Les aventures d’Alduin et Léna – tome 1 : Les guerriers de glace, d’après le roman d’Estelle Faye

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Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont devenus les meilleurs amis du monde alors que tout les sépare : Alduin est le fils du chef ; Léna est la fille de la guérisseuse.

Lors d’une promenade en forêt, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, revienntn au village pour enlever une jeune fille. Un soir Alduin apprend que les villageois sont prêts à sacrifier son amie pour épargne leurs filles !
Léna décide alors de s’enfuir.

Jungle (9 juillet 2020) – 48 pages – 11,95€

AVIS

Cette BD est l’adaptation graphique d’un roman d’Estelle Faye que je n’ai pas encore lu, mais que je le lirai avec plaisir, ayant beaucoup apprécié cette belle aventure menée tambour battant.

Tous les 8/10 ans, le village de Rosheim doit livrer une jeune femme aux terribles Guerriers de Glace. Une situation cruelle et inacceptable contre laquelle les villageois se sont par le passé révoltés. Mais en absence de leur héros disparu, ils décident cette fois de céder en leur livrant Léna, la fille de la guérisseuse. Après tout, n’est-elle pas plus ou moins une sorcière et puis, sans frère, père ou fiancé pour la protéger, n’est-elle pas la victime toute désignée ?

J’ai été horrifiée et révoltée par la lâcheté des hommes du village. Si je peux aisément comprendre qu’aucun ne souhaite sacrifier sa propre fille, il est beaucoup moins pardonnable de voir la rapidité avec laquelle ils désignent une victime et les critères sur lesquels ils se basent pour le faire…

Heureusement, quand Alduin découvre par hasard le sort terrifiant et révoltant que l’on réserve à sa meilleure amie, il décide de fuir à ses côtés. Commence alors pour les deux amis une aventure périlleuse durant laquelle ils feront la connaissance d’un homme balafré et plutôt mystérieux. Peuvent-ils lui faire confiance ou doivent-ils se méfier de la diligence avec laquelle il s’est spontanément proposé de les aider ? Et si leur bienfaiteur n’était pas un total inconnu ? Une question qui m’a taraudée pendant une bonne partie de la BD, l’autrice semant le doute dans l’esprit d’Alduin et des lecteurs !

Alors que je m’attendais à une histoire assez classique, l’autrice a réussi à agréablement me surprendre par une révélation audacieuse qui donne une tout autre saveur à ce récit… Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que je n’avais rien vu venir. Et cela ne m’arrive pas si souvent, et encore moins dans un roman ou une BD jeunesse.

Au-delà de la fin très finement amenée, j’ai adoré les liens unissant nos deux jeunes héros courageux, complices, complémentaires et solidaires. On sent qu’ils sont prêts à tout pour veiller l’un sur l’autre, ce qui les rend extrêmement attachants et attendrissants. L’autrice nous propose donc une belle et tendre amitié dans laquelle les jeunes lecteurs pourront aisément se projeter.

Nathaniel Legendre a réussi à condenser et retranscrire de manière dynamique, immersive et prenante un roman faisant 120 pages. Mais ce qui fait également le charme et la force de cette adaptation, ce sont les magnifiques illustrations d’Elisa Pocetta et d’Antonio Baldari. J’ai été éblouie par leur beauté, la délicatesse des traits des visages et leur expressivité. Les regards et mimiques restitués avec force permettent ainsi de ressentir avec acuité chacune des émotions des personnages, d’autant que les occasions de s’arrêter sur les visages sont nombreuses. Je tenais également à souligner l’excellent et lumineux travail de colorisation de Simona Fabrizio qui fait passer les illustrations de magnifiques à somptueuses !

Illustration Les aventures d’Alduin et Léna - tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye

En bref, j’ai tout adoré dans cette BD qui a frôlé le coup de cœur : les magnifiques illustrations lumineuses tout en rondeur et à l’expressivité certaine, les couleurs somptueuses qui donnent un air féerique à l’histoire, le duo adorable et attachant, les doutes quant à l’homme qui va aider nos héros, la fin que je n’avais absolument pas anticipée. C’est indéniablement une très belle aventure qui divertira et enchantera petits et grands lecteurs !

Livre lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

109 rue des soupirs : Fantômes sur le grill (tome 2) , Mr Tan et Yomgui Dumont (illustrations)

Couverture 109, rue des Soupirs, tome 2 : Fantômes sur le grill

À défaut de pouvoir profiter de ses parents toujours absents, Elliot passe du temps avec sa nouvelle famille, les fantômes Eva, Angus, Amédée et Walter.
Cette fois, un redoutable inspecteur du CRI (Commission des Revenants Inadaptés) débarque au 109 pour contrôler que la maison est correctement hantée… Ce qui n’est pas tout à fait le cas, étant donné la bienveillance des fantômes envers Elliot. Ceux-ci vont devoir redoubler d’imagination pour faire croire à l’inspecteur qu’ils sont terrifiants : pièges, tortures et hurlements à tous les étages.
C’est sans compter le retour de la chasseuse Ulrika Von Paprika… Comment faire peur et être discrets à la fois ?!

Une nouvelle histoire à mourir… de rire !

Casterman (3 juin 2020) – 128 pages – 10,90€

AVIS

Fantômes sur le grill s’inscrit exactement dans la même lignée que le premier tome, Fantômes à domicile, que j’avais adoré : des fantômes, de l’humour à la pelle, de la bonne humeur à gogo, de l’action, des péripéties, le tout dans une belle ambiance gothique qui passe, entre autres, par les dessins de Yomgui Dumont. Des dessins toujours aussi dynamiques et d’une rondeur bon enfant qui souligne le côté amusant de l’histoire et de ses personnages hauts en couleur.

Quel plaisir de retrouver Elliot et sa bande de joyeux lurons fantomatiques : Walter, le cowboy rentre-dedans, Angus, le poète avec un talent tout relatif, Eva, la cantatrice mère poule et Amédée, l’adolescente du groupe. Des personnalités très variées pour des échanges pleins de piquant et quelques chamailleries qui ne remettent néanmoins jamais en question la force des liens qui unissent ces fantômes terriblement amusants et attachants. Des fantômes au bon cœur qui servent un peu de famille à Elliot, un petit garçon complètement délaissé par ses parents qui se montrent plus intéressés par le travail que par leur fils…

On peut donc comprendre que nos personnages sont sur le pied de guerre quand une menace, si ce n’est une double menace, vient mettre en péril leur cohabitation. Ils doivent ainsi faire face au retour d’une célèbre chasseuse de fantômes bien décidée à prouver que la maison d’Elliot est hantée, et l’arrivée impromptue d’un inspecteur de la Commission des Revenants Inadaptés, qui a le pouvoir de chasser nos fantômes de la maison. Une situation complexe à gérer pour nos héros qui vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’inventivité. C’est que, voyez-vous, il est hors de question que quelqu’un, qu’il soit vivant ou mort, vienne troubler la vie au 109 rue des soupirs ! Du moins, pas plus qu’elle ne l’est déjà…

Avec beaucoup d’humour et une joie toute communicative, l’auteur nous offre une histoire truculente à souhait, alternant entre les dangers, les péripéties, les moments de tendresse, les bons jeux de mots et les allusions détournées au monde des vivants. Il en résulte une aventure diablement savoureuse qu’on lit d’une traite, le sourire aux lèvres. Cette série jeunesse à l’ambiance délicieusement gothique est d’ailleurs l’une de mes préférées. On s’amuse, on houspille les méchants, on s’enthousiasme auprès de nos personnages de leurs plans, on croise les doigts pour que tout finisse bien et on referme l’ouvrage avec, en tête, un tonitruant : vivement la suite !

