Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Psi-Changeling – tome 1 : Esclave des sens, Nalini Singh

Psi-changeling, Tome 1 : Esclave des sens par Singh

Lucas Hunter est en chasse. Une de ses compagnes de meute a été assassinée et l’homme panthère ne reculera devant rien pour capturer son meurtrier, même s’il doit séduire Sascha Duncan, la froide Psi. Pourtant, l’homme comme sa bête ne peuvent s’empêcher d’être immédiatement fascinés par la jeune femme.
Une terrible guerre est sur le point d’éclater, mais c’est la bataille qui fait rage dans le coeur de Sascha qui pourrait tout changer. Les siens ont éradiqué leurs émotions depuis des générations. Sascha, elle, est différente.
Et le tourbillon de sensations qui l’emporte quand elle est en compagnie de cet inquiétant prédateur pourrait bien précipiter sa chute.
Leur coeur l’emporteront-ils sur leur raison ?

Milady (18 novembre 2011) – 432 pages – Poche (8,20€)

AVIS

Ce roman est dans ma PAL depuis des lustres, mais ayant eu peur d’y trouver une succession de scènes de sexe crues et vulgaires, je l’avais laissé de côté jusqu’à ce que je décide de participer au Challenge romantasy. Prenant mon courage à deux mains, je l’ai donc attaqué et ai su dès les premières pages que mes craintes étaient infondées. Je ne partage pas les nombreux coups de cœur que ce roman semble avoir suscités, mais je reconnais avoir passé un très bon moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une intrigue prenante et bien construite.

Nous découvrons ainsi un futur dominé par des Psi, des personnes dénuées de toute émotion. Il existe toutefois au moins une exception à la règle en la personne de Sascha Duncan, fille d’une dirigeante froide et calculatrice comme sont supposés l’être les Psi. Une différence qu’elle doit taire sous peine d’être démasquée et « rééduquée » ou, plus prosaïquement, réduite à l’état de légume. Dans ce monde froid et impersonnel où seuls le pouvoir et l’argent comptent, elle ne peut même pas compter sur l’aide de sa génitrice qui n’hésiterait pas à la trahir…

La situation de Sascha et son instabilité émotionnelle s’aggravent quand elle fait la connaissance de Lucas, un changeling avec lequel elle doit collaborer dans le cadre de son travail. Mais comment va-t-elle réussir à maintenir son masque impassibilité quand tout dans cet homme respire la volupté, la chaleur et la vie ? Toutes ces choses dont elle a toujours été privée, mais dont elle rêve secrètement…

Si l’attirance entre les deux est immédiate et indéniable, l’autrice prend le temps de faire monter la pression, ce que j’ai fortement apprécié, n’aimant pas quand les personnages se sautent immédiatement dessus. Sascha fait de son mieux pour cacher et résister à cette attirance physique qu’elle ressent pour Lucas, car elle craint que se laisser démasquer signe purement et simplement son arrêt de mort. Les Psi ne sont, en effet, pas très compréhensifs avec les moutons noirs et les personnes qui sortent du rang…

Quant à Lucas, il est très vite agacé par le masque que porte Sascha puisqu’il ne croit pas en cette image de femme froide et insensible qu’elle veut se donner. Il est donc déterminé à prouver à la jeune femme qu’il n’est pas dupe de son jeu et qu’il se passe quelque chose entre eux. Et ce n’est pas la bête du changeling qui s’y opposerait, cette dernière ayant compris bien avant la partie humaine de Lucas, la véritable place que doit occuper Sascha dans leur vie.

Néanmoins, rien n’est simple entre deux personnes appartenant à des populations qui se détestent, a fortiori quand un tueur en série Psi fait des ravages chez les métamorphes… Au-delà de la romance dont j’ai apprécié le développement tout en douceur, l’aspect enquête sur un Psi de la pire espèce apporte pas mal de tension à l’intrigue. Elle nous permet, en outre, d’entrer de plain-pied dans le monde froid et ignoble des Psi qui, sous couvert de civilité, nous apparaissent être de véritables monstres. Une situation non dénuée d’ironie quand on sait qu’ils méprisent le côté animal des métamorphes !

