Sublimation, Bastien Pantalé

J’ai lu ce roman dans la cadre du Prix des auteurs inconnus, le livre concourant dans la catégorie Imaginaire.

Prix des auteurs o

RÉSUMÉ

Bordeaux, place de la Bourse, une oeuvre d’art intrigue les passants. Le meurtre atroce qu’elle dissimule annonce une psychose sans précédent.
Dans son atelier parisien, Damian Leisenberg subit les assauts de visions persistantes, des scènes macabres laissant présager le pire.
Le controversé Capitaine Bonhoure se lance sur la piste d’un tueur en série pour le moins créatif, mais face à la complexité de l’enquête, ses dons de criminologue ne seront rien sans les avis éclairés du Lieutenant Torrès.
Du port de la lune à Paris, le duo d’enquêteurs, impuissant, assiste au décompte des victimes.

Dans la lignée de Seven. Un thriller psychologique qui changera à jamais votre regard sur l’Art.

  • Broché: 326 pages
  • Éditeur : L’Intemporel (3 décembre 2016)
  • Prix : 0.99€ (livre disponible dans l’offre Emprunt abonnement Kindle)
  • Autre format : broché

AVIS

Sublimation n’a pas vraiment réussi à me convaincre même si je lui reconnais volontiers un certain nombre de qualités, l’auteur vous proposant une histoire très bien écrite avec des passages descriptifs très immersifs, et des scènes assez gores pour susciter un certain effroi chez les lecteurs et apporter une tension psychologique fort intéressante.

Alors que je ne suis pas une grande adepte des scènes où le sang coule à flots, la précision presque chirurgicale des passages où le Sculpteur pratique son « art » a ce quelque chose de cinématographique qui m’a bien plu. Car le Sculpteur, surnom donné à un tueur en série, a une vision très particulière de l’art. Avec lui, l’esthétisme se pare d’une dimension horrifique à laquelle il est bien difficile de rester insensible. Il a ainsi pris l’étrange habitude de recouvrir le corps de ses victimes de plâtre, faisant de leurs corps statufiés une œuvre d’art à part entière. Sur ce point, je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré l’idée complètement tordue et originale de l’auteur…

Pour autant, il serait faux de considérer ce tueur en série comme un simple psychopathe : derrière sa démarche que nous qualifierons de morbidement originale, il y a une vraie philosophie, une philosophie du beau et du juste. Cet homme ne tue pas ses victimes au hasard, chacune d’entre elles ayant des choses sur la conscience, et il ne se contente pas de se faire le bras armé d’une justice parfois défaillante. Il venge, mais il transforme également le laid en quelque chose de beau, comme si l’art venait au secours des vices de cette humanité parfois si sombre. Cette rencontre de l’art et du sang, de la laideur transformée en beauté est un point que j’ai beaucoup apprécié d’autant qu’ayant peu de connaissances en matière artistique, j’ai trouvé très intéressantes les différentes informations distillées tout au long du roman par l’auteur.

Mais ne vous inquiétez pas, si l’art n’est pas votre tasse de thé, l’histoire ne se limite pas à sa dimension artistique puisque nous sommes bien ici dans un thriller avec une enquête menée par un duo de policiers, un homme assez impulsif, le capitaine Bonhoure, et une jeune femme, le lieutenant Torrès, spécialisée dans l’art. Moi qui aime m’attacher aux personnages, je n’ai rien ressenti devant ce duo qui n’est pas particulièrement original. Le capitaine a néanmoins pour moi un intérêt dans la mesure où malgré son métier, il semble avoir une moralité à géométrie variable. Devant les faits divers où un tueur ou un violeur s’en sort avec une peine ridiculement petite, n’avez-vous jamais pensé qu’il aurait mérité d’être plus sévèrement puni, voire pire, dans les cas extrêmes ? Une pensée fugace que votre éducation ou votre sens moral vous font très vite taire et regretter… Bonhoure lui ne regrette pas ce genre de pensée, ce qui le pousse à ressentir une forme d’empathie voire de respect pour le tueur. Moi-même, sans l’approuver et en restant horrifiée devant les meurtres commis, j’ai réussi à comprendre le raisonnement du Sculpteur. L’auteur a donc réussi à créer un méchant dont on condamne les actes tout en arrivant, dans une certaine mesure, à les comprendre.

