Drifting dragons (tome 1), Taku Kuwabara

Couverture Drifting Dragons, tome 01

Autrefois, nombreux furent les aventuriers à se mettre en quête des dragons légendaires qui se dissimulent dans les cieux… aujourd’hui, le Quin Zaza est l’un des rares dirigeables dragonniers encore en activité.
Chacun a ses raisons d’embarquer et de poursuivre les dragons qui sillonnent les mers de nuages : pour l’argent, pour fuir ou pour les denrées que ces créatures offrent !
Mais à chaque voyage, c’est la vie de tout l’équipage qui est en danger, entre tempêtes effroyables, attaques de pirates de l’air ou traques de dragons hostiles…

Pika (4 mars 2020) – 208 pages – 7,50€

AVIS

Ce manga est une erreur de casting qui m’est complètement imputable. La couverture me plaisant et le titre m’intriguant, je l’ai emprunté sans même en lire le résumé. Or, si l’histoire n’est pas mauvaise, elle m’a mise mal à l’aise…

Je ne suis pas végétarienne, mais je ne supporte pas les ouvrages dans lesquels les animaux sont traqués et réduits à l’état de nourriture. Et c’est malheureusement ce qui se passe dans ce manga : nous suivons l’équipage d’un dirigeable dragonnier dont la mission est de chasser les dragons et d’en tirer le maximum de profit, puisque tout ou presque est utilisable dans cet animal rare. Peut-être que si les dragons avaient été une menace pour l’homme, cela ne m’aurait pas autant dérangée, mais ici, il nous est clairement dit qu’ils n’attaquent quasiment jamais les êtres humains. D’ailleurs, la seule fois où l’on voit un dragon attaquer, c’est pour venger le meurtre de son enfant… Difficile de lui en vouloir !

Autre point qui m’a vraiment gênée, l’obsession de Mika pour les dragons qu’il adore traquer, tuer, dépecer et manger. Un point sur lequel le mangaka insiste lourdement, rendant son personnage plus proche du psychopathe que du chasseur dont la traque de dragons n’est qu’une manière de subvenir à ses besoins. Heureusement, une autre chasseuse, Vanabelle, est bien plus nuancée :  si elle est douée, elle ne prend aucun plaisir à tuer les dragons. On sent même chez elle une certaine tristesse au fait de devoir s’y résoudre… Bien qu’elle soit peu présente par rapport à Mika dont les prouesses de chasseur le rendent indispensable à la vie du dragonnier, Vanabelle est probablement mon personnage préféré, d’autant qu’elle bénéficie d’une certaine aura de mystère qui la rend très intrigante.

Au-delà de ces deux chasseurs, qui ont une approche très différente de leur métier, on suit d’autres membres de l’équipage comme la petite nouvelle qui désire ardemment faire ses preuves. Le côté chasse sans discernement des dragons m’a perturbée, mais j’ai adoré l’ambiance de camaraderie qui règne à bord du dragonnier, l’un des derniers encore en activité. Chaque membre a son propre passé et est là pour des raisons qui lui sont propres. Il y a ainsi un petit côté récit de pirates qui m’a bien plu. D’ailleurs, puisqu’on parle de pirates, attendez-vous à de l’action et du mouvement, la vie à bord d’un dirigeable dragonnier étant loin d’être un long fleuve tranquille. Entre les tâches ingrates et physiques, les dragons pas toujours prêts à se laisser tuer et manger sans résister, les tempêtes et les accostages sauvages, notre équipage ne s’ennuie jamais !

Et entre deux parties de chasse et deux dangers à affronter, notre équipage est bien occupé à manger. La cuisine prend ainsi une place prépondérante dans cette intrigue. Mika, qui fonctionne la plupart du temps sur un mode binaire, se révèle d’ailleurs très inventive dans ce domaine, n’hésitant pas à sortir des sentiers battus et à proposer des plats originaux, même pour ses coéquipiers. Vous trouverez quelques recettes disséminées tout au long du manga, une idée qui m’aurait probablement séduite si on avait parlé muffins plutôt que steaks de dragons.

Quant au travail réalisé sur les illustrations, il m’a complètement convaincue. Le découpage est dynamique, les gros plans sur les visages utilisés à bon escient et les expressions particulièrement parlantes. Seule la représentation des dragons m’a parfois étonnée, ayant du mal à identifier les traits de ces animaux de légende. Mais il est tout à fait possible que ce soit une volonté de l’auteur afin d’offrir aux lecteurs cette même distanciation émotionnelle que l’on ressent à la vue d’une barquette de viande dont l’aspect rend difficile l’identification de l’animal qui s’y trouve…

En conclusion, je ne peux que reconnaître à ce premier tome un certain nombre de qualités allant des illustrations au rythme en passant par l’ambiance de franche camaraderie qui règne à bord du dirigeable. Toutefois, la manière dont le mangaka réduit les dragons à l’état de produits comestibles comme les autres m’a vraiment mise mal à l’aise, même s’il a veillé à apporter une certaine nuance grâce à l’un des protagonistes. Je ne conseillerais donc pas ce titre aux personnes sensibles à la cause animale à moins qu’elles ne possèdent une bonne capacité de distanciation… En revanche, les amateurs d’histoires qui se déroulent dans les airs, et qui confrontent l’homme à l’animal, devraient prendre un certain plaisir à suivre les aventures d’un dragonnier à l’équipage divers et varié.

24 réflexions sur “Drifting dragons (tome 1), Taku Kuwabara

  1. Je continue à être hésitante face à ce titre dont les qualités graphiques et le cadre me semblent séduisants, mais j’ai beaucoup de mal à l’idée cette instrumentalisation des dragons comme simple créature à chasser, surtout avec un héros obsessionnel …

    Aimé par 1 personne

  2. C’est le problème des couvertures intrigantes, parfois elles ne suffisent pas 😉
    J’espère que ton prochain choix te plaira plus que celui-ci !

    De mon côté, j’ai repris les mangas avec le premier tome de Berserk assez particulier mais fortement intriguant lui aussi.

    Aimé par 1 personne

    • Je n’ai pas détesté, mais c’est perturbant de se sentir mal à l’aise devant un livre… Mais oui, ma lecture suivante est bien plus facile à appréhender 🙂
      J’ai vu un coffret très sympa de ce manga, mais j’ai réussi à résister. Maintenant, j’ai peur parce ton avis, s’il est bon, risque de me faire revoir ma position…

      J'aime

  3. bon jour, comment vas tu? effectivement, je pense que ç ne serait pas pour moi… je ne suis pas végétarienne non plus mais je ne mange pas certains animaux (dont els dragons 😉 ) par principe. passe un bon vendredi et à bientôt!

    Aimé par 1 personne

  4. Je lis très peu de manga, il faut vraiment que l’histoire m’interpelle pour que je me laisse tenter. Mais je sais déjà que celui-ci n’est pas pour moi. En particulier quand tu as écrit « Autre point qui m’a vraiment gênée, l’obsession de Mika pour les dragons qu’il adore traquer, tuer, dépecer et manger. » Je ne suis pas vegan non plus mais tuer un animal pour le plaisir de tuer, ça me serre le coeur rien que d’y penser ! 😣 Tant pis pour les belles illustrations 😉 Bonne soirée ✨

    Aimé par 1 personne

  5. Pingback: Top Ten Tuesday #207 : les 10 livres lus durant la Semaine à 1000 pages (mars 2021) | Light & Smell

  6. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! mars 2021 | Light & Smell

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.