Mini-chroniques en pagaille #33

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les Souffrances du jeune Werther de Goethe (écouté en livre audio)

Couverture Les souffrances du jeune WertherLes Souffrances du jeune Werther est un roman dont j’avais eu l’occasion de lire un extrait dans le cadre de mon bac blanc de français qui commence sérieusement à dater. Et j’en garde la même impression : un livre dont l’intérêt réside bien plus dans la manière dont sont exprimés et exacerbés les sentiments que dans l’intrigue en elle-même.

On suit les sentiments profonds et les réflexions d’un jeune homme tellement ancré dans ses émotions et son moi intérieur qu’il en vient à s’enfermer dans une bulle qui nous apparaît parfois bien différente de la réalité… S’il part de faits concrets, il a une légère tendance à les extrapoler et en tirer ses propres conclusions, toujours très passionnées au demeurant !

Le retournement de situation, bien qu’inéluctable, m’a beaucoup touchée. Car si on a parfois envie de dire au jeune Werther de vivre au lieu de penser et décortiquer chaque bribe de sa vie et de celle de Charlotte, la femme objet de ses passions, il n’en demeure pas moins un homme d’une sensibilité à fleur de peau qui émeut. Le roman ne plaira pas à tout le monde, surtout si les atermoiements et les tourments de l’âme humaine vous rebutent, mais c’est un parfait exemple du romantisme que j’aurais envie de qualifier de triste et de beau à la fois. Au-delà de l’amour courtois magnifié et parfois idéalisé, le roman présente également quelques réflexions intéressantes sur l’éducation et l’humanité.

  • Martin et la Divine Chipie de François Vincent (Didier jeunesse)

Couverture Martin et la divine chipie

Le jeune Martin décide un jour de quitter Gondenans-les-Moulins pour Paris avec l’espoir de faire fortune, de mener la grande vie et de goûter aux joies et futilités de la vie parisienne, nonobstant les dangers et les mises en garde de ses parents. Sa décision est prise et rien ne l’en dissuadera ! D’ailleurs, la chance semble lui sourire : après une rencontre sympathique, le voilà doté de trois objets magiques qui vont vite lui révéler leur utilité, et conférer au roman, un joli air de conte d’antan.

Mais une fois arrivé à Paris, le jeune Martin va découvrir les joies, non pas des cafés parisiens, du moins pas que. Il va faire face à la duplicité, à la méchanceté, à la convoitise et à la manipulation. Des choses d’autant plus déroutantes qu’elles arrivent par l’entremise de la Divine Demoiselle, jeune femme riche à la beauté reconnue. Une femme qui n’hésite pas à jouer de ses atouts pour obtenir ce qu’elle veut.

En début d’ouvrage, Martin n’attire guère la sympathie puisqu’il nous apparaît assez ingrat, peu reconnaissant et comme notre Demoiselle, quelque peu cupide. Et puis, il se révèle parfois exaspérant par sa manie de se laisser duper encore et encore. Mais de fil en aiguille, le naïf des débuts laisse place à un jeune homme un peu plus réfléchi et moins obnubilé par la réussite. On appréciera, en plus du jeu sur les apparences, la belle leçon de vie que notre protagoniste va apprendre. Et si finalement, le véritable bonheur ne passait pas par la gloire et la richesse ?

Les amateurs de contes et de romans de chevalerie devraient également apprécier les références disséminées tout au long du roman. Les illustrations en couleurs apportent, quant à elles, beaucoup de charme à l’aventure, tout en facilitant l’immersion des jeunes lecteurs.

En bref, Martin et la Divine Chipie est un conte plein d’humour et d’intelligence qui séduira petits et grands lecteurs.

  • Ève d’Anne Langlois (application Rocambole)

Ayant souscrit il y a quelques semaines à l’application Rocambole, j’ai enfin pris le temps de lire ma première série : Ève. Je ne suis pas croyante, mais j’avoue que le résumé m’a bien intriguée et que j’étais curieuse de découvrir l’une des histoires les plus connues au monde à travers le point de vue d’Ève. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience fut concluante et des plus amusantes !

