The Poet X, Elizabeth Acevedo

The Poet X - WINNER OF THE CILIP CARNEGIE MEDAL 2019 (English Edition) par [Elizabeth Acevedo]

Dans un monde qui ne veut pas l’entendre, elle refuse de rester silencieuse

Résumé : Harlem. Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes.

Jusqu’au jour où un club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiomara, enfin, de trouver sa voix.

AVIS

Je remercie Grâce pour cette lecture commune parce que sans elle, je ne suis pas certaine que j’aurais osé me lancer dans ce roman en raison de sa forme particulière qui m’attirait autant qu’elle me faisait peur. Écrit en vers libres, The Poet X est un petit bijou de poésie, pas du genre de celle qui vous enchante par la beauté des mots, mais plutôt de celle qui vous touche et vous frappe par leur puissance.

Écrire pour mettre des mots sur les maux, écrire sans réfléchir, écrire pour trouver un peu de liberté, écrire pour être soi sans masque ni censure… La poésie devient un exutoire pour Xiamora qui, en plus de devoir faire face aux commentaires et aux regards déplacés sur son corps, doit composer avec une mère profondément puritaine et croyante. Comment ne pas étouffer sous le poids d’une mère qui attend d’elle un comportement exemplaire et une totale dévotion envers Dieu quand elle n’est même pas certaine de croire en une religion qui s’entête à traiter les filles et les garçons différemment ?

Tout au long du roman, on ne peut que ressentir le sentiment de révolte de Xiaomara qui est sans cesse soumise à des injonctions que ce soit envers son corps ou ses pensées. Ses poèmes deviennent alors pour elle le seul moyen de s’exprimer et de partager ses questionnements, ses sentiments et ses états d’âme sans, entre autres, heurter une mère prise dans une foi religieuse virant au fanatisme.

Je dois d’ailleurs dire que sa mère m’a profondément agacée que ce soit en raison de sa manière de tenter de vivre son rêve à travers sa fille ou sa vision étriquée de la foi et sa vision rétrograde des femmes. De fil en aiguille, on comprend son mal-être et sa difficulté à renoncer à cette vie consacrée à la religion dont on l’a privée, mais son fanatisme religieux n’en demeure pas moins intolérable. Une foi imposée mérite-t-elle d’ailleurs seulement le nom de foi ? Heureusement, un homme d’Église fait montre d’un peu plus de retenue et semble comprendre la nécessité de laisser Xiaomara suivre sa propre voie… 

Si sa mère se révèle tyrannique en considérant le corps de sa fille comme un objet de convoitise qu’elle doit garder pur jusqu’à son mariage (une vision bien traditionnelle de la femme qui semble avoir la vie dure) et que son père est plutôt aux abonnés absents, Xiaomara peut compter sur le soutien et la présence de son frère jumeau, un petit génie plus adepte de la réflexion que des poings. Le frère et la sœur ne pourraient être plus différents l’un de l’autre, mais on sent qu’il existe une connexion particulière qui les lie malgré leurs différences et leurs incompréhensions. Le frère n’a pas la combativité de la sœur, mais il essaie, à sa manière, de l’aider et de la pousser à se révéler à elle-même et à la face du monde. Un soutien très discret, voire pudique, que j’ai trouvé assez touchant d’autant que le jeune homme doit faire face à sa propre tempête intérieure…

Aux côtés du frère et de la sœur, se dresse avec une constance sans égale, Caridad. Sage, raisonnable, sincèrement croyante et très respectueuse de ses parents, l’adolescente est un peu l’antithèse de Xiaomara. Jamais blessante ni critique, elle se contente d’être là pour elle et de la soutenir. Aucun jugement de valeur donc, juste une présence rassurante et indéfectible ! C’est le genre d’amie qu’on aimerait tous avoir et la preuve que l’on peut avoir des opinions très différentes, mais être toujours là pour l’autre.

