Mac sur un toit brûlant, Melinda Metz

Couverture Mac sur un toit brûlant

Chat kleptomane épris d’indépendance, MacGyver – le Cupidon félin – a le don de se fourrer dans des situations impossibles. Mais, lorsqu’il tombe sur une portée de cinq chatons orphelins, il fond.
Pour ne pas les laisser livrés à eux-mêmes, Mac décide de s’occuper de ces petites boules de poil – le temps de trouver des humains qui les adopteront.
Mais Mac, suspect n° 1 d’une série de larcins commis dans le voisinage, est assigné à résidence par ses maîtres Jamie et David – qui s’étaient rencontrés grâce à lui.
Avec cinq chatons à caser – et deux matons à ses trousses –, notre matou a de quoi exercer sa sagacité légendaire. Sauf qu’une jolie minette croisée récemment lui fait perdre jusqu’à son sixième sens…

L’Archipel (11 mars 2021) – 340 pages – 19€

AVIS

Découvrez mon avis sur Un amour de chat et Le chapardeur des cœurs.

Si vous n’avez pas lu ces deux romans, vous pouvez néanmoins lire mon avis sans risque de spoiler, chaque tome mettant en scène un couple différent.

Quel plaisir de retrouver Mac, un chat de caractère aux tendances cleptomanes et au talent certain pour former les couples. Et dans ce tome, il est sur tous les fronts !

Car en plus de devoir venir en aide à tous ces humains incapables d’être heureux sans son aide, il va devoir prendre soin d’une portée de quatre chatons dont la mère a disparu. Notre minet, devenu papa poule, nous offre une version encore plus adorable de lui-même. On le voit ainsi jongler entre la recherche de nourriture pour ses petits protégés, quelques leçons éducatives indispensables pour leur équilibre et leur sûreté, et sa quête pour trouver un foyer à chacun des chatons. Et pour cela, il peut compter sur son flair infaillible qui lui permet d’associer les caractères et de juger de la nature profonde des deux pattes qui croisent sa route. Il n’hésitera ainsi pas à faire passer quelques tests de son cru aux humains qu’il estime dignes de veiller sur les chatons. Si vous aimez les animaux et/ou les chats, vous ne pourrez que craquer devant cette famille à poils et à moustaches. Pour ma part, j’ai adoré Fripouille qui porte très bien son nom et qui va donner du fil à retordre à notre Mac. Mais les caractères affirmés, il connaît et ça ne lui fait pas peur !

Malheureusement pour Mac, sa réputation de voleur de haut niveau le rattrape : le voilà injustement accusé du vol de différents objets précieux qui, soit dit en passant, sont tellement hideux que leur voleur aurait dû être remercié plutôt que traqué. Si la situation ne manque pas de piquant, elle n’arrange pas notre pauvre chat qui va devoir prouver son innocence, tout en prenant soin des chatons, et en affrontant une situation fort contrariante au sein de son propre foyer. Et cette fois, même enquiquiner le crétin, comprenez le chien de la maison, ne va pas suffire à lui faire oublier un véritable acte de trahison… Comme vous l’aurez compris, Mac est absolument débordé, mais cela ne l’empêchera pas de continuer sa mission de Cupidon qu’il maîtrise à merveille. Après tout, quand on est un être supérieur tel que lui, on ne peut décemment pas laisser de pauvres humains se dépatouiller tout seuls avec leurs émotions et leur tristesse…

Ce troisième tome nous permet de retrouver des personnages que l’on a croisés dans les deux précédents tomes, ce que j’ai adoré, d’autant que l’un des couples réunis grâce à Mac attend un très heureux événement. Mais il nous permet aussi de découvrir Serena, une professeure d’art dramatique qui est venue tenter sa chance à Hollywood grâce à une bourse. Installée dans l’une des maisons atypiques de Storybook Court, elle a un an pour faire de son rêve d’actrice une réalité. Pétillante, amusante, joyeuse, passionnée et dynamique, Serena est une jeune femme que l’on ne peut que trouver d’emblée fort sympathique. Un sentiment que semble d’ailleurs partager Erik, un des deux policiers nouvellement en charge des patrouilles dans Storybook Court. Entre les deux, ça fait tout de suite des étincelles ! L’attirance est mutuelle et évidente, mais il va leur falloir affronter les blessures de cœur d’Erik que sa précédente rupture a profondément marqué, et rendu craintive quant aux relations amoureuses.

Si le policier va se comporter à quelques reprises comme un véritable goujat, préférant fuir lâchement plutôt qu’affronter ses peurs et ses sentiments pour Serena, j’avoue qu’il m’a touchée. J’ai apprécié que, pour une fois, ce soit le personnage masculin qui fait montre d’une certaine vulnérabilité affective. Soufflant le chaud et le froid, Erik va néanmoins devoir faire face à l’évidence : son attirance pour Serena n’est pas passagère et la fuir, pas vraiment une solution. Une réalité que sa très perspicace collègue, Kait, ne manquera pas de lui rappeler à la moindre occasion.. Comme elle, on suit l’évolution de leur relation avec plaisir, tout en croisant les doigts pour qu’Erik ait la force de se libérer du passé et d’accepter que Serena, bien qu’actrice comme son ex, ne lui ressemble en rien. C’est une jeune femme équilibrée et altruiste qui adore les arts dramatiques, mais qui a assez la tête sur les épaules pour affronter avec aplomb et positivité les déceptions… Il se pourrait d’ailleurs qu’elle se (re)découvre à Storybook Court. Pour ma part, j’ai adoré la complicité immédiate entre Serena et Erik, une complicité qui donne lieu à des échanges aussi drôles que taquins et parfois sensuels. Mais rassurez-vous, rien de vulgaire ni de détaillé.

