Dévotion, Dean Koontz

Couverture Dévotion

Woody Bookman, 11 ans, n’a pas dit un mot depuis sa naissance. Pas même quand son père est mort dans un prétendu accident. Mais pour Megan, sa mère, le plus important est que son fils autiste, doté d’une intelligence supérieure, soit heureux.

Woody, lui, est persuadé qu’un laboratoire se livrant à des expériences génétiques secrètes et ultrasensibles est responsable de la mort de son père. Et que la menace se rapproche désormais de lui et de sa mère.

Avec l’aide de Kipp, un golden retriever télépathe, Woody va tenter de stopper l’être maléfique tapi dans l’ombre…

L’Archipel (2 septembre 2021) – 450 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Antoine Guillemain

AVIS

Ma seule expérience avec l’auteur s’étant soldée par une lecture en demi-teinte, j’avais quelques appréhensions quant à la lecture de Dévotion, des appréhensions qui se sont heureusement envolées dès les premières pages. Si j’aime les thrillers psychologiques, j’apprécie aussi, de temps en temps, des thrillers qui, comme ici, sortent l’artillerie lourde. Ne vous attendez donc pas à un roman subtil, l’auteur ayant quand même tendance à jouer sur les heureux hasards et à privilégier l’action au détriment du réalisme, mais cela n’est pas dérangeant en soi.

Dévotion nous offre ainsi du grand divertissement, digne d’un bon film. Le résumé, bien que très alléchant, ne laisse en rien présager de la diversité des protagonistes qui vont intervenir dans ce roman que j’ai lu très rapidement. Il faut dire que prise dans l’enchevêtrement des événements, je n’ai pas vu le temps passer et me suis surprise régulièrement à vouloir accélérer ma lecture pour être certaine que la situation ne s’aggrave pas pour les gentils. Des gentils qui, au fil de l’aventure, vont tous converger vers un point : la maison de Megan et de son fils de onze ans. Depuis la mort de son mari Jason, il y a trois ans, Megan veille avec beaucoup d’amour et d’attention sur Woody, autiste à haut potentiel qui n’a jamais prononcé un mot, mais avec lequel elle a réussi à créer des liens solides. Si Woody n’ouvre jamais la bouche, il parle autrement…

On se prend immédiatement d’affection pour ce garçon sensible, extrêmement intelligent et fragile, qui « se sent en pagaille », gêné par lui-même et les autres. Cela ne l’empêche pas de mener une enquête à partir de son ordinateur pour prouver que l’accident de son père est en réalité un meurtre déguisé. Une enquête qui ne sera pas sans conséquence pour lui et sa mère, car s’il est intelligent, d’autres ont, quant à eux, d’infinies ressources… En parallèle, Woody va attirer, sans le vouloir ni le savoir, l’attention d’un chien. Mais pas un chien normal, un chien évolué qui appartient à une communauté, le Mystérium, composée de chiens aussi intelligents que les êtres humains, et capables de parler par télépathie sur le Circuit.

Privé de sa maîtresse décédée d’un cancer, Kipp, un golden retriever adorable et attachant, n’a qu’une idée en tête : retrouver Woody, seul humain capable de communiquer avec lui par télépathie, d’autant qu’il semble en pleine détresse. En parallèle de ces personnages, d’autres interviennent, certains bienveillants comme Rose ou Ben, un ancien SEAL, d’autres bien plus vicieux et dangereux… Si l’auteur intègre des menaces classiques, avec entre autres un milliardaire intouchable et un shérif corrompu plus intéressé par sa carrière et son profit personnel que par la collectivité, il teinte son roman d’une aura de science-fiction que ce soit avec cette communauté de chiens évolués et télépathes ou un homme en pleine mutation, Lee.

