Fake it till you break it, Jenn P. Nguyen

Fake It Till You Break It (English Edition) par [Jenn P. Nguyen]

Mia et Jake se connaissent depuis toujours. Et pour cause : leurs mères sont meilleures amies ! Ils se sont supportés pendant toutes les vacances d’été, tous les brunchs du dimanche et même lors des visites annuelles chez le dentiste…

Depuis qu’ils sont ados, les mamans n’ont qu’une idée en tête : leurs chérubins formeraient le couple rêvé, elles en sont convaincues. Mia et Jake, eux, en sont plutôt au stade où se trouver dans la même pièce est déjà un calvaire. Pour avoir un peu la paix, ils élaborent le plan parfait : ils vont prétendre être ensemble pendant deux semaines, puis rompre afin de calmer leurs mères à tout jamais. Ensuite, ils seront libres. Du moins, c’était ce que la stratégie soi-disant sans faille prévoyait..

Swoon Reads (28 mai 2019) – 304 pages – Broché (10,84€) – Ebook (8,61€)

AVIS

Pour inaugurer le Challenge #MOISENVO, j’ai décidé de lire une romance contemporaine : Fake it till you breaki it. Très accessible du point de vue de l’anglais, cette histoire m’a agréablement surprise au point de l’avoir lue en deux jours. Il n’y a pas de grand drame, juste beaucoup d’humour et un tandem pour lequel je me suis tout de suite prise d’affection.

Mia et Jake se connaissent depuis toujours et font pas mal de choses ensemble qu’il s’agisse d’aller au lycée ou chez le dentiste. Une relation qui n’a néanmoins rien d’amicale puisque leurs nombreuses interactions sont imposées par leurs mères, meilleures amies, qui rêvent de les voir en couple. Fatigués de devoir se côtoyer alors qu’ils se détestent, les deux adolescents en viennent à fomenter un plan : ils vont prétendre sortir ensemble pendant quelque temps avant de rompre lors d’un grand coup d’éclat ! Mais une fois le temps de la comédie écoulé, arriveront-ils vraiment à se séparer ?

Grâce à une narration alternée, on apprend à mieux connaître Mia et Jake qui sont très différents l’un de l’autre. Exubérante, drôle, gentille, pétillante, pleine de spontanéité et accro aux dramas coréens, Mia se révèle tout de suite attachante. Quant à Jake, plus réservé et ordonné, il n’en demeure pas moins un adolescent touchant et attendrissant. J’ai adoré assister aux échanges entre ces deux protagonistes qui disent se détester alors qu’ils font preuve d’une grande complicité faite de taquineries et de petits surnoms peu reluisants, mais jamais méchants. Complémentaires, bien qu’ils ne soient pas prêts à l’admettre, ils connaissent tout l’un de l’autre, des petites habitudes aux préférences culinaires, ce qui donne parfois l’impression qu’ils vivent dans leur petite bulle. Leur relation de longue date leur permet également de savoir quand l’autre va mal ou que quelque chose le préoccupe. 

Et à ce petit jeu, Mia tire son épingle du jeu. Elle devine sans peine à quel point le départ précipité de son frère aîné continue à blesser Jake qui préfère feindre l’indifférence au lieu d’avouer sa souffrance. Mais têtue, Mia n’est pas prête à rester les bras croisés devant la situation et est bien décidée à faciliter la réconciliation entre les deux frères que son faux petit ami le veuille ou non !

Ce thème de la famille, celle de sang et de cœur, est omniprésent dans le roman que ce soit à travers les relations fraternelles ou parents/enfants. À cet égard, si les mères des deux adolescents se révèlent exaspérantes avec leur obsession de les marier, elles évoluent et nous offrent une belle leçon, notamment sur la nécessité de laisser les enfants voler de leurs propres ailes et de les soutenir dans leurs velléités d’indépendance. Il est juste dommage qu’à trop vouloir forcer le rapprochement entre Mia et Jake, elles aient produit l’effet inverse les poussant à s’éloigner l’un de l’autre des années durant alors qu’il nous apparaît très clairement qu’ils tiennent énormément l’un à l’autre

On ne peut d’ailleurs pas s’empêcher d’espérer qu’ils prennent enfin conscience de la nature et de la force de leurs sentiments. Y arriveront-ils ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que leur plan de départ ne va pas vraiment se passer comme prévu et qu’à trop jouer les amoureux transis, il se pourrait bien que des émotions profondément enfouies fassent surface et viennent chambouler leur relation…

En plus de l’humour omniprésent, des nombreux dialogues pleins de peps, des références à Harry Potter, à la nourriture asiatique et aux dramas coréens, le gros point fort de ce roman est sa positivité et la chaleur qu’il dégage. Oubliez les relations toxiques et les drames qui s’empilent, l’autrice ayant opté pour une histoire touchante et pleine de beaux sentiments. Le scénario n’a rien d’original, mais il met du baume au cœur et permet de passer un joli moment de divertissement auprès de personnages touchants et complémentaires dont on attend avec impatience le rapprochement et dont on admire la bienveillance avec laquelle ils se soutiennent. Si vous êtes en quête d’une romance adolescente doudou qui prouve que l’on a parfois sous les yeux la personne que l’on cherche, Fake it till you break it devrait vous plaire !

