La trilogie du mal, tome 1 : L’âme du mal, Maxime Chattam

Abandonnés au fond de la forêt ou de hangars vétustes, des cadavres comme on n’en a jamais vu, mutilés de façon rituelle, porteurs de messages cabalistiques semblables à ceux que laissait derrière lui le bourreau de Portland, avant qu’une balle dans la tête ne vienne à bout de sa carrière… Le tueur serait-il revenu d’outre-tombe ? S’agit-il d’une secte particulière qui prélève toujours les mêmes morceaux du corps de ses victimes pour d’étranges cérémonies ?
Des bibliothèques ésotériques aux égouts de la ville, l’inspecteur Brolin et une jeune étudiante en psychologie plongent dans une enquête infernale, tandis que la police scientifique et la médecine légale se perdent en conjectures. Et peu à peu, des brumes mystérieuses de la Willamette River va surgir un secret effroyable que nos deux limiers devront affronter au péril de leur âme.

AVIS

Je remercie Ludivine du blog Vingt et une pages pour cette lecture commune de L’âme du mal, premier tome de La trilogie du mal de Maxime Chattam. Si nous n’avons pas trouvé dans ce thriller ce que nous cherchions, nous avons pris plaisir à échanger dessus et à partager nos ressentis, bien souvent similaires. Je remercie d’autant plus Ludivine que ce roman traîne dans ma PAL depuis des lustres…

Je dois avouer que sans cette lecture commune, j’aurais abandonné ce premier tome durant lequel j’ai passé beaucoup de temps à m’ennuyer. Il m’a clairement manqué le rythme et le suspense que j’attends d’un thriller, même si heureusement, la dernière partie se révèle plus dynamique. Il faut dire que je l’ai lu juste après La fille d’avant duquel je n’arrivais pas à décrocher, alors qu’ici, l’inverse s’est produit ayant dû me forcer pour reprendre ma lecture. Pourtant, le début m’avait semblé prometteur et le roman possède un certain nombre d’atouts.

Ainsi, Maxime Chattam a fait un énorme travail de recherche que ce soit sur les tueurs en série, les méthodes d’investigations du FBI et de la police, et tout ce qui a attrait à l’expertise médico-légale, nous donnant des détails qui m’ont parfois remuée et rebutée. Je pense notamment à une scène avec une tête et une légiste aussi froide qu’un frigo, ce qui, vu sa profession, est probablement nécessaire pour ne pas s’effondrer. De manière générale, il y a beaucoup de détails, trop pour moi, ce qui m’a donné le sentiment d’être non pas dans un thriller, mais dans un roman policier nous proposant de suivre au plus près les dessous de l’enquête de l’inspecteur Brolin. Un inspecteur qui tente de mettre la main sur un tueur en série dont les méthodes ne sont pas sans rappeler celles du bourreau de Portland, qu’il a pourtant lui-même abattu un an auparavant.

Si l’enquête ne m’a pas passionnée outre mesure, car trop diluée pour maintenir mon intérêt sur le long terme, j’ai adoré toute la tension autour de la recherche de ce tueur en série aux allures de fantôme. Le bourreau de Portland est-il revenu à la vie, le mal ne s’éteignant jamais entièrement, ou un esprit malade s’amuse à le copier, tuant et mutilant des femmes dont il est bien difficile de trouver le lien les unissant ? L’angoisse s’installe rapidement pour ne jamais nous quitter d’autant que Juliette, la seule victime du bourreau de Portland ayant survécu, nous donne parfois des sueurs froides. La frontière entre témérité et inconscience se révèle, en effet, bien mince !

J’ai beaucoup apprécié Juliette, une étudiante en psychologie encore très affectée par son expérience avec la mort et la monstruosité, mais qui semble bien décidée à reprendre le contrôle de sa vie. Elle pourra compter sur le soutien de sa meilleure amie qui habite à proximité, et de l’inspecteur Brolin qui l’a sauvée des griffes du bourreau de Portland et est donc le plus amène de la comprendre. L’auteur nous propose ici le portrait d’une femme forte, une survivante qui refuse de se terrer, et qui se révélera même proactive dans la traque du tueur en série, qu’il soit fantôme du passé ou monstre du présent.