Lee n’est pas sorti complètement indemne d’un incident dans un laboratoire faisant des recherches, officiellement sur le cancer, officieusement sur le génie génétique. En plus de gagner en force physique et de voir ses sens s’affûter, grâce aux archées que son corps semble avoir absorbées, la rage le gagne. Une rage qui se transforme en un déchaînement de violence inouïe et en une faim insatiable… Et puis, il y a Megan, son ex-petite amie que Jason lui aurait volée il y a longtemps, comme si elle était un vulgaire objet. Un objet qu’il est bien déterminé à récupérer, à façonner selon ses propres désirs ou à détruire. À mesure que son envie de vengeance le gagne, la faim se fait vorace, la faim se précise, la faim le hante et le transforme en un hybride, du moins psychologiquement, à mi-chemin entre l’homme et l’animal, mais un animal réduit à ses instincts. Âmes sensibles s’abstenir, certaines scènes, heureusement très courtes, étant peu ragoûtantes.

J’ai apprécié le chemin emprunté par l’auteur qui, espérons-le, ne nous dessine pas ici le futur de l’Homme. Transhumanisme, évolution humaine provoquée par des visionnaires dépourvus de toute morale, limites d’un progrès scientifique sans éthique… tout autant de thématiques que j’ai trouvées intéressantes. Mais en grande amoureuse des animaux, ce sont les réflexions autour des chiens, de la complicité et de l’amour les unissant aux hommes qui m’ont le plus touchée. On reste sur une œuvre de fiction qui va très loin dans la communion mentale et la coopération entre les deux espèces, mais j’ai aimé m’imaginer que la vision de l’auteur devienne un jour réalité.

Au-delà de ce doux rêve, on prend un plaisir immense à découvrir le fonctionnement de cette communauté de chiens intelligents et soudés qui ne connaissent ni la haine ni le mensonge, juste l’amour, la bienveillance et l’espoir. J’ai ainsi été touchée par l’envie très forte de ces chiens de comprendre d’où ils viennent, comme n’importe quel être humain, sans pour autant négliger les familles qui les ont accueillis. J’ai, en outre, apprécié d’entrer dans le Circuit, y découvrir Bella, chienne veillant à ce que les communications urgentes soient bien transmises à tous, et voir se dessiner les espoirs de ces représentants particuliers de l’espèce canine

En résumé, Dévotion est un thriller efficace, qui manque peut-être un peu de subtilité quant au déroulé des événements, mais qui se démarque par sa patte particulière, son rythme haletant et cette impression que tout converge vers un jeune autiste et un chien qui, à eux deux, risquent bien de changer la face du monde ! Les amoureux des animaux et des romans où le danger semble arriver de tous les côtés devraient apprécier ce roman qui mêle habilement action et une science, dépourvue de garde-fous, dont les avancées s’apparentent parfois à un net recul de l’humanité…

Je remercie les éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

Le Cinérêve – Le mystère Hortensia, Anne Didier, Catherine Duval et Roland Garrigue (illustrations)

Couverture Le Cinérêve, tome 1 : Le Mystère Hortensia

En espionnant son étrange voisine Melle Hortensia, Augustin Poussin, 9 ans, découvre l’existence d’un lieu intriguant : « Le Cinérêve » … Là sont proposés des rêves à vivre comme on choisit une séance de film au cinéma. Chaque séance est personnalisable et Augustin opte pour un rêve de chevalerie. Transporté au Moyen Age dans la peau d’un chevalier, il doit sauver le château d’un terrible brigand… qui se révèle être son instituteur qui ne cesse de le harceler, M. Poincaré ! Le rêve s’achève sur sa victoire et le lendemain, son maître le laisse tranquille pour la première fois… Coïncidence ? Augustin se languit de retourner au Cinérêve. Sauf que celui-ci est réservé aux « enchanteurs » , des humains dotés de mystérieux pouvoirs…

Casterman (21 octobre 2020) – 64 pages -11,95€
Couleurs : Anne-Sophie Dumeige

AVIS

Lors d’une de ses séances d’espionnage, pourtant interdites par sa mère, Augustin, 9 ans, surprend une conversation téléphonique de sa voisine qui ne manquera pas d’éveiller son intérêt. N’a-t-elle pas parlé de magie et de Cinérêve ? Il ne lui en faut pas plus pour décider de suivre cette fleuriste dont les plantes se révèlent aussi surprenantes que déroutantes. Et ce n’est pas M. Le Maire, première victime de ces plantes incontrôlables qui vous dira le contraire !

