Les Chroniques des Fleurs d’Opale, Tome 1 : La Candeur de la Rose, partie 1, Ielenna

RÉSUMÉ

Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer.
Comment l’enfer m’aurait enchaînée.

Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin.
Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations.

Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances.
Amours, amitiés ou loyautés.

Cette histoire serait tout autre. Mon histoire.
Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir.

Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’opposent à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

  • Auto-édition
  • Prix ebook : 5.99€
  • Autre format : broché

AVIS

J’avais repéré ce roman sur Ulule et avais hésité à participer à son financement. Après la lecture de ce premier tome, je suis plus que ravie de m’en être abstenue. Je ne vais pas tourner autour du pot, que cette lecture fut laborieuse et frustrante, et c’est dommage, car il y avait du potentiel ! Maintes fois, j’ai été tentée d’éteindre ma liseuse et d’abandonner ma lecture. Ce n’est que l’engagement de lire tous les titres de la présélection faite en qualité de membre du jury qui m’a permis de tenir.

Je vais commencer par le gros problème de ce roman pour moi : le style d’écriture. Si vous me suivez régulièrement, vous savez probablement que les belles plumes, les longues phrases et l’occurrence de mots peu usités me ravissent. Mais malheureusement, la juxtaposition de mots rares et l’utilisation de nombreuses métaphores ne m’ont pas convaincue ici, car l’ensemble manque cruellement de fluidité et de spontanéité. Et je ne parle pas des mots parfois employés à mauvais escient… L’auteure a, en outre, voulu faire parler son héroïne comme une érudite, mais on tombe dans l’excès avec cette impression que tout est exagéré et surjoué, ce qui rend l’histoire pesante et, pour ma part, peu agréable à lire. C’est dommage, car on peut proposer aux lecteurs un style étudié et riche tout en veillant à rendre les propos fluides et plaisants…

J’aime les belles plumes, mais j’aime surtout les auteurs qui se montrent naturels dans leurs écrits et qui ne semblent pas chercher à coller à des schémas ou à un style de littérature…. Or ici, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir le sentiment de lire un exercice de style qui s’étend sur des centaines de pages. La lourdeur des phrases, en plus de plomber la narration, se fait ressentir jusque dans les dialogues qui en deviennent irritants, l’héroïne se prenant pour une dramaturge. Je sais que la jeune fille a été élevée dans un monastère, mais elle a quand même vécu onze ans dans sa famille et puis, le moine qui s’est occupé d’elle et qui est vraisemblablement encore plus érudit qu’elle ne parle pas comme elle le fait. En bref, rien n’explique pour moi la manière de parler de Diphtil si ce n’est éventuellement une manière de souligner sa suffisance et son plaisir à s’écouter…

Malgré ces points qui m’ont donné du fil à retordre, je dois dire que j’ai commencé à accrocher à l’intrigue dans les 150 dernières pages où j’ai eu le sentiment que la narration et les dialogues gagnaient en spontanéité et en fluidité. L’autrice a ainsi réussi à éveiller mon intérêt grâce à des rebondissements et à une certaine tension. Cela n’a pas rattrapé les débuts laborieux, mais ça m’a quand même permis de finir l’histoire sur une note bien moins négative. Je dois même avouer que l’auteure a su très agréablement me surprendre lors des derniers chapitres notamment avec un événement traumatisant vécu par l’un des personnages et auquel je ne m’attendais pas. J’avais bien senti poindre le danger, mais je n’aurais jamais pensé que l’autrice oserait s’aventurer aussi loin dans l’horreur.

Même chose pour un départ inattendu que j’espère non-définitif… Oui, car si j’ai levé les yeux au ciel une bonne partie de ma lecture, j’ai fini par m’attacher à certains personnages, ou du moins, à leur souhaiter un minimum de bonheur. La fin, à cet égard, pose un certain nombre de questions qui ont attisé ma curiosité. Je ne pense pas lire la suite, sauf si quelqu’un m’assure que le style d’écriture a gagné en fluidité, mais si vous avez cédé aux sirènes de la deuxième partie de ce premier tome, je serais curieuse d’en connaître les grandes lignes (enfin, en message privé histoire de ne pas spoiler les autres lecteurs).

Au-delà de la dernière partie où réside, pour moi, le principal intérêt de cette lecture, j’ai également beaucoup apprécié la mythologie mise en place par l’autrice avec, entre autres, une prophétie qui changera pour le meilleur, et surtout pour le pire, le destin de notre héroïne. J’ai aimé découvrir les différents dieux, mais c’est surtout le formidable bestiaire qu’elle nous propose qui a su me conquérir. Moi qui adore les créatures en tout genre, j’ai été plus que comblée et j’aurais adoré que le roman soit parsemé de quelques illustrations afin de les mettre en valeur. Quoi qu’il en soit, on sent que l’univers est riche et très bien pensé et qu’aucun détail n’est laissé de côté. D’ailleurs, je ne doute pas du travail de fourmi réalisé par l’autrice pour rendre le tout cohérent et immersif.

Il y a aussi quelques moments de vie et de convivialité, des conversations entre amis ou entre amoureux qui ont apporté cette spontanéité qui a tant fait défaut à la narration et à certains dialogues. À travers les échanges, parfois amicaux parfois plus frontaux, on apprend à mieux connaître les personnages, leurs forces et leurs faiblesses. Si l’héroïne m’a agacée une grande partie du roman, j’ai beaucoup apprécié Yasalyn au point de regretter que le livre ne lui soit pas consacré. Ce personnage n’est pas exempt de défauts (une personnalité peu crédible au regard de son âge, une coquille qui se brise dès les premiers émois amoureux…), mais il présente cette complexité prompte à stimuler l’imagination et l’intérêt des lecteurs. Dès le début, cette jeune femme dégage une aura de danger et de mystère qui la rend intéressante surtout si on la compare à l’exaspérante et naïve Diphtil. Ses dialogues intérieurs empreints d’une grande violence, son refus de s’attacher, son insolence cachant une certaine fragilité, sont tout autant d’éléments qui donnent envie de briser sa carapace pour découvrir ses plus sombres secrets. Et puis, avec deux révélations la concernant dont l’une se révèle particulièrement fracassante, on peut dire que l’auteure a su soigner son personnage ! Je ne peux pas en dire plus, mais la situation finale dans laquelle elle se trouve m’a semblé cruelle et tellement injuste…

Amateurs de romance, vous allez être ravis puisque les relations amoureuses sont une part importante du livre. Si c’est quelque chose qui, en général, m’exaspère, ici cela ne m’a pas gênée. Il faut dire que le style de narration m’avait tellement agacée et blasée que même des licornes dansant un moonwalk ne m’auraient pas dérangée outre mesure. Et puis, je vais même avouer avoir trouvé l’une des deux romances particulièrement touchante. Les deux amoureux ont vécu des choses difficiles, et c’est, d’une certaine manière, dans les bras l’un de l’autre qu’ils vont apprendre à accepter leurs émotions et leurs failles. En nous évitant des passages un peu trop fleur bleue, j’ai trouvé que l’autrice nous offrait une romance un peu plus mature que ce qu’on peut trouver dans certains livres. Je reconnais néanmoins que l’autre couple du livre est d’une mièvrerie sans nom.

