Araminta Spookie – Tome 1 : Ma maison hantée, Angie Sage

Quand j’ai découvert le thème du Challenge Lire en thème de mai, lire un livre dont le nom de l’auteur commence par S, j’ai tout de suite pensé à ce roman dont la couverture m’a complètement fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une dose de famille Adams, une pincée de Petit Nicolas, et une cuillerée de Fifi Brindacier: un mélange détonant nommé Araminta Spookie !

Araminta Spookie habite une maison biscornue avec sa tante Tabby, une femme très sèche et aimante, et son Oncle Drac, éleveur de chauves-souris. Araminta voudrait que sa maison soit hantée et elle passe son temps à rechercher d’éventuels fantômes, des loups-garous et autres vampires. Elle possède des panoplies en tout genre pour mener ces chasses incongrues, mais pour l’instant, en vain. Tante Tabby, fatiguée de réparer inlassablement la chaudière, décide de vendre la maison. De plans complètement loufoques en embuscades colossales et drôles, nous suivons la lutte d’Araminta, prête à tout pour garder sa drôle de maison.

  • Relié: 160 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Editeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Araminta coulait des jours heureux avec sa tante Tabby qui aime à se battre avec la chaudière et son oncle, amateur de chauve-souris dans l’âme, jusqu’à ce que sa tante lui annonce son intention de vendre la maison. Hors de question pour la jeune fille qui aime sa maison hantée, bien qu’elle n’y ait encore jamais vu de fantômes, de partir de chez elle ! Elle va donc tout mettre en œuvre pour faire fuir les agents immobiliers et les potentiels acheteurs.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune fille a beaucoup d’imagination et de la suite dans les idées. C’est donc avec plaisir qu’on la suit dans ses aventures consistant notamment à se déguiser en fantôme ou à réunir le maximum d’ingrédients bien dégoûtants et gluants, et à les envoyer depuis un endroit stratégique sur les visiteurs. Deux stratégies efficaces puisque la plupart d’entre eux fuient la maison « hantée » sans se retourner, mais ça c’était avant de tomber sur des acheteurs plutôt étranges…

Bien que polissonne, il est difficile de ne pas s’attacher à Araminta même si elle se montre assez pénible avec sa tante, déjouant tous ses plans pour rendre la maison la plus attractive possible. En plus d’avoir des idées farfelues et une imagination débordante, elle est plutôt amusante, voire impertinente, puisqu’elle n’a pas vraiment la langue dans sa poche. Alors même qu’on devrait être du côté de la tante, la seule adulte responsable du livre, on ne peut donc pas s’empêcher de souhaiter bonne chance à la jeune fille dans ses tentatives de faire capoter le projet de vente.

Elle va d’ailleurs trouver un soutien quelque peu inattendu dans cette entreprise, mais je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que la maison hantée qui n’est pas hantée est peut-être finalement bien soumise à des forces surnaturelles… Pour en apprendre plus, il vous faudra vous plonger dans cette petite lecture jeunesse qui devrait faire sourire les enfants et les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant. L’histoire est toute mignonne et plutôt enfantine, mais en gardant cela en tête, un adulte pourra, en effet, savourer les péripéties d’une jeune fille têtue, mais amusante. Certains enfants pourront également se retrouver dans cette héroïne qui ne veut pas déménager, un déménagement pouvant être une étape assez difficile dans la vie d’un enfant.

À noter que le roman est agrémenté d’illustrations en noir et blanc ce qui en facilitera la lecture pour les enfants tout en leur permettant de s’immerger encore un peu plus dans ce récit mené tambour battant. Les idées, ou plutôt bêtises d’Araminta, s’enchaînent, en effet, à une vitesse folle, ce qui assure un rythme de lecture rapide que l’on soit petit ou grand. Quant à la plume de l’auteure, elle est efficace avec ce qu’il faut de rythme, d’humour et de concision pour happer l’attention des jeunes lecteurs dès les premières pages.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La fin, avec ses deux petits retournements de situation, m’a bien plu. Elle a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à lire entre les lignes, les apparences pouvant être trompeuses, et que l’amitié peut frapper quand on s’y attend le moins. Le final promet également de nouvelles péripéties riches en actions et, probablement, en bêtises !

En conclusion, Araminta Spookie est une jeune héroïne que j’ai pris grand plaisir à découvrir. Amusante et attachante, nul doute que sa personnalité hors norme et son amour des fantômes sauront séduire les jeunes lecteurs et, peut-être, leurs parents à condition que le côté enfantin de la narration et de l’histoire ne les gêne pas. Pour ma part, c’est exactement le genre de petits romans que j’aime lire entre deux lectures plus sérieuses. Je continuerai donc la série avec plaisir d’autant que Nathan a fait un très joli travail d’édition.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir Araminta Spookie ? Visitez le site des éditions Nathan.

logo-challenge

 

Publicités

Une braise sous la cendre, Sabaa TAHIR

age

J’ai lu Une braise sous la cendre en lecture commune avec Mydearema que je remercie pour les échanges enrichissants que nous avons partagés autour de ce superbe roman.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde où l’armée a pris le pouvoir, l’obscurantisme domine, mais deux adolescents vont s’unir pour tenter de renverser ceux qui ont imposé ce règne de la force.

« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. »

Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Pocket Jeunesse (15 octobre 2015)
  • Prix : 18.90€

AVIS

Ce roman me tente depuis un bon moment, mais il a suscité un tel enthousiasme sur la blogosphère que j’avais peur d’être déçue. Et sur ce point, je peux vous rassurer tout de suite : cette histoire a frôlé le coup de cœur.