De l’amour familial, des sentiments amoureux… Il ne manquait plus que l’amitié pour former le portrait de la parfaite comédie romantique. Et à cet égard, l’autrice nous a gâtés que ce soit avec la relation entre Ruby et Serena, entre Serena et Daniel, mais surtout entre Erik et Kait, sa collègue. Si vous ne croyez pas en l’amitié homme-femme, avec ce duo, vous risquez fort bien de réviser votre jugement. Complices, proches et complémentaires, Erik et Kait sont aussi efficaces sur le terrain que dans le domaine amical. En véritables amis, ils osent ainsi aborder les sujets qui fâchent et se poussent mutuellement à sortir de leur zone de confort. Et à ce petit jeu, Kait est bien plus directe. Si elle ne brille pas par sa subtilité, elle se révèle touchante par sa volonté de voir Erik mener la vie dont il rêve. Elle va donc s’efforcer de l’aider à y voir plus clair et l’exhorter à ne pas laisser ses peurs tout gâcher avec une femme pour laquelle il ressent de forts sentiments, qu’il veuille bien l’admettre ou non. Mais elle-même n’est pas non plus très honnête avec ses propres sentiments, vis-à-vis d’un suspect dans l’enquête sur les vols, un suspect aussi amateur qu’elle de comics et de statistiques. Et ça, c’est du jamais-vu ! J’aurais adoré que la vie sentimentale de Kait soit un peu plus exploitée, ayant trouvé cette forme atypique et très attachante…

En résumé, comme toujours, la plume de l’autrice est fluide, agréable et légère, et j’aurais envie d’ajouter pleine d’allégresse. J’ai aimé tous les tomes de la série, mais celui-ci a quelque chose de vraiment spécial. Il s’en dégage une douceur folle, une bonne humeur contagieuse et une avalanche de beaux sentiments qui donnent immédiatement envie de sourire et de voir la vie en couleurs. C’est mignon, doux et tendre ! Mac sur un toit brûlant ou la comédie romantique quatre saisons, car il n’y a véritablement aucun moment meilleur que l’autre pour s’y plonger et découvrir la vie d’un chat haut en couleur et des humains qui sont sous sa protection. Parce ce qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, Mac n’est pas prêt de se reposer !

Merci aux éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Les aventures d’Alduin et Léna – tome 1 : Les guerriers de glace, d’après le roman d’Estelle Faye

Résultat de recherche d'images pour "Les aventures d’Alduin et Léna, tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye bd"

Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont devenus les meilleurs amis du monde alors que tout les sépare : Alduin est le fils du chef ; Léna est la fille de la guérisseuse.

Lors d’une promenade en forêt, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, revienntn au village pour enlever une jeune fille. Un soir Alduin apprend que les villageois sont prêts à sacrifier son amie pour épargne leurs filles !
Léna décide alors de s’enfuir.

Jungle (9 juillet 2020) – 48 pages – 11,95€

AVIS

Cette BD est l’adaptation graphique d’un roman d’Estelle Faye que je n’ai pas encore lu, mais que je le lirai avec plaisir, ayant beaucoup apprécié cette belle aventure menée tambour battant.

Tous les 8/10 ans, le village de Rosheim doit livrer une jeune femme aux terribles Guerriers de Glace. Une situation cruelle et inacceptable contre laquelle les villageois se sont par le passé révoltés. Mais en absence de leur héros disparu, ils décident cette fois de céder en leur livrant Léna, la fille de la guérisseuse. Après tout, n’est-elle pas plus ou moins une sorcière et puis, sans frère, père ou fiancé pour la protéger, n’est-elle pas la victime toute désignée ?

J’ai été horrifiée et révoltée par la lâcheté des hommes du village. Si je peux aisément comprendre qu’aucun ne souhaite sacrifier sa propre fille, il est beaucoup moins pardonnable de voir la rapidité avec laquelle ils désignent une victime et les critères sur lesquels ils se basent pour le faire…

Heureusement, quand Alduin découvre par hasard le sort terrifiant et révoltant que l’on réserve à sa meilleure amie, il décide de fuir à ses côtés. Commence alors pour les deux amis une aventure périlleuse durant laquelle ils feront la connaissance d’un homme balafré et plutôt mystérieux. Peuvent-ils lui faire confiance ou doivent-ils se méfier de la diligence avec laquelle il s’est spontanément proposé de les aider ? Et si leur bienfaiteur n’était pas un total inconnu ? Une question qui m’a taraudée pendant une bonne partie de la BD, l’autrice semant le doute dans l’esprit d’Alduin et des lecteurs !

Alors que je m’attendais à une histoire assez classique, l’autrice a réussi à agréablement me surprendre par une révélation audacieuse qui donne une tout autre saveur à ce récit… Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que je n’avais rien vu venir. Et cela ne m’arrive pas si souvent, et encore moins dans un roman ou une BD jeunesse.

Au-delà de la fin très finement amenée, j’ai adoré les liens unissant nos deux jeunes héros courageux, complices, complémentaires et solidaires. On sent qu’ils sont prêts à tout pour veiller l’un sur l’autre, ce qui les rend extrêmement attachants et attendrissants. L’autrice nous propose donc une belle et tendre amitié dans laquelle les jeunes lecteurs pourront aisément se projeter.

Nathaniel Legendre a réussi à condenser et retranscrire de manière dynamique, immersive et prenante un roman faisant 120 pages. Mais ce qui fait également le charme et la force de cette adaptation, ce sont les magnifiques illustrations d’Elisa Pocetta et d’Antonio Baldari. J’ai été éblouie par leur beauté, la délicatesse des traits des visages et leur expressivité. Les regards et mimiques restitués avec force permettent ainsi de ressentir avec acuité chacune des émotions des personnages, d’autant que les occasions de s’arrêter sur les visages sont nombreuses. Je tenais également à souligner l’excellent et lumineux travail de colorisation de Simona Fabrizio qui fait passer les illustrations de magnifiques à somptueuses !

Illustration Les aventures d’Alduin et Léna - tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye

En bref, j’ai tout adoré dans cette BD qui a frôlé le coup de cœur : les magnifiques illustrations lumineuses tout en rondeur et à l’expressivité certaine, les couleurs somptueuses qui donnent un air féerique à l’histoire, le duo adorable et attachant, les doutes quant à l’homme qui va aider nos héros, la fin que je n’avais absolument pas anticipée. C’est indéniablement une très belle aventure qui divertira et enchantera petits et grands lecteurs !

Livre lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

Je déteste tellement t’aimer ! Anna Premoli

Couverture Je déteste tellement t'aimer !

Depuis sept ans qu’ils sont dans la même banque, Jennifer et Ian se détestent. Jusqu’au jour où ils sont obligés de travailler ensemble sur un projet important. Ian est le célibataire le plus en vue de Londres et, alors qu’ils sont au restaurant en train de parler boulot, ils sont épinglés par un paparazzi et leur photo se retrouve dans les journaux. Jennifer est furieuse. Mais Ian constate que cette photo a découragé une horde d’insupportables prétendantes. Du coup, il propose un marché à sa collègue : il lui laisse carte blanche pour leur projet de travail si elle accepte de jouer le rôle de sa petite amie. Facile ? Le défi risque de se révéler nettement plus compliqué que prévu… Un roman plein d’humour Prix des libraires en Italie.

