Le maître de café, Olivier Bleys

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Me promenant dans les rayons de la bibliothèque, j’ai été attirée par la couverture de ce livre que je ne connaissais pas : Le Maître de café d’Olivier Bleys.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Rome, années 50. Massimo Pietrangeli, maître torréfacteur de 71 ans, règne d une main de fer sur l empire des Cafés Pietrangeli. Il a l insigne honneur de préparer, chaque matin, le café du président de la République italienne. Mais un jour, il est terrassé par un infarctus. Sauvé par une miraculeuse tasse de caffè doppio, le patriarche annonce à ses proches sa dernière volonté : entreprendre avec eux un ultime voyage au Costa Rica !
Sur place, le long cortège familial s ébranle, accompagné d un considérable bagage, à commencer par le cercueil dans lequel Massimo dort chaque nuit et un percolateur d une demi tonne de son invention ! Cette expédition improbable devient un véritable voyage intérieur pour Massimo, et lui permettra de révéler le secret qui le hante. Rapprochés par le récit de son histoire, les Pietrangeli finiront par former une véritable famille, soudée autour d une même passion : celle du café.

  • Broché: 352 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (3 janvier 2013)
  • Prix : 20€

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MON AVIS

Un roman en trois parties…

La première partie de l’ouvrage nous permet de faire la connaissance de la famille Pietrangeli dont les membres se sont réunis chez le patriarche, Massimo Pietrangeli, suite à son malaise dont il lui a fallu quelques jours pour se réveiller. C’est à travers leurs échanges qu’on a une première approche de la personnalité du torréfacteur attitré du Président italien. Néanmoins, le lecteur n’entrevoit qu’une ébauche de ce personnage que sa propre famille ne semble pas vraiment connaître. C’est que M.Pietrangeli semble avoir été toute sa vie, torréfacteur bien avant d’être un mari ou un père.

Dans la deuxième partie, nous découvrons un peu mieux Massimo qui s’est réveillé grâce aux effluves d’un café, raison qui coule presque de source quand l’on connaît un peu le personnage. Nous suivons le cheminement de ses pensées qui va le conduire à une décision un peu folle pour un homme dont l’état de santé est préoccupant : entreprendre un long voyage pour réapprovisionner sa réserve personnelle en café. Et tant qu’à être fantasque autant l’être jusqu’au bout, pour cet ultime voyage, le maître de café désire que sa famille l’accompagne. Ce souhait, étonnant, quand l’on sait les relations plus que superficielles qui l’unit à sa famille n’est au final point dépourvu de sens. Alors que cette deuxième partie est avant tout un prélude au voyage, Massimo commence déjà à se dévoiler, à partager avec sa famille, parfois malgré lui, ses faiblesses et ses souvenirs.

 _« Tu ne m’as jamais parlé de ton premier café? l’interpella Oreste.

_Je n’ai jamais parlé de rien, reconnut le maître avec humilité. Je suis un sac dont un nœud longtemps a fermé l’ouverture, mais un jour le noeud est tranché et le sac libère son contenu! »

Quant à la troisième partie, elle permet de suivre le convoi familial dans ses déplacements jusqu’à la destination finale que seul Massimo connaît. Durant ce périple, les liens familiaux se resserrent autour d’un Massimo qui consent enfin à se dévoiler le rendant ainsi plus humain autant aux yeux de ses enfants que du lecteur.

La question de la mort et de la famille…

La question de la mort est en suspens durant tout le livre même si elle est abordée comme une simple formalité dans les premiers chapitres. La manière dont les relations entre les enfants et le père est décrite permet aux lecteurs de ne pas s’en offusquer. Loin d’avoir été un père, Massimo a plutôt été un géniteur gardant une certaine distance avec les siens. Cependant, dès la deuxième partie, Massimo développe la certitude que sa mort approche ce qui le pousse d’abord chichement et puis presque avidement, à se raconter. La parole est alors libérée et même enregistrée grâce à sa fille écrivain comme si après tant d’années à se « cacher », Massimo considérait enfin la nécessité de laisser une trace à ses descendants.

Les relations entre Massimo et ses enfants finissent par évoluer subrepticement, l‘attachement familial semblant se développer parallèlement à l’idée que la mort plane au-dessus de notre maître de café. Au final, le voyage destiné à approvisionner sa réserve de café semble s’être transformé, pour Massimo, en une quête tardive destinée à apprivoiser sa famille et tisser des liens familiaux jusqu’alors quasi inexistants.

Le café est un personnage à part entière dans le roman. Sa personnification lui confère un statut particulier : encore plus qu’une passion ou une obsession, LE café est un membre comme les autres de la famille Pietrangeli si ce n’est un prolongement de Massimo. Il sert de fil conducteur au récit et permet aux membres de la famille de se rapprocher autour de sa chaleur et des arômes qu’il exalte. En offrant le café aux membres de sa famille, il semblerait que c’est un peu de lui-même que Massimo partage.

« Depuis l’âge de 26 ans jusqu’à ce jour, j’ai observé, presque sans défaillance, la saine habitude d’avaler chaque matin une grande tasse de café noir. Dans les rares occasions où ça n’a pas été possible, ma chair a ressenti une privation douloureuse… une soif de café intense, tyrannique… une rébellion de toutes les fibres de mon être. Oui, je peux dire que le café m’a hanté. »

J’ai apprécié ce roman qui, en plus de raconter une histoire, permet d’apprendre des informations intéressantes sur le café. Néanmoins, j’ai eu parfois du mal à m’y plonger. Je pense que cela provient de la difficulté que j’ai eue à m’attacher aux personnages. Je n’avais pas spécifiquement envie de les retrouver du moins jusqu’à ce que Massimo fasse tomber le masque…

MA NOTE : 4/5

L’AUTEUR

« Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Olivier Bleys a reçu de nombreux prix – dont le prix François Mauriac de l’Académie française et le Grand Prix du Roman de la SGDL. Traduit en dix langues, il a publié aux éditions Albin Michel Le Maître de Café, et plus récemment Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes (août 2015), dans la première sélection du Prix Goncourt et qui a figuré dans le carré final du Goncourt des lycéens. »

Citation du site Albin Michel

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En résumé, Le Maître de café est un roman que j’ai trouvé agréable. Je n’ai pas eu envie de le lire frénétiquement mais plutôt de le déguster lentement et avec attention comme un bon café. Je pense qu’il fait partie de ces romans dont une deuxième lecture s’impose afin d’en détecter les subtilités. Je le conseille aux amateurs de café qui apprécieront sûrement la belle place que le roman laisse à cette boisson.

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5 réflexions sur “Le maître de café, Olivier Bleys

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