Alice au pays des casseroles, Maud Brunaud

Alice au pays des casseroles

Je remercie les éditions Marivole pour m’avoir permis de découvrir Alice au  pays des casseroles de Maud Brunaud.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il était une fois… Moi ! Alice ! Jeune femme douce et timide dans la trentaine (on ne demande JAMAIS son âge exact à une femme ! ). Célibataire. 90/60/90 (enfin, à peu près… à la louche quoi ! à la bonne grosse louche ! ). De loin et sans lunettes, on me dit que je ressemble assez à Emily Blunt… Heureuse propriétaire d’un chien-saucisse et de deux perruches. Je demeure en pleine campagne berrichonne où je tiens le restaurant familial depuis que maman (contrainte et forcée) m’a passé la main. Je bous souvent intérieurement et je ne sais pas pourquoi je n’arrive jamais à me lâcher ! C’est un peu comme si le chanteur de Kiss était coincé dans le corps d’Edith Piaf ou comme si on voulait apprendre à mordre à un ours en peluche. Je ne suis donc ni une princesse de conte de fées ni une icône mode du XXIe siècle à la Kim Kardashian, vous l’aurez peut-être remarqué… Ainsi, commence  » l’histoire de ma vie  » ! Jusqu’ici, je me suis toujours évertuée à ne pas me montrer trop gourmande et j’ai goûté, avec parcimonie, aux plaisirs de la vie. Mais, un jour, mon petit château de convenances et de solitudes s’est envolé aux quatre vents… tout ça à cause d’un food-truck installé devant ma porte et de son séduisant propriétaire !

  • Broché: 214 pages
  • Editeur : Marivole Editions (27 septembre 2018)
  • Collection : Gossip de campagne
  • Prix : 18.90€
  • Autre format : ebook (7.49€)

AVIS

Si vous me lisez régulièrement, vous devez connaître mon amour pour Alice au pays des merveilles et son univers si particulier. Vous ne serez donc pas étonnés si je vous confesse avoir tout de suite été attirée par le titre de ce roman et sa sublime couverture.  Bien que l’histoire n’ait rien à voir avec celle de Lewis Carroll comme la lecture du résumé le laisse présager, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous prouve qu’il peut y avoir de la bonne chick lit française.

Aux commandes, avec sa maman, d’un restaurant familial dans le Berry, Alice est une cuisinière qui, disons-le clairement, s’ennuie que ce soit derrière ses fourneaux ou dans sa vie en général. Il faut dire que sous le joug d’une mère autoritaire qui régente plus ou moins sa vie, Alice a peu de marge de manœuvre pour exprimer sa propre personnalité. À cela s’ajoutent des problèmes financiers, le chiffre d’affaires du restaurant n’étant pas au beau fixe. Une situation qui n’est pas prête de s’arranger, un food-truck et son beau mais exaspérant propriétaire, Gabriel, venant de s’installer devant sa porte !

Le livre est relativement court (215 pages), l’autrice ne nous noie donc pas sous une avalanche de détails et attaque son récit dès les premières pages. Un bon point puisqu’on se prend d’intérêt immédiatement, ou presque, pour Alice qui se révèle aussi attachante qu’agaçante. Alice, c’est un peu la copine rigolote qui n’est pas contente de sa vie, qui se laisse marcher sur les pieds, mais qu’on a envie d’aider et de réconforter. Et cela est dû en grande partie par le sentiment de proximité que l’autrice a su naturellement créer, on se sent proche de son héroïne alors qu’on vient juste de la rencontrer. On est donc content de la voir évoluer au fur et à mesure de l’intrigue : elle ne devient pas superwoman d’un coup et ses réactions sont parfois contestables, mais elle prend confiance en elle et en ses talents de cuisinière.

Autour de cette héroïne simple et attachante, évolue une galerie de personnages intéressante et plutôt variée, certaines personnes prenant plus d’importance que d’autres. Il y a Constance, la mère d’Alice, qui se montre en début de roman assez acariâtre, mais qui finalement, devrait vous réserver quelques surprises. La relation entre la mère et la fille est faite de non-dits, de moments de complicité ratés, mais elle se révèle plus complexe et touchante qu’aux premiers abords. L’arrivée de Geoffrette et de Max, son fils, apporte une touche non négligeable de douceur dans la vie d’Alice. Si j’ai trouvé la présence de Geoffrette presque superflue, du moins pas assez exploitée, j’ai juste adoré le personnage de Max. Cet enfant est un amour et d’une intelligence de cœur qui le rend très très attachant et amusant. C’est mon personnage coup de cœur ! D’ailleurs, Lump, la chienne d’Alice, partage mon avis puisqu’elle a très vite adopté cet enfant dont la « sagesse » dépasse parfois celle des adultes du roman. Georges, un ami d’Alice et de Constance, est également très attachant, son dévouement à la mère et à la fille étant total.