Autre relation positive, celle que va nouer notre héroïne avec un jeune homme qui verra en elle autre chose qu’un corps voluptueux qu’il peut, comme ses camarades, commenter à l’envi. J’ai apprécié la manière dont l’autrice a construit leur relation, l’adolescent se montrant à l’écoute de Xiaomara et ne lui imposant pas des choses pour lesquelles elle ne se sent pas prête. Cela semble normal, mais c’est loin d’être toujours le cas… À cet égard, j’ai particulièrement apprécié une scène dans laquelle est abordé, avec subtilité et beaucoup de justesse, le thème du consentement. L’autrice nous montre qu’une personne a le droit de changer d’avis lors d’un rapprochement physique sans pour autant être insultée, voire pire. Un message qui me semble plus que jamais important de diffuser surtout dans un roman à destination des adolescent(e)s.

Quant à Xiaomara, elle m’a juste bluffée. J’ai été, dès les premières pages, séduite par sa personnalité et son aura de battante qui refuse de se laisser dicter sa conduite. Elle lutte entre l’envie de ne pas blesser sa mère, de survivre sans se laisser marcher dessus dans un quartier où le corps des femmes est sans cesse jaugé et celle d’être enfin elle-même. Une adolescente pleine de ressources avec une capacité de recul impressionnante pour son âge, et surtout une poétesse dans l’âme. Ce que Xiaomara se retient de hurler à la face du monde, elle le couche sur le papier avec frénésie et justesse jusqu’à ce qu’une opportunité lui laisse entrevoir une autre voie, celle du partage et du slam. Une révélation qui ne se fera pas sans heurts, mais qui rapprochera l’adolescente d’elle-même et des siens…

À cet égard, la fin, pleine d’émotions, m’a beaucoup plu et touchée. L’autrice ne tombe pas dans un happy end où tous les problèmes seraient réglés d’un coup de baguette magique, mais elle finit quand même sur une note d’espoir. Et elle nous démontre, une fois de plus, le pouvoir des mots qui rassemblent et unissent malgré la distance, les désaccords et les blessures que l’on peut infliger à ceux que l’on aime, parfois maladroitement…

Avec une économie de mots volontaire et parfaitement maîtrisée, elle frappe le lecteur et s’insère dans son cœur. Aucune envolée lyrique, mais la force brute des mots martelés comme des poings, des mots qui volent, qui fusent, qui touchent et qui font réfléchir. Et les sujets de réflexion sont nombreux : la religion et le fanatisme qui peut parfois en découler, l’homosexualité a fortiori dans une famille extrêmement croyante et un environnement machiste, le libre arbitre, la condition de la femme et le regard/jugement omniprésent sur son corps, les premiers émois amoureux, la découverte de son corps et de la sexualité, le consentement, la quête d’identité et l’affirmation de soi, l’immigration, la confrontation de deux cultures… Le roman m’a d’ailleurs donné envie d’en apprendre plus sur la culture dominicaine dont on a un petit aperçu et sur laquelle je n’avais jamais rien lu.

En conclusion, incisif, puissant et émouvant, The Poet X est un petit bijou que je vous recommande chaudement. Pas besoin d’apprécier la poésie pour se laisser emporter par l’histoire de Xiaomara, une adolescente forte et touchante qui refuse de plier sous le poids de la foi maternelle, de la société et de la concupiscence des hommes, et qui trouve, dans la poésie, un moyen de s’affirmer et de partager ses sentiments, ses espoirs et ses états d’âme.

The Poet X ou quand la force et la puissance des mots remplacent celle des poings !

Retrouvez l’avis de Grâce sur son blog Les notes de Grâce M.

J’ai lu le roman en VO qui est très accessible, mais une version française est proposée par les éditions Nathan.

Signé poète X - Dès 14 ans par [Elizabeth Acevedo, Clémentine Beauvais]

Nathan (29 août 2019) – 384 pages – Broché (16,95€) – Ebook ( 6,49€)
Traduction : Clémentine Beauvais 

In My Mailbox #165

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

  • J’ai fini par craquer et faire un petit tour chez un bouquiniste à proximité de mon domicile. Deux moins sans aucun achat de livres papier, ça commençait à faire beaucoup ! Mais entre la légère crainte d’attraper un certain virus et la buée sur mes lunettes à cause du masque, l’expérience ne fut pas forcément des plus agréables…

Je fais la paix avec mes émotionsRebelle, Album luxe

  • J’ai également reçu une commande Amazon passée il y a un petit moment. Les deux livres sont en allemand parce qu’il y avait une promotion, mais cela ne pose pas de problème puisqu’il s’agit ici d’illustrations qu’il faut reconstituer à partir de stickers numérotés.