Pour ma part, en plus des gags et de l’ingéniosité avec laquelle nos héros gèrent la situation, j’ai adoré la révélation faite en fin de livre sur notre groupe de fantômes, car elle laisse entrevoir encore de beaux moments d’émotions et de complicité. La fin offre également une jolie morale sur la notion de famille, qui ne se limite pas aux liens du sang, et sur l’importance de laisser chacun choisir la vie dont il souhaite/rêve. Attendez-vous, en outre, à une petite surprise qui aura des conséquences sur la suite de la série. J’ai hâte de découvrir la manière dont cela va faire évoluer la dynamique entre les personnages.

Mon seul petit regret est, peut-être, le côté caricatural de notre chasseuse de fantômes même si, au regard de la cible de la BD, cela ne s’avère pas gênant. Et puis, pas besoin de connaître sa personnalité en détail pour comprendre qu’elle n’est guère sympathique. D’ailleurs, on notera l’excellent travail de l’illustrateur qui arrive à faire transparaître toute sa vilenie sur son visage.

En conclusion, que vous rêviez ou non d’habiter une maison hantée, n’hésitez pas à pousser les portes du 109 rue des soupirs. Rires, doux frissons et bonne ambiance garantis ! Mais n’escomptez pas vous arrêter trop longtemps, la maison est dorénavant au complet !

Mini-chroniques en pagaille #29

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Toutes ces nouvelles, téléchargeables gratuitement sur Amazon, ont été lues dans le cadre du challenge Le mois des nouvelles et du Projet Ombre 2021

  • 41 unités temporelles, Anthony Boulanger

41 unités temporelles par [Anthony Boulanger]

Ayant le profil psychologique idéal, le colonel Perry a été sélectionné pour effectuer une mission confidentielle de la plus haute importance et dont les retombées scientifiques sont des plus excitantes. Mais si le militaire reste peu réceptif aux explications scientifiques qu’on lui donne, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il devrait peut-être rester attentif et se poser quelques questions quant aux contours précis de sa mission…

J’ai apprécié la tension que l’auteur instaure avec un jeu efficace sur le temps et cette sensation que quelque chose de dangereux se profile. J’ai également trouvé intéressante la manière dont il insiste sur le profil psychologique du colonel Perry, nous donnant le sentiment que rien dans cette histoire n’est du au hasard… Quant à la révélation, elle a un côté cynique qui correspond assez bien aux modèles économiques en vigueur dans nos sociétés.

En bref, voici une nouvelle qui se lit rapidement et qui, bien que très courte, ne manquera pas de captiver les lecteurs.

  • Au bon vieux temps, Raymond Milési :

Au "Bon vieux temps" par [Raymond Milési, Michel Borderie]

Difficile de trouver un titre plus approprié pour cette courte nouvelle qui nous transporte dans les pensées d’un homme isolé sur une planète dont on ne sait rien, si ce n’est qu’elle n’est pas la Terre.

Mais peu importe puisque notre narrateur la fait revivre à travers ses souvenirs, mais aussi les espoirs qu’ils placent dans l’arrivée de nouveaux colons. Quand enfin ils seront là, cette solitude qui semble sienne pourra s’envoler au profit de repas partagés, de rires, de chaleur humaine et du retour du « bon vieux temps »…

De la nostalgie d’un passé révolu et condamné aux espoirs d’un homme dont la solitude émeut, voici une nouvelle qui, en quelque pages, arrive à transmettre beaucoup d’émotions tout en poussant les lecteurs à s’interroger sur la Terre et  la propension de l’homme à la violence et à la destruction.

  • Tous les robots s’appellent Alex, Jean Bury

Tous les robots s’appellent Alex par [Jean Bury]

Quand les robots et les intelligences artificielles sont bien souvent présentés comme les destructeurs de l’humanité, ils ont ici tenté de la sauver sans grand succès. Un virus a ainsi éradiqué tous les hommes qui n’ont laissé derrière eux qu’un vaisseau spatial habité par une intelligence artificielle, Père, et sa créature, un cyborg de quatorze ans qu’il élève comme un humain. Ainsi, si les hommes ont disparu physiquement, Père est, quant à lui, bien décidé à poursuivre sa mission et à sauvegarder le souvenir de leur existence et de leurs us et coutumes.

C’est d’ailleurs dans ce but qu’il a créé et conditionné Alex, mais de fil en aiguille, ce dernier va en venir à s’interroger sur la notion d’humanité et la pertinence de préserver le souvenir d’un monde déchu depuis des siècles. Des questions qui en appellent d’autres et qui vont le conduire sur un chemin dangereux, celui de la vérité.

J’avais très vite anticipé le secret que va mettre à jour Alex, mais cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à suivre ce jeune cyborg dans ses questionnements et à le voir interagir avec son créateur. Une relation créature/machine qui se révélerait presque touchante même si c’est finalement Alex qui émeut le lecteur de par sa solitude, ses besoins de réponse et le poids des responsabilités qui pèsent sur ses épaules…

En bref, voici une nouvelle fort immersive qui ne manquera pas de vous faire réfléchir sur de nombreux thèmes comme la notion d’humanité et le rapport homme/IA/machine. Mon seul petit regret est ne pas en savoir plus sur l’après, sur le nouveau chemin emprunté par un protagoniste qui a compris que vivre, ce n’est pas simplement exister.

  • Notre Mère, Philippe Deniel

Notre Mère par [Philippe DENIEL]

Nous suivons ici une escouade dépêchée pour accoster un navire-colon, l’Amerigo Vespucci, mais à bord, tout ne se passera pas comme prévu, et ce qui aurait dû être une classique mission va prendre une tournure inattendue. En plus des Déchus que les Chevaliers, accompagnés d’un shaman, sont venus détruire, le navire semble abriter une autre entité.

Quant à découvrir sa nature, il vous faudra lire cette courte nouvelle dans laquelle la tension monte crescendo. En plus de l’hostilité des Chevaliers envers le shaman qu’ils considèrent comme une abomination malgré son savoir-faire, une menace bien plus grande semble être sur le point d’être démasquée à moins que…

J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle dont la fin m’a vraiment surprise, et m’a prouvé que, d’une part, ceux qui aboient ne sont pas forcément ceux qui mordent, et que d’autre part, certains sont prêts à tout pour combler une Mère extrêmement possessive !

  • Sale temps pour un mutant, Guillaume Sibold

Sale temps pour un Mutant par [Guillaume Sibold]

Dans une ambiance de fin du monde, nous suivons un mutant qui tente, tant bien que mal, de survivre durant une nuit sanglante où les Jack-O’ sont de sortie.