À noter que sont proposés deux bonus en fin d’ouvrage : une scène du livre vue du point de vue d’un autre personnage et une histoire assez émouvante que je vous laisserai le plaisir de découvrir.

En conclusion, ce premier tome, malgré une sublime couverture et de bonnes idées, n’est pas un roman qui a su me convaincre. La faute à un style d’écriture qui, par l’abus de figures stylistiques et d’un vocabulaire parfois pompeux sans raison, rend la lecture quelque peu laborieuse. Si, pour vous, la fluidité de la plume est un critère primordial dans le choix d’une lecture, je pense que vous pouvez passer votre chemin… Par contre, si vous êtes en quête d’une histoire à l’univers extrêmement riche et détaillé, je vous invite à vous laisser tenter. Mais avant, je vous conseillerais peut-être de feuilleter un extrait du roman… N’hésitez pas non plus à aller lire d’autres avis que le mien, car vous rencontrerez sur le net de nombreuses personnes ayant apprécié la plume de l’autrice. N’oublions pas que comme tout avis, le mien est subjectif et que ce n’est pas parce que ce livre m’a déplu qu’il ne vous fera pas vivre mille émotions.

Pour plus d’avis, n’hésitez pas à lire les avis des autres chroniqueurs du prix…

 

Sublimation, Bastien Pantalé

J’ai lu ce roman dans la cadre du Prix des auteurs inconnus, le livre concourant dans la catégorie Imaginaire.

Prix des auteurs o

RÉSUMÉ

Bordeaux, place de la Bourse, une oeuvre d’art intrigue les passants. Le meurtre atroce qu’elle dissimule annonce une psychose sans précédent.
Dans son atelier parisien, Damian Leisenberg subit les assauts de visions persistantes, des scènes macabres laissant présager le pire.
Le controversé Capitaine Bonhoure se lance sur la piste d’un tueur en série pour le moins créatif, mais face à la complexité de l’enquête, ses dons de criminologue ne seront rien sans les avis éclairés du Lieutenant Torrès.
Du port de la lune à Paris, le duo d’enquêteurs, impuissant, assiste au décompte des victimes.

Dans la lignée de Seven. Un thriller psychologique qui changera à jamais votre regard sur l’Art.

  • Broché: 326 pages
  • Éditeur : L’Intemporel (3 décembre 2016)
  • Prix : 0.99€ (livre disponible dans l’offre Emprunt abonnement Kindle)
  • Autre format : broché

AVIS

Sublimation n’a pas vraiment réussi à me convaincre même si je lui reconnais volontiers un certain nombre de qualités, l’auteur vous proposant une histoire très bien écrite avec des passages descriptifs très immersifs, et des scènes assez gores pour susciter un certain effroi chez les lecteurs et apporter une tension psychologique fort intéressante.

Alors que je ne suis pas une grande adepte des scènes où le sang coule à flots, la précision presque chirurgicale des passages où le Sculpteur pratique son « art » a ce quelque chose de cinématographique qui m’a bien plu. Car le Sculpteur, surnom donné à un tueur en série, a une vision très particulière de l’art. Avec lui, l’esthétisme se pare d’une dimension horrifique à laquelle il est bien difficile de rester insensible. Il a ainsi pris l’étrange habitude de recouvrir le corps de ses victimes de plâtre, faisant de leurs corps statufiés une œuvre d’art à part entière. Sur ce point, je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré l’idée complètement tordue et originale de l’auteur…

Pour autant, il serait faux de considérer ce tueur en série comme un simple psychopathe : derrière sa démarche que nous qualifierons de morbidement originale, il y a une vraie philosophie, une philosophie du beau et du juste. Cet homme ne tue pas ses victimes au hasard, chacune d’entre elles ayant des choses sur la conscience, et il ne se contente pas de se faire le bras armé d’une justice parfois défaillante. Il venge, mais il transforme également le laid en quelque chose de beau, comme si l’art venait au secours des vices de cette humanité parfois si sombre. Cette rencontre de l’art et du sang, de la laideur transformée en beauté est un point que j’ai beaucoup apprécié d’autant qu’ayant peu de connaissances en matière artistique, j’ai trouvé très intéressantes les différentes informations distillées tout au long du roman par l’auteur.

Mais ne vous inquiétez pas, si l’art n’est pas votre tasse de thé, l’histoire ne se limite pas à sa dimension artistique puisque nous sommes bien ici dans un thriller avec une enquête menée par un duo de policiers, un homme assez impulsif, le capitaine Bonhoure, et une jeune femme, le lieutenant Torrès, spécialisée dans l’art. Moi qui aime m’attacher aux personnages, je n’ai rien ressenti devant ce duo qui n’est pas particulièrement original. Le capitaine a néanmoins pour moi un intérêt dans la mesure où malgré son métier, il semble avoir une moralité à géométrie variable. Devant les faits divers où un tueur ou un violeur s’en sort avec une peine ridiculement petite, n’avez-vous jamais pensé qu’il aurait mérité d’être plus sévèrement puni, voire pire, dans les cas extrêmes ? Une pensée fugace que votre éducation ou votre sens moral vous font très vite taire et regretter… Bonhoure lui ne regrette pas ce genre de pensée, ce qui le pousse à ressentir une forme d’empathie voire de respect pour le tueur. Moi-même, sans l’approuver et en restant horrifiée devant les meurtres commis, j’ai réussi à comprendre le raisonnement du Sculpteur. L’auteur a donc réussi à créer un méchant dont on condamne les actes tout en arrivant, dans une certaine mesure, à les comprendre.

Le roman se révèle donc intéressant dans les questions qu’il soulève notamment sur la notion de morale, de justice et de vengeance. Il présente toutefois pour moi un gros problème pour un thriller : l’absence de suspense ! Quand je lis ce genre de livres, je veux avoir envie de passer une nuit blanche pour connaître le fin mot de l’histoire, je veux que le suspense me tienne en haleine et je veux être surprise par des révélations inattendues. Or, ici, le suspense est, du moins pour moi, quasi inexistant. Il y a bien une tentative avec Damien, un personnage aux visions dérangeantes et troublantes qui finit par se persuader d’être le Sculpteur. Mais dès le début, j’ai tout de suite compris les raisons de ses visions et ne me suis malheureusement pas trompée sur ce point. Même la fin est convenue bien qu’elle ait le mérite de nous faire réfléchir… Certains lecteurs seront d’ailleurs frustrés, voire dérangés, quand d’autres approuveront plus ou moins la décision du policier.

