Les aventures d’Alduin et Léna – tome 1 : Les guerriers de glace, d’après le roman d’Estelle Faye

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Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont devenus les meilleurs amis du monde alors que tout les sépare : Alduin est le fils du chef ; Léna est la fille de la guérisseuse.

Lors d’une promenade en forêt, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, revienntn au village pour enlever une jeune fille. Un soir Alduin apprend que les villageois sont prêts à sacrifier son amie pour épargne leurs filles !
Léna décide alors de s’enfuir.

Jungle (9 juillet 2020) – 48 pages – 11,95€

AVIS

Cette BD est l’adaptation graphique d’un roman d’Estelle Faye que je n’ai pas encore lu, mais que je le lirai avec plaisir, ayant beaucoup apprécié cette belle aventure menée tambour battant.

Tous les 8/10 ans, le village de Rosheim doit livrer une jeune femme aux terribles Guerriers de Glace. Une situation cruelle et inacceptable contre laquelle les villageois se sont par le passé révoltés. Mais en absence de leur héros disparu, ils décident cette fois de céder en leur livrant Léna, la fille de la guérisseuse. Après tout, n’est-elle pas plus ou moins une sorcière et puis, sans frère, père ou fiancé pour la protéger, n’est-elle pas la victime toute désignée ?

J’ai été horrifiée et révoltée par la lâcheté des hommes du village. Si je peux aisément comprendre qu’aucun ne souhaite sacrifier sa propre fille, il est beaucoup moins pardonnable de voir la rapidité avec laquelle ils désignent une victime et les critères sur lesquels ils se basent pour le faire…

Heureusement, quand Alduin découvre par hasard le sort terrifiant et révoltant que l’on réserve à sa meilleure amie, il décide de fuir à ses côtés. Commence alors pour les deux amis une aventure périlleuse durant laquelle ils feront la connaissance d’un homme balafré et plutôt mystérieux. Peuvent-ils lui faire confiance ou doivent-ils se méfier de la diligence avec laquelle il s’est spontanément proposé de les aider ? Et si leur bienfaiteur n’était pas un total inconnu ? Une question qui m’a taraudée pendant une bonne partie de la BD, l’autrice semant le doute dans l’esprit d’Alduin et des lecteurs !

Alors que je m’attendais à une histoire assez classique, l’autrice a réussi à agréablement me surprendre par une révélation audacieuse qui donne une tout autre saveur à ce récit… Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que je n’avais rien vu venir. Et cela ne m’arrive pas si souvent, et encore moins dans un roman ou une BD jeunesse.

Au-delà de la fin très finement amenée, j’ai adoré les liens unissant nos deux jeunes héros courageux, complices, complémentaires et solidaires. On sent qu’ils sont prêts à tout pour veiller l’un sur l’autre, ce qui les rend extrêmement attachants et attendrissants. L’autrice nous propose donc une belle et tendre amitié dans laquelle les jeunes lecteurs pourront aisément se projeter.

Nathaniel Legendre a réussi à condenser et retranscrire de manière dynamique, immersive et prenante un roman faisant 120 pages. Mais ce qui fait également le charme et la force de cette adaptation, ce sont les magnifiques illustrations d’Elisa Pocetta et d’Antonio Baldari. J’ai été éblouie par leur beauté, la délicatesse des traits des visages et leur expressivité. Les regards et mimiques restitués avec force permettent ainsi de ressentir avec acuité chacune des émotions des personnages, d’autant que les occasions de s’arrêter sur les visages sont nombreuses. Je tenais également à souligner l’excellent et lumineux travail de colorisation de Simona Fabrizio qui fait passer les illustrations de magnifiques à somptueuses !

Illustration Les aventures d’Alduin et Léna - tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye

En bref, j’ai tout adoré dans cette BD qui a frôlé le coup de cœur : les magnifiques illustrations lumineuses tout en rondeur et à l’expressivité certaine, les couleurs somptueuses qui donnent un air féerique à l’histoire, le duo adorable et attachant, les doutes quant à l’homme qui va aider nos héros, la fin que je n’avais absolument pas anticipée. C’est indéniablement une très belle aventure qui divertira et enchantera petits et grands lecteurs !