Sa filature va conduire notre jeune héros, accompagné de sa fidèle chienne, Croquette, dans un endroit magique où les rêves deviennent réalité, à moins qu’ils ne se transforment en cauchemar pour les petits curieux ! Si comme moi, vous fondez devant les duos êtres humains/animaux, vous devriez apprécier de suivre celui-ci dans son aventure, d’autant que Croquette devrait vous surprendre.

Bien que je ne sois pas le public ciblé et que j’aurais adoré un ouvrage un peu plus long, j’ai beaucoup aimé cette BD et ce principe de Cinérêve qui permet d’entrer de plain-pied dans des rêves, mais pas dans tous les rêves. Chaque rêve est accessible selon certains critères plus ou moins farfelus et spécifiques. Même les chiens ont des rêves qui leur sont réservés ! Malheureusement pour Croquette, celui sélectionné par Augustin est plus en rapport avec la chevalerie que les saucisses qui lui faisaient d’avance se pourlécher les babines… Et comme les rêves sont personnalisables, Augustin va pouvoir se confronter aux personnes qui, dans la vraie vie, le tourmentent à l’instar d’un certain professeur ou d’un autre élève de sa classe, bien plus harceleur qu’ami.

Cela m’a un peu fait penser à ces casques de réalité virtuelle utilisés pour lutter contre certaines phobies comme la peur des avions ou des araignées. Mais si ici; on aborde avec intelligence le thème du harcèlement scolaire et la nécessité d’affronter ses peurs, Le Cinérêve, c’est avant tout une aventure fort sympathique qui mêle réalité et rêve, à travers une invention génialissime. Mais une invention qui peut se révéler dangereuse comme va très vite l’apprendre Augustin dont la curiosité et l’imprudence ne vont pas être sans conséquence…

À cet égard, la fin donne très envie de se précipiter sur la suite et de découvrir ce qui va se passer pour un personnage en mauvaise position, mais aussi d’en apprendre plus sur une nouvelle élève qui semble en savoir bien plus qu’elle ne veut bien le dire. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler ses mises en garde qu’Augustin aurait peut-être bien fait d’écouter. Mais que voulez-vous, difficile de résister à l’attrait de ces rêves offerts sur un plateau…

Quant aux illustrations, douces et colorées, je les ai trouvées fort sympathiques et parfaites pour plonger les lecteurs dans une ambiance enfantine et joyeuse, mais non dénuée de dangers.

En résumé, voici une BD divertissante et rythmée qui plonge les lecteurs dans le monde des rêves, un monde peut-être pas aussi paisible qu’on pourrait le penser, a fortiori quand un petit curieux vient mettre son nez dans une invention pour laquelle il n’était pas préparé !

Throwback Thursday Livresque #182 : chien ou chat

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Vous ayant déjà présenté un certain nombre de livres mettant en scène les chats, j’ai décidé de vous parler d’un livre avec des chiens : Un shiba en plus de Mayumi Muroyama.

Couverture Un shiba en plus !

L’animalerie a bien du mal à placer un jeune shiba dans une famille. Elle n’est pas particulièrement mignonne et la concurrence est féroce dans le monde de l’adoption. Mais la vendeuse a peut-être trouvé une solution, elle décide de l’offrir lorsqu’une vieille dame se présente pour acheter un autre chien. Elle repart donc avec un shiba en plus et Shibako est pleine de ressources et si elle n’est pas le plus beau, elle n’en demeure pas moins une amie fidèle.