NB : le roman a été traduit par les éditions Hugo Roman.

Fake par [Jenn p Nguyen, Pauline Vidal]

Interview with the robot, Lee Bacon

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Fugitive. Criminal. Robot.

A sci-fi adventure for young listeners, Interview with the Robot introduces a unique heroine who seeks the truth about herself.
Eve looks like an ordinary 12-year-old girl, but there’s nothing ordinary about her. She has no last name. No parents or guardian. She’s on the run from a dangerous and secretive organization that will stop at nothing to track her down.
And most astonishing of all: she’s a robot, a product of Eden Laboratories. When Eve discovers the truth, she realizes everything she thought she knew about herself is a lie. Eve manages to escape, fleeing the lab, the only home she’s ever known.
After being arrested for shoplifting, Eve is interviewed by Petra Amis from Child Welfare Services. Her incredible story unfolds during the interrogation, with flashbacks to her life inside Eden Laboratories, which has a dark secret. Listeners follow Eve from her first moment of consciousness to her evolution as a nearly-human companion to Emory, the son of the founder of Eden Laboratories.
Exploring a range of topics that drive our society and our lives—topics such as artificial intelligence and human nature – Interview with the Robot is a story told by a startlingly original protagonist, a story that explores the vast potential of technology and the deep complexities of humanity.

À partir de 10 ans – 3hrs 42mins

AVIS

J’ai profité du fait qu’Audible propose des livres audio à écouter gratuitement durant le confinement pour me lancer dans Interview with the robot de Lee Bacon. Si la science-fiction n’est pas mon genre de prédilection, les intelligences artificielles et la robotique m’intéressent beaucoup, ce qui explique peut-être le plaisir pris à découvrir ce roman jeunesse qui soulève des  questions intéressantes sur ces sujets notamment d’un point de vue éthique et moral.

Qu’est-ce qui différencie l’homme de la machine ? Une machine faite de métal, de circuits imprimés et ayant la conscience d’exister ne peut-elle pas être considérée comme une entité vivante ? Les émotions sont-elles l’apanage des hommes et des animaux ? Tout autant de questions que l’histoire d’Eve, robot ayant l’apparence d’une enfant de douze ans, ne manquera pas de susciter en vous. Une histoire qu’elle raconte à un membre des services sociaux, Petra Amis, après avoir réussi à s’échapper de l’organisation qui l’a conçue. À mesure que l’on découvre tout ce qu’elle a traversé et qu’on apprend à la connaître, on en vient à s’interroger sur sa véritable nature…

En plus de la conscience d’être, elle semble éprouver des sentiments, notamment envers le fils de son créateur qui est devenu, au fil du temps, son meilleur ami. À travers des flash-backs, on découvre d’ailleurs leur réelle et belle complicité et la manière dont, aux côtés d’Emory, Eve a gagné en humanité, apprenant, par exemple, à faire des plaisanteries ou à détecter les nuances parfois subtiles dans les échanges entre humains. Elle n’a pas de sang ou d’organes humains et se recharge comme un téléphone portable, mais la réduire au statut de simple machine au service de l’humanité semble donc terriblement injuste…

J’ai adoré découvrir le récit de cette héroïne atypique et hors du commun à laquelle je me suis beaucoup attachée à l’instar de Petra qui va traiter Eve comme n’importe quel autre enfant : avec empathie, patience et gentillesse. Les interactions et les dialogues entre les deux personnages sont truculents et m’ont fait régulièrement sourire, car si Eve semble humaine par bien des aspects, elle n’a pas encore toutes les clefs en main pour comprendre les comportements parfois irrationnels des humains… L’entretien entre Petra et Eve permet également de réaliser le fossé entre ce que son créateur veut d’elle et ce qu’Eve désire vraiment. Elle a, en effet, appris à exprimer ses propres envies et est capable de prendre des initiatives qui n’entrent pas forcément dans le cadre de ses prérogatives.

Au-delà de la question des intelligences artificielles et des réflexions sur la nature humaine, le roman aborde également des thèmes comme la famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Cela se réduit-il vraiment aux liens du sang ? Une interrogation soulevée tout au long du roman qui trouve son apogée dans une révélation qui m’a complètement prise de court. Je ne l’avais pas du tout anticipée, ce qui m’a donné envie d’écouter le roman depuis le début afin de voir si l’auteur avait laissé quelques indices. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai apprécié la manière dont ce retournement de situation parfaitement orchestré bouleverse l’ordre des choses et donne une certaine profondeur au roman. Il soulève, en outre, certaines questions, notamment sur le bien et le mal, et ce que l’on est en droit de faire au nom de ses idéaux et/ou de sa famille.