En 11 chapitres et moins d’une heure de lecture, l’autrice nous offre une petite pépite féministe qui, sous couvert d’humour, aborde des thématiques importantes allant de la charge mentale des femmes aux stéréotypes liés au sexe. C’est drôle, grinçant, voire parfois mordant, mais c’est surtout plein d’intelligence, de bons sens et de pertinence.

Dans cette histoire, Adam en prend clairement pour son grade : niais au possible, peureux, complètement à côté de la plaque, incapable de se débrouiller sans Eve qui joue le rôle de nounou, de maman et d’épouse… L’image pourrait paraître caricaturale, elle l’est d’ailleurs parfois. Mais derrière les comportements d’Adam et ses arguments à la mords-moi le nœud, on retrouve tout un pan de notre culture. Un pan qui porte aux nues la « masculinité des hommes  » tout en n’oubliant pas de louer la dextérité des femmes pour les travaux ménagers et la capacité à tout mener de front (sans se plaindre, c’est encore mieux). Après tout, c’est bien connu, on naît toutes avec des aiguilles dans les mains pour repriser plus vite que notre ombre les chaussettes ou, dans le cas d’Adam, les slips.

Heureusement que notre Ève, en plus d’avoir du caractère, peut compter sur le soutien de ses copines auxquelles on s’attache d’ailleurs fort vite. Chacune issue d’une espèce différente, elles lui apportent un peu de cette solidarité féminine indispensable dans un monde créé par et pour les hommes… Si Adam m’a donné des envies de meurtre, j’ai également beaucoup ri, notamment grâce aux remarques sarcastiques d’Ève et sa capacité à prendre du recul face à un compagnon imposé pour le meilleur, et surtout pour le pire.

La fin m’a paru un peu abrupte, mais elle laisse la porte ouverte à d’éventuelles nouvelles aventures… Dans tous les cas, Ève est une série pleine d’humour que je ne peux que vous recommander, a fortiori si la condition de la femme est une thématique qui vous intéresse.

Et vous, certains de ces textes vous tentent-ils ?
En avez-vous déjà entendu parler ?

C’est le 1er, je balance tout ! mars 2021

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

Le mois s’est terminé sur quelques petits incidents dont l’endommagement de notre voiture lors d’une visite à Noz (pour le coup, on repassera pour les économies). Heureusement pas de blessé et la preuve qu’il y a encore des gens honnêtes parce que si le couple n’était pas venu nous faire appeler à l’accueil pour nous expliquer avoir malencontreusement embouti le côté droit de notre voiture lors d’une marche arrière, on n’aurait eu aucun moyen de connaître les responsables… En ces temps où le covid fait ressortir le pire chez beaucoup, j’ai apprécie la démarche, d’autant que le mari et la femme étaient fort sympathiques, et peut-être encore plus gênés que nous par l’incident…

Comme prévu, j’ai moins lu que le mois précédent, mais je n’ai pas eu de gros flop, ce qui es toujours appréciable.

Mousson froide par SylvainMac sur un toit brûlant par Metz

Eschaton par DuvertLes chroniques de la cité, tome 2 : Exil par GuyotCouverture Nos premières élections en classe

  • BD/Mangas : malgré quelques lectures en demi-teinte (Drifting Dragons, Bestioles, les deux tomes de Mini cats), j’ai fait de belles découvertes comme Prunelle, Artemis Fowl et Le Cinérêve, voire d’excellentes découvertes : Bouche d’Ombre, Robilar, Mercy, Mon cauchemar et moi… Et j’ai profité de ce mois pour continuer des séries : Ekho, Moriarty, Zombillénium et L’Enfant et le Maudit (l’un de mes mangas préférés). Certaines chroniques sont en attente de correction…

Couverture Bouche d'ombre, tome 1 : Lou 1985Couverture Robilar ou le Maistre chat, tome 1 : Maou !!Couverture Mercy (BD), tome 1 : La dame, le gel et le diableCouverture Mon cauchemar et moi

  • Livre audio : il m’a fallu trois mois pour le terminer, mais je suis enfin venue à bout de From Blood and Ash qui, après un début un peu long à mettre en place, m’a emportée ! Pour ceux qui participent au challenge Romantasy, le livre s’y prête très bien.