De la même manière, j’ai aimé suivre l’inspecteur Brolin, un homme intelligent pour lequel on se prend d’affection, d’autant que l’auteur en fait un personnage humain qui ne se résume pas à son travail. Un travail qu’il fait fort bien, le policier étant un petit prodigue qui a échangé le prestige du FBI pour la police afin de pouvoir exercer plus rapidement et concrètement ses talents de profiler. Il est d’ailleurs intéressant de le voir, petit à petit, former avec prudence et détermination le profil du tueur en série... J’ai donc apprécié ce duo atypique, mais j’ai été très gênée par la relation qui va se développer entre l’étudiante et le policier. Brolin semble lui-même bien conscient du problème soulevé par son comportement, même s’il arrive bien facilement à s’en dédouaner…

Quant à l’écriture de Maxime Chattam que j’avais découverte dans Carnage, elle est simple et directe, ce qui accentue l’horreur de certains détails, et permet de décrire des monstruosités avec force et réalisme. Je ne pense pas continuer La trilogie du mal, mais je ne ferme pas la porte à d’autres romans de l’auteur. Et puis, à part un point qui m’a semblé maladroit, je reconnais avoir apprécié les derniers chapitres qui gagnent en intensité et nous plongent en pleine genèse du mal ! 

En conclusion, malgré les avis très élogieux sur L’âme du mal, je ressors assez mitigée, voire déçue de ce roman. Je m’attendais à trouver un thriller empli de suspense, j’ai découvert un roman policier extrêmement minutieux et détaillé au rythme assez lent. Je reconnais néanmoins l’incroyable travail de recherche de l’auteur pour rendre son roman effroyable de réalisme ! Si vous aimez les enquêtes policières détaillées au plus près et quelque peu angoissantes, les histoires de tueurs en série et n’êtes pas rebuté par des scènes parfois très gores, ce roman pourrait vous plaire. Pour ma part, je ne poursuivrai pas la série, ce premier tome pouvant se suffire à lui-même. 

Découvrez l’avis de Ludivine

 

39 réflexions sur “La trilogie du mal, tome 1 : L’âme du mal, Maxime Chattam

  1. J’avais lu l’âme du mal il y a pas mal de temps. je n’avais pas accroché du tout. L’histoire elle-même ne m’avait pas vraiment emballée et je n’y avais trouvé qu’une surenchère de l’horreur et du gore. Je n’ai jamais relu du Maxime Chattam.

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  2. J’attendais ton avis avec impatience et je vois tout à fait ce que tu veux dire. Je t’aurais bien encouragée à lire le deuxième car il est absolument fascinant dans sa description du mal, c’est presque un pamphlet sur notre société de consommation, mais il est encore plus lent et encore plus dur que le premier, donc je ne pense pas que ce soit une bonne idée si celui-ci ne t’a pas plu.

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  3. Pingback: L’Âme du mal. Maxime Chattam – Vingt et une pages

  4. Eh bien c’est une super chronique que tu as écris là, je crois que tu as parfaitement résumé notre découverte ! Merci à toi pour cette lecture commune ! 😊 Mon avis est peut-être moins élogieux concernant les personnages et pourtant, tu as raison, Juliette nous offre des moments de frayeur, et pourtant c’est une jeune femme forte et pourtant Maxime Chattam nous livre aussi les doutes de la jeune femme encore fragile, il n’en fait pas une superhéroïne et ca rend les choses crédibles aussi de ce côté. Finalement, le point fort de ce roman, c’est bien comme tu le dis, le soucis du détail sur tout ce qui entoure l’enquête. Encore une fois, merci Audrey !

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  5. Sans doute que le livre semble dépassé maintenant ? Je me rappelle effectivement que l’auteur fait un gros travail de documentation sur les meurtres en série et sur les investigations policières mais avec les années et tous les romans policiers (et films et séries), certaines infirmations semblent désuètes. Je me rappelle avoir préféré de loin le deuxième tome, In tenebris.

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  6. Je suis désolée que tu sois déçue par ce titre. Tu as raison de ne pas poursuivre la série car de mémoire c’est un peu dans la même veine et le même rythme. Peut-être que sa série avec Ludivine Vancker te plairait. Il me semble me souvenir qu’elle est plus « haletante ».

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