Destiné aux enfants à partir de 10 ans, le roman, bien qu’en anglais, se révèle tout à fait accessible. Le vocabulaire et les constructions grammaticales sont simples, et les nombreux flash-back, accompagnés d’une petite transition sonore, aident à s’immerger complètement dans l’intrigue. N’hésitez donc pas à vous lancer si vous avez envie de tester ou de vous remettre à la lecture de livres audio en anglais d’autant qu’en plus d’être rapide (moins de quatre heures), l’écoute se révèle rythmée, prenante et plutôt addictive.

En conclusion, à travers l’histoire mouvementée et surprenante d’une héroïne atypique et attachante, l’auteur soulève d’intéressantes et pertinentes réflexions sur la notion d’humanité, la technologie, mais également sur la famille, ce qui fait son socle et comment l’amour des siens peut pousser une personne à commettre l’indicible… Captivant, intelligent, teinté d’humour et empli de mystère, voici un roman jeunesse fort sympathique que je ne peux que vous conseiller pour une plongée fascinante dans le monde de la robotique.

Pour écouter gratuitement le roman durant le confinement, rendez-vous sur le site d’Audible Stories.

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps de chroniquer de manière plus classique.


Les trois petits ouvrages présentés dans cet article sont proposés gratuitement (cliquez sur les titres pour les télécharger).

Couverture Teddy The Squirrel Becomes a Pilot
Teddy est un écureuil qui ne s’intéresse pas vraiment aux noisettes ni à l’idée de faire des provisions pour l’hiver. Lui, c’est plutôt un doux rêveur qui s’imagine volontiers en pilote d’avion. Un rêve inattendu pour un écureuil qui ne manque pas de personnalité !

Mais ce qui aurait pu rester une douce lubie va devenir une réalité quand l’avion télécommandé d’enfants jouant dans le parc s’écrase entre les branches d’un arbre….

Voici un mignon petit livre sur le courage et la force des rêves qu’il ne faut jamais abandonner ! Très courte et très accessible au niveau de la langue, l’histoire de cet écureuil et de son frère est parfaite pour une première lecture en anglais. Elle pourrait également séduire les adultes avec une âme d’enfant souhaitant se replonger en douceur dans la langue de Shakespeare.

Le très insolent Harry Watson est surpris à l’annonce du challenge organisé par sa professeure d’économie ménagère : choisir une boîte mystère et utiliser une partie de ses ingrédients dans une recette ! Les fans de MasterChef et autres émissions du genre de sa classe sont ravis, lui beaucoup moins. Mais comme il nous semble un peu râleur cet élève, rien d’étonnant à sa réaction.

La suite des événements, quant à elle, est beaucoup plus inattendue, Harry n’étant pas au bout de ses surprises. Je n’en dirai pas plus sur ce point puisque tout le charme du roman réside dans l’imagination fertile de l’autrice. Il se dégage d’ailleurs un petit air d’Alice au pays des merveilles dans ce récit qui tend quelque peu vers l’absurde, les élèves se comportant de manière plutôt étrange face à une situation qui n’a rien de normale ! Mais je vous rassure, le livre, très accessible, n’est pas aussi déroutant que peut l’être l’œuvre de Carroll Lewis.

Voici une petite histoire sympathique qui devrait vous surprendre et à l’issue de laquelle, vous ne devriez plus cuisiner de la même manière.

Adorant les histoires de sorcières depuis que je suis enfant, le titre et l’image de ce chaudron en pleine ébullition m’ont tout de suite attirée. En aidant sa mère à débarrasser et nettoyer un placard, Tania trouve des livres qu’elle met à disposition de tous dans son club de lecture sauf un qu’elle s’empresse de dévorer. Elle y découvre alors le récit d’une jeune fille ayant décidé de lancer un mauvais sort à un autre enfant qui se montre méchant avec elle…

Pour rigoler et se venger, pour de faux, d’un garçon qui n’est pas sympathique avec elle, elle décide avec son amie Tanisha de lancer ce sort dont elles suivent scrupuleusement la recette. Si les poils de chat sont faciles à obtenir, d’autres ingrédients comme les cheveux de la future victime demandent un peu plus de travail et d’imagination… Mais les filles s’en sortent très bien ! Le sort lancé, elles passent à autre chose. Après tout, ce n’était qu’un jeu. Mais l’était-ce vraiment ? Certaines coïncidences commencent sérieusement à les faire douter…

Je ne vous dirai pas si le sort a véritablement fonctionné ou non, mais je peux néanmoins vous assurer que cette petite histoire très divertissante se lit toute seule d’autant qu’elle est agrémentée de quelques petits illustrations ce qui facilite l’immersion même pour les jeunes lecteurs. Ils devraient prendre beaucoup de plaisir à assister les deux fillettes dans la recherche des ingrédients, plus ou moins ragoûtants, et sourire devant certaines situations.