J’apporterai cependant une nuance sur le manque de suspense dans la mesure où je commence à connaître les grosses ficelles des thrillers et qu’un néophyte en la matière pourrait peut-être prendre plus de plaisir à l’enquête que moi. L’auteur a également joué de malchance puisque j’ai lu son roman après un autre très bon thriller et qu’en parallèle de ma lecture, je visionnais une série au suspense omniprésent. Mes attentes en la matière étaient donc plutôt élevées…

Quelques autres petits points m’ont également dérangée comme le surnom donné par le policier à sa dulcinée, poupée russe, qui à force d’être répété m’a donné le sentiment désobligeant qu’il ne parlait pas d’une personne, mais d’un objet. De la même manière, j’ai regretté les descriptions des visages bien trop scolaires à mon goût ; un sourire ou des yeux n’ayant pas forcément besoin de qualificatifs.

J’ai déploré le manque de suspense, un défaut rédhibitoire pour un thriller, mais j’ai apprécié les incursions de l’auteur dans le monde de l’art et dans une pratique qui m’intéresse beaucoup, l’hypnose. Nous sommes dans un roman et non dans un documentaire alors l’auteur m’a semblé prendre quelques raccourcis, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les séances d’hypnose de Damien d’autant qu’elles sont très bien exploitées. Loin de n’être là que pour faire le spectacle, elles apportent un vrai plus à l’intrigue et m’ont parfois donné quelques frissons…

En conclusion, Sublimation n’est pas un livre qui m’a particulièrement plu notamment en raison d’une absence de suspense et de prise de risques. Mais le roman possède des qualités indéniables à commencer par la plume de l’auteur qui se révèle aussi plaisante qu’immersive. Je vous le recommanderai donc si vous êtes néophytes en matière de thriller, si vous aimez vous poser des questions sur des notions comme la justice et la morale ou si votre intérêt pour l’art est suffisant pour vous faire oublier les quelques défauts du roman.

Profil FB de l’auteur – Twitter de l’auteur

Vous pouvez vous procurer le livre ici ou consulter les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus.

Le Malleus : Les sorcières de Sarry, Marie-Laure KÖNIG

Aucun texte alternatif disponible.

Je remercie Marie-Laure KÖNIG pour m’avoir permis de découvrir son roman, Le Malleus : Les sorcières de Sarry.

PRÉSENTATION AUTEURE

Découvrez l’histoire d’Alayone, une petite fille qui grandira à l’ombre du Malleus et qui apprendra son existence bien plus tard à ses dépens. Son tuteur, l’évêque de Châlons, lui enseignera la théologie. Elle sera également instruite sur d’autres sciences qui sont condamnées par l’Église comme l’astronomie, l’étude des pierres à venin ou l’agronomie que lui transmettra une guérisseuse. Elle découvrira les effets dévastateurs des amours interdits, mais aussi Paris, ville emplie de magnificence, de pestilence et d’étudiants…

Bienvenue en cette fin de XVe siècle où religion et politique sont intimement liées, à une époque où les caprices de la nature étaient indéniablement l’œuvre du malin et de ses servantes, où l’incrédulité du peuple fut le meilleur instrument des ambitions des puissants.

Le Malleus Maleficarum, plus connu sous le nom de « Marteau des sorcières » est un bréviaire écrit par un moine inquisiteur haineux à la fin du moyen-âge. Ce livre abject fut à l’origine de plus de 60 000 condamnations pour hérésie sur plus de deux siècles, essentiellement des femmes.

Histoire romancée se passe dans un contexte historique authentique.

  • Broché: 308 pages
  • Editeur : Independently published (28 novembre 2017)
  • Prix : 14.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Adorant les chats et les sorcières, je ne pouvais que craquer devant la couverture et le résumé de ce roman même si l’auteure a pris soin de m’expliquer qu’ici, nous n’étions pas dans une histoire de fantasy, mais dans une histoire romancée se déroulant dans un contexte historique riche et plutôt intense.

En cette fin du XVe siècle, être une femme est loin d’être une sinécure a fortiori quand plane au-dessus de la gent féminine l’ombre malfaisante et dangereuse du Marteau des Sorcières ou Malleus Maleficarum. Un texte sur lequel vont se baser des religieux fanatiques pour traquer les « sorcières » ou plus prosaïquement, de simples femmes accusées injustement de sorcellerie….

Ces premières lignes devraient déjà vous faire froncer les sourcils et vous laisser entrevoir ce sentiment d’injustice qui accompagnera votre lecture. Qu’il ne fait pas bon de naître femme à cette époque où les femmes suscitent crainte et mépris. Fort heureusement, Alayone, pris en charge après la mort de sa mère par Geoffroy Soreau de Saint Géran, évêque de Châlons, n’aura pas à affronter trop tôt cette horrible chasse aux sorcières. Couvée par celui-ci puis plus tard par le chanoine Richard, elle aura tout le loisir de s’adonner à sa passion pour les livres et satisfaire sa soif de connaissances. Mais la vie et ses aléas finiront par la rattraper et lui faire vivre d’aussi agréables que douloureuses expériences…

Autant le dire tout de suite, j’ai été complètement captivée par ma lecture. Je savais que le récit allait me plaire, mais je n’avais pas anticipé à quel point je me prendrais d’affection pour Alayone. J’ai adoré cette jeune fille à la maturité exceptionnelle, à l’intelligence rare et au caractère affirmé qui la rend d’ailleurs parfois un peu farouche. Ce n’est pas le genre de protagoniste qui reste prostré dans son coin même s’il lui arrive de se cloîtrer dans sa chambre avant de mieux revenir sur le devant de la scène. Une force de caractère doublée d’une nature joyeuse qui la feront apprécier de beaucoup à commencer par les lecteurs qui ne pourront qu’avoir envie de la voir heureuse. C’est ainsi que l’on pleure avec elle la disparition d’êtres chers et que l’on tremble devant les dangers qui ne manqueront pas de croiser sa route. On comprend donc aisément l’attachement que l’évêque de Châlons et le chanoine Richard ont développé pour cette enfant qu’ils verront grandir et s’affirmer.

Alayone a de bonnes relations avec son père, mais elle a aussi la chance d’avoir trouvé en ces deux hommes, deux figures paternelles aimantes. J’ai adoré la relation unissant la jeune fille avec ces hommes de foi qui font tout pour la protéger même s’ils s’y prennent parfois mal et ne comprennent pas toujours son cœur et ses velléités de liberté… Ces deux personnages se révèlent également très intéressants dans la mesure où ils apportent de l’espoir et permettent d’adoucir l’image que l’on pourrait avoir de cette église qui accepte la mort cruelle de personnes innocentes. Les exactions commises au nom de la foi comme nous pouvons en trouver dans ce roman me révulsent, mais j’ai aimé la délicatesse avec laquelle l’auteure montre que si certains ecclésiastiques se transforment en fanatiques corrompus par la haine, il existe également des hommes bons qui cherchent à apporter de la lumière à leur prochain. Nous ne sommes donc pas dans une histoire manichéenne avec des bons et des méchants, mais dans un récit qui montre qu’il peut y avoir du bon même dans une organisation frelatée par des hommes cruels. J’ai ainsi admiré la force de caractère de l’évêque et du chanoine Richard qui vont faire de leur mieux pour assurer leur fonction dans le cadre de la vraie foi, celle qui prône l’amour du prochain et non la mort de pauvres innocentes. Une force de caractère et une bonté d’âme qui forcent le respect et la sympathie des lecteurs !

