L’Agence Pendergast – Le Prince des ténèbres, Christophe Lambert

J’avais déjà repéré L’Agence Pendergast de Christophe Lambert autant pour la couverture que le résumé. J’ai donc été ravie de voir qu’il faisait partie des vingt livres disponibles dans le cadre du Challenge NetGalley. Merci aux éditions Didier jeunesse et à NetGalley pour ce très bon moment de lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’Agence Pendergast est une organisation très secrète cachée sous Ellis Island. Sa spécialité est de repérer et d’intercepter grâce à ses supers agents chaque créature paranormale qui arrive dans le flot des immigrants. Sean Donovan, un jeune voleur de rue, filou et intrépide, pourrait bien être la nouvelle recrue de l’Agence et faire équipe avec Joe l’Indien cogneur et Célia la liseuse de cartes.

Didier Jeunesse (3 avril 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

New-York, fin du XIX e siècle, Sean, 15 ans, pickpocket plutôt doué, détrousse un homme sans se rendre compte que celui-ci était sous bonne surveillance ! Le voilà donc avec un Indien à ses trousses qui semble bien décidé à reprendre l’objet subtilisé à son ami. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une situation bien fâcheuse pour l’adolescent va se transformer en une étrange et fabuleuse opportunité.

L’homme détroussé, M. Pendergast, se révèle être à la tête d’une agence spéciale qui traque et gère de manière, plus ou moins définitive, les êtres surnaturels qui n’ont pas vraiment envie de côtoyer pacifiquement les humains. Et coup de chance pour Sean, il aurait bien besoin de ses talents dans sa lutte acharnée contre le mal !

Bien que voleur et opportuniste, Sean est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée. Il faut dire qu’élevé depuis son plus jeune âge par un mafieux pas vraiment du type conciliant et chaleureux, il ne peut que toucher le lectorat. J’ai, en outre, apprécié que malgré son activité de pickpocket, il ne soit pas sans foi ni loi et suive son propre code moral : pas de veuves, pas de démunis… parmi les personnes qu’il vole. Une déontologie qui ne va pas plaire, mais alors pas du tout, à son « protecteur ». Dans ces conditions, sa rencontre avec l’Agence se révèle quelque peu providentielle, qu’il accepte de le reconnaître ou non.

Sean évolue au fil de l’intrigue et de ses rencontres avec les autres membres de l’Agence Pendergast qui se révèlent tous, chacun à leur manière, attachants. Le directeur qui a donné son nom à l’organisation semble avoir bon cœur au grand dam de Célia, une jeune femme au fort caractère, qui aimerait bien que son patron soit un peu plus méfiant…  Mais l’agence ne serait pas l’agence sans ce vieil excentrique, accompagné de son fidèle chien, qui veille à proposer des armes et autres gadgets originaux, et plus ou moins fiables, pour aider les agents à traquer et maîtriser les créatures qui hantent les rues de New York.

Quant à Joe l’Indien, bien qu’il ait une présence indéniable, ce n’est pas le plus accueillant des membres. Il faut dire que sa relation avec Sean étant partie sur de mauvaises bases, les interactions entre les deux personnages vont donner lieu à quelques étincelles et de nombreux échanges de piques. Ils ne s’aiment pas, et ils ne s’en cachent pas ! Au-delà de cette relation qui ne manque pas de piquant, l’auteur aborde avec subtilité et efficacité un sujet plus sérieux : les préjugés. Ses parents ayant été tués par des Indiens, Sean se méfie de ceux-ci et plus particulièrement de Joe qu’il n’hésite d’ailleurs pas à affubler de surnoms ridicules. Mais au fil des péripéties, et grâce à Célia, il va finir par comprendre que ses idées ne sont que des préjugés qui ne reflètent en rien la réalité.

En plus des personnages, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le bestiaire mis en place dans le roman, l’auteur n’hésitant pas à mélanger des êtres issus de différentes époques. Les centaures côtoient ainsi les sorcières, vampires et autres charmantes créatures ! Un mélange explosif pour une ville qui n’est pas consciente d’abriter une faune diverse et variée, et pas forcément des plus conciliantes. Heureusement que l’Agence veille au grain et s’assure de garder la situation sous contrôle.