Quant à la fin, j’ai apprécié la manière dont l’autrice aborde la question des superstitions et de certains biais cognitifs. Cela manque peut-être un peu de subtilité pour des adultes, mais ses explications par l’exemple permettront aux enfants de s’approprier facilement des concepts pas toujours évidents à appréhender.

A Boy Called Christmas, Matt Haig

J’ai lu A Boy Called Christmas en anglais, le niveau étant très accessible, mais le roman a été traduit en français par les éditions Hélium.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La véritable histoire (de Noël) d’un garçon hors du commun pour croire à l’impossible…

Nicolas, onze ans, surnommé Noël depuis sa naissance, vit en Finlande avec son père, Joël le bûcheron. Mais le travail se fait rare, la vie est difficile, et quand Joël se voit confier une mission pour le roi, il accepte de laisser son garçon à l’épouvantable tante Carlotta. Nicolas n’a plus qu’une petite souris obsédée par le fromage pour lui redonner le sourire. Mais les mois passent, Joël ne revient pas, et notre courageux héros décide de partir à sa recherche. Se liant d’amitié avec un renne, il affrontera bien des obstacles avant de parvenir jusqu’au village enchanté des lutins… Des lutins qui ont perdu la joie de Noël. Nicolas parviendra-t-il à leur redonner goût à la vie ?

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Eleven-year-old Nikolas—nicknamed “Christmas”—has received only one toy in his life: a doll carved out of a turnip. But he’s happy with his turnip doll, because it came from his parents, who love him. Then one day his father goes missing, and Nikolas must travel to the North Pole to save him.

Along the way, Nikolas befriends a surly reindeer, bests a troublesome troll, and discovers a hidden world of enchantment in the frozen village of Elfhelm. But the elves of Elfhelm have troubles of their own: Christmas spirit and goodwill are at an all-time low, and Nikolas may be the only person who can fix things—if only he can reach his father before it’s too late. . . .

Sparkling with wit and warmth, A Boy Called Christmas is a cheeky new Christmas classic-in-the-making from acclaimed author Matt Haig and illustrator Chris Mould.

AVIS

J’avais acheté ce roman dans l’optique de le lire pour le Cold Winter Challenge, ce que j’ai fait avec grand plaisir ayant été complètement séduite par la beauté de ce livre autant au niveau du fond que de la forme.

Le choix est assez conséquent en matière de lectures de Noël, mais A Boy Called Christmas sort quelque peu du lot grâce à sa magnifique couverture qui attire tout de suite le regard surtout si l’on aime les paillettes. À cela s’ajoutent de belles illustrations signées Chris Mould.

Aucun texte alternatif disponible.Aucun texte alternatif disponible.

Elles apportent un plus indéniable à l’histoire en nous permettant de nous immerger complètement dans cette histoire mignonne qui n’est, néanmoins, pas exempte de passages plus sombres. Il y en a d’ailleurs un qui m’a particulièrement touchée même si l’auteur ne s’appesantit pas dessus.

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Mais rassurez-vous, nous sommes bien ici dans une lecture jeunesse qui donne le sourire aux lèvres et qui touche le cœur des lecteurs. Grâce à l’histoire de Nikolas, on ressent tout un panel d’émotions, mais surtout, on se rappelle ce que sont les vraies valeurs de Noël…

Nikolas vit seul avec son père depuis la mort brutale de sa mère. Les conditions de vie sont difficiles, le métier de bûcheron ne payant pas beaucoup en Finlande, un pays où les arbres sont légion. Mais la situation s’empire quand le père du jeune homme s’engage dans une expédition destinée à prouver l’existence des elfes et de leur village. Laissé seul aux mains de son affreuse tante, Nikolas finit par prendre une décision courageuse et un peu folle pour un enfant de son âge : retrouver son père ! Il sera accompagné, dans son expédition, par son seul ami, Miika, une souris plutôt attachante.

Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël dans lequel son héros va vivre des péripéties qui le mettront à l’épreuve, qui le pousseront à se dépasser, à croire en lui et aux autres, et qui le feront indéniablement grandir. L’univers est enchanteur avec ses elfes, ses fées un peu étranges qui aiment voir les têtes de trolls exploser, ses rennes volants que l’on connait tous et, bien sûr, cette magie qui fait des miracles quand on accepte de croire en elle. C’est quelque chose que Nikolas découvrira progressivement et qui changera à jamais le destin de ce petit garçon qui deviendra, ni plus ni moins, que le Père Noël. Une destinée qui s’imposera à lui, au fil de ses rencontres, de ses joies, mais aussi de ses peines.

La plume de l’auteur est immersive et non dénuée d’humour, je me suis ainsi surprise à sourire à de nombreuses reprises. Le roman étant destiné à des enfants, le style reste très accessible, ce qui convient d’ailleurs très bien au caractère de Nikolas. Même s’il fait preuve d’une grande témérité, il reste un enfant avec parfois des réflexions un peu naïves ou, du moins, empreintes de l’optimisme d’une personne n’étant pas encore durablement impactée par la vie et ses vicissitudes.