Livre lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

A.S.T. L’Apprenti Seigneur des Ténèbres, Ced et Jean-Philippe Morin

Couverture A.S.T., tome 1 : L'Apprenti Seigneur des Ténébres

Dans un monde d’Héroïc Fantasy anachronique, un minuscule anti-héros veut devenir le plus terrible et redouté Seigneur des Ténèbres de tous les temps… pas évident d’y parvenir avec pour seule garde rapprochée, Gonzague gobelin bossu et stupide (quoique) et Slurp monstre aussi sympathique que doux. Ainsi accompagné, la tache s’avère quasi insurmontable pour notre héros masqué… « AST», série BD née de l’imaginaire de Cédric Asna et de Jean-Philippe Morin devrait séduire par son ton facétieux, drôle et malin, petits et grands !

Éditions Sarbacane (5 mars 2014) – 44 pages -12,50€

AVIS

Après des heures bien sombres, les terres d’Alkyll connurent une paix bien méritée, mais les choses pourraient bien changer avec l’arrivée d’un apprenti Seigneur des Ténèbres qui rêve de conquérir le monde. Mais avant de se lancer dans cet ambitieux et vaste projet, il va déjà falloir arriver à se faire enregistrer par l’administration et là, ce n’est pas gagné. En effet, si les dompteurs de chèvres sont déjà référencés dans les registres, le poste de Seigneur des Ténèbres est, quant à lui, inconnu au bataillon… Le début d’une longue liste de déconvenues pour un apprenti qui aurait peut-être dû choisir une carrière un peu plus classique. Quoique cela aurait été diablement moins drôle pour les lecteurs !

D’un ton plein d’humour et non dénué de piquant, l’auteur nous narre donc les mésaventures d’un apprenti Seigneur des Ténèbres qui va très vite réaliser que conquérir le monde et le plonger dans les ténèbres, ce n’est pas, mais alors pas une mince affaire du tout. Il faut dire que le pauvre, il n’est pas aidé ! En embauchant deux créatures pas des plus futées, mais qui avaient le mérite de travailler gratuitement, il pensait obtenir un soutien efficace quand il récolte surtout des gourdes à répétition ! Et puis, difficile d’être crédible dans votre rôle d’apprenti dominateur du monde quand vos collaborateurs préfèrent passer le balai et jouer à cache-cache avec votre captive que terrifier la population…

L’enchaînement des gags, très bien amené, ne manquera pas de faire sourire les jeunes lecteurs, mais également les lecteurs plus âgés, l’auteur multipliant les références au monde des adultes : lourdeurs administratives, joie des rendez-vous avec une conseillère Pôle emploi plus vraiment en phase avec le marché, exploitation des salariés, recherche de maison ou, plutôt, d’un repère secret et lugubre…

Tout au long de la lecture, on s’amuse, en savourant les différents degrés d’humour de cette BD qui m’a permis de passer un très bon moment de divertissement léger et sans prise de tête. Une légèreté qui passe également par les illustrations et les couleurs colorées et vives qui tranchent avec les desseins bien sombres d’un être qui tend bien plus à nous faire rire que trembler. De le voir si malchanceux dans ses plans, on en viendrait presque à le plaindre et à lui souhaiter bonne chance dans ses velléités de conquête du monde.

AST : L'apprenti Seigneur des Ténèbres (1) – Éditions Sarbacane

Après un premier tome aussi drôle que savoureux, je compte bien poursuivre la lecture de cette série qui devrait ravir les lecteurs en quête d’une aventure colorée, vive et amusante qui détourne avec dérision, et non sans une certaine pertinence, aussi bien les travers de la société humaine que les codes d’un genre que je lis peu, mais que j’apprécie, l’heroïc fantasy. Une BD à lire seul ou en famille, les malheurs de notre Apprenti Seigneur des Ténèbres pouvant plaire à un large public.

BD lue dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Paul Dewandre, Jif et Nathalie Jomard

Couverture Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (BD), tome 1

Vous vous demandez peut-être pourquoi la vie entre Homme et Femme ne coule pas toujours de source ? Tout simplement parce que nous venons de deux planètes différentes. Par conséquent, nous ne parlons pas le même langage et n’avons absolument pas le même fonctionnement. Mais, pas de panique, ne préparez pas tout de suite le formulaire de divorce, il est tout à fait possible de se comprendre et même, si si, de vivre en parfaite harmonie ! Alors n’hésitez pas à venir déchiffrer les codes de votre conjoint(e) avec humour.