Laia voit ses grands-parents se faire tuer et son frère embarquer par des Masks, ces hommes cruels au service de l’Empire. Un Empire qui peut se montrer implacable envers le peuple auquel appartient la jeune fille : les Érudits. Alors qu’elle arrive à prendre la fuite, elle se promet de libérer son frère. Pour ce faire, elle finit par rejoindre la Résistance, une organisation qui a pourtant trahi ses parents qui en étaient des leaders adulés et charismatiques. Et pour obtenir l’aide de l’organisation, elle n’a d’autre choix que d’espionner La Commandante qui dirige d’une main de fer Blackcliff, l’école formant les Masks, en devenant son esclave. Le début d’une vie où la violence physique et mentale devient la règle et l’amitié une bouée de sauvetage.

Gros point fort de ce roman, les personnages puisque l’auteure nous propose une galerie de protagonistes à la psychologie complexe et développée. Aucun personnage n’est totalement mauvais ou bon ! Même le psychopathe de service semble pouvoir, même si ce n’est que très rarement, ressentir des émotions. C’est juste qu’à la différence d’Elias, notre héros, cela ne l’empêche pas de dormir. Elias est un jeune homme que l’on suit avec une sorte de fascination, peut-être parce que c’est le personnage le plus torturé du roman. Capable d’une violence implacable inhérente à sa formation de Mask, il se rebelle pourtant contre l’ordre établi, contre cet Empire où règne la violence, le mal, les viols, la torture… Il fait ce qu’il a à faire, mais n’y trouve aucun plaisir contrairement à la plupart de ses camarades. Lui, ce qu’il désire ardemment, c’est la liberté de corps et d’esprit, c’est s’affranchir d’une vie qu’il n’a pas choisie et d’un destin dont il n’a aucune envie… Bien qu’il doute parfois, qu’il en vient à se détester pour des actes qu’il était plus ou moins condamné à perpétrer, il ne cessera jamais de se battre pour ce qu’il estime être juste. C’est d’autant plus admirable qu’arraché très jeune à sa famille d’adoption et haï par sa propre mère dont la méchanceté n’a d’égale que la cruauté, il aurait pu devenir une personne cruelle comme son grand rival, Marcus.

Elias déteste sa mère, sa vie et l’enseignement qu’il reçoit à Blackcliff, mais tout n’est pas noir puisqu’il peut compter sur sa meilleure amie Hélène avec laquelle il a une réelle et sincère complicité. Le lecteur découvre néanmoins très vite de profondes divergences entre ces deux amis puisque si Hélène n’est pas méchante de nature, elle croit, en revanche, en cet Empire auquel elle a juré fidélité. Dans ces conditions, on ne peut s’empêcher de se demander comment ces deux amis pourront continuer à se comprendre et à s’épauler ? Ceci est d’autant plus vrai que des sentiments dépassant la simple amitié vont commencer à émerger complexifiant encore plus la situation…

Et on touche du doigt le point qui m’a empêchée d’avoir un coup de cœur pour ce roman : l’émergence de sentiments amoureux d’autant que l’on sent même poindre un carré amoureux… L’auteure n’a fort heureusement pas centré son récit sur les peines de cœur de ses personnages, mais je n’ai pas vu l’intérêt d’exalter les sentiments d’Hélène qui était déjà tellement intéressante sans qu’il n’y ait besoin de l’engluer dans un amour que l’on devine impossible. Je nuancerai néanmoins quelque peu mes propos, car cela rend peut-être un peu plus humaine cette femme que la force de caractère et la fidélité à ses engagements rendent parfois un peu froide. Cette apparente froideur et cette manière qu’elle a de contenir ses émotions ne m’ont pas empêchée d’adorer ce personnage qui a tout de l’héroïne badasse. A force de sacrifices, elle a ainsi su trouver sa place dans un milieu dur dominé par la gent masculine qui apprendra, à ses dépens, qu’il ne vaut mieux pas la sous-estimer.

Quant à Laia, c’est certainement le personnage qui évolue le plus et qui m’a le plus impressionnée. Craintive voire plaintive et complètement perdue au début du récit, elle prend peu à peu confiance en elle et en ses capacités même si les doutes ne sont jamais très loin. Alors qu’elle avait tendance à subir plutôt qu’à agir, à obéir plutôt qu’à penser, elle finit par prendre des initiatives. Il faut dire qu’au fil des épreuves que sa nouvelle vie ne manquera pas de lui imposer, elle se rendra compte qu’elle devra avant tout compter sur elle-même pour sauver son frère et retrouver un semblant de vie. Elle aura fort heureusement des alliés dans sa quête de liberté, mais les trahisons étant monnaie courante dans ce monde de violence, à qui peut-elle vraiment accorder sa confiance ? Au chef de La Résistance qui lui a fait une promesse, au jeune membre de la Résistance qui ne laisse pas son cœur insensible, à Elias qui s’est montré généreux avec elle, mais qui fait partie du peuple ennemi au sien, aux autres esclaves de la Commandante… ? Alliés ou ennemis, difficile de savoir tellement l’auteure brouille les pistes autant pour la jeune fille que les lecteurs qui finissent par ne plus savoir à qui se fier.

