L’expédition, Monica Kristensen

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Je remercie Lecteurs.com et Gaïa Éditions pour la découverte du roman de Monica Kristensen, L’expédition.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Archipel du Svalbard. Un appel au secours en provenance du 87e parallèle nord parvient à Knut Fjeld. Une expédition norvégienne est en difficulté, alors qu’elle cherche, sur les traces des grands explorateurs, à rejoindre le pôle Nord. Un projet mal ficelé, que les spécialistes critiquent pour l’itinéraire retenu, et pour le choix du mois de février, trop tôt en saison. Mais le challenge est là, précisément : réussir ce qui ne s’est jamais fait. Lorsque courage et ambition riment avec folie. L’expédition est partie, mal préparée, mal financée. Deux attelages, huit chiens et quatre hommes. Ce sont les chiens qui tombent en premier. Knut Fjeld, le flic norvégien du Svalbard, se rend sur place. En plein désert arctique, sur la banquise qui dérive. Bientôt prisonnier d’un huis clos sur glace, angoissant, et périlleux.

  • Broché: 272 pages
  • Editeur : GAIA (5 octobre 2016)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook

AVIS

Lorsque le policier Knut Fjeld s’envole pour porter secours à une expédition norvégienne désirant atteindre le Pôle Nord, il ne s’attendait certainement pas à un accueil aussi glacial. Et pour cause, bien qu’en détresse, les membres ne désirent pas retourner vers la civilisation, mais consentent, néanmoins, à laisser évacuer leur blessé, Sven qui est accessoirement leur musher. Il faut dire que les chiens de traîneaux étant quasiment tous morts dans d’étranges conditions, il ne leur est plus d’aucune utilité.

Le policier, dans un excès de conscience professionnelle ou d’optimisme, décide alors de rester sur place, sans se douter que cette décision le conduira à endurer des épreuves plus que difficiles dans un climat parfois tendu, très tendu. En effet, pièce rapportée, Knut n’est pas le bienvenu parmi cette équipe qui est très loin d’être aussi bien préparée que ce que ses instigateurs veulent faire croire au monde entier voire à eux-mêmes.  Petit à petit, le policier découvrira d’ailleurs l’étendue du manque de préparation, mais aussi les tensions sous-jacentes entre les différents membres.

Contrairement au policier qui vit l’histoire en huis clos, le lecteur a la chance de découvrir aussi bien les aventures de notre expédition, qui tente de survivre dans un environnement peu hospitalier, que Karine, l’épouse de Karsten, chef de l’expédition. A travers des flashbacks, on découvre ainsi la préparation de l’expédition avec tous les mensonges sur lesquels elle a été bâtie. Cela nous apporte un éclairage nouveau qui aurait été fort utile à notre policier pour comprendre les motifs ayant poussé chacun à tenter l’aventure, mais également saisir jusqu’où les membres sont prêts à aller pour atteindre leurs objectifs.

Quant aux personnages, dès le début, ils m’ont paru antipathiques notamment avec leur insouciance et leur entêtement qui les font passer pour des enfants capricieux n’ayant pas prise avec la réalité. J’avoue avoir très souvent admiré la patience du policier qui essaie de temporiser cette obsession du Pôle Nord que partagent, bien que pour des raisons très différentes, les participants de l’expédition. Je peux vous dire que je me suis à maintes reprises énervée derrière mon livre ayant envie de distribuer des baffes et pourtant, je suis d’un naturel plutôt calme. La seule personne, en dehors de Knut, qui m’a semblé un tant soit peu raisonnable est Karine, même si vous verrez que personne n’est tout blanc dans cette histoire…

Bien que l’auteure nous fasse voyager dans un environnement dominé par le vide et la glace, elle arrive à nous plonger dans une atmosphère étouffante où le sentiment de tension et d’urgence est permanent. On sent la catastrophe proche, mais on a du mal à la définir et la saisir complètement. Est-ce que le danger provient des conditions extrêmes dans lesquelles évoluent les explorateurs, de la présence d’un prédateur qui rôde laissant planer une aura de danger autour de la tente, des membres de l’exploration eux-mêmes ou bien, d’un mélange de tout ça ? Je laisserai le soin à chacun de se faire sa propre opinion, mais je peux vous dire que ces questionnements contribuent fortement à vous faire tourner les pages les unes à la suite des autres.

Le seul point qui pourrait en déranger certains, ce qui ne fut pas mon cas, complètement subjuguée par l’ambiance glacée de l’histoire, c’est la lente mise en place de l’intrigue qui est néanmoins nécessaire pour créer l’atmosphère angoissante et étouffante du livre. Nous sommes, en outre, dans un polar, il y a donc bien au moins un mort, mais l’enquête pour déterminer les causes de ce décès n’est pas menée tambour battant. Elle se fait naturellement au rythme de cette exploration…

En conclusion, si vous avez envie d’un roman qui vous fait voyager dans un environnement dépaysant et glacé où la nature a repris ses droits, L’expédition est fait pour vous. Dans une ambiance étouffante et angoissante, vous découvrirez jusqu’où  le mensonge, l’avidité et la cupidité peuvent mener…

 

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6 réflexions sur “L’expédition, Monica Kristensen

  1. Je crois que ce roman me plairait beaucoup, j’adore justement les décors froids et transcendants, un peu à l’image de ces séries tv addictives des pays nordiques qui débarquent sur nos écrans. La notion de confinement en moins, bien sûr. Là, on parle d’étendues sauvages… le rêve. (même si les imprévus arrivent, d’où le scénario de ce livre ! A découvrir…)

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