Si depuis le film Hatchi, je suis fascinée par les Akita Inu, j’aime aussi beaucoup les Shiba. Je me suis donc plongée avec plaisir dans ce manga que j’ai trouvé mignon à souhait avec de jolies scènes tranches de vie. Rapide et facile à lire, je ne peux que vous recommander ce manga si vous aimez les Shiba et/ou si vous avez envie d’une jolie histoire avec un personnage canin attachant.

Et vous, connaissez-vous ce manga ?
Vous tente-t-il ?

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

L’été d’un chien, Cassandra Bouclé

J’ai découvert L’été d’un chien de Cassandra Bouclé sur le site SimPlement. Séduite par le résumé, j’ai contacté l’auteure qui a accepté de m’envoyer son livre en échange de mon avis. Je la remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION

Filou, un berger allemand de deux ans, est abandonné au pied d’un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu’une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher. Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l’aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d’un animal de compagnie, bien déçu par l’attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil… Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

  • Editeur : Bookless-editions (3 janvier 2016)
  • Prix ebook : 3,99€

AVIS

Une triste histoire d’abandon…

L’été, les vacances, le soleil… des événements joyeux que l’on attend tous plus ou moins avec impatience. Tous ? Pas vraiment ! Les personnes travaillant dans la protection animale tendent plutôt à redouter l’arrivée de cette saison qui marque tristement celle des abandons. Qui n’a pas en tête l’image cruelle, mais pourtant réaliste, d’un chien que l’on attache à un arbre loin de ses repères afin qu’il ne perturbe pas les sacro-saintes vacances de son ou de ses maîtres ?

C’est d’ailleurs avec cet acte barbare que commence l’histoire du pauvre Filou, berger allemand de deux ans attaché comme un vulgaire objet à un arbre. Découvert par une femme qui fera preuve d’humanité en lui donnant à boire et à manger, il sera néanmoins conduit dans un endroit peu plaisant pour un animal : la fourrière.

Filou quitte ainsi de la manière la plus brutale qu’il soit sa vie de famille pour découvrir un monde complètement différent, où les câlins, l’amour et le confort d’un foyer ne sont plus que de l’histoire ancienne. Heureusement, s’il a perdu confiance en l’espèce humaine, il trouvera du réconfort et de l’espoir au contact d’autres animaux de la fourrière. Ainsi, Alban, un vieux colley, abandonné à l’arrivée d’un bébé, lui apprendra le fonctionnement de la fourrière et Lou, un jeune chaton que Filou prendra sous son aile à la manière d’un grand frère, lui redonnera une certaine joie de vivre.

Si ces amitiés donnent le sourire aux lecteurs, elles ne permettent pas d’effacer la menace bien réelle qui plane sur tous les animaux de la fourrière qui ne trouvent pas d’adoptant : l’euthanasie. Un horrible mot dont Filou comprendra très vite la signification. A cette menace s’ajoute la présence d’un ennemi, un humain qui prend plaisir à faire souffrir les animaux sans autre raison que celle de faire mal.

Filou raconte son histoire et vous fait réfléchir à la cause animale…

L’histoire, racontée par Filou, est très touchante car l’on partage complètement avec lui son incompréhension face à son abandon. On comprend ses doutes, sa désaffection de l’espèce humaine qui l’a trahi, son incrédulité face aux préjugés et à la crainte qu’il suscite en raison de sa race, ses angoisses, ses espoirs et, dans un même temps, sa peur d’espérer… On n’a qu’une envie, celle de courir le serrer dans ses bras et de l’adopter séance tenante.