En plus de la galerie de personnages que j’ai adorée, j’ai complètement été happée par cet univers sombre et violent dans lequel l’auteure nous immerge. Dès les premières pages, on ressent cette violence qui semble sommeiller en chacun des personnages, mais aussi dans les couloirs de l’école, dans la demeure de la Commandante, dans les rues… C’est un peu comme si nos héros avaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ce qui rend la lecture parfois étouffante, mais toujours terriblement prenante. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteure a choisi une narration alternée nous faisant suivre, tour à tour, les aventures de Laia et d’Elias. Une alternance qui apporte un dynamisme certain au récit et qui rend la lecture quelque peu addictive ! Ce procédé présente également l’avantage ou l’inconvénient, c’est selon votre degré de patience, de créer une certaine frustration notamment lorsque vous mourez d’envie de savoir ce qui va arriver à l’un des personnages et qu’il vous faut attendre encore un peu avant de le découvrir. Les pages défilent donc les unes après les autres et vous laissent avec cette impression de vide qui vous pousse à continuer votre lecture jusqu’à atteindre cette dernière page autant redoutée qu’attendue. Et la seule conclusion qui devrait s’imposer à vous est « je veux la suite », car l’auteure joue avec les nerfs de ses lecteurs jusqu’au bout ! Entre liberté et sacrifice, entre amitié et devoir, entre amour et haine, nos personnages vont devoir prendre des décisions qui changeront à jamais le cours de leur vie…

Enfin, même si le récit met surtout en avant la lutte pour le pouvoir et la survie, j’ai apprécié que l’auteure y intègre des créatures folkloriques tels que les Djinns, les Efrits, les Goules… Je n’ai, pour ma part, pas l’habitue de les croiser et j’espère que cet aspect fantastique de l’histoire sera, par la suite, encore plus fortement développé.

Ma conclusion sera brève : amateurs ou non de dystopies, ne passez pas devant ce roman qui vous entraînera dans un tourbillon de noirceur, de haine, de violence, de tension, de suspense, mais aussi d’espoir. Si on ajoute à cela de l’action, des créatures mythologiques que l’on a peu coutume de voir, des personnages à la psychologie développée et bien souvent complexe, de l’amitié et un soupçon d’amour, on obtient un livre aussi immersif qu’addictif.

Je vous invite à lire la chronique de Mydearema qui a également beaucoup apprécié ce roman.

Et vous, envie de lire un extrait ou de craquer pour Une braise sous la cendre ?

721257Bigchallengemini

cli6a-lc3a9chiquierdumal_dansimmons

 

L’auberge entre les mondes, Jean-Luc Marcastel

couv59090078

J’ai tout de suite été attirée par la très jolie couverture de L’auberge entre les mondes publié par Flammarion jeunesse. Mais c’est le thème du Challenge mystère de janvier qui m’a poussée à sortir ce roman jeunesse de ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans l’ombre ; et il y a cette force qu’il ressent au plus profond de lui… Alors que les mondes s’affrontent, Nathan est le seul à pouvoir réconcilier les hommes et apaiser les conflits.

  • Broché: 253 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Flammarion jeunesse (6 mai 2017)
  • Prix : 12€
  • Autre format : ebook

AVIS

Nathan et son meilleur ami Félix se rendent pour un travail dans l’auberge auvergnate tenue par l’un des intervenants de leur école hôtelière à Toulouse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur arrivée ne se sera pas vraiment de tout repos ni leur séjour d’ailleurs…

Après quelques pages où Nathan, mais pas vraiment le lecteur, doute de la nature magique des événements vécus en début de séjour, il finit par découvrir un univers dont il ne se serait jamais douter de l’existence. Peuplée de créatures étranges et franchement originales, l’auberge recèle, en effet, bien des secrets dont certains sont directement liés au passé de Nathan. Alors qu’il était venu parfaire ses connaissances du monde de l’hôtellerie, ce sont des connaissances et des compétences d’une tout autre nature qui vont s’ouvrir à lui.

J’ai beaucoup aimé l’univers développé par l’auteur et son idée d’un lieu neutre, l’auberge, où peuvent se rencontrer des peuples provenant de différents mondes. Il accorde ainsi une place particulière à la gastronomie qui, d’une certaine manière, permet de pacifier les relations parfois tendues entre deux mondes. Cette place de choix réservée à la nourriture devrait plaire à tous les gourmands qui découvriront d’ailleurs en fin d’ouvrage trois recettes des deux cuistots aux multiples tentacules qui sont derrière les fourneaux de l’auberge. Vous verrez qu’avec ces deux frères, les leçons de cuisine prennent une autre saveur !

Si j’ai aimé l’univers et la plume de l’auteur, c’est bien le sens de l’amitié si présent dans ce roman que j’ai préféré. La relation unissant Nathan et son meilleur ami Félix est en effet très belle. Orphelins et amis depuis leur tendre enfance, ils sont très proches et prêts à tout pour se protéger mutuellement. Les révélations faites en cours de roman sur Félix ne changent rien à cette très belle amitié alors qu’elles auraient pu en pervertir la nature. Un autre personnage prend une certaine place dans l’intrigue, Mademoiselle Fan, une jeune femme à l’apparence revêche qui semble pourtant cacher un bon cœur et quelques secrets. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette dernière même si j’ai apprécié de voir sa carapace se fendre au cours de l’aventure… Encore un peu distante, nul doute qu’elle devrait nouer des liens plus forts avec les deux jeunes hommes dans le deuxième tome que je lirai d’ailleurs avec plaisir.

Porté par une jolie plume aussi haletante qu’immersive, le livre se lit très vite d’autant que l’auteur ne perd pas de temps en détails inutiles. Il explique assez succinctement, mais clairement le rôle essentiel de l’auberge et de l’aubergiste pour maintenir la paix entre les multiples mondes qui coexistent. Il offre, en outre, à ses lecteurs de belles scènes où l’action se fait haletante et le danger omniprésent. Nathan et ses amis devront ainsi faire face des situations périlleuses que seuls leur complicité, leur courage et leur persévérance permettront de surmonter.

En conclusion, après une mise en bouche de quelques pages introduisant un certain mystère, l’auteur passe directement au plat principal avec des scènes où se mêlent suspense, magie et action avant de terminer par un dessert qui vous donnera envie de lire la suite des aventures de Nathan et Félix, deux jeunes hommes fort attachants. Une lecture rapide et rythmée qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes, surtout à ceux qui aiment les histoires se déroulant dans un univers culinaire original.