Le livre étant à destination des enfants, les chapitres sont relativement courts, et le récit mené tambour battant. Pris dans l’action, on suit donc sans ennui et avec beaucoup de plaisir les (més)aventures de Sean qui va devoir affronter, en plus de son terrible père adoptif, une créature aussi fascinante que dangereuse. Les adultes regretteront peut-être que l’histoire aille un peu trop vite, mais cela ne m’a pas dérangée appréciant la manière dont l’auteur a su concilier concision et immersion. Les descriptions sont ainsi relativement succinctes, mais assez parlantes pour nous immerger complètement dans l’histoire. Les quelques illustrations distillées par-ci par-là tout au long du roman rendent, quant à elles, l’expérience de lecture encore plus immersive.

En conclusion, riche d’un bestiaire étoffé qui mêle allègrement des créatures venant de différentes périodes et cultures, ce roman plante le décor d’une série qui s’annonce pleine d’action, de magie, d’humour et de rencontres palpitantes. Alors n’hésitez pas à pousser les portes de l’Agence Pendergast, et venir à la rencontre de ses truculents agents !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Didier Jeunesse.

L’arrache-mots, Judith Bouilloc

J’ai lu L’arrache-mots de Judith Bouilloc dans le cadre du Challenge Netgalley, mais n’avais pas encore pris le temps de publier ma chronique. Je remercie le site ainsi que les éditions Hachette pour cette excellente lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La jeune Iliade a un don merveilleux : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie. Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale !

Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

Hachette Romans (22 mai 2019) – 280 pages – Broché (15,90€) – Ebook (10,99)

AVIS

Le résumé était tentant, la couverture sublime ! Il n’en fallait pas bien plus pour me donner une furieuse envie de découvrir ce livre que j’ai adoré.

Dès les premières pages, je suis tombée sous le charme du récit, de l’univers et de la plume de l’autrice un peu comme je l’avais été avec La Passe-Miroir de Christelle Davos. On retrouve d’ailleurs ici quelques points communs comme une héroïne possédant un étrange don, une demande en mariage qui a de quoi laisser perplexe, un voyage pour rencontrer le futur mari aux côtés d’un chaperon qui sort les crocs (ou plutôt ici du feu) en cas de besoin, un fiancé plus proche du rustre que du prince charmant…

Mais je vous rassure, nous ne sommes pas dans une pâle copie de l’une de mes séries préférées, Judith Bouilloc nous offrant une intrigue avec ses propres particularités et enjeux. Nous découvrons ainsi Iliade qui possède un fascinant don, celui de littéralement animer les livres. Cette arrache-mots très douée enchante donc les usagers de la bibliothèque où elle exerce sa profession de bibliothécaire. Passionnée de littérature, aucun autre métier n’aurait pu la rendre plus heureuse…

C’est donc avec tristesse, mais avec l’envie de s’éloigner de celui qui lui a brisé le cœur, qu’elle accepte d’aller à la Capitale pour en apprendre plus sur cette très inattendue demande en mariage d’un homme dont elle ne sait rien si ce n’est qu’il est lié à la famille royale. Un début qui ne laisse présager rien de bon d’autant que ce fiancé mystère ne semble pas pressé de se présenter à sa promise malgré son arrivée remarquée à la cour.

J’ai pris beaucoup de plaisir à voir se nouer la relation entre Iliade et son fiancé, ces deux personnages ayant, en début d’intrigue, quelques difficultés à se comprendre. Il faut dire que malgré son éloquence dans sa vie professionnelle, cet homme est bien moins loquace dans la vie de tous les jours… On apprend heureusement, aux côtés d’Iliade, à voir au-delà les apparences, et on se rend compte que derrière une certaine froideur se cache un homme attachant et d’une grande bonté.