Les membres du Conseil, organisation qui impose sa loi ou plutôt sa dictature en toute impunité, fascinent par leur froideur extrême et leur cynisme assumé… Mais c’est la manière dont chaque Psi est accordé par le cerveau que j’ai trouvé la plus intéressante. Ainsi, quand les hommes ont Internet, eux possèdent une sorte d’intranet dans lequel les ordinateurs sont remplacés par des cerveaux ! Un réseau ingénieux et sécurisé, mais également un bel outil de contrôle des masses et un piège mortel pour ceux qui souhaiteraient se déconnecter… Une réalité dont a bien conscience Sascha et qui va la pousser à prendre des décisions extrêmes pour le bien d’une victime et d’une certaine personne, qui ne semble néanmoins pas voir les choses de la même façon qu’elle.

Si Sascha est une femme affaiblie par toutes ces années sans chaleur humaine et sans amour, elle n’en demeure pas moins une personne déterminée à faire ce qu’elle estime juste. J’ai donc apprécié qu’elle ne se laisse pas faire, malgré le caractère dominateur, possessif et protecteur de Lucas, qui va tout faire pour la protéger, avant de comprendre qu’elle n’est pas femme à se laisser dicter sa conduite. Quant à Lucas, il se montre parfois un peu trop directif, mais il n’en demeure pas moins un personnage attachant qui nous émeut par son passé et sa totale dévotion envers sa meute et Sascha. La dynamique de ce couple est intéressante et devrait combler les personnes appréciant les romances entre deux fortes têtes qui vont devoir apprendre à concilier leur caractère pour affronter ensemble un avenir parsemé de dangers.

En conclusion, avec ce premier tome, l’autrice nous offre une plongée immersive et fascinante dans un monde futuriste où certains sont prêts à tout pour le pouvoir et l’argent, et même à se débarrasser de leurs émotions, et donc de leur humanité. Mais tous les Psi ne sont pas des monstres sans âme comme nous le prouvera Sascha, qui va devoir lutter pour s’affranchir des siens et trouver sa place au sein d’une meute qui pourrait être sa tombe comme son salut. Heureusement pour elle, dans cette lutte pour sa survie, elle pourra compter sur l’amitié et l’amour d’un changeling bien décidé à la garder à ses côtés. Action, amour et amitié… de quoi vous offrir une lecture entraînante et divertissante !

Mini-chroniques en pagaille #30

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Entre les bras d’un rival, Michelle Willingham (Harlequin)

Couverture Cœur de guerrier, tome 2 : Entre les bras d'un rival

Voici une romance historique assez classique, mais qui se lit toute seule et se révèle diablement efficace pour un moment de lecture divertissant et sans prise de tête. Mais avant d’entrer dans les détails, je préférais vous avertir que le titre est peut-être un peu trompeur parce que, pour moi, notre héroïne tombe bien plus dans les bras d’un « ennemi » que d’un rival.

Afin de sceller une alliance entre un clan normand et un clan écossais, Lianna et Rhys de Laurent sont promis l’un à l’autre depuis leur plus tendre enfance. Une situation qui ne sied guère à notre héroïne qui souhaite plus que tout rester auprès de son clan et qui, surtout, refuse de partager la couche d’un Normand, contexte historique oblige… Mais un subterfuge et une tendance de notre demoiselle à ne rien écouter vont la conduire tout droit dans les bras de celui qu’elle voulait fuir. Cela ne l’empêchera pas de tout faire pour négocier sa liberté, d’autant que son promis est au cœur d’un drame qu’elle n’est pas prête de lui pardonner !

