L’été d’un chien, Cassandra Bouclé

J’ai découvert L’été d’un chien de Cassandra Bouclé sur le site SimPlement. Séduite par le résumé, j’ai contacté l’auteure qui a accepté de m’envoyer son livre en échange de mon avis. Je la remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION

Filou, un berger allemand de deux ans, est abandonné au pied d’un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu’une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher. Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l’aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d’un animal de compagnie, bien déçu par l’attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil… Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

  • Editeur : Bookless-editions (3 janvier 2016)
  • Prix ebook : 3,99€

AVIS

Une triste histoire d’abandon…

L’été, les vacances, le soleil… des événements joyeux que l’on attend tous plus ou moins avec impatience. Tous ? Pas vraiment ! Les personnes travaillant dans la protection animale tendent plutôt à redouter l’arrivée de cette saison qui marque tristement celle des abandons. Qui n’a pas en tête l’image cruelle, mais pourtant réaliste, d’un chien que l’on attache à un arbre loin de ses repères afin qu’il ne perturbe pas les sacro-saintes vacances de son ou de ses maîtres ?

C’est d’ailleurs avec cet acte barbare que commence l’histoire du pauvre Filou, berger allemand de deux ans attaché comme un vulgaire objet à un arbre. Découvert par une femme qui fera preuve d’humanité en lui donnant à boire et à manger, il sera néanmoins conduit dans un endroit peu plaisant pour un animal : la fourrière.

Filou quitte ainsi de la manière la plus brutale qu’il soit sa vie de famille pour découvrir un monde complètement différent, où les câlins, l’amour et le confort d’un foyer ne sont plus que de l’histoire ancienne. Heureusement, s’il a perdu confiance en l’espèce humaine, il trouvera du réconfort et de l’espoir au contact d’autres animaux de la fourrière. Ainsi, Alban, un vieux colley, abandonné à l’arrivée d’un bébé, lui apprendra le fonctionnement de la fourrière et Lou, un jeune chaton que Filou prendra sous son aile à la manière d’un grand frère, lui redonnera une certaine joie de vivre.

Si ces amitiés donnent le sourire aux lecteurs, elles ne permettent pas d’effacer la menace bien réelle qui plane sur tous les animaux de la fourrière qui ne trouvent pas d’adoptant : l’euthanasie. Un horrible mot dont Filou comprendra très vite la signification. A cette menace s’ajoute la présence d’un ennemi, un humain qui prend plaisir à faire souffrir les animaux sans autre raison que celle de faire mal.

Filou raconte son histoire et vous fait réfléchir à la cause animale…

L’histoire, racontée par Filou, est très touchante car l’on partage complètement avec lui son incompréhension face à son abandon. On comprend ses doutes, sa désaffection de l’espèce humaine qui l’a trahi, son incrédulité face aux préjugés et à la crainte qu’il suscite en raison de sa race, ses angoisses, ses espoirs et, dans un même temps, sa peur d’espérer… On n’a qu’une envie, celle de courir le serrer dans ses bras et de l’adopter séance tenante.

L’auteure arrive, à travers l’histoire de Filou, à décrire de manière poignante les conséquences des abandons sur des êtres vivants dotés d’émotions et de pensées même si, évidemment, elles ne sont pas aussi développées que dans le livre. Je suis personnellement déjà sensibilisée à la cause animale, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander et si ? Et si les animaux étaient capables de penser bien au-delà de ce que la science estime ? Que penseraient-ils de nous, humains capables de les traiter avec aussi peu de considération. J’aime à croire que leurs pensées seraient proches de celles de Filou.

Si, dans la réalité, les animaux ne sont pas forcément capables d’avoir un raisonnement aussi poussé que le nôtre, ils ressentent néanmoins des émotions comme vous et moi. Et c’est en insistant sur ce point, à travers les pensées de Filou et les paroles de ses amis, que l’auteure arrive à mettre en exergue toute la cruauté qui se cache derrière un abandon….

De l’animal à l’objet ou de l’objet à l’animal..