Quant à Iliade, je l’ai simplement adorée ! Rat de bibliothèque qui a une légère tendance à vivre à travers ses livres, je n’ai pu que m’identifier à elle ou, du moins, me sentir très proche d’elle. Sensible et gentille sans être niaise, elle saura garder la tête froide face aux fastes de la cour et aux méchancetés dont elle ne manquera pas d’être victime. Et puis il faudra bien sa force de caractère pour faire vaciller les barrières d’un certain homme qui trouvera en elle bien plus qu’une arrache-mots.

La seule chose que j’ai un peu regrettée est que le talent d’Iliade ne soit pas plus exploité. Il lui sera utile pour affronter certaines situations, mais j’aurais aimé que cet aspect du roman soit bien plus développé. Or le roman étant assez court, l’autrice semble avoir préféré se focaliser sur la romance. Je dois avouer que, pour une fois, cela ne m’a pas dérangée outre mesure ayant trouvé les deux personnages attendrissants et plutôt mignons dans leurs interactions. Leur relation évolue assez rapidement ce qui ôte peut-être un peu au côté dramatique du livre, mais j’ai apprécié que le jeu du chat et de la souris ne s’éternise pas…

Quant à l’aspect politique du livre, il apporte un certain suspense, la monarchie en place semblant sur le point d’évoluer, ce qui ne plaira pas à tout le monde… Là où nous avons l’habitude de rois despotiques, l’autrice nous offre un roi humaniste aux tendances révolutionnaires qui suscite admiration et empathie chez les lecteurs, et des sentiments bien plus négatifs chez certains membres de la cour. Entre faux-semblants et complots, Iliade va d’ailleurs devoir faire attention de ne pas être prise en étau entre deux camps aux objectifs bien différents…

Autre atout charme de ce livre que j’ai dévoré, la plume tout en finesse et élégance de l’autrice. Bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’écriture est travaillée et plutôt lyrique tout en demeurant très accessible. Bercés par les mots de l’autrice et la facilité avec laquelle Iliade leur fait prendre vie, vous ne devriez donc pas voir les pages défiler. Vous devriez également vous émerveiller de la subtilité avec laquelle Judith Bouilloc insuffle son amour des livres à travers son héroïne. Par son intermédiaire, Flaubert, Victor Hugo, Baudelaire, La Fontaine et tant d’autres auteurs qui ont marqué le paysage de la littérature française, mais pas que, viendront ainsi enchanter de leur magnifique présence le récit.

En conclusion, en nous plongeant aux côtés de deux protagonistes que tout oppose dans un monde où le pouvoir des livres est source de changement et d’émerveillement, l’autrice nous offre une très jolie histoire d’amour teintée de mystère et de cette magie qui imprègne le cœur de chaque lecteur. Bien écrit et enchanteur, voici un roman que je recommande à tous les amoureux des mots, des livres et de l’amour.

Feuilletez l’ouvrage sur le site des éditions Hachette Romans.

 

Salomé et les femmes de parole, Nathalie Charles

Couverture Salomé et les femmes de parole

Je remercie NetGalley et les éditions Rageot pour m’avoir permis de découvrir Salomé et les femmes de parole de Nathalie Charles.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Salomé entre en 6e, dans un tout nouveau collège. Rêveuse, amoureuse des mots grâce à sa mère traductrice, inventrice d’interviews imaginaires, elle est qualifiée d’« intello » par certains. Timide, elle sait réagir face à l’injustice. Sa grande rivale en classe est Capucine, déléguée et initiatrice de rumeurs. Bientôt, Salomé relève un défi : proposer un nom pour le collège. À cette fin, elle doit être parrainée par un professeur et faire un exposé devant ses pairs pour les convaincre de voter en sa faveur. Capucine se lance aussi dans ce défi. Quel personne célèbre va choisir Salomé ? Dans ce collège, parmi tous ses camarades, saura-t-elle trouver sa place ?