AVIS

Je déteste tellement t’aimer ! suit le seul schéma que j’apprécie vraiment dans les romances contemporaines, le schéma ennemis to lovers ou quand la haine se transforme en amour. Nous suivons ainsi deux collègues qui ne peuvent pas se supporter. Leur animosité est telle qu’après un très fâcheux accident, qui aurait pu coûter sa carrière à Jennifer, la hiérarchie a jugé préférable de ne plus les faire travailler ensemble.

Malheureusement, la trêve qui a duré plusieurs années est menacée : un client tient fortement à ce que son patrimoine soit géré par les deux ennemis. Si les salariés de la banque d’investissement dans laquelle ils travaillent sont ravis à l’idée du tumulte que cette collaboration forcée risque de créer, le supérieur de Jennifer et Ian est quelque peu inquiet. Il faut dire que dès la première séance de travail, le duo retrouve ses anciens réflexes et se lance dans une joute verbale cinglante.

Trop, c’est trop, il est décidé que Jennifer et Ian travailleront dorénavant à l’extérieur afin de ne pas déranger tout le bureau ! Il n’avait pas été prévu, en revanche, que des paparazzis les prennent en photo et les présentent comme un couple. Jennifer est furieuse d’être considérée comme l’une des conquêtes décérébrées de Ian, un futur comte très en vu. Mais ce dernier voit, dans ce quiproquo, le moyen de mettre momentanément à distance les hordes de femmes qui se jettent à ses pieds en raison de son statut. Contre toute attente, il convainc donc Jennifer de jouer le rôle de sa petite amie en échange de la promesse de la laisser mener leur projet commun comme elle le souhaite…

J’aurais peut-être aimé que le côté ennemi dure un peu plus longtemps, mais j’ai adoré suivre l’évolution de la relation entre ces deux personnages au fort caractère, dont les joutes verbales se révèlent des plus divertissantes. De fil en aiguille, les masques tombent et Jennifer découvre que Ian n’est pas forcément ce noble imbu de lui-même qui semble s’être donné comme mission de la contredire et de faire de sa vie un enfer. Elle lui découvre une profondeur et une douceur que ses apparitions dans la presse à scandale ne laissaient pas présager. Une attention médiatique dont Ian se serait d’ailleurs bien passé tout comme cette impression d’être plus un bon parti à conquérir qu’un homme à part entière…

Quant à Jennifer, elle nous apparaît comme une jeune femme intelligente, drôle et déterminée qui concilie comme elle le peut sa carrière et une famille anti-capitaliste qui voit d’un très mauvais œil que la petite dernière travaille pour un système qu’elle réprouve et qu’elle aimerait voir s’effondrer. Les personnages secondaires ne sont pas développés outre mesure, mais ils le sont assez pour que l’on comprenne leur rôle dans la haine que Jennifer voue à Ian. Car si l’homme l’exaspère, c’est aussi pour son statut de noble qui soulève en elle une furieuse envie de lutte des classes. La famille de Ian n’est pas non plus exempte de défauts, celle-ci faisant peser sur lui une certaine pression pour qu’il se marie avec une femme « digne » de son rang… Après tout, il ne faudrait pas détourner Ian de ses futurs devoirs de comte !

Bien qu’un peu caricaturale, la différence de milieu social se révèle intéressante puisqu’elle permet de se faire confronter deux systèmes de valeurs opposés, de nous offrir quelques moments loufoques, et de compliquer la relation entre nos deux protagonistes. Ces derniers arriveront-ils à surmonter leurs différences pour avancer main dans la main et transformer la haine en amour ? En se lançant dans cette romance, on connaît plus ou moins la réponse d’avance, mais ce que l’on ignore, en revanche, c’est la manière dont l’autrice va réussir à rapprocher deux êtres que tout oppose. Et c’est, évidemment, tout ce qui fait le sel de ce récit que je vous recommande les yeux fermés pour passer un moment de détente amusant, divertissant et sans prise de tête.

Le duo, très attachant, nous offre des moments parfois drôles, parfois bien plus tendres, voire attendrissants. Mais cela ne se fera pas sans heurt, Jennifer ayant beaucoup de mal à aller au-delà de ses préjugés et à accepter ses sentiments nouveaux pour sa Némésis. À cet égard, Ian semble bien plus serein. Il acceptera assez naturellement que sa haine se soit transformée en amour et fera de son mieux pour convaincre Jennifer de sauter avec lui dans l’inconnu, et ceci malgré leur passé difficile et leur famille respective…

Si j’ai adoré l’humour de Jennifer, sa confiance en elle en ce qui concerne sa vie professionnelle, mais sa relative couardise dans sa vie amoureuse, j’ai été complètement charmée par la personnalité de Ian. Un homme dont l’héritage familial se révèle bien difficile à porter, à moins qu’une enquiquinante, mais charmante collègue de travail finisse par lui apporter cette légèreté et cet amour qui lui faisaient tant défaut…

Entre l’humour omniprésent, les personnages secondaires qui possèdent bien souvent un petit grain d’excentricité savoureux, et un duo haut en couleur, cette romance offre un très amusant moment de divertissement sans prise de tête en même temps que des temps forts emplis de tendresse et d’émotion.

 

Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! de Juliette Bonte

Charlie déteste Blade, et Blade le lui rend bien. Elle a essayé de s’entendre avec ce grand brun – vraiment ! – mais entre eux, ça ne passe pas. Le problème, c’est que Blade est un ami de James, le nouveau petit copain de la meilleure amie de Charlie. Alors, autant dire que l’éviter est sans espoir car, si les filles ont la réputation de n’aller aux toilettes qu’à deux, les hommes, eux, sont visiblement incapables de boire une bière sans leurs homologues testostéronés. Mais, quand les soirées évoluent dangereusement vers un projet de vacances en groupe pour les fêtes de fin d’année, Charlie comprend qu’elle est fichue. Car, s’il y a une chose qu’elle déteste encore plus que Blade, c’est bien Noël. Et, si Blade l’apprend, il va tout faire pour que ce séjour en Laponie devienne son pire cauchemar.

HarperCollins (14 octobre 2020) – 342 pages – Poche (7,20€)

AVIS

J’ai décidé de lire ce roman dans le cadre du Cold Winter Challenge, et je dois dire que la magie de Juliette Bonte a tout de suite opéré sur moi malgré mon manque d’appétence pour les romances de Noël. Il faut dire que le livre suit le schéma « ennemies to lovers » que j’aime beaucoup d’autant que dans ce domaine, l’autrice semble exceller !