La vie d’Alayone va être marquée par l’étude de différents domaines, des rencontres amicales qui vont parfois lui causer de terribles tourments, l’amitié ne résistant pas à la barbarie la plus abjecte, et elle va aussi rencontrer l’amour, l’enfant devenant adolescente puis jeune femme. Alors si comme moi, l’idée d’une romance vous déclenche une crise d’urticaire, soyez rassurés. La romance est ici très bien amenée et ne tombe pas dans la niaiserie. Je dois même dire que j’ai beaucoup aimé la scène dans laquelle la jeune fille et son prétendant, Tristan, se rencontrent. L’approche a le mérite de l’originalité et de mettre en valeur le caractère affirmé d’Alayone. Cette romance, qui n’intervient qu’à la moitié du livre, ne prend pas le pas sur l’intrigue, mais elle marque un changement dans la vie de la jeune fille qui découvre avec Tristan, Paris et ses merveilles tout en évitant Paris et ses bas-fonds... À noter que contrairement à ce que l’on aurait pu croire, c’est bien l’innocente, mais bouillonnante Alayone, qui se montre la plus entreprenante dans son couple. Un schéma qui se veut donc assez inhabituel et qui confirme mon affection pour Alayone, une jeune femme qui refuse d’être enfermée dans des règles qui ne lui conviennent pas, à commencer par ces règles de bienséance prônées par son soupirant.

Amitié, amour, mais aussi peine, horreur, haine et rancœur viendront frapper la jeune fille de plein fouet. C’est ainsi qu’elle verra des personnes chères à son cœur périr de la plus cruelle des manières. L’auteure évoque, à travers ces morts, le sort réservé à ces femmes accusées injustement de sorcellerie. Torturées et brûlées, elles ont été sacrifiées sur l’autel de la haine, de la barbarie, du fanatisme, de la folie, mais aussi sur celui de la peur. Cette peur qui va pousser des personnes lambdas à accepter la mort d’individus qu’elles connaissent dans l’espoir d’éloigner le mauvais œil de leur vie et d’avoir des jours meilleurs. Quand l’ignorance et le fanatisme s’imbriquent et se décuplent, le diable prend finalement bien forme humaine… Mais je rassure les âmes sensibles : à part deux ou trois scènes difficiles, l’auteure ne tombe jamais dans le sensationnalisme ce qui rend son récit très supportable.

Au-delà des sujets abordés ( amour, amitié, religion, fanatisme, condition de la femme…) et de la galerie de personnages, ce qui fait la force de ce roman est son style de narration atypique et plutôt efficace. L’auteure a ainsi fait le choix original de nous narrer son histoire à travers différentes formes : restitutions des prières d’Alayone, lettres (certainement ma forme préférée), extraits du Malleus Maleficarum, extraits de journal intime, pensées et observations d’un narrateur très particulier… Cette multiplicité des supports et des points de vue apporte un dynamisme certain au récit que l’on dévore sans pouvoir s’arrêter, impatients de découvrir le destin de ces personnages auxquels on finit par s’attacher. Et à cet égard, j’ai apprécié le petit twist final même si j’ai été quelque peu frustrée par l’incertitude qui plane autour de l’un des personnages…

Quant à la plume de l’auteure, elle se révèle étonnamment fluide si l’on considère qu’elle n’hésite pas à faire usage d’anciens termes nous permettant ainsi de nous immerger complètement dans le contexte historique de l’histoire. C’est un point que j’ai beaucoup aimé d’autant qu’elle arrive à le faire de manière très naturelle. Même les dialogues semblent couler de source alors que les tournures de phrase sont parfois inhabituelles pour un lecteur de notre époque. Je salue donc la capacité de l’auteure à rendre son récit très accessible tout en nous donnant l’impression de nous balader dans les rues de cette société du XVe siècle. Il faut dire que l’on sent un vrai travail de recherche et que les notes de bas de page apportent un vrai plus pour nous approprier cette période de notre histoire.

En conclusion, à travers la vie d’une enfant que l’on apprendra à connaître et voir grandir, l’auteure aborde le sujet difficile du fanatisme religieux et de ses néfastes conséquences pour des femmes dont le seul véritable tort fut de ne pas naître homme. Si l’odeur pestilentielle de l’injustice et de la barbarie plane au-dessus de ce récit, Les sorcières de Sarry, c’est également l’histoire d’une enfant qui deviendra une jeune femme accomplie refusant de courber l’échine, et qui dans toute cette folie, trouvera une famille de cœur, des ami(e)s et l’amour. Un récit de vie prenant que je recommande à tous les lecteurs notamment ceux intéressés par la question de la chasse aux sorcières…

Site consacré au roman – Page FB de l’auteure

Envie de découvrir le roman ? Retrouvez-le sur le site de l’autrice (dédicace possible) !

 

Top Ten Tuesday #89 : les 10 livres empruntés dans le cadre de mon abonnement Amazon Prime

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Dans le cadre de mon abonnement Amazon Prime, j’ai découvert la fonction Prime Reading qui permet d’emprunter jusqu’à 10 ebooks en même temps. Voici donc ceux que j’ai décidé d’emprunter avec l’espoir d’en lire quelques-uns avant la fin de mon abonnement qui devrait arriver dans les prochaines semaines.

A noter que le catalogue de prêt est encore peu fourni, mais que vous trouverez quelques titres connus (Harry Potter entre autres) et des romans d’auteurs auto-édités comme Sonia Dagotor dont j’ai déjà le roman proposé, Un anniversaire au poil, dans ma PAL physique.

Les Rectifiants: Vesper par [Bérard, Cindy Maâlaoui]Araknea - Livre 1 par [Kaczmarek, Jean]

Le Carnaval du Démon (Bayou Fantasy t. 1) par [Mahon, C. C.]Kinaël, l'enfant de Korm par [Kaori, Julie]

Sabliers (Anthropos t. 1) par [Rousseau, Carine V.]La Tour par [Duquenne, Cécile]

La nuit des vampires (Tome 1) (Kiera Hudson - Série 1) par [O'Rourke, Tim]Féériana (Le Trône d'Alicania t. 1) par [ESTIVAL, Laurence]

Captain Marvel Vol. 1: Higher, Further, Faster, More par [DeConnick, Kelly]Noosphère par [Pleynet, Audrey]

Et vous, connaissez-vous certains de ces titres ? Lequel me conseillez-vous de lire en priorité ?

 

Fabuleux nectar, Vincent Portugal

J’ai découvert ce roman dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie imaginaire.