Au-delà de l’abandon, j’ai apprécié que l’auteure évoque le statut des animaux qui, bien que reconnus comme des êtres dotés de sensibilité depuis peu, demeurent aux yeux de beaucoup, un objet comme un autre. N’oublions pas qu’il y a encore quelque temps, un chien ou un chat n’avaient pas plus de droit qu’une bibliothèque.

Alors comme lorsque l’on choisit son nouveau téléphone portable entre plusieurs modèles, on s’attarde sur des critères comme l’originalité ou la beauté d’un animal avant de l’adopter. A cet égard, je trouve le passage suivant criant de vérité :

« Inquiet, je me tournai vers Alban, lui demandant comment, je pourrais être adopté.
Il me répondit dans un ton neutre « qu’il fallait avoir quelque chose que les autres n’ont pas ».
Bref, il fallait se différencier des autres, être unique, comme avoir un air doux, ou être intelligent. Ou pire encore avoir un pelage au motif rare et peu répandu.
Ainsi, les critères pour survivre n’étaient pas d’être une créature vivante comme un chat ou chien. Ni être gentil, délicat ou fidèle. Non! Il fallait être un objet rare, comme on pouvait en trouver dans une brocante ».

De la tristesse à l’espoir…

Le portrait des humains que dépeint Filou suite à son abandon devient de plus en plus noir au fil des jours, mais une lumière finit par apparaître dans sa vie et celle de ses amis. Ainsi le jeune chien et ses compagnons d’infortune découvriront que certaines personnes savent faire preuve d’humanité en offrant à des animaux, que la vie n’a pas épargnés, ce qu’ils attendent le plus : une seconde chance et un foyer aimant. Je dois d’ailleurs avouer que j’ai trouvé particulièrement émouvante la fin de l’ouvrage et que je n’en aurais pas rêver de meilleure.

J’ai, pour ma part, l’espoir que ce livre, en sensibilisant les lecteurs notamment les enfants aux abandons, sauvera certains animaux de compagnie de cette triste et effroyable expérience. Et rien que pour cela, je n’ai qu’une chose à dire : bravo ! Bravo à l’auteure d’avoir pris sa plume pour raconter une histoire particulière et banale à la fois, celle que vivent tous ces animaux abandonnés à travers le monde. Ils ne peuvent peut-être pas partager leurs maux en mots, mais ils peuvent compter sur des auteurs comme Cassandra Bouclé pour les exprimer à leur place.

En résumé, L’été d’un chien est un livre plein de sensibilité que j’ai beaucoup apprécié et que j’aimerais voir distribuer aux personnes ayant en tête un projet d’adoption. A travers l’histoire émouvante d’un jeune chien, l’auteure arrive en effet à sensibiliser, de manière simple et divertissante, les lecteurs de tout âge à l’abandon. Conseillé aux enfants à partir de 9 ans, je recommande ce livre à tous ! Les enfants et les amoureux des animaux ne pourront qu’être touchés par l’histoire de Filou et de ses nouveaux amis. Quant aux autres, ils ne pourront que porter un regard nouveau sur ces êtres dotés d’émotions que sont les animaux.

Page FB de l’auteure – Acheter le livre

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11 réflexions sur “L’été d’un chien, Cassandra Bouclé

  1. Jolie découverte, mais je pense que mon petit cœur se briserait trop fort en lisant cette histoire.
    Les abandons d’animaux, en été ou pour d’autres raisons non valables, me révoltent, et encore plus depuis que mon toutou a rejoint la famille. Il serait utile de le faire lire à tous ceux qui envisagent d’abandonner leur compagnon par contre!

    Aimé par 2 people

  2. Un sujet qui ne peut que toucher les amoureux des bêtes ! ❤
    Tout à fait d'accord avec Lireàlafolie : il serait utile de faire lire cet ouvrage à ceux qui envisager de laisser leur compagnon… L'abandon animal me révolte : il existe des solutions pour éviter cela. Certes, ce n'est parfois pas donné, mais il faut réfléchir aux vacances, à la vieillesse de l'animal et à sa santé au moment où on en prend un. Quel dommage que certains ne pensent pas à tout ce que cela implique et commettent l'horreur… :/

    Aimé par 2 people

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