Je me suis d’ailleurs tellement laissée prendre au jeu que j’ai lu le livre d’une traite, le terminant à trois heures du matin, le sourire aux lèvres et le cœur empli de jolis moments d’amitié, de rire, de complicité et d’amour. Certes, Juliette Bonte ne révolutionne pas le genre, mais elle a réussi à se l’approprier pour nous en proposer une version pleine de charme, de peps et de mordant qui pourra plaire autant aux amateurs de romance qu’aux lecteurs voulant s’initier au genre en douceur.

En effet, au-delà de la relation tumultueuse entre deux protagonistes, le roman aborde des sujets sérieux, mais avec une certaine légèreté, les personnages n’étant pas du tout du genre à s’apitoyer sur leur sort. Non, bien au contraire, si la vie ne les a pas gâtés, ils ont réussi à avancer et à se créer un nouveau cocon, un havre de bienveillance et de tolérance dans lequel chacun est accepté tel qu’il est, avec son passé, ses failles, ses douleurs, sa personnalité et ses talents. Et ce petit miracle, on le doit à James, créateur et propriétaire du Misc, un endroit dans lequel on redonne vie aux objets vieillissants ou dont les propriétaires ne veulent plus.

Donner sa chance à d’anciens objets pour en proposer quelque chose de nouveau, en voilà une démarche dans l’air du temps ! Mais en voilà surtout un projet dont la symbolique finit par nous frapper à mesure que l’on découvre l’histoire personnelle de chacun. Abandon et adoption, familles dysfonctionnelles, parents intolérants et obnubilés par la réussite scolaire et sociale, nonobstant l’épanouissement de leurs enfants… Au fil des pages, on comprend à quel point le Misc est important pour James, Sally, Grayson et Blade. Ce n’est pas seulement un lieu de travail avec un patron et des collègues sympas et originaux, c’est une véritable famille !

Une famille qui s’est agrandie avec l’arrivée de Savannah, en couple avec James, et par association avec l’arrivée de Charlie, les deux jeunes femmes étant inséparables depuis leur plus tendre enfance… Si la première est acceptée par tous, la seconde est viscéralement rejetée par Blade. Quant à savoir pourquoi, il vous faudra vous plonger dans le roman pour le découvrir, mais je peux néanmoins vous dire que la révulsion est réciproque et que tous les deux sont bien décidés à remporter la guerre des nerfs dans laquelle ils se sont lancés…

Et ça commence par des vacances en Laponie, pays rêvé pour les amoureux de Noël, cauchemar pour Charlie, ce dont était bien conscient Blade avant de proposer ce lieu de villégiature au groupe. Diabolique, n’est-ce pas ? Mais rassurez-vous, Charlie n’est pas mal dans son genre et saura trouver les moyens de se venger et de prouver à Blade qu’à ce jeu, elle possède aussi quelques atouts dans sa manche. Vous découvrirez également que son esprit de revanche est particulièrement retors et n’a rien a envié à l’esprit tordu de Blade. 

Entre les regards tueurs, les petites et grosses vacheries, les réparties qui fusent, les noms d’oiseaux qui volent, les petits coups en douce et les chamailleries constantes, Charlie et Blade assurent le spectacle ! Les deux meilleurs ennemis possèdent l’art et la manière de se tirer dans les pattes pour le plus grand plaisir des lecteurs qui se régalent de leurs échanges musclés, piquants et savoureux. Si comme moi, vous aimez voir deux personnages se détester plus ou moins cordialement, avant de se rapprocher et de transformer la haine en un sentiment bien plus doux, vous allez tout simplement adorer la relation entre ces deux fortes têtes.

En plus de la relation entre Charlie et Blade pleine de sel et de l’amitié omniprésente, on appréciera le doux esprit de Noël et de partage qui règne sur cette romance et le fait que l’autrice ne tombe jamais dans la guimauve. Elle n’hésite d’ailleurs pas à détourner certaines traditions avec espièglerie. Le dépaysement offert par le voyage en Laponie devrait, quant à lui, vous donner envie de braver le froid pour découvrir ce pays qui marquera un tournant majeur dans la relation entre Charlie et Blade… Mais seront-ils prêts à l’affronter ?

En conclusion, Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! fut une excellente surprise que je ne peux que conseiller aux lecteurs appréciant les romances dans lesquelles les personnages se détestent de toute leur âme avant de finir par se rapprocher. Entre les coups bas et les réparties qui fusent, vous ne verrez pas les pages défiler d’autant qu’en plus d’une histoire d’amour pleine de peps, d’humour et de piquant, l’autrice nous offre également une magnifique histoire d’amitié, nous prouvant que la vraie famille, c’est avant tout celle que l’on choisit.

Le Drakkar éternel, Estelle Faye #PLIB2021

Le drakkar éternel par Faye

Maël et Astrid, deux collégiens en vacances, sont projetés à bord d’un drakkar, un navire viking. Ils voguent à présent sur une mer mythique, celle qui entoure les Neufs Royaumes présents dans l’arbre de la mythologie nordique : Yggdrasil.
Pour rentrer chez eux, les deux adolescents doivent retrouver la clef qui libère le drakkar de sa malédiction : l’errance éternelle. Dans leur périple, ils rencontreront quelques figures emblématiques de la mythologie scandinave comme les dieux Odin et Loki, les Ases Lumineux et Obscurs, les nains, une Valkyrie.
Y arriveront-ils ?

Scrineo (1 octobre 2020) – 226 pages – Broché (14,90€) – Ebook (8,99€)
#ISBN9782367408811 #PLIB2021

AVIS

Après l’excellent Royaume des brumes, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de la mythologie nordique, mais cette fois-ci, à travers un roman jeunesse dont la couverture m’a tout de suite subjuguée

Maël est le souffre-douleur de son collège et s’il peut compter sur le soutien indéfectible de sa meilleure amie, la situation lui pèse parfois d’autant que ses harceleurs bénéficient d’une agaçante impunité… Mais les choses deviennent encore plus difficiles quand les deux adolescents sont, durant une sortie en mer, accostés par un drakkar maudit. Ni ou ni deux, les voilà embarqués dans une épopée grandiose et fantastique pour libérer le capitaine et l’équipage d’une terrible malédiction les contraignant à naviguer pour l’éternité. Pour y arriver, les deux amis n’ont pas d’autre choix que d’explorer un archipel qui semble doté d’une volonté propre et qui va leur réserver quelques surprises…

J’ai adoré suivre les deux héros d’île en île, chacune reprenant un des neuf mondes de la mythologie nordique. Une idée simple, mais diablement efficace ! Feu, glace, faux-semblants, géants… rien ne sera épargné à Maël et à Astrid qui vont devoir faire preuve de courage, de débrouillardise et de bravoure pour affronter les différents dangers qui se dresseront devant eux. Très vite, il nous apparaît que le héros dans cette histoire, du moins dans sa plus noble définition, est Astrid. La jeune fille ne manque ni de courage ni de détermination pour accomplir sa mission, et s’assurer que Maël retrouve la terre ferme en un seul morceau. Une guerrière dans l’âme, ce qui n’est guère étonnant au regard de sa situation familiale, la jeune orpheline n’ayant jamais vraiment pu compter sur le soutien de parents aimants.