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  • Vendredi, j’ai reçu un superbe service presse que j’ai hâte de lire :

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reine

EBOOKS

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

La Mélansire, Estelle Fitz #PLIB2020

Couverture La Mélansire

Avery aimait Nolan, à la folie. Et puis un jour, Nolan l’a quittée et Avery ne s’en est jamais vraiment remise. Un soir, sa meilleure amie lui porte le coup de grâce : c’est avec elle que Nolan l’a trompée et cela fait maintenant près d’un an qu’ils sont ensemble. Ravagée par la douleur, Avery se rend sur le Pont Neuf. Elle ne veut pas mourir, seulement atténuer sa souffrance. Mais quelle est cette lumière qui, au fond de l’eau, l’appelle ? Avery ne réfléchit plus et se jette dans le vide. À son réveil, elle découvre une cité fantastique peuplée par les « Mélansires » : des gens qui, comme elle, ont perdu tout espoir et ont juré d’éradiquer l’amour de la surface de la Terre. Parce qu’elle a plongé dans la Seine, Avery fait désormais partie des leurs. Elle doit renoncer à ses émotions et se rallier à leur cause. Mais est-ce vraiment ce que recherche Avery

Albin Michel (4 septembre 2019) – 224 pages – Broché (13,90€) – Ebook (9,99€)
#9782226442543

AVIS

J’aurais vraiment aimé accrocher, malheureusement, ma lecture fut assez décevante. Estelle Fitz avait pourtant de bonnes idées et suscite d’intéressantes réflexions, notamment sur le deuil, l’amour et sa place au sein de la société. Une société dépourvue d’amour ne serait-elle pas plus pacifique qu’un monde guidé par les émotions et les déceptions qu’elles ne manquent pas d’entraîner ? Trahison, fin de relation, blessures au cœur et à l’âme, solitude…

Si ce thème de l’amour et des affres du cœur ne manque pas d’intérêt, cela ne suffit pas pour construire un roman consistant et, surtout, intéressant. J’ai eu l’impression de passer mon temps à lire les jérémiades d’Avery qui est, du moins si on l’écoute, la personne la plus triste et la plus malchanceuse au monde… Entendons-nous bien, il est normal d’avoir des coups de mou et de se sentir triste, mais au bout d’un moment, on attend autre chose d’une héroïne que de se regarder le nombril et de se complaire dans la souffrance.

Bien que le roman soit relativement court, j’ai trouvé le temps long. Il y a, en effet, un véritable problème de rythme qui m’a donné l’impression soit de faire du surplace soit de tourner en rond. Quelques scènes d’action et quelques révélations/trahisons viennent bien relancer l’intérêt du lecteur, mais l’effet ne dure guère longtemps et on retombe très vite dans une sorte d’inertie désagréable. J’ai d’ailleurs failli abandonner ma lecture à plusieurs reprises me demandant quand mes souffrances et celles d’Avery allaient enfin être abrégées.

J’ai, en outre, été assez gênée par l’insistance avec laquelle l’autrice veut nous faire comprendre que son héroïne est spéciale. J’aurais préféré qu’elle nous le prouve vraiment plutôt qu’elle nous l’assène sans cesse comme pour s’en convaincre elle-même. On peut néanmoins reconnaître à Avery une certaine capacité de résilience : une mère morte en couches, un père adoré qui n’est plus de ce monde, un petit ami qui la quitte du jour au lendemain, la découverte d’une dévastatrice trahison, une dépendance à l’alcool, une psy aussi expressive et bienveillante qu’un morceau de bois… La vie de la jeune fille ne fait pas rêver ; l’après auprès des Mélansires non plus d’ailleurs.