Et vous, envie de feuilleter ou d’acheter L’auberge entre les mondes de Jean-Luc Marcastel ?

Riverboat, Diana Kennedy

DSC_0642

Je remercie Diana Kennedy pour l’envoi, via le site Simplement, de l’album Riverboat regroupant les tomes 1 à 3 de sa série ainsi que pour l’envoi des tomes 4 et 5 sous forme de fascicule.

RÉSUMÉ

John F. Kennedy et Aldo Moro, deux anciens hommes d’État, s’embarquent sur un bateau à aubes, en route vers la cité mythique de Lysastra. Ils espèrent y retrouver la trace d’un ancien poème et pouvoir ainsi le déchiffrer. C’est le début d’une grande aventure avec mille rebondissements.

À quelle époque et où sommes-nous ? S’agit-il d’un autre univers uchronique ? Sommes-nous dans l’au-delà ? Quelle importance ? L’univers de Riverboat est aussi immense et mystérieux que le garage hermétique du major Gruber.

Les aquarelles éthérées donnent à cette BD classique une nouvelle forme d’expression adaptée au monde onirique et sans limites qui s’ouvre au lecteur.

AVIS

À la recherche d’un objet mythique, John, dont le nom et le visage devraient vous rappeler un certain politicien, et son ami Aldo, embarquent à bord d’un bateau à destination de Lysastra.

On s’attache très rapidement à ces deux protagonistes en raison, notamment, de la complicité qui les unit et qui les pousse à veiller l’un sur l’autre. Ils se révèlent également très complémentaires, John, du genre fonceur, étant assez enclin à foncer tête baissée dans l’action, quand Aldo est plus posé prenant le temps de la réflexion sans pour autant rechigner à agir quand cela s’avère nécessaire. Un duo qui fonctionne donc très bien et que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties, car n’en doutez pas, leur voyage en bateau ne sera pas de tout repos ! Ils devront ainsi faire face à des dangers prenant, entre autres, la forme d’une créature maritime avec laquelle vous n’avez pas particulièrement envie de barboter sans oublier leur face-à-face avec des soldats et une femme au mauvais caractère qui semble plutôt bien manier la gâchette.

Au-delà des scènes d’action qui s’enchaînent et donnent du rythme au récit, l’histoire bénéficie d’une certaine aura de mystère, ce qui contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser embarquer dans ce « huis-clos ». Je mets des guillemets, car les deux héros quitteront pendant un petit laps de temps leur embarcation. Au fil de la lecture, de nombreuses questions finissent par assaillir les lecteurs : qui sont exactement ces deux personnages qui montent sur le bateau en cours de voyage ? Que veulent-ils à John ? Qui est réellement Aldo et pourquoi a-t-il réussi là où d’autres ont échoué ? Que fait un soldat allemand aux côtés d’un officier romain ? A quelle époque sommes-nous vraiment ?… Tout autant de questions qui vous tiennent en haleine et vous donnent envie de lire la suite de cet album.

En plus de l’action, du mystère, de l’humour distillé par petites touches, mais bien présent et du duo qui fonctionne à merveille, l’auteure a veillé à introduire plusieurs personnages assez marquants, car au caractère prononcé à l’instar d’un homme dont la méchanceté et l’avarice sont à la hauteur de sa fortune. Ce stéréotype du radin très riche, obnubilé par l’argent et rechignant à la moindre dépense même pour secourir son épouse, m’a beaucoup amusée. De sa petite taille (eh oui, l’argent ne peut pas tout acheter) à son comportement, tout concorde pour faire de lui le bouffon de l’histoire. Autre personnage intéressant, le Capitaine qui, pris entre le marteau et l’enclume, fait de son mieux pour maintenir son bateau à flot et assurer une bonne ambiance ou, du moins, apaiser les tensions entre les différents voyageurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire…

Mais le personnage que j’ai le plus aimé et qui m’a complètement fait craquer est, sans aucun doute, Mallie, un parachat c’est-à-dire un chat paranormal avec quelques facultés utiles comme celles de pouvoir parler et sentir quand ses nouveaux amis sont en danger. En plus d’être trop mignonne et courageuse, Mallie se révèle également intéressante dans la mesure où elle permet à l’auteure d’aborder, même brièvement, la question des persécutions en raison de son origine. Un sujet qui, je le crains, demeure intemporel.

Enfin, j’aimerais parler du plus gros atout de cet ouvrage, son esthétique. Cartonné et bénéficiant d’une belle couverture, l’objet-livre est déjà très plaisant à admirer et à prendre en main.  Mais c’est bien en le parcourant et en découvrant les illustrations de Diana Kennedy que toute la magie opère ! N’ayant pas la fibre artistique, je suis toujours admirative des personnes qui, comme l’auteure, arrivent à vous transporter dans leur univers grâce à leurs coups de crayon. Presque vaporeuses, les illustrations possèdent, en outre, ce charme du travail fait à la main dont sont dépossédées la plupart des BD modernes. Si vous aimez les aquarelles teintées de douceur, mais d’une certaine profondeur, le travail de l’auteure/artiste devrait donc vous ravir.

J’ai également été séduite par l’expressivité des personnages dont on peut lire les différentes émotions sur le visage. Mais c’est le sens du détail de Diana Kennedy que je retiendrai. Il se perçoit, entre autres, au niveau des vêtements et des décors dessinés avec une précision leur conférant un grand réalisme. Les jeux et les dégradés de couleurs sont également un régal pour les pupilles sans oublier la manière dont l’artiste a su retranscrire le mouvement que ce soit au niveau des déplacements des personnages, de leurs mimiques, de l’eau…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En conclusion, à travers une histoire teintée de mystère et au rythme plutôt soutenu, Diana Kennedy vous invite à faire la connaissance de deux personnages aussi différents que complémentaires et dont on ne peut que suivre les prochaines aventures avec plaisir. Riverboat devrait donc plaire aux personnes en quête d’un récit d’aventures sublimé par de magnifiques aquarelles. Alors, prêts à embarquer et à vous laisser porter par les flots et l’imagination de l’auteure ?