La relation entre Maël et Astrid est très touchante, si ce n’est émouvante, la jeune fille se révélant extrêmement protectrice envers Maël qui, lui-même, malgré sa maladresse, fait ce qu’il peut pour l’aider et la soutenir. Une tendre et belle amitié qui ne peut occulter la dureté du harcèlement vécu par l’un, l’absence de famille pour l’autre, et les dangers de cette plongée dans un monde de légende pour les deux.

D’ailleurs, si les thématiques du harcèlement et de l’amitié sont intéressantes et bien traitées, c’est bien la manière dont l’autrice aborde la mythologie nordique qui fait tout le charme de ce roman. Grâce à l’aventure vécue par ses jeunes protagonistes, elle arrive à en synthétiser les grands principes et à nous en présenter ses figures emblématiques ainsi que ses principales créatures fantastiques : Loki, Odin, les corbeaux Hugin et Munin, le loup Fenrir, les valkyries, les nains… Une plongée accessible et passionnante au sein de la mythologie nordique qui enchantera aussi bien les enfants que les lecteurs plus âgés désirant se confronter à des légendes encore parfois méconnues.

Au-delà de l’aspect mythologique, l’autrice nous propose également une aventure menée tambour battant que j’aurais presque envie de qualifier d’histoire à rebond. C’est simple, à chaque fin de chapitre, Estelle Faye rebondit sur un événement ou une rencontre pour nous proposer de l’action et susciter une certaine appréhension de le part des lecteurs, impatients de découvrir ce que Maël et Astrid vont devoir affronter. Les amateurs de romans rythmés dans lesquels les chapitres courts, mais percutants s’enchaînent vont adorer se plonger dans le Drakkar éternel d’autant que la plume d’Estelle Faye semble elle-même calibrée pour apporter rythme et mouvement. Il vous sera donc bien impossible de vous ennuyer durant ce périple dangereux qui ne laissera pas nos deux protagonistes indemnes.

Si Astrid affirme son caractère de guerrière courageuse qui ne renonce jamais et découvre en elle une certaine noirceur, Maël évolue et semble prendre un peu plus confiance en lui. Il va également gagner quelque chose, une capacité qu’il devra néanmoins payer au prix fort… J’ai adoré Astrid, ses fêlures et son sens de l’amitié à toute épreuve, mais j’avoue avoir été plus particulièrement touchée par Maël, sa sensibilité à fleur de peau et sa fidélité qui transcende les mondes… À eux deux, ils forment un duo très touchant qui sera rejoint par un rouge-gorge semblant s’être pris d’affection pour Maël. Amoureuse des animaux, j’ai été attendrie par ce petit animal et sa présence réconfortante et non dépourvue d’intérêt.

En plus de nous divertir, de nous tenir en haleine et de nous faire découvrir toute une mythologie encore trop absente des manuels scolaires, l’autrice n’hésite pas non plus à nous surprendre avec, entre autres, une révélation inattendue et très bien amenée. Mais sur ce point, je me tairai vous laissant le plaisir de la découverte ! Quant à la fin, elle a quelque chose de résolument beau et fort à l’image de l’amitié entre deux adolescents qui, malgré leurs différences, ont su nouer une très belle relation, de celles qui résistent aux vents et aux marées et, espérons-le, à une terrible malédiction.

En conclusion, les lecteurs en quête d’une aventure rythmée et trépidante, les plongeant au cœur de la mythologie nordique avec efficacité et intelligence, devraient apprécier ce roman jeunesse qui nous offre également une histoire d’amitié aussi forte qu’inspirante. Un livre à lire et à partager afin que la malédiction du drakkar éternel devienne légende !

Feuilletez un extrait du roman sur le site des éditions Scrineo.

La vie hantée d’Anya, Vera Brosgol

Le fantôme d'Anya par Brosgol

Ado mal dans sa peau, Anya va voir sa vie radicalement changer après sa rencontre… avec un fantôme. Premier album de l’autrice d’Un été d’enfer. On en veut encore et encore !

Anya a l’impression d’être en permanence la petite nouvelle : fille d’immigrés, elle n’a jamais réussi à trouver complètement sa place. Mais quand elle tombe dans un puits et découvre le fantôme qui s’y trouve, elle a l’impression de se faire son premier véritable ami. Les ennuis commencent quand ce fantôme, prénommé Emily, devient jaloux de tout ce qui remplit la vie d’Anya

Rue de Sèvres (28 août 2019) – 224 pages – Papier (16€) – Ebook (6,99€)

AVIS

Cela fait un moment que je voulais découvrir cet ouvrage qui m’a complètement séduite malgré mes réserves du début sur la forme. En effet, si j’ai tout de suite apprécié la rondeur des traits et l’expressivité incontestable des visages, j’avais un peu peur de me lasser du ton gris/bleuté des illustrations. Mais que nenni ! En plus de se révéler assez originale et de représenter à merveille les tourments de l’adolescence, cette teinte apporte une identité propre à cette histoire mêlant fantastique et sujets résolument très humains. Un mélange harmonieux qui permet, sous couvert de fiction, de parler confiance et acceptation de soi, intégration, double culture, amitié toxique, jalousie, apparences trompeuses… Cette large palette de thèmes, loin de tirer la couverture à l’histoire, s’insère parfaitement et avec beaucoup de naturel dans le récit. Ceci explique peut-être la raison pour laquelle j’ai lu cet ouvrage d’une traite, bien incapable de le reposer avant d’en avoir lu la conclusion.

Nous faisons ainsi la connaissance d’Anya, jeune fille d’origine russe arrivée durant son enfance aux États-Unis. Afin de s’intégrer et d’éviter les moqueries, cette dernière a veillé à perdre son accent, du poids et surveille scrupuleusement ce qu’elle mange, au grand dam de sa mère qui aime à lui cuisiner des spécialités russes pas toujours très diététiques. Cette volonté de s’intégrer dans son pays d’adoption, et parmi ses camarades de lycée, la pousse, en plus de renier une partie de sa culture, à éviter l’autre élève russe de son établissement scolaire…

Si Anya nous semble parfois un peu égoïste, difficile de ne pas comprendre son envie d’être une adolescente américaine comme les autres. On ressent, à travers son histoire, toute la difficulté de concilier ses origines avec les valeurs de son pays d’adoption. Une double culture, source de richesse, mais qu’il est parfois difficile de porter, a fortiori quand on est une adolescente en pleine construction, qui se cherche encore. Je ne suis pas concernée par le sujet, mais je pense que cet aspect pourra parler à certains lecteurs qui ne devraient pas manquer de se retrouver, du moins en partie, en Anya.