From blood and ash par Armentrout

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Mana traverse les pages vous parle d’un livre audio que j’avais adoré : The Mystwick School of Musicraft. Si vous aimez la littérature jeunesse, la magie et la musique, ce roman est fait pour vous !

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  • Sur Pages Unbond Reviews, j’ai découvert un article écrit en 2016, qui m’a donné très envie de lire un classique dont je n’avais jamais entendu parler : Le Roman de Silence d’Heldris de Cornuäll). En avance sur son temps, si l’on se réfère aux insanités que l’on peut encore lire, ce roman français de littérature médiévale évoque la question du genre, du sexe et de l’indentité. L’article est en anglais, mais avec google vous devriez pouvoir le traduire sans problème.

Silence: A Thirteenth-Century French Romance

  • Je ne résiste pas au plaisir de vous partager l’article des Blablas de Tachan sur un manga, Paradise Kiss, que j’avais apprécié sans plus, mais dont elle parle si bien que je pense clairement ne pas avoir su saisir, à l’époque, toutes les qualités.

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  • PatiVore vous parle avec enthousiasme de l’Anniversaire de Nikolaï Pavlov, une nouvelle qui pourrait tenter notamment les participants au Projet Ombre.

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Sur le compte Instagram de missafro_lectrice, découvrez l’interview de la cofondatrice de la maison d’édition Beth Story qui met en lumière des héros afrodescendants dans ses parutions.
  • Sur The Notebook 14, vous découvrirez un nouveau concept d’article sympathique qui oppose des séries ayant des points communs. Pour cette première édition, vous retrouverez des grandes séries comme Percy Jackson/ Harry Potter, La Passe-Miroir/Lady Helen

4) PAL d’avril

Je n’ai pas encore réfléchi à mes lectures pour le Hanami Book Challenge, mais elles viendront s’ajouter à cette liste :

  • Romans :

Couverture La loutre et le PrinceAquaal, tome 1 : Le secret de l'île originelle par Genêt

  • BD/Mangas : 

  • Livre audio :

Couverture de Rhapsodic

Et vous, que retenez-vous de votre mois de mars ?
Un livre, une série et/ou un film en particulier ?

In My Mailbox #205

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Appréciant beaucoup sa série se déroulant dans un univers de mythologie nordique, je n’ai pu qu’accepter la proposition de Federico Saggio de le découvrir dans un tout autre registre, la science-fiction.

https://img.livraddict.com/covers/383/383808//couv52085997.jpgCouverture Luluand, tome 2 : Lululand Infrarouge

Dans le cadre de mon défi personnel de lire au moins un classique par mois, j’ai enfin craqué pour cette édition du Portrait de Dorian Gray qui me fait de l’oeil depuis sa sortie. J’en ai également profité pour prendre Les contes de Gotham dont j’aime beaucoup les illustrations et Mes créations en stickers : Poudlard.

Couverture Le portrait de Dorian Gray suivi de SaloméCouverture Batman : Les contes de GothamHarry Potter ; mes créations en stickers : Poudlard

Devant déposer des ouvrages dans différentes boîtes à livres de ma ville et des alentours, j’en ai profité pour prendre deux livres :

Couverture La dame de Kyoto

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

C’est le 1er, je balance tout ! février 2021

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

Le mois de février a principalement été consacré à la romance comme vous avez pu le voir dans mon bilan du challenge Le mois de la romance.