C’est d’ailleurs l’atout de ce personnage ! Il va, tout au long du livre, découvrir que les gens ne sont pas tous gentils, et que même les elfes connus pour leur jovialité et leur générosité peuvent se révéler méchants, haineux, racistes et enfermés sur eux-mêmes. Malgré cette brutale prise de conscience, il va continuer à essayer de voir le meilleur en chaque être… Cela ne signifie pas qu’il va garder les yeux fermés devant les problèmes, mais qu’il va tenter de les résoudre avec sa légendaire gentillesse, sa joie, sa bonne humeur, son don naturel pour offrir à chacun ce qu’il désire…

A Boy Called Christmas est une aventure divertissante et prenante, mais l’auteur en profite également pour aborder avec simplicité, mais efficacité, de nombreux thèmes : l’amitié, bien sûr, la nécessite de croire en l’impossible et de toujours rêver, la complexité de l’être humain qui n’est jamais tout noir ou tout blanc, la quête de soi et d’identité, la peur et la haine de l’étranger, les vraies valeurs de Noël comme le partage, la solidarité, la joie…

En conclusion, Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël qui contient tous les ingrédients d’une bonne aventure, mais qui, sous couvert de divertissement, aborde des thèmes importants. C’est donc le sourire aux lèvres, le cœur empli de magie et avec l’envie de vous réunir autour des vraies valeurs de Noël que vous tournerez la dernière page. Une belle histoire que je vous recommande en cette période de fin d’année ou quand vous avez besoin d’une lecture qui vous redonne le moral et vous incite, à votre tour, à partager un peu de bonheur autour de vous. La magie est en chacun de nous, il suffit de savoir regarder…

 » An impossibility is just a possibility you don’t understand »

The Tiniest Elf, Laurentiu M. Badea

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J’ai découvert cette nouvelle sur Amazon lors de mes recherches pour des lectures pour le Cold Winter Challenge. Par chance, sa couverture correspondait parfaitement au thème de janvier du Challenge Lire en thème : Lire un livre avec de la neige sur la couverture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Lilly sat with her eyes fixed on the window, watching snowflakes crowding on the alley in front of the house, and slowly, slowly everything was covered with a fluffy coat of snow. She thought about the letter that she wrote for Santa Claus, about the gifts he would place under the Christmas tree tonight. And then she realized she should ask Santa for something else. »

AVIS

Comme beaucoup d’enfants de son âge, Lilly a rédigé sa liste de Noël qu’elle a envoyée au Père Noël. Mais, l’impossibilité pour sa mère de passer cette fête avec elle et son père va la faire reconsidérer ses envies de cadeaux. Elle va donc s’empresser de rédiger une nouvelle lettre puis réfléchir à la manière de la donner au Père Noël avant qu’il ne soit trop tard.

Lilly est une enfant de cinq ans qui dès les premières pages se révèle attachante. Quand d’autres enfants espèrent recevoir de beaux cadeaux sous le sapin, elle souhaite simplement passer le repas de Noël avec ses deux parents. Un souhait que l’on ne peut que comprendre quand l’on sait que sa maman est souvent éloignée de la maison en raison de son travail. J’ai, pour ma part, croisé très fort les doigts pour que la fillette obtienne ce qu’elle désire même si j’avoue que vu le public visé par la nouvelle, je n’avais pas de doute quant au dénouement de l’histoire.

Cela ne m’a pas empêchée de suivre les péripéties de Lilly avec plaisir d’autant que, sans le vouloir, elle va entraîner un elfe dans son aventure. Le lecteur va donc avoir la chance de découvrir le récit du point de vue de Lilly et de celui d’un elfe excité à l’idée de participer, pour la première fois, à la tournée du Père Noël. Comme avec la fillette, l’attachement à ce jeune elfe plein de bonne volonté est immédiat. C’est, en outre, un réel plaisir de découvrir, par son intermédiaire, l’atelier du Père Noël et son effervescence…

Si l’histoire est mignonne à souhait, j’ai surtout apprécié la manière dont l’auteur nous plonge dans la magie de Noël. Il délaisse ainsi son côté mercantile pour s’attarder sur tout ce qui fait la beauté et le charme de cette fête : l’espoir, l’entraide, l’amour, la famille…

En résumé, que ce soit pour passer un joli moment parents/enfants ou réveiller votre âme d’enfant, je ne peux que vous conseiller cette nouvelle qui vous plongera dans l’ambiance de Noël et qui, comme une bonne tasse de chocolat chaud, vous réchauffera le cœur.

Et vous, envie d’acheter The Tiniest Elf ?