Loin de rester cette adolescente tellement obnubilée par le paraître qu’elle en oublie les autres, Anya évolue petit à petit, n’en devenant que plus touchante. Et ce changement de mentalité et de comportement, elle le doit au fantôme d’une jeune femme, Emily, rencontrée lors d’une chute dans un puits… Alors qu’Anya pensait, une fois secourue, ne jamais revoir le spectre, le destin en a décidé autrement. L’arrivée du fantôme dans sa vie de lycéenne bougonne ne l’enchante guère, mais Anya finit vite par en saisir tous les avantages comme le petit coup de pouce qu’Emily peut lui donner lors des examens. Plus besoin de réviser quand on a un fantôme qui vous souffle toutes les bonnes réponses ! Le rêve, non ? Et puis, avoir une espionne invisible se révèle également très pratique pour suivre incognito l’emploi du temps du beau gosse du lycée sur lequel elle a craqué. Et tant pis, si ce dernier est déjà en couple avec une fille qui semble posséder tout ce qu’Anya rêverait d’avoir : petit copain parfait, corps de rêve, beauté et popularité.

Mais les apparences sont parfois trompeuses… Et si la beauté extérieure ne signifiait pas beauté intérieure et que même les filles idéales possédaient leurs propres blessures et failles ? Et, surtout, si le gentil et serviable fantôme qui s’était lié d’amitié avec vous poursuivait ses propres desseins ? Et si à tout vouloir, on risquait de tout perdre ? Je n’en dirai pas plus de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré le travail réalisé par l’autrice sur la psychologie de ce fantôme qui m’a fascinée, et dont l’évolution suit le cheminement inverse de celui d’Anya. Il y a ainsi une sorte de jeu de miroir inversé entre les deux personnages : à mesure que l’un dévoile sa noirceur, l’autre gagne en lumière. On suit donc avec grand intérêt l’étrange relation qui se noue entre Anya et Emily, et l’on attend avec une certaine angoisse le dénouement de leur histoire commune ! Le livre ne fait pas peur en soi, du moins quand on est adulte, mais j’avoue que la dernière partie m’a quelque peu angoissée, la tension montant crescendo jusqu’à atteindre un point de non-retour…

Bien que l’ouvrage comporte plus de 200 pages, il se lit très rapidement d’autant que la mise en page reste assez épurée avec des illustrations parfaitement lisibles et un texte concis qui ne tombe jamais dans le babillage inutile. Cela correspond d’ailleurs assez bien à la personnalité d’Anya qui n’est pas du genre à s’épancher pendant des heures sur ses émois intérieurs. Sa mère, à cet égard, m’a semblé beaucoup plus chaleureuse, mais c’est peut-être parce que j’ai été touchée par sa volonté d’offrir le meilleur à ses deux enfants qu’elle élève seule dans un pays qui n’est pas le sien…

Si Anya se révèle assez taciturne, elle a néanmoins su nouer une amitié chien/chat avec Shioban qui aime la taquiner, lui dire les choses franchement, fumer des cigarettes, faire l’école buissonnière… Les deux filles, très différentes l’une de l’autre, forment un duo plutôt complémentaire même si j’aurais apprécié d’en apprendre plus sur le personnage de Shioban qui reste finalement assez survolé. Shioban m’a plu par son côté rebelle, et surtout, par la manière dont elle s’assume telle qu’elle est, contrairement à Anya qui aura besoin d’une expérience malencontreuse pour se libérer du regard des autres. Mais l’essentiel est qu’elle y soit arrivée !

En conclusion, La vie hantée d’Anya est un très bon ouvrage graphique qui nous plonge dans une ambiance fantasmagorique saisissante que ce soit grâce au travail de colorisation ou la présence d’un spectre dont on essaie de découvrir les véritables intentions. Mais c’est également le récit de vie d’une adolescente qui doit jongler entre deux cultures et sa volonté de s’intégrer à tout prix. Une adolescente qui, de fil en aiguille, va réaliser qu’à la place d’envier la vie des autres, il est peut-être préférable de vivre la sienne sans a priori, et d’apprendre à s’accepter tel que l’on est.

Feuilletez l’ouvrage sur le site des éditions Rue de Sèvres.

Jardin Secret – tome 1, Ammitsu

Couverture Jardin Secret, tome 1

Ran est une fille assez parfaite que beaucoup considèrent comme un modèle à suivre : sérieuse, sportive, intelligente, soucieuse de sa santé, etc. Mais il n’est pas facile de rencontrer un garçon quand ces derniers la considèrent, à son grand dam, comme « l’inaccessible étoile » ! Un jour, elle fait fortuitement la connaissance de Akira, un garçon solaire, naturel, franc et amical et elle découvre également son « secret »: il est fils de fleuristes, apprécie beaucoup travailler au magasin de ses parents et sait déjà qu’il deviendra lui aussi fleuriste. Mais il n’ose l’avouer à personne de peur que l’on se moque de lui..

Kana (19 avril 2019) – 192 pages – Papier (6,85€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Ran, lycéenne, est la fille idéale : belle, intelligente et sportive ! Des qualités qui tendent à l’emprisonner dans le rôle de la fille inaccessible alors qu’elle n’est qu’une fille comme les autres qui aimerait ne pas faire fuir tous les garçons ! Heureusement pour elle, suite à un petit accident, elle se rend compte qu’elle n’intimide pas tous les garçons et qu’Akira, élève dans sa classe, est tout à fait disposé à lui parler et à la considérer comme une fille normale.

Alors qu’elle possède de nombreuses qualités qui auraient pu la rendre prétentieuse, Ran se montre adorable, touchante et très serviable que ce soit envers sa famille ou ses professeurs. Un trait de caractère qui la pousse, entre autres, à entretenir les fleurs de son lycée avec une application et un soin qui ne laisseront pas Akira insensible. En effet, fils de fleuriste, c’est un grand amoureux des fleurs. Une passion peu commune pour un adolescent qu’il préfère cacher à ses camarades de peur de subir leurs moqueries. À travers ce personnage, le mangaka nous offre un petit rappel de la difficulté d’assumer sa différence à une période où l’on sent, plus que jamais, le poids des normes..

