The Earl and The Fairy, Ayuko et Mizue Tani

The Earl And the Fairy

Nouvelle chronique qui dormait dans mes brouillons, cette fois depuis juin 2021 : The Earl and the Fairy de Mizue Tani et Ayuko.

Lydia Carlton est une docteur en féerie vivant dans l’Angleterre victorienne. Alors qu’elle doit se rendre à Londres, elle fait la rencontre du séduisant Edgar Ashenbert qui est à la recherche d’un trésor qui s’avère être une épée légendaire. Lydia se décide à le suivre dans son long voyage qui se transformera vite en fabuleuse aventure. Mais une question taraude Lydia. Pourquoi Edgar veut-il retrouver cette épée et quel usage veut-il en faire ?

The Earl and the Fairy est une série issue de romans. Devant leur succès, Shueisha a lancé ce manga, illustré par le trait délicat de Ayuko dans le magazine Margaret (Mei’s butler, Parfait Tic, Hana Yori Dango…)

AVIS

Gardant un bon souvenir de l’animé que je pense d’ailleurs revoir, j’avais très envie de découvrir le manga, lui-même adapté d’une série de romans de Mizue Tani non traduits à ce jour en français. Pour une fois, je vous propose donc une chronique générale, sans spoiler, sur les quatre tomes que j’ai enchaînés. Il faut dire qu’on est ici dans une série divertissante qui aborde parfois des thèmes durs, mais qui conserve une belle part de légèreté grâce à des personnages hauts en couleur.

Certains lecteurs pourront trouver le manga parfois un peu niais, notre héroïne étant du genre naïf, mais pour ma part, je l’ai trouvé bien plus adorable et mignon que niais. Car si c’est vrai que Lydia peut avoir tendance à se laisser manipuler par Edgar, elle se révèle également touchante, gentille, altruiste et très intelligente. Ainsi, si elle est prompte à aider les autres, bien souvent à ses risques et périls, elle n’en demeure pas moins une jeune femme de caractère qui sait mettre des barrières, se faire entendre et comprendre, notamment auprès d’un Comte ayant tendance à lui mentir et à la manipuler.

Un comportement dont on comprend les raisons à mesure que l’on découvre son passé ; un passé difficile, Edgar ayant été vendu plus jeune, avant d’avoir vu ses camarades d’infortune se faire tuer par un homme sur lequel on n’obtiendra jamais vraiment d’information. Mais le manga étant l’adaptation d’une série de romans, j’imagine qu’il a été impossible en seulement quatre mangas de retranscrire toute l’histoire. C’est d’ailleurs assez frustrant, car une fois la dernière pas tournée, on peut avoir le sentiment que certains événements, personnages et axes auraient mérité d’être approfondis… Notamment la personnalité de l’homme qui a tourmenté Edgar, qui a l’air d’être un être cruel et abject, mais dont on ne connaît pas l’étendue de la perfidie.

Quoi qu’il en soit, nul doute que sa rencontre avec ce monstre à visage d’homme ait profondément changé Edgar qui, derrière un physique avenant et une tendance au badinage, cache un être complexe. Un homme capable de douceur et de gentillesse, mais aussi un homme en quête de vengeance, capable de tuer, de traquer et de mettre en péril Lydia, malgré l’affection qu’il semble lui porter. Il est intéressant de voir les liens entre les deux personnages se développer, entre mensonges, méfiances, rapprochements et secrets. Pour ma part, j’ai aimé la relation qui se noue entre eux, la manière dont Edgar taquine Lydia, mais aussi tous ces petits gestes qui nous prouvent, avec subtilité, que tout n’est pas que comédie. Ainsi, la sincérité, la chaleur et la bonté de la jeune femme ont réussi à le toucher bien plus qu’il ne l’avait escompté.