Rageot Éditeur (9 mai 2019) – 9/12 ans – Broché (12,90€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Faire son entrée au collège, c’est toujours une grande étape dans la vie d’un enfant… Mais Salomé peut heureusement compter sur le soutien de sa meilleure amie, Emma, qu’elle aura d’ailleurs la chance de retrouver dans sa classe. Malgré cette bonne surprise, tout n’est pas rose au collège ! Entre les moqueries des autres élèves de sa classe, les rivalités et les injustices, Salomé aura de quoi occuper ses journées.

N’oublions pas non plus ce projet qui mobilisera une bonne partie des collégiens : la délicate tâche de trouver un nom à ce collège fraîchement sorti de terre. Alors que les esprits s’échauffent et que la compétition fait rage, Salomé est bien décidée à proposer le nom d’une personnalité qui a marqué les esprits, mais qu’on ne retrouve pas à chaque coin de rue… Et parce qu’une conversation avec sa cousine lui a permis d’ouvrir les yeux sur certaines inégalités, la collégienne désire honorer la mémoire d’une femme. Reste à choisir l’heureuse élue…

Il y a donc une touche de féminisme bienvenue dans cet ouvrage qui montre à quel point toutes ces femmes célèbres, qui ont pourtant contribué à façonner le monde d’aujourd’hui, sont peu représentées dans l’espace public. C’est donc avec plaisir que l’on suit Salomé dans sa recherche du nom idéal, celui d’une femme ordinaire qui a fait quelque chose d’extraordinaire. Je ne vous gâcherai pas la surprise, mais je dois dire que je trouve le choix de Salomé très bien trouvé, le combat de cette femme héroïque étant hélas toujours d’actualité…

Si cette question du futur nom de l’établissement scolaire et les tensions qu’elle fait émerger forment le fil conducteur du roman, Nathalie Charles évoque également d’autres thèmes qui ne manqueront pas de parler aux enfants : les peurs liées à un nouvel environnement et à de nouvelles habitudes, les moqueries des autres quand on a le malheur de ne pas entrer dans la norme, les complexes, les professeurs qui ne semblent pas toujours très justes, le manque de confiance en soi, mais aussi l’amitié, l’entraide, la nécessité de croire en ses rêves et d’affronter ses peurs, la famille…

Bien que mes années collège soient dorénavant loin derrière moi, les aventures de Salomé et de ses amis ont néanmoins fait remonter quelques souvenirs à la surface comme cette étiquette d’intello qu’on a tôt fait de vous coller à la peau… Mais contrairement à la collégienne timide que j’étais, Salomé a assez de caractère pour se défendre, et prouver à la peste de sa classe, la stupidité de ces étiquettes distribuées à l’emporte-pièce. Salomé m’a ainsi épatée par son intelligence, sa capacité d’adaptation et la force de ses convictions. Elle ne tombe jamais dans la provocation, mais va jusqu’au bout de ses idées, ce qui la rend aussi attachante qu’intéressante.

Cette force de caractère est encouragée par le cadre familial stable dans lequel évolue la jeune fille. Si je regrette parfois l’éviction des parents dans les livres jeunesse, l’autrice a brossé ici le portrait d’une famille unie et soudée avec une mère interprète occupée mais toujours à l’écoute, un père stressé mais impliqué dans l’éducation de ses enfants, un grand frère peu intéressé par l’effort intellectuel, et une grand-mère très jeune d’esprit aussi douée pour faire de bons petits gâteaux que donner de bons conseils… Un portrait familial touchant et réaliste qui nous donne l’impression d’entrer de plain-pied dans la vie de cette charmante famille qu’on a d’ailleurs bien du mal à quitter. 

En conclusion, d’une plume simple mais très agréable, Nathalie Charles nous immerge dans la vie d’une jeune fille à laquelle il est bien difficile de ne pas s’attacher, et ceci quel que soit l’âge du lecteur. Entre l’entrée dans cette année de 6ème tellement redoutée, l’amitié, les rivalités, et une mission à laquelle elle se donne complètement, Salomé va vivre des moments forts qui la feront grandir, et lui prouveront l’importance de se battre pour ses valeurs… Voici une collégienne pleine de courage qui ne devrait pas manquer d’inspirer les enfants et leur donner envie de découvrir la suite de ses aventures.