En plus de sa bonne humeur, de sa gentillesse et de son naturel qui sauront séduire aussi bien Ran que les lecteurs, Akira se révèle passionnant et passionné, n’hésitant pas à nous donner des informations intéressantes sur les fleurs et leur langage. Parler à travers les fleurs, en voilà quelque chose de poétique, à l’instar de la relation qui se noue progressivement entre nos deux adolescents, Ran souhaitant, malgré sa maladresse et sa timidité, se rapprocher de ce garçon souriant avec lequel elle se sent en totale confiance.

Il se dégage beaucoup de douceur de ce manga que ce soit à travers les illustrations tout en rondeur, les sourires francs et lumineux de Akira ou les expressions subtiles, mais chargées d’émotions, de Ran qui s’ouvre, petit à petit, à son nouvel ami. Au fil des pages, les lecteurs ne peuvent qu’être attendris par les échanges empreints de tendresse entre les deux lycéens et espérer que cette belle relation d’amitié évolue en quelque chose d’autre. Je n’ai, pour le moment, lu que le premier tome, mais je pressens que nous sommes ici dans un shōjo qui va prendre le temps de développer les liens entre les deux amis, chose qui n’est pas pour me déplaire tellement je les ai trouvés mignons et adorables.

Il n’y a pas de grand drame ni d’événement remarquable dans ce premier tome, mais pour autant, on se surprend à tourner les pages un sourire aux lèvres et avec l’envie de prolonger cette lecture cocooning qui met du baume au cœur. J’ai également apprécié de voir évoluer Ran dans sa famille avec une mère cœur d’artichaut et un père pas vraiment prêt à ce que sa fille se mette à s’intéresser aux garçons. La petite sœur semble également sympathique et prompte à taquiner son aînée. Néanmoins, ce premier tome se concentrant essentiellement sur Ran et Akira, les moments en famille se sont révélés trop peu nombreux à mon goût. J’espère donc avoir l’occasion de vivre de nouvelles scènes familiales dans la suite de la série.

Au-delà de la jolie relation et de la complicité naissante entre les deux adolescents, on appréciera les thèmes abordés avec subtilité tout au long du manga : la naissance du sentiment amoureux, l’amitié, mais aussi les apparences parfois trompeuses et les préjugés qui empêchent un adolescent de vivre sa passion des fleurs au grand jour et qui instaurent une barrière entre une jeune fille et ses camarades…

En résumé, Jardin Secret est un manga empli de douceur et de poésie qui devrait enchanter les lecteurs appréciant de voir les liens entre les personnages se développer petit à petit dans la tolérance et la bienveillance.

Découvrez un extrait du manga sur le site des éditions Kana.

Amitié, tout ce qui nous lie, Heike Faller et Valerio Vidali

Amitié, tout ce qui nous lie par Faller

Ce livre est dédié à toutes les amitiés : les éphémères, celles qui durent toute une vie, celles qui sont devenues des histoires d’amour et celles que nous n’avons pas osé sauver.

Sous-Sol (1 octobre 2020) – 180 pages – Relié (19,90€)

AVIS

Quand Babelio m’a proposé de recevoir Amitié, tout ce qui nous lie, je n’ai pas hésité une minute, attirée par la perspective de découvrir un ouvrage graphique abordant un sujet ô combien important, l’amitié. N’oublions pas, pour reprendre Aristote, que l’homme est un animal social.

Que l’on approuve ou non la pensée de ce grand philosophe, je pense que ce livre pourra plaire à un large public, l’amitié revêtant une place plus ou moins importante dans la vie de chacun. Or ce que nous propose ici Heike Faller, ce n’est ni plus ni moins qu’une magnifique ode à l’amitié, celle d’une vie, celle de quelques instants, celle qui naît d’un centre d’intérêt commun, de circonstances particulières ou du plus parfait des hasards, celle qui perdure malgré la distance et les années, celle qui se délite sans que l’on ne sache vraiment pourquoi, celle qui nous échappe avant de revenir s’imposer dans notre vie comme une évidence ou à l’inverse, celle que l’on n’avait pas vu venir et qui prend le temps d’éclore, celle qui devient histoire d’amour…

Au gré des pages, le lecteur ne pourra que retrouver certaines scènes faisant écho à son propre passé et à ses propres expériences : les discussions jusqu’au bout de la nuit et les secrets murmurés dans le silence de l’obscurité, les jeux plus ou moins sages, les bons moments et les bonbons partagés (importants, les bonbons, mais ça marche aussi avec le chocolat), les voyages, les éclats de rire parfois gênants pour les autres, mais tellement vivifiants pour les amis qui les partagent, la jalousie, l’oreille attentive et le soutien indéfectible malgré les divergences d’opinions et les petits défauts qui font de l’autre ce qu’il est, un véritable ami !

Évidemment, toutes les pages n’ont pas résonné en moi avec la même force, mais toutes m’ont touchée, voire parfois émue, grâce aux souvenirs qu’elles ont fait remonter à la surface. Une raison suffisante, s’il en fallait une, pour se laisser tenter et submerger par ce très bel ouvrage qui bénéficie d’un travail éditorial de qualité : format carré et relié facile à prendre en main, couverture soft touch très agréable qui rappelle la douceur des moments partagés entre ami(e)s dont l’illustration de couverture est, pour moi, un joli exemple, mise en page intéressante et agréable avec des double-pages entièrement illustrées et rehaussées d’un texte toujours économe en mots, mais pas en beauté, en poésie et en émotions…

Il se dégage ainsi beaucoup de lumière et de douceur de cet album illustré par Valerio Vidali qui a pris le parti de nous offrir des illustrations colorées que l’on pourrait qualifier de naïves et épurées. Un style, dont je ne suis en général pas la plus grande amatrice, mais qui se marie ici à merveille avec le texte et qui lui donne encore plus de force. Ce que suggère avec subtilité et concision Heike Faller, l’illustrateur lui donne vie et nous en fait ressentir toute la puissance. On appréciera également, en fin d’ouvrage, les quelques pages expliquant la genèse de l’album.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En conclusion, de par l’universalité du thème abordé et de la douceur avec laquelle cela est fait, Amitié, tout ce qui nous lie est un très bel ouvrage à mettre entre toutes les mains afin de redécouvrir une vérité que le rythme effréné de la vie actuelle aurait vite fait de nous faire oublier : l’importance de l’amitié. Beau, tendre, poétique, doux et chaleureux, un album à lire et à relire seul ou entre ami(e)s…

Je remercie les Éditions du sous-sol et Babelio pour m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