Envie d’acheter Riverboat ? Rendez-vous sur le site de l’auteure.

 

Gary Cook, Antoine Jaunin et Romain Quirot

couv62850500

Je remercie Lecteurs.com et les éditions Nathan de m’avoir permis de découvrir Gary Cook d’Antoine Jaunin et Romain Quirot.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde recouvert par les flots, une seule chance de survie : embarquer à bord de gigantesques navettes spatiales.

Gary Cook a grandi sous le pont des Oubliés, l’un des derniers refuges sur cette Terre condamnée. À quinze ans, il passe le plus clair de son temps avec Max et Elliott à bord du Neptune, leur modeste bateau de pêche. Les trois amis rêvent de prises fabuleuses et d’aventure. Autour d’eux, pourtant, le monde touche à sa fin.

Chaque année, d’immenses navettes surgissent de la mer pour fuir dans l’espace. Des navettes auxquelles les Oubliés n’ont pas accès – jusqu’au jour où Gary apprend que, pour la première fois, l’équipage vainqueur de la terrible course fantôme gagnera sa place à bord de la navette Deucalion III.

S’ils veulent faire partie du voyage, Gary, Elliott et Max vont devoir prendre tous les risques…

  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Nathan (31 août 2017)
  • Prix : 17,95€

AVIS

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai entendu parler de ce roman grâce à sa bande-annonce qui s’apparente plus à celle d’un film que d’un livre. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que Romain Quirot est réalisateur. Ce n’est pas cependant la bande-annonce du roman qui m’a donné envie de le lire, mais l’intervention d’Antoine Jaunin lors d’une conférence à la Fête du livre de Saint-Étienne.

 

L’histoire et les personnages…

Gary est un adolescent de 15 ans qui, comme les autres jeunes de son âge, aime passer du temps avec ses meilleurs amis. Sauf que le monde dans lequel évolue Gary n’a rien de normal : dévasté et submergé en grande partie par les flots, il est devenu dangereux et hostile. Le jeune homme vit donc avec d’autres sous Le Pont des Oubliés, un endroit qui est loin d’être parfait, mais qui a le mérite d’offrir un abri, du moins pour le moment. Alors quand l’ultime opportunité de quitter ce monde, qui n’a plus rien à offrir, à bord d’une navette spatiale se présente, Gary et ses amis doivent prendre une décision… Rester ou partir ? Survivre ou vivre ? Vivre ou Mourir ?

Je ne lis quasiment pas de dystopie, pas que je n’aime pas le genre, mais je n’ai pas un attrait particulier pour celui-ci. J’ai toutefois été complètement happée par l’univers mis en place par les auteurs qui ont réussi à le rendre réaliste et immersif tout en le baignant d’une aura de mystère aussi plaisante que frustrante. Les descriptions nous permettent aisément de nous imaginer ces décors apocalyptiques érodés par le temps et les conséquences plus ou moins lointaines de l’action de l’homme. Et c’est là qu’arrive la frustration, car les auteurs nous laissent délibérément dans le flou quant à ce qui s’est exactement passé pour qu’on en arrive là. Espérons que le deuxième tome nous apporte des éléments de réponse. Quoi qu’il en soit, difficile de ne pas voir dans ce roman une critique du monde actuel, de la destruction de l’écosystème par la main de l’homme et une réflexion sur le genre de monde qu’on souhaite léguer aux générations futures.

Si cette critique présente en toile de fond dans le livre est intéressante, le gros point fort de ce roman pour moi est la galerie de personnages, et l’omniprésence de l’amitié, l’une des seules sources de lumière et d’espoir dans un monde où l’on survit plus que l’on ne vit. Je n’ai pas trouvé tout de suite Gary très attachant, peut-être car trop détaché de sa propre vie. C’est vraiment en le découvrant avec ses deux meilleurs amis puis avec une mystérieuse jeune fille du nom de Lou, que j’ai appris à l’apprécier. Plutôt gauche, peureux et peu sûr de lui-même, il n’en demeure pas moins un peu le pilier du groupe, la présence réconfortante et rassurante d’un être simple, mais gentil. Au gré des événements qui mettront ses relations avec ses amis à rude épreuve et qui pousseront le lecteur au bord de la crise d’angoisse, voire de larmes, il prend toutefois de l’assurance. Passant du gentil garçon enrobé de la bande à un personnage plus complexe, il gagne ainsi en consistance. Mais ce n’est vraiment que lorsqu’il comprend qu’aucun avenir sous le Pont des Oubliés n’est possible qu’il devient vraiment intéressant. Cette prise de conscience tardive va en effet le pousser à reprendre sa vie en main, à agir plutôt que subir, et à plonger dans son passé en vue d’écrire son avenir.

Autre personnage complexe qui a tout de suite suscité ma curiosité, Dean qui est en quelque sorte l’ennemi de Gary et de ses amis. Si l’on est tenté de le détester dès son entrée en scène, pour ma part, il m’a tout de suite intriguée. En apprenant à mieux le connaître et à découvrir sa vie familiale, on ne peut que modérer notre opinion à son sujet sans pour autant pardonner ses excès de colère et son comportement exécrable. L’image du gros dur s’étiole progressivement pour laisser place à un adolescent perdu tentant coûte que coûte de protéger sa famille dans un environnement dur et mortifère. On ne peut alors que se mettre à sa place et se demander jusqu’où nous serions prêts à aller pour protéger les nôtres ? Je ne parlerai pas de tous les autres personnages, mais j’ai aimé leur diversité, parfois leur complémentarité et surtout leur complexité, chacun d’entre eux étant relativement nuancé. Il y a une petite exception avec un personnage dont la bêtise, le physique et son amour du poisson apportent un peu de comique. Il m’a un peu fait penser à Kubiac dans Parker Lewis ne perd jamais.