  • J’ai néanmoins fait trois belles découvertes dans d’autres genres : Au pays des Eucalyptus (un beau voyage en Australie), En arden (un roman plein d’intelligence et de sensibilité) et Astre-en-Terre (un roman de fantasy très rythmé).

Couverture Au pays des eucalyptus Couverture En arden Couverture Astre-en-Terre

  • Grâce aux rayons bien achalandés de ma médiathèque, j’ai également eu l’occasion de lire quelques ouvrages graphiques dont Ceux qui restent qui m’a énormément touchée. La chronique est dans mes brouillons et ne devrait plus tarder…Il faudrait d’ailleurs un jour que je vous parle de ma tendance à la procrastination quand il s’agit de corriger mes brouillons.

Bilan BD/Mangas février 2021

  • J’ai continué ma découverte des classiques grâce aux livres audio proposés gratuitement et légalement sur le net : deuxième expérience de lecture avec Gaston Leroux et j’en viens à me dire que si j’apprécie les idées de l’auteur, il y a quelque chose dans leur application qui ne me permet pas de totalement d’accrocher son travail. Le Fauteuil hanté fut donc une lecture moyenne : pas désagréable, notamment grâce aux pointes d’humour, mais pas non plus enthousiasmante. Après avoir voulu me confronter au texte fondateur du courant gothique en littérature (Le Château d’Otrante) j’ai décidé de lire l’un des socles du courant romantique : Les Souffrances du jeune Werther.

Le Fauteuil hanté par LerouxCouverture Les souffrances du jeune Werther

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Je vous recommande très chaudement la chronique de Peau d’Homme de La Bibliothèque d’Aelinel : un très beau travail d’analyse à la hauteur d’un ouvrage d’une rare intelligence !
  • Si ce n’est pas encore fait, L’Apprenti Otaku devrait vous donner envie de vous jeter sur la superbe réédition de Sailor Moon tout en vous permettant de faire le point sur la genèse d’un manga/animé culte.

Peau d'Homme par HubertCouverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 1 : Pretty Guardian

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Nisa Lectures, en sa qualité de lectrice ayant une certaine expérience des comités de lecture, donne aux auteurs quelques conseils pour répondre à un appel à textes de nouvelles. Bien que je ne sois pas concernée directement par le sujet, j’ai trouvé son article intéressant, et probablement instructif pour les auteur(e)s qui aimeraient sauter le pas.
  • Si comme moi, le Moyen Âge fait partie de vos périodes historiques préférées, le site Actuel Moyen Âge devrait vous plaire. Je n’en ai pas encore fait le tour, mais j’apprécie de lire de temps en temps un ou deux articles.
  • Info trouvée par hasard sur Twitter et que j’ai trouvée amusante : Barilla a créé des playlists sur Spotify en fonction de la durée de cuisson des pâtes. Ingénieux !

4) PAL de mars

Je compte piocher dans ma PAL pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone, mais aussi dans mes SP et mes emprunts :

  • Romans et essai :

Mac sur un toit brûlant par MetzLe cadeau par FitzekNos premières élections en classe par ColotUne histoire de genres par Lexie

  • Ouvrages graphiques :

Robilar ou le maistre chat, tome 1 : Miaou ! par ChauvelArtemis Fowl - La bande dessinée par ColferCouverture Mercy (BD), tome 1 : La dame, le gel et le diable

Et vous, que retenez-vous de votre mois de février ?
Un livre, une série et/ou un film en particulier ?

Top Ten Tuesday : 10 romans dont vous avez vu l’adaptation cinématographique ou télévisuelle (que vous ayez lus ou non le roman)

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour le thème de la semaine, 10 romans dont vous avez vu l’adaptation, je me suis surtout centrée sur les classiques puisque de manière générale, ce sont les romans dont j’apprécie le plus de voir l’adaptation même si certaines sont plus convaincantes que d’autres…

Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'Ecole des Sorciers par RowlingDivergente, tome 1 par RothHunger Games, tome 1 par Collins

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Couverture Orgueil et Préjugés et Zombies / Orgueil & Préjugés & ZombiesOrgueil & préjugés - édition collectorEmma (édition collector)

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Et vous, quelles sont les adaptations que vous avez vues et/ou préférées ?