Shirayuki aux cheveux rouges, Sorata Akiduki

Couverture Shirayuki aux cheveux rouges, tome 01

Pour Shirayuki, la vie n’est pas toujours rose, elle serait plutôt rouge pomme. Cette jeune apprentie pharmacienne, originaire du pays de Tanbarun, a l’art d’attirer les regards. En effet, elle est née avec une chevelure rouge ! Pour éviter un mariage avec le prince de son pays, elle a fui dans la forêt du pays voisin où elle y rencontre Zen et ses amis : Kiki et Mitsuhide, les gardes du corps de Zen. Celui-ci se trouve être, en fait, le second prince du royaume de Clariness. Avec ses amis, Shirayuki va essayer de devenir la pharmacienne royale en passant un concours afin de pouvoir être auprès de Zen sans lui attirer les ennuis dû à son statut de roturière. Cependant, cette rencontre n’est pas du goût de tout le monde et certains d’entre eux pensent même à la kidnapper afin d’en faire cadeau aux puissants.

AVIS

Je connaissais l’animé, mais si j’avais trouvé ça sympathique, je n’avais pas accroché outre mesure. Pas que l’adaptation soit mauvaise, mais j’ai tendance, depuis quelques années, à m’ennuyer très vite devant un écran. Fort heureusement, je n’ai ressenti aucune lassitude avec ce premier tome que j’ai dévoré avec grand appétit et un plaisir certain.

Shirayuki possède une particularité physique qui suscite envie et convoitise : une belle crinière rouge qui, malheureusement pour elle, va attirer l’attention du prince de son royaume bien décidé à faire d’elle sa concubine. Avec le prince Raji, apparemment, les apparences et la joie de mettre la main sur quelque chose ou quelqu’un de rare comptent plus que les sentiments… Mais c’était sans compter sur la personnalité de battante de Shirayuki qui préfère fuir plutôt qu’être liée à ce goujat au sang royal ! Une fuite qui va la faire tomber dans les filets d’un autre prince, celui du royaume voisin… Leur rencontre sera d’ailleurs plutôt fracassante et non dénuée d’originalité.

Mais contrairement à Raji, Zen est quelqu’un de profondément humain qui, derrière une apparente frivolité, possède un certain sens des responsabilités et une bonne âme. Je ne me souvenais pas à quel point ce personnage se révèle tendre et attachant, un joli mélange de naïveté, de franchise, de soif de liberté et de volonté de bien faire. En d’autres mots, je suis tombée sous le charme de ce prince respectueux qui va se prendre d’affection pour Shirayuki sans jamais tenter de s’imposer à elle ou de l’obliger à faire quoi que ce soit.  Et ça, c’est plutôt novateur pour un shojo, a fortiori, un shojo datant de quelques années.

C’est peut-être la raison pour laquelle notre héroïne va s’attacher assez vite au prince, au point de vouloir tenter le concours pour devenir pharmacienne à la cour et ainsi ne plus avoir à dépendre de lui pour entrer au château. Il faut dire que sa venue et ses entrevues avec le prince ne plaisent pas à tous, certains craignant d’avoir à faire à une énième intrigante. Mais les lecteurs, témoins de la candeur de la jeune femme, savent très bien qu’il n’en est rien et qu’ils ont devant eux une jeune femme courageuse, gentille, volontaire et intelligente, dont le seul tort est d’attirer l’attention de tous à cause de ses cheveux flamboyants. Ceux-ci se révèlent donc être un lourd fardeau dans un monde où les hommes n’hésitent pas à menacer une femme juste pour le plaisir de s’approprier sa chevelure et se gorger de leur rareté…

Mais Shirayuki ne se limite pas à ses cheveux, elle possède également une bonne connaissance des herbes et des plantes médicinales, ce qui lui sera fort utile autant pour aider Zen que se sortir de situations difficiles. Car telle une héroïne de conte, elle va devoir affronter différentes épreuves qui testeront sa bravoure et son courage. Elle pourra, évidemment, compter sur le soutien de son bon prince, toujours prompt à veiller sur elle tout en respectant les limites qu’elle lui impose. En effet, n’oublions pas que Shirayuki est une jeune femme indépendante qui sait ce qu’elle veut et qui est bien décidée à l’obtenir par elle-même. J’ai adoré la personnalité de battante de notre héroïne ainsi que la douce ambiance de conte distillée tout au long de ce manga. Un manga qui devrait enchanter les amateurs de romances/amitiés amoureuses toutes douces qui prennent le temps d’éclore puisqu’à part quelques discrets rapprochements, à la fin de ce premier tome, Zen et  Shirayuki en sont toujours au stade de la tendre amitié.

Au-delà de ce duo terriblement mignon et attachant qui m’a fait fondre, j’ai apprécié les personnages secondaires, et notamment les deux gardes du corps et amis accompagnant et veillant sur Zen : Kiki et Mitsuhide. Une mission de protection difficile à mener si l’on considère que notre prince aime prendre la poudre d’escampette afin d’être au plus près de ce qui se passe au sein de son pays. Un point tout à son honneur et qui tranche avec le comportement du prince Raji qui préfère courir les filles que prendre la température de son royaume. Toutefois, les escapades et les velléités de liberté de Zen, en plus de compliquer sérieusement la vie de ses deux gardes du corps et meilleurs amis, ne semblent pas ravir tout le monde…

L’autrice laisse planer une aura de mystère autour de ce premier tome avec, entre autres, certains personnages qu’on a encore du mal à classer du côté des alliés ou des ennemis. Des doutes qui donnent très envie de lire la suite tout comme l’incertitude qui plane sur la vie de Shirayuki : qui l’a piégée elle et le prince dans la serre ? Arrivera-t-elle à trouver sa place au sein du château ? Quelles épreuves va-t-elle encore devoir affronter ?…

Charmée par ce premier tome, je lirai donc la suite avec plaisir impatiente de retrouver Shirayuki et Zen et, avec un peu de chance, en apprendre plus sur Kiki et Mitsuhide, dont les personnalités restent, pour le moment, juste ébauchées. Mais cela ne nous empêche pas de voir leur attachement au prince auquel ils semblent vouer une sincère amitié et pour lequel ils sont prêts à prendre tous les risques. La dynamique entre les trois personnages se révèle donc intéressante en plus d’apporter une agréable touche d’humour. Je retrouverai également avec plaisir l’univers graphique de ce manga, dont j’ai apprécié la rondeur des traits, l’expressivité des personnages, la beauté des décors ainsi que la fluidité des scènes d’action et la manière dont le mouvement est parfaitement capturé.