Ces monstres, pourtant faits de chair et de sang, terrorisent chaque année, durant une seule et unique nuit, tout le monde : des mutants ayant subi des transformations physiques aux pillards en passant par les créatures peu ragoûtantes qui hantent les recoins de la ville, une fois la nuit tombée.

L’auteur instille, page après page, pas après pas, une bonne dose d’horreur à travers cette bande déguisée et violente qui traque et massacre leurs proies. Et quand ce n’est pas entre les mailles de leur filet que notre mutant doit passer, c’est entre celles d’une créature qui, heureusement pour lui, possède un étrange et intéressant point faible.

Si vous aimez ressentir cette bouffée d’angoisse qui monte à mesure que se tournent les pages, vous allez apprécier cette nouvelle qui donne l’impression déstabilisante de devoir, aux côtés de notre protagoniste, lutter pour sa survie dans un monde post-apocalyptique digne d’un bon film d’horreur.

Et vous, lisez-vous parfois des nouvelles et/ou de la science-fiction ?
Certaines de ces nouvelles vous tentent-elles ?

La belle et le grenadier, Philippe Laperrouse

La Belle et le Grenadier par Laperrouse

À l’été 1813, un grenadier de l’armée De Napoléon, Rigobert, meurt sur le champ de bataille à Dresde. Quelques jours plus tard une jeune provinciale, Pauline, décède lors d’un bal donné par l’Impératrice.

Au moment de leurs morts, les deux jeunes gens sont interpellés par les voix de leurs ancêtres respectifs. Pauline et Rigobert sont transformés en fantômes chargés de retrouver un trésor dissimulé par le Templier.

La recherche va durer deux siècles, ce qui conduira Rigobert et Pauline à traverser plusieurs époques historiques.

Librinova (5 octobre 2020) – 103 pages – Papier (11,90€)

AVIS

Sous fond de chasse au trésor, l’auteur nous fait traverser les époques auprès de deux personnes mortes en 1813 et transformées en fantômes. Si cette chasse au trésor va rythmer leur vie spectrale, c’est bien plus sur demande de leur ancêtre respectif que pour répondre à une quelconque velléité d’enrichissement post-mortem.

Rigobert, grenadier dans l’armée napoléonienne, est quelque peu décontenancé par la demande de son ancêtre, un Templier, de retrouver son trésor. Il faut dire que mourir, être transformé en fantôme et sommé de poursuivre une quête, qui s’annonce bien ardue, a de quoi déstabiliser même le plus courageux et averti des soldats ! Mais étrangement, Pauline, pourtant bien moins expérimentée dans la vie, semble prendre la situation avec beaucoup plus de sérénité. Elle se met d’ailleurs très vite au travail afin de satisfaire sa propre ancêtre, Isabeau, qui lui a également demandé de trouver le trésor du Templier.

Dès le départ, l’auteur frappe fort avec un suspense autour d’un trésor dont on ignore bien des choses, de l’emplacement à la nature en passant par les motivations ayant conduit deux défunts à exhorter leur descendance respective à le retrouver. De fil en aiguille, le mystère autour du trésor s’épaissit et soulève un certain nombre de questions auxquelles nos deux protagonistes sont bien décidés à répondre… Cette quête de vérité va les conduire sur un chemin plus personnel puisqu’au gré de leurs découvertes, ils vont retracer l’histoire du Templier et d’Isabeau, une histoire qui semble comporter sa part de mystère et de drame. C’est peut-être d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai tant apprécié la fin et sa belle note d’espoir qui nous donne le sentiment que si trésor il y a, ce n’est pas forcément celui auquel on pense.

Très différents l’un de l’autre, Rigobert et Pauline se sont révélés tous les deux, et à leur manière, plutôt attachants et intéressants. J’ai adoré les suivre chacun de leur côté dans leur mission, et voir comment leur route allait se croiser à de multiples reprises, avant de prendre une direction plutôt inattendue. J’ai, en outre, été touchée par ces deux êtres qui n’ont pas vraiment eu l’occasion de profiter de la vie de leur vivant. Rigobert était bien trop occupé à semer la mort sur les champs de bataille et à éviter de passer de vie à trépas, quand la santé fragile de Pauline ne lui a pas vraiment permis de profiter de sa prime jeunesse…

J’ai également aimé l’originalité avec laquelle l’auteur pense la figure du fantôme. Sous sa plume, ces derniers, qui ne perçoivent pas le temps de la même manière que le commun des mortels, peuvent choisir ou non d’apparaître devant autrui et toucher des objets. Mais ce n’est là qu’un perçu de leurs capacités qui se révéleront plutôt utiles et efficaces pour les aider à mener à bien une mission délicate qui les fera traverser les couloirs du temps...

D’ailleurs, les amateurs d’Histoire devraient apprécier les brèves incursions dans différents épisodes et périodes de l’histoire de France comme l’exil de Napoléon. À travers le personnage de Rigobert, qui a dédié sa vie à Napoléon et à la nation, on ressent le climat de défiance envers l’ancien Empereur fort vite désavoué par des gens qui n’ont probablement pas hésité, par le passé, à l’encenser… De la même manière, l’auteur nous offre une petite plongée intéressante dans l’histoire des Templiers, des moines-soldats de légende qui n’ont pas manqué de marquer les esprits.

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée fort agréable d’autant que Philippe Laperrouse n’hésite pas à ajouter, par-ci, par-là, quelques touches savoureuses d’humour. Il y a ainsi quelques réparties et scènes qui m’ont fait sourire. Je pense notamment aux passages avec un archiviste très décontenancé par nos deux fantômes. Il faut dire que pour lui qui ne voit jamais personne de la journée, l’arrivée d’un ancien grenadier de l’armée napoléonienne en uniforme et d’une belle femme bien apprêtée brise quelque peu ses habitudes.

En conclusion, La belle et le grenadier est une sympathique aventure pleine de mystère qui, sous couvert d’une fascinante et troublante chasse au trésor, vous permettra de traverser les siècles auprès de deux personnages/fantômes que tout oppose, mais qui se révéleront tous les deux très attachants. Un moment de lecture rapide et divertissant mêlant grande et petite histoire.

Je remercie Philippe Laperrouse de m’avoir envoyé son livre en échange de mon avis.
Vous pouvez télécharger gratuitement le livre sur Amazon et/ou le retrouver en format papier sur le site.

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Nini Zombie (tome 1) : Celle qui n’existait plus, Lisette Morival et Fabrizio Borrini

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose: elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

  • Broché: 222 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (4 mai 2016)
  • Prix : 12.80 €

AVIS

Appréciant de plus en plus les éditions Kennes, je n’ai pas hésité très longtemps avant de craquer pour Nini Zombie même si les zombies et moi ne sommes, en général, pas très amis. Mais heureusement ici, nous sommes loin de l’ambiance de The Walking Dead ce qui, vous l’aurez compris, est plutôt un bon point pour moi.

