Réalités invisibles, Eric Costa

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Je remercie Eric Costa de m’avoir fait confiance en me faisant parvenir son livre via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Par l’auteur d’Aztèques : Harem, roman lauréat du Salon du Livre Paris 2017 par le jury Amazon KDP.
Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles : Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.
Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…

    • Broché: 141 pages
    • Editeur : Independently published (16 février 2017)
    • Prix : 9,99€
    • Autre format : ebook

AVIS

J’ai été très longtemps réfractaire aux nouvelles, ce format me donnant le sentiment de devoir me contenter de hors-d’œuvres sans jamais pouvoir déguster le plat principal ni le dessert. Mais à l’instar de celui de Hélène Duc, le recueil de nouvelles d’Eric Costa me prouve de nouveau qu’écrites avec talent, les nouvelles peuvent constituer un excellent repas.

Je n’ai ainsi ressenti aucune frustration au terme de chaque histoire malgré leur brièveté. Cela ne s’explique que par la faculté de l’auteur à stimuler notre imagination et à nous offrir un condensé d’émotions en peu de pages. J’ai d’ailleurs été impressionnée du nombre d’images qui me sont venues en tête à la lecture de chaque nouvelle. De la même manière, mon imagination n’a pas pu s’empêcher d’associer régulièrement certains récits avec des séries ou des films d’horreur vus enfant ou adolescente.

Autre élément qui rend la lecture de l’ouvrage très agréable et prenante, la plume fluide de l’auteur et son style tout en rondeur. A travers un langage recherché, mais jamais pédant, Eric Costa vous transporte avec aisance dans ses histoires et leurs différentes atmosphères.

D’ailleurs, que préfèrerez-vous ? L’ambiance désuète d’un hôtel perdu au milieu de la brume, celle de la maison d’une adolescente aux prises avec une dangereuse créature ou encore l’ambiance feutrée d’une maison complètement isolée où la musique n’apporte pas le réconfort qu’elle devrait ?

Pour ma part, j’ai apprécié les six nouvelles du recueil même si certaines m’ont plus angoissée que d’autres. Je vous invite donc à les découvrir à mes côtés.

Hôtel Wolff 

Fatigué, Théophile décide de passer la nuit dans un hôtel qu’il découvre presque providentiellement sur la route.

L’auteur nous plonge dès les premières lignes dans une ambiance mystérieuse qui devient, au fil de l’histoire, délicatement angoissante. Le lecteur sent le danger qui rôde dans cet hôtel à l’atmosphère surannée tout en se laissant, comme le narrateur, engourdir par les charmes qu’il semble offrir. Cependant, l’expression « trop beau pour être vrai » finit par se rappeler à nous. Dans la vie, rien n’est gratuit, tout se paie ! Une douloureuse leçon de vie dont Théophile Lazius aurait préféré faire l’économie.

J’ai apprécié cette nouvelle et le côté très vieillot de l’hôtel. J’ai également beaucoup aimé l’impression de me retrouver dans un épisode d’une série que j’adorais, Code Quantum, même si je ne saurais pas forcément vous en donner la raison. Tout au long de la nouvelle, je n’ai pu qu’imaginer Al dans le rôle du maître d’hôtel…

Quant à la fin, elle devrait surprendre plus d’un lecteur même si, pour ma part, je l’avais devinée.

Solitaire 

Un bar, de la musique et une profonde détresse… Alex, un homme qui éprouve des difficultés à faire le deuil de sa femme, décédée il y a une dizaine d’années, noie son chagrin dans l’alcool. La boisson, à défaut de panser les plaies du cœur et de l’âme, finit par lui offrir un voyage éprouvant dans le passé.

Cette nouvelle est assez particulière faisant voyager le lecteur entre fiction et réalité. Ce voyage dans le temps est-il réel ou n’est-il que le fruit de l’ivresse ? Alex est-il finalement acteur ou simple spectateur du drame qui s’est joué il y maintenant des années ?

Le doute est permis, mais ce qui reste certain, c’est que l’auteur a su, en seulement quelques pages, nous faire ressentir toute la tristesse, la culpabilité et les doutes de son protagoniste.

Éclosion

Marion découvre, un matin, une chenille bleue semblable à celle qu’un mauvais songe lui a gravé dans la mémoire et la peau.

J’ai adoré les différentes références à Alice au pays des merveilles, roman que j’avais lu plus jeune et qu’il me tarde de redécouvrir avec des yeux d’adulte. On retrouve, comme dans l’histoire originale, ce côté absurde et, parfois, inquiétant.

