Premières lignes #65 : Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai choisi de vous présenter les premières lignes d’un roman qui me tente beaucoup : Kafka sur le rivage de Haruki Murakami.

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.
Nakata, vieil homme simple d’esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.
Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus, un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et encore bien d’autres choses… Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

PREMIÈRES LIGNES

Le garçon nommé Corbeau

— ET POUR L’ARGENT, ÇA S’EST ARRANGÉ ? demande le garçon nommé Corbeau.
Il parle de sa façon habituelle, un peu lente. Comme quelqu’un qui sort à peine d’un profond sommeil et ne peut remuer ses lèvres tant elles sont engourdies. Mais ce n’est qu’une apparence : en réalité, il est parfaitement lucide. Comme toujours.
Je hoche la tête.
— Tu as combien à peu près ?
Je lui réponds après avoir à nouveau passé les chiffres en revue dans ma tête :
— Environ quatre cent mille en liquide. Sans compter une petite somme que je pourrai retirer avec ma carte bancaire. Ça ne suffira peut-être pas mais c’est un bon début.
— Ce n’est pas mal, dit le garçon nommé Corbeau. C’est un bon début.
Je hoche la tête.
— J’imagine que ce ne sont pas les étrennes du père Noël, poursuit-il.
— Non.
Le garçon nommé Corbeau regarde autour de lui, les lèvres tordues par un sourire narquois.
— Cet argent sort du tiroir d’une personne qui vit dans les parages, c’est exact ?
Je ne réponds pas. Il sait parfaitement d’où vient cet argent. Il n’y a pas lieu de poser des questions détournées. Il le fait juste pour m’asticoter.
— Allez, c’est bon, dit le garçon nommé Corbeau. Tu as besoin de cet argent. Absolument besoin. Alors tu te le procures. Tu l’empruntes en douce… Ou tu le voles, peu importe. De toute façon, c’est l’argent de ton père. Avec ça, tu pourras t’en sortir au début. Mais qu’as-tu l’intention de faire quand tu auras épuisé ces quatre cent mille yens ? L’argent ne pousse pas dans un porte-monnaie comme les champignons dans la forêt. Il faudra que tu manges, que tu trouves un endroit où dormir. À un moment ou à un autre, tes ressources finiront par s’épuiser.

Et vous, appréciez-vous cet auteur ? Ce roman vous fait-il envie ?

Les premières lignes des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Au détour d’un livre
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Selene raconte
Les lectures d’Angélique
Pousse de gingko
Rattus Bibliotecus
La Pomme qui rougit
Chat’Pitre
La Booktillaise
Lectoplum
Encore un livre
Le monde de Gulia
The Cup of Books
Prête-moi ta plume
Le Parfum des Mots
Acurlywriter
Les lectures d’Emy

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2 réflexions sur “Premières lignes #65 : Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

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