Nous découvrons Nini, une adolescente très proche de ses parents et de sa sœur, Eloïse, avec lesquels elle coulait des jours heureux. Puis tout est parti à vau-l’eau : ses parents disparaissent mystérieusement, sa sœur et elle sont confiées à une institution tenue par un étrange et très laid directeur, et puis, il y a ces sombres et étranges dessins, le terrible choc, la transformation…

L’autrice a su dès les premières pages me plonger dans son récit riche en tension, en mystère, en humour et en personnages hauts en couleur. J’ai ainsi d’emblée apprécié Nini qui a un caractère que l’on pourrait qualifier d’entier. L’adolescente au look mi-gothique mi-manga, comme elle aime à le dire, sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à faire entendre son avis. Mais en plus d’une personnalité affirmée, elle possède un don pour le dessin, celui-ci revêtant un caractère très spécial puisque ses dessins sont prémonitoires ! C’est certainement l’aspect du roman qui m’a le plus intéressée appréciant l’idée d’une personne qui peut voir le futur à travers ses talents artistiques…

Malheureusement, connaître son avenir ne permet pas forcément de le changer et Nini devra affronter sa mort comme elle l’avait prédit. Mais ce qu’elle n’avait pas anticipé, c’est d’être sauvé par un excentrique savant ni même de rencontrer des individus plutôt atypiques. À cet égard, j’ai été touchée par Blaise, un grand gaillard un peu simplet mais au très grand cœur. À sa manière, il va tout faire pour aider Nini à accepter sa nouvelle condition de zombie et à retrouver la mémoire, car oui, en devenant un zombie, les souvenirs s’effacent…

Autre personnage qui m’a bien plu, un petit chat qui va se révéler d’un grand soutien pour la jeune zombie, celle-ci ayant quelque peu tendance à se montrer imprudente. Il faut dire que rebelle dans l’âme, zombie ou pas, elle n’a pas vraiment l’intention de se laisser dicter sa nouvelle vie que ce soit pour son propre bien ou non. Si cela va parfois lui faire prendre de mauvaises décisions, cette indépendance d’esprit va également lui permettre de ne pas se laisser conter fleurette aveuglément par un personnage pressé de la voir quitter définitivement le monde des vivants.

Bien que peu présente dans ce premier tome, la sœur de Nini se montre plutôt attachante. Très différentes l’une de l’autre, les deux jeunes filles s’entendent à merveille et essaient de se protéger mutuellement. C’est donc avec tristesse qu’on voit Eloïse apprendre la disparition de sa sœur après celle de ses parents. Et on ne peut s’empêcher d’espérer que les deux sœurs arrivent à vaincre les obstacles pour enfin se retrouver.

En plus de la galerie de personnages variée et originale, j’ai beaucoup aimé le style de roman qui, tout en étant fluide et agréable, reste très accessible pour les enfants. Les dialogues réalistes et non dénués d’humour rendent, quant à eux, la lecture rythmée et prenante. Vous ne devriez donc pas voir les pages défiler sous vos yeux que vous soyez un petit ou un grand lecteur.

J’ai, en outre, trouvé très judicieuse la manière dont les auteurs ont utilisé le fil principal de l’intrigue pour mettre en exergue le poids des apparences et des préjugés dans la société. Obnubilées par la notion de beauté ou, du moins, repoussées par la laideur, Nini et sa sœur vont commettre la même erreur : juger l’autre sur son apparence plutôt que sur ses actes. Une erreur qui ne sera hélas pas sans conséquence, et qui sera exploitée par un personnage fourbe et malicieux… Le roman aborde également le thème de l’immortalité et du prix à payer pour l’obtenir.

À noter que le roman contient quelques illustrations. Un bonus que j’apprécie toujours beaucoup et qui permet de se plonger totalement dans le récit. Toutefois, je reste très dubitative sur le placement de ces dessins qui sont en décalage avec le fil de l’intrigue. Ce point a fini par réellement me perturber…

En conclusion, Nini Zombie est une lecture jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et/ ou aux adultes qui ont envie de lire une histoire de zombies sans les massacres qui y sont souvent associés. Je ne peux donc que vous encourager à vous plonger dans l’atmosphère très particulière de ce récit qui mêle mystère, action, enquête et quête de soi.

Justices (tome1) : Les deux ligues, Renaud De Vriendt

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Camille, un jeune garçon de onze ans dont les parents ont mystérieusement disparu, a été recueilli par ‘Justice Pour Tous’, une ligue de super-héros. Malheureusement pour lui, ces derniers n’ont de super que le nom et leurs étranges pouvoirs vont s’avérer particulièrement inadaptés à l’aventure qui les attend. En effet, quand le fantasque ‘M le Mystère’, après avoir kidnappé plusieurs citoyens de Nova City, invitera tous les supers de la ville à venir récupérer les malheureux au sein même de son repaire, Camille n’écoutera que son courage et se jettera dans la gueule du loup. Mais très vite, il comprendra que ses nouveaux amis ne pèsent pas bien lourd face aux super-héros de ‘Justice d’Elite’, une ligue rivale. Le temps presse pour le jeune héros, d’autant plus que de terribles révélations l’attendent dans l’antre de ‘M le Mystère’.

  • Broché: 129 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (10 février 2016)
  • Prix : 9.95€

AVIS

Les disparitions à Nova city se multiplient. Officiellement, une épidémie de grippe en serait l’origine, officieusement d’après Camille, ce serait là l’œuvre d’un super-vilain. Une théorie que personne ne croyait jusqu’à ce que M le Mystère, un super-vilain, ne revendique son rôle dans ces disparitions. N’écoutant alors que leur courage, Camille, un garçon il tient à le préciser, et son nouvel ami Maximilien, se lancent sur les traces de ce malotru.

Durant leur aventure, ils feront la rencontre d’un ours en peluche pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai ainsi adoré ce personnage qui possède une spécificité que je vous laisserai le soin de découvrir. Celui-ci m’a, en outre, rappelé une poupée d’un célèbre film d’horreur en beaucoup plus mignon, je vous rassure.

Les deux jeunes garçons croiseront la route de sbires prêts à tout pour les empêcher de libérer les personnes kidnappées ainsi qu’une équipe de super-héros fort peu sympathiques et plutôt égocentriques. Ces super-héros, ou plutôt super-zéro, semblent plus obnubilés par les caméras que le désir de sauver la veuve et l’orphelin, au grand dam de Camille d’ailleurs.

Ce dernier pourra, fort heureusement, compter sur l’aide de Justice Pour Tous, une équipe de super-héros avec laquelle il vit. Alors même si cette ligue n’est pas conventionnelle et que ses membres ne maîtrisent pas vraiment leurs pouvoirs, le jeune garçon et le lecteur sont ravis et touchés de voir qu’ils n’hésiteront pas à prendre tous les risques pour le soutenir dans sa mission… Une mission au cours de laquelle seront faites deux grosses révélations que, je dois bien avouer, je n’avais pas anticipées ! L’auteur a donc réussi à me surprendre par un gros coup de théâtre qui m’a poussée à reconsidérer l’intrigue sous une autre perspective…

En plus des personnages attachants, j’ai beaucoup aimé le rythme de cette histoire qui défile sous nos yeux sans temps mort, ce qui devrait faciliter l’immersion des lecteurs, petits ou grands. Les petites pointes d’humour distillées par-ci par-là ont également contribué au plaisir que j’ai pris à suivre les péripéties d’un enfant normal qui, avec l’aide de ses amis un peu bras cassés, se comporte en véritable héros. C’est donc une jolie leçon de courage et d’amitié que Camille nous offre ici.