Tout au long des quatre tomes, il y a des regards et des gestes tendres, mais ne vous attendez pas à des scènes centrées sur la romance en tant que telle. On sent qu’il y a un potentiel,  qu’il se passe quelque chose entre les deux personnages, assez d’ailleurs pour éveiller notre intérêt et nous faire ressentir leur attraction, mais rien de compromettant ou de trop tonitruant. Et pourtant, on peut dire qu’Edgar n’est pas avare en tentatives de rapprochement… C’est d’ailleurs, ce que j’ai apprécié dans cette série : certes Lydia est dépeinte comme naïve, mais elle possède assez d’esprit de conservation et de bon sens pour ne pas tomber dans les bras du premier venu, ou d’un homme qui ne cesse de lui mentir. Une main de fer dans un gant de velours… cette expression la décrit assez bien.

Ceci explique peut-être l’attachement que Nico lui porte. Fée ayant l’apparence d’un chat, ce personnage est savoureux à souhait. Quand il ne donne pas des ordres pour que son thé lui soit servi comme il l’aime, ou qu’il ne vérifie pas sa toilette, il sert de garde-fou à Lydia, dont il regrette le côté « bonne poire ». Là où son amie peut se révéler trop confiante et naïve, il se montre bien plus méfiant, voire parano. Vous aurez deviné qu’il n’est donc pas le plus grand fan d’Edgar, qu’il serait ravi de voir loin de Lydia. Parfois un peu râleur, capricieux et abrupt, Nico n’en demeure pas moins adorable, d’autant qu’il semble sincèrement s’inquiéter pour Lydia.

Au-delà des personnages que j’ai appréciés, du moins les deux protagonistes, les personnages secondaires manquant peut-être de substance, l’intérêt de cette série réside également dans le côté fantastique et folklorique. N’oublions pas que si Lydia et Edgar se sont rencontrés, c’est avant tout à cause (ou grâce) aux talents particuliers de la jeune fille. Docteur en féérie, comme sa mère avant elle, cette dernière est capable de parler aux fées, mais aussi d’interagir avec toutes sortes de créatures. Un talent qui lui vaut d’être ostracisée et pointée du doigt depuis qu’elle est enfant, mais sur lequel Edgar compte bien pour, entre autres, se faire reconnaître en tant que légitime descendant du Chevalier Bleu...

Je ne développerai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire qu’en acceptant d’aider Edgar à retrouver un artefact magique, Lydia s’est lancée dans une aventure dont elle n’avait pas mesuré tous les dangers. Une aventure qui la fera parfois douter et la poussera dans ses retranchements, mais qui va surtout lui permettre de gagner confiance en elle, de développer ses compétences, et d’acquérir une certaine maturité. Au fil des pages et des tomes, les lecteurs prennent ainsi grand plaisir à la voir évoluer, mais aussi à utiliser ses connaissances au sujet du monde féérique. Des connaissances qui lui seront fort utiles pour faire face aux différentes créatures croisant sa route et celle de ses amis et alliés.

Quant aux illustrations d’Ayuko, j’en ai apprécié la rondeur et la douceur ! Mais c’est probablement l’art du cadrage de la mangaka, et sa faculté à exprimer tout un panel d’émotions sans surcharger les cases et les décors, qui m’a le plus convaincue. Le tout est dynamique et extrêmement agréable à admirer.

En conclusion, si vous aimez l’Angleterre victorienne, le petit peuple, les histoires de vengeance et de haine, et les personnages auxquels on ne peut s’empêcher de s’attacher, The Earl and the Fairy de Mizue Tani devrait vous plaire. Entre le mystère, l’aventure, les différentes créatures, les dangers, les secrets, la manipulation et des sentiments qui se développent au fil des péripéties, vous ne devriez pas voir le temps passer !

31 réflexions sur “The Earl and The Fairy, Ayuko et Mizue Tani

  1. J’avais beaucoup aimé le manga et l’adaptation animé… Dommage que les light novel ne soient jamais arrivés jusqu’en France, j’ai toujours eu l’impression de n’avoir lu que l’introduction 😅 Il faut aussi qu’avec 4 tomes, le manga effleure seulement les 33 tomes du light novel…

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  2. Pingback: Les liens du sang, Helen Harper | Light & Smell

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