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More than magic, Kathryn Lasky

More Than Magic par [Lasky, Kathryn]
PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ryder Holmsby is the same age as Rory, the popular TV cartoon character her animator parents created. Ryder and Rory are alike—bold and brave! But Ryder is a bit lonely: Mom passed away a couple of years ago, and Dad is dating a woman with snooty teenage daughters. Ryder doesn’t fit in with them at all.

And then: Shazam! Rory jumps out of the TV into Ryder’s bedroom to tell her that the TV studio behind her parents’ show is trying to turn Rory into a dopey princess—no more adventures. She needs Ryder’s help! The two girls team up with a crew of animated and real-life friends to save the day in both worlds.

AVIS

Ryder vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Si celle-ci lui manque, la jeune fille vit néanmoins une vie heureuse grâce à sa relation très privilégiée avec son père et sa grand-mère. Elle trouve également un certain réconfort, à la disparition prématurée de sa mère, à travers une série télé créée par cette dernière et mettant en scène Rory. La mère de Ryder a voulu faire de Rory une fillette forte qui, grâce à son esprit et à sa bravoure, vient à bout de tous les dangers et de tous les méchants.

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à ce qu’une nouvelle femme et ses trois filles fassent une apparition dans la vie du père de Ryder. Cette potentielle marâtre va jouer de son influence pour transformer la courageuse Rory en une énième princesse potache attendant son prince charmant ! Ryder, avertie de la situation, fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Rory de cette abominable transformation qui dénaturerait tout le travail de sa mère. Pour ce faire, elle pourra compter sur la magie, élément qui entre inopinément dans sa vie. La magie va lui permettre de rencontrer Rory et de voyager du monde réel au monde virtuel. Travaillant main dans la main, les deux jeunes filles vont alors tout faire pour que le personnage imaginé par leur mère reste fidèle à lui-même.

Malgré une certaine lenteur dans le rythme qui m’a parfois fait un peu décrocher, j’ai apprécié cette histoire qui s’apparente sans peine à un conte avec de la magie et des sorcières, des gentils, une quête, une morale... L’originalité provient du fait que ce conte se déroule dans le monde réel ET virtuel. Le mélange de la magie et de l’informatique, qui pourrait presque s’apparenter à une autre sorte de magie, est efficace et rend l’histoire intéressante. On a très vite envie de découvrir les aventures de Ryder et de son avatar et de les suivre d’un monde à l’autre. Mon seul petit regret à ce niveau est le manque de développement du monde virtuel. L’auteure arrive à nous plonger dans celui-ci sans problème, mais j’aurais quand même souhaité un peu plus de détails. Néanmoins, ce roman étant destiné à la jeunesse, je comprends qu’elle n’ait pas voulu décourager les enfants par une avalanche de descriptions…

Le père de Ryder m’a régulièrement agacée par son apathie devant les initiatives de sa nouvelle petite amie. Mais au fil du roman, on se rend compte qu’il est tout simplement encore sous le choc de la mort de sa femme et qu’il est presque soulagé qu’une nouvelle personne prenne sa vie en main. Dans cette histoire, ce sont donc définitivement les femmes les plus fortes : Ryder va de l’avant et fait tout pour sauver le travail de sa mère, Rory est bien décidée à se battre pour rester une héroïne forte et la grand-mère de Ryder va soutenir sa petite fille dans tout ce qu’elle entreprend. Très proche de ma grand-mère maternelle, j’ai d’ailleurs adoré la relation entre Ryder et sa grand-mère. Leur complicité, en plus d’être touchante, les a sans aucun doute aidées dans leur travail de deuil. C’est peut-être ce genre de soutien qui a manqué au père de Ryder pour reprendre le contrôle de sa vie…

J’ai aimé voyager du monde réel au monde virtuel, voir des amitiés se forger et des complots être déjoués. Mais derrière cette aventure fantastique, More than magic aborde des thèmes universels comme la famille, l’amitié, l’acceptation de soi, le fait de grandir, la possibilité pour une jeune fille d’être sa propre héroïne et de suivre ses rêves indépendamment de ceux imposés par la société… Sans jamais tomber dans le larmoyant, le roman parle également de la difficile question du deuil. On comprend ainsi parfaitement ce que ressent Rory, son père et sa grand-mère face à la disparition prématurée de cette femme qui a tant compté et qui compte toujours autant pour eux…

Enfin, cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations, petit bonus que j’apprécie toujours notamment dans les livres jeunesse.

En conclusion, de la magie, une sorcière avec un lézard et une potentielle belle-mère qui pourrait s’apparenter à une sorcière, deux héroïnes fortes, de l’action, un air de conte… Voilà tout autant d’ingrédients qui offrent un joli instant de lecture.

The Language of Thorns : Midnight Tales and Dangerous Magic, Leigh Bardugo

Je remercie Le tanuki pour cette lecture commune et pour sa patience puisque j’ai mis bien plus de temps que prévu pour lire The Language of Thorns, un magnifique livre écrit par Leigh Bardugo. L’édition que je vous présente est une édition exclusive reçue dans une Fairyloot (box littéraire anglaise).

