Orgueil et préjugés : Lizzy et Darcy… Aujourd’hui comme hier, Rachel Roseheart

Ayant détesté le livre, j’ai hésité à publier ma chronique puisque je trouve plus agréable de vous parler de mes coups de cœur. Cette lecture m’a toutefois tellement agacée que j’ai ressenti le besoin d’en exprimer les raisons.

PRÉSENTATION

Bennet avait rencontré Will Darcy… au vingt et unième siècle ? Une Lizzy plus libérée ? Un Darcy tellement plus sexy ? Une histoire actuelle mais toujours aussi romantique. Du Jane Austen légèrement (carrément!) dépoussiéré ! Lizzy, qui vient d’être diplômée, habite une petite ville de la campagne anglaise. Elle vit dans la grande maison familiale avec ses parents et ses quatre sœurs. Leur existence bohème et insouciante est remise en question quand le séduisant Charli Bingley, célibataire et beau parti, s’installe en ville. Cette nouvelle met toute la famille en émoi. Lizzy et sa sœur Jane, dont elle est très proche, font par le plus grand des hasards la connaissance de ce jeune homme, lui même très ami avec un certain Will Darcy, froid et arrogant. Ce roman peint avec ce qu’il faut d’ironie les turbulences du cœur des jeunes filles et, aujourd’hui comme hier, on s’indigne avec les horribles préjugés de Lizzy et l’orgueilleux Will Darcy, puis on ouvre les yeux sur les voies détournées qu’emprunte l’amour…

AVIS

Je suis une fan inconditionnelle d’Orgueil et préjugés qui est simplement ma romance préférée et l’un des classiques qui m’a le plus marquée. J’attendais donc beaucoup de ce roman et probablement bien trop.

L’idée de retranscrire le roman de Jane Austen à notre époque est très bonne, mais c’est bien là la seule qualité que je reconnaîtrai au roman. Je vais faire l’impasse sur les fautes d’orthographe, mais je ne tairai point la vulgarité du récit. Ce n’est pas parce que des personnages sont actuels qu’ils ont besoin d’être vulgaires. Non, je suis désolée, Mr Darcy n’estime pas que Charli devrait baiser Jane et puis passer à autre chose, et Lizzy ne l’insulte pas à chaque fois qu’il l’énerve. Pourquoi ? Parce qu’à vouloir s’inspirer de Jane Austen, autant le faire correctement ! Ce qui est intéressant avec la plume de cette formidable auteure, c’est sa manière d’exploiter ses personnages afin de transmettre leurs pensées de manière caustique et amusante. C’est bien tourné et ça fait mouche à chaque fois. Par contre, je suis au regret de dire à Rachel Roseheart que des propos vulgaires et des insultes dignes d’un gamin tout heureux d’avoir appris ses premiers gros mots à l’école, ça ne passe pas. Cela ne démontre par la facétie et l’intelligence de notre couple principal, tout au plus, qu’il serait de bon ton de lui offrir un dictionnaire en espérant affûter son esprit ou au moins, lui permettre de varier sa panoplie d’insultes.

Mais alors là où mon cœur a vraiment failli cesser de battre, c’est quand Darcy doigte Lizzy dans une voiture alors qu’ils se connaissent à peine, et que la jeune femme ne peut pas le supporter même s’il l’attire physiquement. Vous allez me dire même s’ils se connaissaient depuis longtemps, ça ne changerait pas grand chose. Mr Darcy n’insulte pas les gens, il les dédaigne somptueusement ET il ne doigte personne ! Par pitié, pourquoi beaucoup d’auteurs se sentent obligés de nous mettre des pseudo scènes érotiques dans chaque roman. Cette scène tombe comme un cheveu sur la soupe et est à des années-lumières du roman de Jane Austen. Celle-ci suggère les sentiments et quand elle permet aux personnages de les exprimer verbalement ou physiquement, c’est toujours avec retenue. Et vous savez quoi, c’est ce qui permet de ressentir de manière aussi intense chaque émotion ! A l’inverse, lire que Lizzy se fait doigter dans une voiture, ça ne procure aucune émotion si ce n’est de l’énervement devant le ridicule de la scène.

Autre chose qui m’a laissée dubitative pour rester polie : le fait que Darcy, cet homme droit et juste que nous connaissons, s’arrange pour trouver du travail dans son entreprise à Lizzy alors qu’il n’a pas besoin de ses compétences. Cerise sur le gâteau, en l’embauchant, il fait preuve d’un manque total de tact vis-à-vis de sa fidèle secrétaire qui se fait ainsi signifier indirectement qu’elle a besoin d’être secondée après des années de bons et loyaux services. Classe, non ? Je ne sais pas si c’est ça ou si c’est le fait que Lizzy accepte la proposition qui m’énerve le plus d’ailleurs. Sérieusement, Lizzy ? Cette héroïne résolument en avance sur son temps qui, à notre époque, en revient plus ou moins à accepter un emploi canapé. Je ne trouve pas ça romantique, juste déplorable. Et puis, que Lizzy manque de saveur, de répartie et de finesse. Où est passée la jeune femme si intelligente et impertinente qui donne tout le charme au roman de Jane Austen ?

Bref, je suis agacée, et je vais donc m’arrêter là en concluant que n’est pas Jane Austen qui veut et que non, cette histoire n’a absolument rien de romantique. Appeler ses personnages Darcy et Lizzy n’est pas suffisant pour estimer proposer « Du Jane Austen légèrement (carrément!) dépoussiéré ! ». Ce n’est pas dépoussiéré, c’est simplement dénaturé ! 

Ma chronique est très négative, car ce roman n’a pas répondu à mes attentes qui, je le rappelle, étaient élevées adorant la version originale. Néanmoins, le livre pourra plaira aux personnes qui aiment les romances et qui n’ont pas de grandes attentes sur la qualité de l’écrit. Il en faut évidemment pour tous les goûts, mais je ne suis définitivement pas la cible de ce genre de livres. Je reconnaitrai toutefois qu’il faut un certain courage pour s’attaquer à un monument comme Orgueil et préjugés d’autant que l’exercice de la réécriture n’est pas des plus faciles…

En conclusion, cette réécriture d’Orgueil et préjugés a été pour moi une grosse déception, mais elle pourra plaire aux personnes peu attachées à l’œuvre originale qui sont en quête d’une romance où les relations entre les personnages passent avant l’expression subtile de leurs sentiments.

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5 réflexions sur “Orgueil et préjugés : Lizzy et Darcy… Aujourd’hui comme hier, Rachel Roseheart

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