Orgueil et préjugés, version manga ou le cas typique d’un livre difficile à noter

Orgueil et Préjugés

Lorsque Monsieur Bingley, jeune homme riche et célibataire vient s’installer à Netherfield accompagné de son ami Monsieur Darcy, c’est Madame Bennet et ses cinq filles à marier les premières averties ! Car chacun sait qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier ! Découvrez cette superbe adaptation en manga du mondialement connu chef-d’œuvre de Jane Austen. Tout l’humour et le romantisme de l’original y sont parfaitement éclairés par un dessin riche et somptueux

Soleil (23/11/2016 ) – Scénariste : King Stacy – Illustrateur : PoTse – 368 p.

AVIS

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous savez peut-être qu’Orgueil et préjugés de Jane Austen est l’un de mes livres préférés. Je lis donc toujours avec impatience, excitation et crainte les livres qui tournent autour de cette œuvre. Et cette adaptation en manga n’a pas échappé à la règle…

Pour une fois, je ne vais pas vous en faire une chronique détaillée parce que d’une part, Orgueil et préjugés est assez connu pour que beaucoup d’entre vous en connaissent au moins la trame, et d’autre part, j’aimerais me focaliser sur un autre aspect : la difficulté de noter certains livres.

Je ne note plus mes lectures sur le blog, le côté scolaire me gênant, mais je continue à le faire sur les réseaux car c’est un critère pour mieux organiser mes chroniques, du moins, c’est ainsi que je le perçois. Mais il arrive que noter un livre devienne un vrai casse-tête, le lecteur étant partagé entre son ressenti en fonction de ses attentes et les qualités intrinsèques du livre. Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec cette adaptation en manga.

Ce manga est bon, voire très bon, mais il ne m’a pas, pour autant, transportée. Un paradoxe dont j’ai perçu, au fil de ma lecture, les raisons. J’adore Orgueil et préjugés parce qu’il forme un tout : une critique sociétale sous fond d’humour et d’amour, le tout relevé par la plume caustique de Jane Austen et son acuité pour percevoir l’âme humaine. Privée de l’un de ces aspects, l’histoire perd, du moins pour moi, de sa force et de sa portée.

Or, même si le contexte historique est conservé et que l’on a quelques critiques sociétales sous-jacentes, cette adaptation graphique se concentre principalement sur la romance. N’étant pas une inconditionnelle du genre même si je commence à l’apprécier, je n’ai donc pas réussi à me sentir totalement impliquée dans ma lecture… Ceci n’est pas un point négatif dans la mesure où l’éditeur précise clairement dans son résumé que c’est un choix voulu et assumé. En attaquant le manga, je savais donc à quoi m’attendre.

D’ailleurs, si on aime les romances historiques et les mangas, je pense sincèrement que cet ouvrage devrait vous ravir : les personnages sont attachants et hauts en couleur pour certains, les décors et les dessins sont sublimes et les détails permettent une réelle immersion dans l’histoire, les principaux freins à l’amour entre Elizabeth et Darcy bien restitués, la complicité entre l’héroïne et sa sœur Jane toujours aussi forte et belle, les émotions au rendez-vous…

La scénariste et l’illustratrice ont même réussi à rendre Lydia encore plus agaçante que dans le roman : son égocentrisme, son égoïsme, sa frivolité, son manque de bon sens transparaissant à chacune de ses apparitions… J’ai également aimé la manière dont a été scénarisée Mme Bennet qui garde son côté « obnubilée par le mariage de ses filles », mais dont la représentation graphique tout en rondeur adoucit ce trait de caractère.