AVIS

Tout d’abord, je tiens à m’extasier sur la beauté de l’ouvrage qui, en plus d’avoir une superbe couverture avec des parties en relief, est illustré avec des petits ornements et des dessins en grand format. La couleur du texte varie également d’un récit à un autre ce qui est du plus bel effet. Je préfère néanmoins vous prévenir de ne pas feuilleter l’ouvrage avant de le lire. Les illustrations en grand format ont en effet une légère tendance à dévoiler la fin des histoires ce qui est gênant quand l’on sait que l’auteur nous a gâtés avec de très bons retournements de situation.

 

Ce magnifique hardback contient six nouvelles. Bien que chacune d’entre elles soit indépendante, elles partagent toutes un point commun, celui d’être ancrées dans l’univers des contes et du folklore notamment slave. L’auteure s’inspire ainsi ouvertement de différentes histoires que l’on connaît tous plus ou moins : La petite sirène, les contes des Mille et Une Nuits, Hansel et Gretel…

Je vous rassure, l’auteure ne nous propose pas de pâles copies, mais bien des histoires uniques qui n’ont rien à envier aux contes d’antan. On y retrouve cette ambiance si particulière, ce mélange de magie et de sorcellerie, cette aura de découverte et de mystère mais aussi de danger et de mort, ces denses forêts aux sombres secrets, ces créatures hideuses qui côtoient de frêles jeunes filles, ces princes beaux mais pas forcément preux, ces parents plus obsédés par la gloire et la fortune que le bonheur de leur progéniture, des trahisons, de l’amour sous différentes formes, des désirs de revanche… Et puis, qui dit conte dit morale et Leigh Bardugo ne déroge pas à la règle en nous offrant des morales toujours pleines de sagesse et comme souvent dans les contes, intemporelles.

A travers ces six histoires, l’auteure nous invite à aller au-delà des apparences, à voir la beauté dans la laideur et la laideur derrière les apparats, elle nous montre que les apparences sont bien souvent trompeuses et que derrière des personnages banals ou même beaux, peut se cacher la pire des cruauté quand sous la cruauté apparente peut se cacher la plus grande des bontés. Pour ce faire, elle nous pousse dans nos retranchements, utilise contre nous nos jugements parfois trop hâtifs, nous mène sur des fausses pistes… avant de mieux nous éblouir par des révélations fracassantes qui, pour certaines, vous laisseront interdits. Ne vous attendez donc pas à des histoires où tout finit bien, mais plutôt à des histoires sombres dont les retournements de situation vous laisseront indéniablement une forte impression.

Je n’ai pas lu d’autres livres de Leigh Bardugo, mais je dois dire que dans le registre des contes, sa plume fait des étincelles. Le niveau d’anglais m’a parfois ralentie dans ma lecture, mais j’ai été happée par sa manière de construire ses histoires, et de déployer, tout autour des lecteurs, un filet dont il est bien difficile de s’échapper. Vous commencez ainsi les premières lignes du livre en vous demandant vers quels horizons l’auteure va vous emporter, puis très vite, vous vous laissez simplement porter par sa plume envoûtante.

J’ai donc passé un excellent moment avec ces six nouvelles même si je confesse une nette préférence pour les trois premières histoires dont l’atmosphère possède définitivement un charme particulier mêlant lumière et ombre, terreur et espoir. Je vous propose donc de m’attarder plus particulièrement sur celles-ci en espérant vous donner envie de les dévorer.

Ayama and the Thorn Wood

Ayama, jeune femme peu gracile, vit dans l’ombre de sa sœur dont la grande beauté fait la fierté de ses parents. A l’image de Cendrillon, elle est alors traitée en domestique et est cantonnée aux basses besognes. Ses parents vont même jusqu’à la cacher au reste du monde. Le deuxième fils du roi, à l’apparence quelque peu animalière, est condamné, quant à lui, à vivre dans un labyrinthe. Il arrivera heureusement à s’échapper et à trouver refuge dans une forêt. Par un concours de circonstances, la route de ces deux laissés-pour-compte va se croiser.

J’ai été dégoûtée si ce n’est courroucée par le comportement de la famille des deux protagonistes. Le roi, malgré ses moyens financiers, n’a jamais tenté d’élever son fils faisant fi de son apparence. Quant à la reine, elle ne semble pas s’être opposée à sa décision d’envoyer son fils dans un labyrinthe. Un bel exemple d’amour parental en somme ! Même son de cloche du côté de la famille d’Ayama.  Sa sœur n’est pas méchante et semble d’ailleurs apprécier sa cadette, mais j’ai trouvé qu’elle ne l’aidait pas vraiment à sortir de sa place de domestique. Alors elle aime sa sœur, mais bon, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui fait toutes les corvées pour que vous puissiez vous faire belle en vue d’attirer un prétendant, fortuné si possible. De manière encore plus frappante, les parents d’Ayama se montrent ignobles en condamnant leur deuxième fille sur le seul critère du physique. Quant à la grand-mère, elle n’apparaît pas bien plus sympathique à moins, évidemment, qu’elle ne cache bien son jeu… Mais pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