Cerise sur le gâteau, vous retrouverez quelques illustrations rendant cette aventure encore plus visuelle et immersive. À noter que cette série existe en version BD.

En bref, Justices est un petit roman jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et aux lecteurs aimant les super-héros et les super-vilains. Grâce à un rythme effréné, des personnages attachants, et des rebondissements au sens propre comme au sens figuré, vous devriez passer un bon moment de lecture. Pour ma part, je lirai la suite de cette série avec plaisir.

Les filles de l’Olympe, tome 1 : Les larmes de cristal, Elena Kedros

J’ai découvert la série des Filles de l’Olympe d’Elena Kedros publié chez PKJ par hasard, et aimant bien la mythologie et les romans jeunesse, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La jolie Lucy, la farouche Liz et l’excentrique Kim entrent en seconde au lycée de Rainbow Hill. Ces trois adolescentes si différentes n’ont qu’une chose en commun : leur date de naissance. Et, pourtant, elles provoquent sur leur passage des phénomènes bien étranges. Leurs destins semblent inextricablement liés à ceux des déesses Athéna, Artémis et Aphrodite. Les voici appelées à se battre pour sauver le monde dans lequel elles ont toujours vécu, et celui d’où elles viennent : l’Olympe.

  • Poche: 238 pages
  • Édition : Pocket Jeunesse (3 juin 2010)

AVIS

Nous sommes dans un roman jeunesse alors, n’espérez pas une exploitation approfondie et documentée des grandes figures de la mythologie grecque… Mais cela n’empêche pas l’auteure d’avoir su proposer une histoire intéressante dans laquelle trois adolescentes vont apprendre que loin d’être de simples mortelles, elles sont étroitement liées à Aphrodite, Artémis et Athéna.

Nous faisons donc la connaissance de Liz, Lucy et Kim, trois jeunes filles très différentes les unes des autres, mais finalement assez complémentaires. Si Lucy et Kim se sont très vite bien entendues, il aura fallu leur apprendre à mieux découvrir Liz avant de l’apprécier. Il faut dire qu’assez farouche, cette dernière amatrice d’escrime, sport dans lequel elle excelle malgré sa difficulté à gérer sa force, n’est pas d’un abord facile… Un trait de caractère que la pétillante Lucy aura un peu de mal à accepter au début de leur rencontre. Mais gentille malgré une tendance à vivre ses émotions à 100%, Lucy comprendra vite que derrière sa carapace, Liz cache également un bon fond. Quant à Kim, un peu l’intellectuel du groupe d’amies, elle sert de tampon. Sa faculté à prendre du recul lui permet de désamorcer les conflits qui peuvent survenir entre ses deux amies.

Si l’histoire d’amitié est sympathique à suivre notamment pour les enfants, les adultes pouvant la trouver un peu enfantine, ce qui fait le charme de ce livre, c’est son incursion dans le domaine du surnaturel avec, notamment : la découverte des pouvoirs des trois lycéennes, d’étranges larmes, un énigmatique garçon qui « apparaît » quand on s’y attend le moins, les quelques scènes où Arès fait son apparition (trop peu nombreuses à mon goût d’ailleurs), l’arrivée d’une méchante qui a la capacité de lancer des boules de feu… Après tout ça, on peut comprendre que Lucy a beaucoup de mal à accepter de quitter sa vie de lycéenne lambda pour une vie bien plus dangereuse. Malheureusement pour elle, Kim et Liz sont, quant à elle, bien décidées à ne pas ignorer tous ces étranges événements.

Ce premier tome est un tome introductif qui ne manque pas d’action et de révélations, mais j’aurais peut-être aimé que l’Olympe soit plus au cœur de l’aventure. Mais si je me fie à la fin de cette première aventure, je ne doute pas que ce  soit le cas dans la suite de la série. Et puis l’auteure a veillé à laisser quelques questions en suspens afin d’attiser la curiosité des lecteurs et de s’assurer de leur fidélité. Alors en tant qu’adulte, j’ai vite deviné là où elle voulait en venir notamment en ce qui concerne Liz et sa relation avec une personne de son passé, mais cela ne nuit en rien à l’intrigue qui reste plutôt prenante. J’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur l’ancienne vie des déesses et la manière dont les trois lycéennes vont apprendre à gérer leurs pouvoirs et les dangers qui ne manqueront pas de survenir dans leur vie.

J’espère toutefois que Lucy prendra un peu plus d’envergure dans les autres tomes, car sa tendance à se lamenter et à faire la politique de l’autruche la rend parfois quelque peu agaçante. Même chose pour ses réactions excessives même s’il est vrai que ces dernières sont cohérentes avec sa nature profonde… Malgré ses défauts, je vous rassure, la jeune fille reste attachante, mais un peu moins au cœur de l’action que ses amies. Espérons que son rôle s’étoffe par la suite.

Enfin, j’ai bien accroché à la plume de l’autrice. Son style reste simple et accessible tout en étant un minimum travaillé. Le livre devrait donc être lu avec plaisir autant par des enfants que des lecteurs plus âgés.

En conclusion, Elena Kedros nous propose ici une histoire prenante qui mêle monde moderne et mythologie. Nul doute que les enfants et jeunes adolescents devraient apprécier les personnages auxquels certains pourront peut-être s’identifier tout en se laissant emporter par un premier tome plutôt riche en action. Je conseillerais également ce livre aux adultes amateurs de romans jeunesse, ce roman possédant tous les atouts pour leur faire passer un bon moment de lecture.

Et vous, envie de découvrir Les filles de l’Olympe

Sale quart d’heure pour la mort, Karine Gournay

Sale quart d'heure pour la mort

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Sale quart d’heure pour la mort de Karine Gournay.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La journée n’avait pas si bien commencé que ça pour l’inspecteur Johnny Belle Gueule et c’était loin de s’arranger.

Car les deux enquêtes successives qu’il doit mener au cœur d’un bayou de Louisiane, chez la famille Broussart, propriétaires d’une ferme aux alligators, le conduiront sur des pistes plus qu’hantées par les Ombres du passé.

Mais c’est sans compter sur sa ténacité et son humour noir qui l’aideront entre autre à braver la Mort elle-même, en chair et en os…

Livre en promotion sur le site (8.40€ à la place de 14€)

AVIS

C’est la couverture quelque peu glaçante qui m’a donné envie de découvrir ce roman dont je n’avais jamais entendu parler, ce qui est fort dommage, car ce roman à la croisée de plusieurs genres est plutôt sympathique.

Nous découvrons ainsi Johnny Belle Gueule, un policier, qui est en route pour une enquête : un bébé a disparu ! Mais attention, cette disparition ne s’est pas faite n’importe où, mais à la ferme aux alligators de la famille Broussart. Un lieu inattendu qui place d’emblée le décor puisque l’autrice nous entraîne en Louisiane, dans un bayou.

