Black Blade, tome 1 : Froid brûlant, Jennifer Estep

Couverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

« Visitez Cloudburst Falls, la ville la plus magique d’Amérique ! »

Cloudburst Falls est le seul endroit au monde où les magicks – des gens dotés de pouvoirs –, et les êtres surnaturels peuvent vivre au grand jour. Des Familles rivales, véritables mafias aux facultés redoutables, dirigent la cité, assurant la protection des quartiers qu’ils se sont octroyés.

Et moi dans tout ça ? J’essaie d’éviter les ennuis. Après tout, squatter le sous-sol de la bibliothèque municipale et ne jamais sortir sans l’épée en sang-fer qui a appartenu à ma mère sont des risques suffisants. Mon CV parle pour moi : voleuse hors pair, rien ne me résiste. Pas le choix, je dois me faire discrète. Et s’il n’y avait que ça… J’ai un autre don, très convoité, qui pourrait me mettre en danger.

Un jour, j’assiste à un règlement de comptes. Le sexy Devon de la Famille Sinclair est sur le point de se faire tuer, et je n’ai que deux options : rester dans l’ombre et le laisser mourir, ou m’exposer pour lui sauver la vie. Bon, ben, j’ai dû me planter. Les Familles ont assassiné ma mère, et on dirait bien que je vais finir comme elle…

Éditions Alter Real (3 septembre 2021) – Ebook (5,99€) – Papier (19,90€)
Traduction : Annabelle Blangier

AVIS

J’ai lu le premier tome de la série Black Blade dans le cadre d’un blog tour organisé par Between dreams and reality en partenariat avec les éditions Alter Real qui, par son intermédiaire, m’ont permis de lire la version numérique du roman. Je les en remercie même si, contrairement aux autres participantes, je n’ai guère été enthousiasmée par ma lecture, malgré quelques bonnes idées… 


Attirée par la couverture et le résumé, j’ai eu envie de découvrir Black Blade avant de très vite déchanter. Le roman n’est pas mauvais en soi, mais je me suis ennuyée presque durant toute ma lecture, et ça, c’est rédhibitoire. Parce qu’ouvrir sa liseuse en soupirant d’avance n’est jamais très agréable, la lecture fut laborieuse et source d’une certaine exaspération devant une intrigue pleine de potentiel, mais qui manque de caractère en raison de personnages caricaturaux, et un certain manque de profondeur. J’ai ainsi eu l’impression de toujours rester à la surface des choses... Il est possible que mon ressenti provienne en partie de l’âge des personnages, mais appréciant beaucoup la littérature YA, cette explication ne me convainc guère, d’autant que même la mère de la Famille, pourtant plus âgée, ne brille pas par sa complexité ni, en dernière partie de roman, par sa cohérence.

Dommage parce que l’héroïne avait du potentiel. Encore affectée par le meurtre de sa mère, elle vit une vie assez isolée entre ses vols, que nous appellerons sobrement missions pour Mo, et le lycée qu’il l’oblige à fréquenter. Une vie routinière, mais dangereuse, qui va prendre un tout autre tournant quand Lila va intervenir dans une tentative d’assassinat, sauvant le fils de la dirigeante de l’une des deux Familles qui contrôlent la ville. Le début des ennuis parce que s’il y a une chose que toute personne sensée sait, c’est qu’il vaut mieux rester éloigné des conflits entre les Familles sous peine d’y laisser sa peau. Et Lila le sait mieux que personne…

Contrainte de servir de garde du corps à Devon, Lila va découvrir que sa vie de voleuse de choc était finalement bien plus sûre que celle de protectrice d’un jeune homme qui, en plus de la tenter terriblement, semble avoir une cible sur le dos. La relation entre les deux personnages ne m’a pas intéressée le moins du monde, mais je reconnais avoir apprécié la manière dont Lila va découvrir la vie au sein d’un manoir quand elle s’était habituée à la solitude. Si la plupart des personnages m’ont laissée de marbre, même cette héroïne qui possède pourtant un bagage émotionnel intéressant, je me suis beaucoup attachée à un pixel. Oscar se montre d’emblée très agressif et irascible avec Lila, mais il va progressivement abaisser ses barrières pour nous dévoiler ses blessures et les raisons de son comportement. Il a su toucher une corde sensible en moi qui m’a poussée à guetter ses trop rares apparitions.

