sauvage avec ses corollaires : la pauvreté et l’agrandissement du fossé entre les très riches et les très pauvres, l’uniformisation de la pensée, l’asservissement des masses au seul profit de quelques élus, ici représentés par une mystérieuse et puissante organisation, l’Afag. Le dernier conte relate donc un changement sociétal, politique et économique profond qui s’accompagne d’un patriarcat révoltant dans lequel les hommes sont tout-puissants, et les femmes reléguées et cantonnées au rôle de mère incapables d’agir sur leur destinée. Les menstruations deviennent taboues, les guérisseuses d’abominables sorcières à éliminer quand la médecine des hommes devient la référence et la seule solution à tous les problèmes…

Difficile de ne pas voir dans ce conte quelques échos de notre passé même si ici, ce ne sont pas les religions monothéistes qui ont mis à  mal les anciennes solidarités et croyances, mais l’économie de marché, l’individualisme et le scientisme, une science érigée en dogme si ce n’est en religion. Ce roman nous laisse d’ailleurs entrevoir le danger que toute doctrine imposée et extrême peut engendrer. Non à une science dépourvue de libre arbitre et dénuée d’âme humaine dans laquelle la femme serait érigée en ennemie ou tout simplement infantilisée.

En parallèle d’un univers menacé par des dangers plus ou moins pernicieux, l’autrice nous baigne dans une atmosphère enchanteresse et onirique organisée autour d’une nature consciente et foisonnante. Ce roman est d’ailleurs une ode à la nature et au besoin urgent des êtres humains de s’y reconnecter et de s’ouvrir à toutes les merveilles qu’elle offre à ceux qui savent prendre soin d’elle et la respecter. Des merveilles que Taïmoon, apprenti jardinier, permet à notre princesse d’appréhender. Ce garçon touchant l’accompagne et la soutient dans ses aventures, mais c’est surtout la personne qui lui permet de s’ouvrir à un monde invisible et peuplé de créatures dont elle n’avait jusque-là pas conscience : elfes, nymphes, sirènes, sylphes, lutins… Tous ces êtres ne se révèlent pas sympathiques ou bienveillants, mais cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que leur existence reflète l’état du monde et des pensées parfois néfastes des individus.

Si les très nombreuses réflexions soulevées par l’autrice ne manquent pas d’intérêt ni de pertinence, voire parfois d’originalité pour un conte (je pense notamment à la question du végétarisme brièvement évoquée), on appréciera la manière dont elle réussit rapidement à nous immerger dans une aventure épique et mouvementée au cours de laquelle une jeune princesse va faire de multiples rencontres et affronter de nombreux dangers. Elle pourra heureusement compter sur l’aide d’un jeune jardinier qui se révèle très vite attachant et attendrissant. Le duo est adorable et l’on prend grand plaisir à le voir évoluer et affronter chaque situation avec beaucoup d’aplomb et de courage. Complémentaires, les deux personnages vont évoluer aux côtés l’un de l’autre : la princesse va gagner en maturité et apprendre à voir au-delà des apparences et de la beauté quand son nouvel ami va prendre confiance en lui et réaliser que la richesse ou le statut d’un homme ne font pas sa valeur.

Pascale Leconte s’approprie parfaitement l’univers des contes en lui offrant une belle cure de jeunesse avec des messages forts et une princesse bien différente de celles que l’on rencontre dans les contes traditionnels. Bianca ne reste pas endormie en attendant le baiser du prince charmant, elle ne se terre pas dans une chaumière, elle ne se sacrifie pas pour sauver sa famille en restant prisonnière d’une bête… Non, elle prend le carnet et la plume magique offerts par sa marraine et, sous couvert de collecter des informations sur l’Afag, écrit le propre livre de sa vie et se forge sa propre destinée ! Un joli exemple pour les jeunes lecteurs qui verront en elle un modèle de courage et de bravoure, et espérons-le, une preuve que ni le déterminisme social ni les conventions ne doivent venir leur dicter leur chemin de vie.

Quant à la plume de l’autrice, fluide, rythmée, immersive, délicieusement imagée et poétique, elle m’a enchantée et participe grandement au plaisir que j’ai pris à dévorer ce roman bien plus profond que sa belle couverture ne le laisse présager. En plus d’être agréable à l’œil, cette couverture a également le mérite de mettre en avant une belle diversité dans le monde des fées, ce que je n’ai, pour ma part, encore jamais rencontré dans un roman. Et parce que l’autrice semble avoir à cœur d’immerger complètement ses lecteurs dans son univers enchanteur, quelques douces et jolies illustrations viennent illuminer et embellir l’ouvrage.

On notera également quelques sympathiques et amusants clins d’œil de l’autrice à son propre rôle dans l’histoire et à ses précédents ouvrages. Une petite facétie qui m’a bien amusée et convaincue de mon envie de poursuivre mon expérience de lectrice auprès d’une autrice qui offre, entre autres, une littérature jeunesse pleine d’intelligence, d’originalité et de fantaisie.

En conclusion, Le dernier conte m’a très agréablement surprise et ceci à plus d’un titre. Loin de n’être qu’une belle histoire auréolée de merveilleux, Pascale Leconte nous propose des réflexions pertinentes sur une ribambelle de sujets allant du pouvoir de la nature et du monde invisible au sacré féminin en passant par l’importance de l’instant présent. Mélange de conte, de poésie et d’aventure, voici un ouvrage à lire et à relire et à partager en famille : les plus jeunes y verront un joli moment de divertissement quand les lecteurs plus âgés se régaleront de l’imaginaire engagé de l’autrice. Pour moi, voici son roman le plus abouti, ou du moins, celui que je conseillerais à toutes les personnes qui souhaitent se lancer dans son univers et qui ont à cœur de s’émerveiller, maintenant et à jamais.