L’auteure arrive, à travers l’histoire de Filou, à décrire de manière poignante les conséquences des abandons sur des êtres vivants dotés d’émotions et de pensées même si, évidemment, elles ne sont pas aussi développées que dans le livre. Je suis personnellement déjà sensibilisée à la cause animale, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander et si ? Et si les animaux étaient capables de penser bien au-delà de ce que la science estime ? Que penseraient-ils de nous, humains capables de les traiter avec aussi peu de considération. J’aime à croire que leurs pensées seraient proches de celles de Filou.

Si, dans la réalité, les animaux ne sont pas forcément capables d’avoir un raisonnement aussi poussé que le nôtre, ils ressentent néanmoins des émotions comme vous et moi. Et c’est en insistant sur ce point, à travers les pensées de Filou et les paroles de ses amis, que l’auteure arrive à mettre en exergue toute la cruauté qui se cache derrière un abandon….

De l’animal à l’objet ou de l’objet à l’animal..

Au-delà de l’abandon, j’ai apprécié que l’auteure évoque le statut des animaux qui, bien que reconnus comme des êtres dotés de sensibilité depuis peu, demeurent aux yeux de beaucoup, un objet comme un autre. N’oublions pas qu’il y a encore quelque temps, un chien ou un chat n’avaient pas plus de droit qu’une bibliothèque.

Alors comme lorsque l’on choisit son nouveau téléphone portable entre plusieurs modèles, on s’attarde sur des critères comme l’originalité ou la beauté d’un animal avant de l’adopter. A cet égard, je trouve le passage suivant criant de vérité :

« Inquiet, je me tournai vers Alban, lui demandant comment, je pourrais être adopté.
Il me répondit dans un ton neutre « qu’il fallait avoir quelque chose que les autres n’ont pas ».
Bref, il fallait se différencier des autres, être unique, comme avoir un air doux, ou être intelligent. Ou pire encore avoir un pelage au motif rare et peu répandu.
Ainsi, les critères pour survivre n’étaient pas d’être une créature vivante comme un chat ou chien. Ni être gentil, délicat ou fidèle. Non! Il fallait être un objet rare, comme on pouvait en trouver dans une brocante ».

De la tristesse à l’espoir…

Le portrait des humains que dépeint Filou suite à son abandon devient de plus en plus noir au fil des jours, mais une lumière finit par apparaître dans sa vie et celle de ses amis. Ainsi le jeune chien et ses compagnons d’infortune découvriront que certaines personnes savent faire preuve d’humanité en offrant à des animaux, que la vie n’a pas épargnés, ce qu’ils attendent le plus : une seconde chance et un foyer aimant. Je dois d’ailleurs avouer que j’ai trouvé particulièrement émouvante la fin de l’ouvrage et que je n’en aurais pas rêver de meilleure.

J’ai, pour ma part, l’espoir que ce livre, en sensibilisant les lecteurs notamment les enfants aux abandons, sauvera certains animaux de compagnie de cette triste et effroyable expérience. Et rien que pour cela, je n’ai qu’une chose à dire : bravo ! Bravo à l’auteure d’avoir pris sa plume pour raconter une histoire particulière et banale à la fois, celle que vivent tous ces animaux abandonnés à travers le monde. Ils ne peuvent peut-être pas partager leurs maux en mots, mais ils peuvent compter sur des auteurs comme Cassandra Bouclé pour les exprimer à leur place.

En résumé, L’été d’un chien est un livre plein de sensibilité que j’ai beaucoup apprécié et que j’aimerais voir distribuer aux personnes ayant en tête un projet d’adoption. A travers l’histoire émouvante d’un jeune chien, l’auteure arrive en effet à sensibiliser, de manière simple et divertissante, les lecteurs de tout âge à l’abandon. Conseillé aux enfants à partir de 9 ans, je recommande ce livre à tous ! Les enfants et les amoureux des animaux ne pourront qu’être touchés par l’histoire de Filou et de ses nouveaux amis. Quant aux autres, ils ne pourront que porter un regard nouveau sur ces êtres dotés d’émotions que sont les animaux.

Page FB de l’auteure – Acheter le livre