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Rageot.

Double 6, Emmanuel Trédez

Je remercie NetGalley et les éditions Didier jeunesse pour cette lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hadrien est porté disparu. On le soupçonne d’avoir fugué. Deux policiers font irruption dans sa classe et mènent une série d’interrogatoires auprès des collégiens.
Car Hadrien est un véritable mystère. Personne ne connaît le secret de ce garçon aux multiples facettes… Tantôt effacé, tantôt bagarreur, excellent élève le lundi et mauvais le mardi, il semble avoir réussi à se mettre tout le monde à dos. Sa petite amie elle-même ne comprend rien à ce garçon qui lui envoyait des poèmes avant de la repousser brutalement… Est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Sa disparition pourrait bien bouleverser toutes les certitudes de ses proches ! Fugue, enquête, double jeu…

Didier Jeunesse (9 mai 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Double 6, double je… Un adolescent, deux personnalités !

Quand deux agents de police accompagnés de la grand-mère d’Hadrien débarquent dans la classe du collégien, ses camarades apprennent sa disparition. Fugue ou événement plus grave ?

Il faut faire vite afin de retrouver le jeune homme, sain et sauf de préférence. Les policiers entreprennent donc une série d’interrogatoires et recueillent les confidences des élèves les plus susceptibles de leur donner des informations sur le disparu : son meilleur ami, un camarade de foot, sa petite amie, et même son « ennemi » avec lequel il a eu récemment maille à partir.

De ces interrogatoires menés avec beaucoup de délicatesse, se dresse le portrait d’un adolescent énigmatique et tout en contradictions. Charmeur un jour, distant le lendemain, très doux tout en étant capable d’une grande violence, plein d’assurance quand il s’agit de faire rire ses camarades, mais victime d’une attendrissante timidité lors de ses interventions en classe… Difficile de savoir que penser de cet adolescent, sorte de version collégienne de Dr. Jekyll and Mr. Hyde.

Ce double jeu pimente la lecture puisque l’on ne peut s’empêcher de former un certain nombre d’hypothèses pouvant expliquer une telle inconstance et un comportement aussi déroutant. Un suspense renforcé par les interrogatoires qui nous donnent l’impression d’assister à une vraie enquête policière. Puis la vérité se lève sur Hadrien, un adolescent aux multiples facettes qui se dévoile à nous dans toute sa sensibilité.

Et de la sensibilité, il y en a dans ce joli roman qui est pour l’auteur l’occasion d’aborder différents sujets comme la famille, le deuil et la manière dont chacun y fait face, les premiers sentiments amoureux et cette question obsédante du premier baiser qui a hanté et hantera encore de nombreuses personnes, la confiance en soi, la pression parentale qui place la réussite scolaire au centre de tout quitte à faire peser un poids bien trop lourd sur les épaules d’adolescents en construction, les mensonges et leurs conséquences…

Des sujets qui parleront aux jeunes lecteurs qui, je n’en doute pas, arriveront sans peine à s’immerger pleinement dans le récit et à s’identifier aux différents personnages et aux problématiques qu’ils rencontrent. Pour ma part, même en tant qu’adulte, j’ai pris plaisir à suivre le mystère qui entoure Hadrien d’autant que la plume de l’auteur m’a séduite. Simple afin de rester accessible au public visé, les 9/12 ans, elle n’en demeure pas moins agréable et rythmée.

Cerise sur le gâteau, le roman est entrecoupé d’haïkus, ces poèmes japonais à la structure si reconnaissable qui, derrière leur brièveté, cachent une grande intensité. Poète dans l’âme, Hadrien se révélera plutôt doué dans ce domaine, un talent dont il fera profiter sa bien-aimée. Ce trait de sa personnalité ne pourra que séduire les amoureux des mots, ses compositions ne manquant ni de justesse ni d’humour.