Prix des auteurs o

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics. L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites.
Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège.
La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Vincent Portugal;
  • Prix : 2.99€ (compatible abonnement Kindle Amazon)
  • Autre format : broché (9.90€)

AVIS

Si vous me lisez régulièrement, vous devez vous douter que mon intérêt pour ce livre a été éveillé dès la découverte de sa couverture que je trouve plutôt attractive. En plus du côté esthétique, j’ai été intriguée par la présence de sirènes, une créature que j’affectionne beaucoup bien qu’elle soit finalement assez peu représentée dans la littérature…

Dans ce roman, les sirènes sont présentes en filigrane puisque leur mythe est mis en avant par la princesse Séléna des îles Liberté qui, avec deux autres compagnons, a été capturée par le roi Alexander. Cette princesse, à la forte personnalité, s’est donnée comme mission de gagner l’indépendance de ses chères îles que le roi asphyxie par la levée d’impôts injustes et de plus en plus importants. Et pour ce faire, quoi de mieux que de lui faire miroiter l’existence de multiples richesses héritées d’antiques descendants ayant quitté la terre ferme pour les profondeurs de l’océan ? En offrant à ce roi la promesse d’un partage de ces trésors et des revenus des îles Liberté, la princesse espère ainsi faire cesser une guerre coûteuse en vies pour les siens et en argent pour le roi. Un accord qui devrait se révéler gagnant-gagnant pour chacun à moins que la princesse et ses acolytes ne gardent encore quelques secrets comme la provenance de ce mystérieux nectar qui affole les sens du roi et l’imagination de la cour…

Ce roman m’a assez surprise, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je n’avais pas anticipé la tournure prise par l’histoire. Je m’attendais à un récit empreint de magie, j’ai trouvé un récit empreint de magie, de poésie, mais surtout de politique, de manigances en tout genre et de faux-semblants. Alors je vous rassure, l’auteur ne nous présente pas un débat politique rébarbatif, mais plutôt une histoire où les enjeux politiques et économiques sont au cœur de tout. Ils se révèlent d’ailleurs, bien que pour des raisons différentes, d’une importance capitale pour Séléna et son peuple, et pour le roi et l’affirmation de son autorité.

Au milieu de tout ça, nous avons l’alchimiste du roi, Misha, qui est accompagné d’un Djinn que j’ai beaucoup apprécié. Jouant un peu le rôle de Jiminy Cricket pour l’alchimiste, le Djinn tentera de le guider et de le soutenir sans se départir d’un certain humour qui rend le personnage plutôt attachant. Les échanges entre l’humain et son compagnon surnaturel sont donc plaisants à suivre bien que j’aurais adoré que le Djinn soit encore plus présent… Quoi qu’il en soit, le Djinn sait faire preuve de dérision tout en sachant également soutenir inconditionnellement son ami même dans les situations qui, à première vue, semblent mal engagées…

Et de ce soutien, Misha en aura fort besoin puisque bien qu’intelligent et très doué quand il est question de magie, il semble dépassé quand il s’agit de politique… Il sera néanmoins le premier et le seul à douter de l’existence des sirènes tellement vantée par Séléna. Et il sera encore le seul à deviner que la princesse est bien plus dangereuse que ce qu’elle aimerait faire croire… Troublé par l’influence grandissante de la captive sur son roi, il lui sera toutefois difficile de faire entendre sa voix face à un souverain bourru et assez impulsif d’autant que le caractère un peu mou de Misha ne l’aide pas vraiment à s’imposer. C’est un petit génie de la magie, mais c’est aussi une personne timorée qui, face à ses privilèges nouvellement acquis, n’est pas prompte à défendre ses opinions pacifiques. Contre la guerre et le détournement de ses inventions pour exterminer le peuple des îles Libertés, il préféra donc fermer les yeux plutôt que de monter au créneau et refuser de continuer à servir le roi.

Je dois avouer que ce personnage m’a parfois un peu agacée ne supportant pas les gens qui ont des prétendus idéaux, mais qui les bafouent allègrement dès que leur petit confort entre en jeu. Et c’est exactement ce que fait Misha jusqu’à sa rencontre avec la princesse et son garde du corps. Il va très vite être confronté au mépris de ces deux individus pour un homme qui a mis son savoir magique au service de la destruction plutôt que de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Heureusement, petit à petit, Misha va évoluer et s’interroger sur ses actions jusqu’à avoir une certaine prise de conscience qui ne lui permet plus de se dédouaner de sa part de responsabilité dans le massacre d’innocents…

J’ai donc apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son protagoniste comme j’ai aimé qu’il mette sur sa route, une femme forte et auréolée d’un certain mystère. Farouche, intelligente tout en étant prête à des actes de bravoure frôlant la folie pour protéger les siens, envoûtante, habile conteuse et négociatrice, les deux allant souvent de pair, Séléna est définitivement une femme qui possède un charisme fou. On l’imagine sans peine galvaniser les foules ! D’ailleurs, le roi lui-même semble ensorcelé par cette beauté… Découvrir cette femme fut un réel plaisir même si j’aurais aimé en apprendre plus sur cette princesse déterminée à sauver son peuple. Mais ça, c’est la faute de l’auteur qui a su donner vie à un personnage tellement intéressant que l’on aurait envie de lire des pages et des pages sur ses aventures et ses pensées. J’ai ainsi adoré m’interroger sur ses motivations, essayer de deviner ses intentions, tenter de cerner le vrai du faux de ses récits fabuleux sur les sirènes… En d’autres mots, comme le roi, je me suis laissée envoûter par cette femme qui a tout pour devenir une souveraine respectée et redoutable. Il vaut mieux donc l’avoir de son côté, ce que va découvrir de manière assez brutale notre alchimiste.

Au-delà des personnages, l’univers imaginé par l’auteur est un pur délice à découvrir d’autant que d’une plume élégante et poétique, il nous immerge dans son récit où la magie et la poésie sont intrinsèquement liées. Dans ce roman, il ne vous faudra pas, en effet, savoir manier la baguette pour lancer des sortilèges. Il vous faudra plutôt apprendre à manier avec délicatesse les mots et les rimes. Et attention aux plus distraits des alchimistes, la poésie pouvant se révéler mortelle quand elle n’est pas déclamée de manière rigoureuse et réfléchie. Lier magie et poésie est certainement l’idée qui m’a le plus séduite dans cette histoire puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait, par ce biais, le côté presque enchanteur de la poésie. J’ai, dans tous les cas, fortement apprécié la place donnée à la poésie, un art que notre alchimiste maîtrise à merveille. J’aurais d’ailleurs adoré trouver, en fin d’ouvrage, certains de ses poèmes-sortilèges. Si vous êtes dans mon cas, vous apprécierez néanmoins la présence de poèmes, extraits de traités d’alchimie, en début de chapitre… Un petit plus qui contribue au charme qui se dégage de cet univers aussi dangereux que poétique :

« Des arômes boisés, souvenirs d’une épave,
Caressent le palais dont je me sais l’esclave.
Chêne, pin, acajou ? Qu’importe la résine !
Les trésors se goûtent ; la route se devine. »

« Pilleurs d’épaves »
L’Alchimie du Goût – Poèmes gustatifs et applications, Vol. I

En conclusion, en nous offrant une plongée dans un univers imaginaire teinté de poésie et de magie, l’auteur arrive à concilier les amateurs d’histoires fantastiques et les amateurs de jolis textes. Quant aux lecteurs avides de rencontrer des personnages qui leur réservent quelques surprises, Fabuleux nectar devrait les séduire.