À cet égard, si j’ai regretté que cette idée d’une société secrète et mystérieuse des profondeurs prônant l’éradication de l’amour ne soit pas mieux exploitée, je reconnais l’originalité du concept. J’ai également apprécié la manière dont est questionnée la pertinence d’un tel projet qui, dans une certaine mesure, n’est pas exempt de logique. Mais de fil en aiguille, Avery va se rendre compte que derrière de supposés idéaux, se cache une quête bien plus sombre…

Quant au style de l’autrice, on sent ici qu’il s’agit d’un premier roman puisque l’ensemble manque quelque peu de liant et de naturel avec des phrases qui se veulent parfois poétiques, voire quasi philosophiques, mais qui tombent dans les lieux communs. Toutefois, vu les différents avis lus sur le roman, je m’attendais à bien pire. La plume d’Estelle Fitz mériterait peut-être à gagner en maturité et en profondeur, mais je ne l’ai pas trouvée désagréable.

En bref, La Mélansire contient de bonnes idées, mais le roman mériterait d’être étoffé afin de rendre son univers bien plus immersif et d’offrir aux lecteurs une réelle aventure à se mettre sous la dent. Le titre pourra néanmoins intéresser les personnes se posant des questions quasi philosophiques sur l’amour puisque de ce côté, l’autrice a fourni un travail indéniable…

Je remercie les éditions Albin Michel pour avoir mis ce roman à disposition des membres du jury du #PLIB2020.

Le mois de la bit-lit (juin 2020)

Ludo de la chaîne Youtube et du blog Prends un livre et détends-toi vous propose durant tout le mois de juin un challenge littéraire : le mois de la bit-lit.

La bit-lit est un genre dont je raffolais il y a une dizaine d’années avant de m’en lasser devant l’explosion des scènes de sexe me donnant plus l’impression de lire de la littérature érotique qu’autre chose. Néanmoins, depuis quelques semaines, je m’y suis remise et me régale avec des séries comme Ivy Wilde, Dynasties et, surtout, Kate Daniels.

Le challenge, qui se tient du 1er au 30 juin, tombe donc à point nommé !

Pour le valider, il vous faudra choisir entre quatre niveaux et différentes consignes. Pour ma part, j’ai choisi le niveau sorcière soit lire 6 romans. Parmi ces 6 livres, je peux en choisir 3 librement et 3 en fonction de consignes à piocher parmi une liste de 10.

Pour tous les détails, n’hésitez pas à lire l’article de Ludo ou à visionner sa vidéo :

MA PAL

Comme toujours, ma PAL est susceptible d’évoluer.

  • Livres choisis en fonction des consignes : un tome de saga sauf le 1 (Ivy Wilde, tome 2), moins de 400 pages (Ivy Wilde, tome 3) et il y a du rouge sur la couverture (Redwood, tome 1)

Couverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalitéCouverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresseCouverture Redwood, tome 1 : Jasper

  • Livres choisis librement :

Couverture Verity Long, tome 1 : Esprits du SudTango endiablé: InCryptid, T1 par [Seanan Mcguire, Delhia Alby]Couverture Kate Daniels, tome 5 : Meurtre magique

Et vous, lisez-vous de la bit-lit ?
Pensez-vous participer à ce challenge ?

Throwback Thursday Livresque#168 : un coup de cœur

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


N’ayant que très rarement des coups de cœur, j’ai décidé plutôt de vous présenter un roman qui m’a très agréablement surprise et dont je pense bientôt lire la suite : Les Brumes de Cendrelune de Georgia Caldera.

Couverture Les Brumes de Cendrelune, tome 1 : Le jardin des âmes

Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion.
Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule…

Lu dans le cadre du PLIB 2020, je ne pensais pas autant accrocher à cette histoire dont j’ai tout apprécié, des personnages, à la mythologie en passant par l’univers sombre et cruel que l’autrice rend immersif et tellement réaliste.

Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à lire mon avis du premier tome des Brumes de Cendrelune dont voici la conclusion :

Je m’attendais à une lecture sympathique et distrayante, je me suis retrouvée avec un livre que j’ai dévoré et qu’il m’a été presque douloureux de lâcher chaque soir. D’une plume immersive, rythmée et non dénuée de poésie, Georgia Caldera nous plonge avec force dans un univers sombre et violent dominé par les dieux et leur implacable manque d’humanité. Mort, asservissement, doutes, peur, mais aussi espoir et révélations marqueront votre lecture en même temps que le métal froid et implacable de la vengeance… Les astres se sont rencontrés, la toile du destin est altérée et le vent de la révolte commence enfin à souffler !

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

Diesel – Allumage, Tyson Hesse

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le voyage de Diandra Diesel pour récupérer le vaisseau de son père ! Lorsqu’une armée longtemps oubliée surgit des nuages, Diandra « Dee » Diesel prend une décision irréfléchie qui va changer son destin pour toujours. Avec son robot cassé et une mystérieuse machine volante pour seule aide, Dee va faire un voyage qui la mènera de l’obscurité des terres abandonnées situées sous les nuages à la lumière éblouissante de la capitale de son monde. Son plus grand défi sera de s’affranchir de son héritage familial afin de choisir seule sa propre destinée. Tyson Hesse nous livre une histoire, visuellement exceptionnelle, sur l’importance de la famille, des responsabilités et sur l’héroïsme, dans un monde aussi nouveau que gigantesque !

Editions Kinaye (18 janvier 2019) – 208 pages – Album (15,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Il se dégage pas mal de mystère de cette aventure dans laquelle nous faisons la connaissance d’une jeune fille haute en couleur, Diesel alias Dee pour les intimes. Cette dernière présente la particularité d’être aussi touchante qu’exaspérante ! Encore très jeune dans sa tête, elle se comporte comme une adolescente incapable d’être en prise avec la réalité et de faire face aux conséquences de ses actes. Si ce trait de personnalité tend à m’exaspérer, ici, il passe très bien parce qu’on se rend très vite compte que derrière cette insouciance, se cache une jeune femme blessée qui n’attend qu’une chose, trouver sa place.

Et puis, témoin, il y a 7 ans, d’une terrible scène dans laquelle elle voit son père adoptif disparaître, on peut comprendre qu’elle se réfugie quelque peu dans ses fantaisies à la place d’affronter la réalité. Mais un événement tragique va venir bouleverser son monde et la pousser dans ses retranchements. Face aux dangers et aux rencontres qu’elle fera en cours d’aventure, certaines plus agréables que d’autres, elle va évoluer et gagner en consistance. Sans devenir du jour au lendemain parfaite, Diesel finira par comprendre que grandir et trouver sa place, c’est aussi prendre des décisions et gagner en maturité. Je vous rassure, elle ne perd pas cette petite étincelle de folie et de bonne humeur qui fait son charme, mais dans l’adversité, elle va enfin se révéler !

Cette histoire menée tambour battant m’a séduite par cet enchevêtrement constant et maîtrisé d’actions qui vous tient en haleine et vous fait tourner les pages avec avidité d’autant que le récit n’est pas dénué de suspense. En cours d’aventure, Diesel va ainsi faire une surprenante découverte qui remet en question son monde, fait vaciller ses certitudes et la pousse dans une quête de vérité dont on attend, tout autant qu’elle, le dénouement. Pas mal de questions donc dans ce premier tome avec un personnage dont je ne vous dévoilerai pas l’identité, mais qui apporte une certaine profondeur et complexité à l’intrigue.

Si le comportement de ce dernier a de quoi dérouter, voire dégoûter, on se doute bien grâce, entre autres, à des flash-back que les choses ne sont pas si simples que cela et que ses intentions sont plus complexes qu’il n’y paraît. De la même manière, ces hommes-oiseaux menaçants, qui ont déjà détruit la vie de Diesel par deux fois, se révèlent finalement assez nuancés. Leurs actes sont certes odieux, mais ce qui les a poussés à les commettre l’est tout autant. Comme dans toute guerre, car il s’agit bien d’une guerre, personne n’est tout blanc…