Le roman se révèle donc intéressant dans les questions qu’il soulève notamment sur la notion de morale, de justice et de vengeance. Il présente toutefois pour moi un gros problème pour un thriller : l’absence de suspense ! Quand je lis ce genre de livres, je veux avoir envie de passer une nuit blanche pour connaître le fin mot de l’histoire, je veux que le suspense me tienne en haleine et je veux être surprise par des révélations inattendues. Or, ici, le suspense est, du moins pour moi, quasi inexistant. Il y a bien une tentative avec Damien, un personnage aux visions dérangeantes et troublantes qui finit par se persuader d’être le Sculpteur. Mais dès le début, j’ai tout de suite compris les raisons de ses visions et ne me suis malheureusement pas trompée sur ce point. Même la fin est convenue bien qu’elle ait le mérite de nous faire réfléchir… Certains lecteurs seront d’ailleurs frustrés, voire dérangés, quand d’autres approuveront plus ou moins la décision du policier.

J’apporterai cependant une nuance sur le manque de suspense dans la mesure où je commence à connaître les grosses ficelles des thrillers et qu’un néophyte en la matière pourrait peut-être prendre plus de plaisir à l’enquête que moi. L’auteur a également joué de malchance puisque j’ai lu son roman après un autre très bon thriller et qu’en parallèle de ma lecture, je visionnais une série au suspense omniprésent. Mes attentes en la matière étaient donc plutôt élevées…

Quelques autres petits points m’ont également dérangée comme le surnom donné par le policier à sa dulcinée, poupée russe, qui à force d’être répété m’a donné le sentiment désobligeant qu’il ne parlait pas d’une personne, mais d’un objet. De la même manière, j’ai regretté les descriptions des visages bien trop scolaires à mon goût ; un sourire ou des yeux n’ayant pas forcément besoin de qualificatifs.

J’ai déploré le manque de suspense, un défaut rédhibitoire pour un thriller, mais j’ai apprécié les incursions de l’auteur dans le monde de l’art et dans une pratique qui m’intéresse beaucoup, l’hypnose. Nous sommes dans un roman et non dans un documentaire alors l’auteur m’a semblé prendre quelques raccourcis, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les séances d’hypnose de Damien d’autant qu’elles sont très bien exploitées. Loin de n’être là que pour faire le spectacle, elles apportent un vrai plus à l’intrigue et m’ont parfois donné quelques frissons…

En conclusion, Sublimation n’est pas un livre qui m’a particulièrement plu notamment en raison d’une absence de suspense et de prise de risques. Mais le roman possède des qualités indéniables à commencer par la plume de l’auteur qui se révèle aussi plaisante qu’immersive. Je vous le recommanderai donc si vous êtes néophytes en matière de thriller, si vous aimez vous poser des questions sur des notions comme la justice et la morale ou si votre intérêt pour l’art est suffisant pour vous faire oublier les quelques défauts du roman.

Profil FB de l’auteur – Twitter de l’auteur

Vous pouvez vous procurer le livre ici ou consulter les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus.

L’Eveil, Bastien Pantalé

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J’ai découvert Bastien Pantalé à travers une interview publiée sur l’un de mes blogs favoris : Lectures Familiales.  C’est donc avec plaisir que j’ai accepté la proposition de l’auteur de me faire parvenir l’Éveil, sous format numérique, en échange de mon avis.

Je le remercie de sa confiance.

RÉSUMÉ

Entre petits boulots et découverte d’un monde riche en couleurs, Ethan est un jeune homme sans histoire qui porte un regard très personnel sur ce qui s’offre à ses yeux. Son goût pour l’observation – proche du voyeurisme – va être perturbé par sa rencontre avec une intrigante jeune femme.
Témoin malheureux d’un enlèvement, il va devoir choisir entre sa petite vie tranquille et sa responsabilité vis à vis de la victime. Au fil de l’enquête, Ethan se découvrira des facultés étonnantes et comprendra très vite que son implication est non seulement nécessaire mais douloureusement révélatrice.

  • Editeur : L’Intemporel (18 juillet 2014)
  • Prix : 2,99€
  • Autre format : broché

AVIS

Une lecture en dents de scie

J’ai pris un plaisir inégal durant la lecture de ce roman. La scène d’ouverture du roman m’a beaucoup plu car elle laissait présager une histoire mystérieuse avec pas mal de suspense.

Malheureusement, les pages suivantes ne se sont pas forcément conformées à mes attentes. Pendant le premier cinquième du livre, j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser à l’intrigue. J’ai d’abord trouvé que le mystère auquel je m’attendais n’était pas vraiment là ou du moins, pas sous la forme que j’espérais. Mais ce qui m’a le plus freinée dans la suite de ma lecture, c’est le style de narration auquel je n’ai pas du tout accroché.