Je dois d’ailleurs dire que c’est bien ce lieu inhabituel pour un roman français qui m’a plu, et qui m’a permis de me plonger immédiatement dans le récit. Je n’ai jamais mis un pied en Louisiane, mais mon compagnon y a fait des études, et j’ai pris plaisir à retrouver certains plats ou certains endroits dont il m’avait parlé. Et puis Karine Gournay arrive à merveille à retranscrire l’atmosphère si particulière qui se dégage de cet état américain. Une atmosphère parfois étouffante, parfois inquiétante, mais qui ne laisse jamais indifférent !

Et de l’inquiétant, l’autrice vous en propose ici, car ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas face à une enquête classique comme va, petit à petit, le découvrir Johnny Belle Gueule. Le policier connaît bien la famille Broussart dont il appréciait le paternel maintenant décédé, mais il sait aussi que cette famille cache quelque chose. Cela le titille d’autant que le mystère semble s’épaissir à mesure qu’il progresse dans son enquête. Il y a cette femme au comportement versatile, ces secrets murmurés, une nouvelle disparition, une étrange apparition… Le surnaturel qui se fait d’abord discret prend de plus en plus d’importance apportant à l’ambiance du livre un côté mystérieux et dangereux. Surnaturel et réel finissent même par se fondre au point de déstabiliser notre policier qui ne sait plus à quel sens se fier.

Il faut dire que le pauvre, en plus d’avoir une enquête qui prend un tournant inattendu et qui semble se complexifier, il doit également faire face à une rencontre inhabituelle : la faucheuse en personne ! Personnifiée sous les traits d’une rousse flamboyante, celle-ci ne correspond pas vraiment à l’image que l’on pourrait s’en faire… L’autrice a ainsi joué la carte de l’originalité avec une faucheuse qui serait plus intéressée par des RTT qu’une promotion. Caustique, libérée et déterminée à obtenir ce qu’elle veut de notre enquêteur, la faucheuse est un personnage haut en couleur que j’ai beaucoup aimé. Heureusement que face à elle, Johnny Belle Gueule ne manque pas de répondant et de mordant.

Il prend au sérieux l’enquête d’autant qu’il connaît bien les personnes impliquées, mais cela ne l’empêche pas de faire preuve d’un certain sens de l’humour et  d’une bonne capacité d’auto-dérision. En plus de rendre l’ambiance un peu moins oppressante pour lui et les personnes avec lesquelles il échange, cela lui permet de prendre un peu de distance notamment envers des situations dont il a parfois du mal à saisir tous les enjeux. Amusant et habile enquêteur, Johnny Belle Gueule est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Le roman est trop court pour que je me sois attachée à ce dernier, mais j’ai pris plaisir à le suivre dans ses cheminements de pensée et dans ses tentatives pour faire le jour sur une enquête plutôt opaque.

La plume de l’autrice est agréable, fluide et les dialogues plutôt naturels, un bon point si comme moi, vous abhorrez les échanges surjoués. Mais ce qui devrait vraiment rendre votre lecture immersive et prenante est sans aucun doute la narration mise en place par l’autrice qui alterne entre différents personnages et différentes époques. Cette alternance de points de vue apporte un certain dynamisme à l’intrigue tout en permettant de découvrir une galerie de personnage intéressante. Si j’ai apprécié de découvrir des personnages très différents les uns des autres et, en général, plutôt hauts en couleur, j’aurais peut-être préféré qu’ils soient moins nombreux, mais que leur psychologie soit un peu plus développée… Quant à l’alternance entre le présent et le passé, elle vous permettra progressivement d’assembler les pièces du puzzle, et de comprendre les raisons pour lesquelles le sort semble s’acharner sur la famille Broussard. Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que les bassesses humaines ne restant jamais impunies, les ombres du passé peuvent ternir le présent de la manière la plus surprenante qu’il soit.

À cet égard, l’autrice aborde en filigrane dans son roman un thème qui ne pourra que vous révolter : l’esclavagisme. À travers un personnage malmené par la vie, elle nous rappelle à quel point des hommes ont pu se montrer cruels avec d’autres hommes en raison de leur couleur de peau, et de leur supposée infériorité. Alors, on se révolte devant la violence physique et morale, et cette manière abjecte de nier à l’autre le droit de vivre simplement parce qu’il n’est pas né blanc. Certains passages m’ont beaucoup émue et retournée, car je ne doute pas que dans le passé, des femmes ont vraiment vécu ce que nous narre l’autrice. On crie à l’injustice, on frémit et on finit nous aussi par crier vengeance ou, du moins, justice !

En conclusion, dans Sale quart d’heure pour la mort, il est question d’enquêtes et de révélations, de secrets de famille, de crimes impunis, mais aussi de justice et de vengeance. Un livre à la croisée du fantastique et du roman policier qui se révèle, grâce à une narration alternée et des sauts dans le temps, diablement envoûtant. Un peu à l’image de la Louisiane, ce roman dégage une atmosphère aussi fascinante qu’étouffante que je ne peux que vous inviter à découvrir.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site d’Évidence Éditions.

Grisha (tome 1), Leigh Bardugo

Couverture de « Grisha »

Je remercie les éditions Milan et Babelio pour le tome 1 de la série Grisha de Leigh Bardugo.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

OMBRE. GUERRE. CHAOS.
Un royaume envahi par les ténèbres.
Une élite magique qui se bat sans relâche contre ce mal.
Des citoyens envoyés en pâture aux créatures qui peuplent le Shadow Fold.
Parmi eux : Alina Starkov.
ESPOIR. DESTINÉE. RENOUVEAU.
L’avenir de tous repose sur les épaules d’une orpheline qui ignore tout de son pouvoir.
L’Invocatrice de lumière.

  • Broché: 350 pages
  • Éditeur : Éditions Milan (11 octobre 2017)
  • Prix : 15.90€

AVIS

Quand j’ai reçu un mail m’indiquant que j’allais recevoir les tomes 1 et 2 de Grisha, j’ai sauté de joie, cette série me tentant depuis un long moment autant pour l’histoire que le magnifique travail d’édition effectué par les éditions Milan : sublime couverture, dorures, carte en début d’ouvrage, prise en main agréable de l’ouvrage… La maison d’édition s’est ainsi assurée de vous donner envie de vous jeter sur cette petite merveille.