A noter une interview de l’auteur sur le site du Prix des auteurs inconnus, une manière intéressante d’en apprendre plus sur l’auteur et son univers. Découvrez également, sur le site, les chroniques des autres membres du jury

Photo de la page FB de l’auteur

Site de l’auteurPage FB de l’auteur

Et vous, envie de feuilleter ou de craquer pour Fabuleux Nectar ?

 

 

Le Siècle Phénix : L’Odyssée des Sœurs Fantômes, Thomas Henninot

Le Siècle Phénix, tome 1 : L'Odyssée des Soeurs Fantômes par Henninot

Je remercie Thomas Henninot de m’avoir permis de découvrir L’Odyssée des sœurs fantômes, premier tome de la trilogie Le Siècle Phénix.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

En 2172, l’humanité se relève péniblement des cendres de la Grande Terreur, une crise mondiale survenue plusieurs décennies auparavant. À l’origine de ce bouleversement planétaire, une terrible maladie apparue à la fin du siècle précédent, « la Faucheuse ». Ce virus a provoqué des centaines de millions de morts avant d’être endigué, créant ainsi les conditions d’un déséquilibre mondial. La Faucheuse continue ses ravages en France, malgré les efforts de la famille Dernot, qui a découvert le vaccin et bâti sa fortune grâce à son combat acharné contre le fléau.

Juliette Dernot, héritière de la multinationale familiale, est une jeune prodige, promise à un brillant avenir. Ambassadrice des campagnes de vaccinations et icône de la Fondation Asclépios, elle est épaulée par Jessica, sa meilleure amie, et par Alex, son compagnon.
Mais un terrible accident de train vient bouleverser le destin prometteur de ces trois jeunes. Très vite, la violente explosion à l’origine du déraillement prouve qu’il s’agit d’un attentat dont Juliette est la cible. Qui sont les responsables ? Parviendra-t-elle à leur échapper ?

Le capitaine Verrier est dépêché sur les lieux du sinistre. Après avoir recueilli le témoignage de Jessica, blessée lors de l’attaque, il sonne l’alarme et engage les recherches pour retrouver Juliette, qui est parvenue à s’enfuir avec Alex. La course contre la montre est engagée. L’esprit affûté de Juliette et la compétence du capitaine seront-ils des atouts suffisants pour défaire leur formidable ennemi ?

Entre thriller et science-fiction, découvrez un récit haletant !

  • Broché: 475 pages
  • Editeur : Librinova (6 décembre 2017)
  • Prix : 18.90€
  • Autre format : ebook (disponible Amazon Kindle)

AVIS

L’histoire…

C’est d’abord la couverture et tout le mystère qu’elle dégage qui ont attiré mon attention.  Une fois le livre terminé, je dois d’ailleurs dire que j’ai aimé la manière dont l’auteur a su mettre en avant la relation entre deux de ses protagonistes grâce au loup et à la jeune femme présents sur la couverture. Néanmoins, reprenant les codes traditionnels de la fantasy, cette dernière pourrait induire en erreur le lecteur puisque ici, point de fantasy, mais bien un thriller teinté de science-fiction.

Thomas Henninot prend le temps de poser les bases de son histoire qui se déroule en 2172 dans un monde post-apocalyptique marqué par l’épisode de la Grande Terreur. Résultant d’une maladie, La Faucheuse, qui a fait des millions de morts, cette crise mondiale a profondément changé le paysage politique et économique français. Nous nous retrouvons donc dans une France où l’État est contraint de s’appuyer sur des personnes peu recommandables dans certaines zones du territoire, et un pays où les forces de l’ordre ont développé une éthique à géométrie variable. Quant à la population, en plus de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, elle est soumise à des règles d’hygiène strictes…

N’ayant pas une grande appétence pour la science-fiction, j’ai apprécié que cet aspect ne soit pas au centre de l’intrigue même si j’aurais peut-être aimé que l’auteur partage avec nous une ou deux grosses avancées technologiques. Quoi qu’il en soit, les personnes qui n’aiment pas la science-fiction ou qui craignent de se perdre dans un jargon incompréhensible seront donc rassurées sur ce point. L’auteur a, en outre, veillé à rendre son  univers très accessible. Notons, en effet, un véritable effort pour ne pas assommer les lecteurs avec une avalanche de détails. C’est donc petit à petit que nous découvrons l’épisode de la Grande Terreur et comment il a profondément et durablement impacté l’humanité.

Un nombre important de personnages pour une narration dynamique…

Si le contexte dans lequel se déroule le roman est introduit progressivement, le nombre important de personnages pourra déstabiliser, du moins en début de lecture, certains lecteurs. J’ai, pour ma part, pris assez rapidement mes marques et ai apprécié de suivre alternativement chaque protagoniste d’autant qu’ils ont tous, à une exception près, une personnalité plutôt marquante. Cette multiplication des personnages apporte un dynamisme et un suspense certains au récit puisque l’on souhaite ardemment découvrir comment leurs routes vont finir par se croiser et s’entrecroiser…

Évidemment, comme dans la vraie vie, j’ai eu plus d’affinités avec certains personnages que d’autres à l’instar de Juliette, la jeune héritière de la multinationale à l’origine de la découverte et de la diffusion du vaccin contre La Faucheuse. Prise pour cible dans un attentat ferroviaire, elle arrivera à fuir ses bourreaux grâce à sa meilleure amie et fera alors preuve d’une force de caractère à toute épreuve pour survivre. Dans sa fuite, elle pourra compter sur l’aide de son compagnon américain, mais c’est bien sa débrouillardise, son courage et son intelligence qui feront toute la différence face à des ennemis déterminés et prêts à tout pour la capturer. Ce personnage m’a particulièrement marquée dans la mesure où il est rare de voir dans un roman une riche héritière qui ne soit pas superficielle et qui fait preuve d’un réel altruisme. On aurait pu s’attendre à une gamine capricieuse alors qu’on découvre une jeune femme engagée qui souhaite sincèrement aider les gens et participer au retour d’un pouvoir politique fort. Sa relation fusionnelle avec sa meilleure amie ou sœur de cœur, Jessica, contribue également à rendre le personnage sympathique. On ne peut qu’être touché par les liens forts unissant les deux jeunes femmes qui se montrent très protectrices l’une envers l’autre…