Diesel est un personnage qui ne peut laisser indifférent, mais la galerie de personnages secondaires est aussi intéressante, et donne lieu à des échanges parfois assez drôles, notre héroïne n’ayant pas que des fans… L’humour est d’ailleurs très présent dans cet album, ce qui permet d’alléger l’impact de certaines révélations fracassantes tout en offrant de beaux instants de rire. À cet égard, j’ai beaucoup apprécié les interactions mouvementées entre Diesel et la commandante du vaisseau dont notre héroïne aurait dû hériter. L’insouciance de Diesel tranche avec la rigueur et le sens des responsabilités de cette femme, mais leur relation pourrait évoluer, Diesel lui prouvant qu’elle aussi peut se montrer à la hauteur quand la situation l’impose.

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Mais, comme souvent, mon coup de cœur va à un personnage secondaire et atypique : le robot que Diesel a reçu en cadeau durant son enfance et qui a longtemps été son seul ami. Il existe donc une parfaite compréhension entre eux, du moins, dans la tête de la jeune fille qui semble surtout lui attribuer les pensées qui l’arrangent ou qu’elle déduit du contexte. La présence de ce robot aux côtés de la jeune fille est touchante au point de me pousser à le considérer non pas comme une machine, mais comme un être à part entière dont les capacités exceptionnelles devraient vous enthousiasmer. Un joli duo donc !

Cette histoire, en plus de nous offrir un très bon moment de divertissement, aborde différents sujets : la famille et les liens parfois complexes unissant ses membres, la guerre et ses désastreuses conséquences, l’amitié, le sens des responsabilités, la quête de soi et de sa place au sein de la société et des siens, l’héroïsme qui ne se décrète pas mais qui s’impose presque à soi… Une multitude de thèmes intéressants qui viennent enrichir la lecture.

Au-delà du suspense qui rend l’histoire assez addictive et des personnages hauts en couleur, l’ouvrage bénéficie de superbes et dynamiques illustrations fourmillant de détails. Plus sobres que dans Space battle Lunchtime par exemple, elles possèdent néanmoins un certain cachet et participent grandement au plaisir que l’on prend à découvrir ce premier tome. J’ai également apprécié la manière dont les phases d’action se détachent clairement des phases plus narratives. Les illustrations sont alors, dans ces moments-là, plus lumineuses et intenses, ce qui permet à l’auteur de se passer de texte ou de le réduire à son plus strict minimum.

En conclusion, avec Diesel, on retrouve la touche Kinaye, c’est-à-dire des ouvrages pleins de peps, d’humour, d’action et de personnages attachants. Le cocktail parfait pour offrir un moment de lecture divertissant et totalement immersif !

Top Ten Tuesday #175 : les 10 derniers thrillers lus et/ou écoutés

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Ces dernières semaines, notamment durant le confinement, j’ai enchaîné les thrillers que ce soit en version papier ou audio. Je vous propose donc la liste des dix derniers thrillers lus et/ou écoutés. Tous ont été de belles découvertes et m’ont offert d’intenses et angoissantes heures de lecture !

  • Les thrillers chroniqués :
    • Une héroïne aveugle, un fétichiste qui fait froid dans le dos et qui nage en eaux troubles, une enquête rythmée… Le fétichiste est un thriller assez original à la tension parfaitement maîtrisée.
    • Avec Les cicatrices, on fait un saut dans la noirceur, le triturage de méninges et des scènes parfois très dures. Un thriller psychologique où la violence côtoie la démence !
    • Quant à Thin air, on change de ton avec un thriller qui se déroule sur Mars… Le mélange SF et thriller a bien fonctionné sur moi même si j’ai parfois regretté certaines longueurs. Vous pouvez retrouver ma chronique sur le site eMaginarock.

Couverture Le fétichiste Couverture Les CicatricesCouverture Thin Air

  • Ceux que j’ai dévorés sans laisser de trace : 

Couverture La veuveCouverture Am stram gram... / Am stram gramCouverture Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

Couverture Tension extrêmeCouverture Dernière escaleCouverture Le pacte interdit

Couverture Ames soeurs

Et vous, appréciez-vous les thrillers ?
Quel est le dernier livre du genre que vous avez lu ?