Peut-être un peu moins attachante que d’autres héroïnes de romances historiques, Lianna est une femme flamboyante qui séduit par sa totale dévotion envers son clan ! Une dévotion d’autant plus louable et remarquable que les siens ne se montrent pas tendres avec elle. En effet, loin de reconnaître ses sacrifices et tout ce qu’elle fait pour eux, ils aiment à se moquer de ses particularités…

Si on peut regretter que l’autrice ne développe pas outre mesure cet aspect, j’ai apprécié qu’elle nous présente une héroïne souffrant d’un besoin compulsif d’ordre et de propreté. De la même manière, si elle évoque brièvement le harcèlement sexuel, ce n’est pas du point de vue d’une victime féminine, mais de celui d’une victime masculine. Du jamais vu pour moi dans ce genre de livres.

Au-delà d’une trame efficace et d’un dénouement bien ficelé, je retiendrai quelques efforts d’originalité et un travail soigné sur l’écriture, qui rendent la lecture agréable et immersive. J’ai, en outre, apprécié que nos deux héros aient à affronter quelques difficultés, mais qu’on ne tombe jamais dans le pathos ni la surenchère de drames. Convaincue par ce tome, je lirai le tome suivant consacré cette fois à une jeune femme persuadée d’être victime d’une malédiction.

  • Seigneur et époux, Lynsay Sands (Harlequin – Collection Victoria)

En plus de la couverture assez énigmatique, ce que je retiendrai en priorité de ce roman, c’est l’humour. Un humour qui ne vole pas super haut, mais qui, je dois l’avouer, a très bien fonctionné sur moi. C’est simple, pendant presque la moitié du roman, j’ai multiplié les rires et les sourires.

J’ai ainsi adoré les moyens plutôt extrêmes mis en place par Lady Helen, avec l’aide de sa tante et des personnes du village, pour tenir à distance le mari que le roi Henri lui a imposé. Je ne gâcherai pas l’effet de surprise, mais ce n’est pas super ragoûtant que ce soit pour son promis ou elle-même. C’est que pour rester célibataire, il faut parfois en venir à des solutions radicales et accepter de se salir !

Et si Lady Helen refuse de se marier, c’est qu’elle a de bonnes raisons, à commencer par le caractère irascible de son futur mari, un guerrier farouche, et la méchanceté avec laquelle il traite les personnes sur lesquelles il est censé veiller. Pour preuve, elle doit parfois en accueillir certaines qui viennent trouver chez elle autant un travail qu’un refuge. Mais alors, comment expliquer qu’à la place de la punir vertement de toutes les choses qu’elle lui fait subir, Lord Hethe Holden se montre étonnamment conciliant ?

Il semble même prendre plaisir à la prendre à son propre jeu, lui prouvant que lui également sait faire preuve d’humour et de malice. Et puis, où est passée toute cette violence qui pousse Holden à demander à l’intendant de son domaine de punir avec cruauté ses gens, qu’ils soient femmes ou enfants ? Un mystère que Lady Helen va devoir résoudre avant d’y avoir un peu plus clair dans son cœur…

Au gré de leurs interactions et des découvertes qu’ils font l’un sur l’autre, leurs sentiments vont évoluer et tendre vers quelque chose de bien plus doux et sensuel que la défiance et la méfiance. Mais, hélas, se tapit dans l’ombre une menace que ni la belle et rebelle Lady Helen ni le vaillant et ténébreux Holden ne semblent voir s’approcher… La seconde partie du roman change complètement de ton et d’ambiance, ce qui m’a un peu déstabilisée. J’ai néanmoins apprécié l’aura de complot et de mystère que l’autrice instaure bien que, pour ma part, j’avais assez vite anticipé le fin mot de l’histoire.

En résumé, Seigneur et époux fut une lecture très divertissante que je vous recommande si vous avez envie d’une histoire mêlant avec efficacité humour, amour et trahison. Un cocktail qui, pour ma part, me plaît toujours beaucoup, a fortiori quand, comme ici, il ne souffre d’aucun temps mort.