On peut, en effet, qualifier de petite merveille ce roman qui, dès les premières pages, vous dévoile un univers aussi sombre que passionnant, un univers façonné par Leigh Bardugo pour tenir en haleine ses lecteurs. C’est simple, de l’ambiance, au système politique en passant par les personnages, tout dans cette histoire m’a donné envie de tourner les pages les unes après les autres ! Malgré les nombreuses informations à assimiler, vous ne verrez donc pas le temps passer, les différents rouages de l’intrigue s’enchaînant naturellement…

On découvre d’ailleurs très tôt un élément essentiel et intrigant de l’histoire, un personnage à part entière qui n’a pourtant pas d’enveloppe charnelle : le Shadow Fold. Abritant de dangereuses créatures, dont on apprendra par la suite la terrifiante origine, ce brouillard maléfique est bien souvent synonyme de mort pour les individus qui tentent de le traverser. Peu de survivants donc, mais beaucoup de morts sans que personne ne puisse y faire grand-chose. Personne ? C’est ce que l’on croyait jusqu’à ce qu’un miracle se produise ! Et ce miracle prend l’apparence d’Alina, une orpheline devenue cartographe, et bien plus. Alors qu’elle se croyait quelconque, elle va se découvrir une grande destinée, une destinée qui va lui faire croiser la route d’un autre personnage hors du commun, le ténébreux et mystérieux Darkling. Cet homme influent aux grands pouvoirs va voir en la jeune fille l’avènement d’une nouvelle ère et accessoirement, la fin d’une guerre qui n’a que trop duré. Alina n’aura donc pas d’autre choix que de le suivre au Little Palace pour apprendre à maîtriser son don et devenir L’Invocatrice de lumière sur laquelle tout le monde fonde de grands espoirs.

Une pression importante pour une jeune fille qui découvre brutalement qu’elle n’est pas aussi banale qu’elle le pensait. Il lui faudra donc un peu de temps pour accepter qu’elle possède bel et bien le potentiel de changer, aux côtés du Darkling, la face du monde. Mais avant cela, elle devra apprendre à utiliser son don que ce soit à travers les livres ou des entraînements physiques plutôt intensifs. Testée, provoquée, soumise aux jugements, poussée dans ses retranchements, la jeune fille va, petit à petit, prendre de l’assurance et de la consistance. Elle doute toujours, mais on sent qu’elle essaie de s’ajuster à sa nouvelle vie et que surtout, ses capacités commencent à se dévoiler même si la route sera longue avant qu’elles ne soient à leur apogée.

Si la vie d’Alina au Little Palace lui offre le confort dont elle a toujours manqué et ce sentiment d’appartenance qui lui a toujours fait défaut, elle n’en est pas pour autant complètement heureuse. Il y a d’abord le Darkling qui est peu présent pour elle bien que leurs rares entretiens ne laissent pas le cœur de la jeune fille indemne. Tantôt cajoleur, tantôt froid et distant, difficile de véritablement le cerner même si au cours de l’aventure, les choses deviendront plus claires. Alina ne sait donc pas vraiment sur quel pied danser avec ce puissant sorcier qui semble cacher quelques secrets. Il y a ensuite la vie à la Cour : faite de ragots, de médisance et de rivalité, Alina a du mal à trouver sa place même si elle pourra heureusement compter sur la bonne humeur et l’amitié de Genya pour évoluer dans ce panier de crabes. Mais ce qui manque le plus à la vie de la jeune fille, c’est son meilleur ami Mal dont elle a été séparée à la découverte de son pouvoir.

Mal et Alina sont inséparables depuis qu’ils sont enfants, une amitié que j’ai appréciée surtout dans un univers aussi froid et dur que celui du Grisha. J‘ai toutefois regretté que l’autrice tombe dans un cliché très courant en fantasy : l’amie amoureuse de son meilleur ami qui, lui, se plaît à papillonner, mais qui découvre ses sentiments quand un autre mâle entre en jeu. Je n’aime pas ce schéma qui, en plus, est souvent accompagné de l’idée que c’est normal pour un homme se sauter sur tout ce qui bouge, ou presque, quand une fille vraiment amoureuse doit se préserver pour l’élu de son cœur…

Je n’ai donc pas été transportée par cet aspect qui, fort heureusement, n’est pas au centre de l’intrigue. Je dois toutefois reconnaître que l’autrice utilise et exploite de manière intelligente les liens forts qui unissent Mal et Alina. Des liens qui vont être mis à rude épreuve devant les dangers que ces deux personnages vont devoir affronter… Car en plus du Shadow Fold tant redouté, se tapit dans l’ombre un danger bien plus grand que ni Alina ni les autres Grishas n’avaient vu s’élever. Je n’ai moi-même pas vu venir le retournement de situation savamment orchestré par l’autrice ! Les cartes sont ainsi redistribuées en cours de route pour mon plus grand plaisir, adorant que les auteurs prennent des risques et partent dans des directions inattendues.

Leigh Bardugo, en plus de nous offrir des personnages très différents les uns des autres et parfois difficiles à cerner, nous propose un univers riche, complexe et très immersif. Ce fut donc un véritable plaisir de découvrir le concept de Grisha, les différents ordres, les compétences de chacun et la mythologie autour du Shadow Fold ainsi que les enjeux qu’il représente. Les intrigues politiques sont également passionnantes, car l’autrice a trouvé un juste équilibre entre jeu de pouvoirs et d’influence et tension et mystère. Ainsi, rien ne semble gravé dans le marbre dans ce système politique où le roi ne brille pas par ses compétences et où le faste de la Cour tente en vain de cacher l’ambiance poisseuse qui y règne… Un terrain parfait pour l’émergence d’une force supérieure et destructrice à moins qu’Alina ne choisisse de s’y opposer en embrassant enfin ce qu’elle est vraiment, la puissante Invocatrice de lumière !

Enfin, j’ai aimé que pour ce premier tome, l’autrice ne tombe pas dans l’écueil de la lenteur en plombant sa narration par une avalanche de détails redondants. Non, bien au contraire, elle entre directement dans le vif du sujet tout en prenant le soin de distiller, au fur et à mesure, toutes les informations nécessaires pour appréhender l’univers complexe de son roman. Un procédé redoutable et efficace pour ne pas avoir l’impression d’être écrasé sous le poids des informations. On se plonge alors avec délectation dans cette histoire qui se distingue autant par le fond que la forme, la plume de l’autrice m’ayant complètement conquise. D’abord plaisante, son écriture s’enrichit au cours de l’aventure jusqu’à devenir envoûtante et surtout, complètement immersive et addictive. Une fois plongé dans le récit, bien difficile de le quitter tellement la magie des mots opère !

En conclusion, aux côtés d’Alina, de Mal et d’autres personnages, tous pas forcément très bienveillants, vous passerez un moment de lecture exaltant marqué par de l’action, des complots et rivalités, de l’amitié, de l’amour, des trahisons, de la tension et du danger. En moins de temps qu’il ne faudrait au Darkling pour vous réduire au silence, Leigh Bardugo vous entraîne dans un univers passionnant et dangereux où la magie côtoie les ténèbres. La plume de l’autrice, qui alterne entre poésie et rudesse, colle parfaitement à l’atmosphère ténébreuse de ce roman, ajoutant à ce sentiment d’immersion présent dès les premières pages. Entre faux-semblants et dangers masqués, ce premier tome ne vous laissera donc pas le temps de souffler et ne pourra que vous donner envie de vous jeter sur la suite.

Et vous, envie de découvrir ce premier tome de Grisha ?

Commandez le roman chez votre libraire ou retrouvez-le sur des sites comme Amazon.

Le Baron Miaou, Nico Bally

J’ai lu Le Baron Miaou de Nico Bally dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Imaginaire. Ayant eu la chance d’avoir gagné ce roman il y a plus d’un an, je l’ai dévoré dans sa version papier.