J’ai en outre été quelque peu désappointée par les dialogues que j’ai trouvés bien trop romancés pour en être spontanés. C’est peut-être moi qui suis trop sensible aux dialogues car ce n’est pas la première fois qu’un roman me déçoit de ce côté-là. Cela me semble au final plutôt logique ; retranscrire la spontanéité des conversations n’est pas forcément un exercice des plus faciles.

Heureusement, à un peu plus de 20% du livre, j’ai commencé à être embarquée dans l’histoire d’Ethan qui prend un tour, dirons-nous, un peu plus rythmé. J’ai en outre beaucoup aimé le fait que l’auteur soit parti du postulat plutôt connu que l’humain n’utiliserait qu’une infime partie des capacités de son cerveau. Cette idée, plus que controversée, m’a toujours fascinée ! C’est donc avec ravissement que j’ai suivi l’aventure d’Ethan et des autres personnages dont les dons sont bien abordés même si j’aurais aimé que le livre soit un peu plus long afin que nous découvrions encore plus en profondeur l’étendue de leurs capacités…

La romance présente dans le livre ne m’a pas spécialement plu, mais je suis loin d’être objective puisque je n’apprécie pas d’en trouver dans les romans à quelques exceptions près. Je vous rassure, Bastien Pantalé nous a épargné le style Harlequin si on oublie les expressions du style « mon homme » qui m’ont fait dresser les cheveux sur la tête. Par contre, force est de constater que l’auteur a su exploiter la romance afin de la rendre nécessaire à l’intrigue.

De la psychologie des personnages…

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages même si j’ai trouvé leurs histoires respectives très touchantes. Toutefois, j’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteur s’est évertué à approfondir leurs personnalités et plus particulièrement, celle d’Ethan dont on suit parfaitement les cheminements de pensée. Si vous aimez les personnages à la psychologie travaillée, cet aspect du roman devrait certainement vous plaire.

La personnalité du « méchant » est en outre plutôt intéressante dans le sens où elle est tout en nuances. Il commet des atrocités inqualifiables et impardonnables, mais il est presque difficile de ne pas ressentir une certaine compassion quand l’on découvre la raison de ses actes. Cependant, le fait qu’il ne ressente lui-même aucune culpabilité fait vite oublier ce sentiment au profit d’une ferme condamnation et d’un sérieux questionnement sur sa santé mentale.

J’ai toutefois regretté certains stéréotypes comme la policière qui doit faire doublement ses preuves en raison de son sexe. C’est une réalité, et pas que dans la police, mais ça me donne un peu le sentiment d’une certaine facilité. Quant au meilleur ami, ses réactions m’ont quand même paru bien trop faciles et peu réalistes. A moins que ce soit mon côté très cartésien qui me joue des tours…

Le style de l’auteur

Si je n’ai pas tout apprécié dans le livre, j’ai quand même été séduite par la plume de l’auteur et sa fluidité. Les descriptions se lisent avec plaisir d’autant qu’elles apportent un vrai plus au roman.

Les détails scientifiques donnés sur les dons de certaines personnes laissent entrevoir un certain travail de recherche. La manière dont sont expliquées les capacités d’Ethan les rend d’ailleurs plutôt réalistes ou du moins, pas complètement saugrenues. Et pour une grande sceptique comme moi, c’est plutôt un compliment.

J’ai également trouvé que plusieurs thèmes intéressants étaient abordés, même brièvement, comme une certaine critique du modèle économique actuel ou encore du monde littéraire, la question de savoir si la fin justifie les moyens…

En conclusion, l’Éveil est un livre que je conseillerais à toutes les personnes ouvertes d’esprit qui aimeraient découvrir ce que des êtres humains utilisant de manière plus importante leur cerveau pourraient réaliser. Mais au-delà de cet aspect, ce roman devrait plaire à ceux qui aiment les histoires qui, en plus d’introduire un certain mystère et suspense, accordent une large place  aux descriptions et à la psychologie des personnages.

Enfin, si le roman est perfectible, il est à noter qu’il s’agit du premier livre de l’auteur et qu’à cet égard, on ne peut que louer la qualité de son travail. Je me pencherai donc avec plaisir sur ses autres ouvrages.

NOTE : 3,75/5

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Challenge Cold Winter – Challenge Littérature de l’Imaginaire – Challenge de Noël

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