Eric Costa va néanmoins bien plus loin que Lewis Carroll en nous proposant carrément une histoire des plus angoissantes. Le lecteur découvre ainsi avec effarement l’évolution terrifiante de la chenille tout en ne pouvant, au passage, que saluer la témérité (ou la sottise ?) de Marion qui ne cède pas à la panique. L’affrontement entre l’adolescente et la chenille est sans merci et aucune des deux n’en ressortira indemne.

Allégorie de l’adolescence avec ses angoisses et cette bataille que l’on mène pour devenir soi-même ou réelle lutte contre une abomination de la nature, à vous de choisir…

Le refuge

Un voyageur pris dans le tumulte de la neige et du froid a la chance de trouver un refuge avant que le pire n’arrive. 

En instaurant son récit en Transylvanie et en nommant l’un des personnages Vlad, l’auteur ne pouvait qu’éveiller l’imagination des lecteurs. Mais je vous rassure, il ne tombe pas dans la facilité en nous proposant sa propre version du célèbre personnage aux dents longues. L’histoire se révèle ainsi bien plus complexe que cela.

Pour ma part, j’ai adoré l’ambiance glaciale qui se dégage du récit, et l’aura de mystère et de danger qui ne cesse de planer sur notre voyageur. L’angoisse monte tandis que les événements s’accélèrent jusqu’à ce que la conclusion, aussi inattendue qu’effroyable, ne soit dévoilée.

J’ai, en outre, trouvé très intéressant le contraste frappant entre la chaleur trompeuse du refuge et la froideur dangereuse de l’extérieur. Un jeu de faux-semblant qui semble presque refléter le sentiment de confusion de notre protagoniste. En bref, cette nouvelle nous tient en haleine du début à la fin que ce soit par son suspense haletant ou son rythme endiablé.

Le manoir

Un voleur pénètre dans un manoir en vue d’amasser un joli butin avant d’être aux prises avec des forces qui le dépassent. 

On commence par découvrir, aux côtés du voleur, ce manoir et les trésors qu’il recèle. Puis, on s’interroge sur ce lieu inquiétant avant de s’affoler avec lui quand il apparaît évident que la sortie se dérobe à notre volonté. Petit à petit, on se laisse submerger par un sentiment d’étouffement. Enfin, on panique franchement quand un ennemi invisible qui se matérialise par la forme de deux armures, nous frappe. En d’autres mots, on vit complètement cette histoire et on ressent ce besoin urgent de quitter, sans se retourner, ce manoir hanté.

Cette histoire m’a fait frissonner et m’a donné l’impression d’être devant un film d’horreur.  Il faut dire que la plume de l’auteur particulièrement immersive offre un véritable bain d’angoisse au lecteur. Claustrophobes et âmes sensibles s’abstenir !

Fréquence 24

Emma, abandonnée pour la soirée par son mari médecin, se retrouve chez elle avec son chat et la radio pour seule compagnie.

Cette nouvelle est, sans aucun doute, ma préférée, peut-être parce que j’ai pu m’identifier assez facilement à son héroïne. C’est également celle qui m’a procuré le plus de frissons d’autant que je l’ai lue seule dans la soirée avec M. Gribouille allongé contre moi.

Je peux donc vous dire, sans trop de honte, que j’ai tremblé à mesure que la voix de l’animateur de l’émission de radio se faisait de plus en plus menaçante, imaginant sans peine son rire sardonique emplir mon appartement. Au fil du récit, mon imagination s’est pas mal emballée au point de m’imaginer que derrière la voix de la radio se tenait le fameux clown de Stephen King ou Chucky la poupée qui tue. Oui, j’ai certainement regardé trop de films d’horreur plus jeune, mais ces deux abominations conviennent plutôt bien au climat instauré par l’auteur.

Mais ce que j’ai préféré, c’est la manière dont Eric Costa a su utiliser la musique pour cadencer, donner le tempo à notre angoisse et à notre peur. Le rythme va ainsi crescendo jusqu’au final magistral !

Bref, Fréquence 24 est définitivement la radio des frissons !

En conclusion, tour à tour intrigantes, inquiétantes, ou effrayantes, toutes ces nouvelles, bien que très différentes les unes des autres, ont en commun de vous offrir un voyage au pays du frisson. Si vous aimez les belles plumes et vous faire peur, je ne peux que vous encourager à vous laisser tenter par ce recueil et à dévorer, seul ou au coin du feu avec des amis, ces différents récits.

Pour ma part, je vous laisse entre les mains d’un autre maître du frisson qui devrait bien s’entendre avec notre auteur.

Site de l’auteur Pour acheter le livre

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7 réflexions sur “Réalités invisibles, Eric Costa

  1. Pingback: Bilan lecture juillet 2017 | Light & Smell

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