En conclusion, grâce à un personnage intrigant à la personnalité complexe, l’auteur plonge ses lecteurs, petits et grands, dans une histoire prenante qui alterne habilement entre mystère et réflexions pertinentes autour de l’adolescence…

Lire un extrait du roman sur le site des Éditions Didier Jeunesse.

Quand l’amour s’en mail, Tamara Balliana

Quand l'amour s'en mail par [Balliana, Tamara]

Je remercie NetGalley et Montlake Romance (Amazon) pour m’avoir permis de découvrir Quand l’amour s’en mail de Tamara Balliana.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand sa meilleure amie lui demande d’être son témoin de mariage, Solène est aux anges et décide de lui organiser un enterrement de vie de jeune fille dont elle se souviendra ! Pour cela, elle écrit à Léonie, surnommée « Léo », la sœur de la future mariée… Mais à cause d’une erreur de destinataire, c’est Léo, architecte parisien et homonyme de Léonie, qui lui répond !

Débute alors une correspondance qui devient de plus en plus personnelle à mesure que les jeunes gens se découvrent l’un l’autre. Mais quand Léo propose à Solène de se rencontrer enfin, elle refuse catégoriquement. Bien décidé à connaître le visage de sa mystérieuse amie virtuelle, Léo s’obstine… Solène lui cacherait-elle quelque chose ? La complicité qu’ils ont développée derrière leurs écrans résistera-t-elle à l’épreuve du réel ?

Montlake Romance (7 mai 2019) – 286 pages – Ebook (2,99€) – Broché (9,99€)

AVIS

J’ai lu ce roman dans le cadre du Challenge NetGalley et du défi lancé par le site de sortir de sa zone de confort livresque. Ne lisant que très peu de romances, ce roman dont j’ai apprécié le jeu de mots dans le titre m’a semblé parfait.

Un choix judicieux puisque j’ai passé un agréable moment de lecture auprès de deux protagonistes terriblement attachants réunis par les caprices du destin. C’est, en effet, en croyant envoyer des mails à la sœur de sa meilleure amie dont elle organise l’enterrement de vie de jeune fille que Solène fera la connaissance de Léo. Elle vit dans le Sud et est à son compte, il vit à Paris et travaille pour le cabinet d’architecte de son père. Deux vies diamétralement opposées qui ne les empêcheront néanmoins pas de nouer des liens forts… Mais passer d’une relation épistolaire 2.0 à une rencontre dans la vraie vie est-ce aussi simple que cela quand l’autre semble avoir de fortes et inexplicables réticences à forcer le destin ? De quoi Solène a-t-elle peur ? Léo arrivera-t-il à la convaincre qu’une vraie rencontre ne pourra que renforcer leur relation ?

Nous sommes dans une romance, vous vous doutez donc du rapprochement entre les deux personnages, mais j’ai aimé la manière dont l’autrice l’a amené. À travers leur correspondance où ils échangent autant sur les petites choses du quotidien que sur les blessures du passé, ils apprennent à se connaître et développent une réelle complicité. On prend donc beaucoup de plaisir à suivre leurs échanges empreints d’humour et de sincérité, chacun d’entre eux n’hésitant pas à faire de l’autre son confident. Il faut dire que les deux personnages partagent des points communs comme cette relation avec leur jumeau respectif qui a fortement marqué leur vie ou le fait d’avoir perdu quelque chose de précieux…

Si le passé de Léo nous est très vite dévoilé, celui de Solène ne le sera que bien plus tard même si l’autrice distille, par-ci par-là, quelques indices pouvant nous mettre sur la voie. Je ne pourrai pas en dire plus sur ce point sans vous spoiler une partie de l’intrigue, mais ce qui est certain, c’est que derrière une jolie romance, Tamara Balliana n’hésite pas à aborder des sujets sérieux sans pathos, mais avec une certaine sensibilité et une bonne dose de réalisme. Elle veille également à casser certains tabous et préjugés que l’on pourrait avoir tout en dévoilant des vérités auxquelles on ne pense pas forcément quand l’on n’est pas directement concerné par le sujet…

