Daisy Threshold, C. C. Darcq

Daisy Threshold par Darcq

À la fin du XIXe siècle, Daisy, jeune orpheline, est envoyée chez des lointains parents, au coeur du Daartmor. Alors que la jeune londonienne essaie de se faire à cette nouvelle vie rigoureuse, elle remarque que le manoir cache bien des secrets. Daisy va percer peu à peu les mystères que recèle le glacial manoir de CorvetFlam pour rencontrer son destin en ce lieu reculé et hostile.

À la croisée des chemins, elle plongera dans cette aventure, où son cœur se réveillera à la lueur de la lune…

Rebelle Editions (28 mai 2020) – Broché (16,90€) – 231 pages

AVIS

J’aime beaucoup les livres d’inspiration gothique ou, du moins, qui retranscrivent à merveille l’atmosphère si particulière qui se dégage du genre comme dans Daisy Threshold. Un roman qui m’a enchantée par son cadre historique, la fin du XIXe siècle, et l’ambiance finement travaillée qui nous plonge, aux côtés de l’héroïne, entre les murs d’un manoir glacial au cœur du Daartmor.

Habituée, avant la mort de ses parents dans un tragique accident, à la vie mondaine de Londres, à la chaleur d’un foyer aimant et au luxe inhérent à sa condition sociale, Daisy va découvrir l’austérité et la froideur. Les parents éloignés l’accueillant sont, en effet, peu causants et leur manoir part en décrépitude. La jeune fille aurait préféré vivre ailleurs, mais elle n’a guère le choix puisque c’est cet oncle, dont elle n’avait jamais entendu parler, qui va gérer sa fortune, avant de passer le relai à son éventuel mari. Une dure réalité pour une jeune fille éduquée dans l’idée de pouvoir gérer elle-même ses propres biens et mener la vie qu’elle désire.

Les jours passent et se ressemblent, ternes et mornes, mais toujours remplis, sa tante Prudence veillant scrupuleusement à occuper chaque minute du temps libre de Daisy, entre études, messes et tâches ménagères… Une routine qui éteint petit à petit l’étincelle de vie de cette jeune fille pourtant pleine d’entrain avant son arrivée à CorvetFlam. Une rencontre inattendue et inespérée va heureusement lui apporter réconfort, espoir, chaleur et bonheur, tout en suscitant en elle, et chez le lecteur, un certain nombre d’interrogations...

Ce roman est d’ailleurs empli de mystères, de non-dits et de secrets sur lesquels on désire ardemment lever le voile. Que cachent Prudence et son mari ? Pourquoi ont-ils menti aux habitants du village et pourquoi ont-ils accepté d’accueillir Daisy quand il devient évident qu’ils ne désirent nullement s’occuper d’elle ? Pourquoi les deux servants du manoir semblent comme éteints ? Les manifestations étranges qui affolent le cœur de Daisy sont-elles réelles ? Ou sont-elles une création de son esprit, alimentée par le cadre inquiétant de ce manoir froid et reculé de tout, mais proche d’un ancien site sacré ? Tout autant de questions qui nous tiennent en haleine et induisent en nous un sentiment de malaise de plus en plus fort et puissant…

L’esprit de Daisy et celui des lecteurs s’emballent devant cette sensation de danger tapi dans l’ombre. Un danger aux contours flous mais qui semble menacer de nous engloutir, en même temps que le fil d’une vérité dangereuse et implacable qui progressivement se déroule devant nous. À cet égard, je dois dire que la révélation finale n’a pas été une totale surprise, mais elle m’a offert cette intensité émotionnelle que je recherche dans les romans gothiques, ceux-ci mêlant toujours lumière et ombre, espoir et douleur, poésie et mort. La fin m’a ainsi touchée et émue et m’a semblé parfaite pour les amoureux de romances dramatiques qui ne versent pas dans le pathos, mais qui savent utiliser les facéties du destin pour créer une fin douce-amère dans laquelle le pouvoir de l’amour se révèle dans l’éternité.

Quant au style des autrices (en partageant mon avis, j’ai découvert que derrière le pseudo C.C. Darcq se cache un duo), je l’ai trouvé agréable, fluide et immersif ! En jouant sur les non-dits et une narration en parfaite adéquation avec le contexte historique, et la personnalité d’une héroïne courageuse et en avance sur son temps, mais naïve sur certains points, C. C. Darcq instaure une tension incroyable qui nous tient captifs. Ainsi, comme Daisy, on finit par avoir le sentiment d’être pris au piège d’une tante insondable, à moins que ce ne soit d’un manoir froid qui semble cacher en son sein bien des secrets…

En conclusion, entre une héroïne attachante dont on partage les tourments et les interrogations, une puissante aura de danger, des mystères et des secrets menaçant de voler en éclats avant de céder leur place à une terrible vérité, voici un roman à l’ambiance finement travaillée qui devrait plaire aux lecteurs en quête d’une histoire ténébreuse et captivante, alternant entre hostile froideur et chaleureuse intimité. Sombre, poétique et intense, Daisy Threshold ravira le cœur des amateurs de fantastique et de romans gothiques.

20 réflexions sur “Daisy Threshold, C. C. Darcq

  1. Une bien belle chronique qui donne envie ! Moi qui est envie d’autre chose que de thrillers pour cette nouvelle année, je me le note, ça pourrait me plaire. En tout cas j’aime déjà l’ambiance que tu décris, ce manoir, ces non dits, ces parents « adoptifs » distants. J’ai bien envie de découvrir comment l’héroïne vit tous ces événements. Merci !

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