Jungle (21 septembre 2011) – 64 pages – Nouvelle version disponible

AVIS

Tiré du livre de John Gray que je n’ai jamais lu, cette adaptation graphique me tentait bien plus, peut-être pour le côté coloré et plein de peps des illustrations qui sont, pour moi, le vrai atout charme de cet ouvrage. De la rondeur des traits, aux mimiques en passant par l’expressivité des visages, tout m’a séduite dans le travail de Nathalie Jomard.


J’ai entendu parler du livre de John Gray il y a quelques années quand une amie, dont le couple battait de l’aile, tentait d’y trouver des pistes pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pour les plus curieux et sans réelle surprise, cela n’a pas marché… Mais j’avais gardé en tête son enthousiasme devant les propos de l’auteur destiné à améliorer la communication au sein du couple en éclairant ses membres sur les spécificités supposées du sexe opposé.

Autant le dire tout de suite, le simple postulat de départ me déplaît fortement puisqu’il me semble réducteur et dangereux d’enfermer une personne dans les stéréotypes associés à son sexe. Si je reconnais volontiers les différences physiques entre les hommes et les femmes, les différences de comportement s’expliquent, pour moi, bien plus par le poids de l’éducation et des conventions que par le sexe en lui-même… Il m’apparaît alors plus judicieux de comprendre en quoi la société formate les individus, et comment y remédier, que d’essayer de faire perdurer les stéréotypes en associant tel ou tel comportement à un sexe.

J’ai donc choisi de parcourir cette BD en considérant qu’il s’agissait plus d’un ouvrage tournant en dérision les clichés liés au sexe qu’un réel guide pour améliorer la communication et assurer la pérennité d’un couple. Et avec cette perspective, je reconnais que certaines planches m’ont fait sourire sans pour autant me séduire outre mesure. Seule l’ambiance graphique qui insuffle beaucoup d’humour et de bonne humeur à l’ouvrage a suscité chez moi un réel enthousiasme.

Quant à une lecture plus littérale de la BD, elle aurait eu tendance à très vite m’agacer parce que non, être une femme ne signifie pas, par exemple, avoir besoin d’entendre tous les quatre matins « je t’aime » comme être un homme ne veut pas dire s’enfermer dans sa « caverne » à la moindre contrariété. Les humains sont, fort heureusement, bien plus complexes et nuancés que cela. Quant aux conseils non sollicités, je pense pouvoir dire qu’il n’y a nul besoin d’être un homme pour ne pas particulièrement les apprécier. Certaines planches et situations du quotidien devraient néanmoins vous parler bien que personnellement, en fonction des circonstances, je me sois autant reconnue dans les réactions de l’homme que de la femme.

Si certains lecteurs cherchent dans cet ouvrage un moyen d’améliorer leur relation avec leur moitié, j’aurais tendance à leur dire de passer leur chemin parce qu’ils n’obtiendront rien de concret ni même de pertinent. Pire, cette BD donne l’impression qu’être en couple est éreintant et demande des efforts de tous les instants comme s’il fallait toujours être sur ses gardes face à l’autre. Difficile dans ces conditions de créer une réelle complicité… Si la communication demeure le ciment d’un couple, les stratégies proposées dans cette BD pour communiquer et correspondre à ce que l’on pense que l’autre attend de nous me semblent, en revanche, le meilleur moyen de perdre tout élan de spontanéité. N’est-il pas préférable de comprendre sa compagne ou son compagnon dans toute sa singularité plutôt que d’essayer de le cerner et d’agir en fonction des supposées caractéristiques de son sexe ? 

En conclusion, on retiendra de cet ouvrage ses illustrations pleines de couleur, de peps et de mordant qui offrent une jolie bouffée d’air frais en ces temps de confinement. Quant au fond, il pourra vous faire sourire à condition de prendre les différentes planches au deuxième, voire au troisième degré. Dans le cas contraire, l’avalanche de stéréotypes et autres clichés ne devrait pas manquer de vous faire grincer des dents…