La Belle et le Highlander, Nicola Cornick

Couverture Les héritières MacMorlan, tome 1 : La Belle Et Le Highlander

Forres Castle, Écosse, 1803

Robert, marquis de Methven, exige un mariage de convenance avec Lucy, pour hériter des domaines MacMorlan à titre de réparation. Lucy, farouchement opposée à toute idée d’engagement, refuse et éconduit le marquis, malgré le charme viril qu’il dégage. Mais, lorsque Robert menace de révéler ses activités secrètes, elle panique. S’il venait à se découvrir qu’elle écrit des missives romantiques contre de l’argent, elle serait à jamais déshonorée…

AVIS

Nous faisons la connaissance de Lucy, une jeune aristocrate qui a un passe-temps plutôt inhabituel, voire scandaleux pour une personne de sa condition… En effet, notre lady excelle dans l’écriture de lettres érotiques bien qu’elle n’ait jamais elle-même connu l’amour charnel autrement que par les livres. Et pour cause, elle n’est pas mariée, mais elle est surtout terrifiée à l’idée d’unir son corps à celui d’un homme. Une peur viscérale qui s’explique par un drame de son passé… Pour ceux sensibles à cette thématique, je vous rassure, il n’est point ici question d’abus sexuels, mais plutôt d’une perte difficile à surmonter et d’une réalité historique que les progrès de la médecine auraient trop vite tendance à nous faire oublier.

Alors que Lucy essaie de mener une existence simple et de paraître sous son meilleur jour en société, tout menace de voler en éclats à cause d’un service qu’elle a accepté de rendre à son frère : rédiger une lettre enflammée afin de persuader la fiancée du marquis de Methven de le quitter pour lui. Mais Lucy n’avait pas prévu qu’une fois la fiancée envolée, Robert devrait en chercher une autre et que, comble de malchance, elle serait le seul choix possible pour d’obscures raisons d’héritage. Va ainsi commencer un jeu du chat et de la souris entre un marquis bien décidé à épouser Lucy afin d’avoir un héritier et de pouvoir conserver son domaine, et Lucy déterminée à tenir hors de sa couche ce séduisant, mais pas vraiment gentleman, marquis !

L’alchimie entre les deux est évidente et indéniable, ce qui explique que Robert ne comprend pas pourquoi cette lady, qui cache des réserves de passion, prétend ne pas être intéressée par les plaisirs charnels. Peu crédible quand on note avec quel empressement, elle répond à ses étreintes… De fil en aiguille, et au gré de leurs échanges toujours chargés d’électricité, Robert arrive néanmoins à fendiller la carapace de la jeune femme et à découvrir le secret qui hante son corps et son âme depuis de nombreuses années. Un secret qui fera, dans une certaine mesure, écho à un drame familial qu’il a tenté de fuir sans vraiment y arriver.

Si j’ai adoré la personnalité de Lucy, savant mélange de détermination, de passion et de sensibilité, j’ai aussi apprécié le caractère séducteur de Robert qui, bien que fort physiquement, l’est finalement peut-être moins que Lucy sur le plan émotionnel. Chose que l’on découvre au fur et à mesure d’une lecture passionnante et addictive qui donne envie de tourner les pages les unes après les autres.

Néanmoins, dans la dernière partie du roman, on finit par tomber dans un schéma assez répétitif, un peu comme si l’autrice prenait le prétexte du blocage et de la peur de Lucy pour les relations charnelles afin de multiplier les scènes érotiques. Or, si je pense que cela pourra plaire à certains lecteurs, cela m’a profondément ennuyée ! Je reconnais toutefois qu’on ne tombe jamais dans la vulgarité et que l’autrice a veillé à ce que son protagoniste masculin bride ses élans physiques afin d’aider sa femme à surmonter ses peurs sans jamais la brusquer ni la forcer. Un bon point si l’on considère le nombre de romances historiques dans lesquelles les relations conjugales sont bien souvent plus proches du viol que de l’amour.