Mais la personne qui va prendre le plus de place dans la vie d’Alice, à son corps défendant, est le beau Gabriel. En général, les romances me laissent de marbre, mais j’ai beaucoup aimé celle entre les deux personnages, car elle est construite avec intelligence et sans mièvrerie. Gabriel tombe très vite sous le charme de cette cuisinière qui ne semble pas partager ses sentiments comme l’en attestent les éclairs qu’elle lui lance à chaque regard. Vous me direz, pour une cuisinière, cela aurait pu être bon signe…  L’autrice a donc eu la bonne idée de nous proposer un personnage féminin qui ne tombe pas tout de suite amoureux du beau gosse de service. Cette réticence à laisser entrer une personne dans sa vie apporte un certain piquant à l’intrigue, Alice pouvant faire preuve d’un sacré caractère quand elle le décide. Le pauvre Gabriel en fera d’ailleurs les frais.

Mais ce qui est le plus intéressant dans le fait qu’Alice ne saute pas dans les bras de son « concurrent » tout de suite, c’est que cela est cohérent avec la situation difficile qu’elle traverse, son restaurant battant de l’aile. Elle va donc essayer de faire taire ses sentiments naissants, chose peu aisée devant la présence rassurante et patiente de Gabriel… Je lis peu de romance et je n’adhère pas à celles en vogue actuellement, alors lire un roman où les personnages ne se sautent pas dessus dès la quatrième page, je dis un gros OUI. L’autrice prend ainsi le temps de développer la relation entre Alice et Gabriel qui commencent d’ailleurs par se vouvoyer, un petit détail que j’ai trouvé plein de charme.

Alice et Gabriel, bien que très différents, sont liés par cet amour commun pour la cuisine, un amour qui, pour la jeune femme, remonte à son enfance. Je n’en dirai pas plus, mais j’ai trouvé la raison qui l’a poussée à se mettre derrière des fourneaux très touchante. La cuisine est donc un art bien représenté dans ce roman que ce soit à travers le contexte de l’intrigue, quelques recettes en fin d’ouvrage, le rappel de termes culinaires (roussir, blanchir…)… Il y a donc de fortes chances que vous ayez envie de vous jeter sur un bon petit plat ou sur des madeleines, spécialité d’Alice, dès la dernière page tournée.

Amour et cuisine, voilà un joli mélange qui va malheureusement se trouver entacher par une sombre histoire de corbeau. Alice reçoit des lettres de menace qui seront suivies par des actes de malveillance allant crescendo. Cette histoire apporte une petite touche de mystère et de suspense fort plaisante d’autant que le mobile du méchant est plutôt cocasse. Mais cet interlude est, pour moi, surtout un moyen pour l’autrice de renforcer les liens entre les différents personnages. Ne vous attendez donc pas à une enquête bien poussée, mais plutôt à un joli élan de solidarité autour d’Alice. Cela ne nous empêche pas de suivre avec plaisir et curiosité le travail de la petite équipe de détectives improvisés. Max, en fan de Sherlock Holmes (je vous ai déjà dit que j’adore ce gamin ? ), semble d’ailleurs prendre l’enquête très à cœur.

Quant à la plume de Maud Brunaud, elle fait partie intégrante du charme du récit. Accessible, mais travaillée et d’une grande fluidité, l’autrice nous prouve que lecture détente ne rime pas forcément avec style plan-plan ou pire, gnangnan. Mais le grand atout de l’autrice est d’avoir su, à travers sa plume, transmettre aux lecteurs tout l’amour qu’elle porte à ses personnages. Émouvants tout en ayant chacun leur caractère, il se dégage de chacun d’entre eux un petit quelque chose qui vous donne envie d’apprendre à les connaître comme s’ils existaient réellement. J’ai également apprécié l’humour très présent grâce, notamment, à Alice dont certaines réparties sont pleines de piquant voire de mordant. Max apporte également une touche d’humour par sa manière déstabilisante d’énoncer des vérités sans beaucoup de tact, mais toujours avec pertinence.

En bref, sont réunis dans ce roman tous les ingrédients que l’on recherche dans une lecture détente : une plume fluide, des situations parfois drôles parfois plus rocambolesques, des personnages attach(i)ants, de l’humour, une touche de suspense, de la romance… Alors si vous avez envie de passer un moment de lecture sympathique, gourmand et entraînant, Alice et tous ses amis vous attendent. Bons plats, madeleines et bonne humeur au menu !

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Commandez-le chez votre libraire ou en ligne.

14 réflexions sur “Alice au pays des casseroles, Maud Brunaud

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