RÉSUMÉ

Rencontrez le fabuleux alchimiste à tête de chat. Suivez la timide adolescente aux mille masques. Admirez les lueurs du dresseur de feux follets. Sauvez l’enfant tombée dans un coma lunaire. Entre carnavals nocturnes et labyrinthes oubliés, tentez le plus impossible des voyages.

  • Broché: 254 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (17 janvier 2017)
  • Prix : 10.02€
  • Autre format : ebook (livre disponible en emprunt kindle)

AVIS

Avant de commencer la chronique, je tiens à souligner l’excellent travail d’édition : la couverture de Nicolas Trève est sublime, l’effet soft touch du roman très agréable et le travail de correction de qualité. C’est avec ce genre d’ouvrage que l’on se rend compte du potentiel de l’auto-édition.

Nhadda Cranne est une talentueuse, bien que pas forcément très pragmatique, créatrice de masques, dont la vie va être chamboulée par un personnage plutôt atypique, le Baron Miaou, un alchimiste à la tête de chat, ou un chalchimiste pour les initiés, dont la renommée n’est plus à faire. Détestée par son odieux père et peu reconnue dans son art, la jeune fille n’hésitera pas à le suivre dans ses aventures.

Dans leurs aventures qui les conduiront sur les routes de France et de Navarre ou plutôt de Grenoble et de Venise, voire bien plus loin, mais là, c’est un secret qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes, ils seront accompagnés de Maria. Fille d’un Comte qui la traite plus comme une servante que comme sa précieuse progéniture, cette enfant sera à l’origine de leur voyage. Atteinte d’un mystérieux mal, elle s’enfonce ainsi parfois dans un profond sommeil. Touchés par son cas, Le Baron et Nhadda feront tout leur possible pour trouver une solution à ce problème, ce qui les poussera à essayer de retrouver un dangereux et mystérieux personnage.

Comme vous l’avez certainement compris, Le Baron Miaou, c’est un roman fantastique, mais c’est aussi un roman d’aventure qui fera battre votre cœur au rythme des dangers et des rencontres que notre équipe va faire. Une équipe formée au gré du hasard et qui se distingue par son originalité : nous avons donc un célèbre alchimiste à la tête de chat des plus énigmatiques, une jeune fille qui profite de son savoir-faire pour cacher son visage sous des masques toujours adaptés aux situations qu’elle traverse, une jeune fille malade plus à l’aise avec les animaux qu’avec les gens et qui se révèle d’une naïveté touchante, et un homme maîtrisant les feux follets, Jacques Mains-Froides.

J’ai adoré la galerie de personnages proposée par l’auteur avec un petit coup de cœur pour Maria dans laquelle je me suis parfois retrouvée notamment dans son amour immodéré pour les animaux et pour le thé. Nhadda m’a, quant à elle, touchée par sa manière de se dévoiler aux autres à travers ses créations tout en les érigeant finalement comme un bouclier infranchissable. Un paradoxe que je comprends et qui la rend assez complexe et très attachante. Mais c’est certainement le Baron Miaou qui m’a le plus intriguée puisqu’il constitue une sorte d’énigme. Habitué à jouer un rôle depuis son enfance, il lui faudra du temps pour baisser ses barrières et apprendre à faire confiance et, surtout, à s’attacher aux autres…

Quel plaisir de voir évoluer ces différents personnages hauts en couleur au fil de l’aventure et de voir leurs liens se resserrer devant les épreuves qu’ils traversent ! J’avoue toutefois être beaucoup plus réservée pour un des personnages secondaires, Jacques Mains-Froides, dont le changement d’attitude m’a semblé bien trop rapide. J’imagine que son principal intérêt, en plus d’apporter un élément de surprise, est de montrer que l’avidité peut transformer un homme, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver son rôle superflu ou, peut-être, pas assez poussé… À l’inverse, Le Crabe, une femme mutilée suite à une tentative un peu folle de faire un voyage très lointain, m’a touchée. Elle intervient peu dans le livre, mais son rôle est assez fort pour provoquer un vrai impact sur les lecteurs.

Au-delà des personnages, difficile de s’ennuyer dans cette aventure, menée d’une main de maître, qui vous fera voyager à bord d’une roulotte-laboratoire, traverser un bien sombre labyrinthe, affronter des loups sauvages, du moins en théorie, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, et vous fera même assister à un concours de… thé. Il fallait y penser ! Nico Bally a incontestablement de l’imagination et un véritable talent de la mise en scène au point que certaines scènes m’ont donné l’impression de me retrouver dans un Indiana Jones pour les enfants.

Mais ce que j’ai adoré, c’est qu’il a réussi à nous proposer une histoire avec du rythme tout en lui conférant une dimension onirique qui n’est pas sans rappeler celle que l’on peut trouver dans des séries de BD comme De Capes et de Crocs. L’approche assez visuelle de l’auteur m’a d’ailleurs fait regretter que le roman ne soit pas illustré. Il y a, en effet, matière à nous offrir une aventure très riche visuellement ! Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les personnages du roman étaient destinés à un projet d’album, un projet qui, je l’espère, sera un jour d’actualité. En attendant, vous pourrez toujours trouver quelques illustrations de Nicolas Trève du Baron Miaou en fin d’ouvrage ou sur Internet.

La plume de Nico Bailly est délicieusement immersive, ce qui devrait séduire autant les adultes qu’un lectorat plus jeune. D’ailleurs, gros point fort pour moi, bien que le roman soit un roman jeunesse, on sent que l’auteur ne s’est pas bridé. Le vocable utilisé est recherché tout en demeurant accessible et les constructions de phrases devraient séduire les amateurs de belles plumes. Autre point à souligner, le double niveau de lecture du roman : les enfants pourront se contenter de suivre avec amusement et intérêt les aventures d’un fantasque homme à la tête de chat et de ses amis, quand les lecteurs plus âgés pourront déceler dans cette histoire, une certaine profondeur. Nous ne sommes pas dans un roman philosophique, mais le roman flirte toutefois avec le roman d’apprentissage et nous pousse naturellement et sans lourdeur à nous interroger sur des sujets variés : les a priori et les apparences, la confiance en soi et l’acceptation de soi, l’avidité et les chemins peu vertueux qu’elle peut nous faire prendre, la famille qui peut être parfois de cœur plus que de sang, le concept de foyer…

À noter que l’auteur a ajouté quelques bonus en fin d’ouvrage apportant quelques éléments d’explications sur son œuvre.

En conclusion, d’une plume fluide, mais accessible, l’auteur nous offre ici une aventure rythmée et immersive qui devrait séduire petits et grands lecteurs, et ceci, dès les premières pages. Je recommanderai donc cet ouvrage à tous ceux qui sont en quête d’un roman mêlant habilement magie, au sens propre comme au sens figuré, amitié, trahison, action, et personnages touchants et originaux. Et puis qui sait, à l’issue de cette épopée, vous aurez peut-être appris, comme nos protagonistes, qu’il est parfois nécessaire de faire tomber le masque pour se (re)trouver ?

Nico Bally 📚

Source : compte Twitter de l’auteur

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