Les autres femmes du récit se révèlent tout aussi fortes et n’ont rien de donzelles qui attendent que le prince charmant vienne les sauver. Et autant vous le dire tout de suite, c’est pour moi LE gros point fort de ce roman, l’auteur ayant fait la part belle aux femmes qui ne se laissent pas conter fleurette. Mélissa, ancienne militaire, ne pourra qu’impressionner par ses prouesses notamment aux commandes d’un hélicoptère, quand La Louve suscitera autant la crainte que l’admiration. Mélissa est un personnage assez secondaire dans ce premier tome, mais un événement tragique laisse penser que son rôle devrait prendre plus de consistance dans la suite de la trilogie, ce que confirme d’ailleurs l’auteur. Quant à La Louve, elle donne un peu le sentiment d’être une cocotte-minute prête à exploser sous la pression. Instable émotionnellement et marquée par la mort récente de sa sœur qu’elle adorait, elle n’hésitera pas à faire preuve d’une extrême violence que ce soit pour se venger ou protéger la nouvelle amie qu’elle s’est faite durant son « odyssée ». La Louve est peut-être le personnage le plus complexe oscillant entre folie, violence et actes de bravoure. D’un abord difficile, on apprend petit à petit à la connaître et à comprendre son schéma de pensées assez différent d’un humain lambda. Alors même si elle peut se montrer extrêmement violente, on finit par s’attacher à cette femme dont la carapace finit par, petit à petit, se craqueler… Ce qui est certain, c’est qu’il vaut mieux être dans ses petits souliers que faire partie de ses ennemis à moins de ne pas particulièrement tenir à la vie.

Ma chronique étant déjà trop longue, je ne vais pas vous parler en détail de tous les autres personnages, mais juste vous dire que j’ai aimé que l’auteur suive le capitaine Verrier dans son enquête, destinée à retrouver Juliette, tout en prenant le soin de nous présenter sa fille, Sarah. On peut avoir tendance à oublier que derrière un uniforme ou une fonction il y a un être humain avec une famille, des amis… C’est donc intéressant de voir à quel point le travail de l’inspecteur a des conséquences directes sur la vie de ses proches à l’instar de Sarah qui vit mal le secret entourant la profession de son père ainsi que ses nombreuses absences. Celle-ci n’est pas au centre de l’intrigue, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cette jeune femme curieuse et téméraire sans être casse-cou. Mais l’intérêt principal de sa présence dans l’histoire est, pour moi, d’humaniser un inspecteur qui ne se révèle pas forcément très attachant… Sarah contribuera également, même si c’est de manière indirecte et involontaire, à l’enquête.

Comme vous l’aurez certainement compris, j’ai apprécié les différents protagonistes du roman autant pour leur diversité que leur personnalité. C’est peut-être pour cette raison que j’ai été très touchée par le sort que l’auteur leur réserve puisqu’il n’hésite pas à les maltraiter physiquement et psychologiquement. Un événement dramatique m’a d’ailleurs particulièrement perturbée d’autant que je ne m’y attendais pas du tout. Alors je ne félicite pas l’auteur pour avoir fait souffrir mon pauvre cœur, mais je le remercie de m’avoir surprise à de multiples occasions.

Un thriller mené tambour battant et mis en valeur par une jolie plume…

Eh oui, rappelons que nous sommes ici dans un thriller avec la part de suspense, de rebondissements et de drames qui caractérisent le genre. Et à ce niveau, le lecteur est plutôt gâté ! L’auteur nous propose ainsi une histoire rythmée et riche en actions, surtout dans la dernière partie du roman. Le rythme va crescendo créant un certain sentiment d’anxiété devant la tournure presque chaotique que prennent les événements.  C’est donc avec soulagement que nous atteignons les dernières pages du livre qui nous laissent avec des sentiments contradictoires de tristesse et d’espoir, et avec différentes interrogations quant au devenir des personnages…

Enfin, je dois dire que j’ai été séduite par la plume de l’auteur qui fait preuve d’un talent certain dans la mise en scène de son histoire. Fluide et très imagé, ce récit de presque cinq cents pages se lit donc très rapidement d’autant que son rythme soutenu en rend la lecture assez prenante. Je regretterai néanmoins quelques maladresses dans la narration notamment dans les dialogues qui manquent, à mon sens, de naturel. Un problème que je rencontre dans de nombreux romans d’auteurs auto-édités français. On sent, en outre, une réelle volonté de bien faire et d’expliquer clairement les raisonnements des personnages. Cela donne malheureusement parfois des propos un peu redondants ou des phrases assez scolaires, un petit défaut qui ne pourra que se corriger avec le temps. Rappelons, en effet, que L’Odyssée des Sœurs Fantômes est le premier roman de Thomas Henninot qui me semble être un jeune auteur fort prometteur.

En conclusion, un monde bouleversé par une maladie n’a rien en soi d’original, mais le charme du roman opère quand même grâce à la manière dont l’auteur a su mélanger dystopie et thriller tout en nous proposant une galerie de personnages hauts en couleur et à la personnalité marquante. Alors si vous avez envie de découvrir un roman mélangeant allègrement plusieurs genres pour nous offrir une histoire unique et palpitante, L’Odyssée des Sœurs Fantômes devrait vous plaire. Pour ma part, j’attends la suite avec impatience d’autant que les différents personnages semblent tous à l’orée d’une nouvelle vie.

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Et vous, envie de craquer pour ce premier tome de la trilogie Le Siècle Phénix

Les cercles de l’éternité, Jean-Louis Ermine

Je remercie Jean-Louis Ermine de m’avoir permis de découvrir son roman, Les cercles de l’éternité.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Dans un monde en perdition, Laurie et Simon vont tout mettre en œuvre pour sauver l’humanité.

Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés.
Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits.
Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers.
L’éternité leur réservera encore bien des secrets.

  • Éditeur : Publishroom (17 novembre 2017)
  • Nb pages : 167
  • Prix : 17 €
  • Autre format : ebook

AVIS

Lisant peu de livres de science-fiction, je dois admettre que c’est d’abord la couverture avec, entre autres, ce qui ressemble à une séquence d’ADN, qui a attiré mon attention. Elle a un côté énigmatique qui m’a donné envie de me plonger dans cette histoire où l’éternité devient une réalité.

Devenir éternel, n’est-ce pas un peu le rêve, conscient ou non, de chacun ou, du moins, de beaucoup d’entre nous ? Mais la vie et la mort étant intrinsèquement liées, quelles seraient les conséquences pour l’humanité de cette révolution quelque peu contre-nature ? Une question légitime que Jean-Louis Ermine exploite de manière prenante et particulièrement bien construite dans son roman.

