Photophobia, Tom Becker

Voici une chronique qui dormait dans mes brouillons depuis quelques mois : Photophobia de Tom Becker.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je vis sur les routes pour fuir le passé mystérieux de ma famille.
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À mon arrivée à West Academy, des reines de beauté sont sauvagement assassinées.
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Je partage les meurtres du Preneur d’Anges à travers des visions cauchemardesques.
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Je doute de tous ceux qui m’entourent, à commencer par moi-même.
SOURIEZ ! VOUS ÊTES ASSASSINÉ !

Éditions Milan (3 mai 2017) – 288 pages – Broché (14,90€) – Ebook (9,99€)
Traduction : Emmanuelle Pingault

AVIS

Après ma lecture de La maison des oubliés de Peter James plutôt intense, Photophobia s’est révélée plus « douce » dans le sens où je n’ai pas frissonné. Pour autant, ce thriller young adult se révèle efficace pour instaurer une ambiance glauque et malsaine dans cette ville huppée et cossue de Saffron Hills. Une ville où il fait bon d’être riche, beau et jeune. Du moins jusqu’à ce qu’un serial killer frappe et assassine de manière plutôt brutale les « stars » du lycée local. Vous savez ces beaux gosses et ces pimbêches nés avec une cuillère dans la bouche qui se pensent supérieurs et le font sentir aux autres. Cette folie meurtrière ravivera des blessures, la ville ayant déjà été le témoin de tragiques événements…

C’est dans cette ville malsaine embourbée dans ses silences que Darla et son père, Hopper, posent leurs valises après avoir fui de ville en ville poursuivis par les débiteurs du patriarche alcoolique et escroc notoire. Hopper semble prêt à faire un effort pour se libérer de ses démons et offrir une vie plus stable à sa fille. Énième promesse ou vrai nouveau départ ? Ce qui est certain, c’est que la fille et le père prennent, bon an mal an, leurs marques : Hopper trouve un travail dans un magasin de musique et Darla intègre le lycée. L’intégration est toutefois difficile parmi cette jeunesse pourrie gâtée obnubilée par les apparences et l’argent, mais Darla se lie d’amitié avec Frank et Sacha, une adolescente à la personnalité bien marquée…

Alors qu’elle tente de se faire à sa nouvelle vie, Darla a d’étranges et sanguinaires visions qui, pour son plus grand désarroi, se révèlent justes. J’aurais apprécié que l’auteur développe un peu plus cet aspect de l’histoire qui apporte une touche agréable de fantastique… Mais j’ai également apprécié qu’il choisisse plutôt de se focaliser sur l’enquête en elle-même et la psychose générée par ces meurtres qui ne sont pas le fruit du hasard, le tueur choisissant avec soin ses victimes. Il veut du beau, de l’esthétique, à l’image de ses proies obnubilées par leur image et la beauté. À une époque où les selfies sont devenus quasiment une obsession collective et où chaque instant de vie se doit d’être mis en scène et publié sur Instagram, la critique sous-jacente n’est pas dénuée d’intérêt !

Mais le charme du livre réside avant tout dans le suspense et la tension qui sont distillés page après page. Le démarrage est un peu long, l’auteur prenant le temps de poser le contexte familial particulier de Darla avec un père instable et une mère décédée, mais le rythme s’intensifie jusqu’à vous faire tourner les pages avec autant d’empressement que d’appréhension. Il faut dire que Darla, poussée par l’intrépide Sacha, ne reste pas sans rien faire devant les actes odieux du serial killer. Bien décidée à trouver ce meurtrier qui hante sa vie et peuple ses cauchemars, elle se lancera sur sa piste ce qui la mettra, bien évidemment, dans des situations dangereuses. Certains passages m’ont ainsi donné des sueurs froides !

L’auteur, comme dans tout bon thriller, essaie de semer le doute dans l’esprit des lecteurs en les mettant sur différentes pistes. Pour ma part, j’ai deviné l’identité du tueur très vite, mais je pense qu’un lecteur peu habitué aux romans à suspense ou des adolescents moins coutumiers des mécanismes mis en place dans ce genre d’histoires, se laisseront plus facilement bernés. Si j’avais deviné l’identité du tueur, il y a néanmoins une chose sur ce dernier que je n’avais pas anticipée…

Le roman faisant moins de 300 pages se lit très vite d’autant que la plume de Tom Becker est très fluide et qu’elle met en exergue avec réalisme et simplicité certains enjeux actuels comme cette course à l’image favorisée par les nouvelles technologies. La relation entre Darla et son père, faite de reproches et d’amour, est quant à elle touchante. Hopper est défaillant et il s’en rend compte, mais il essaie, petit à petit, et avec ses moyens de rattraper ses erreurs. Cela n’efface pas ses manquements en tant que père, mais l’auteur offre néanmoins un joli message d’espoir sur la capacité de chacun à changer. Et puis j’ai apprécié que l’auteur inclue la présence d’un parent, même défaillant, dans son histoire. Hopper laisse une grande marge de manœuvre à Darla, conscient qu’il n’est pas crédible dans le rôle du père strict et irréprochable, mais sa présence reste palpable dans la vie de sa fille.

En conclusion, Tom Becker nous propose ici un thriller young adult bien construit et particulièrement efficace pour susciter de nombreux doutes et une certaine angoisse chez les lecteurs. Non dénué de réflexions pertinentes sur des sujets comme l’obsession de la beauté et de l’apparence, ce roman devrait vous tenir en haleine et vous faire passer un moment de lecture des plus intenses !

5 réflexions sur “Photophobia, Tom Becker

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