Une écriture fluide et immersive pour une histoire où rythme et dangers sont omniprésents…

L’écriture à quatre mains ne semble pas un exercice particulièrement facile, mais Antoine et Romain s’en sortent très bien. Le duo nous offre en effet une histoire à la narration parfaitement fluide et rythmée. L’écriture, en plus d’être très visuelle, coule de source et se révèle efficace pour vous immerger, et c’est le cas de le dire, dans un monde submergé par les flots. Il en résulte un roman qui se lit très vite, et qui ne demande pas une attention de tous les instants. Une accessibilité qui devrait séduire les adolescents ou les lecteurs ayant envie d’une lecture qui se lit d’une traite ou presque. En effet, l’enchaînement rapide d’événements dramatiques vous pousse à lire page après page afin de découvrir le devenir de Gary, de ses amis et même de ses ennemis. Difficile alors de s’ennuyer devant le rythme soutenu de cette histoire où le calme semble systématiquement cacher la tempête.

Et des tempêtes dans la vie de Gary, il va y en avoir que ce soit au sens propre ou figuré du terme. La vie sous le Pont des Oubliés est en effet loin d’être un long fleuve tranquille : maladie étrange qui, petit à petit, décime la population, désespoir, deuil, dangers en mer avec des phénomènes météorologiques dévastateurs ou des animaux marins peu avenants…  Si l’amitié permet d’apporter quelques moments de réconfort, les difficultés ne s’estompent donc jamais du paysage. Gary est également pris dans le tumulte de problèmes plus classiques pour un adolescent : amitié mise à mal par des secrets et de la jalousie, inimitié qui vire au harcèlement et à la méchanceté, découverte des sentiments amoureux, relations familiales, difficulté à s’accepter… Contexte post-apocalyptique ou non, l’adolescence reste l’adolescence.

Un petit point qui m’a moins convaincue, mais un autre qui m’a séduite…

Si je devais formuler une réserve sur ce roman, ce serait l’impression que les choses sont parfois trop faciles ou arrivent trop vite. Le monde de Gary Cook est horrible et il faut avoir une certaine dose d’optimisme pour capter chaque lueur d’espoir qu’il offre. Mais paradoxalement, j’ai eu ce sentiment diffus que Gary arrivait bien trop facilement à surmonter chaque difficulté qui se place sur sa route. Il est supposé être trouillard alors qu’il se lance dans des choses plus que téméraires, montre une capacité de survie déconcertante, arrive sans difficulté à pousser un vieillard retors à l’aider même si l’on peut comprendre que l’épreuve subie par ce dernier l’ait quelque peu adouci… L’aspect « lutte contre soi-même » n’est à mon sens pas assez développé alors qu’il n’en aurait donné que plus de crédibilité et de consistance au jeune homme. Les auteurs semblent avoir préféré mettre en avant la lutte contre les éléments sans pour autant aller au bout des choses. J’aurais ainsi préféré, et là c’est très personnel, que Gary traverse peut-être moins d’épreuves, mais que chacune soit mieux exploitée. J’aurais souhaité qu’il ait vraiment à chercher la force au fond de lui-même pour s’affranchir de ses barrières alors qu’elles paraissent presque sauter d’elles-mêmes quand la situation le requiert. Cette apparente facilité (je dis apparente car je rappelle que l’univers n’a quant à lui rien de facile) s’explique peut-être par le public visé.

Enfin, j’ai été agréablement surprise par les multiples références à la littérature qui raviront les amateurs de livres que ce soit à travers la citation de célèbres auteurs comme Montesquieu, l’amour de Gary pour les livres ou un ouvrage que chacun connaît au moins de nom, Le Petit Prince. Lu trop jeune, je n’avais pas spécifiquement apprécié ce livre considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre, mais je vais prendre exemple sur Gary, et le (re)lire. Vous verrez d’ailleurs que la présence du Petit Prince dans le roman n’a rien de hasardeux et que cet ouvrage, petit par la taille mais pas par les messages qu’il véhicule, aura un vrai impact sur la vie du jeune homme. Je vous laisserai le plaisir de découvrir de quelle manière Le Petit Prince est lié au passé de Gary.

En conclusion, ce roman fut une excellente surprise, je m’attendais à l’apprécier, mais pas à l’aimer autant. Rapide à lire, rythmé et empli de cette tension prompte à happer l’attention du lecteur, Gary Cook est un roman qui devrait ravir les personnes souhaitant une histoire mettant en scène un adolescent comme les autres dans un univers pas comme les autres. D’une plume fluide et immersive, les auteurs vous plongent dans un monde post-apocalyptique captivant où la question de la survie se mêle étroitement à celle de l’amitié. J’espère pour ma part retrouver très bientôt Gary que les auteurs ont laissé dans une situation peu confortable.

Et vous, vous avez envie de découvrir Gary Cook ?

 

Re : Zero – Re : vivre dans un autre monde à partir de zéro, Tappei Nagatsuki

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict de m’avoir fait parvenir ce premier tome du light novel Re : Zero de Tappei Nagatsuki.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Endurer les douleurs engendrées par la mort pour affronter les difficultés de la vie…
Une réalité sans fin…

Subaru Natsuki fait la connaissance d’Émilia, une jeune fille aux longs cheveux d’argent qui l’entraîne dans une dimension peuplée de monstres et d’ennemis en tous genres particulièrement hostiles. Le jeune homme a juré de la protéger, mais il ne résiste pas longtemps dans ce monde violent où il est tué rapidement.

