Les monstres de Mayuko, Marie Caillou

Couverture Les monstres de Mayuko

J’ai découvert Les Monstres de Mayuko de Marie Caillou dans les rayons de ma bibliothèque de proximité. Intriguée par la couverture, je n’ai pas hésité à l’emprunter et je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai bien fait !

Avec Les Monstres de Mayuko, Marie Caillou écrit un merveilleux conte qui puise dans l’univers onirique japonais.
Les Monstres de Mayuko se déroulent en hiver dans l’empire du Soleil-Levant. Une fillette, Mayuko, s’amuse devant sa maison ; elle bombarde de boules de neige deux statuettes porte-bonheur, le renard Kitsune et le chien Tanuki. Le soir, Mayuko se sent fiévreuse et, dans la nuit, elle se lève pour retrouver sa maman. Mais la maison prend alors un aspect étrange : les murs s’effacent et laissent place à des paysages étranges et exotiques, peuplés de créatures fantastiques, rusées et malfaisantes…

Les Monstres de Mayuko sont un bijou graphique proposé dans un livre-écrin : marquage à chaud sur la couverture et vernis sélectif.

DARGAUD (23 février 2012) – 64 pages

AVIS

La couverture avec son côté malaisant m’a tout de suite intriguée et attirée d’autant que l’objet-livre est en lui-même très beau. On sent que l’éditeur a fait un véritable travail à ce niveau, permettant aux illustrations crues, colorées et oniriques de l’autrice de déployer toute leur force d’attraction. On est ainsi directement happé par ce conte macabre dans lequel une fillette est sévèrement punie de son empressement à maltraiter deux statuettes porte-bonheur.

C’est qu’on ne joue pas en toute impunité avec le renard Kitsune et le chien Tanuki sans en subir les conséquences ! Chose qu’elle va apprendre durant une nuit où la fièvre la réveille et la conduit au fin fond de ses cauchemars. Il y a définitivement un peu d’Alice au pays des merveilles dans ce conte onirique empreint d’absurde, à tel point que certaines scènes semblent faire directement écho à l’œuvre de Lewis Carroll, tout en s’en démarquant par le folklore japonais dans lequel Marie Caillou puise.

On retrouve ainsi deux figures emblématiques ici présentées sous leur jour le plus machiavélique. Le renard et le tanuki semblent, en effet, avoir des plans funestes pour Mayuko qui, elle, ne désire que retrouver sa mère ! Mais les obstacles seront nombreux et la fillette va devoir puiser dans son courage pour surmonter la plus cauchemardesque de ses nuits. En plus de l’ambiance graphique colorée mais crue à la fois, l’autrice joue avec brio sur le décalage entre la situation, et ce que perçoit ou plutôt ne perçoit pas la fillette qui ne réalise pas la perfidie des personnages qu’elle rencontre, ni les risques mortels qu’elle encourt.

J’ai tremblé pour elle, la trouvant bien souvent imprudente, mais j’ai aimé qu’elle ne se laisse pas faire et fasse preuve de témérité et de détermination. Mais cela sera-t-il suffisant pour survivre et surmonter les pièges que le chien Tanuki et le renard Kitsune mettront sournoisement sur sa route, sans oublier tous les autres dangers qui revêtiront bien des visages ? Une question que l’on ne cesse de se poser tout au long d’une lecture qui fascine et dérange en même temps.

En effet, Marie Caillou nous propose ici un voyage éprouvant, certaines scènes frisant l’horreur et suscitant chez le lecteur un fort sentiment d’urgence et d’angoisse. J’ai ainsi eu l’impression presque étouffante d’être prise aux pièges par des créatures aux desseins obscurs, mais à l’esprit peu amical et sournois. À cet égard, le travail sur les mimiques et les expressions du renard est incroyable de justesse.

En conclusion, si vous aimez les contes teintés d’un onirisme macabre et les créatures issues du folklore, ici japonais, Les Monstres de Mayuko devrait vous ravir et vous faire passer un très bon, quoique quelque peu angoissant moment de lecture !

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16 réflexions sur “Les monstres de Mayuko, Marie Caillou

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