J’ai apprécié cette romance sans prise de tête même si, comme dans toute relation, il y aura bien sûr des hauts et des bas, des malentendus et des maladresses. Mais j’ai surtout beaucoup aimé les personnages à commencer par Solène. Jeune femme attachante et indépendante, elle aspire à mener sa vie comme elle l’entend et à faire les choses par elle-même quitte parfois à susciter l’inquiétude de sa famille et de sa meilleure amie, Lætitia. Les deux jeunes femmes se connaissent depuis leur enfance et veille jalousement l’une sur l’autre. Rien d’étonnant donc à ce que le mariage de Lætitia perturbe quelque peu Solène. Elle est bien sûr heureuse pour son amie et son adorable fiancé, mais cet événement la renvoie à une certaine solitude et à quelque chose sur laquelle elle avait fait une croix jusqu’à ce qu’un certain homme fasse une entrée inattendue dans sa vie bien réglée.

Léo est un homme charmant dont on devine, à travers ses mails et sa manière d’être prévenant avec tout le monde, et en particulier avec Solène, une grande sensibilité. Sans être l’homme parfait, il représente néanmoins le genre d’homme avec lequel on a envie de partager de bons moments et de construire une relation sur le long terme. Il a bien sûr ses failles et ses blessures, et il se révèle parfois maladroit, mais cela ne le rend que plus humain et touchant. À mesure que sa relation avec Solène évolue, il semble reprendre confiance en lui et en sa capacité à chercher son propre bonheur avant celui des autres…

Quant à la plume de l’autrice, elle est fluide et plutôt efficace pour retranscrire les émotions de ses personnages. Alors que j’ai parfois des difficultés à croire en l’amour unissant les héros d’une romance, ici, la force des sentiments entre Solène et Léo s’impose à nous, et nous donne l’impression que ces deux êtres étaient faits pour se rencontrer et s’aimer. J’ai, en outre, apprécié que l’autrice ne joue pas sur cette idée de coup de foudre qui déplace des montagnes. Elle nous offre, au contraire, une histoire d’amour réaliste qui se construit petit à petit sans drame inutile, mais sans non plus cette facilité que l’on ne rencontre que dans les contes pour enfants.

En conclusion, réaliste, empreinte d’humour et de sensibilité, Quand l’amour s’en mail est une jolie romance que je vous conseille de découvrir si vous avez envie d’une lecture prenante qui se lit toute seule et dont on ressort le sourire aux lèvres. Légère, tout en abordant avec justesse des thèmes difficiles, cette histoire devrait vous offrir un joli moment de lecture, et la sensation que la vie offre parfois une seconde chance à condition de savoir la saisir.

Feuilletez/achetez le roman sur Amazon.

Challenge NetGalley 2019

Je suis inscrite sur NetGalley même si j’utilise plus le site pour augmenter de manière déraisonnable ma wish list que solliciter des SP.

Toutefois, malgré une PAL qui déborde et enthousiaste à l’idée de me lancer dans un défi collectif, j’ai décidé de m’inscrire au Challenge NetGalley qui se déroule du 9 mai au 6 juin 2019.

Le principe : chroniquer le plus de livres possible parmi une liste prédéfinie de romans dans laquelle vous pouvez piocher. Pour pimenter le challenge, des défis et des conseils seront également au programme…

Parmi les 20 titres proposés, beaucoup me tentent, mais j’ai préféré rester raisonnable en ne téléchargeant que les deux romans que j’avais de toute manière prévu d’acheter, et que je suis certaine de lire :

L'arrache-mots (Hors-séries) par [Bouilloc, Judith]

J’espère avoir le temps de lire également un ou deux romans de cette liste :

Double 6Les DIY de Maélie

Les fleurs sauvagesL'âme du violonLa librairie des rêves suspendus

Pour se joindre à l’aventure, ça se passe sur cette page !

Et vous, pensez-vous participer ?
Avez-vous repéré des titres qui vous tentent ?