Pourtant, il revient d’entre les morts à l’aide d’un pouvoir qui le ramènera toujours à son point de départ. Subaru entame alors un combat perpétuel dans lequel il essaie, peu à peu, de changer le futur, où chaque fois les souvenirs sont à reconstruire…

  • Broché: 280 pages
  • Editeur : Ofelbe (15 juin 2017)
  • Prix : 13,99€

AVIS

Comme avec Overlord, j’ai été séduite par le travail d’édition réalisé par les éditions Ofelbe. La couverture est juste magnifique tout comme les dessins qui illustrent l’ouvrage même si je les aurais souhaité plus nombreux. Les personnages nous sont présentés en couleurs en début d’ouvrage ce qui est fort appréciable quand vous découvrez  pour la première fois l’univers de Re : Zero.

L’histoire…

Invoqué dans un monde fantasy d’allure médiévale sans savoir pourquoi ni par qui, Subaru Natsuki n’est pas paniqué outre mesure. Bercé par les jeux vidéo et les animés, il essaie juste de comprendre son nouvel environnement en s’aidant des codes qu’il connaît et d’agir en fonction de ces derniers. L’idée est plutôt sensée, mais ne fera pas vraiment ses preuves lorsqu’il rencontrera ses premiers ennuis desquels une mystérieuse et très belle jeune fille viendra le sauver. Pour la remercier, il va l’aider à retrouver la voleuse qui lui a dérobé l’insigne auquel la demoiselle semble tenir. Un choix plus lourd de conséquences qu’il n’y paraît…

Des débuts difficiles…

J’ai commencé ma lecture avec enthousiasme, mais celui-ci s’est érodé au bout de quelques pages. Qu’il m’a été difficile d’entrer dans l’histoire alors que le résumé me plaisait beaucoup ! Cela s’explique, en partie, par la manière de s’exprimer assez particulière de Subaru et sa manie très dérangeante de se parler à lui-même. Ceci est d’autant plus perturbant que ses paroles m’ont paru, très souvent, manquer de naturel voire être simplement dénuées de sens.

D’ailleurs, je me demande si ce ressenti ne vient pas de la traduction, certaines phrases ou expressions m’ayant laissée dubitative. Par exemple : « C’est que je suis un enfant nerveux de l’époque moderne ». Même en m’aidant du contexte, j’ai quelques difficultés à comprendre le sens de ces quelques mots…

J’ai en outre regretté, dans la première partie de l’ouvrage, la vacuité des échanges entre nos deux protagonistes. Entre Subaru qui s’extasie devant la beauté de la jeune fille et celle-ci qui s’acharne à vouloir prouver que ses actions ne sont pas réalisées par simple altruisme, mais seulement par intérêt, je me suis ennuyée. Je dois néanmoins nuancer mes propos, car au fur et à mesure de l’aventure, j’ai fini par trouver que leurs taquineries les rendaient plutôt touchants et laissaient espérer une certaine complicité voire amitié future.

Mais une histoire qui finit par prendre son envol… 

Malgré des débuts difficiles, j’ai persisté puisqu’il n’est point dans mon habitude d’abandonner un livre… Et puis, la présence de Pack, un chat qui m’a fait fondre dès son apparition m’a fortement motivée à poursuivre l’aventure. Qui résisterait à un chat, au pelage soyeux, qui parle ? Certainement pas moi !

J’ai plutôt bien fait de poursuivre ma lecture puisqu’à partir de la 85ème page (oui, c’est précis), les choses commencent à devenir intéressantes et à s’intensifier autant en termes de suspense que d’actions. Il ne m’en a pas fallu plus pour me laisser emporter par l’histoire, désireuse de savoir comment notre « héros malgré lui » allait aborder la répétition de ses dernières heures d’existence et leur tragique issue.

Et je ne peux qu’avouer avoir été très agréablement surprise par la manière dont l’auteur a su nous faire revivre les événements sans jamais tomber dans la répétition. Cela est dû en grande partie à la faculté de notre héros d’apprendre de ses erreurs et de mettre à profit les informations glanées au cours de ces quelques heures intenses et stressantes qu’il revit inlassablement.

Malgré ses bizarreries, j’ai d’ailleurs trouvé le personnage courageux. En dépit de son manque de force et d’absence de super pouvoirs, il ne baisse jamais les bras. Il va de l’avant, grandit et, petit à petit, s’affirme. Même s’il continue régulièrement à se déconsidérer par des expressions comme « éternel fauché », le lecteur est témoin de son évolution et de sa volonté d’assurer le bien-être de toutes les personnes auxquelles il s’est attaché dans ce nouveau monde. Alors parfois il plie mais tel le roseau, il ne rompt jamais. Et quand l’on rappelle que c’est un personnage qui a connu plusieurs fois une mort douloureuse, on ne peut que louer cette force de caractère et cette obstination.

Quant aux autres personnages, j’ai regretté la faible présence de la mystérieuse jeune fille aux longs cheveux d’argent. Le résumé m’avait laissé espérer un plus grand rôle de sa part dans l’intrigue. Même constat pour l’adorable esprit prenant la forme d’un chat qui l’accompagne. A l’inverse, j’ai apprécié d’apprendre à connaître un personnage que je ne pensais pas apprécier et dont j’ai hâte de suivre la destinée, quelle qu’elle puisse être.

Suspense et mystère au rendez-vous ! 