Toutefois, si vous êtes un fan de l’œuvre originale, certains points pourraient, comme ce fut le cas pour moi, vous perturber. Il y a d’abord le rôle minoré de la sœur de Darcy ce que j’ai trouvé fort dommage même si je comprends sans problème que l’autrice a dû opérer des choix. Mais j’ai surtout regretté le lissage de la personnalité de Lizzie et de Darcy qui m’ont semblé bien ternes par rapport à la version originale. Lizzie perd son sens de la répartie qui est, pour moi, l’atout charme de l’histoire et Darcy se transforme bien vite en amoureux incompris et éconduit…

J’ai donc eu l’impression qu’on tombait tout simplement dans une banale histoire d’amour avec le beau gosse de service riche et taciturne qui se rend compte que la fille qu’il a jusqu’à maintenant dénigrée est un petit bijou qui ne demande qu’à être poli. Un schéma qui ne me convient guère quand il est brut comme ici, mais qui devrait ravir le cœur des amateurs de romance.

En conclusion, cette version graphique d’Orgueil et préjugés est très bonne si l’on souhaite (re)découvrir l’histoire originale uniquement d’un point de vue romantique. L’autrice a su restituer avec précision les étapes marquantes de la relation entre Elizabeth et Darcy et l’illustratrice les sublimer. En revanche, si vous aimez les romances se déroulant dans un contexte sociétal et historique bien exploité et/ou que vous espérez retrouver l’humour présent dans l’œuvre de Jane Austen, vous pourriez rester sur votre faim…

Throwback Thursday Livresque #157 : À lire au moins une fois dans sa vie

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Ce thème est simple et dur à la fois puisque je ne crois pas en l’existence d’un livre universel que tout le monde devrait avoir lu au moins une fois dans sa vie. Néanmoins, je reconnais qu’il y a des livres qui m’ont tellement plu et/ou marquée que j’aimerais les mettre entre les mains de tout le monde : Harry Potter, À la croisée des mondes, Orgueil et préjugés, Jane Eyre, L’Avare, Don Quichotte

Mais parce qu’il faut bien choisir un titre, je vais citer Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo.

« Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort ! »

Victor Hugo nous donne à juger, sans autre dossier qu’un journal intime, la cause d’une main criminelle mais aussi d’un être jeune, impuissant et horrifié face au défi de violence et de guillotine.

Ce livre mérite d’être lu que ce soit dans sa version originale ou sous sa forme graphique. Si la peine de mort a été abolie en France, elle reste en vigueur dans certains pays, ce qui fait froid dans le dos d’autant que de grandes puissances continuent à l’appliquer. Il me semble donc primordial de lire au moins une fois dans sa vie ce classique que vous trouverez gratuitement et légalement en version numérique.

Je triche un peu en vous conseillant un autre plaidoyer contre la peine de mort : Nos jours heureux de Gong Ji-Young.

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Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, la prend par la main et l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant… Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se raconter avec sincérité leurs « vraies histoires », affronter les ténèbres et découvrir les lumières éblouissantes au sein de ces ténèbres, réparer leurs âmes meurtries. Ce roman bouleversant nous parle de la force de l’amour, de pardon et de rédemption.

Je sais que la littérature asiatique peut intimider, mais je ne peux que vous encourager à donner sa chance à cet ouvrage qui m’avait vraiment émue et touchée. Et si vous hésitez, peut-être que le film pourrait avoir vos faveurs…

Et vous, avez-vous ces ouvrages ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Throwback Thursday Livresque #124 : un classique

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’avais envie de vous parler d’Orgueil et préjugés de Jane Austen, mais je l’ai déjà fait un certain nombre de fois. J’ai donc opté pour un autre classique que j’ai lu deux fois et qui m’a marquée autant pour son intensité que ses personnages : Des souris et des hommes de John Steinbeck.