L’auteur nous offre ici une vision assez pessimiste de l’éternité puisque les individus qui ont fait le choix de prendre des drogues d’éternité en paient le prix fort. Entrant dans un processus de dégénérescence, ils perdent, petit à petit, ce qui faisait d’eux des hommes et finissent par sombrer dans la violence. Le processus étant progressif, la société a donc fini par s’organiser en « cercles », chacun vivant dans le cercle correspondant à son état…

L’organisation sociétale créée et développée par l’auteur est, pour moi, l’un des points forts de ce roman. J’ai aimé cette idée d’une société divisée entre personnes refusant l’éternité et le lourd tribut à payer pour l’obtenir, et dégénérants qui ont sacrifié leur humanité au profit d’une longue vie. Je dis « longue vie », car difficile de parler d’éternité quand la brutalité peut vous rattraper à chaque instant et vous faire passer de vie à trépas… Les cercles, bien qu’ici il s’agisse d’une image, schématisent à merveille l’éloignement progressif des dégénérés avec le commun des mortels. C’est, en outre, assez intéressant de découvrir, même si ce n’est que très sommairement, les règles de fonctionnement et d’organisation inhérentes à chaque cercle d’autant que l’auteur se joue de ses personnages et des lecteurs. Vous découvrirez, en effet, que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière des personnes à l’apparence soignée peut se cacher une effroyable et impitoyable brutalité…

Le roman se révèle intéressant par sa portée quasi philosophique parfois teintée de spiritualité et les thèmes qu’il aborde : la vie, la mort, l’essence même de ce qui fait de nous des hommes, les sacrifices que nous sommes prêts à faire pour accéder à l’éternité avec comme question sous-jacente : la fin justifie-t-elle les moyens ? Accéder à l’éternité justifie-t-il qu’en cours de route, nous en perdions notre humanité ? Cela finit par nous conduire à nous demander si dans notre propre monde, l’homme découvrira un jour comment accéder à l’éternité et le cas échéant, s’il arrivera à gérer cette nouvelle connaissance sans sombrer dans le chaos le plus total. En effet, la vie peut-elle et doit-elle vraiment se départir de la mort ? Des questions qui restent sans véritable réponse, mais que l’auteur arrive à soulever grâce à son récit porté par deux personnages aux personnalités diamétralement opposées, mais que le destin va finir par rapprocher.

Le lecteur fait ainsi la rencontre de deux marginaux, Laurie qui exècre les déviants et leur violence tout en travaillant à satisfaire leurs bas instincts contre de l’argent, et Simon, un ex-déviant que l’éternité a rejeté. Tous deux sont envoyés en mission pour ramener le professeur Soler qui s’est enfui au-delà des cercles afin de protéger ses découvertes relatives à l’éternité et à ses désastreuses conséquences sur les hommes. Cette mission, aux allures de missions kamikaze, va rapprocher ces deux personnes que tout oppose, et les pousser à développer une certaine complicité, ou du moins, une certaine complémentarité. À mesure de leur road-trip à travers les cercles, ils rencontreront moult dangers ce qui les contraindra à travailler main dans la main. Cette entraide deviendra d’ailleurs vite une question non pas d’affinité, mais de survie.

La question de la survie est au cœur de ce roman puisque les déviants sont tombés dans une telle violence que chaque rencontre menace la vie de nos deux héros « malgré eux ». Alors que le sort de l’humanité repose sur leurs épaules, Laurie et Simon sont ainsi confrontés à la bestialité de l’homme dépourvu de morale : déviants qui sous une belle apparence sont de véritables monstres, volonté de tuer par plaisir, « vampires »… Je ne donnerai pas plus de détails sur les différentes rencontres du duo sous peine de vous gâcher une partie de l’intrigue, mais je peux vous dire que l’un des groupes rencontrés m’a juste donné envie de vomir. Il faut dire que Les cercles de l’éternité, c’est un roman à la portée philosophique, mais à la violence bien concrète. Dès le début de l’histoire, l’auteur ne nous épargne pas et nous plonge dans une ambiance angoissante où le règne de la violence dicte sa loi. Alors si vous n’aimez pas le sang, les meurtres…, il est peut-être préférable de passer votre chemin.

Simon est un personnage qui n’est pas lui-même dénué de violence au point que certaines de ses actions m’ont un peu laissé interdite. Horribles en soi, il les fait avec un tel naturel et sans que sa conscience n’en soit affectée que cela donne le sentiment que les drogues d’éternité et son passé de déviant ont laissé quelques séquelles… À moins que cela ne m’ait perturbée parce que même en trouvant certaines de ses actions immondes, j’ai fini par presque comprendre son comportement. Rappelons que nous sommes dans une histoire de survie et que la survie ne s’encombre pas forcément d’humanisme… Simon fait donc ce qu’il a à faire sans tergiverser à l’inverse de Laurie qui semble, par bien des aspects, plus « humaine ». Alors que Simon se montre vite obnubilé par le professeur et ses découvertes, Laurie prend une certaine distance avec cette mission et toute cette violence à laquelle elle n’était pas préparée. Sans être foncièrement attachante, elle attire donc un peu plus la sympathie que Simon même si celui-ci finit par subrepticement évoluer…

Le roman étant court, moins de deux cents pages, il se lit très vite d’autant que sans s’encombrer de longues descriptions, l’auteur vous plonge dès les premières pages dans son récit. Sa plume vive et rythmée ainsi que l’enchaînement rapide des événements vous garantissent, quant à eux, une lecture qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout s’enchaîne cependant peut-être un peu trop vite ce qui donne parfois le sentiment d’un manque de profondeur dans l’intrigue ou les relations entre nos deux protagonistes… Par ailleurs, la traversée entre les cercles est tellement rapide que finalement, ils semblent nous réserver encore bien des secrets. Mais cela semble plutôt logique puisque le but de la mission de notre duo est de retrouver le professeur, et non d’explorer les cercles… En apprendre plus sur ces derniers aurait peut-être satisfait la curiosité des lecteurs, mais aurait probablement cassé le rythme du récit. De la même manière, le côté très scénaristique du récit fait que le manque d’approfondissement de certains aspects ne m’a pas dérangée outre mesure. Je dirais même que cela crée une certaine connivence avec les protagonistes qui, pris dans le feu de l’action, n’ont pas vraiment le temps de tergiverser. En tant que lectrice, et c’est assez rare pour que je le signale, j’ai fini par faire comme eux en prenant les choses comme elle venait, ce qui ne m’a pas empêchée de m’interroger sur l’éternité et ses conséquences sur l’humanité.

L’éternité, bénédiction ou malédiction ? Pour en juger, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans ce roman de science-fiction accessible à tous, l’auteur n’usant pas d’un vocable réservé aux aficionados du genre. À travers des descriptions concises mais terriblement efficaces, l’auteur vous immerge dans un récit où l’action soutient la réflexion et la réflexion se nourrit de l’action. Alors si vous avez envie de vous divertir tout en réfléchissant, je ne peux que vous conseiller ce roman.

Portrait de Ermine jean-louis

Source : Site Simplement

Page FB consacrée au livre – Compte FB de l’auteur

Envie de craquer pour Les cercles de l’éternité ? Rdv sur Amazon ou Publishroom.