Enfin, la part de mystère et de suspense que l’auteur a su distiller tout au long de son récit en rend la lecture assez addictive. Ainsi, si on découvre assez vite les informations principales sur Subaru, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi et par qui il a été invoqué dans ce monde dont on ne connaît finalement pas grand chose. De la même manière, la jeune fille aux cheveux d’argent qui refuse de donner, pendant la majorité du livre, son vrai nom au héros demeure terriblement mystérieuse. Qui est-elle et pourquoi veut-elle tellement retrouver l’insigne qu’on lui a dérobé ?

Autre mystère qui m’a tenue en haleine, l’identité de la méchante de l’histoire. Aussi belle que froide, cette femme m’a intriguée dès son apparition. J’ai aimé sa cruauté implacable contrastant avec son enveloppe charnelle plutôt sensuelle. En d’autres mots, si vous êtes du genre curieux, le livre devrait générer en vous de nombreux questionnements. Attendez-vous néanmoins aussi à quelques frustrations puisque ce premier tome et son épilogue suscitent bien plus de questions qu’ils n’apportent de réponses…

En conclusion, malgré un démarrage difficile et un personnage dont l’habitude de se parler à haute voix m’a horripilée, ce tome 1 du light novel Re : Zero m’a plu. La découverte de ce monde de fantasy énigmatique, l’action, la magie, des personnages parfois agaçants, mais finalement attachants, les nombreuses questions que l’on se pose et le suspense qui plane tout au long de cette histoire sont autant d’éléments qui m’ont permis de passer un agréable moment de lecture.

Je lirai donc avec plaisir le tome 2 qui devrait sortir en septembre. En attendant, je vais poursuivre ma découverte des éditions Ofelbe avec les premiers tomes de deux light novels que j’ai récemment achetés : Spice & Wolf et DanMachi.

 

cm2017-juillet_orig

 

Orgueil et Préjugés et Zombies, Seth Grahame-Smith

Demain, quand j’étais mort ! m’a donné envie de donner sa chance à un autre ouvrage humoristique avec des zombies. Mon choix s’est donc porté sur Orgueil et Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l’entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d’œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

  • Poche: 352 pages
  • Editeur : Pocket (9 janvier 2014)
  • Prix : 7,80€
  • Autre format : ebook

AVIS

Comme le titre l’indique, Orgueil, préjugés et zombies est un hommage et/ou une parodie du célèbre roman Orgeuil et Préjugés de Jane Austen.

J’ai lu le roman de Jane Austen il y a plus d’une dizaine d’années et ai vu les deux adaptations cinématographiques. Je peux donc dire que c’est une histoire qui me plaît et que j’avais hâte de découvrir la version de Seth Grahame-Smith.

Ici, l’auteur respecte parfaitement la trame de fond, nous retrouvons donc les différents personnages du roman, le contexte historique, les principaux événements qui marquent la vie de la famille Bennet… Elizabeth vous plaira donc toujours autant par sa force de caractère et son impertinence et M. Darcy devrait continuer à faire battre le cœur des plus romantiques d’entre nous.

Mais ce que j’ai préféré, c’est la capacité de l’auteur à s’approprier le style si particulier de Jane Austen et sa manière de tourner en dérision les codes de la société anglaise de son époque. On retrouve parfaitement dans le roman, cette obsession du statut social, de l’argent et la question de la place de la femme mis en avant dans l’œuvre originale. Je ne dirais pas que l’élève a dépassé le maître, mais force est de constater que sa copie est plus qu’honorable.

L’auteur ne s’est pas contenté d’un simple copier-coller ; il a apporté un nouveau dynamisme au récit grâce à la présence de zombies. En plus d’être originale, cette idée a le mérite de démontrer un certain culot de sa part. En touchant au chef-d’œuvre de Jane Austen, il a pris le risque de s’attirer les foudres des puristes…

Pour ma part, j’ai trouvé l’idée d’introduire ces viles créatures dans la vie des sœurs Bennet plutôt intéressante. D’un caractère farouche, être tueuse de zombies semble d’ailleurs plutôt bien convenir à Elizabeth qui prend sa tâche très au sérieux. Et c’est là que le côté parodique prend tout son sens. L’auteur finit ainsi par tourner en dérision la personnalité de notre héroïne dont le sens de l’honneur extrême la pousse même à s’auto-mutiler ou à vouloir égorger notre cher M. Darcy… Vous aurez compris qu’il faut lire l’histoire au second degré pour pouvoir l’apprécier.

Quant au côté zombie, j’ai regretté qu’il soit finalement peu exploité du moins au niveau « visuel ». Les zombies ne m’ont pas semblé être une réelle menace puisque les affrontements avec ces derniers sont très vite expédiés. N’espérez donc pas de grandes scènes de bataille ou des situations angoissantes mettant véritablement en danger nos protagonistes.

Enfin, deux points m’ont chagrinée dans le roman. Tout d’abord le fait que le dernier tiers du livre perd de son panache. L’auteur s’éloigne peu à peu du style de Jane Austen pour tomber dans la romance classique avec ses tergiversations agaçantes. Dommage, car du coup, le charme n’opère plus. Et le point qui m’a fait vraiment agacée est la fin ! Avoir appris toute sa vie à combattre pour ça… Mais, j’aime à croire que c’est une manière pour l’auteur de nous offrir une dernière critique de la société anglaise de l’époque à moins que ce ne soit là que la représentation d’un déprimant déterminisme.

En conclusion, je vous conseille de dévorer l’œuvre originale avant de vous jeter sur ce roman. Dans le cas contraire, je pense que vous passerez quand même un bon moment de lecture, mais vous vous priveriez de tout ce qui fait vraiment le charme du roman : les multiples références à l’œuvre de Jane Austen.

POUR ALLER PLUS LOIN : il existe une version cinématographique du roman que je n’ai pas encore vue.