Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

Je ne sais pas, Marie Colot

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Je remercie Alice Éditions et Chagaz’… et vous pour m’avoir permis de découvrir Je ne sais pas de Marie Colot.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Il y a du sang trois étages plus bas. Il paraît que c’est de ma faute. Enfin, en partie. »
Un fait divers horrible vient d’avoir lieu. Il est minuit trente-deux et l’agent de police essaie désespérément de faire parler Clara. « Je ne sais pas ». Quatre mots tout simples qu’elle voudrait prononcer. Mais, même ça, elle n’y arrive pas.

  • Broché: 70 pages
  • Editeur : Alice (3 octobre 2016)
  • Collection : Le chapelier fou
  • Prix : 10€

AVIS

A la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire policière alors que l’agression d’une prostituée est avant tout un moyen pour l’auteure de laisser s’exprimer Clara même si ce n’est que dans sa tête. Ce point ne m’a pas du tout dérangée d’autant que Clara s’est révélée être une adolescente torturée, mais également intéressante.

L’auteure alterne les chapitres entre l’instant présent où Clara est interrogée inlassablement par sa mère et un policier avec d’autres périodes de son passé. L’alternance entre présent et passé est très bien amenée et pousse les lecteurs à essayer de comprendre, ou du moins entrevoir, comment la jeune fille est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

Clara semble d’ailleurs avoir elle-même beaucoup réfléchi à la question comme ses pensées le laissent deviner. Elle arrive à analyser, presque froidement parfois avec cynisme, sa personnalité, ce qu’elle considère comme ses faiblesses, les différents événements marquants de sa vie… Il se dégage de la jeune fille une impression de maturité, mais aussi un sentiment de grande solitude et une profonde tristesse. Personne n’est aussi dure avec Clara que Clara !

Alors évidemment, l’adolescence est une période parfois difficile, mais on comprend très vite que le mal-être de Clara dépasse un cadre normal et qu’elle a besoin d’aide. Enfin, le lecteur et même une prostituée, qui ne connaît de la jeune fille qu’un visage, le perçoivent rapidement. La situation ne semble pas aussi limpide pour la mère de l’adolescente qui est elle-même déjà bien trop engluée dans le chagrin pour voir celui de sa fille…

Je dois avouer que la mère de Clara m’a fortement agacée, même si en fin d’ouvrage on comprend qu’elle fait simplement ce qu’elle peut. Alors que sa fille s’enferme dans un profond mutisme, elle n’essaie pas de l’aider et de l’apaiser. A l’inverse, elle se lance dans une véritable inquisition comme si le silence de son enfant était un reproche sourd qu’elle lui adressait. Heureusement, un élan de lucidité, ou du cœur, finit par lui faire faire un premier pas vers sa fille… le premier pas libérateur pour la jeune fille.

Je vais m’arrêter là pour ne pas trop vous en dévoiler d’autant que le livre est assez court et se lit rapidement. C’est une lecture intense et particulière dans le sens où on entre vraiment dans la tête du personnage principal et que son introspection peut parfois nous mettre mal à l’aise ou nous faire réagir. L’histoire, dans une certaine mesure, pourra également faire écho aux adolescents qui se sentent mal dans leur peau.

En conclusion, Je ne sais pas est un livre qui ne vous laissera pas indifférent et ne pourra que susciter en vous différentes émotions. Destiné d’abord aux adolescents, je conseille sans hésiter ce roman aux adultes qui aiment les personnages un peu torturés et dont la psychologie est au centre de l’intrigue.

NOTE : 4/5

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Photo de l’éditeur

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