Au-delà des problèmes émotionnels qui rendent la relation entre nos deux héros parfois hésitante, une menace bien plus dangereuse et palpable se met également en travers de leur route. Un méchant, certes un peu caricatural, mais qui aura le mérite de mettre un peu de piment dans l’histoire, et de pousser un certain personnage à réaliser la force de ses sentiments pour une femme qui a depuis longtemps cessé de n’être qu’un objet de désir… Certains passages mettront en avant le courage de Lucy et sa détermination à se battre pour un bonheur qu’elle est bien décidée à revendiquer, quitte à brusquer un époux peu enclin à partager ses blessures du passé.

En bref, une romance historique agréable, bien que peut-être inégale sur la durée, qui vous fera passer un bon moment de divertissement auprès de deux protagonistes qui vont devoir combattre ensemble leurs propres démons afin d’espérer bâtir une relation sereine et à la hauteur de l’attirance et de la passion qu’ils éprouvent l’un pour l’autre.

Le mois de la romance (février 2021) : ma PAL #MDLR2021

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

Alors que la romance a longtemps été la grande absente du blog, je m’y suis mise petit à petit, avant de franchement adhérer au genre. C’est donc avec plaisir que, pour la deuxième année consécutive, je participe au mois de la romance, un challenge littéraire mis en place par Ludo du blog et de la chaîne Youtube, Prends un livre et détends-toi.

Pour tous les détails, je vous invite à visionner sa vidéo :

Parmi les différents niveaux proposés, j’ai opté pour Passionnément consistant à lire 9 romans dont au moins 4 choisis en fonction des consignes ci-dessous :

Peut être une image de texte qui dit ’10 consignes: Du jaune s”r la couverture. Lire auto -édité(e) -Un tome de saga (pas le 1er) Le livre se passe en France. Une autrice coup de coeur de 2020. Un poche. Un ennemies to lovers. Avec des avocats (le métier, pas le fruits -LGBT BT. -Plus de 400 pages.’

Pour cette sélection, j’ai mis des romans 100% romance, mais également des livres de fantasy qui accordent une belle place à la romance…

Romans avec consignes

  • Du jaune sur la couverture : Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? 
  • Un ennemies to lovers : Dating you hating you.
  • Avec des avocats : Conflits, amour et préjudices.
  • Lire un auto-édité : Albertine.
  • Lire un poche : Adopted love.
  • Plus de 400 page : From blood and ash.
  • Un tome de saga : Blood and Honey.

Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? par FlynnDating you, hating you par LaurenCouverture Conflits, amour et préjudices

Couverture Albertine, tome 1 : Un coeur de pirateCouverture Adopted Love, illustré, tome 1Couverture Blood and Ash, book 1: From Blood and Ash

Couverture Serpent & Dove, book 2: Blood & Honey

Romans choisis librement 

Couverture Le Peuple de l’Air, tome 1 : Le Prince cruelCouverture Francesca Cahill, tome 1 : Un odieux chantage

Et vous, participez-vous au challenge ?
Avez-vous déjà lu certains de ces livres et/ou certains vous tentent-ils ?

 

Le mois de la romance (février 2020) : mes prévisions de lecture

Si vous me suivez depuis un moment sur le blog, vous avez probablement noté que la romance n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement. Mais ayant décidé cette année de varier un peu plus mes lectures, j’ai eu envie de participer au Mois de la romance, un challenge organisé par Ludo du blog et de la chaîne youtube Prends un livre et détends-toi !

Le challenge se déroule durant tout le mois de février. Pour participer, il vous suffit de choisir l’un des paliers proposés puis de sélectionner vos lectures, moitié librement, moitié selon des consignes.

Pour tous les détails, je vous invite à consulter l’article et/ou la vidéo de Ludo.

Pour ma première participation, j’ai opté pour le premier palier soit lire 2 livres et j’ai décidé de suivre la consigne lire un livre avec du bleu sur la couverture.

Voici la PAL dans laquelle je compte piocher au cours du mois :

Couverture Austen WentworthCouverture Le Chapardeur des cœursCouverture The Beautiful, book 1

Couverture La tête dans les étoilesCouverture PiégésCouverture Un bon parti

BONUS

J’aimerais profiter du challenge pour sortir des shojos de ma PAL numérique  :

Et vous, participez-vous au challenge ?