« En Californie, pendant la Grande Crise, Lennie et George vont de ferme en ferme. Ils louent leurs bras en attendant le jour où ils auront leur ferme à eux, avec un petit bout de luzerne pour élever des lapins. Lennie, malgré sa taille de colosse, n’a pas plus de malice qu’un enfant de six ans ; George veille sur lui, le protège du monde qui n’est pas tendre aux innocents. Le soir, ils se racontent leur rêve, celui de la maison et des lapins. Mais allez savoir pourquoi, les rêves de certains finissent toujours en cauchemars. »

Pourquoi ce choix ?

La première fois que j’ai lu ce roman, je ne savais pas vraiment dans quelle histoire je m’embarquais et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rencontre fut aussi brutale qu’inattendue ! À travers une puissante et bouleversante amitié, de celle qui unit pour le meilleur et pour le pire, l’auteur nous parle d’une certaine Amérique, de rêves inachevés, et de ces drames qui se profilent et dont l’issue nous apparaît aussi inéluctable que fatale.

Je ne vous en dirai pas plus sur ce roman si ce n’est que malgré sa relative petitesse, l’auteur a réussi à offrir une œuvre forte qui laisse une trace indélébile dans l’esprit de ses lecteurs. Quant à la fin, inoubliable et tellement marquante, elle devrait provoquer en vous des sentiments ambivalents entre effroi et compréhension…

Il existe une adaptation cinématographique, mais je ne l’ai pas vue :

Et vous, connaissez-vous ce classique ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Premières lignes #54 : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes d’un classique que j’ai récemment écouté : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Comme à son habitude, j’ai été enchantée par la plume de l’auteur qui sait raconter avec aisance la vie sans pour autant se perdre dans les méandres de la psyché humaine.

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée. Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

PREMIÈRES LIGNES

Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre), avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haineuses et injurieuses. La plupart des gens n’ont qu’une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à les émouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.

Ainsi en fut-il cette fois-là dans notre société de commensaux tout à fait bourgeois, qui d’habitude se livraient paisiblement à de small talks, et à de petites plaisanteries sans profondeur, et qui le plus souvent, aussitôt après le repas, se dispersaient : le couple conjugal des Allemands pour excursionner et faire de la photo, le Danois rondelet pour pratiquer l’art monotone de la pêche, la dame anglaise distinguée pour retourner à ses livres, les époux italiens pour faire des escapades à Monte-Carlo, et moi pour paresser sur une chaise du jardin ou pour travailler. Mais cette fois-ci, nous restâmes tous accrochés les uns aux autres dans cette discussion acharnée ; et si l’un de nous se levait brusquement, ce n’était pas comme d’habitude pour prendre poliment congé, mais dans un accès de brûlante irritation qui, comme je l’ai déjà indiqué, revêtait des formes presque furieuses.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
Quel livre de l’auteur avez-vous préféré ?

Throwback Thursday Livresque #76 : Seconde chance (un livre déjà mis dans un TBTL mais dont vous avez envie de reparler)

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : Seconde chance (un livre déjà mis dans un TBTL mais dont vous avez envie de reparler)

Je dois avouer que pour ce thème je n’ai pas hésité une seule seconde ne résistant pas au plaisir de vous (re)parler de l’un de mes livres préférés : Orgueil et préjugés de Jane Austen.

Pourquoi ce choix ? 

La raison en est simple, c’est l’un des rares romans lus durant mon adolescence qui m’a autant marquée et plu. J’ai adoré la plume de l’auteure, j’ai adoré sa manière de critiquer la société de son époque à travers une héroïne forte et intelligente qui n’a pas sa langue dans sa poche… Et surtout, j’ai aimé que Jane Austen nous propose une romance qui sert le récit et non le récit d’une romance !

L’histoire est prenante, bien ficelée et terriblement addictive. Alors si ce n’est pas encore fait, foncez lire Orgueil et préjugés…

Et vous, avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?