Retrouvez le roman sur le site internet de l’autrice que je remercie pour sa confiance.

Top Ten Tuesday #173 : les 10 livres avec des sirènes qui me tentent le plus

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Les sirènes sont des créatures que je trouve fascinantes et que je prends toujours grand plaisir à retrouver dans les livres. Voici donc les 10 ouvrages avec des sirènes qui me tentent le plus.

  • Dans ma PAL :

Je ne pouvais pas commencer ce top sans vous parler de cette sublime version de La petite sirène. Enrichi de différents documents, ce livre des éditions Harper est une petite merveille que je ne me lasse pas d’admirer.

Couverture La petite sirène (illustrés)

Couverture Le Royaume de Lénacie, tome 1 : Les Épreuves d'AlekSea Witch (English Edition) par [Sarah Henning]

The surface Breaks par O'Neill

  • Dans ma wish list :

Couverture La sirène de VeniseCouverture Aquarel, tome 1 : Initiation Couverture Plume, intégrale

Et vous, appréciez-vous les livres avec des sirènes ?
En avez-vous à me conseiller ?

 

Jonathan Livingston le Goéland, Richard Bach

Couverture Jonathan Livingston le goéland

 

Décidément, Jonathan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Sa seule passion : voler toujours plus haut et plus vite, pour être libre. Mais cet original qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plaît guère à la communauté des goélands. Condamné à l’exil, seul, Jonathan poursuit ses découvertes, sans peur, sans colère. Il est seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu’au jour où il rencontre des amis… Jonathan apprend alors à briser les chaînes qui emprisonnent son corps et ses pensées. Ce livre drôle et poétique est un hymne à l’amour et à la liberté !

Audible – 58 minutes
Lu par Patrice Laffont, Dorothée Berryman, Cédric Noël, Vincent Davy

AVIS

Un mal de tête carabiné, mais aucune envie de rester allongée dans le noir sans rien faire, j’ai décidé d’écouter un livre audio, de préférence court. Mon choix s’est alors porté sur Jonathan Livingston le Goéland que j’avais téléchargé gratuitement sur mon application Audible.

Jonathan pour un goéland, cela a de quoi surprendre, mais Jonathan n’est pas un goéland comme les autres. Quand les autres membres de son clan ne pensent qu’à vivre pour manger lui, il ne pense qu’à voler, voler toujours plus haut, toujours plus vite, pour gagner en liberté. Mais ses progrès en techniques de vol seront loin de plaire à son clan qui finira par le chasser… Le goéland, exilé, mais bien déterminé à rester fidèle à ses envies, finira heureusement par trouver d’autres goélands partageant ses aspirations.

À travers cette histoire, qui s’apparente à un petit conte philosophie, l’auteur aborde différents sujets, et notamment la différence et le rejet qu’elle suscite. Comme l’en atteste la communauté de goélands qui chasse notre héros, un être, qui n’entre pas dans la norme et ne respecte pas les traditions, inquiète avant d’être simplement mis au ban de la société.

Ce constat ne suscitera pourtant aucune haine chez Jonathan. Peiné que ses comparses se contentent d’une vie sans but, sans volonté de se dépasser, il restera néanmoins fidèle à ses aspirations profondes, et à ce qu’il est. Il a bien tenté, durant un moment, de se fondre dans le moule, mais il a vite compris que l’acception de ses pairs ne valait pas le sacrifice de son être… Comment, en effet, être heureux si l’on renie ce que l’on est et ses propres rêves ?

En gagnant en âge, il gagnera également en maturité jusqu’à comprendre, grâce à sa rencontre avec d’autres goélands, plus ouverts d’esprit que ceux de son clan, que la liberté ne dépend que de soi et des barrières que l’on se met. Une fois les chaînes brisées, chacun est libre de s’approprier sa vie, et faire de ses rêves une réalité. Cette liberté tant désirée une fois devenue sienne, Jonathan deviendra alors à son tour porteur d’espoir, et partagera, avec ceux qui en ont besoin, la sagesse acquise au fil de ses rencontres et de ses expériences, heureuses comme malheureuses.

La plupart des idées soulevées ne sont pas innovantes, mais l’auteur a su les mettre en scène de manière assez imagée et subtile pour parler à chacun des lecteurs sans tomber dans un ton moralisateur ou dogmatique. L’ensemble offre donc un récit harmonieux et philosophique plaisant et accessible.

Quant à la partie audio du livre, je dois dire qu’elle m’a complètement conquise. Alors que je n’écoute jamais de musique en lisant, j’ai adoré les musiques diffusées tout au long du livre. Choisies avec soin et beaucoup de justesse, elles participent grandement et activement au plaisir que l’on prend à se laisser conter l’histoire de ce goéland en quête de liberté. Pourvoyeuses d’émotions, elles m’ont également permis de ressentir avec force tout ce qui se dégage de ce récit, simple en apparence, mais finalement assez profond et universel.

Autre point qui m’a plu et qui est assez rare, chaque personnage est interprété par une personne différente, ce qui permet de mieux se représenter chacun des protagonistes et de s’immerger plus facilement dans la lecture.

En conclusion, Jonathan Livingston le Goéland est un petit livre audio qui m’a très agréablement surprise. À travers l’histoire d’un goéland devenant le mouton noir de son clan, l’auteur aborde de nombreux sujets qui ne devraient pas manquer de vous faire réfléchir : la quête de soi, le besoin de réaliser ses rêves, l’indépendance, les envies d’évasion, la liberté, mais aussi la différence et le rejet qu’elle tend encore bien trop souvent à susciter. Sans être révolutionnaire, cette petite histoire devrait donc vous faire passer un joli moment d’évasion et de réflexion.