L’intrigue ne m’a pas convaincue, les personnages mériteraient, du moins pour moi, d’être retravaillés, et le côté Roméo et Juliette d’une histoire liant deux personnages secondaires est tellement peu exploité qu’il m’a juste fait lever les yeux au ciel, mais le roman n’est pas dénué de certains atouts. À commencer par un univers divisé entre mortels, au doux surnom de péquenauds, monstres et magicks, à savoir des personnes avec des pouvoirs magiques. J’ai apprécié de découvrir la mythologie liée à cet univers et les formes de pouvoir qui existent. Lila possède ainsi deux pouvoirs, l’un de vision et l’autre de transfert, une capacité rare et donc à cacher aux yeux des autres. Mais ce n’est pas la seule à posséder un pouvoir unique qu’il est préférable de ne pas ébruiter sous peine de faire l’objet de bien dérangeantes attentions…

En plus de la magie, j’ai aimé tout le folklore lié aux monstres et aux droits de passage, une tradition que Lila veille à respecter scrupuleusement, ce qui n’est pas le cas de tous. L’ambiance presque mafieuse avec deux Familles qui règnent et s’affrontent sans relâche pour le pouvoir, l’argent et la magie ajoute, en outre, une dimension dramatique intéressante. Ainsi, si les Sinclair font de leur mieux pour contrer la tyrannie des Draconi, ceux-ci semblent néanmoins avoir une petite longueur d’avance, d’autant qu’ils sont prêts à tout pour s’imposer, et que leur dirigeant est un homme impitoyable et vicieux à l’extrême.

À cet égard, on peut dire que les capacités de Lila, sa force et son intelligence seront un atout indispensable pour le salut des Sinclair, une Famille dans laquelle elle est entrée à son corps défendant, mais qui pourrait lui offrir quelque chose qu’elle n’osait pas vraiment espérer. Et puis, au fil des péripéties, Lila va découvrir qu’elle ressemble peut-être bien plus à sa mère qu’elle ne le pensait. Une mère dont elle n’a pas encore fait le deuil, mais qui lui a appris tout ce qu’elle sait, et qui lui a transmis une certaine force de caractère. Car si Lila est une voleuse émérite, elle est également une combattante de talent ! 

Quant à la plume de l’autrice, elle est fluide et plutôt agréable. Ce qui ne m’a pas convaincue, c’est une certaine tendance à la superficialité et aux facilités, et un manque de subtilité dans la manière de donner les informations sur l’univers et l’héroïne, comme si l’autrice avait eu du mal à les rattacher naturellement à l’intrigue principale. Ce sentiment s’estompe néanmoins à mesure que défilent les pages.

En conclusion, Black Blade ne m’a pas apporté ce que je recherchais en raison d’une certaine superficialité dans le traitement des personnages, des facilités, des longueurs et des clichés rendant l’histoire peu concluante, du moins pour moi. Néanmoins, force est de reconnaître que l’univers est intéressant avec une cohabitation entre humains, monstres et magicks, et une guerre impitoyable entre deux grandes Familles, Une guerre dans laquelle va être plongée bien malgré elle notre héroïne et qui va la contraindre à sortir de sa solitude et d’une certaine manière, l’aider à se révéler à elle-même. Pour ma part, je ne poursuivrai pas la série, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, d’autant que malgré quelques maladresses dans la narration, la plume de l’autrice n’en demeure pas moins assez fluide, et que le roman semble bien noté sur Livraddict.