J’ai quelque peu regretté la passivité d’Amaya qui se laisse traiter comme une esclave sans se rebeller. Je l’ai néanmoins trouvée très courageuse puisqu’elle finit par accepter une épreuve, potentiellement mortelle, afin de gagner un peu de liberté. J’ai également adoré sa manière de se sortir de toutes les difficultés qui se dressent devant elle montrant ainsi toute l’étendue de son intelligence et de sa débrouillardise. Elle se révèle en outre émouvante durant les scènes où elle trouve enfin une oreille attentive alors qu’elle était jusqu’alors condamnée au silence.  A la manière des contes des Mille et Une Nuits, elle saura d’ailleurs utiliser sa voix comme une arme ou plutôt comme un moyen de gagner la paix et de se réapproprier sa vie. Un joli pied de nez à sa famille ! Il est juste dommage que la fin soit un peu trop lisse à mon goût…

The too-clever fox

Koja, renard de son état, n’est pas beau, mais il a pour lui sa grande intelligence et sa ruse, deux atouts qui vont lui permettre de se sortir de situations dangereuses. Un jour, sa route va croiser celle d’un chasseur et de sa très jolie sœur…

Adorant les récits où la parole est donnée aux animaux, j’ai dévoré cette histoire d’autant que l’auteure a su exploiter l’image classique que l’on peut avoir du renard dans la littérature, à savoir un animal rusé ayant du bagout. Si vous n’en avez pas cette image, filez alors vite lire le Roman de Renart ou la célèbre fable de La fontaine, Le corbeau et le renard. Koja joue de son intelligence pour se sortir de situations tendues ou transformer un prédateur en ami. Au fil des pages, on s’attache donc à ce renard qui a l’art et la manière de survivre malgré les obstacles qu’il rencontre. On le voit toutefois, petit à petit, prendre un peu trop confiance en lui au point de se transformer en fanfaron. Son excès de confiance lui sera malheureusement préjudiciable quand il rencontrera un ennemi dont la fourberie dépassera de loin son intelligence. Le lecteur sent poindre le danger, l’ambiance se faisant de plus en plus pesante. Il ne peut donc que ressentir une certaine angoisse devant un Koja presque hypnotisé par sa nouvelle et charmante amie alors qu’une menace se profile. On tremble pour lui et on croise très fort les doigts pour que sa célèbre intelligence lui permette une nouvelle fois de survivre. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré le retournement de situation même si je l’avais deviné ayant vu l’illustration finale du conte qui l’explicite clairement.

The witch of Duva

Nadya vit avec son père qui finira par prendre une deuxième femme, Karina, après la mort de sa femme. La jeune fille en est certaine, Karina, loin d’être une femme aimante, est une sorcière qui a envoûté son père et qui est prête à tout pour se débarrasser d’elle. Sinon, comment expliquer son comportement odieux envers elle et la manière dont elle met sa vie en danger en lui demandant d’aller dans la forêt alors que ne cessent de disparaître des filles du village ? C’est décidé, Nadya doit faire quelque chose pour sauver son père de ce monstre et retrouver sa vie d’avant !

L’auteure revisite de manière originale le conte d’Hansel et Gretel en lui insufflant quelques notes du mythe de Baba Yaga.  Page après page, elle s’évertue à créer une ambiance angoissante avec cette impression de danger qui rôde et qui peut frapper à tout instant, que ce soit dans la forêt ou dans le propre foyer de l’héroïne. Comme elle, on en vient à être en permanence sur le qui-vive guettant les actions de Karina afin d’y déceler des signes de sorcellerie ou des preuves qui la lieraient d’une manière ou d’une autre à toutes les disparitions. Et ce n’est pas le départ de Nadya et son séjour chez une sorcière qui vont faire cesser notre angoisse. Méchante sorcière qui aide la jeune fille avant de la dévorer ou gentille sorcière qui veut simplement l’aider ? Une question qui ne pourra que vous tarauder.

En plus d’une ambiance angoissante, voire étouffante, ce qui fait la richesse de cette histoire est sa fin qui m’a laissée complètement pantoise. C’est le genre de final, digne d’un bon scénario de film d’horreur, dont on se souvient longtemps. Il y a un côté gore et tellement dérangeant, car très imagé, que j’ai relu deux fois les dernières pages pour être certaine d’avoir tout compris. Et pas de doute, l’esprit de Leigh Bardugo est tortueux !

En conclusion, l’auteure nous offre six histoires envoûtantes qui sentent bon les contes d’antan et qui vous feront passer de délicieux moments de frissons et d’angoisse. Si vous aimez les Frères Grimm et tous ces autres conteurs qui ont donné leur lettre de noblesse à ce genre, The Language of Thorns est un livre qui devrait vous ravir.

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